01 janvier 2015

La confession de Lio

Fallait-il que la chanteuse de Banana Split se livre à de telles confidences au début décembre? Il est question de modernité et de la manière dont elle a éduqué ses enfants. La modernité des familles recomposées, de l’accumulation de droits individuels toujours plus étendus et revendiqués comme une fin en soi, des croyances délétères dont on se satisfait parfois un peu trop rapidement.


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Lio est mère de six enfants issus de quatre pères différents. Fille de la génération de 68, elle a grandi dans l’absence de règles et une revendication hypertrophiée de ses droits. C’est une caractéristique de cette époque: les droits individuels sont illimités et immédiatement consommables.

Elle pensait pouvoir élever ses enfants sans règle autre que l’amour: aimer suffit, aimer est le secret. Aujourd’hui elle se met en question publiquement. Pourquoi publiquement? Parce que sa notoriété donne de la visibilité à sa réflexion, et parce que de nombreux parents ont aussi vécu son histoire.

L’amour suffit-il? Non. Il n’exonère pas du «sale boulot» d’éduquer: donner des règles, dire ce qui est bien ou mal, poser des limites, s’opposer. Ce par quoi les parents se font parfois détester, ce qui semble ringard, mais ce qui sert les enfants bien plus qu’une pluie de bisous sans lendemain.

Une déclaration télévisée ne va pas au fond des choses. Mais celle-ci, malgré l’aspect réducteur de l’exercice, mérite que l’on s’y arrête (vidéo en bas).


«Moi, je suis en psychanalyse lourde trois heures par semaine et toutes les semaines pour essayer d'accompagner mes enfants», avait-elle confié, regrettant de ne pas avoir assez accordé de temps et d’attention à ces derniers, en privilégiant sa liberté : «On a des droits et des droits et encore des droits, et nos devoirs ?, a-t-elle lancé. J’ai agité mes droits, mes droits, mes droits ! Et mes enfants, je les vois mal. Mes enfants sont mal.».

«Ce que je voulais faire, c’était partager mon expérience de mère, partager une expérience. Moi j’étais partie dans la vie avec mes droits en ligne de mire : j’ai le droit de tomber amoureuse, de faire des enfants avec qui je veux, de me séparer vingt fois, de lio,enfants,psychanalyse,mai 68,liberté,droits,devoir,individuel,vivre plusieurs amours, de vivre plusieurs vies, d’être plusieurs femmes. Et j’ai tellement porté ça en avant que mes enfants, derrière, je ne les ai pas regardés. Et leur souffrance m’a forcée à les regarder. Parce qu'ils m'ont dit qu'ils n'allaient pas bien».

«J’ai fait l’erreur de ne pas me poser de questions. Je pensais que ce serait facile pour les enfants, à partir du moment où on était justement dans le dialogue et dans l’amour, d’assumer les frères, les sœurs et les papas différents. Il s’avère que non. Ça ne suffit pas, reconnaît-elle aujourd’hui. Moi, je suis une enfant de Mai 68, d’une génération pour laquelle les règles justement étaient mal vues. Celle du Il faut interdire d’interdire. Or il faut des interdictions, des limites, des frustrations pour se construire».

 

L’amour ne suffit pas

Sur les pères manquants pour ses enfants:

«Quand j’y ai été confrontée en tant que mère seule, sans la présence des papas, j’ai regardé cette souffrance et je me suis dit que je devais y apporter une réponse. J’ai donc écouté ce que les enfants avaient à me dire, et leur pertinence m’a bouleversée. Je pensais que ce serait facile pour les enfants, à partir du moment où on était justement dans le dialogue et dans l’amour, d’assumer les frères, les sœurs et les papas différents. Il s’avère que non. Ça ne suffit pas».

Précisons toutefois que les familles recomposées ne se reconnaissent pas toutes dans ces déclarations. Il ne s'agit d'ailleurs pas de critiquer sans reconnaître que cela fait aussi partie de la liberté des gens. Mais sur le fond il y a matière à réflexion, alors que l’on entend dire partout que la diversité familiale fait partie de la modernité. La modernité n’est pas en soi une valeur de la société ni un but, c’est seulement la reconnaissance en droit des nouveaux modes de vie. Lesquels modes de vie peuvent changer dans n’importe quel sens selon les époques.

La question n’est pas la modernité mais ce que nous transmettons à nos enfants. Lio a le courage de faire publiquement son autocritique. A son corps défendant elle représente  cette époque où l’on veut s’affranchir totalement du passé. La révolution des moeurs de Mai 68 a prolongé le mythe du surhomme, dans la ligne du nationalisme exacerbé du passé. Nietzsche, Hitler et d'autres ont prêché la venue du surhomme, un nouvel être humain affranchi de ses conditions historiques. De la glorification de la toute-puissance des nations on est passé à celle de l’individu: je suis tout, je peux tout, il n’y a pas d’autre déterminisme que mon seul désir et ma seule volonté. La théorie du genre repose sur cette même idée déraisonnable de la toute-puissance individuelle.

La toute-puissance individuelle est à mes yeux un mythe.






11:34 Publié dans Philosophie, Psychologie, société | Lien permanent | Commentaires (75) | Tags : lio, enfants, psychanalyse, mai 68, liberté, droits, devoir, individuel | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

marie Trintignant fonctionnait pareil aurait t'elle été capable de se remettre en question de la même façon

Écrit par : leclercql | 01 janvier 2015

Elle vient juste de s'apercevoir que d'élever des enfants n'est pas simple. Le modèle traditionnel n'est pas forcément la recette non plus.

