23 juillet 2015

Contrairement aux prévisions, la banquise arctique se reforme

Une expédition arctique dont l’objet est d’étudier le réchauffement est actuellement bloquée dans les glaces au large du Canada, dans la baie d’Hudson. Le bateau qui héberge cette expédition est le garde-côte et brise-glace Amundsen. Il s’agit des pires conditions de glace rencontrées depuis 20 ans, selon l’un des officiers du brise-glace.

 


climat,canicule,glaciers,banquise,arctique,refroidissement,cooling,canada,hudsonLa banquise arctique s’épaissit et s’élargit. Un bilan plus complet pourra être établi en septembre, mais on sait déjà que depuis 2013 cette banquise, la plus sensible à la variation chaude du climat, a repris du poil de la bête. Il y a quelques années les prédictions de spécialistes du climat annonçaient sa disparition totale entre 2013 et 2016. Ils se fondaient (si j’ose dire) sur leurs modélisations en fonction des années précédentes.

 

Ainsi en 2012 la presse relayait les prévisions de Peter Wadhams:

 

« D'après Peter Wadhams, l'un des spécialistes en physique de l'océan polaire les plus reconnus au monde, la banquise arctique pourrait prochainement disparaître. La nouvelle n'aurait rien de surprenante si cet expert de l'Université de Cambridge n'avait pas avancé l'année 2016 comme étant celle de l'anéantissement définitif de la zone. »

 

Cette annonce date de 2012 et avait déjà été faite en 2007. Il a précisé:

 

« On se dirige vers un effondrement, qui devrait survenir en 2015 ou 2016, et qui verra l'Arctique libre de glace durant les mois d'août et de septembre. C'est une catastrophe mondiale. »

 

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D'autres scientifiques avaient prédit à peu près la même chose:

 

« C’est également l’avis de l'océanographe Wieslaw Maslowski, professeur à la Naval Postgraduate School de Monterey (Californie). Lui et son équipe avaient même d’abord annoncé la fonte totale pour 2013.

 

Le Dr Walt Meier, du Centre national américain de données  sur la neige et la glace, à Boulder (Colorado), affirme pour sa part: « Je serais extrêmement surpris si cela se produisait en 2013 ; je ne serais pas totalement surpris si c'était 2019. »

 

Ces grands spécialistes de la catastrophe mondiale se sont donc égarés; du moins devraient-ils ne pas accorder une foi absolue dans leurs propres modèles. Car ce ne sera pas pour 2015 ni pour 2016. Les glaces arctiques augmentent depuis 2013, en surface et en épaisseur (image 2). En 2013, au bénéfice d’un été plus frais, elles avaient regagné 33% de leur volume. Et cela continue, encore à ce jour de juillet 2015.

 

On ne peut déduire une tendance globale sur 3 ans. Mais d’une part cela correspond à la période de pause du réchauffement constaté depuis 17 ans, avec un décalage dans le temps dû à l’inertie des systèmes climatiques (par exemple août est plus chaud qu’avril alors que le soleil est à la même hauteur dans le ciel). D’autre part on peut déjà dire trois choses:

 

  • la fonte de la glace a été très lente et progressive en 30 ans;
  • la résilience de l’Arctique est extrêmement rapide, beaucoup plus rapide que ce qu’imaginaient les climatologues qui le reconnaissent eux-mêmes;
  • les modélisations ne sont pas paroles intouchables. Les modèles climatiques, socle des prévisions, font des calculs de manière assez mécanique sur la base des données qu'on y introduit. La patte humaine, avec ce qu'elle suppose d'incomplétude et de parti-pris conscients ou inconscients, est forcément présente dans les résultats. Ces prévisions sont donc à étudier avec un esprit critique – ce qui devrait être l'attitude prévalent dans la science.

 

climat,canicule,glaciers,banquise,arctique,refroidissement,cooling,canada,hudson,La banquise arctique se régénère donc beaucoup plus vite qu’elle ne fond. Je rappelle aussi que l’Antarctique, au Pôle sud, continue à battre des records de volume de glace depuis des décennies (image 3). Et l’Australie affronte une vague de froid sans précédent.

