04 avril 2015

Sacrifice

J’ai découvert hier que le mal est plus profond que je ne l’imaginais. De quoi faire bondir mon coeur inlassable. C’est une grosse surprise. Voyons cela par étapes.


féminisme,religion,femme,victime,bible,église,jephté,carissimi,pasteur,1. Le contexte

On m’a demandé de réaliser une vidéo sur un concert de musique baroque du XVIIe siècle: l’Histoire de Jephté, de Giocomo Carissimi. Une oeuvre magnifique. Le concert était donné par une classe de chant et se déroulait dans un temple protestant. Il était inclus à l’office du vendredi saint.

Jephté est un personnage du Livre des Juges dans la bible. En guerre contre l’oppresseur Ammonite il propose un deal à Dieu: si celui-ci lui donne la victoire il sacrifiera le premier être qui viendra à sa rencontre. «Si vraiment tu me livres les fils d'Ammon, quiconque sortira des portes de ma maison à ma rencontre quand je reviendrai sain et sauf de chez les fils d'Ammon, celui–là appartiendra au Seigneur, et je l'offrirai en holocauste.»

Victorieux, il rentre chez lui et sa fille unique sort la première de la maison. Désespéré, il doit donc la sacrifier. C’était l’époque: on offrait ce que l’on avait de plus cher, y compris la vie de ses proches. Sa fille lui demande deux mois pour aller pleurer dans les montagnes avec ses copines, avant de revenir pour subir son destin.

Pas besoin d’être croyant pour lire les textes anciens et en extraire une forme de sagesse ou d’enseignement, voire de chronique réelle ou reconstruite du passé. De plus et bien que je ne puisse plus adhérer à aucune religion ni représentation de Dieu ni me soumettre à aucune autorité spirituelle, je reste mystique et partage avec les chrétiens une culture et une démarche intellectuelle et une conviction forte sur la liberté individuelle et le besoin de sens.


féminisme,religion,femme,victime,bible,église,jephté,carissimi,pasteur,2. Les faits

L’histoire de Jepthé peut être interprétée de diverses manières. Celle de l’Observatoire du protestantisme, intitulée «Le voeux de Jephté», est très différente de celle que j’ai entendue hier. L’analyse de cette institution de l’église luthéro-réformée de France montre que le marché de Jephté avec Dieu est immoral: nul humain ne peut disposer de la vie ou de la mort de sa famille ou d’une autre personne. La complicité de Dieu - ou de ce que l’on nomme Dieu - dans ce deal est aussi scandaleuse: il ne s’oppose pas à Jephté, alors pourtant que ce type de sacrifice humain est aboli depuis Abraham.

L’interprétation de la femme pasteur d’hier était fort différente. Elle s’est engouffrée dans la modernité la plus décalée et la moins pertinente pour analyser un texte de plusieurs milliers d’années. Un peu comme si l’on reprochait aux humains d’il y a 3’500 ans de ne pas avoir pensé à inclure de chambre à air dans leurs roues en pierre.

La pasteure a en effet mentionné le rôle de la femme de l’époque, qui se sacrifiait pour sa famille. Elle a ajouté qu’en se retirant dans les montagnes pour pleurer son sort elle a «enfin pris un temps pour elle» - comprenez le «enfin» comme un soulagement. De tels propos sont simplement inacceptables pour ce qu'ils disent implicitement des hommes.


féminisme,religion,femme,victime,bible,église,jephté,carissimi,pasteur,3. Le mal insidieux

Donc la femme est encore une fois présentée comme victime. Une victime totale désignée comme telle par une sorte d’anthropologie culturelle et de torsion du passé. Le sacrifice serait-il la marque de fabrique du féminin? Pourquoi, à l’écoute de tels propos, les hommes ne se lèvent-ils pas pour faire taire ce discours qui les bafoue?

Car s’il y a bien un objet sacrificiel dans l’espèce humaine c’est le mâle. L’homme. Père, guerrier, marié souvent par contrainte familiale (ou par arrangement), assigné aux travaux sales et durs, il est sacrifié potentiellement dès sa naissance comme pouvant mourir sans risque pour l’espèce. Il est programmé, éduqué pour se sacrifier sur les champs de batailles où il défend son clan et sa famille. Il est sacrifié en tant que père (la nature patrilinéaire du patronyme n’étant qu’une tentative d’équilibrage de la puissance maternelle). Quand il devient responsable de famille il renonce à tous les avantages du célibat. Quand sa conjointe est mère il s’occupe des petits en travaillant pour les nourrir et les faire grandir, alors qu’il pourrait passer du bon temps à la plage avec de jolies copines. Bref, s’il y a sacrifice, alors il est des deux côtés, mais pas plus chez les femmes que chez les hommes.

