09 février 2015

Volcans et hiatus climatique

Les éruptions volcaniques importantes peuvent modifier temporairement le climat d’un hémisphère terrestre. En 1815, l’explosion du Tambora en Indonésie eut pour conséquence un refroidissement global de la température d’environ deux ans, refroidissement estimé à -0,7 degrés en moyenne et jusqu’à -1,5 degré en Grande-Bretagne.


volcans,réchauffement,hiatus,climat,1816 fut nommée «l’année sans été». Des récoltes furent perdues. On attribue 200’000 décès en Europe consécutifs à cette éruption majeure et à ses conséquences: famine, maladies. L’éruption du Tambora fut l’une des plus violentes de ces derniers siècles, environ six fois plus importante que celle du Pinatubo en 1991 (image 1).

 

Le «hiatus» dont je parlais précédemment, cette pause dans le réchauffement, pourrait être causé non par les alizés mais par les volcans. Les particules émises par ceux-ci ont principalement deux effets. Le premier est la diminution temporaire de lumière solaire reçue par le sol. Les cendres volcaniques font écran. Elle se diluent dans la troposphère puis retombent sur le sol. Ces particules de cendre peuvent former des noyaux propices aux précipitations pluvieuses. 

 

Le second est la présence de particules soufrées qui, à la limite entre troposphère et stratosphère (basses et hautes couches de l’atmosphère) et mélangées à la vapeur d’eau de l’atmosphère, se transforment en acide sulfurique. Elles renvoient alors le rayonnement solaire, faisant diminuer la température dans les basses couches et au sol. Ces aérosols volcaniques n’avaient jusqu’alors pas été pris complètement en compte. En résumé:

 

«Satellite measurements of the sulfuric acid droplets and aerosols produced by erupting volcanoes are generally restricted to above 15 km. Below 15 km, cirrus clouds can interfere with satellite aerosol measurements. This means that toward the poles, where the lower stratosphere can reach down to 10 km, the satellite measurements miss a significant chunk of the total volcanic aerosol loading.»

 

Traduction Google:

 

«Les mesures par satellite des gouttelettes et des aérosols produits par des volcans en éruption acide sulfurique sont généralement limitées à 15 km au-dessus . En dessous de 15 km, les cirrus peuvent interférer avec les mesures des aérosols par satellite . Cela signifie que vers les pôles, où la basse stratosphère peut atteindre jusqu'à 10 km , les mesures satellitaires manquent une importante partie de l'aérosol volcanique charge totale .»

 

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Cendres ou précurseurs d’aérosols, les volcans ont-ils pu émettre assez de matière dans l’atmosphère ces quinze dernières années pour enclencher un phénomène de refroidissement ou de limitation du réchauffement? Cela reste à prouver. Si l’on considère les pluies il n’y a pas de résultats significatifs, pas d’augmentation générale et massive de la pluviométrie. Les variations relevées dans le monde depuis les années 1950 montrent plutôt des modifications dans la répartition des précipitations - par exemple, plus de pluie dans le nord de l’Europe, moins dans le sud. L’Amazonie connaît, elle, une sécheresse grave depuis l’an 2’000, avec une diminution de 25% des quantités de pluies reçues par cette vaste région d’Amérique du sud.

 

Concernant les particules soufrées et le refroidissement supposé qui en découlerait, les éruptions volcaniques de force moyenne pourraient aussi le provoquer, selon cette hypothèse. Toutefois les statistiques établies au Mauna Loa à Hawaii (image 2 wikipedia) montrent que ce sont les éruptions majeures qui influencent le climat et font baisser les températures. Cette influence est limitée dans le temps: environ deux ans pour les éruptions explosives cataclysmiques de ces dernières décennies. D’autre part je n’ai pas trouvé de comparaison avec d’autres périodes d’activité volcanique moyenne, qui auraient permis de tester la validité de l’hypothèse.

 

L’éventuelle cause volcanique au «hiatus» climatique actuel pose donc question. Seules les éruptions explosives peuvent envoyer un panache de cendre et de particules soufrées assez haut pour influencer la température du sol. Or les explosions volcaniques importantes de ces dernières années, comme l’Eyjafjöll, n’ont aucune commune mesure avec la quantité de matière rejetée par le Pinatubo ou El Chichon.

 

Cumul de petites éruptions volcaniques, alizés, variations naturelles du climat, influence du soleil, etc: les hypothèses sont intéressantes mais non confirmées. S’agit-il de pistes sérieuses ou de tentatives d’expliquer à tout prix pourquoi la réalité ne se plie pas entièrement à la volonté politique de l’ONU et du Giec?