Réduire Mai 68 à Nietzsche c'est un peu n'importe quoi, tout comme de le réduire à Mao, Marx, Reich, Sartre ou Freud. Mai 68 a surtout été une confrontation et expérimentation de diverses approches, souvent contradictoires, un moment expérimental comme l'aurait dit Jimmy Hendrix.

Le propre des réactionnaires c'est de résumer et de simplifier la complexité du vivant, pour mieux l'anéantir. C'est le propre des libéraux actuels qui ne sont la plupart du temps que des crétins réactionnaires bornés.

Écrit par : pli | 01 janvier 2015

@ pli

"Le modèle traditionnel n'est pas forcément la recette non plus."

oui mais il fonctionnait, le constat qu'on peut faire du modèle post-soixante huitard est qu'il ne fonctionne pas pire il est catastrophique.

Écrit par : leclercql | 02 janvier 2015

@ Pli:

Mai 68 est un épisode intéressant à bien des points de vue - dont la lutte contre l'autoritarisme et la prise de parole par des non-élites.

En même temps d'autres aspects sont critiquables comme la confusion ou l'amalgame fait entre autorité et autoritarisme, qui a ouvert la porte au refus de sa propre autorité de parent. Et cela a été plus long qu'une expérience d'un moment. J'ai longtemps adhéré aux idées globales de ce mouvement. J'en fais aujourd'hui davantage la critique.

Écrit par : hommelibre | 02 janvier 2015

@leclercql

« "Le modèle traditionnel n'est pas forcément la recette non plus."

oui mais il fonctionnait, le constat qu'on peut faire du modèle post-soixante huitard est qu'il ne fonctionne pas pire il est catastrophique. »

Balivernes.
Il ne fonctionnait pas mieux.
Pire, il ne dura que entretenu par le rabaissement des individus, l'hypocrisie et le mensonge.

Les défenseurs du système en cachaient la faillite, disqualifiant les individus en leur attribuant des défauts et en reportant sur eux la responsabilité,
le tout, sur fond de dissimulation active dans les classes sociales supérieures.

Écrit par : Chuck Jones | 02 janvier 2015

Les images de Lio, à fin 2014, telle qu'en elle-même, marquée par les ans et le réveil douloureux (bienvenue dans la réalité !) me fait penser à une sorte de cauchemar.
Miley Cyrus, et les autres idole écervelées du moment, auront-elles à passer par de pareilles étapes ? Le show-biz est un monde tellement détaché des contingences, que ces jeunes femmes peuvent déraper, sûres de leur invincibilité et persuadées que la beauté et le succès donnent tous les droits.
Jouer la perruche toute seule, ça a un côté divertissant et ne devrait faire de mal à personne ( sauf aux suiveuses aveugles).
En écrivant cela, j'ai conscience de passer pour une Madame Toulemonde revancharde et aigrie, mais comment faire autrement !? Difficile de trouver des arguments en faveur de tous ces excès.

Malheureusement, les bébés semblent faire un peu partie de l'imagerie d' Epinal de ces stars. Ce n'est déjà pas facile d'être un parent anonyme, alors que penser du parent "people" !

Écrit par : Calendula | 02 janvier 2015

@ Chuck Jones

Balivernes.
Il ne fonctionnait pas mieux.

j'ai une cliente ancienne instit, qui a eu comme élève les enfants des soixante huitards, elle a vu les dégâts et s'est dit ces gens vont comprendre et vont retourner la situation, non c'est devenu pire !!!

oui multiplication des divorces, éjection des pères, pères plus soutenus par la loi, résultat mères toutes puissantes maternant leurs enfants incapables de leur donner des limites, vite remettons en place la puissance paternelle, abrogeons ces lois féministes de merde. l'autorité maternelle envers les enfants doit être soumise à l'autorité paternelle.

Écrit par : leclercql | 02 janvier 2015

Bref, Lio s'excuse d'avoir ravagé l'enfance et l'adolescence de sa progéniture. Elle viendra grossir l'agenda de quelques psychanalystes, voilà tout. Non, je n'appelle pas cela du courage, j'y vois plutôt un bon gros selfi narcissique sur lequel elle prend la pose en arborant sans vergogne une auréole d'épines.

Écrit par : Giona | 02 janvier 2015

Je la trouve extremement courageuse, ou plutot libre comme elle l'a toujours ete. Elle se rend compte que la liberte a un prix, et que c'est pas elle qui a paye le plus cher...
Son discours va a l'encontre du discours people habituel: chacun fait ce qui lui plait, tous les modeles familiaux se valent tant qu'il y a de l'amour...
Bravo Lio! Le malaise des invites devant un propos si peu convenu faisait plaisir voir.

Écrit par : Magali | 02 janvier 2015

@leclercql

« l'autorité maternelle envers les enfants doit être soumise à l'autorité paternelle. »

Et qui donne quel droit au père si maman ou les enfants ne font pas exactement ce qu'il dit ?

Écrit par : Chuck Jones | 02 janvier 2015

@ Chuck Jones


"Et qui donne quel droit au père si maman ou les enfants ne font pas exactement ce qu'il dit ? "

vous allez chercher où des phrases aussi ineptes.

http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.100:259:11./var/artfla/encyclopedie/textdata/image/

On entend quelquefois par puissance paternelle le droit de supériorité & de correction que les peres ont sur leurs enfans; droit qui appartient également aux meres, avec cette différence seulement que l'autorité des meres est subordonnée à celle des peres, à cause de la prééminence du sexe masculin. Grotius, lib. I. Ic. v. n°. 1. [p. 561]

Écrit par : leclercql | 02 janvier 2015

@leclercql

« vous allez chercher où des phrases aussi ineptes. »

Mais, je vous en prie, Monseigneur, ne vous gênez pas pour la reformuler dans votre style, juste pour voir ... Ou vous n'avez pas compris ma question ?

