05 août 2015

Sexualité : seul le « non » doit être affirmatif

Je complète mon billet d’hier. J’ai dénoncé avec force 10 ans d’emprisonnement d’un homme sur la base d’une fausse accusation, mais aussi une loi qui accrédite un climat paranoïaque dans les relations entre femmes et hommes. Je m’en suis ouvert dans un commentaire et je crois que cela vaut un billet à part entière.

 


amour,sexualité,consentement,oui,non,paranoïa,« Oh, oui, oui! »

 

La loi a été votée dans quelques états des Etats-Unis. Elle est appelée Loi du consentement affirmatif. En clair:

 

« … dans les universités californiennes, il faut qu'une femme consente «de façon enthousiaste» à chaque étape d'une relation sexuelle - les baisers, les caresses, le déshabillage, la pénétration. C'est ce qu'impose une nouvelle loi sur le consentement sexuel dans les universités californiennes surnommée «consentement affirmatif».»

 

Par exemple un garçon s’assied près d’une fille. Il doit lui demander si elle est d’accord. Jusque là c’est normal. Ensuite il doit la prévenir qu’il envisage de lui faire la cour et lui demander si elle est d’accord. La fille doit répondre par un oui «enthousiaste». Quel mystère, quelle magie, quelle nécessaire fragilité, quelle marge d’incertitude reste-t-il déjà à ce point? Presque aucune.

 

Puis, je raccourcis, tout doit de même recevoir un accord explicite. «Je peux prendre ta main?» «Oui, c’est formidable, tu peux prendre ma main!» Il faut en effet que l'accord contienne la demande pour éviter tout malentendu... «Je peux caresser ton sein droit?» «Oui, répond-elle avec enthousiasme, tu peux caresse mon sein droit!» «Et toucher ton oreille gauche?» «Oh, oui, oui! Mon oreille gauche!» Etc, etc. Si elle dit un oui neutre, sans enthousiasme, il y a danger.

 

La codification très extrême proposée ici est contraire à la culture amoureuse. On voudrait statufier des attitudes, figer les relations. Ce peut être un choix de société, car seule prévaut la décision d’une majorité de personnes. Il n’y a rien de fondamental, de supérieur, dans la liberté: elle dépend des époques, des circonstances, des propagandes, des peurs collectives justifiées ou non. C’est cela qu’on découvre au travers d’une telle loi. Moi ce n’est pas mon choix.

 

D’une part la spontanéité des relations, les méandres du jeu amoureux, sont réduits à néant par une attitude formelle et infantilisante. D’autre part comment confirmer que le oui a été affirmatif en cas de litige? Faire signer une décharge? Appeler un témoin? Imaginez: il et elle sont au lit, amoureux, passionnés, animés d’un beau désir, se découvrant, et au moment des caresses plus précises ou d’une pénétration, il faut sortir le carnet à souche pour qu’elle ou il confirme son consentement enthousiaste. Cela me paraît invivable et niant la responsabilité des amants.

 

Peut-être reviendra-t-on au système indien: les parents choisissent les époux fille et garçon, mais ceux-ci peuvent refuser. Le sentiment amoureux ne prévaut pas mais il peut s’éveiller. Ces unions serait plutôt stables dans le temps. Dans nos mariages on dit que les époux échangent leur consentement. C’est fait devant témoins. Toute relation est dès lors considérée comme consentie (sauf violence bien sûr).

 

 

amour,sexualité,consentement,oui,non,paranoïa,Oies muettes et canards

à bretelles

 

Pour parer à toute éventualité, comme un changement d’avis post-coïtal, une déception, etc, ce oui doit être marqué quelque part. Parole pour parole pourrait ne pas suffire. D’ailleurs on devrait envisager, dans l’absurde, que les partenaires se prêtent à une prise de sang avant d’entrer dans le lit: ils pourraient être sous l’emprise de l’alcool ou d’une drogue et un tribunal pourrait invalider le consentement en cas de litige post-coïtal. Si la fille ou le garçon se rend compte que ce n’était pas le ou la partenaire qu’il ou elle attendait, et par peur du jugement de ses copines ou copains, n’en viendrait-on pas à relativiser le consentement en l’absence d’une preuve formelle?