 

Des climatologues restent néanmoins accrochés à leurs modèles et pensent que ces chiffres ne changent pas leurs prévisions à long terme. Nous verrons. En l’état et depuis quelques années, les prévisions alarmistes sur la suite du réchauffement doivent être revues à la baisse. Nous sommes dans tout sauf une évolution linéaire du climat, s’il s’agit bien d’une évolution et non d’un variation.

 

Et ce même alors que nous vivons un été de canicule dans une partie de l’Europe.

 

Mais attention: les modèles prévoient un coup de frais ce week-end. Les pressions bougent un peu, ainsi que le jet-stream. La situation anticyclonique va-t-elle changer?

 

Une intéressante étude a été publiée ce jour sur les raisons des blocages météorologiques occasionnels comme celui que nous connaissons. A lire sur 24heures de ce jour.

 

 

17:53 Publié dans Environnement, Météo | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : climat, canicule, glaciers, banquise, arctique, refroidissement, cooling, canada, hudson | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Peu de nouvelles pouvaient me faire plus plaisir que celle-ci Homme Libre.
Vraiment.
Toujours à nous culpabiliser... et catastrophistes de plus...

Nous sommes ici encore sous le coup du blocage, héhé, mais c'est l'été et on verra bien si un iceberg accoste un de ces jours...je vous tiens au courant, promis!;-))

Écrit par : colette | 23 juillet 2015

Bonsoir Colette,

Oui c'est une bonne nouvelle. Bien sûr il faut voir sur plus long terme.
Mais je pense utile de relativiser ce catastrophisme.

Le blocage continue, j'ai vu de votre côté et dans le sud de la France, c'est chaud chaud!

Belle soirée, que je vous espère sous les étoiles avec quelques glaçons dans l'apéro en attendant l'iceberg... :-)

Écrit par : hommelibre | 23 juillet 2015

Ah oui, moi aussi, ça m'a fait tout chaud de vous lire :-)) - Merci et très bonne soirée!

Écrit par : Mireille | 23 juillet 2015

Monsieur Homme Libre,

Vous écrivez: "La banquise arctique s’épaissit et s’élargit." Ce n'est pas l'information fournie par le site suivant qui indique que l'extension de la banquise pour le mois de juin est la troisième plus basse jamais observée par satellite.

http://nsidc.org/arcticseaicenews/

La Baie d'Hudson n'est qu'une anomalie locale.

Écrit par : Charles | 23 juillet 2015

@ Charles:

Il y a donc deux informations non convergentes? Possible, cela montre que l'on est devant un système complexe. D'une part le graphique que je mentionne indique qu'il y a 4 mesures plus basses que 2015, ce qui ne ferait pas de 2015 la troisième plus basse mais la cinquième.

D'autre part la banquise est encore dans une courbe basse par rapport à la moyenne de référence. Mais la tendance est à une nouvelle extension depuis 3 ans. La banquise n'est pas dans un système linéaire mais cyclique, comme tout ce qui concerne le climat et plus généralement le vivant. Volume et surface se rapprochent de la zone gris clair, qui est la moyenne générale compte tenu des variations naturelles. La ligne gris foncé est la résultante des variations naturelles, pas la norme absolue mais un chiffre relatif. La zone gris clair est plus significative et sa largeur montre que même par le passé il y a eu des variations à la hausse et à la baisse.

On peut aussi questionner la norme de référence puisque nous n'en avons pas avant, à des périodes plus chaude comme 1930-1950. On sait cependant que Roald Amundsen a passé le premier le passage du nord-ouest en 1906. Il était donc ouvert.

www.wdl.org/fr/item/7316/

D'autres infos ici, dont celles sur le minimum exceptionnel de glace de 2012, causé comme l'explique la Nasa par un cyclone.

www.pensee-unique.fr/oceans.html

Tout cela doit au moins nous amener à questionner le discours unique. Il peut y avoir des effets locaux, ce qui montre un peu plus la complexité de la question et la prudence à tenir dans toute affirmation quelle qu'elle soit. Cyclones, variations des courants chauds et froids qui influent parfois sur des décennies les conditions locales.