« le droit de supériorité & de correction que les peres ont sur leurs enfans ... »
« l'autorité des meres est subordonnée à celle des peres ... »
« à cause de la prééminence du sexe masculin ... »

Le Larousse vous sied-il, Monseigneur ?

prééminence: nom féminin (bas latin praeminentia)
Définitions: Supériorité absolue de rang, de dignité, de droit, de degré.

Et cette supériorité absolue, elle est conférée par qui ou quoi, Monseigneur ?

Écrit par : Chuck Jones | 02 janvier 2015

@leclercql,

De quelle époque date le texte que vous donnez en lien ?
Si j'ai bien compris, c'est un extrait de l'Encyclopédie de Diderot de d'Alembert ( seconde moitié du 18ème siècle).

Avec tout le respect que nous devons aux grands encyclopédistes, il nous est difficile de vivre selon leurs normes, plus de deux siècles plus tard.
La Révolution française a eu lieu, entretemps et cela a changé beaucoup de choses, avant même Mai 68.
La question de Chuck Jones me semble pertinente. C'est la question de la sanction forcément nécessaire, car il n'est pas imaginable, que tous se soumettent en tout temps, sans aucune opposition.
Et j'en poserais une autre de la même veine : Que faire, si le père préconise une chose absurde, dangereuse ou illégale ?
En l'état, il ne me semble pas possible de décréter que l'autorité ultime appartienne au père de famille. "La prééminence du sexe masculin" était certainement une donnée légale dans l'Europe du 18ème siècle, et de nos jours, cela peut encore être le cas dans certains émirats ou en Arabie Saoudite.
On peut le regretter, mais dans nos sociétés, la loi se trouve au-dessus des individus et les adultes des deux sexes sont responsables devant la loi, que nul n'est censé ignorer.

Écrit par : Calendula | 02 janvier 2015

"le constat qu'on peut faire du modèle post-soixante huitard est qu'il ne fonctionne pas pire il est catastrophique."

Avant c'était tellement mieux, toujours la même rengaine. Avant 68, il y a eu 2 guerres mondiales et encore bien d'autres avant, beau résultat d'une éducation à fabriquer de la chair à canon bien souvent. Le bigotisme catho bien hypocrite, bien borné, bien autoritariste d'avant 68 en France ou ailleurs ne pouvait qu'être remis en cause. On ne reviendra pas en arrière et tant mieux. Clio parle de ses ratages. Avant 68, il y avait tout autant de ratages éducatifs, mais on parlait pas, la poussière était balayée et rangée sous le tapis. Voilà comment ça se passait, pas du tout comme dans un imaginaire idéalisant.

Écrit par : pli | 03 janvier 2015

@leclercql

« vous allez chercher où des phrases aussi ineptes. »

Je l'ai composée moi-même, Monseigneur. Mais si vous pensez qu'elle contient des erreurs, que Monseigneur ne se gêne absolument pas pour les relever et montrer comment on peut faire mieux.

« prééminence »

Le Larousse sied-il à Monseigneur ?

prééminence: nom féminin (bas latin praeminentia)
Définitions: Supériorité absolue de rang, de dignité, de droit, de degré.

Et il s'agit d'une "supériorité" conférée par qui donc, Monseigneur ?

Écrit par : Chuck Jones | 03 janvier 2015

@leclercql

« On entend quelquefois par puissance paternelle le droit de supériorité & de correction que les peres ont sur leurs enfans; »

Et quand le père n'est pas là ?
Ou quand le père est là au plus 1 ou 2 jours par semaine qui en compte 7 ?

« ... droit qui appartient également aux meres, avec cette différence seulement que l'autorité des meres est subordonnée à celle des peres, à cause de la prééminence du sexe masculin. »

Et de quels moyens dispose le père pour contraindre la mère à faire ce que lui a décidé ?

Écrit par : Chuck Jones | 03 janvier 2015

bien, très bien vos commentaires.. ils expriment parfaitement 2 concepts, hémisphères, les 2 moitiés de la poire:
- c'était mieux avant (tradition etc.)
- le changement c'est bien (évolution /progrès?)

je prends pour exemple (tiré par les cheveux?!) la révo Libyenne.. le système (l'ancien donc) était en bout de course (point de vue; pas que le mien) le suivant, pas besoin de dessin..

l'antienne est banal: on sait ce que l'on perd, quitte, mais pas (trop) où l'on va, y trouvera

il n'empêche, que ça plaise ou pas, depuis la nuit des temps, quand celui-ci est un chouia usé, rodé et amorti "l'Homme" tourne la page
alors qql bilan, inventaire..
comme tjs, certain plus heureux, aussi du déchet

perso et anecdotique, 2 enfants dont le premier, mon fils, j'eus l'autorité parentale (d'après les services sociaux de l'époque, 34 ans, c'est un cas pour mille.. !)
oui, j'étais jeune (expérience nulle) on en a causé bien sûr, évidemment je ferais 'différemment' maintenant, mais c'est pour tout le monde pareil !
(et) est-ce que je suis un 'bon' pépé..

oui, l'introspection (Lio) plutôt mieux que pas du tout.. aussi qql justif (pourquoi pas) mais je suis contre (!) la culpabilité

