25 janvier 2015

Affaire de la fresque (suite) : l’hystérie au pouvoir

Je découvre un peu plus les proportions déraisonnables prises par l’affaire de la fresque clermontoise. L’emballement hystérique a fonctionné à plein. C’est ainsi que naissent les légendes urbaines: inventées de toutes pièces et relayée par des médias incompétents.


Clermont01.jpg«... foutez la paix aux étudiants en médecine!»

 

Je l’écrivais dans mon billet d’hier: l’association Osez le Féminisme a dénoncé la représentation d’un supposé viol collectif entre super-héros. Voici un peu plus de la prose de ce groupe.

 

«Pouvons-nous raisonnablement laisser des personnes qui vont jusqu’à peindre ainsi un viol en réunion dans leurs lieux de vie, exercer la médecine, s’occuper de personnes en état de vulnérabilité? Aujourd'hui, le Conseil de l'ordre fait savoir qu'il condamne fermement et sans réserve cette représentation d'une agression sexuelle et veillerait à ce que des suites appropriées soient données à cette affaire inacceptable. La ministre de la Santé, de son côté, voit dans cette affaire une incitation au viol inacceptable

 

La secrétaire d’Etat chargée de la Famille, Laurence Rossignol, et la secrétaire d’Etat chargée des femmes, Pascal Boistard, se sont senties obligée de renchérir sur la connerie d’OLF (image 2, cliquer pour agrandir): «Apologie du viol collectif», «Attaques sexistes violentes et immondes». Quant à Paris-Match, sa servilité à l’égard du pouvoir lui fait écrire: «La fresque d’un viol collectif fait scandale». C’est presque du Trierweiler. Et maintenant la presse parle ouvertement de viol collectif. Voilà comment naît une légende urbaine: des médecins feraient l'apologie du viol.

 

Clermont02.jpg

Les hystériques sont au pouvoir et le délire de persécution bat son plein. Normal: cela rapporte des subventions et fait vivre des parasites sociaux. Je rappelle toutefois, de manière claire et sans discussion, que cette fresque vieille de 15 ans ne représente pas un viol collectif mais une orgie, comme les internistes l’ont eux-mêmes précisé. 

 

 

 

Du nouveau

 

Toutefois hier 24 janvier un médecin a recadré tout ce petit monde sectaire et socialiste (pléonasme, n'est-il pas?...): Michel Cymès, chirurgien et animateur de l’émission Le Magazine de la Santé. Ses propos sont sans ambiguïté:

 

«C'est pas seulement (...) une tradition mais LA tradition dans toutes les salles de garde en France d'avoir une fresque qui est en généralement peinte par des jeunes des Beaux-Arts. La décoration des salles de garde et d'internats avec des fresques grivoises ou pornographiques relève d'une tradition solidement ancrée dans l'univers hospitalier, dont l'origine et la signification sont décrites dans plusieurs ouvrages savants. Quand j'étais patron de la salle de garde de Chartres, j'avais fait venir des étudiants des Beaux-Arts qui m'avaient fait une fresque qui était un peu dans le même esprit que celle de Clermont-Ferrand.»

 

clermont06-michel-cymes-2782835wddns.jpgMichel Cymès ne comprend pas la «réaction du ministre, du Conseil de l'Ordre qui trouve ça insupportable. Moi, je me demande si les gens du Conseil de l'Ordre sont un jour déjà allés dans une salle de garde. C'est hallucinant qu'on emmerde les étudiants en médecine. Laissez-les tranquilles, il s'amusent et ça n'a rien de dramatique».

 

N’empêche: elle a été effacée, victime collatérale de la stupidité et de la police des moeurs féministes. Ces gorgones s’introduisent maintenant dans les hôpitaux pour y enseigner ce qui est bien et ce qui est mal. Leur désir de toute puissance est illimité. Quant à la ministre Marisol Touraine elle est soit incompétente soit trop occupée à rendre l’IVG plus accessible aux femmes. Le Ministère de la Santé devient une sorte d’annexe du Ministère des droits des femmes (et pas des hommes).

 

La Marisol d’Horatio Caine (Les Experts Miami) était plus planante.

 

 

 

Que se passe-t-il dans les salles de garde?

