12 août 2015

Défendre le petit commerce ne nous oblige pas à toucher les seins de la crémière

On peut approuver les lois antiracistes sans bêler avec Harlem Désir. On peut souhaiter pour les personnes homosexuelles une vie libre et sécure sans reconnaître l’expression «mariage pour tous». 


D'Estrées01.jpgLes seins de la crémière

 

On peut aimer les femmes sans faire preuve de complaisance pour la victimisation féministe. On peut être solidaire de ceux qui sont dans le dénuement sans devoir casser du riche.

 

On peut se sentir proche des humains sans avoir sa carte au parti. On peut aimer son enfant sans se priver parfois de le confronter. On peut se sentir solidaire d’autrui et être de droite. On peut aimer la liberté et la cohérence intellectuelle et être de gauche.

 

On peut défendre un principe mais ne pas en endosser toutes ses applications concrètes.

 

Parfois on se sent obligé d’être d’un côté ou de l’autre, d’être ou l’un ou l’autre alors que dans la réalité nous sommes souvent et l’un et l’autre. On se sent obligé d’accepter toutes les idées et valeurs d’une personne parce qu’on l’aime bien, succombant ainsi à ce que je nomme une loyauté parasite. De prendre tout un package pour un seul produit. Je suggère de découpler les principes de certaines de leurs applications.

 

Exemple: la mode est aujourd’hui à devoir accepter tout ce qui vient de la culture et de la communauté gay, sans quoi on est stigmatisé sous l’accusation fallacieuse d’homophobie. Or on peut soutenir le droit de disposer de son corps sans taire ses désaccords sur certains aspects

 

 

arméechine.jpgLes soldats de la normalisation

 

Le principe d’égalité n’est pas toutes les égalités. Il est encore moins une mise en conformité, une normalisation de la majorité par une minorité. L’égalité peut et doit être appliquée avec mesure et bon sens, là où elle prend toute sa force. Le droit des minorités n’inclut pas le droit de coloniser culturellement une majorité. Si être dans une minorité est un étendard alors toute appartenance à n’importe quel groupe est un étendard. Il n’y a dès lors plus de limites au morcèlement d’une société en d’innombrables groupes et sous-groupes. 

 

Les cortèges qui suivent les étendards n’ont plus qu’une seule parole: celle dictée par leurs leaders. Petits soldats tous pareils. Drôle d’aboutissement pour ceux qui se réclament de leur différence. Stigmatiser le porteur d’une controverse n’est qu’une manière de le tuer. C’est un meurtre social et intellectuel. De ce point de vue soyons lucides: l’homophobie est l’arme d’une guerre renversée.

 

La critique et la controverse font intimement partie de la démocratie. Actuellement trois domaines ou mouvements semblent vouloir se soustraire à toute controverse, acquérant par là un statut de croyance substitutif aux religions: l’écologie, le féminisme et l’homosexualisme. Par principe il faut opposer un contre-pouvoir intellectuel à toute tentative totalitaire ou hégémonique, à tout mouvement ne souffrant pas la contestation. C’est une condition de survie de la démocratie et de la liberté pour tous.

 

D’où cette allégorie: on a le droit de défendre le petit commerce sans être obligé de toucher les seins de la crémière. Pas obligé de prendre tout le package sans discrimination.

 

 

 

15:09 Publié dans Philosophie, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Alors là je suis bien d'accord, mais pour être vendeur, il faut que le discours soit monochrome.
C'est une contrainte de visibilité par la masse.

Sinon vous n'avez aucunes chances d'accrocher l'attention des pékins lambdas, la tête baissée dans le guidon de leur circuit quotidien.

La politique pratique ce type de communication, car elle a bien compris ce système. Le problème c'est qu'on à l'impression que cette simplification du langage envahit tous les complexes neuronaux.

La mondialisation y est pour quelque chose, sans doutes. Car comment considérer un ensemble de 7,5 milliard d'individus autrement que par une simplification comme " village planétaire".

http://www.ac-grenoble.fr/webcurie/pedagogie/histgeo/jpm_tstg/TSTG_unifo&fractures_synthese_1.pdf

Écrit par : aoki | 12 août 2015

Vous avez entièrement raison, il est important d'avoir des mouvements différents dans les idées c'est la meilleur façon à la fois pour la démocratie mais pour les libertés individuelles. Le féminisme est une croyance qui rien qu'avec le non du mouvement elles ne peuvent pas être impartiale. Mais elles veulent intervenir très jeune pour rendre obligatoire leur idées au sein des structures gouvernementales, éducatives, et la communication. Enfin si c'est ça être progressiste et égalitaire on en verra les conséquences dans quelques années. J'espère que pour se défendre elles ne pas que c'est la faute des hommes mais elles les aurons tellement "diminuer" que je suis pas sure qu'il y est un mouvement important pour qu'ils puissent défendent leurs droits. Au pire il leurs suffira de faire un texte en mettant deux trois fois les mots machos, égalité, discrimination et place des femmes et elles auront gagner.
L'homosexualité tout doit être dit et fait pour faire plaisir a leur représentant sinon c'est être homophobe.

Écrit par : Lafaux | 12 août 2015

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