30 août 2015

Réfugiés : bonnet blanc et bonnet d’âne

La rédactrice en chef du Matin dimanche, Ariane Dayer, publie aujourd’hui un édito sur « Le bon et le mauvais migrant ». Elle veut parler des réfugiés. Elle refuse de faire des catégories entre les bons réfugiés, ceux qui fuient la guerre, et les mauvais, ceux qui fuient la pauvreté.

 


réfugiés,syrie,migrants,guerre,catégories,prioritésJe cite:

 

« L’ur­gence d’ac­cor­der une prio­ri­té d’ac­cueil aux Sy­riens est in­con­tes­table. Ce qu’ils sont en train de vivre glace d’ef­froi. Mais faut-il pour au­tant tom­ber dans le piège du plai­doyer sur les ca­té­go­ries? »

 

J’aurais mauvaise grâce à lui reprocher d’être contradictoire alors que je le suis moi-même sur bien des questions. Mais elle fait fort. Dans la première ligne elle plaide pour prioriser une catégorie de réfugiés – les syriens. Et à la ligne suivante elle refuse un tel plaidoyer. Être syrien, n’est-ce pas une catégorie? Si bien sûr. Dans tous les aéroports du monde les nationalités sont à l’origines de catégories avec des guichets spécifiques. Mais elle voulait peut-être dire autre chose:

 

« Il ne s’agit pas d’ac­cueillir tout le monde, on peut mettre des prio­ri­tés, mais sans déra­per dans la ca­té­go­ri­sa­tion. Lais­sons la rhé­to­rique du bon et du mau­vais étran­ger aux for­ma­tions d’ex­trême droite, elles ont le co­py­right. »

 

C’est une erreur de laisser le débat à l’extrême-droite. De plus je ne pense pas que c’est un débat d’extrême-droite. La gestion des territoires et de qui y vit est aussi ancienne que les frontières. Elle admet cependant que l’on ne peut, ou ne doit pas, accueillir tout le monde. Si l’on n’accueille pas tout le monde, on va donc choisir. Et il y aura des critères, et des catégories. Tout le monde catégorise. Dans son édito elle donne des priorités selon des catégories. Elle n’est pas d’extrême-droite pour autant. Je n’ai personnellement aucune sympathie pour les groupes qui attaquent les migrants, pas plus que pour les gauchistes qui comparent Madame Merkel à Hitler. Mais je ne refuse pas ce débat.

 

réfugiés,syrie,migrants,guerre,catégories,prioritésJ’aurais pu accepter la nuance qu’elle fait entre donner une priorité et plaider pour les catégorisations – même si le premier ne va pas sans le second. Je peux aussi comprendre qu’elle souhaite éviter la systématisation de la «critération» et la politique selon des groupes, qui peut être conduite de manière arbitraire. Mais refaire le dictionnaire et tenter de rester moralement propre, ça ne va pas aider les gens qui voyagent sous le cagnard en profitant de l’air climatisé des camions frigorifiques. Etait-il si urgent de se démarquer tout en faisant la même chose?

 

Elle écrit  que ces catégories pourraient devenir la norme dans le futur si l’on n’y prend  garde. Ce n’est pas nouveau: elles sont déjà objet de débat. A moins d'admettre que les frontières sont le mal et que la libre circulation doit être totale sur la planète, ce sera longtemps objet de débat. D’ailleurs je ne vois pas de libre circulation dans la plupart des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, ni dans beaucoup d’autres. La libre circulation ne semble fonctionner que dans un sens, sans réciprocité. La gestion administrative d’un territoire suppose que l’on en reste le maître. Je ne suis pas nationaliste mais je reconnais que ce débat a du sens et qu’on n’en a pas fini. Ce n’est pas pour autant que la bête immonde ressurgit.

 

L’édito de Madame Dayer est ce qu’il est. La «bonne» morale contre la «mauvaise»: cela ne suffit pas. Ce que j’en pense ne vaut pas plus. Je suis juste un peu énervé par cette manière de refuser le débat. La catégorisation n’est ni de droite ni de gauche. Elle est une fonction naturelle et indispensable du cerveau humain. Alors franchement, catégories et priorités, c’est bonnet blanc et bonnet d’âne. Un bonnet sur lequel on peut lire: «Quand on est du bon côté autoproclamé des humains, certains mots sont interdits.» 

 

Les mots interdits, on les remplace. Cela s’appelle la novlangue. Dans la novlangue, choisir une catégorie se dit prioriser. Et prioriser se ferait au hasard? Sans trier ni choisir? J’en doute.

 

Et pour les réfugiés économiques, ben c’est pas de chance. Ils devront attendre la fin de la guerre. C’est injuste mais c’est comme ça. Il ne sont pas dans la bonne catégorie du moment. 

 

Car comme Madame Dayer l’écrit justement, il y a des priorités.

 

 

 

Image 1: UNHCR, Irak; image 2: http://awcungeneva.com.

 

 

20:31 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (45) | Tags : réfugiés, syrie, migrants, guerre, catégories, priorités | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

@Hommelibre Chaque saison a son ou ses flux migratoires tandis que nombre d'internautes migrent d'un blog à l'autre et que l'isolé trouvera refuge dans un site en rapport avec son propre mal être
le Nouveau Monde aurait-il inventé un nouveau jeu pour cancres en langue de Molière ?
on a même des déchets migratoires ,recyclage oblige On peut aussi se demander si trop de numérique ne favorise pas le syndrome de la Tourette ou de la Bougeotte
Ce qui faisait dire aux anciens ,pas si vite il n'y a pas le feu au lac! Tandis que d'autres rajoutairnt ,on fait ce qu'on peut on est pas des bœufs
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 31 août 2015

@ Lovejoie : Madame, vous avez raison, c'est facile de "diaboliser" les personnes fuyant leur pays pour des raisons diverses ou diverses raisons.

Votre expression "nouveau jeu en langue de Molière" est une excellente répartie à ce vocabulaire que d'aucuns cherchent à tout prix à enrichir de n'importe quelle façon.

Bonne journée à vous

Écrit par : Lise | 31 août 2015

Lors de la dernière guerre, Hitler a catégorisé entre les Allemands de race pure et les autres, les monstres, les non-Allemands. Ce sont les Juifs, les Tziganes, les handicapés. et les artistes dit dégénérés qui ont payé cette idéologie fasciste. Désolé, hommelire, on ne va pas s'en sortir si facilement de cela. Les migrants restent tous des migrants qui ont fait le voyage de la mort pour de bonnes raisons, quelles soient économiques ou à cause de la guerre et des dictatures. Les Suisses migraient vers les Amériques pour raison économique. Avant eux les colons espagnols ont éradiqué une grande culture: l?indianité d'origine des deux continents sud et nord américain. Entre les extrêmes où les nouveaux arrivants massacrent les anciens occupants de souche, celui qui consistent à renvoyer chez eux tous les migrants, il y a de la place pour la réflexion, la fraternité humaine, l'accueil, l'aide par l'Etat, les ONG, et les privés. La barque n'est pas pleine. Ce sont les démagogues populistes qui poussent les populations à penser comme cela et à rester très craintifs pour leur avenir.