Il est d’ailleurs étonnant que l’on parle de sacrifice alors qu’il s’agit d’abord de la survie de l’espèce. Le couple n’a pas  été inventé pour opprimer les femmes - ni les hommes. Il a été inventé pour la protection des petits.

Le mal féministe a donc contaminé - au moins pour partie - l’église protestante. La lecture des textes anciens n’a plus aucune pertinence car l’analyse du passé selon les critères du présent est une ineptie. Cette analyse démagogique ne parle plus de Jephté mais du discours victimaire féministe.

Le mal, insidieux, est partout. La résistance contre l’oppresseur féministe est plus que jamais nécessaire. A part cela le concert était magnifique et j'espère qu'il sera programmé à la fête de la musique.

 

Image 1: Jephté sur le point de sacrifier sa fille, Le Brun, 1656. Image 2: La Fille de Jephté, Edouard Debat-Ponsan, 1890. Image 3: hommes sacrifiés sur le champ de bataille, Guerre de Sécession, bataille d'Antietam.

 

Giacomo Carissimi - L'Histoire de Jephté, choeur final:

 

 

 

 

13:55 Publié dans Féminisme, Histoire, Philosophie, société | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : féminisme, religion, femme, victime, bible, église, jephté, carissimi, pasteur | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Vous êtes totalement rongé par l'esprit de revanche pour tirer de pareil conclusions à un simple discours d'église.

Écrit par : Alain Terrier | 05 avril 2015

@ John Goetelen On partage votre point de vue sur l'ignominie qui porte une personne à en sacrifier une autre en toute indifférence divine. En revanche votre attaque concernant le féminisme (je précise: le féminisme social, non variées "bedoumeries" du moment!) n'est pas fondée. Le statut des femmes au cours des siècles devrait poser la question de comprendre l'indifférence divine. Aujourd'hui, qu'un prêtre indigne entre dans un dortoir pour salir, déflorer un enfant: quelle "intervention divine"?
Ne vaut-il pas mieux admettre que nous sommes appelés à évoluer et que ces récits, contes ou légendes religieux ou non, bibliques ou pas; d'ici comme d'ailleurs en sont, de cette évolution, le ferment parce que nous portant à réfléchir?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05 avril 2015

Le mot "enfin" était donc le mot de trop !
Je dirais que tout enfant sacrifié en holocauste est à priori une vraie victime.

En lisant le résumé de l'histoire de Jephté, que j'avoue avoir ignorée, j'ai aussitôt pensé à Abraham et Isaac.
Que n'a-t-on disserté à leur sujet ! Je pourrais m'offusquer fortement en constatant qu'on a moins parlé de Jephté ! ;-))
Pourquoi a-t-on si peu parlé d'elle ? Je préfère ne pas avancer d'hypothèses à ce sujet, car son histoire peut effectivement être moins intéressante ou emblématique que celle d'Isaac et ses parents, moins importants pour le monde de l'Ancien Testament que Sarah et surtout qu'Abraham.

Pour avoir assisté à moult cultes à l'église protestante, je crois percevoir dans votre récit le schéma que je connais bien : le pasteur fait toujours le lien entre le texte du jour et notre actualité, après avoir expliqué le contexte historique et les interprétations successives d'un passage.
Le protestantisme prévoit que chacun lise la Bible par soi-même, c'est pour cela d'ailleurs que l'on a largement alphabétisé les petites gens dès l'arrivée de la Réforme. Il y a l'idée que chacun peut accéder à la Parole et y réfléchir avec son intelligence. C'est le fondement même du libre arbitre.
En tant que paroissienne, je peux être d'accord ou pas avec la prédication, ça fait partie de la règle du jeu. Je me souviens qu'à la maison, les idées du pasteur étaient souvent commentées.