 

La nature doit se plier aux humains: c’est le crédo volontariste et productiviste connu. Rien de changé sous le soleil. 

 

 

 

13:16 Publié dans Environnement, Volcan | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : volcans, réchauffement, hiatus, climat | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"La nature doit se plier aux humains: c’est le crédo volontariste et productiviste connu. Rien de changé sous le soleil."
Ouais mais cela signifie que la climatologie, nouvelle science, évolue tout droit dans le domaine du religieux. En vue de Paris, les crédos et affirmations péremptoires déroulent tranquillement leurs certitudes dans les médias à leurs ordres.
Bon, il n'y a pas que du mauvais dans ce mouvement. Lutter contre le CO2, c'est vouloir échapper aux hydrocarbures. Sauf que certains replongent directement dans le charbon, d'autres vont vers le nucléaire : l'Uranium va redevenir bon marché si la demande baisse...

Dans tout ce bazar énergétique, une chose paraît particulièrement trouble : ce truc du pétrole ou du gaz de schiste. Les schistes sont presque par définition des roches fracturées par des fractures qui ne communiquent pas. On peut certes améliorer la communication par fracturation, mais pas indéfiniment. On repousse la limite en en créant une plus forte...
En d'autres termes, le pétrole de schiste n'est-il pas un masque pour couvrir l'inévitable transition énergétique, en tout cas du point de vue américain ? Que se passe-t-il derrière le rideau ?

Écrit par : Géo | 09 février 2015

L'explosion du volcan de l'île de Santorin n'inspira-t-elle pas le croyance en l'engloutissement de l'Atlantide avec pour explication que la culture et la spiritualité de cette civilisation s'étaient par trop affaiblies?!

Peut-on scientifiquement faire la démonstration de la fausseté de cette affirmation ou sommes-nous en "tout" infiniment plus en interrelation y compris avec les éléments que nous ne saurions imaginer?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09 février 2015

Ces Messieurs du Giec et de l'ONU s'imaginent peut-être que dame nature va exaucer tous leurs vœux comme nombre de femmes avant qu'elles aient le droit de vote
Ils oublient que dame nature et la gente féminine possèdent toute deux des rythmes saisonniers ,les rythmes hormonaux ne dépendent pas des scientifiques bien qu'à ce niveau là aussi ils aient essayé de tout contrôler et merci beaucoup pour les nombreux dégâts secondaires à certains traitements
Faut pas toujours vouloir imiter le créateur /rire

Écrit par : lovejoie | 09 février 2015

Myriam, je rapproche votre question de la remarque de Géo: la climatologie "évolue tout droit dans le domaine du religieux".

Il y a comme une double contrainte ici: le besoin de la science qui explore le monde sans faire de politique, et le besoin d'une âme partagée en commun, qui nous relie. Les deux approches ont souvent généré des postures conflictuelles.