 

L’absurdité de ces mesure devrait sauter aux yeux. Si une fille prend la main d’un garçon, ou vice-versa, et que celui-ci la retire, cela veut dire non. Si elle insiste et qu’il la retire encore, cela veut toujours dire non. Mais s’il laisse faire, même s’il regarde ailleurs par timidité par exemple, cela veut dire oui, par défaut.

 

Le «oui» est acquis par défaut du «non». C’est une règle amoureuse et de séduction. Le oui, le consentement, est présupposé en l’absence d’un non clair. Ce n’est donc pas le oui qui doit être affirmatif, c’est le «non», un non ferme et sans appel. C’est ce que j’ai toujours connu chez les femmes. En cas de refus elles étaient claires et compréhensibles. 

 

A l’adolescence certaines filles savaient d’ailleurs bien jouer avec les nerfs des garçons en maintenant une ambiguïté. Cette ambiguïté avait une fonction: elle leur donnait une marge d’évaluation du «candidat» avant de consentir ou non. Si elles avaient connu une telle loi, nos mères auraient probablement éclaté de rire. Les filles d’aujourd’hui sont-elles si nunuches qu’il faille à ce point les protéger, même d’elles-mêmes? Je ne le crois pas.

 

Le non doit donc être affirmé sans ambiguïté. Demander que le oui soit affirmé c’est selon moi un renversement de la loi et de la notion de liberté, de spontanéité amoureuse, et une incitation au trouble et au dégoût amoureux. D’ailleurs une personne normale remarquera très vite les signes implicites d’un consentement ou d’un refus. Il ne faut pas prendre les femmes pour des oies muettes et les hommes pour des canards à bretelles. Si j’imaginais devoir demander le «consentement affirmatif» à chaque étape, je renoncerais d’emblée. Je ne suis pas intéressé par cette infantilisation et par ce climat paranoïaque. 

 

Le «non» est important. C’est le non qui doit être affirmé. C'est lui qui délimite champ du possible sans le contraindre, alors que le oui interdit tout ce qui n'est pas demandé explicitement. Plus aucune initiative, plus aucune audace ne sont possibles sous la dictature du oui, qui est une tentative supplémentaire de contrôle des comportements privés, et je pense particulièrement, non sans raison, des comportements masculins. Normalement le oui vient de soi tant qu’il n’y a pas de «non». Cela devrait tomber sous le sens si l’on considère les humains comme des individus responsables d’eux-mêmes. Que chacun et chacune assume son oui ou son non. La justice a assez à faire avec les vrais crimes et délits.

 

09:25 Publié dans Politique, Repères, société | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : amour, sexualité, consentement, oui, non, paranoïa | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Votre billet a croisé mon commentaire sur le précédent billet. Vous répondez à ma question...

Écrit par : Kad | 05 août 2015

Oui j'ai vu. Merci.

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

De toute façon, certaines arrivent arrivent à expliquer qu'elles ont été violées, alors même qu'elles ont manifesté tout au long le dit "enthousiasme" ! On n'en finit plus...

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article367&var_mode=calcul

Écrit par : Antisthene | 05 août 2015

Hommelibre toutes ces fausses accusation émanent -elles d'adultes trop couvés par leurs parents et qui mis devant la réalité n'ont plus que le mensonge comme seule issue pour retrouver leur liberté ?
Dans le temps les viols existaient déjà et nombre de femmes décédées n'ne ont jamais parlé sauf à des confidentes connues pour ne jamais rien révéler
Si,si il en existe mais en général on les connait depuis la primaire
Et à ce sujet vous aurez peut-être remarqué que si une personne vous dit,ne répétez jamais à quiconque ce ue je vais vous dire ,elle fera partie des premières pipelettes à révéler une chose pour laquelle ensuite elle ne se gênera pas d'intenter un procès pour fausses calomnies à celui ou celle qui par malheur aurait vendu éa mêche
Certes la bassesse est aussi bien d'ordre masculin que féminin mais certaines femmes d'aujourd'hui ont peut-être décidé de battre le record
Quand à dire non c'est impératif là au moins les choses sont claires cependant ne dit-on pas que l'Amour rend aveugle ?
Et de nos jours avec les facilités liées à Internet ou autre gadget virtuel il l'est deux fois plus
très belle journée

Écrit par : lovejoie | 05 août 2015

Antishtène, ce témoignage est édifiant!