De plus les glaces du nord sont naturellement fragmentées, ce qui augmente leur sensibilité à diverses conditions: cyclones, houles, courants. Le pôle nord lui-même n'est pas toujours gelé, il laisse apparaître des trous et on a des photos de sous-marins américains faisant surface au pôle nord.

Enfin la moyenne générale tient compte de l'ensemble de l'Arctique et donc inclut les variations locales. Tout inclus, les glaces augmentent en surface et en volume depuis 3 ans. Cela va assez bien avec la pause dans le réchauffement voire le léger "cooling" observé. Les annonces d'années les plus chaudes mériteraient d'être analysées en détail. Par exemple la Noaa affirmait l'an dernier qu'août avait été le plus chaud de l'Histoire. Mais où? Pas en Europe, on le sait, c'était le plus frais depuis 40 ans.

Mais comme je l'écris, trois ans ne font pas le climat et il faut voir comment les choses évolueront dans les 10 ans. En tous cas c'est une bonne nouvelle, qui montre que l'on ne doit pas céder à la peur mais réfléchir de manière critique et nuancée, et que des experts à la pointe mondiale ne disent pas que des vérités indiscutables. Après des années de "terreur" scientifique dans l'information, c'est décidément une bonne nouvelle.

J'en profite au passage pour souligner que la production mondiale de céréales a plus que triplé depuis 1961, signe que la végétation n'est pas en stress dramatique par rapport au coup de chaud. Les modes de productions y sont aussi pour quelque chose, ce qui montre l'ingéniosité humaine. Si le réchauffement continuait on cultiverait davantage en Sibérie, avec des blé plus rapides pour des saisons chaudes plus courtes.

Écrit par : hommelibre | 23 juillet 2015

Merci Mireille. Mais comme je l'écris un signe n'est pas tout, il faudra encore du temps. Mais cela montre que nous ne savons pas encore tout, particulièrement en ce qui concerne les rééquilibrages naturels et les mécanismes de rétroaction.

Le Giec par exemple voit le futur de manière linéaire. Or il doit forcément y avoir des rétroactions. Ils sont partout dans le vivant, sans quoi la vie serait impossible et toute guérison improbable. Un peu comme quand nous faisons de la fièvre, nous transpirons pour éliminer la chaleur interne qui sans cela causerait de graves dommages à l'organisme.

Bien sûr il y a aussi des points de non-retour avec la fièvre. Mais nous devons davantage explorer le climat sous l'angle des cycles et des rétroactions, pas seulement sous l'angle d'un fatalisme consécutif à une observation de courte durée (30-40 ans).

Très bonne soirée à vous aussi!

Écrit par : hommelibre | 23 juillet 2015

Le minimum de 2012 est d'ailleurs l'illustration d'un emballement médiatique déraisonnable, Charles.

Il avait d'abord été présenté comme un emballement du réchauffement global, laissant entendre que le point de rupture était atteint. Toute la presse avait emboîté le pas, un peu comme pour le typhon Hayan qui était présenté comme le pire de l'Histoire et comme un signe ultime du réchauffement. La Conférence de Varsovie qui a suivi était sous le traumatisme. Or on sait depuis qu'il n'en était rien. J'ai documenté ici:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2015/07/14/scoop-le-truc-de-la-conference-climatique-de-paris-268755.html#more

Pour 2012, la Nasa avait ensuite donné le correctif: la fonte exceptionnelle était due à un cyclone, des conditions locales exceptionnelles, quoi. La presse n'a quasiment pas rectifié, laissant le public dans la certitude que la catastrophe était globale. Triste goût morbide pour la catastrophe...

D'ailleurs quand on lit le rapport du Giec, on devrait relever les indices de confiance. Beaucoup sont carrément faibles et reconnus comme tels.

