30 mars 2015

A 320 : et si le copilote avait été une femme ?

Pas simple de rester sans réponse devant un événement dramatique. Besoin de comprendre. Sans compréhension pas de sens ni de réflexion utile, pas d'apprentissage de l'événement. Ainsi certains psychiatres racontent à leur manière (fleurie) les motivations ayant guidé le copilote de l'A 320 de Germanwings.


crash,airbus,a320,france,copilote,suicideTuer par amour pour autrui, ou...

 

Il serait question d'un «suicide altruiste», c'est-à-dire d'une volonté de diminuer la souffrance d'autrui en l'emmenant avec soi dans la mort. Une psycho-criminologue, Michèle Agrapart, auteur de L'expertise criminelle, s'insurge. A la question d'un journaliste sur l'éventualité d'un geste «altruiste» du copilote (s'il est confirmé par l'enquête), elle rétorque:

 

«Absolument pas! Un suicide altruiste, c'est par exemple un père de famille qui tue ses enfants et se tue ensuite. Par cet acte, il veut éviter à ses enfants la souffrance de vivre dans un monde qui lui paraît trop cruel. Ce n'est pas le cas ici puisque le copilote ne connaissait pas les 149 personnes qu'il a entraînées dans sa mort.»

 

Je ne crois pas à la théorie du suicide altruiste de masse. Je trouve même inouï d'échafauder une telle interprétation du comportement. Notre impuissance parfois à comprendre peut nous conduire à accepter toute explication déraisonnable, parce que le déraisonnable est assez fou pour donner du sens, même chimérique, à ce qui n'en a pas. 

 

Un autre expert cité par l'Obs propose une version inspirée du suicide altruiste mais légèrement différente: il s'agirait d'un «homicide sacrificiel». Ben tiens, on dirait que les experts sont directement branchés sur le cerveau du co-pilote décédé. Une petite envie de se prendre pour Dieu?

 

On n'est pas au bout du compte. A peine cette information faisait-elle son trou dans le paysage médiatique qu'une autre variante surgissait: celle de la femme salutaire. Luise Pusch, féministe allemande et linguiste, a en effet trouvé mieux. Elle «part de ce constat simple : les «suicides altruistes» (dans lesquels on entraîne d'autres dans la mort, pour «leur bien») sont presque 

crash,airbus,a320,france,copilote,suicidetoujours commis par des hommes. Luise Pusch dispense donc un bon conseil à la Lufthansa «qui cherche désespérément des mesures à prendre pour éviter ce genre de catastrophes» : introduisez un quota de femmes dans les cabines de pilotage de vos avions.»

 

Bon. Comment prendre cette saillie féministe? Est-ce à dire que les hommes seraient plus «altruistes» que les femmes? Est-ce à dire que les statistiques valideraient un essentialisme propre à chaque sexe? Car remplacer des pilotes hommes par des pilotes femmes, inspiré par ce cas de figure, c'est reconnaître des différences irréductibles entre femmes et hommes!

 

 

... par goût naturel (sexué) de la violence?

 

Toutefois cette logique comporte des inconvénients. En voici un - et de taille. Statistiquement les infanticides de nouveaux-nés ou de très jeunes enfants, ainsi que les maltraitances aux enfants  sont plus dus à des femmes - mères ou autres - qu'à des hommes (image 2 snatem). Si l'on reprend les propos de madame Pusch et qu'on en applique l'esprit ici, est-il dorénavant souhaitable de laisser une mère seule avec son nouveau-né? Ou de confier son bambin à des puéricultrices non tempérées par la présence masculine?

 

Et enfin un site féministe collectif, «Sans compromis», soutient sans rire que le crash est une manifestation de la «domination masculine» du fait que le masculin serait plus violent que le féminin. Le crash est donc un effet de la violence masculine, paraît il:

 

«Un meurtre de masse et les meurtres de masse sont commis par des hommes. Des hommes dans la toute puissance de folies meurtrières. Tant que ce déni durera, rien ne changera et ces violences masculines continueront à être protégées voire légitimées par la société. Et tous ceux qui nient l’évidence sont partie prenante de cette omerta. S‘ils la nient avec autant d’insistance, c’est évidemment parce qu’ils souhaitent que ces réalités restent occultées et donc, que les crash,airbus,a320,france,copilote,suicidehommes puissent continuer à accumuler les pires violences, sans jamais être désignés comme responsables. Ce qui est désigné comme réalité, dans une structure de pouvoir, n’a rien à voir avec les faits. C’est une version inversée/orwellienne crée par la catégorie dominante en fonction de ce qui sert le mieux leurs intérêts. 

 

Dépit, arrogance, vengeance… et violences masculines au point de commettre une meurtre de masse plutôt que de se suicider anonymement et humblement dans son coin.»

 

Ah ah ah ah ah!!!!! Féministe est décidément synonyme de fumiste. Cela montre qu'avec ces nanas il faut être... sans compromis.

