02 avril 2015

Mots de droite, mots de gauche

J’ai déjà signalé combien la politisation du langage est désagréable. Il est même anormal de privatiser des mots ou des expressions. Les mots n’appartiennent à personne. Tout au plus certaines idées sont-elles plus d’un bord que d’un autre.


taubira,gauche,droite,mots,racisme,clivage,Et encore. Le monde n’est pas noir ou blanc, de droite ou de gauche, sans quoi on pourrait affirmer que le Je est de droite (l'individu libre et responsable, l'autonomie intellectuelle face à la société, l'adaptation et le pragmatisme dominants) et le Nous est de gauche (la collectivisation des idées, la dépendance des autres et la maternance de l'Etat, l'idéologie dominante). Le cœur n’est le monopole de personne, pas plus que la solidarité, la liberté, l’initiative. L’orientation politique se lit davantage dans un budget, dans l’attribution de subventions, dans l’équilibre privé-public, dans la place de l’Etat, entre autres.

La Suisse est assez faiblement marquée par ce que nos voisins hexagonaux pratiquent à outrance: le clivage. Séparer les citoyens entre eux, les dresser les uns contre les autres semble un sport national très prisé chez les politiciens français. La méfiance mutuelle entre forces opposées est presque hissée au rang de valeur morale.

Une personnalité politique illustre aujourd’hui ce mal français et alimente la mentalité clivée: Christiane Taubira. Elle a en effet déclaré hier:

«La gauche a subi des "défaites sémantiques et culturelles terribles" depuis une dizaine d'années, au point d'"adopter les mots de la droite" sur l'économie et la sécurité.»

Alors, la gauche n’aurait subi que des défaites sur les mots? Elle a pris les mots des autres? Pourtant tous les mots sont à tout le monde, toutes les idées même, seules les réponses que l’on donne aux problèmes diagnostiqués pouvant différer.

Affirmer qu’un bord prend les mots d’un autre bord me laisse pantois. A-t-elle à ce point peur d’aborder certains thèmes pour qu’elle ait à ce point besoin de les attribuer à autrui? Ou n’est-ce qu’un manque de courage à assumer ses propres erreurs - pour autant qu’elle ait la lucidité et l’honnêteté intellectuelle de les identifier et de les nommer. La division du pays par le langage, donc par la culture, est une pratique politique extrémiste et digne d’autres époques de triste mémoire. Ce clivage des esprits et des citoyens est même une attitude habituelle chez les racistes et les fascistes.

Mais on ne doit pas vraiment s’en étonner. On sait que madame Taubira est considérée comme laxiste sur les prisons françaises, qu’elle est capable de mentir ouvertement sur ses propres écarts et qu’elle est raciste au sujet de la traite négrière arabo-musulmane.

Alors, ce qu’elle dit ou rien...

Le plus gênant ne sont pas ses propos exprimés à titre personnel - on sait à quoi s'attendre d'elle - mais la mentalité un peu schizophrénique qu'ils révèlent de la France. Un pays qui n'arrive qu'à se mordre lui-même.



17:17 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : taubira, gauche, droite, mots, racisme, clivage | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Effectivement vous avez raison, le vocabulaire n'est ni de gauche ni de droite mais ... il est utilisé pour cataloguer ceux/celles qui ne sont pas du même avis que l'utilisateur/l'utilisatrice !

En Suisse, cela commence doucement à l'approche des échéances électorales de l'automne prochain, ce qui est - à mon sens - regrettable. Il faut néanmoins espérer que ce clivage restera marginal, chacun/chacune devant pouvoir se sentir libre de ses pensées et opinions.

Écrit par : Lise | 03 avril 2015

Bonjour Lise,

Cette liberté de ses pensées et de ses opinions devrait être la base des débats, même si les humains ont des analyses différentes du monde.

Écrit par : hommelibre | 03 avril 2015

Bonjour Hommelibre,

Tout à fait d'accord avec vous, la liberté de penser doit être garantie et indispensable aux débats quel que soit le sujet et non un obstacle pour celles et ceux qui éprouvent des difficultés à s'exprimer, comme c'est très souvent le cas, particulièrement dans "les tables rondes" organisées soit par des partis politiques ou tout simplement par des acteurs de la presse écrite.