Il est vrai qu'il n'y a actuellement pas réciprocité pour ouvrir les frontières dans les pays du Sud. Je vous rappelle pourtant la porosité de ces mêmes frontières. Comment pensez-vous que toutes ces personnes du centre de l'Afrique parviennent au Nord de l'Afrique, y travaillent quelques temps au noir, avant d'entreprendre le voyage de la Méditerranée? De fait, le Continent africain laisse beaucoup d'espace aux populations migrantes. Cela a ses défauts avec de l'explloitation éhontée, des tensions ethniques, des violences locales. L'Europe, elle, ouvre les frontières à ses propres concitoyens mais se referme sur les autres Continents. Comment distinguer humainement et philosophiquement un Portuguais, un Italien, un Espagnol d'un Soudanais ou d'un Erythréen? Faites-moi en la démonstration. Bien sûr que cela nous panique puisque théoriquement, ils pourraient êtres des centaines de millions à vouloir venir chez nous. Mais au final, toute vague migratoire se tarit avec les années au fur et à mesure que les problèmes politiques se résolvent. Donc, j'en reviens à ce que j'ai déjà dit: il est temps que l'Amérique, l'Europe, et la Russie cesse leur petite guéguerre idéologique et géostratégique. Et quand je lis l'immense majorité des billets et messages sur nos deux plate-formes blog, je me rends bien compte que l'idéologie est la plus forte parmi la population. Peu de personnes décident de changer radicalement de vision pour créer les conditions de la paix. Alors, vous m'en voyez fort déçu et désappointé. C'est pourquoi je ne commente presque plus...

Écrit par : pachakmac | 31 août 2015

J'ai comme la très forte impression que la presse bien pensante tente par tous les moyens de nous faire perdre de vue les fondamentales: On ne parle plus de réfugiés, mais de migrants. Comme si on voulait noyer le poisson en amalgamant un réfugié de guerre du moyen-orient avec un européen s'établissant en vertu de la libre circulation ou encore n'importe quel habitant du monde demandant un visa ou permis de travail.

Donc fondamentalement: Oui pour relever du DROIT D'ASILE il faut répondre a des critères précis, ce qui correspond de facto a une forme de catégorisation. Il faut notamment être persécuté ou en danger de mort dans son pays d'origine, être pauvre ne suffit pas.

Je soupçonne que nos bien pensants essayent d'anticiper l’obsolescence du droit d'asile, inévitable avec la dénaturation qu'il subit par son usage massif comme filière parallèle d'immigration économique.

Écrit par : Eastwood | 31 août 2015

Je pense que l'on ne peut comparer la situation actuelle avec l'Allemagne pré-hitlerienne. Ou devrais-je dire l'Europe pré-hitlérienne. Car à l'époque le nationalisme et le national-socialisme étaient des idéaux partagés par beaucoup de gens. C'était l'époque. Tous n'avaient probablement pas lu Mein Kampf. Et tous n'imaginaient pas les suites. Le cosmopolitisme grandissant laissait les gens désemparés devant le sentiment de perte de leurs repères.

Aujourd'hui il n'y a pas d'idéologie construite de type raciste en Europe et l'on est plus habitués à voir le monde en grand. Il y a des groupuscules racistes mais pour qu'ils se développent il faut une théorie assez élaborée, ce qui n'est pas le cas. Ce sont des reprises anciennes dont la population n'est pas dupe. Quand je lis Blocher je ne vois pas d'idéologie de ce type. Je vois un mouvement qui dit que les ressortissant d'un pays ont le droit de décider qui ils accueillent. En cela il prend évidemment le contrepied du discours qui dit qu'il faut accueillir tout le monde.

Les réfugiés retourneront un jour chez eux, majoritairement. C'est ce qui se passe en général, on peut supposer que ce sera le cas encore. Mais l'arrivée en nombre est déstabilisante pour beaucoup, c'est comme ça; pourquoi les assimiler au nazisme parce qu'ils sont déstabilisés? Je doute que ce soit le cas.

Je pense que l'on ne peut rejeter à l'eau les gens qui fuient la guerre. J'ai rappelé précédemment que l'Europe a vécu de telles situations et que nous ne devons pas perdre la mémoire. Les émigrations vers d'autres pays ont eu lieu parce que c'était demandé, p.ex. aux Etats-Unis au XIXe siècle. La culture indienne décimée, c'est autre chose puisqu'il s'est agi de guerres de conquête et non de réfugiés.

Les frontières africaines poreuses? Surtout pour les africains eux-mêmes, pas pour des blancs.

Aider les réfugiés qui fuient la guerre me paraît humainement nécessaire. En sens inverse nous serions très heureux d'être sauvés si nous devions fuir nos pays. Ce n'est pas de la fraternité, je ne suis pas frère de tous les humains, mais de la simple solidarité d'espèce (ou d'humanité). Si mon pire ennemi agonisait je l'aiderais, non par fraternité, mais par conscience de la solidarité humaine et de l'empathie normale envers ceux qui souffrent.

Vous ne faites pas de différence entre les degrés objectifs de souffrance chez les réfugiés. Or je pense comme Madame Dayer, plus clairement qu'elle peut-être, que la différence doit être faite. je prends un exemple:

Lors d’une catastrophe on amène les victimes dans les hôpitaux. Ces hôpitaux donnent la priorité aux blessés les plus graves et font attendre les blessés légers. La gravité des blessures crée de facto une catégorie de grands blessés. On les trie en fonction de cette gravité. Mais c’est une discrimination. On devrait donc, si je vous suis bien, prendre tous les blessés à la même mesure, et celui qui a une contusion au pouce pourrait passer avant celle dont les intestins sortent du ventre. Les premiers arrivés seront les premiers servis, comme à la poste. Pas de discrimination, pas de catégorie. L’égalité totale. Celle dont les intestins sortent du ventre n’a qu’à courir vite pour arriver avant l’autre. Si elle n’a pas de bonnes jambes elle passera après. C’est la vie.

C'est un exemple extrême mais dans une situation actuelle où visiblement les pays européens ne semblent pas prêts techniquement et psychologiquement à accueillir autant de personnes en détresse, il y a un choix pour au moins aider les plus souffrant. Et la guerre est objectivement un risque plus grand que le manque de travail. Combien la Suisse peut-elle accueillir de réfugiés? Accepteront-ils de loger dans les abris PC puisque dans certains cas ce sera peut-être nécessaire?

L'Allemagne a décidé d'accueillir beaucoup de réfugiés. J'imagine qu'elle a les infrastructures pour cela et qu'elle est accoutumée à leur apprendre la langue, par exemple. Elle est de plus en plein emploi et elle aura besoin de cette migration. La France est dans une situation très différente. Elle a des infrastructure moins développées, a laissé se développer des zones très communautaristes, et a un fort chômage.