Écrit par : hommelibre | 23 juillet 2015

Monsieur Homme Libre,

Vous écrivez: "Mais la tendance est à une nouvelle extension depuis 3 ans." Si vous regardez le graphique suivant fourni par mon lien précédent, vous voyez que la tendance est toujours à la baisse puisque 2013 et 2014 ont vu une extension plus grande que cette année. Vous constaterez qu'il n'y a jamais trois ans de suite une extension de la banquise. En outre votre graphique indique 5 (et non pas 4) mesures plus basses. Ce graphique indique l'épaisseur de la glace, mais ne dit pas s'il s'agit d'une moyenne ou de mesures locales. Le second graphique est plus clair, car il estime le volume total des glaces de la banquise en fonction du mois de l'année. La tendance est claire.
http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/2015/07/Figure31.png
http://4.bp.blogspot.com/-YQTY6xYmlBI/UKRtNQ1zgRI/AAAAAAAAGs4/IkSRSzTxbQE/s1600/745348656384.png
Pour calculer une tendance, il ne faut pas tirer des conclusions sur trois ans. Il vaut mieux attendre dix ans.

Écrit par : Charles | 23 juillet 2015

Monsieur Homme Libre,

Propagande ou contre-propagande, pro ou anti-GIEC, peu me chaut, ce sont des polémiques stériles destinées à faire vendre du papier ou à attirer le lecteur. Seuls les faits m'intéressent. Et il est dommage que certaines personnes confondent météorologie, tendances et climat.

Écrit par : Charles | 23 juillet 2015

@ Charles,

Le deuxième graphique que vous citez dans votre dernière intervention vient du PIOMAS, donc la même source de données que celles que j’utilise dans mon billet. Le premier est du NSICD, banque de donnée sur l’Arctique. Les deux semblent montrer une situation contradictoire avec les données que je cite. Je précise que le PIOMAS, du Polar Science System, est une source considérée comme fiable par de nombreux scientifiques.

J’ai cherché plus loin pour comprendre cette contradiction. Qu’il en existe entre les différentes sources de donnée, c’est normal, c’est même l’objet de discussions entre les scientifiques eux-mêmes. La difficulté est que ces données proviennent en partie d’informations réelles (satellites, mer, parfois le terrain) et en partie de modélisations qui extrapolent, et donc qui sont plus fragiles parce que modélisées. De plus les méthodes de collecte de données sont multiples.

D’où vient cette contradiction apparente? Le graphique que vous mentionnez est d’une part moins précis, chaque carré horizontal représentant une année. Les détails manquent. D’autre part il s’arrête à 2012, année du minimum historique consécutif au cyclone que j’ai déjà mentionné.

Je propose de le comparer avec ce graphique de PIOMAS:

http://neven1.typepad.com/.a/6a0133f03a1e37970b01b7c7ab6f97970b-pi

Celui-ci est beaucoup plus détaillé. Il représente les mois en abscisse. L’année 2015 est en trait rouge marquée de X et s’arrête au mois de juin. Elle est mise en comparaison avec les autres années. La ligne de 2015 est ici plus haute que celles de 2012 à 2014, même si elle reste dans les zones basses des moyennes pluridécennales.

Le premier graphique du NSIDC court jusqu’à 2015 et infirme le PIOMAS, ce pour quoi je ne trouve pas encore d’explication, sauf peut-être les méthodes de mesures utilisées ou le traitement des informations reçues.

Cette autre carte du NSICD, ci-dessous, est intéressante car elle est interactive et permet de visualiser les courbes selon les années choisies. Il s’agit ici de km2, soit uniquement de surface, en posant comme critère de prise en compte la présence d’au moins 15% de couverture de glace sur une aire donnée (carré par carré). Ce seuil introduit-il un biais entre les deux sources de données? Je n’ai pas trouvé l’équivalent de ce seuil pour le PIOMAS, je continue à chercher, mais c’est une première piste. On voit sur cette carte que les années 2013 à 2015 sont assez proches (en extension de surface donc, moins le seuil de 15%). Sur ce graphique les glaces de 2015 sont moins étendues en mars que pour les deux autres années, mais plus étendues en juillet.

http://nsidc.org/arcticseaicenews/charctic-interactive-sea-ice-graph/

Un autre aspect est que le PIOMAS donne un graphique sur le volume de glaces. Le volume donne une idée de l’épaisseur et non seulement de la surface (même s’il en est aussi tenu compte pour calculer le volume). On est devant deux sources de données différentes donc difficilement comparable.