Écrit par : hommelibre | 09 février 2015

Quelque chose qui nous relie... pardon de parler de moi mais un matin, un an après avoir perdu ma fille, 1981, je n'avais pas le moral. En train de faire des courses dans un MMM. Le papa de ma fille m'attendait dans la voiture. Mal dans ma peau je m'avançais vers la voiture avec les courses en me chantant mentalement un spiritual qui dit que "Parfois je me sens comme un enfant sans "mère". Soudain quelqu'un semble m'appeler à la porte du MMM. Je me retourne, regarde: a priori personne. Je reprends la route, second appel, je regarde, personne! Au troisième appel, je retourne vers l'entrée du MMM: une affiche. Une femme indienne qui initie au yoga (jamais entendu ni rien vu d'elle nulle part). Plus je regarde cette femme sur l'affiche plus j'ai l'impression d'être bercée, consolée. Nous rentrons à la maison. J'ouvre le 24heures photo de cette femme, annonce de son passage à Lausanne. L'après-midi, de Prilly où nous habitons je me rends en trolley à Lausanne. En l'attendant je fais un peu la navette, quelques pas direction Crissier, quelques autres, direction Lausanne. Nouvelle affichette: même femme. Je me rends donc à sa séance publique d'initiation au yoga. il y a plus fort: cette femme (je déplorais donc l'absence d'une "mère" la mienne n'ayant plus voulu me connaître sans que je sache pourquoi étant alors morte) le matin au MMM est appelée "mère". D'autre part, shakti (yoga, "Mère" divine). (je pratique le yoga depuis 1981). Lorsque j'avais dix ans je déclarai à ma "mère" vouloir écrire des livres. Elle me demanda quelle serait le titre de mon premier roman: "La petite fille au chapeau fleuri", répondis-je (œuvre d'un peintre, je crois). Le yoga, nul prosélytisme mais il se trouve que les sept centres nerveux et de conscience ou chakras ont chacun leur propre couleur. Je cherchai des fleurs ou feuillages correspondant à ce que je viens d'écrire jusqu'au moment où je réalisai que, tout passant par le cerveau... (tête, chapeau) branchages, couleur verte, COEUR, myosotis, bleus, PAROLE, APPAREIL PHONATOIRE; mimosa, couleur jaune pour l'ensembles des fonctions psychiques, plexus solaire; appel de la vie à la vie, procréation, plaisir créativité sexualité, ABDOMEN, lis martagon (orange); CERVEAU, indigo, pensée de cette couleur, capacités cognitives; rouge: coquelicot sous le sacrum, PERINEE; sommet de la tête, CERVEAU (situé à l'emplacement de la glande pinéale) couleur mystique violettes: ce qui représente bel et bien une fillette au chapeau fleuri (en passant par le cerveau) Il y a plus fort à propos des violettes, titre d'un roman écrit par ma mère autrefois: Le miracle des violettes. Je n'ai pas choisi les couleurs. Le coquelicot ne doit pas être cueilli ou ne le devrait pas car coupé de ses racines il se fane sur le champ. Ce chakra précisément, rouge, s'appelle familièrement chakra RACINE... or ma mère, lorsque j'avais précisément une dizaine d'années m'appelait "coqueli", petit coquelicot avait-elle précisé.
Vous voyez, hommelibre, qu'il y a ce que vous dites en ce témoignage puisque le yoga, qui relie, est un fait ou une pratique religieuse. Votre "climatologie" dit aussi nos états d'âmes: gaieté, désespoir, les entre-deux... Les petites éclaireuses (petites ailes)disaient "Petite aile, écoute Grande Aile (la cheftaine) mais on peut en cette quête de vérité se dire à soi-même, comme les "petites ailes": "petite "âme", écoute Grande Ame...?

dans le nuit bon an mal an, malgré tout ("Ma petite espérance, Péguy)... "étoilée"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 09 février 2015

Peu importe les moyens utilisés seul le résultat compte n'est-ce pas ce que fait à merveille le cosmos et ce depuis des lustres ? il est dommage cependant que certains humains testent à leurs manière cet adage si populaire et juste pour se remplir les poches
Comment peux t'on faire des prévisions jusqu'en 2050 quand on voit qu'aujourd'hui encore des catastrophes comme les inondations de Nimes et bien d'autres n'ont même pas servi à anticiper sur les inondations du printemps dernier
Cependant et ô surprise tout le monde dit tout,sait tout mais cache tout et heureusement personne n'aura été mis au courant des nombreux polluants emportés par les eaux et ayant rejoint la mer ou l'Océan et là pas un écolo n'a réagi comme quoi!

Écrit par : lovejoie | 13 février 2015

La climatologie est avant tout l'étude du climat passé, celui tu temps qu'il a fait et pas du temps qu'il fera. Ces dernières années, il y eu une emprise 'politico-écolo' sur les travaux d'interprétation des données scientifiques, je dis bien interprétation ! Tout cela pour être dans le vent, dans la mouvance de cette attitude qui consiste à ne voir que la tout puissance de l'homme : tout ce qui est mal vient de l'homme et de lui seul, et donc tout remède ne viendra que de l'homme. La terre, sans l'homme, celui de 2015 bien sûr, serait perdue. Or l'homme n'et qu'un épiphénomène sur cette terre, dans notre univers. Il est condamné à ne pas avoir été, à être puis à disparaître (c'est même une des rares certitudes)...et la terre continuera de tourner jusqu'à être avalée par notre soleil qui se sera dilaté. Avez-vous déjà observé un coin de terre abandonné par l'homme ? Saisissant de voir la force de la nature sous toutes ses formes. Alors soyons attentifs, oui mais surtout très très modestes.

Écrit par : uranus2011 | 13 février 2015

Uranus pensez vous que la majeure partie de l'humanité connaisse encore le sens de ce terme ?
Je ne parle pas des Inuits ou autres peuples mais de l'occident qui a oublié la modestie dont faisaient preuve tous nos anciens
Et personnellement je fais partie de ces vieux singes à qui plus personne n'apprendra à faire des grimaces
Très bonne soirée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 13 février 2015

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