La question de différencier les personnes selon leur origine? Nous sommes tous des humains. Mais nous avons des cultures, des modes de vie, des connotations sociales différentes. Cela se superpose à l'identité initiale d'humains. On ne peut faire l'économie de ces différences car de toutes façons elles nous rattrapent. Pour le bien de tous, des migrants comme des gens qui accueillent, il est juste d'évaluer quelle proportion de personnes d'une autre culture est vivable sans que cela ne commence à désagréger le tissus social et à créer des tensions intercommunautaires. Ce n'est pas une théorie raciale, c'est seulement la réalité. Combien de personnes, de quelles origines, dans quelles conditions, ce sont des questions normales, régaliennes, et non le fruit d'une idéologie hitlérienne. Si on n'en fait pas une question régalienne, si l'on brandit partout une fraternité obligée sans entendre les craintes d'une partie de la population, sans intégrer le débat, sans tenir compte que l'intégration est un processus, alors il y a du mouron à se faire pour l'avenir.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2015

Oui Eastwood, il y a une confusion entretenue entre réfugiés et migrants, l'édito de Madame Dayer en est un exemple. Or ce sont deux situations différentes.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2015

Lise si vous êtes choquée vous m'en voyez navrée mais je préfére la manière Pierre Dac qui lui comme beaucoup d'autres réussissait à détendre l'atmosphère
heureusement nous nous vivons dans un pays ou chacun est libre de ses opinions
alors je vais de ce pas continuer de préparer mes cadeaux de Noelpour certains démunis dont je m'occupe personnellement
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 31 août 2015

Le Canada est un exemple intéressant. Il accueille beaucoup de migrants (des migrants économiques, pas des réfugiés de guerre, j'insiste sur la différence de situation). Beaucoup de ces migrants sont musulmans. J'ai déjà consulté ce qui est demandé aux migrants. Ils doivent proposer des compétences dans des domaines où il y a un besoin, ou être capables de développer de nouvelles compétences professionnelles. Ils sont donc choisis.

Souvent ils sont jeunes. Discrimination par l'âge? Si l'on veut, peu m'importe car il y a des raisons: les personnes jeunes ont plus envie d'intégrer la culture d'un nouveau pays et de s'y adapter, et on peut envisager qu'elles restent à travailler assez longtemps - ce qui justifie l'effort du gouvernement pour les infrastructures et l'apprentissage de la langue, par exemple.

Cela n'empêche quand-même pas qu'il y ait de plus en plus de tensions intercommunautaires avec des groupes de confessions musulmane, des tribunaux islamiques ayant par exemple été demandés (et refusés). La discrimination, le tri, les catégories, sont créés par eux-mêmes.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2015

En prolongement de mon commentaire précédent, si l'on reprochait au Canada de faire de la discrimination, alors ce serait la notion même de choix qui serait anéantie. Tout choix est une forme de discrimination, et sous prétexte de non-discrimination on ne peut forcer moralement quelqu'un à accepter ce qu'il ne veut pas. Ce serait le monde à l'envers.

Alors oui, discriminer par des critères reste une liberté fondamentale et n'a rien à voir avec Hitler. Après, cela dépend des personnes en situation de pouvoir discriminer.

On voudrait aujourd'hui imposer des normes absolues dans la loi et dans la pratique, comme si cela ne dépendait plus des humains. Or si ces humains sont mesurés, avec un minimum de sagesse dans l'évaluation des situations et des réponses qu'ils apportent, il n'y a pas lieu d'avoir peur de choisir. Les humains sont capables de mesurer les situations.

Écrit par : hommelibre | 31 août 2015

"Aujourd'hui il n'y a pas d'idéologie construite de type raciste en Europe"
La contradiction entre gens de culture européenne et gens de culture arabo-musulmane se creuse chaque jour davantage en Europe. Qui éliminera qui dans 10-20 ou 30 ans, that's the question...
En d'autres termes : serons-nous tous décapités ou finiront-ils tous dans de nouveaux Dachau ?

Écrit par : Géo | 31 août 2015

"serons-nous tous décapités ou finiront-ils tous dans de nouveaux Dachau ?"

Un aperçu de ce qui se passe dans la tête à Géo...

Écrit par : Plouf Ploufovitch | 31 août 2015

"Un aperçu de ce qui se passe dans la tête à Géo..."
dans 10-20 ou 30 ans, that's the question...

Écrit par : Géo | 31 août 2015

Ploufovitch@ Juste une question : pensez-vous que les 50 millions de morts de la partie b de la Guerre mondiale, c'était juste un cauchemar inventé par les démiurges du 20ème siècle ? Que les massacres de masse n'existent pas, n'ont jamais existé et n'existeront jamais ?
Vous êtes tout simplement un peu simplet, Ploufovitch. Vous ne réalisez pas qu'il y a aussi des méchants sur terre...

Écrit par : Géo | 31 août 2015

Quel rapport y a-t-il entre la seconde guerre mondiale et l'immigration ? Si je suis simplet, vous, de votre côté, vous devriez mettre de l'ordre dans votre caboche et cesser de ruminer vos obsessions habituelles. Cela ne vous réussit pas.

Écrit par : Plouf Ploufovitch | 31 août 2015

Très bien, commençons par le début. Expliquez-nous comment il a été possible qu'un peuple européen censé être très civilisé a laissé à sa tête un fou irresponsable organiser le massacre de six millions de Juifs ? Et accessoirement, si vous ne voyez pas de rapport avec l'immigration, je ne sais pas ce qu'il faut faire pour vous...

Écrit par : Géo | 31 août 2015

Comme l'Histoire se répète, je ne pense pas que Géo ait tort, bien au contraire.

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu | 31 août 2015

Il faut simplement se poser la question de ce que cette migration vers l'Europe va engendrer. Si l'on admet que tous les Erythréens ont de bonnes raisons de fuir leur pays, alors beaucoup d'autres Africains pourraient se mettre sur le même plan. La dictature tribale est la règle pour la grande majorité de ces pays. En Asie : le Tibet, la Corée du N, la Birmanie, le Cachemire, etc...
L'Amérique du sud...
Les dictatures de l'ex-URSS...
Tout cela est complétement déraisonnable.

Écrit par : Géo | 31 août 2015

Sans compter que ce flux de réfugiés depuis la Syrie, peut très bien servir d'autoroute à une arrivée en masse de combattants de Daesh. Et que dire de la Turquie qui a nourri le conflit et qui ouvre sa frontière pour faire passer une population vers l'ouest.

Si je suis pour un geste humanitaire pour les réfugiés de guerre, il faut bien avouer que passer au crible de la sécurité tous ces migrants relève d'un travail de titans.

Écrit par : aoki | 31 août 2015

Bien sûr tout est envisageable. L'Histoire du XXe siècle est édifiante, en Europe et ailleurs. L'humain reste l'humain et les circonstances peuvent toujours en faire une machine à tuer. Daech le montre.


Qu'est-ce qui est raisonnable dans les craintes exprimées ici? Qu'est-ce qui a raisonnablement des raisons d'être ou de survenir? Pour ma part je suis en général optimiste et je n'ai pas envie de cultiver une vision sombre de l'avenir. Cela ne veut cependant rien dire. Il y avait certainement beaucoup d'optimistes chez les juifs, même dans les trains qui les amenaient en Allemagne, et peut-être encore dans les camps. Cela n'a pas modifié leur destin tragique.