Laquelle est la plus fiable? Peut-être celle de l’épaisseur car elle tient compte des glaces accumulées et non seulement de la surface, qui varie beaucoup plus selon la saison. L’épaisseur maintient une glace permanente donc plus durable.

Il y a aussi des controverses sur la qualité de la glace dans l’épaisseur. Ceci est plus difficile à mesurer par les moyens habituels. Il faudrait compléter les observations satellites, les données des bouées, avec des observations fines sur le terrain. On n’a encore pas de représentation très complète et réaliste de la situation de la banquise arctique. La climatologie est une approche relativement récente et les données sont en augmentation régulières du fait des outils à disposition. On ne mesure pas de la même manière aujourd'hui qu'il y a 40 ans, et la pensée sur ces données évolue elle aussi. On doit aussi tenir compte des interprétations et corrections que certains modèle ajoutent aux données.

Et aussi des questions politiques, car malheureusement les faits peuvent être conditionnés par cela. Les fonds pour la recherche vont aujourd’hui principalement aux groupes de recherche qui incluent directement, comme une évidence, le réchauffement carbocentré. Les scientifiques ne sont pas protégés contre la notion de marché de la recherche, même quand ce sont les Etats qui paient.

Les semaines à venir seront importantes pour l’évaluation des glaces arctiques 2015. C’est la saison chaude et elle peut accélérer ou non une fonte. Cela dépend aussi des étangs de fusion (fonte légère en surface de la glace) qui apparaissent au printemps, dont l’importance conditionnerait la fonte d’été plus encore que la chaleur proprement dite de juillet-août. Ces étangs de fusions du printemps n’allaient pas dans le sens d’une fonte aggravée en été. Mais cela nous le saurons à l’automne.

Pour bien faire il faudrait compléter le tableau des variations de la banquise avec des données de latitudes plus basses, comme l’état des courants marins chauds qui remontent ou non loin au nord, ainsi que de l’oscillation nord-atlantique. Elle a beaucoup contribué au réchauffement de l’atmosphère en Europe depuis 30 ans, étant en phase positive. La phase positive est plus ou moins corrélée aux variations des températures. Les pressions hivernales de l’anticyclone des Açores favorisent les hivers doux en Europe moyenne et pluvieux en Europe du nord, avec des tempêtes. Ce que nous avons connu typiquement ce dernier hiver. En même temps elle devrait renforcer les vents d’ouest de manière générale. Or cet été montre des vents d’ouest et sud-ouest dominants, comme en 2014 (peu de régime de bise et de vent du mord-est) - mais l'été n'est pas une période de vents violents et de tempêtes.

Ce tableau

http://la.climatologie.free.fr/nao/NAO.htm

montre l’oscillation (NAO) sur une période de 500 ans environ. La plus grande partie est une reconstitution puisqu’il n’y avait pas d’instruments de mesure à l’époque. Il tient compte des estimations météo et climatiques passées selon les méthodes de reconstruction du climat passé et par des archives de navigation par exemple. Ce ne sont pas des mesures directes et il faut en partie les relativiser. Mais on voit une tendance, confirmée au XXe siècle: les phases positives et négatives semblent en partie corrélées avec les températures connues ou estimées. Les périodes plus fraîches montrent une longue durée de la phase négative et inversement. La phase actuelle est positive depuis le milieu des années 1970, avec quelques passages en phase négative, probablement pas assez longs pour inverser la tendance chaude actuelle au vu de l’inertie des systèmes. Le CNRS estime que la NAO ne suffit pas à tout expliquer et envisage des sous-systèmes qui peuvent interférer avec le système dominant de NAO.

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim1/biblio/pigb15/06_oscillation.htm

Notons au passage que selon le CNRS,


« La NAO, «traquée» depuis près de deux siècles par les météorologistes, connaît depuis quelques années un fort regain d'intérêt. Ceci s'explique en particulier par le fait que la signature spatiale du réchauffement observé au cours du dernier siècle (avec une accélération marquée au cours des trois dernières décennies) présente de grandes similitudes avec les anomalies de température de surface associées à la NAO. Cette tendance climatique pourrait être en partie liée aux activités humaines et à l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. La compréhension des mécanismes à l'origine de la NAO et de ses liens avec le changement global est donc essentielle si l'on veut détecter et identifier la signature de ce dernier. « 

On lit la confirmation de la corrélation entre les phases et les périodes plus chaude. On lit aussi une prudence quant à la cause carbocentrée (unique selon le Giec) de la variation chaude actuelle.