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

Lovejoie:

"... émanent -elles d'adultes trop couvés par leurs parents et qui mis devant la réalité n'ont plus que le mensonge comme seule issue pour retrouver leur liberté ?"

Possible. Je ne connais pas d'études de caractères sur ces personnes. De ma propre expérience je constate un certain profil, mais pas à 100%.

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

Hommelibre ,merci de votre réponse cependant ce n'était qu'une hypothèse de ma part
Mais il faut reconnaitre qu'on vit une drôle d'époque comme disaient déjà nos grands parents alors qu'au sein de certains couples les coups déjà pleuvaient mais les gens avaient bien d'autres chats à fouetter qu'écouter ou discourir sur les femmes victimes consentantes ou pas car pour manger certaines étaient prêtes à n'importe quoi
De toutes manières comme j'aime le dire en riant après 45 ils avaient tous perdus la boussole et il aura fallu attendre la fin des tickets de rationnement pour qu'un semblant de calme revienne
De très courte durée, car les estomacs plus ou moins repus ce sont les enfants des victimes qui se sont réveillés et tout le monde connait la suite

Écrit par : lovejoie | 05 août 2015

C'est un des grands paradoxes aux Etats-Unis. Le puritanisme des évangélistes côtoie le libertarianisme le plus exacerbé.
Avez-vous déjà remarqué comment les américains se font la bise ? Le hug consiste en une drôle de gymnastique puisqu'il faut serrer fort dans ses bras, et donner force de tapettes dans le dos pour cacher son malaise, sans qu'une seule partie inférieure des corps ne se touche.

Écrit par : Pierre Jenni | 05 août 2015

Je n'ai pas fait attention, Pierre. Je vais regarder.
:-)

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

S'agit-il bien réellement, aujourd'hui, du "puritanisme des évangélistes"?

On sait que le thème des "femmes violées sans reconnaissance du délit jusque dans les commissariats" fut extrêmement mis en relief, dénoncé et développé par les féministes des années 50!

Écrit par : Myriam Belakowsky | 05 août 2015

Que fait-on du charme de la séduction et des regards échangés entre un homme et une femme ?

Rien hélas ...

Je n'imagine pas un seul instant demander à un homme "puis-je vous faire un sourire parce que vous me plaisez" ? J'aurai l'air cruche ... et je suis gentille avec moi-même ... :-)))

Cela devient franchement ridicule cette obsession du viol : si une femme dit non, c'est non et si un homme dit non, c'est la même chose.

Écrit par : Lise | 05 août 2015

@Lise a raison quand c'est non c'est non point barre
Cependant certaines femmes surtout parmi les jeunes n'ont encore pas appris à gérer leur peur de l'abandonnite

Écrit par : lovejoie | 05 août 2015

@ lovejoie : de toute façon se faire "virer" est dans la logique des choses, il faut que les mères préviennent leurs filles que oui cela existe réellement et qu'il est surtout inutile de demander "pourquoi" à un homme, car les compliments vont fuser mais le résultat sera le même ... il a pris la poudre d'escampette ... pour une autre !!!

Écrit par : Lise | 06 août 2015

Lise,

Dans cent ans les chroniqueurs ou les historiens décriront peut-être la culture amoureuse de notre époque comme essentiellement judiciaire, marquée par la peur de l'autre, la méfiance d'un supposé sexisme et l'incapacité attribuée aux individus de reconnaître les signes naturels d'une rencontre, ce charme dont vous parlez.

Em même temps ils parleront des images sexualisées, de la pornographie et de l'apparente liberté de pratiques et d'accès à ce qui a trait au corps – bien que cela ne soit pas forcément dans le chapitre "amour".

Etrange paradoxe des extrêmes.

Je devrais peut-être écrire un billet de fiction sur cette idée.

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

@ hommelibre : ce serait une excellente idée, votre blog refera surface un jour et on vous louera pour avoir été un précurseur du thème !

Plus je réfléchis au sujet, plus je pense que c'est carrément grotesque de tout vouloir "amender, écrire, signer des oui à n'en plus finir" finalement pour soi-disant se protéger.

Arrivera-t-on un jour à devoir signer une convention peuplée de "oui je suis consentante" ou "non je refuse cette pratique, cette position, etc..." à faire ratifier par un Président de Tribunal pour être valable ?