 

Les salles de garde sont des lieux connus. Leurs coutumes remontent à plusieurs siècles, comme les fanfares d'étudiants en médecine. Précisions (extrait de wikipedia):

 

«En France, une salle de garde est un lieu clos situé dans un centre hospitalier et où se réunissent des personnes assurant le service de garde, d'où leur nom. Cependant, ce sont surtout les internes et leurs invités qui fréquentent ces salles dédiées aux repas, au repos et à la détente. Au sens figuré, la salle de garde désigne l'état d'esprit et les rituels qui règnent dans ce lieu. La salle de garde tire également son origine des coutumes des confréries et compagnonnages ouvriers (tailleurs de pierre, charpentiers, etc.)...»

 

Clermont04.jpgOn y pratique les battues:

 

«Un bon mot, un acte de panache sont célébrés en battant un rythme sur la table. Les plus anciennes sont la Royale, la Centrale (qui ne se bat qu'à l'Hôtel-Dieu) et la Périphérique. En 1802, il n'y avait qu'un interne de garde sur Paris et il se rendait au domicile des patients appelé par un rythme battu par un tambour. Le rythme permettait de connaître la distance : la Centrale pour l'Île de la Cité, la Royale (car à la même distance que la Place Royale) pour Paris intra muros, la Périphérique pour les faubourgs.

 

Les battues classiques sont : la Vaginale, l'Anale, la Zob (toutes trois sur le rythme de la Périphérique), la Boléro (crescendo sur le rythme du Boléro de Ravel, la Religieuse, la Merdique (en laissant tomber le couteau dans son assiette).

 

Toute battue originale et inventée sur l'instant pour s'adapter aux circonstances et à l'acte célébré est bienvenue. On citera par exemple : la Mongolienne, l'Anarchique, la Ronaldo (qui ne se bat qu'à la Pitié-Salpêtrière avec le genou sur la table sur l'air de 1 et 2 et 3-0), la Khroutchévienne (qui se bat chaussure à la main et qui se termine par un jet généralisé de chaussures).»

 

C’est ainsi que l’on trouve un site nommé «La Vaginale»: le site de la Fanfare de médecine de la ville de Tours.



 

Clermont05.jpgEt enfin:

 

«Les salles de garde sont un espace de liberté et de créativité où la pétulance et les audaces des récréations d'internes, dans leur remuante camaraderie, peuvent surprendre. Hormis les infractions au règlement tout y est permis. Les internes peuvent s'y moquer de leur chef de service en toute impunité car comme lors d'un carnaval, l'ordre du monde y est inversé. Les chansons paillardes sont régulièrement à l'honneur.»

 

En images 4 et 5: deux fresques de salle de garde parmi les milliers peintes depuis des siècles. La clique paranoïaque Feminista peut aller réviser sa leçon. Les gorgones ne tueront pas l’humour. Les gorgones iront à Cayenne. Dans le meilleur des cas.


 

 

 

Fanfare La Vaginale, de Saumur - la plus ancienne fanfare d’étudiants en médecine de France:

 

 

 

 

et la fanfare Les Trompettes de Fallope (pas de salope, non mais...):

 

 

 

 

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Commentaires

Il n'est donc déjà plus question de la soumission aux codes moraux de l'Islam, mais de l'abandon, pour de nos propres coutumes et rites sous les assauts d'un moralisme qui n'a rien à leur envier. C'est évidemment un combat beaucoup plus facile à mener, puisqu'il s'appuie sur une tradition interne de "nettoyage" toujours en vie animé par les descendantes des "piliers d'église" d'antan, beaucoup plus facile en effet que de lutter ouvertement et courageusement contre les pratiques ignobles et humiliantes que l'Islam réserve à ses femmes soumises.

Écrit par : Mère-Grand | 25 janvier 2015

@ Mère-Grand:

Il serait bien qu'un jour un historien analyse minutieusement comment nous sommes passés de l'esprit libertaire des années 1970 au climat actuel.

Je pense que les plus moralistes sont les obédiences féministes qui peuvent se rattacher à la sphère de l'Etat, lequel trouve son compte dans ce deal. Elles ont déplacé la soumission de la famille au groupe.

Les plus libertaires ne peuvent pas être aussi moralistes ni étatistes.

Écrit par : hommelibre | 25 janvier 2015

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