 

Bien. Si l'on se rappelle que les hommes sont éduqués majoritairement par des femmes: mères, belles-mères, institutrices, puéricultrices, on peut légitimement se demander comment ils seraient devenus si violents - à moins que là encore on ne trouve un essentialisme opportun? De plus les femmes ont toujours assigné la défense du clan ou de la famille, et la guerre, aux hommes: l'homme est comme elles l'ont voulu. Je ne vois pas de quoi elles viennent se plaindre aujourd'hui. D'avoir été protégées par ces mêmes hommes dans le passé quand la société était moins maternante? N'ont-elles pas largement bénéficié, en terme d'image sociale, du fait de mettre les hommes en première ligne pour faire le sale boulot pendant qu'elles en tiraient les bénéfices en gardant les mains propres?

 

Bref: même ce crash est maintenant politisé et détourné par des gorgones pour remettre une couche de misandrie.

 

En réponse, provoc pour provoc, ne faudrait-il pas refuser les bébés dans les avions conduits par des femmes pilotes? Allez savoir, la nostalgie du congélateur pourrait faire commettre des actes imprévisibles, là-haut, à 10'000 mètres, et par moins 50 degrés...

 

16:55 Publié dans Divers, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : crash, airbus, a320, france, copilote, suicide | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Car remplacer des pilotes hommes par des pilotes femmes, inspiré par ce cas de figure, c'est reconnaître des différences irréductibles entre femmes et hommes!" Là, vous déraillez! Tout le monde sait maintenant qu'il n'y a pas de différence entre hommes et femmes. Sauf que les femmes supportent mieux le stress et sont donc plus aptes à piloter un avion.

Écrit par : Ben Palmer | 30 mars 2015

"Tout le monde sait maintenant qu'il n'y a pas de différence entre hommes et femmes. Sauf que les femmes supportent mieux le stress..."

On a envie de sourire devant une telle contradiction! Comment en êtes vous arrivé à vous sous estimer de cette façon? A force de discrimination positive envers les femmes on en est venu à discriminer le masculin.

Mesurer la résistance au stress en comparant le féminin et le masculin n'a aucun sens. Cela dépend des types de stress et de leur intensité ainsi que des particularités des hommes et des femmes (âge, culture, etc...)

Dans les faits, il y a des femmes et des hommes qui supportent mieux le stress que d'autres femmes ou hommes.

Écrit par : alain | 30 mars 2015

Les femmes meilleures pilotes que les hommes? Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire...

Écrit par : Nickel Mgtow | 31 mars 2015

"que les hommes puissent continuer à accumuler les pires violences, sans jamais être désignés comme responsable"
Oh oui, la violence de ces hommes, il suffit de regarder les statistiques de suicides commis par ces hommes dans le cockpit. Sur cette image (http://www.flightradar24.com/47.54,4.38/5), on peut les voir en action, ces hommes suicidaires. Si vous regardez cette image pendant plus de 5 minutes, vous allez les voir tomber, disparaitre du radar, un par un.

Écrit par : Ben Palmer | 30 mars 2015

" et si le copilote avait été une femme ? "

Surement que l'on voudrait savoir si elle portait le voile ou la burqa.

D.J

Écrit par : D.J | 30 mars 2015

Second degré étonnant, Ben. L'image de l'espace aérien est probante. Les hommes pilotes ne se suicident pas en masse.

Le paragraphe entre guillemets est actuel, c'est un discours féministe en vogue.

Sur la question des différences, France 2 a diffusé un émission il y a une semaine en prime, justement sur les différences. Il y en a et elles peuvent influer sur le comportement, la manière de se représenter les choses.

Selon moi (mais je ne l'ai pas inventé) femmes et hommes partagent beaucoup en commun et sont en large partie superposables. Les différences ne créent pas des champs hermétiques (sauf peut-être dans une certaine bourgeoisie du XIXe siècle ou dans une aristocratie rurale). Ce modèle de différenciation assez hermétique est minoritaire d'après ce que j'ai lu de l'Histoire. C'est pourtant le modèle que l'on sous-tend habituellement.

Les différences minimes ont cependant produit des divergences importantes, dont ce qui a trait à la reproduction. Ces différences jouent sur la masse musculaire, la disponibilité au combat, la notion de sécurité et celle de vigilance, le jeu érotique de la reproduction, la place et légitimité dans la famille et envers les enfants, etc. Toutes choses qui à mon sens sont aujourd'hui une culture qui s'est construite sur les corps, pour le besoin des corps et de la pérennité de l'espèce.

La seule gagnante dans l'organisation sociale incluant les caractéristiques spécifiques des grands groupes, c'est l'espèce. L'exclusion des caractéristiques, tendance actuelle, ne me paraît pas viable. Tôt ou tard on revalorisera les différences et on en fera quelque chose dans le sens d'une économie sociale et humaine intelligente, et non d'une imposition égalitariste autoritaire et dénigrante des hommes. Ce qui à mon avis était déjà en partie le cas dans le passé.

Écrit par : hommelibre | 30 mars 2015

En fait, on cherche un coupable, et qu'on en pense le tenir, on s'y accroche. S'il était" "seulement" responsable, ça ne suffirait pas pour faire le deuil des familles ?