Écrit par : ti suisse | 03 janvier 2015

@ Chuck Jones

"vous allez chercher où des phrases aussi ineptes. "

il est question de puissance paternelle pas de puissance maritale il faudrait voir à ne pas tout confondre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Autorit%C3%A9_parentale_en_France

" (l'autorité absolue du mari sur la femme s'appelait « puissance maritale »)

"Et qui donne quel droit au père si maman ou les enfants ne font pas exactement ce qu'il dit ? "

vous n'avez pas bien compris, la mère a investi son compagnon du rôle de père pour ses enfants et quand il fait preuve d'autorité envers eux elle n'intervient pas, elle le respecte.

alors que dans l'autorité parentale conjointe, le droit estime quand matière d'autorité le rôle des deux parents est identique ce qui est faux, cette loi a été faite en 1970 pour plaire aux féministes et leurs délires d'égalité à tout crin, et aussi pour éjecter les pères de l'éducation des enfants et de ce coté là c'est une réussite. les pères ont besoin du soutien de la loi pour exercer leur rôle ce soutien leur a été enlevé (voir les écrits d'Aldo Naouri.
le rôle des pères c'est de casser la fusion des mères avec leur enfant.

Écrit par : leclercq | 03 janvier 2015

@ Chuck Jones

Et quand le père n'est pas là ?

http://www.uniondesfamilles.org/absence_du_pere.htm

"dans la journée, la mère a dit : "J'en parlerai à ton père ce soir". Ce père-là est présent dans la tête de l'enfant et il sait qu'il peut compter sur lui."

Écrit par : leclercq | 03 janvier 2015

@ pli

"Avant 68, il y avait tout autant de ratages éducatifs, mais on parlait pas, la poussière était balayée et rangée sous le tapis. Voilà comment ça se passait, pas du tout comme dans un imaginaire idéalisant."

tout autant mais avez vous bien conscience de la catastrophe du système éducatif français, 18% d'enfants ne vivant pas avec leur deux parents sans compter les familles où le père ne peut pas jouer son rôle de père, et l'augmentation de la délinquance, les banlieues zones de non droit.

http://blog.soseducation.org/blanquer-plus-fort-que-la-violence/

"Avant 68, il y avait tout autant de ratages éducatifs"

vous me prenez pour un con où quoi ?

Écrit par : leclercq | 03 janvier 2015

@ Chuck Jones

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article12

"Messieurs, ne soyez pas dupes des injonctions contradictoires des femmes. Elles vous parlent d’égalité, de partage des tâches, elles se veulent libres et indépendantes. Et c’est en effet ce dont elles ont besoin. Comme elles ont besoin de cette figure rassurante de l’homme protecteur, autoritaire, assumant ses devoirs et symbolisant la loi "

"symbolisant la loi" !!!

Écrit par : leclercq | 03 janvier 2015

@ Calendula

http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.100:259:11./var/artfla/encyclopedie/textdata/image/

On entend quelquefois par puissance paternelle le droit de supériorité & de correction que les peres ont sur leurs enfans; droit qui appartient également aux meres, avec cette différence seulement que l'autorité des meres est subordonnée à celle des peres, à cause de la prééminence du sexe masculin. Grotius, lib. I. Ic. v. n°. 1. [p. 561]

j'ai cité ce lien pour la phrase ci-dessus.

http://www.uniondesfamilles.org/absence_du_pere.htm

"On mesure seulement maintenant l'importance du rôle du père, qui a été un peu effacé par la législation des années 70-72. Un projet de loi est d'ailleurs en attente pour le restaurer."

"Et j'en poserais une autre de la même veine : Que faire, si le père préconise une chose absurde, dangereuse ou illégale ? "

tu t'engouffre dans les délires de Chuck Jones

"En l'état, il ne me semble pas possible de décréter que l'autorité ultime appartienne au père de famille. "

l'autorité envers les enfants !!!, la mère doit respecter cette autorité c'est elle qui la investit du rôle de père.

celà doit à nouveau être écrit dans la loi.

Écrit par : leclercq | 03 janvier 2015

leclerq,

Vous écrivez:
"l'autorité envers les enfants !!!, la mère doit respecter cette autorité c'est elle qui la investit du rôle de père.
celà doit à nouveau être écrit dans la loi"

Vous pouvez le souhaiter, c'est parfaitement acceptable, mais il vous sera difficile de l'imposer. Le "cela doit" est comme un coup de baguette magique, libéré de toute difficulté concrète, de toute référence à la réalité qui nous entoure, à l'histoire des 250 dernières années. Comment imposer ce retour en arrière, ce fonctionnement qui existe actuellement dans certains pays non-européens et qui distingue fortement les droits des citoyens selon leur sexe ?
Je ne suis pas en train d'affirmer que tout va bien chez nous, que nous vivons dans le meilleur des mondes, mais je n'arrive pas à adopter votre point de vue.
Mère de famille, je n'aurais jamais imaginé investir le père de mes enfants d'une autorité supérieure à la mienne. Pour nous, la question ne se posait pas. Nous sommes les adultes responsables de l'éducation, de la santé et du bien-être de nos enfants. Il y a deux groupes : les adultes / les enfants. Pas trois : le père / la mère / les enfants.
Utiliser le père comme le fouettard, qui ferait peur, a un côté pratique et efficace, certes, dans un premier temps. Il est effectivement facile d'imaginer que la force physique, la taille du papa puissent inspirer davantage de respect que la voix aiguë et les petites mains de la maman, mais je vous assure que ma propre mère m'inspirait bien davantage la crainte que mon père ! Et c'était bien avant 1968 ou 72.
La vie de famille n'est pas, en premier lieu, un lieu d'exercice du pouvoir ou de l'autorité. Les parents sont en premier lieu des exemples et des tuteurs. Les premières années des enfants sont primordiales pour fixer les règles de fonctionnement, sans tambour ni trompette. On impose des rythmes, des rituels, des manières avec patience et persévérance, pas avec autorité, dans le sens d'une force intimidante.
Elle vient plus tard, mais si on a été très structurant au départ, on a des bases pour résister aux grandes et petites révoltes. Une des grandes missions consiste à aider l'enfant à s'insérer dans la vie sociale, de passer de la vie familiale à celle en collectivité et à devenir autonome.
Si on lui apprend à la maison, que papa est le plus fort et que maman lui est soumise, on donne un bagage très particulier à ses enfants, fille ou garçon.
Ceux qui ont la chance de pouvoir passer beaucoup de temps avec leurs enfants (et ainsi de les connaître et les cadrer) auront moins de peine à s'imposer.
Ne croyez pas que je sois contre l'autorité ! Enseignante auprès d'adolescents, je sais combien c'est un art nécessaire et difficile. L'autorité ne repose pas seulement sur la hiérarchie ou la force physique, c'est un concept bien plus complexe.