Il est intéressant que la pasteure se soit éloignée de l'interprétation proposée par l'institution (française, certes).
Si elle avait voulu être très féministe, elle aurait pu charger le père de Jephté et quelque chose qu'on pourrait appeler le machisme guerrier. Mais non, la prédicatrice s'est placée du côté de l'être humain qui va être tué et qui réclame du temps pour se faire à l'idée. (pleurer avec ses copines, comme vous le dites) A sa place, j'aurais dit : "Finissons-en tout de suite !", mais je peux admettre que d'autres veuillent procéder autrement et puis : Isaac a été sauvé...
Si j'avais entendu le prêche, je pourrais me faire une idée : cet "enfin" était-il féministe ou simplement de l'empathie pour quelqu'un qui se sait condamné ?
P.ex. une maladie incurable est aussi injuste qu'un pacte mal fichu avec une autorité puissante, fût-ce Dieu en personne ! C'est là que je vois la modernité d'une telle histoire.
Que Jephté soit une fille ou le prédicateur une femme, cela me semble secondaire.

Écrit par : Calendula | 06 avril 2015

"La résistance contre l’oppresseur féministe est plus que jamais nécessaire". Je suis d'accord avec les articles publié sur ce blog je trouve dommage qu'il n'est pas plus d'homme dans le social et mieux représenté sa permettrait une meilleur égalité des droits et devoirs (pas que la représentation) en évitant les dérives.C'est pas comme si on avait rien à dire http://www.g-e-s.fr/base-de-documentation/dossiers/les-discriminations-contre-les-hommes-en-france/. Ca me fait penser a un article lors d'une interview d'un historien et théoricien militaire qui disait entre autre que le propre de féminisme était d'appliquer ce quelle condamne.

Écrit par : Lafaux | 06 avril 2015

Merci pour ce développement Calendula.

Le mot "enfin" soulignait un peu plus le propos mais dès la notion de sacrifice le thème était à mon avis détourné. Parler d'une femme qui se sacrifie pour sa famille alors qu'elle "est sacrifiée" sans qu'elle le sache même ou qu'elle l'ait décidé n'a strictement aucun sens, même en tentant de faire dire aux mots ce qu'ils ne disent pas.

Il faut aussi dire, je ne l'ai pas mentionné dans mon billet, qu'une de ces phrases sur la victimisation a aussi mentionné les "travailleurs exploités (de mémoire) par le libéralisme"... Merci quand-même à ce libéralisme d'avoir permis au protestants de croître et d'être protégés.

Pas besoin aujourd'hui de charger, la victimisation est tellement collée aux femmes en général que le reste vient avec comme un implicite qui va de soi. Je trouve cela très racoleur. Mais bon, vu l'âge des fidèles, c'est presque comme une dernière passe d'arme.

Que le protestantisme ait renouvelé le christianisme, certainement, et j'approuve (bien que catholique de naissance et d'éducation). Mais là, même si l'on voulait en discuter en famille, on part sur un biais qu'il sera difficile de détordre tant cette politisation opportuniste n'a rien à voir avec les femmes du passé.

Ces femmes, comme les hommes, ont voulu un système dont le but est le développement de l'espèce. Ce n'est pas un sacrifice, ni pour les femmes ni pour les hommes. C'était un choix. A moins de considérer les humains comme particulièrement stupides...


@ Alain:

Non, du tout, je suis seulement perspicace et éveillé sur certaines choses plus que la moyenne. Peut-être ouvrirez-vous les yeux un jour.

Écrit par : hommelibre | 09 avril 2015

La thématique de cette histoire de Jephté se retrouve plus tard dans bien des contes. Moi c'est cela qui m'intéresse.
Dans une religion d'un Dieu d'amour, il paraît évidemment étonnant qu'un tel dieu accepte ce genre de deal. Comment et pourquoi imaginer un tel sacrifice ?

Dans le conte de la jeune fille sans mains, ce thème est transposé du côté du diable. C'est en effet un meunier qui accepte d'échanger "ce" qui est derrière son moulin, contre une fortune immédiate. Le père pense alors à son vieux pommier et accepte. Il se trouve qu'à ce moment même, sa fille se trouvait en train de balayer la cour derrière le moulin ... La fortune faîte, le diable vient chercher son dû 3 ans plus tard. La fille parvient à s'échapper mais à eu les mains tranchées. Il lui faut 7 longues années ( retraite aussi) dans la forêt avec son enfant pour trouver une résolution

Je soupçonne que ce thème touche en réalité des mécanismes profonds dans la psyché humaine. Une autre chose m'interpelle. Dans le texte biblique, il s'agit de vaincre les fils d'Ammon.
Or, la tradition dit que les deux filles de Loth, ont enivrés leur père avant de coucher avec lui. Les ammonites serait le fruit de rapports incestueux avec la plus jeune de ses filles !