Je n'aime pas beaucoup cette curée, cette deuxième mise à mort où chaque expert y va de son couplet en tentant d'expliquer ce qu'il ne connaît pas, en se basant sur la moindre information lancée à la cantonade.

Finalement, j'ai aussi une pensée pour la famille du pilote, jetée par contrecoup dans assez immonde lynchage médiatique. De là à ce qu'on la montre du doigt pour avoir raté l'éducation du fils...

Il suffit d'un avion qui va se crasher contre une paroi alpine pour couvrir les pleurs de tous les enfants qui meurent de faim chaque année. Mais ils pleurent avec tellement de discrétion que personne ne les entend...Pas de coupables, juste la fatalité. Même pas de responsables. Mais dans quel monde vit-on ?

Écrit par : Michel Sommer | 31 mars 2015

Je voulais écrire ...et quand on pense au lieu de qu'on en pense.
Mille excuses !

Écrit par : Michel Sommer | 31 mars 2015

L'idée derrière tout ça est le manque d'éducation "emphatique" et expressive des hommes , qui ne s'expriment pas autant que les femmes sur leurs émotions et passent au suicide plus facilement , d'où les chiffres plus élevés concernant le suicide masculin.

Le truc qu'elles omettent de dire c'est aussi qu'ils sont moins soutenus lorsque ça arrive.

Écrit par : nemotyrannus | 01 avril 2015

@ Nemotyrannus:

A moins que cette théorie ne soit qu'une invention permettant de montrer un peu plus combien l'homme serait un être incomplet, frustre, ayant besoin d'être éduqué...

Et si le suicide était aussi une manière de s'exprimer - par l'acte plus que par la parole?

On peut d'ailleurs imaginer que l'homme sur le terrain de chasse ou de guerre avait besoin d'être silencieux, d'endurer, de serrer les dents, de prendre sur lui, alors que pendant ce temps la mère égrenait les mots des comptines et berceuses aux enfants et mettait des mots sur leurs maux.

Et puis, il y a des hommes qui s'expriment, d'autres pas ou peu. Question de caractère, d'éducation, de stratégie, que sais-je?

Écrit par : hommelibre | 01 avril 2015

Hm , la non-expressions de nos sentiments n'est pas innée , c'est quelque chose que l'on développe en grandissant.

Les féministes expliquent ça par la "culture patriarcale"(ce qui n'existe pas) expliquant que les garçons doivent se montrer forts (ce qui est une réalité) parce que dans les con textes passés c'était justifié.
Aujourd'hui on ne veut plus être des gros durs pour être de la chair à canon.

En ce qui me concerne , J'y vois en plus de cela , une sélection sexuelle .
C'est pas le pleurnichard qui se plaint qui a du succès mais le mec mystérieux (on peut être poète et mysterieux , je ne parle pas là non plus d'être un gros dur) qui se la joue et est indépendant , c'est à dire qui ne demande rien à personne .

Je trouve que les gens oublient toujours cette notion de sélection sexuelle en expliquant les rapports sociaux alors que c'est quand même fondamental.
Et ça JAMAIS ces féministes n'en parleront.

Écrit par : nemotyrannus | 01 avril 2015

Voici encore un article qui montrent que certaines femmes sont prêt a tout sortes d'argumentation invraisemblable et contradictoire ( le propre du féminisme). Il y a de vrai différence entre les hommes et les femmes de nombreux articles et conférence scientifique le prouvent et celle ci ne font pas des êtres humain inférieur ou supérieur, le nier a de graves conséquence (éducation le cas décrochage des garçons, économique,...). Ils ou elles sont "plus apte" ou "on plus" de facilité dans certains domaine, même des article qui sont publié le 8 mars le prouve. Après bien évidement il y une récupération a la politique et féministe comme le choisissent en subissent. Je pense que les garçons et les hommes ont un aspect sélectif qui est étrangement négligé notamment par les féministe alors que c'est peut être en autre cet aspect qui fait notre force.

Écrit par : Lafaux | 01 avril 2015

Pour revenir aux accusations féministes : Vous avez raison de signaler que, contrairement aux idées reçues, les enfants sont d'abord victimes de la maltraitance des femmes. C'est normal puisque ce sont elles qui, le plus souvent, s'occupent des enfants. C'est un problème statistique et non une tare féminine. Pour ce qui concerne le meurtre des nouveaux-nés, ces mères se retranchent derrière le déni de grossesse, même quand il y a préméditation (voir l'affaire des bébés congelés). En général, l'assassinat n'est pas retenu par la justice et les peines sont minces. Or, les meurtres par conjoints sont aussi, bien souvent, le résultat d'un "pétage de plomb". On compte environ une centaine de femmes tuées chaque année par leur compagnon en France(une trentaine d'hommes subissent le même sort). On trouve une cinquantaine de bébés tués par leur mère à la naissance mais il faut multiplier ce chiffre par deux ou trois car ces enfants n'ont pas d'existence légale et ne sont pas recherchés. Conclusion : les meurtres de conjointes sont présentés comme un génocide mais les infanticides de nouveaux-nés par la mère sont minimisés. N'est-ce pas, là-aussi, une manifestation de la misandrie de notre société ?

Écrit par : Henri | 02 avril 2015

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