Et les sentiments, l'amour, le plaisir d'être deux, qu'en fait-on ?

Bonne journée

Écrit par : Lise | 06 août 2015

Lovejoie, cette peur est peut-être plus répartie qu'on ne l'imagine. Des garçons acceptent aussi des comportements intrusifs de la part de leur copine par crainte de la perdre.

Mais ces peurs ne devraient pas mener au tribunal! Elles font partie de l'apprentissage de la vie et de la confiance en soi. Sans quoi on va revenir aux procès pour adultère: il m'a trompé, elle m'a trompée, je suis en dépression: c'est une maltraitance...

La liberté moderne accouchera je l'espère d'un plus grand sens de la responsabilité et de l'acceptation que l'apprentissage de la vie passe parfois par des erreurs ou des trajectoires imprévues. Cela nous révèle à nous-même. L'humanité des humains passe parfois par là.

Écrit par : hommelibre | 05 août 2015

Ou peut-être qu'ils diront que nous étions insensés d'oser nous mélanger pareillement. Le sexe sera devenu sale et vecteur de maladies inguérissables et la procréation non plus assistée mais organisée. Nous prenons le chemin du virtuel. Si je vivais encore 100 ans, je ferais partie des pariahs et vivrait hors des cités civilisées et hygiéniques. Juste histoire de pouvoir continuer à craquer sur un regard et toucher l'autre.

Écrit par : Pierre Jenni | 05 août 2015

Mdr l'humanité des humains cette phrase me fait bien rire.
Quoique l'humanité a plutôt une connotation relative, quand on voit toutes les atrocités commises sous le sceau de la bêtise et de la cruauté humaine.
Mais bon il paraît qu'il faut avoir foi en l'humanité... Lol

Écrit par : spartacus | 05 août 2015

@Myriam Belakowsky au sujet des Evangélistes sectaires imaginez les drames et remises en question quand toute la famille avait les yeux bleus et que l'enfant naissant avait les yeux noirs et la peau basanée
La mére pour peu qu'elle ait eut du sang étranger dans les veines était automatiquement affublée de tous les maux quand au père il était éjecté du groupe
L'enfant lui n'avait plus qu'à se fondre dans le monde de l'imperfection ou des imparfaits pour lui tenir compagnie et comment aurait-il pu faire autrement avec un père qui n'avait que 17 ans et qui n'en avait strictement rien à secouer
Mais heureusement des papiers officiels sont arrivés à temps pour confirmer de nombreux soupçons de nombreux enfants qui eux sentent les pièges et mensonges souvent même avant qu'ils ne soient mêmes prononcés

Écrit par : lovejoie | 06 août 2015

Absolument! Toute cette campagne que "Non veut dire Non!" avait un but- celui d'exposer qu'une parole claire, simple et composée de 3(trois) lettres suffisait à annihiler toute sorte d'ambiguité. Si je dis "Non!", tout arrête, point à la ligne. Si je ne dis rien, tu as mon consentement implicite- autant par mon silence que mon acceptation corporelle des gestes que tu poses (et que je retourne) à mon endroit. Qui ne dit mot consent dit l'adage, n'est-ce pas?
L'idée même que nous devions demander permission pour le moindre geste; et pis encore, répéter cette demande pour l,autre geste et celui qui suivra et celui qui suivra après etc... est si ROYALISTE qu'on se croirait dans un roman d'époque ou le chevalier doit s'enquérir des désirs et des volontés de la princesse avant d'entreprendre quoi que ce soit!
Disons le franchement. Si un mec (garçon, ado, homme) précède toute tentative à un baiser avec une demande formelle, suivie d'un self-vidéo lorsqu,elle acquiesce (preuve qu'elle a dit oui)et insiste pour ses copains soient là pour prêter serment, le cas échéant; et la même chose lorsque vient le temps d'aller au lit, les femmes seront les premières à hurler au meurtre du romantisme.
Non, c'est non. Pas besoin d tes copains, de ta caméra ni de ton interrogatoire. Si je ne dis pas non,continue.