Donc oui, tout est possible, y compris dans une nation civilisée.


Procéder par élimination. Les réfugiés pourraient-ils servir de cheval de Troie et être infiltrés de combattants de Daech en nombre? Ce serait peu productif. Ils ont besoin des combattants chez eux et viserait d'abord à établir leur califat, à l'étendre dans toute la région. Lancer une colonne vers l'Europe alors que l'existence de ce califat n'est pas encore assurée paraît peu en phase avec les stratégies développées jusqu'ici. De plus ils ne sont pas armés. Que peuvent-ils faire? Une implantation à long terme pour le jour venu prendre le pouvoir dans un pays d'Europe? Il faudrait vraiment qu'ils soient très, très nombreux. Leurs meilleurs alliés sont plus les européens radicalisés que leur propres combattants exportés.

Pour moi cette hypothèse est trop coûteuse et trop hasardeuse pour être soutenue.

Le discours anti-occidental des islamistes, y compris de Ramadan, est un fait ancien, très soutenu depuis l'établissement du régime religieux en Iran, mais déjà avant. Dans les faits, que produit-il? Lentement, la constitution de groupes de plus en plus organisés et ambitieux. Ce discours intégriste mobilise une partie des populations arabo-musulmanes. Il sert les intérêts d'une minorité, pas ceux de l'islam entier. Mais il progresse néanmoins. Peut-il gagner l'ensemble du monde musulman? Il faudrait être spécialiste en relations intermusulmanes pour répondre à cette question. Mais ce n'est pas sûr.

A voir les intérêts croisés et contradictoires des pays actuellement concernés, de la Syrie au Qatar, l'objectif me paraît bien plus être la mise en place du califat et d'une domination sur les pays arabo-musulmans du Proche orient et d'une partie de l'Afrique, éventuellement de l'Asie mineure. Les frontières de cet empire ont déjà existé. Un tel Etat serait fort et puissant et deviendrait alors une menace pour d'autres régions du monde.

C'est plus logique dans l'idée de l'instauration d'un régime théocratique. Les guerres génocidaires n'ont pas de durée et n'établissent pas vraiment des régimes nouveaux. Développer un régime durable ce n'est pas une mince affaire. La terreur n'y suffit pas.

Les attentats en occident sont terribles pour nous, pour qui un mort bien médiatisé fait l'effet d'une bombe. Mais en fait les dégâts sont matériellement faibles. Leur arme psychologique est bien plus efficace, comme par exemple l'exhibitionnisme macabre des égorgements. La manière dont cela attise les tensions en occident, foutre la merde, les sert. Je doute cependant que nous soyons la première cible de l'islamisme. Et je doute que les réfugiés syriens véhiculent beaucoup de combattants désarmés.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2015

Admettons que chaque réfugié et chaque groupe de réfugiés à sa propre histoire, qu'un tri soit indispensable. Il n'en reste pas moins l'idée atroce que l'on peut abandonné quelqu'un parce qu'il ne court que des risques économiques, est-ce que crever de faim et de soif est une mort plus négligeable que mourir dans un conflit armée?, et que par conséquent c'est à son pays d'origine de régler le problème de l'abandon de sa propre population. Je le répète ici. Les Suisses ne partaient pas à cause de la guerre. Ils partaient aux Amériques pour trouver meilleure fortune. C'était un temps ou l'administration bureaucratique n'existait pas, où les vols de terre aux autochtones étaient non seulement autorisées par les "Blancs" mais plus encore encouragés et soutenus par les fusils et les armes modernes que portaient sur eux ces Blancs, ces Européens.

Aujourd'hui, ces gens arrivent sans arme après une traversée où ils ont pris tous les risques pour survivre à leur drame personnel. On peut les refouler pour la simple et bonne raison qu'ils ne correspondent pas aux critères du droit d'asile mis en place chez nous. On peut s'en laver les mains comme Pilate...Mais s'ils crèvent de solitude dans le désert, personne ne le saura vraiment, n'est-pas? C'est cet abandon humain qui est insupportable. Ce n'est pas de la bien-pensance, sinon sauvez les Juifs de la mort face au régime hitlérien aurait aussi été de la bien-pensance. La barque était pleine chez nous. On ne les voulait plus... Et il a fallu quelques personnes pour dire non à ça. Des personnes qui se sont mises dans l'illégalité en accueillant ces gens qui n'étaient plus acceptées dans notre pays.

L'Allemagne d'aujourd'hui est à la pointe de cette conscience moderne. Une partie de sa population se révolte, disent bienvenue aux migrants sans aucune discrimination, et s'organisent individuellement ou en communauté pour redonner de l'espoir aux migrants. Peut-être sont-ils, sont-elles fraternelles avec cette part de l'Humanité que certains veulent rejeter aux oubliettes? A chacun sa conscience, ses peurs, ses doutes. Je ne jette la pierre à personne. Mais chacun est responsable de ses choix face à cette vague actuelle de migrants, chacun agit en son âme et conscience. Pour les solutions, les politiques développent enfin quelques pistes intéressantes. Mais la solution vient aussi de chacun et chacune d'entre nous dans notre façon de porter secours et assistance aux personnes fragilisées dans leur exil.

Écrit par : pachakmac | 01 septembre 2015

Encore , il faut comparer ce qui est comparable, d'abord. Ensuite voir ce qui peut être fait, pour qui, dans quelles circonstances.

Nous sommes d'accord sur les réfugiés de guerre. Ils sont accueillis par millions dans quelques pays du Moyen-Orient, d'autres viennent en Europe.

Sur la famine, elle est actuellement due la plupart du temps à la guerre, car il existe des stocks mondiaux de vivres de base qui sont distribués sur place dans les régions de de famine climatique.

Pour d'autres réfugiés sous la menace d'un régime autoritaire sans guerre, l'asile politique existe et la Suisse accueille beaucoup par rapport à sa population.

Pour les migrants économiques ils doivent passer par des filières, comme pour le Canada. Pourquoi? Il faut qu'ils trouvent à être accueillis et du travail.Pour eux, pour s'intégrer, pour leur propre dignité, pour se sentir utiles, pour avoir une vraie place d'être humain respecté dans ce nouveau monde, pour recevoir des cours de langue et de comment se débrouiller dans le pays, pour disposer d'un assistant social qui les aide administrativement. L'immigration massive illégale les prive de cela. Ils perdent alors leur dignité. Ils n'osent retourner en Afrique parce qu'ils sont très mal vus, comme des perdants.

Les Suisses qui partaient au XIXe étaient demandés aux USA, comme les migrants vers le Canada aujourd'hui. La guerre de conquête touchait à sa fin. Ces Suisses n'ont pas massacré les indiens.