Le mécanisme brutale ou non de la dissociation d'éléments fusionnés voilà de quoi il semble question en fait.
En tout cas c'est comme cela que je l'aurais présenté à la place du pasteur :-)


http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/saintsulpice/dossier_elementaire/traces_ecrites/lecture_chant_poesie/la_jeune_fille_sans_mains.pdf

Écrit par : aoki | 10 avril 2015

@aoki,

Effectivement, le motif narratif du sacrifice de la première personne rencontrée est présent dans des contes et comme ceux-ci sont des histoires racontées et re-racontées, écrites et réécrites depuis des lustres, il n'est pas étonnant de constater qu'on trouve des structures déjà dans l'Ancien Testament.
L'histoire des deux filles de Loth est vraiment intéressante dans ce contexte ! Ca devient franchement passionnant du côté psychanalytique :-))
Freud y aurait trouvé une source infinie de réflexions.

Voici une prédication d'un pasteur protestant au sujet des filles de Loth, qui montre bien le schéma typique de la démarche :

protestantsdanslaville.org/gilles-castelnau-libres-opinions/gl576.htm

Pour en revenir au cas de Jephté, et puisque le concert a lieu à la veille de Pâques, j'aurais imaginé que le pasteur ferait le lien avec Jésus Christ, un enfant sacrifié par son Père.
Le cas de Jésus est pourtant bien différent, puisqu'il est prêt à accomplir sa mission et de racheter les péchés du monde. Il comprend les sens de sa mort. Il s'agit de ce grand mystère du christianisme et de l'évenement central du Nouveu Testament.

Écrit par : Calendula | 10 avril 2015

@hommelibre,

J'aimerais répondre à ceci :

"Il faut aussi dire, je ne l'ai pas mentionné dans mon billet, qu'une de ces phrases sur la victimisation a aussi mentionné les "travailleurs exploités (de mémoire) par le libéralisme"... Merci quand-même à ce libéralisme d'avoir permis au protestants de croître et d'être protégés."

Tout à fait d'accord que le protestantisme a bénéficié du libéralisme et je dirais même plus : il a contribué de façon significative à sa naissance, ne serait-ce que du point de vue économique.
Si je suis bien renseigné, selon J. Calvin, la prospérité sur Terre serait le signe qu'on est élu par Dieu.
Pensons à la "Rome protestante" et les grandes familles de la banque privée.
Si en France, les protestants ont eu de la peine à être protégés, il en a été autrement à Genève, aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis, où ces communautés ont prospéré.

Je remarque au passage, que la femme-pasteur a donc eu une pensé pour d'autres catégories que les femmes ! Le christianisme est très préoccupé par l'amour du prochain et par la compassion pour les plus petits d'entre nous, donc la pensée pour les "victimes" est assez son truc.

Une des grandes contradictions de la religion chrétienne en général, c'est la différence entre les préceptes de la Bible et la réalité du terrain.
Ce grand écart a provoqué la révolte de Martin Luther.
Comment ses disciples ont-ils géré son héritage ? Pas sûr qu'ils aient réussi un parcours sans fautes ...

Écrit par : Calendula | 10 avril 2015

@Calendula

Merci de rebondir à ma proposition de psychologiser un peu ce thème. :-)
Et je suis plutôt d'accord avec l'angle d'approche de la prédication que vous avez mis en lien.

Ce pasteur relève un point qui est essentiel: la narration est neutre sans jugement. Dans les contes; ces histoires remâchées par les eaux de l'inconscient collectif, il en va de même, tout est dépersonnalisé. Il ne reste qu'une description fonctionnelle et c'est la fonction qui est importante pas les détails personnels.
Cette suite de thèmes (survie de la lignée au prix de l'inceste, puis rachat au prix du sacrifice) pourrait être longuement étirer et mon intuition me dit que les excès du féminismes trouveraient même une place la-dedans.

Écrit par : aoki | 10 avril 2015

Un Père (Dieu) a-t-il officiellement fait savoir que pour pardonner leurs péchés aux hommes il lui faudrait le sacrifice (le supplice odieux) de Jésus? Le judaïsme, depuis Osée, enseigne que Dieu ne veut pas des sacrifices sanglants mais des cœurs repentants. Du temps de Jésus, une fois par année, un bouc était chargé des péchés de la communauté.