Écrit par : Calendula | 03 janvier 2015

@ Leclercq

"Avant 68, il y avait tout autant de ratages éducatifs"

"vous me prenez pour un con où quoi ?"

ça, c'est sûr, Leclercq, que vous êtes con! Un tel sentiment de supériorité est une vraie psychose que vous devriez songer à soigner!

Écrit par : bb | 03 janvier 2015

@leclercq

« "dans la journée, la mère a dit : "J'en parlerai à ton père ce soir". Ce père-là est présent dans la tête de l'enfant et il sait qu'il peut compter sur lui." »

C'est cela.
Mais je ne me souviens pas avoir fait allusion qu'il habitait sous le même toit. Surtout après que vous ayez écrit:

« multiplication des divorces, éjection des pères... »

Mais que celà ne coupe pas un si bel élan.
Résumons, les enfants n'obéissent PAS aux ordres du père qui doit rentrer le soir, mais le soir venu, le père est de retour du travail, certainement la mère aussi, accessoirement, votre puissance paternelle est dans la loi, MAIS *** la mère n'en parle pas au père ***, et tout le monde va se coucher. Et demain sera un autre jour.

Et les gamins rigolent.
Et moi aussi.

Où est le défaut ?

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

Intéressants points de vue, notamment les développements excellents de Calendula.

Si je peux me permettre d'y ajouter mon opinion, je pense qu'à travers le témoignage de Lio se pose non seulement la question de l'autorité "domestique", dans le foyer, mais qu'il faut la voir dans son contexte plus général.

Les soixante-huitards ont mis le ver dans la pomme en rejetant toute autorité quelle qu'elle soit et les dégâts, après une quarantaine d'années, sont considérables (et à mon avis irréversibles)

Ce n'est pas seulement l'autorité du père qui est contestée, mais celle de l'enseignant, du policier, du patron et du juge.

Quelques exemples qui se passent de commentaires :

- A l'école, sitôt qu'une décision (même justifiée déplaît, elle est contestée par tous les moyens possibles.
- Un détenu dangereux met le feu à sa cellule et périt ? C'est le système carcéral vaudois qui est attaqué.
- Un trafiquant de drogue, à l'aide sociale est expulsé de Suisse ? Il conteste la décision de notre pays à Strasbourg (qui lui donne raison !!!).

http://www.tdg.ch/suisse/suisse-condamnee-renvoi-nigerian/story/12724308

Le sommet de l'absurde est atteint lorsque le système qui devrait exercer la responsabilité se défausse lui-même (on se souvient, à Genève, de M. Charles Beer et de son département de l'Education farouchement opposés à la réintroduction des notes au primaire : il aura fallu une votation populaire pour leur imposer de remplir la mission qui leur était confiée, en bref "de faire leur travail" !!!).

Comment une société peut-elle se développer sans exigences ? Comment faire évoluer des enfants vers l'âge adulte s'ils n'ont jamais connu la frustration ?

De quoi sera fait l'avenir lorsqu'on voit au quotidien que le bon sens et l'acceptation de sa responsabilité passent derrière le juridisme, la recourite aigue et le report systématique de la faute sur autrui ?

Par rapport à cette problématique si vaste les difficultés de Lio, même si elles sont sans doute réelles (bien que le post de Giona ait certainement une certaine pertinence) ne sont pas qu'un épiphénomène mais l'illustration réelle du malaise actuel de notre société, tiraillée entre le joyeux désordre des bisounours et une volonté extrême de fermeture, rigueur et ordre. Résultat : plus rien ne bouge.

Écrit par : A. Piller | 04 janvier 2015

Son malaise doit être grand en effet, car c'est de l'ordre de l'irrécupérable.

Nous avons été élevé avec des claques et coup de pied dans les fesses! Ca faisait mal parfois, mais cette dure autorité n'est plus ressentie avec le temps comme négative.

J'ai élevé mes enfants avec autorité mais sans violence; ma fille me dit souvent qu'il suffisait que je les regarde pour qu'ils comprennent que j'étais fâchée.
Pour cela il a fallu être là quasi en permanence, adapter ma vie professionnelle à leurs horaires et autres spécificités; je suis devenue -indépendante - pour eux, pour être là!
Pour cela il m'a fallu faire des choix, des renonciations et établir des priorités, car seule avec 2 enfants. Ils ont trouvé leurs voies et très vite sont devenus autonomes sur tous les plans.