Pour toutes ces raisons il faut discriminer, voire les urgences absolues, les priorités, les besoins d'un pays en main d'oeuvre, et quelle main d'oeuvre. Cela pour une intégration positive et en respectant la dignité des demandeurs et le mode de vie des accueillants. Et en évitant que trop de forces vives par exemple de pays africains ne s'en aillent au détriment du pays, sans quoi la pauvreté ne fera que continuer par manque de ces forces. Accueilir n'est pas qu'une affaire de conscience mais aussi d'évaluation de ce qui est le mieux selon plusieurs critères. Si un pays africain forme des cultivateurs à de nouvelles méthodes (c'est le cas dans certains pays) et que ces cultivateurs partent en Europe, c'est une perte nette pour le pays d'origine.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2015

Mais si les cultivateurs de là-bas participent à quelques années de vie chez nous en attendant le retour rendu possible au pays grâce à des politiques de plus en plus démocratiques...alors les liens culturels ne seront que plus grands et plus favorables pour tout le monde. La mondialisation, ce n'est pas une question de pognon pour quelques-uns qui se créent de nouveaux royaumes en recréant de l'esclavage et des guerres fomentées pour maintenir le pouvoir de quelques-uns au détriment de tous les autres. C'est ici que nos avis divergent radicalement. Le monde, l'Humanité doit changer si elle ne veut pas s'effondrer sur elle-même. Les politiques de haine et de division n'ont que trop durer avec les dégâts que l'on sait. Continuer ainsi serait un suicide collectif peut-être encore plus horrible que ce que fut la première et la seconde guerre mondiale.

Écrit par : pachakmac | 01 septembre 2015

La comparaison avec les migration européennes vers le Nouveau Monde est de nature à attiser les peurs.
En effet, nous savons que, de facto, le mode de vie des autochtones a été rendu impossible par l'arrivée des Européens. Nous avons également l'histoire de la colonisation de l'Afrique et de l'Asie dans nos souvenirs. Sans sombrer dans la repentance, nous savons bien que les rapports de force existent. Les Européens avaient la technologie pour prendre le pouvoir.
Sans tomber dans une peur panique, nous ne pouvons pas être tout à fait candides face aux événements contemporains.
Entre l'époque de l'émigration vers les Amériques et aujourd'hui, le monde à changé, notre vision du monde également. Autrefois, l'autre n'était pas perçu comme notre égal en humanité. Notre perception a heureusement changé, mais cela ne rend pas les Européens totalement ouverts, chrétiennement généreux et accueillants pour autant. En tout cas pas dans leur totalité.
Imposer une migration ouverte à tous ceux qui veulent bien venir chez nous ne peut être une solution viable.
Les migrants des Balkans sont-ils vraiment confrontés à la mort chez eux ? La mort par famine et extrême pauvreté ? Il ne faut pas prendre ces gens pour plus démunis qu'il ne le sont.
C'est un peu l'histoire du poisson et de la canne à pêche.
Il y a un côté cruel dans le fait de fixer des priorités, mais la politique n'est pas le champ de tous les possibles. Personne n'a envie de dire non à des gens plus mal lotis que soi et ça demande du courage. Décider que nos gouvernements sont inhumains a un côté excessif.
Les Balkans devraient être reconstruits par leurs propres ressortissants, soutenir une migration forte vers l'Europe n'aide pas. (Si j'ai bien compris , le 58 % des demandes d'asile en Allemagne provient de ressortissants des Balkans.)

Écrit par : Calendula | 01 septembre 2015

"En effet, nous savons que, de facto, le mode de vie des autochtones a été rendu impossible par l'arrivée des Européens."
Ce que nous savons aussi, c'est que parmi ceux qui dénoncent toute politique restrictive de l'immigration, nombreux sont ceux qui, dans leur jeunesse, du moins, ont regretté le fait que ceux que nous nommions les Peaux-Rouges (Iroquois et Sioux de nos lectures de jeunesse) n'aient pas réussi à rejeter à la mer ceux allaient détruire leurs cultures de manière incroyablement cruelle et inhumaine souvent.

Écrit par : Mère-Grand | 01 septembre 2015

Dans la même idée, Calendula, le nombre de médecins ayant quitté la Roumanie pour l'Europe de l'ouest, principalement la France, est estimé à environ 30% des praticiens formés.

Les roumains peuvent donc crever chez eux faute de soins suffisants. Notez, là-bas il n'y a que des vampires, ils trouveront un moyen de survivre...
:-(

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2015

En effet Mère-Grand, sur les amérindiens.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2015

"Les migrants ont tant souffert, ils risquent leur vie, nous devons les sauver etc." Oui, certes, mais il est intéressant de constater qu'une fois arrivés en sécurité en Europe, ils ne veulent pas "se contenter" de s'installer en Bulgarie ou en Lituanie. Combien de demandes déposées dans ces pays membres de l'UE, réputés sûrs et respectant les droits de l'homme? Ils veulent tous aller en Allemagne ou en Suède, comme par hasard les pays où l'aide sociale est la plus généreuse. De qui se moque-t-on? Malgré leur bon cœur, les Allemands, qui ont déjà englobé et financé la remise sur pied de l'ex-RDA, continueront à souffrir de l'image de salauds de nazis.

L'Erythrée s'est battue pour obtenir son indépendance et l'a obtenue. Résultat: les Erythréens fuient en masse et l'Europe a le devoir moral de les sauver. Pourquoi? Les Soudanais du Sud se sont battus pour obtenir l'indépendance et l'ont obtenue. Les Soudanais, sud et nord, fuient en masse vers l'Europe et nous avons le devoir moral de les sauver de la mort. Pourquoi? Les Kosovars - et les Yougos avant eux - se sont battus etc..... Pourquoi?

Finalement, la solution ultime ne serait-elle pas de recoloniser tous ces pays? Qu'attendent les Zimbabwéens pour que l'Europe les sauve?

Écrit par : Arnica | 01 septembre 2015

"Les Balkans devraient être reconstruits par leurs propres ressortissants".

Ne vous inquiétez pas, tous ceux qui sont venus ici il y a une vingtaine d'année, ont tous chez eux de magnifiques villas, voire demeures de grand luxe. (d'ailleurs absolument pas déclarées dans leurs déclarations d'impôts)

Une autre très grande partie ici, chez nous, a les moyens de s'acheter des biens immobiliers.......avec quel argent ? .............. alors que nos
propres concitoyens de 30-40-50 ans d'âge ne le peuvent pas!

Cherchez l'erreur, et dites-nous combien de temps cela va encore durer
de se faire foutre de nous, pas nos propres autorités?

Écrit par : Corélande | 01 septembre 2015

A Pachakmac: nos avis divergent radicalement: vous faites des catégories... Qu'en savez-vous? Que feriez-vous sur le terrain si vous deviez prendre les décisions en connaissant l'entièreté de la problématique? J'essaie d'être un minimum honnête dans mon regard, même si je ne peux éviter tous les clivages.

Les agriculteurs retourneront chez eux: peut-être. Mais a-t-on besoin d'agriculteurs ici? Ne seront-ils pas sous-employés, ne perdront-ils pas leur compétences? Vous pensez bien qu'il se déculottèrent pour rien ici?