Écrit par : martin malthus | 06 août 2015

@Lise entièrement d'accord avec Vous. Bonne journée !
@Hommelibre peut-être que si les gens connaissaient mieux leur histoire personnelle ce qui est rarement le cas et de plus en plus puisque de nombreux liens familiaux sont détruits à tout jamais on pourrait peut-être faire avancer un débat qui est aussi vieux qu'Adam et Eve séparés par un téléphone (le fameux serpent/rire
Nous avons un ciel formidable en ce moment qui aide à prendre conscience de beaucoup de choses nous concernant comme des révélations de dernières minutes du genre,vous aviez un ancêtre Procureur d'une région de France
Je comprend mieux pourquoi je navigue toujours entre Gavroche et les Trois Mousquetaires
Très bonne journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 06 août 2015

Je suis très d'accord avec vous, Lise.
Tout ce qui fait le charme, le beau, le délicat, le brûlant d'une relation à deux est à maintenir. L'émotion, le sentiment, l'éveil. La réciprocité, parfois même le malentendu, l'ajustement, la différence, la danse.

Comme dirait la pub: "Le reste n'est que garniture"...
:-)

Écrit par : hommelibre | 06 août 2015

Emblématique d un certaine culture . On s adonne au culte du corps ( sport, chirurgie esthétique, régime bio, bronzage) mais ce faisant , on le mécanise , on l aseptise , on en fait un actif à entretenir. Tout ce qui est du domaine du trouble, du sale, de l excès est à proscrire sauf dans le cadre de rituels caricaturaux ( les beuveries lors des fêtes des fraternités universitaires). La passion doit être étroitement encadrée car elle est par nature synonyme de perte de contrôle. , de vulnérabilité et par ce fait nuit à la souveraineté individuelle. Le couple narcissisme puritanisme règne.

Écrit par : F-cat | 06 août 2015

Emblématique d un certaine culture . On s adonne au culte du corps ( sport, chirurgie esthétique, régime bio, bronzage) mais ce faisant , on le mécanise , on l aseptise , on en fait un actif à entretenir. Tout ce qui est du domaine du trouble, du sale, de l excès est à proscrire sauf dans le cadre de rituels caricaturaux ( les beuveries lors des fêtes des fraternités universitaires). La passion doit être étroitement encadrée car elle est par nature synonyme de perte de contrôle. , de vulnérabilité et par ce fait nuit à la souveraineté individuelle. Le couple narcissisme puritanisme règne.

Écrit par : F-cat | 06 août 2015

@Hommelibre Le tout étant de ne pas se formaliser quand arrive un drame familial le plus important consistant à chercher ce qui est à l'origine
C'est sans doute ce qui a permis à de nombreux enfants de parents divorcés de prendre leurs jambes à cou très vite pour voler de leurs propres ailes
Cependant on peut en rire quand on connait certains père remariés à des femmes blondes aux yeux bleus et qui 10 ans avant de mourir ont enfin réussi à avoir un enfant aux yeux bleus
Yeux bleus ,yeux menteurs dit l'adage ils le confirmèrent car tous sitôt leur père décédé l'argent de l'assurance vie du défunt ne fut que leur seul moteur pour laisser leur mère seule et abandonnée à son tour
Ce qui confirme aussi que certains karmas de famille exigeant le célibat des femmes est à respecter .Ceux et celles ayant cru bien faire en niant l'évidence qui se répète de génération en génération en ont fait les frais toute leur vie
D'ou la très grande importance de connaitre l'histoire de ses ancêtres sinon c'est comme vouloir construire un monde en niant le passé ,la pyramide ne tiendra jamais longtemps
très belle journée et encore merci pour votre blog

Écrit par : lovejoie | 07 août 2015

A maintes reprises, j'ai entendu des hommes dire que quand une femme dit 'non', ça veut dire 'oui'. Bien entendu qu'un 'non' affirmé devrait suffire, mais ce n'est pas le cas vu qu'il est souvent mal interprété ou tout simplement pas respecté par certains. Peut-être que les hommes devraient apprendre qu'un 'non' c'est NON? Et qu'un seul 'non', ça devrait suffire?

Écrit par : Bluette | 10 août 2015

Bonne remarque Bluette.
Un non clair avec le comportement clair ne devrait pas mal interprété. Je pense que tout homme normal sait le reconnaître. J'espère du moins!
Ensuite il y a le jeu amoureux qui passe par des oui-non ou non-oui. Une femme dont le non n'est pas définitif montre, je pense, d'autres signes à l'homme. Mais il faut néanmoins être prudent sur ce point.