Je suis heureuse et sereine aujourd'hui et me rappelle mes doutes et mes angoisses avec sourires, mon mode d'emploi a été les psaumes et les proverbes bibliques.

Courage aux mamans et pères car c'est tellement mieux si ils sont là. Ce remettre en question souvent c'est déjà un bon pas pour aller de l'avant!

Écrit par : Corélande | 04 janvier 2015

@ Calendula

"Mère de famille, je n'aurais jamais imaginé investir le père de mes enfants d'une autorité supérieure à la mienne."

j'ai écrit ça plus haut.

la mère doit respecter cette autorité c'est elle qui la investit du rôle de père.

j'ai pas écrit que le père avait une autorité supérieure à la votre mais que l'ayant investit du rôle de père vous deviez respecter son autorité auprès de vos enfants.

"mais je vous assure que ma propre mère m'inspirait bien davantage la crainte que mon père ! "

ça c'est une autre époque !!!

actuellement les mères se laissent insulter et donner des coups de pieds aux jambes par leurs enfants de moins de dix ans (en cours de récréation, raconté par l'instit citée ci-dessus, l'instit lui a dit une bonne fessée ne lui ferait pas de mal, c'était sa dernière année à l'instit, la mère lui a répondu toucher mon enfant jamais), j'imagine qu'une telle mère ne supporterait absolument pas que le père de l'enfant corrige son fils.

"On impose des rythmes, des rituels, des manières avec patience et persévérance, pas avec autorité, dans le sens d'une force intimidante."

c'est ce qui leur est préconisé en Suède on voit le résultat !!!

"Si on lui apprend à la maison, que papa est le plus fort et que maman lui est soumise, on donne un bagage très particulier à ses enfants, fille ou garçon. "

si quand papa use d'autorité envers lui, et que maman n'intervient pas, on peut dire que ça sera un très bon bagage pour lui, il saura quelle attitude normale devra avoir sa future épouse.

http://www.psychasoc.com/Textes/Male-dominant-!-Pere-conteste-!-N-y-aurait-il-pas-d-autres-voies

", il n’y a souvent plus de place dans le nouveau couple parental pour les fonctions symboliques de père et de mère.


Si l’homme et la femme ne semblent pas toujours réaliser ce qu’ils perdent, persuadés de s’être libérés de trop vieux carcans, les conséquences sont par contre plus visibles pour des enfants que l’on dit de plus en plus « rois », « sans père et sans repères ». En effet, le petit enfant a naturellement envie de sa maman, de n’écouter qu’elle, pour lui plaire et continuer de fusionner avec elle. S’il ne perçoit pas dans l’attitude, dans les paroles de sa maman qu’elle écoute un homme, et donc qu’elle est manquante, l’enfant continuera de la rêver toute-puissante et de la considérer comme son unique référence. L’homme peut alors tenir le rôle de papa donnant de l’affection, mais sa parole ne sera pas écoutée et il n’aura pas d’autorité. Ceci ne gênerait pas l’enfant, si la maman pouvait, seule, lui faire intégrer les limites. Mais ceci risque d’être difficile ! Et ceci n’est pas dû à une quelconque infériorité de la femme, comme voudraient nous le faire croire les machos.


S’il doit y avoir égalité en droits entre les hommes et les femmes, il n’y a pas égalité. En effet, comment voulez-vous qu’un enfant puisse intégrer des limites si celles-ci viennent d’une personne censée ne pas en avoir, puisque perçue toute-puissante ? L’enfant peut, certes, obéir à sa maman, mais ce sera pour lui faire plaisir et ne pas la perdre. A aucun moment il n’est question pour lui de règle à intégrer. Il n’obéit pas à la loi mais cède à ce qui est pour lui un chantage affectif. Au contraire il va chercher à imiter sa maman, à être comme il la voit : dans la toute-puissance, en dehors des limites. C’est ainsi que l’autorité paternelle n’est pas devenue, comme on le croît, une autorité parentale, ni même une autorité maternelle, mais « une autorité pas rentable » !


Cette « évaporation de l’homme » (5) et de l’autorité engendre des enfants incapables d’assumer la frustration, incapables de se structurer, incapables de suivre la moindre règle et donc d’apprendre à l’école et de bien vivre en société. Elle donne aussi des garçons sans véritable modèle masculin. "

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ bb

c'est bizarre dire la vérité c'est avoir un sentiment de supériorité. mais faites vous soigner ça devient grave.

"Les soixante-huitards ont mis le ver dans la pomme en rejetant toute autorité quelle qu'elle soit et les dégâts, après une quarantaine d'années, sont considérables (et à mon avis irréversibles)" !!!

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

" la mère n'en parle pas au père"

la mère a investit le père de son rôle de père et en parle au père et les gamins ne rigolent pas.

"Mais je ne me souviens pas avoir fait allusion qu'il habitait sous le même toit. Surtout après que vous ayez écrit:"

dans votre phrase ci-dessous il habite bien sous le même toit !!!