Enfin je pense que si le coup de chaud devait s’installer durablement il faut y chercher aussi les opportunités positives. Il y en a, bien sûr!

Écrit par : hommelibre | 24 juillet 2015

Charles relaye des infos bien choisies, si bien choisies qu'on peut les soupçonner d'être de la désinformation volontaire. Je le prouve:

http://www.natice.noaa.gov/ims/images/sea_ice_only.jpg

Si on ne regarde que le mois de juin, on a en effet une extension faible de la glace artique. Si on avait choisi fin mai, on aurait même pu faire de l'alarmisme extrême en disant que la glace n'a jamais été si peu étendue une fin de mois de mai ! Mais cela vient juste de la météo, un printemps sans doute très doux dans certaines régions.

Actuellement par contre, on voit qu'on se dirige plutôt vers une répétition des deux années précédentes, voire d'une amélioration. On ne peut pas faire de tendances sur 3 ans c'est vrai, mais à ça je réponds que les supposés climatologues l'ont bien fait récemment en prétendant que les glaces allaient disparaître l'été.

Pourquoi avoir fait des prévisions de disparition de glace ? C'est parce qu'on pouvait facilement l'imaginer en voyant l'évolution de l'extension des glaces artiques jusqu'en 2012.

http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.area.jpg

Il suffit de continuer la droite formée par les minimas annuels jusau'à 2012 pour imaginer atteindre le zéro autour de 2016 à 2020. Seulement ce n'est pas ce qui est arrivé jusqu'à maintenant. Alors l'avenir le dira, mais pour ma part je ris depuis des années en entendant parler de ces compagnies pétrolières qui se battent pour l'exploitaition du sous-sol océanique arctique, sur la base des prévisions alarmistes. A mon avis, l'Arctique n'a pas de souçis à se faire de ce côté-là.

Écrit par : Kad | 26 juillet 2015

Juste une chose à ajouter:

Les événements ponctuels qui se sont produits en 2007 et 2012 étaient d'ordre météorologiques et ne traduisaient pas une tendance à long terme. Mais ils restaient symptômatiques d'une grande fragilité de la glace multi-annuelle. En effet, une glace solide et épaisse aurait beaucoup moins souffert qu'elle l'a fait ces deux étés. Donc je ne taperai pas sur la tête des climatologues qui se sont montrés allarmés. C'était vrai qu'il y avait, et qu'il y a toujours, de quoi s'inquiéter. On le voit très bien avec ce graphique, qui indique la différence par rapport à la moyenne saisonnière.

http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/seaice.anomaly.arctic.png

Pendant quelques années, et plus particulièrement en 2007 et 2012, on voit une grande instabilité estivale, signe d'une épaisseur de la glace multi-annuelle très insuffisante. C'est la cause principale de ces effondrements.

Mais on voit aussi qu'on revient à une situation plus normale, prouvant que la glace multi-annuelle s'étend et s'épaissit. Pas de quoi pavoiser pour autant, mais je dirais que si cette situation persiste encore quelques années, on devrait voir disparaître le risque d'effondrements estivaux.

Écrit par : Kad | 26 juillet 2015

Merci pour ces précisions. La climatologie est une science jeune et le catastrophisme lui a donné un formidable coup de fouet financier. L'expert Peter Wadhams est également favorable à l'ingénierie climatique, soit le forçage du climat par des moyens artificiels (ensemencement des nuages par exemple). Or on ne sait rien des conséquences de changements aussi forcés et rapides. Mais il doit déjà compter les royalties que ses recherches dans ce domaine lui rapporteront.


Je lisais hier qu'au Canada un lac menace de se vider par effondrement d'une de ses berges.