En Afrique il y a des asso qui travaillent à décourager l'émigration sauvage. La plupart de ces migrants finissent dans la zone et n'osent pas le dire à leur famille. Beaucoup meurent du voyage. Beaucoup ne peuvent pas envoyer d'argent chez eux. Il faut réfléchir à nos pratiques. Encourager cela n'est pas aider ni ne procure une plus grande dignité.

Écrit par : hommelibre | 01 septembre 2015

Je me permets de mettre mon grain de sel étant donné que je travaille avec les migrants.

Tout d'abord un migrant n'est un requérant. Sauf s'il a fait une demande d'asile. Il y a effectivement des amlagammes qui se font tout le temps.

Maintenant parlons de persecution. Je rappelle à tous qu'il y a pas longtemps, on a décidé d'intervenir en Libye pour y chasser Khadafi et instaurer la démocratie. On y a instauré Al Qaida à la place et même BHL est au abonné absent.
Actuellement le pakistan accueille une proportion de réfugiés qui dépasse l'Europe. Et que dire du Liban ou la population a tout simplement doublé. Il semblerait que les pays du moyen-orient ne sont pas aussi avare que les pays européens et fasse plus preuve de solidarité.

Maintenant je vais vous poser une réalité : une femme est arrivée il n'y a pas longtemps en Suisse avec un enfant en bas age. Il s'agit de faire de reconnaitre l'enfant (acte de naissance etc...) réponse de la dame laissez tombé j'ai accouché en Libye avec plein de gens autour de moi. Certain étaient mort, sans compter la police et les rebelles qu'ils pouvaient trainer.
Autre cas un homme erythréen fuient son pays avec sa femme et son enfant. En cours de route (aux alentour de la libye) il perd sa femme. (On espère qu'elle est encore vivante et qu'elle ne s'est pas fait violée) Le père est arrivée avec un bébé en pleine crise de ne plus avoir sa mère. Voilà deux cas de réalité du terrain que les journaux ne vous diront pas car ils n'ont pas accès au dossier. Il est facile de se positionner quand on lit les lignes d'un papelard qui est incapable de relater correctement ce qui se passe réellement.

La volonté d'un migrant d'aller vivre dans un pays comme l'Allemagne n'est pas forcément dû à l'aide financière. Surtout que si on réfléchi bien l'aide n'est pas énorme mais par contre il est possible d'y vivre plus dignement. Entre autre des possibilités d'insertion scolaire ou professionnel. Car ne l'oublions pas si vous ne voulez pas de criminalité il faut pousser à l'insertion des migrants. Tant qu'on refusera leur insertion vous n'aurez pas fini avec la criminalité.

Enfin, je rappelle quelque chose de très drôle : la Suisse bat des records en exportations d'armes mais la conséquence à ses conflits, elle s'en tappe le cul.

@Arnica

Recoloniser l'Afrique ? parce que vous croyez que la fin officielle de la colonisation n'a pas permis de tirer de l'Afrique or et bijou dans lesquels seuropéen et reste du monde se pavanne ? connaissez-vous le système de la Francafrique mis en place sous De Gaulle et qui a continué jusqu'à l'ère Sarkozy et qui semblerait continue encore. Ce n'est pas un recolonisation qu'il faut mais un début d'honnêté envers un continent qui est spoilié tous les jours graçe aux pantins de l'Occident. le dernier en date ex numéro 2 du FMI Alassane Ouatara, celui qui a délivré la cote d'Ivoire de Monsieur BAGBO. Après les petits massacres qu'il a lancé, on se rend compte que sont compte bancaire est gentiment entrain de se remplir à coup de millions.
En fait il s'agirait de recoloniser la politique européenne par des gens qui pensent moins avec leur portefeuille!

Écrit par : plumenoire | 01 septembre 2015

@plumenoire:
Recoloniser l'Afrique: c'était une question rhétorique..... Force est de constater que ces Etats souverains et indépendants sont incapables de se gérer. A qui la faute si leurs chefs d'Etat planquent l'aide au développement dans des banques, et pas qu'en Suisse?

On ne cesse de nous culpabiliser avec le fait qu'on leur vole leur or et leurs ressources. Pourquoi sont-ils incapables d'exploiter leurs ressources eux-mêmes? Bon nombre de ces pays devraient être aussi riches que la Suisse ou le Luxembourg. Pour rappel: à l'heure actuelle, c'est la Chine qui fait son marché en Afrique et elle ne se sent absolument pas coupable.

C'est désespérant de constater que la seule solution semble être qu'ils viennent tous en Europe.

Écrit par : Arnica | 01 septembre 2015

Pourquoi les migrants finissent-ils dans la zone, hommelibre? Est-ce ce qu'ils recherchaient en venant chez nous. Il me semble que vous leur niez la liberté de choisir leur destin. Si demain, vous décidez de quitter la Suisse parce que vous ne pouvez plus y vivre ou que vous le percevez tel quel, aimeriez-vous que les autres, ceux qui seraient chargés de vous recueillir, vous fasse la morale du style: "Mais tu n'as rien à faire ici. Regarde. Tu as fais quelques études ou formation professionnelle chez toi, c'est là-bas que tu dois être et pas ici." Croyez-vous vraiment que les migrants ne se posent pas de question avant de partir, qu'ils se jettent comme des kamikazes dans l'inconnu alors qu'ils ont tout chez eux? Quitter famille, pays, maison, emploi pour certains d'entre eux ne coule sûrement pas de source. C'est une décision grave qu'ils font. Et en plus quand ils embarquent leur propre femme et enfants dans cette aventure de la mort, croyez-vous sincèrement qu'ils n'auraient pas fait un autre choix moins difficile et douloureux si cela avait été dans leur possibilité?

Pour les autres, ceux qu'on jugent seulement sur des critères économiques et qui sont sensés ne pas rester chez nous, je pense que l'énergie qu'ils ont déployé pour leur voyage montre aussi clairement qu'ils veulent changer de vie et de situation. La rue n'est drôle pour personne, surtout pas pour des jeunes qui rêvent d'avenir, de petite amie, de famille. Vous connaissez beaucoup de jeunes hommes qui peuvent facilement trouver une copine quand ils n'ont aucune situation en perspective. Moi pas. Les jeunes femmes ne sont pas complètement folles. Elles cherchent aussi de la sécurité pour s'attacher à un compagnon d'existence. En plus de la misère sociale, ces jeunes garçons vivent une misère sexuelle qui peut s'avérer dramatique. Et j'imagine que la fascination pour les théorie théologique du monstre Daech qui voit dans le viol permissif sur les femmes non-musulmanes ou déclarées comme telles quelque chose de divin (!) n'existe pas sans raison. Ces jeunes ont besoin d'argent. Ils en trouvent en épousant la cause de l'Etat islamiste. Ces jeunes ont besoin d'être quelqu'un. Ils trouvent leur place dans cette curieuse secte barbare. Ces jeunes ont envie de relations sexuelles. Ils en trouvent à satiété en bafouant le droit à la liberté des femmes. Alors on peut toujours fermer les yeux sur eux. Ce sera l'occasion pour les terroristes d'agrandir encore leurs rangs. Un jeune sans avenir est un jeune désespéré qui est finalement prêt à faire n'importe quoi puisque de toute façon il lui semble qu'il est condamné à mort dans cette société sans avenir qu'on lui offre.