Chez les chats, la femelle rejette le mâle avant de le laisser venir. Elle est même assez violente. En même temps elle reste dans les environs, feule bruyamment et prend des poses explicites. Pendant ce temps le mâle peut parfois rester assis comme indifférent. Etrange jeu amoureux.

Chez les humains c'est l'homme qui a hérité du comportement insistant. Peut-être pour que la femme le teste? Hypothèse. J'ai connu au moins deux femmes qui m'ont dit, longtemps après s'être refusées, que si j'avais insisté elles auraient dit oui. L'insistance de l'homme va avec peut-être sa vitalité, sa combattivité, la force de son désir, et ce sont peut-être des signaux importants pour la femme.

C'est évidemment délicat car on est alors dans une zone grise, peu balisée.

D'un autre côté la culture classique valorisait la résistance de la femme, surtout vu les conséquences possibles pour elle (grossesse). Mais cette résistance peut parfois être ambivalente.

Je pense que les hommes ont intérêt à être attentifs aux signaux et à s'assurer qu'ils ont bien compris (pas forcément en demandant maladroitement si c'est bien oui, il y a la manière). Quoi qu'il en soit la précipitation n'est pas toujours une bonne chose, elle peut générer des malentendus.

Écrit par : hommelibre | 10 août 2015

N'y a-t-il pas ce moment où la femme dit à l'homme: "Viens!"?
C'est juste de faire allusion au refus "vu les conséquences possibles pour elle" mais aussi pour celles qui étaient également éduquées religieusement la demande (de cool à stricte "tolérance zéro!") de se garder vierge ("pure", "intacte" (les confirmantes protestantes à seize ans le jour de leur confirmation portaient première paire de bas, costume tailleur ainsi que voile blanc) jusqu'à la rencontre avec "celui qui(...) correspondant au prince charmant des contes de fées (dont on finit par dire qu'il avait un aspect libérateur des oppressions ou conflits familiaux, certes, mais qu'il n'était pas évident que des petites princesses heureuses à la maison auraient jeté leur dévolu sur le même prince charmant...)!
Comme Paul, l'Apôtre, demande aux époux d'être avec leurs épouses comme Dieu est avec eux il y avait forcément, lorsque l'amour était présent, un aspect vénération de l'épouse à l'époux et Françoise Dolto qui était croyante citait souvent l'Eglise orthodoxe qui dit que lorsque un mariage ne "tient pas" c'est parce que Dieu qui eût "cimenté" n'y avait pas par les époux été convié. Je ne voudrais pas faire hurler mais il semble qu'autrefois il y avait entre couples et amis du couple, entre couples (partage verbal de leurs joies, leurs peines/les efforts de recherche pour que les couples et familles n'"éclatent pas") quelque chose de précieux parce qu'irrigué par des larmes, certes, mais également des efforts d'écoute de l'autre et les uns des autres formant une ambiance non seulement positive mais, lorsque c'était possible une fois la paix revenue, la réconciliation, au lit, également, avec évidence... une ambiance d'empathie avec harmonie accompagnée d'une réelle "mélodie" conjugale, d'abord, parentale, familiale et conviviale ensuite.
Sur le plan socio-économique alors le mari qui travaillait bien (un "brave garçon!) avec un salaire permettant d'entretenir les siens était certain de garder son emploi ce qui apportait non seulement la sécurité mais l'équilibre indispensable à la santé comme au moral...

Écrit par : Myriam Belakowsky | 11 août 2015

Bonjour Myriam,

Il y a certainement des moments où la femme dit "Viens". Plus qu'on ne l'imagine. Je ne crois pas qu'une femme puisse se laisser séduire sans avoir préalablement "senti" son partenaire. Culturellement elle ne le dit pas de la même manière que l'homme, qui lui s'expose de manière plus visible.