"Les scientifiques expliquent que la destruction de ce petit lac est une illustration criante des conséquences des changements climatiques, qui altèrent les conditions environnementales en Alaska, en Sibérie et à la pointe nord du Canada. (...) Les vastes cavités déjà présentes dans le paysage s'étendent à cause de l'érosion."

www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/au-canada-un-lac-sur-le-point-de-tomber-d-une-falaise_1014737.html

L'érosion est un phénomène normal. Coup de chaleur ou autre raison, on ne va pas figer la nature. A moins d'arrêter la tectonique des plaques...

Écrit par : hommelibre | 26 juillet 2015

Je ne peux pas prendre position dans la discussion sur l'étendue et l'épaisseur de la banquise, comment y voir clair ?
De deux choses l'une : soit la banquise fond et on pourra bientôt utiliser ces routes maritimes, soit elle ne fond pas suffisamment ou assez régulièrement et cela ne vaudra pas la peine d'essayer de passer par là.
Je dirais qu'au moment, où de grands navires passeront par les mers ou océans boréaux de façon régulière, que quelque chose a vraiment changé là-haut et que ce sera probablement dû à un réchauffement climatique.

Ces effondrements de terrain au grand Nord sont souvent expliquées par la fonte du pergélisol. D'où peut-être les cratères qui se forment en Sibérie. D'après ce que j'ai pu en lire, ces gouffres se formeraient, parce qu'il y a du gaz en sous-sol.
En Suisse, la fonte du pergélisol en haute altitude provoque des chutes de pierre ou des glissements de terrain.
Oui, c'est bien sûr une forme d'érosion et on ne l'arrêtera pas.

Écrit par : Calendula | 26 juillet 2015

@hommelibre

« Une expédition arctique dont l’objet est d’étudier le réchauffement est actuellement bloquée dans les glaces au large du Canada, dans la baie d’Hudson. Le bateau qui héberge cette expédition est le garde-côte et brise-glace Amundsen. »

L'introduction de votre article est terriblement fallacieuse.
Relisez le texte original de l'article paru en anglais!

Ce qu'il faut en comprendre c'est ...

- NON, ni l'expédition, ni le brise-glace Amundsen, ne sont bloqués dans la baie de Hudson.

- La mission initiale du brise-glace était une étude scientifique à son bord de 115 jours en Arctic, planifiée de façon très précise, sur le "réchauffement global".

- Des cargos transportant des vivres dans des endroits réculés ont lancé des appels au secours après s'être retrouvés bloqués par des glaces dans certains endroits de la baie de Hudson touchés par une vague inhabituelle de froid.

- Suite à ces appels, le gouvernement canadien a détourné le brise-glace de sa mission initiale, lui confiant la mission de porter immédiatement secours aux navires en difficulté, interrompant le déroulement de l'étude scientifique qui devait avoir lieu, mettant immédiatement et directement en péril son succès, faute de respecter son calendrier.

Voilà ce qu'il fallait comprendre.

« Il s’agit des pires conditions de glace rencontrées depuis 20 ans, selon l’un des officiers du brise-glace. »

Faux.
L'auteur de cette déclaration, faite à la CBC (Radio-TV canadienne), est Johnny Leclair, "assistant commissioner" des Garde-Côtes canadiens pour la région Centrale-Arctique. Il est basé à Montréal.

Sa déclaration exacte fut:

“We haven’t seen these ice conditions in the eastern part of Hudson Bay this late in the season in, I’d say, two decades,” Leclair said. “There is a large patch of ice that has not melted and is creating problems for shipping.”

Il s'agit donc d'une plaque de glace locale qui aurait du fondre, pas de la glace qui s'est reformée.

Écrit par : Chuck Jones | 26 juillet 2015

@ Chuck:

Fallacieux? Non. Le texte anglais est simplement plus précis, sans enlever le sens de mon introduction. En la relisant et en essayant de la voir avec vos yeux, je constate que le texte peut avoir deux sens: soit que le bateau est bloqué, soit que l'équipe est bloquée. J'ai parlé de l'expédition bloquée. On peut aussi discuter du terme "bloquée". Oui, elle est arrêtée dans ses investigations. Elle ne peut les poursuivre à cause de la situation des glaces dans la baie.