Écrit par : Lise | 03 avril 2015

http://rue89.nouvelobs.com/2012/12/18/justice-des-femmes-justice-des-hommes-quelles-differences-237916#comments-start

pour une fois quelle fait une proposition sensée

Écrit par : leclercq | 03 avril 2015

quelle méconnaissance des sujets des commentateurs c'est effarant, la propagande mensongère féministe fonctionne bien.

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Alec Sandre
Alec Sandre répond à Rienzi

Réaction d’un homme qui n’a jamais eu affaire à une juge aux affaires familiales et au parti-pris et à la mauvaise foi flagrante de ses jugements dans lesquels la femme est toujours la pauvre victime des brutes épaisses que sont les hommes.

Les féministes hystériques et primaires ont investi cette fonction et celle (très rémunératrice) d’avocat spécialisé en divorce et rendent des jugements qui n’ont rien à voir avec la justice et tout avec une idéologie aussi bornée que malfaisante."

bien vu

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antibourgeois


il y a des domaine dans lequels les hommes ne devrait pas pouvoir travailer : instituteur, juge, auto école etc... parce qu’il a un devoir d’objectivité et les hommes n’en sont pas capables ! !

signée : une féministe"

et cette féministe le manque d'objectivité féministe elle connait !!!

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kevangel
kevangel répond à anini
Chercheur

C’est bizarre de penser que si on est une fille, on n’a pas le droit de devenir ingénieur. Et pourtant on le lit partout.
Les filles sont les bienvenues en maths et en physique, vous pouvez demander aux étudiants de ces filières.

Mais bon, pour les féministes, lorsqu’une filière est pauvre en femmes, c’est du sexisme. Lorsqu’une filière est pauvre en hommes, c’est parce que la filière n’est pas assez valorisée ou que les hommes sont trop cupides et carriéristes. Argument qui ne tient pas pour la médecine, mais bon on n’est pas à une approximation près.
Dans tous les cas, les femmes sont victimes des méchants males. Je me demande si ce n’est pas cette victimisation à outrance qui est sexiste"

bien vu

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Bonnequestion
Bonnequestion répond à irie9
?

La situation est bien plus complexe que le discours simpliste de SOS Papas.
Ce qu’« oublie » de dire SOS Papas, c’est que la très grande majorité des pères ne demandent pas la garde.
Ce qu’« oublie » de dire SOS Papas, c’est que dans les couples hétérosexuels, les tâches éducatives sont très inégalement réparties, la femme en supportant la plus grande partie.
Ce qu« ’oublie » de dire SOS Papas, c’est que les conflits lors du divorce sont presque toujours liés à des questions financières, et non pas à l’enfant.

Cette question est une porte d’entrée des masculinistes dans le débat public, en victimisant les hommes et en faisant passer les femmes pour des privilégiées (mais bien sûr), bien souvent pour ne pas avoir à payer de pensions alimentaire, mais sans pour autant lutter contre les réelles sources d’inégalités au sein de la famille (inégale répartition des tâches ménagères, inégalité salariale, etc.). Sous des apparences antisexistes se cache un objectif violemment réactionnaire. Si on veut l’égalité dans la famille, il faut être cohérent et demander l’égalité partout car l’un ne va pas sans l’autre. Or, bizarrement, on n’entend jamais SOS Papas (et tous ceux qui tiennent ce discours...) déplorer, par exemple, le faible taux d’implication moyen des pères dans les tâches éducatives, alors que c’est évidemment complètement lié à la problématique de la garde...

Plus d’infos dans la brochure que j’ai mise en lien, il y a une partie complète sur cette imposture."

Ce qu« ’oublie » de dire SOS Papas, c’est que les conflits lors du divorce sont presque toujours liés à des questions financières, et non pas à l’enfant. il ferait bien de lire evelyne Sullerot celui là, elle lui expliquerait les vrais raison, pas les on dit !!!
encore un obnubilé par les taches ménagères et les sois disants inégalités salariales et qui ne sait pas que le rôle éducatif des hommes et des femmes est différent. qu'il lise Jen Marie petit Clerc

http://www.uniondesfamilles.org/absence_du_pere.htm

Écrit par : leclercq | 03 avril 2015

Liberté de penser, ouais, mais selon les réalisations concrètes qui "trinquera" voire la "rotera"?
Toujours les mêmes?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03 avril 2015

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