"Ou quand le père est là au plus 1 ou 2 jours par semaine qui en compte 7 ? "

« multiplication des divorces, éjection des pères... »

les pères sont éjectés de leur rôle de père !!!

http://sospapa-normandie.assoc.pagespro-orange.fr/Memoire.htm

"Aujourd’hui, les pères sont toujours dans une situation délicate : la justice continue de les ignorer, et ils ont de plus en plus de mal à trouver une place dans la vie de leur enfant. Pourtant, les psychiatres sont aujourd’hui unanimes pour reconnaître la nécessité fondamentale pour un enfant d’être élevé en «double-commande », c’est-à-dire par une mère et un père ayant chacun un rôle précis à jouer. Si un personnage manque alors l’enfant ne peut se structurer et on court le risque qu’il adopte un comportement déviant : attitudes à risque, délinquance, etc. Le désarroi de la famille entraînerait alors l’effondrement de la société"

http://sospapa-normandie.assoc.pagespro-orange.fr/Memoire.htm

"Or, les psychiatres ont montré que les pères ont des rôles très importants dans la structuration sociale des enfants. En effet, le père joue, traditionnellement, un rôle de construction séparatrice. Il socialise l’enfant et l’amène à maîtriser ses pulsions afin de le séparer de la mère. Selon eux, il faut remplacer la dyade mère/enfant par une triade équilibrée père/mère/enfant. Le rôle des pères n’est pas d’être une mère bis mais plutôt de faire contre-balancier vis-à-vis de la mère. Si le père et la mère ne jouent pas leurs fonctions antagonistes mais pourtant complémentaires, l’enfant n’aura pas ses repères constructeurs. Selon les pédopsychiatres, le père doit être celui qui doit dire «non », le «non » entraînant un manque grâce auquel l’enfant se détache de sa mère et construit sa personnalité."

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

http://livres.lexpress.fr/entretien.asp/idC=8312/idR=5/idTC=4/idG=0

" Il explique qu'il n'est pas contre le partage des rôles et le pouvoir des femmes. «Cela n'a rien à voir», dit-il. Que les hommes fassent la vaisselle, c'est une chose. Mais il faut qu'ils jouent leur véritable rôle de père. Pas celui des sitcoms et des poncifs à la mode. Celui qui s'interpose entre la mère et l'enfant. Ce n'est pas en maternant ce dernier qu'ils y parviendront"

@ Calendula

"Comment imposer ce retour en arrière,"

oui que les femmes respectent les hommes et leur rôle spécifiques dans l'éducation des enfants.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@leclercq,

Il y a la théorie et la pratique, le cas particulier et la réalité plus vaste.
Si je me souviens bien, vous n'avez pas personnellement passé par la case "parent".

Je me souviens en tout cas bien de ma vision de la parentalité avant de devenir mère moi-même, à l'âge avancé de 38 ans. Il me semblait que les gens étaient dingues de faire des enfants pour se retrouver dans de telles situations d'échec.
J'ai commencé à enseigner à l'âge de 23 ans et ai vu tant d'adolescents et de familles en crise, que j'en étais consternée et effrayée.
Lorsque j'ai décidé de me lancer malgré tout dans cette aventure, j'avais la certitude d'avoir trouvé le père capable d'assurer le pôle masculin du couple parental. Il est clair pour moi qu'un enfant ne s'élève pas seul et que si on prend la responsabilité de mettre au monde un enfant, on doit l'assumer jusqu'au bout. Donc s'arranger pour l'encadrer au moins jusqu'à sa majorité, en sachant que personne n'est parfait et qu'il est impossible de prévoir des aléas.
Je ne sais exactement ce que vous appelez "investir" un homme dans son rôle de père. Pour moi, c'était assez simple : il était le père. Pas besoin de chercher plus loin. On se concertait pour les grandes décisions, on avait déjà tellement roulé nos bosses ensemble qu'on n'avait pas de grosses divergences. Pour les petites décisions, il n'y avait pas tellement à perdre de temps, on faisait au mieux avec ce qu'on avait. On a surtout accepté de ne pas de voyager loin, d'aller au restaurant ou au supermarché avec elles (jumelles). On s'est beaucoup relayé, pour ne pas s'épuiser.
On n'a pas lu de grandes théories, on a juste essayé de rester dans notre fonction d'adulte responsable avec l'objectif de profiter de cette phase qui passait à la fois très lentement ( nuits courtes) et très vite.
Une des causes des conflits me semble résider dans le fantasme qui consiste à vouloir tout faire simultanément à fond : travail-carrière à 100%, sports, voyages, look soigné, vie sociale et tout ça avec le sourire .


Vous voyez et entendez tout ce qui cloche, car les "peuples heureux n'ont pas d'histoire". La maîtresse ne va pas lister tous les élèves qui s'amusent sans violence ! Si nous étions dans une société ayant perdu tous les repères, tous les enfants devraient être de petits monstres.
Si un enfant donne des coups de pied à sa maman, ça ne veut pas dire tous les enfants le font. Les miens n'en ont jamais donné, alors que je ne les ai pas élevés selon les règles que vous préconisez.
A école, les élèves violents avec les autres et insolents avec les enseignants sont souvent (mais pas toujours)des enfants subissant des coups à la maison. Ils s'endurcissent et ne prennent pas au sérieux les adultes qui ne tapent pas.

Je suis assez sûre de bien comprendre les idées présentées par les théoriciens, les textes que vous citez et je ne suis pas sûre que les experts préconisent une prééminence absolue du masculin, mais bien une présence renforcée du père. La simple présence est déjà une bon début !

Le cas particulier de Lio mériterait une analyse approfondie, mais on peut supposer que ses enfants ont manqué de présence parentale. Un enfant ressent cela comme un rejet, à tort ou à raison, et ça complique beaucoup la donne.

L'autorité incontestée et la structure hiérarchique avec le père au sommet de la pyramide peuvent donner l'illusion d'être la solution à tous les problèmes d'éducation, mais si elles ont été déboulonnées à un moment donné de l'histoire de l'Occident, c'est qu'elles n'étaient après tout pas aussi géniales.