La baie d'Hudson est à la latitude de la moitié sud de la Norvège. Sa géographie particulière en fait une presque mer intérieure, avec un échange lent avec les eaux extérieures. Elle est assez peu profonde. Elle est entourée de terres qui se réchauffent assez rapidement avec le rayonnement solaire. Elle n'a pas de banquise permanente. Les dates moyennes de fonte des glaces de la baie sont indiquées sur cette carte:

www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00913/images/figure-38.jpg

On voit que le déglacement dans l'est de la baie, là où le brise-glace a trouvé des conditions très difficiles, devrait être terminé depuis au moins deux semaines.

Je ne crois pas avoir dit que c'est de la glace reformée. Il s'agit de glaces dont la fonte est anormalement retardée.

Conditions locales à l'échelle de la région. Cela suffisait à faire une entrée en matière à mon avis appropriée. A une époque où le moindre ours tout seul sur une plaque de glace passe dans le journal avec en sous-titre: "Effet du réchauffement global anthropique", alors qu'il s'agit peut-être d'un cliché de 1980, il me paraît judicieux de présenter des situations inattendues dans l'autre sens, ne serait-ce que pour relativiser le discours catastrophiste.

Cette entrée en matière est raccourcie mais pas fallacieuse. Vous l'avez complétée, c'est ok, et cela ne change pas l'idée qu'elle contient, ni le reste de l'information.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 27 juillet 2015

Dans la bataille de chiffres et de graphiques contradictoires qui agite la blogosphère entre climat-covaincus et climatosceptiques, permettez-moi ce témoignage: En voyage au Groenland en septembre dernier, j'ai fais halte dans le village de Qeqertaq, près d'Illulisat sur la côte Ouest. Jusque dans les années 2000, les inuits de ce village pouvaient aller chasser sur une banquise qui s'étendaient sur plus de 3500 Km2. C'est toute la baie de Disko qui était prise dans la banquise. Aujourd'hui en hiver et d'après les dires des autochtones, seul 70Km2 de banquise restent praticables! Alors sortez vos calculettes et allez expliquer aux inuits que la banquise s'agrandit et s'épaissi!!!

Écrit par : Calmos | 13 octobre 2015

On remet les faits à l'endroit?

"Maps of ice age at the beginning of the melt season and at the time of the September minimum extent (Figure 5a) reveal that most of the old ice transported into the southern Beaufort and Chukchi seas melted out this summer. This resulted in a 31% depletion of the multiyear ice cover this summer for the Arctic as a whole, compared to only 12% in 2013 and 38% in 2012. There was also more first-year ice lost this summer than during the last two summers. Sixty-two percent of the winter first-year ice was lost. Overall, this was the third largest amount of first-year ice lost in a melt season, behind 2012 (73%) and 2007 (67%)."

Écrit par : Johann | 13 octobre 2015

Et il y a moins de vieille glace que les deux années précédentes.

http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/1999/10/survival.png

Écrit par : Johann | 13 octobre 2015

Johann,

Les données varient selon le Piomas et le Nsidc. Les données Piomas tiennent compte d'étendues sur lesquelles il y a un pourcentage de glace plus important sauf erreur de ma part. On sait que la banquise estivale n'est pas uniforme , il y a des trous. Le Piomas tient également compte de l'épaisseur mesurée in situ.

http://www.pensee-unique.fr/news.html#sept

On est donc dans une double information, contradictoire. A l'endroit ou à l'envers, les faits?

Site Piomas:

http://neven1.typepad.com/blog/2015/07/piomas-july-2015.html

et aussi:

https://stevengoddard.wordpress.com/ice-free-arctic-forecasts/

Le bateau Tara a été empêché par les glaces, je reprends l'info, c'est tout.

Au fait quand le Groenland a-t-il été libre de glaces côtières pour faire sa cartographie? Vers 1822, hors réchauffement.

La masse de glace du Groenland, elle, est évaluée par le DMI:

http://beta.dmi.dk/en/groenland/maalinger/greenland-ice-sheet-surface-mass-budget


Calmos:

Je ne connais pas la situation spécifique d'Illulisat. Cela peut dépendre des vents, des courants locaux, et ne saurait représenter la globalité. Et une info venant d'un seul individu (vous) c'est court.

Écrit par : hommelibre | 13 octobre 2015

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