Pudeur? Auto-préservation? Je pense que l'on oublie un peu vite que par nature les conditions masculine et féminines étaient et sont encore différentes. Cela marche toujours: j'ai relevé sur le site de recrutement de l'armée de terre française ces deux phrases:

"L'épreuve sportive se compose de 3 tests (course, parcours d'obstacles, épreuve de force). Naturellement, les exigences différent selon que vous êtes un garçon ou une fille."

www.lesmetiers.net/orientation/p1_195781/les-metiers-de-l-armee-de-terre?dossiercomplet=true

Le recrutement est fonction du sexe, à cause de la différence de force. Cela peut laisser entendre que les femmes ne seront pas engagées sur toutes les mêmes opérations que les hommes. La nature n'a pas perdu ses droits. Et c'est juste adapté à la réalité.

Je dis cela parce que le choix du partenaire n'est pas le fruit du seul hasard ou des sentiments amoureux. D'autres critères, pas toujours explicites, pas toujours conscients, président à ce choix.

Je trouve intéressant - sans vouloir y souscrire - le modèle indien classique: les parents proposent un mari ou une femme à leur progéniture, qui est en droit de refuser. Les parents doivent évidemment faire preuve de grande sagesse et de discrimination pour proposer un bon parti. Il est généralement de même niveau social, de bonne santé, de bonne famille, etc.

Je me souviens avoir lu une fois que les choix amoureux nous conduisent à trouver mari ou femme dans une zone socio-économique assez proche de la nôtre. Pour une femme, plus vulnérable en phase de fin de grossesse et d'allaitement, il fallait un homme capable de la défendre et de la nourrir. Le groupe, la société a pris en large partie le relais de cela mais je ne pense pas que ce besoin soit réellement éteint.

On analyse souvent les couples du passé à l'aune de nos regards présents, sans vraiment comprendre le pourquoi. La princesse qui attend le prince ne touchait initialement qu'une petite partie de la population, peu celle des paysans. Depuis l'existence du livre entre autres toutes les filles se rêvent princesse (je sortirai bientôt un billet sur ce sujet). Le symbole de la princesse a quelques aspects intéressants mais il est très incomplet.

Sur Paul, on oublie souvent la notion essentielle de réciprocité dans ses propos au couple: "Femme soyez soumises à vos maris ... hommes soyez soumis à vos femmes". A l'intérieur de cela les positions des deux partenaires ne sont pas identiques, reflet de la société d'une époque qui n'avait pas encore inventé la chefferie à deux têtes, mais le cadre général était dans la réciprocité, qui pour moi est un composant de la vraie égalité (celle qui inclut la différenciation sans en faire une subordination).

Je partage bien ce que vous dites:

"... il semble qu'autrefois il y avait entre couples et amis du couple, entre couples (partage verbal de leurs joies, leurs peines/les efforts de recherche pour que les couples et familles n'"éclatent pas") quelque chose de précieux parce qu'irrigué par des larmes, certes, mais également des efforts d'écoute de l'autre et les uns des autres..."

Oui, je le pense aussi. Ce qui suppose un couple fixé sur un projet bien plus large que la seule sexualité.

Écrit par : hommelibre | 11 août 2015

Aujourd'hui, hommelibre et ses amies et amis lecteurs on parle de problème concernant le sperme des hommes en même temps que du déclin de l'univers qui va se mourant ce qui rejoint la théorie de l'Inde sur la création d'un univers, son maintien puis sa destruction (l'Inde ayant de tout temps affirmé qu'il n'y a pas qu'un seul monde habité).

Plurivers, donc. En ce cas, quid du "septième ciel"?!

En yoga on dit qu'à la mort la terre (sous le sacrum approximativement + périnée) qui nous constitue retourne à la terre puis l'eau (région du sacrum avec abdomen puis le feu (plexus solaire) puis l'air (l'endroit de notre poitrine que nous tapotons en disant "moi", l'éther (appareil phonatoire) l'intelligence, cerveau (au fond dans le crâne mais s'aborde "entre les sourcils" puis l'âme, le souffle, l'esprit:
retour de ce tout au grand Tout (la Maison du père chrétienne si on veut: "Je remets mon esprit (souffle, ruah âme) entre tes mains!"

Ce qui est la raison pour laquelle il faudrait côté Mondialisation cesser de vouloir vassaliser les gens et ces derniers cesser de se laisser faire tout en réclamant du temps, des forces, donc, pour méditer.

Entre attraction et répulsion bien choisir nos choix selon nos priorités.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 11 août 2015

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