De même, l'homme qui se reconnaissait pécheur s'adressait "sans intermédiaire" à Dieu pour en recevoir force, courage, bénédiction et pardon. Pour pénitence, apportée aux prêtres, don d'un animal, par exemple.

La prédication du christianisme naissant ne concernait pas la Passion, le sacrifice de Jésus, mais l'annonce du Royaume.

N'ayant pas compris que le Royaume annoncé par Jésus n'était pas d'ordre temporel, pensant ne rien voir venir (destruction du Temple en 70) on remplaça l'annonce du Royaume par le récit de la la Passion.

Comme on voit, lu et entendu, il vaut parfois mieux avoir à faire avec Dieu qu'avec ses saints.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 10 avril 2015

@ Myriam Belakovsky,

D'après mes souvenirs, la mort et la résurrection de Jésus sont prédits, il me semble qu'il les annonce lui-même d'avance.
Impossible de me souvenir des passages exacts.

J'ai lu "Le Royaume" d'E. Carrère et pense que les faits historiques aident à essayer de comprendre ce qui s'est réellement passé. Et bien sûr les comparaisons entre les différents textes des évangiles.
Mais ce n'est pas tout.
Le grand mystère réside dans le fait que les disciples de Jésus aient pu faire perdurer son histoire et son message à travers les âges.

Écrit par : Calendula | 10 avril 2015

@ Calendula


L'extraordinaire est qu'un Psaume, en effet, annonce Jésus et c'est parce que Jésus présenté (amené de force) au Grand Prêtre ne correspond pas au Psaume qui prédit un "homme de peine et le portant sur lui" qu'on peut l'arrêter en criant à l'imposture. Pour comprendre pourquoi Jésus lui-même n'a pu croire en ce que l'on raconte, "enseigne"! sur lui lire par l'historien Jules Isaac l'ensemble des archives, chroniques, noms des historiens, citations précises ainsi que toutes les horreurs émises au cours des siècles crachats sur les juifs jusqu'aux écrivains éminents connus... le tout non étranger aux horreurs du nazisme.

Chez Fasquelle: Jésus et Israël, Jules Isaac (lecture recommandée expressément en son temps par Edmond Kaiser)

On peut se demander, après lecture, si "Jésus revenant"... au courant de ce qui est arrivé contre sa volonté comme expliqué en deux mots ici, adresserait, en tant que Jésus, la parole à une représentation officielle en place du christianisme.
Il est dit n'agir que par la volonté "des ciels" (son père)

Les voyageurs hindouistes et bouddhistes en son temps en son pays installés chez l'habitant peuvent (pratiquement sans aucun doute)! avoir cultivé eux-mêmes et transmis l'idée du sacrifice en le sens où un bouddhiste "de et par sa propre volonté" s'immolerait par le feu par exemple en un "cri" à propos de Lampedusa, le plus grand cimetière marin, la Méditerranée.
A l'époque il n'y a pas un messie mais des messies, groupes d'une dix/douzaine d'hommes sous l'autorité d'un chef, "messie", qui veulent libérer le pays de l'occupation romaine.

D'autres messies travaillent à la "conversion des pécheurs" en un temps où la misère, les maladies sont extrêmes, tremblements de terre violents au point de desceller les pierres tombales tels que le petit peuple croit qu'il va se produire l'Apocalypse. Les Esséniens, certains d'entre eux, quittent leur lieu d'habitation pour se rendre soulager comme il le peuvent l'ensemble de ces détresses (voir L'Evangile Essénien de Jésus Bordeaux-Szekely (orthographe à vérifier), escamoté par le Vatican mais lu, étudié avec et grâce à des "complicités internes" et authentifié.

Tellement plus utile que l'ensemble des grossières insultes rassemblées, hélas, en blogosphère sous prétexte de liberté d'opinion.

Arguments fondés/liberté d'opinion, oui.
Inepties au quotidien, non.