A nous de faire des choix intelligents si nous voulons que nos démocraties influencent le monde plutôt que cela soit les soldats et les gourous de Daech qui deviennent l'ultime vérité à cette jeunesse en perte d'idéal humain.

Écrit par : pachakmac | 01 septembre 2015

Plumenoire, vous avez pour vous la pratique des situations. Les politiciens n'ont que leur théorie et leur regard sur leur propre popularité auprès du peuple... Et ce que vous dites est teinté de bon sens. Nous n'y arriverons pas si nous dénions le droit à ces personnes de recommencer une nouvelle vie chez nous, que cela soit pour une durée provisoire ou définitive. Pourquoi l'Europe? Parce que justement l'Europe est un phare démocratique dans le coeur de ces personnes qui fuient dictature et horreurs en tous genres. Et si notre réponse est une réponse de rejet, de camps de concentration. de non-entrée en matière, ils ne leur restera plus rien sauf à mourir...où à tomber dans le panneau des salopards qui en échange d'argent et de femmes, leur offriront une fin barbare et criminelle avant...le salut très hypothétique auprès d'Allah concernant les musulmans. Notre Europe est sensée représenter un nouvel idéal de vie pour tous ces gens. Allons-nous définitivement les décevoir en nous réfugions lâchement dans nos petits comportements égoïstes? N'avons-nous pas assez de foi en nos idéaux pour défendre leurs droits et les confronter à leurs devoirs parmi nous? Je pense que plus nous serons nombreux à développer des énergies positives, plus nos chances de succès seront grands. Et alors, peut-être, la démocratie vaincra le signe indien de la défaite et se développera enfin partout dans le monde. C'est mon souhait le plus cher. Car c'est celui qui nous donne la raison de notre humanité moderne, libre, universelle, partageant des valeurs que chaque être humain porte en lui si on l'accepte, qu'on lui offre sa chance d'exister et d'accomplir sa vie.

Écrit par : pachakmac | 01 septembre 2015

@Arnica

"Force est de constater que ces Etats souverains et indépendants sont incapables de se gérer. A qui la faute si leurs chefs d'Etat planquent l'aide au développement dans des banques, et pas qu'en Suisse?

On ne cesse de nous culpabiliser avec le fait qu'on leur vole leur or et leurs ressources. Pourquoi sont-ils incapables d'exploiter leurs ressources eux-mêmes? Bon nombre de ces pays devraient être aussi riches que la Suisse ou le Luxembourg. Pour rappel: à l'heure actuelle, c'est la Chine qui fait son marché en Afrique et elle ne se sent absolument pas coupable."

Oui vous avez employé le bon terme. "force de constater" oui par force on constate ceci par les médias. Mais que disent les médias locaux ? quel est votre vision critique ? Je dirai que vous posez plus de question que d'arguements. Parler de la Chine pour dédouaner l'Europe ne fonctionne pas non plus. Elle ne fait que suivre l'exemple qui lui a été donné. La Chine n'est qu'un nouvel actionnaire dans ce pillage organisé.
Longtemps j'ai pensé que l'Afrique ne voulait pas mais en fait on fait en sorte qu'elle ne peut pas. Demandez cela au Burkina Faso qui appauvrit ses sols pour le coton et qui ne peut le vendre au même prix que les autres pays. Je répète ENCORE mon arguement précédent! Comment ce fait il qu'un GRAND DEMOCRATE ex NUMERO 2 du FMI nommé Alassane OUATTARA derrière lequel tous le monde était et qui est entrain de piller de la même manière la cote d'ivoire. Il faut croire que nos plus grandes instances, président européens compris soutiennt le pillage! Oui on le sait depuis De Gaulle et Monsieur Jacques Foccard. je vous conseille de vous renseigner un peu plus sur le bonhomme et pas a travers wikipedia pour en avoir une vision critique.

@Pachakmmac

Vous avez tout dit!
Bien à vous

Écrit par : plumenoire | 01 septembre 2015

Voici ce que l'on trouve sur le site de "rts info" à ce sujet:

"Le HCR réaffirme sa position
Les deux termes - migrants et réfugiés - ont des significations distinctes et les confondre est une source de problèmes pour les deux groupes" a déclaré le HCR jeudi. Le HCR explique que les réfugiés sont des personnes fuyant les conflits ou des persécutions. Ils ont droit à une protection internationale en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés.
Les migrants ne sont pas directement menacés et choisissent de quitter leur pays principalement pour des raisons économiques, trouver un emploi, une formation, ou des raisons de réunion familiale. A la différence des réfugiés, ils peuvent rentrer chez eux sans encourir de danger. Les lois de chaque pays sur l'immigration s'appliquent dans leur cas.
Le HCR précise que parmi le grand nombre de personnes qui affluent actuellement vers l'Europe à travers la Méditerranée, il y a une majorité de réfugiés."

On peut regretter que ce soit ainsi et même oeuvrer pour que cela change, mais en attendant, les conventions internationales n'ont pas encore été modifiées.

Par ailleurs, on peut voir des sujets sur cette problématique tous les soirs au journal de 19.30h. Il est encore trop tôt, pour poster le lien de l'édition de ce soir, qui était en lien direct avec le sujet de ce billet.

Écrit par : Calendula | 01 septembre 2015

Merci Calendula. Je vais voir les archives. Ce débat n'est donc pas dénué de sens,

Écrit par : hommelibre | 02 septembre 2015

Merci Plumenoire qui écrit à une plumeblanche. Petit billet ce matin sur mon blog avec le grand, l'immense Léo Ferré dont la vision coule à pic tous les arguments trop rationnels. trop calculés, trop manipulés et manipulateurs. La foi de cet homme était la fois des grands explorateurs, des grands voyageurs modernes de notre planète. C'est ici:

http://pachakmac.blog.24heures.ch/archive/2015/09/02/le-droit-de-naitre-au-bon-endroit-859618.html

Écrit par : pachakmac | 02 septembre 2015

@Pachakmac

J'irai voir!

Précision : réfugié est un statut juridique! Un réfugié est un migrant avant de devenir un réfugié.

Il est totalement faut de dire qu'un migrant n'est pas menacé. L'Histoire de cet homme erythréens qui a perdu sa femme en libye et qui devrait justement avoir le titre de migrant est passé par les mêmes problèmes que ceux que vous dites réfugiés.
Le HCR considère réfugiés les gens dans leurs camps. Le problème dans cette histoire c'est que migrant n'est pas un statut juridique mais réfugié oui. La différence est, comme toujours, une différence économique.

Écrit par : plumenoire | 02 septembre 2015

@plumenoire,

A moins de me tromper lourdement, les Erythréens sont considérés comme des réfugiés par la Suisse. En tout cas jusqu'à présent. Certains commencent à contester ce fait, vu l'augmentation des demandes en provenance de ce pays, dont le régime est totalement liberticide.