Pour dire un point de vue, le mien. Bon dimanche.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11 avril 2015

Excusez-moi, je veux juste voir si j'ai envoyé le commentaire ou non...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11 avril 2015

La lune disparait elle aussi trois jours pour renaitre ensuite lors de la nouvelle lune
D'où l'origine peut-être d'une phrase célèbre comme ,mourir de sa belle mort
Jésus a parait-il étudié l'astrologie d'après certains écrit or l'on sait qu'en ces temps là le cosmos était le seul repère permettant aux bergers et voyageurs de ne pas se perdre dans le désert alors qu'aujourd'hui un désert de questions toujours sans certitude absolue meublent de nombreux cerveaux

Écrit par : lovejoie | 11 avril 2015

@ Calendula

Psaumes Isaïe 50/6 52/13-53


@ lovejoie


Jésus ayant vécu probablement un peu plus longtemps en Egypte qu'on ne croit, on parle surtout de la médecine qu'il pratiquait.

Sans oublier que s'il avait entendu parler hindouistes et bouddhistes un groupe mystique juif de même que l'Egypte(non seulement Inde et bouddhisme) enseignait la croyance en la réincarnation.

Le don de prophétie de Jésus pourrait, lovejoie si vous ne l'avez fait, vous porter à lire L'HOMME STOCHASTIQUE, par Robert Silverberg et, si vous repensez aux sensations de votre enfance vous verrez que la couverture du livre de façon symbolique dit le frisson que nous ressentions en écoutant pour une première fois raconter le récit de Jésus rencontrant un... lépreux!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11 avril 2015

@Myriam Belakovsky,

Je ne me sens absolument pas à la hauteur pour mener un grand débat biblique ou théologique, mais je pensais en fait à des passages comme celui-ci, dans le Nouveau Testament, où Jésus annonce lui-même sa mort et sa résurrection (Matthieu 16.21-23)
"21 Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il aille à Jérusalem, qu’il souffre beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite le troisième jour.
22 Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit: A Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas.
23 Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre: Arrière de moi, Satan! tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes."

On peut bien sûr imaginer que Matthieu ait écrit ces mots après coup,et qu'il s'agisse d'une fausse citation. Nous ne le saurons probablement jamais.

Je mets le passage de Matthieu en lien avec les nouvelles interprétations, qui découlent de la découverte d'un très ancien manuscrit copte et qui considèrent qu'en trahissant Jésus, Judas allait dans le sens de l'histoire qui devait advenir, selon la volonté de Dieu le Père.

Comment trancher ?
On ne le peut pas.
A mon avis, les tentatives de reconstitution historique sont passionnantes, parce que les faits nous montrent les traces d'une partie de notre filiation culturelle et spirituelle. Même si nous vivons désormais dans un monde qui se veut désacralisé et basé sur le rationnel, il est difficile de nier tout un passé et un certain besoin de transcendance éprouvé par beaucoup de nos contemporains.

Écrit par : Calendula | 11 avril 2015

@ Calendula

Vous avez raison : il est difficile, je vous cite, de de pouvoir et vouloir nier tout un passé et un certain besoin de transcendance (un besoin certain de transcendance)! éprouvé par beaucoup de nos contemporains mais la lecture de "Jésus et Israël, Jules Isaac Fasquelle" (bien sûr pas "imposée"!) en est un moyen ainsi qu'une justice à rendre sinon au peuple qui se dit "élu" mais aux juifs victimes de cette dite élection divine en Auschwitz, et autres, disons... "élection divine" pas immédiatement perceptible!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11 avril 2015

@Myriam

Je n'oublierai pas la référence de J.I. Fasquelle, je vais la noter en lieu sûr. J'attends des temps plus calmes, pour essayer de le lire. Ca vaut la peine de prendre le temps de réfléchir à tout ça.
L'histoire du holocauste de tout un peuple est un si vaste champ, qu'à nouveau, je me sens très petite, mon cerveau, ma mémoire et ma capacité d'entendement sont arrivés à la limite énoncée par le Principe de Peter !
S'il est simple de dire qu'Auschwitz est l'exemple de l'abomination absolue, il est plus difficile de trouver des parades pour que cela ne se reproduise plus, sous aucune forme.
Se réclamer de Dieu pour commettre des actes barbares ("Gott mit uns") est le comble de l'usurpation, mais il se trouve des humains pour répéter ce blasphème ultime encore de nos jours

Récemment, j'ai entendu quelque chose d'intéressant sur la notion de "peuple élu" : il y aurait une fois de plus un déficit de traduction ou de compréhension de ce terme dans un contexte plus vaste. Mais je ne me souviens plus des détails.

Écrit par : Calendula | 11 avril 2015

Les commentaires sont fermés.