D'autre part, peut-être n'avez-vous pas lu la citation du HCR jusqu'au bout ? En effet, il n'y est pas question de personnes se trouvant dans leurs camps :
"Le HCR précise que parmi le grand nombre de personnes qui affluent actuellement vers l'Europe à travers la Méditerranée, il y a une majorité de réfugiés."

La situation est déjà assez dramatique en l'état, ne rajoutons pas du désespoir et du sentiment d'injustice, où il n'y en a pas ( encore) !

Écrit par : Calendula | 02 septembre 2015

Selon A2 13h. Merkel a déclaré que Schengen serait remis en question profondément s'il n'y avait pas d'accord entre les pays UE.
Est-ce que c'est ce qu'elle murmurera à l'oreille de Burkhalter et consorts
aujourd'hui et demain?
Si ça continue on va pouvoir remercier cette vague des migrants!

Ce que nous n'avons pas pu faire avec nos bulletins de vote, eux le font en toutes illégalité, c'est pas beau....l'anarchie!

Écrit par : Corélande | 02 septembre 2015

@Calendula

Pour avoir le statut de réfugié il faut faire une demande.

N'importe quel migrant ayant fait une demande en Suisse est d'abord permis N (ce qui n'est pas le statut de réfugié)

Au bout d'un certain temps il aura une réponse. Entrée matière -> permis B réfugié ou pour la plupart permis F provisoire.

Il y a beaucoup de plus de personnes qui ont un permis F provisoire mais qui ont pas la qualité de réfugié. Pour ma part je ne peux pas m'étaler sur ce que je vois mais je peux assurer qu'il y a plus de permis F provisoire qui sont donnés (même à des syriens) plutot que celui de réfugiés. D'ou le fait je suis très précis sur cette question car on a tendance à mélanger et ce n'est pas du tout pareil et les droit ne sont pas les mêmes. A préciser qu'un permis B réfugié n'est pas le même qu'un permis B tout court...il y a déjà des problèmes d'équités entre eux.

Le HCR eux traite les migrants comme des réfugiés (à juste titre) il n'y a pas de ditinction. Par contre quand on parle de ceux qui sont sur le territoire la distinction est importante c'est elle qui détermine la situation de la personne. Autrement dit tu es reconnu comme réfugié ou admission provisoire (on va t'aider à t'insérer). Pour les autres on ne fait rien et on construit comme cela de la criminalité par envie de désoeuvrer les gens.

QUID les déboutés que la Suisse a préféré mettre de coté en pensant qu'ils partiraient d'eux-même. Après 10 ans c'est un échec et notre gouvernement est fautif de toute cette gabgie. Le problème actuel urgent n'est pas les bunker mais de se prononcer sur cette situation qui dure et qui enlise la situation. Il serait temps que les partis de gauche comme de droite qui ont été au pouvoir depuis 12 ans de prendre leur responsabilité car ceux sont eux les premiers fautifs de ce qui se passe sur le territoire.

@Corléande

le terme anarchie encore et toujours mal utilisé. L'anarchie ne tire pas sa source dans l'illégalité mais dans la réciprocité. Anomie serait plus de rigueur!

Écrit par : plumenoire | 07 septembre 2015

Alors faisons un peu de français :
- Anarchie ; Etat de désordre et de confusion qu'entraine la faiblesse de l'autorité politique.

C'est clair, les migrants actuels sont des illégaux! Ils n'ont pas le droit de circuler dans l'espace européen. (Schengen n'existant plus suite à la décision unilatérale de l'allemande merkel de laisser passer ces gens aux travers des frontières intérieures, sans avoir été recensés et admis aux frontières extérieures de l'UE) Ceci justement en raison de la faiblesse de l'autorité politique qui a elle même transgressé les règles.

- Anomie; Absence ou désintégration des normes sociales! Ca c'est pour ce qui nous attend prochainement en raison de toutes ces charges supplémentaires qui vont certainement profondément modifier les normes sociales.

Écrit par : Corélande | 07 septembre 2015

@plumenoire,

Je n'ai pas cherché à entrer dans les dédales de l'administration helvétique et ses normes, qui peuvent être amenés à évoluer en fonction p.ex. de l'arrivée de Syriens. L'Allemagne n'applique plus les normes de Schengen et admet que tout Syrien est un réfugié.
La Suisse peut d'ailleurs être critiquée par le HCR, je me souviens que cela a déjà eu lieu.
Mon intervention concernait la définition du mot "réfugié" et le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) me semble être une petite référence.

Je crois qu'énormément de personnes arrivant en Suisse font la demande du statut de réfugié et qu'elles savent qu'il faut le faire.
J'ai travaillé avec un ado rom, née en Allemagne, dont la famille a vécu de longues années en Allemagne et qui a fait une demande d'asile en Suisse, il y a environ 2 ans. J'ai vu son livret de demandeur d'asile provisoirement admis et ai cru halluciner. Il me semblait évident que que ces gens n'auraient pas droit au statut de réfugié. Et effectivement, après deux mois, ils ont dû quitter le foyer de requérants et la Suisse. Il arrive que l'on accorde des admissions provisoires même dans de tels cas.
Heureusement, l'examen de leur cas n'a pas duré une éternité, car ça aurait fait naître de faux espoirs.

Que pensez-vous qu'il faille faire dans le cas, où des personnes demandent l'asile, alors qu'elles ne viennent pas d'un pays, où ils sont en danger ?
Faut-il renvoyer illico, avec le risque de passer pour trop expéditif ou examiner chaque cas minutieusement, pour aboutir ... au renvoi ?
Vous semblez dire que la longue attente pousse à la gabegie et le désoeuvrement au crime.
Les responsables politiques et l'administration sont chroniquement débordés.
Pourquoi ? Vous semblez en connaître un rayon et votre analyse m'intéresse vraiment.

Écrit par : Calendula | 07 septembre 2015

@ plume noire

"parce que vous croyez que la fin officielle de la colonisation n'a pas permis de tirer de l'Afrique or et bijou dans lesquels seuropéen et reste du monde se pavanne ? connaissez-vous le système de la Francafrique mis en place sous De Gaulle et qui a continué jusqu'à l'ère Sarkozy et qui semblerait continue encore. Ce n'est pas un recolonisation qu'il faut mais un début d'honnêté envers un continent qui est spoilié tous les jours graçe aux pantins de l'Occident."

pendant la colonisation, les pays colonisés étaient des ruines pour la France, 3 fois la somme que les américains ont allouer à la France au titre de prêt bail après la seconde guerre mondiale, (somme engloutie dans la guerre d'Indochine), donc si l'on parle de pillage actuellement, ce n'est qu'une récupération des sommes englouties. et en plus la France en colonisant ces pays a fait cesser la traite arabo négrière, la Chine ne peut pas en dire autant, ce n'est pas elle qui s'est ruinée en Afrique.

https://www.youtube.com/watch?v=emyCoqWEBls

Écrit par : leclercq | 07 septembre 2015

Les commentaires sont fermés.