On ne nous mettra pas d'accord et je me retire maintenant de cet échange, tout en vous assurant mon respect pour vos opinions, que vous défendez avec beaucoup de conviction et sincérité.

Écrit par : Calendula | 04 janvier 2015

@ Calendula

"Je ne sais exactement ce que vous appelez "investir" un homme dans son rôle de père."

je veux uniquement dire que la mère ne doit pas contester son attitude quand il use d'autorité.


"Si je me souviens bien, vous n'avez pas personnellement passé par la case "parent". ma jeune épouse a un dérèglement hormonal, elle a fait du vélo a haut niveau et a cause de ça n'a pas eu de règles pendant un an, on a été voir un gynécologue il y a deux ans, le traitement est lourd, importante prise de poids, dérèglement de la thyroïde, quand à moi, mon sperme n'est pas en bon état, il faut trier, cause pollution atmosphérique je pense.

"Si nous étions dans une société ayant perdu tous les repères, tous les enfants devraient être de petits monstres.""Si un enfant donne des coups de pied à sa maman, ça ne veut pas dire tous les enfants le font. "

heureusement, mais il y en a déjà un certain nombre c'est préoccupant.

"Je suis assez sûre de bien comprendre les idées présentées par les théoriciens, les textes que vous citez "

ce ne sont pas des théoriciens mais des praticiens, Jean Gabard ancien Prof d'Histoire Géo, Aldo naouri pédiatre jean marie petit clerc éducateur.
Natacha Polony mère et agrégé.

Le cas particulier de Lio, elle aurait peut-être pu investir un beau père du rôle de père comme le suggère Aldo Naouri !!!

"c'est qu'il se trouve quelqu'un capable d'exercer auprès de la mère la fonction qu'il ne peut plus exercer. L'occasion la plus fréquente se présente quand la mère refait sa vie avec un autre homme. S'il a dépassé ses ressentiments, le père de l'enfant peut alors rencontrer ce nouvel homme de la mère en présence de l'enfant et dire à ce dernier qu'il le confie à cet homme qui le remplace pour tout ce qui se passe à la maison. Cela ne permettra plus à la mère de jouer les deux hommes l'un contre l'autre pour garder la haute main sur son enfant. E cela n'empêchera pas le père géniteur de l'enfant de continuer d'entretenir des liens affectifs forts avec lui. "

http://www.parent-solo.fr/modules/smartsection/item.php?itemid=191

"mais si elles ont été déboulonnées à un moment donné de l'histoire de l'Occident, c'est qu'elles n'étaient après tout pas aussi géniales."

où plutôt ne serais ce que le résultat que la montée du féminisme sans réelle opposition de la part des institutions.

jean marie petit clerc éducateur.

http://www.mmmfrance.org/diners-rencontres/100-extraits-de-l-intervention-de-jean-marie-petitclerc

"A école, les élèves violents avec les autres et insolents avec les enseignants sont souvent (mais pas toujours)des enfants subissant des coups à la maison. Ils s'endurcissent et ne prennent pas au sérieux les adultes qui ne tapent pas."

"Ah, bien sûr, on a d’ores et déjà vu se récrier les chantres habituels de la pédagogie du dialogue. « La violence engendre la violence », tel est l’argument massue, le réflexe intellectuel qui fait office de pensée pour les gentils porteurs d’œillère qui n’ont toujours pas compris qui exerce aujourd’hui la violence, dans les sociétés occidentales. Ceux-là oublient que pour l'heure, c'est l'absence d'éducation et de règles qui engendre la violence et la barbarie. Non, nous ne vivons plus dans un monde où l’ordre patriarcal et l’impitoyable machine du pouvoir broient les individus."

Natacha Polony mère et agrégé. ancienne enseignante.

http://blog.lefigaro.fr/education/2011/04/sos-enfants-battus-et-societe-a-la-derive.html

" je ne suis pas sûre que les experts préconisent une prééminence absolue du masculin, mais bien une présence renforcée du père."

tout à fait un père qui joue son rôle pas une mère bis.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@A. Piller

« Les soixante-huitards ont mis le ver dans la pomme en rejetant toute autorité quelle qu'elle soit et les dégâts, après une quarantaine d'années, sont considérables (et à mon avis irréversibles). »

Je ne sais pas trop ce que vous appellez "les soixante-huitards", mais c'est effectivement à cette époque, que l'émergence du féminisme sociétale, qui revendique l'affirmation et l'exercice de l'égalité des droits de l'homme et de la femme, met à mal le patriarcat qui gouverne la famille et l'Etat.

Et pourquoi le patriarcat et l'autorité qu'il confère, et par association toute autorité conférée par des pouvoirs issus du patriarcat, ou de façon arbitraire ou dogmatique, dont celle attribuée à l'Etat, sont-ils si ébranlés ?

Parce que le féminisme a entraîné une profonde transformation du couple, et que le patriarcat repose entièrement sur un modèle de couple défini par l'autorité qui prononce son existence, jusqu'à la révolution, les autorités religieuses, l'Eglise catholique, puis ensuite par l'Etat, qui réaffirmera le patriarcat comme forme d'organisation du couple.

Avec la transformation du couple, s'accompagne la disparition même du patriarcat tel que nous le connaissons, et tout ce qui est construit sur le patriarcat, dont l'idée même d'autorité, qui devra trouver un nouveau paradigme dans lequel il a un sens, sous peine de devenir sans fondement, arbitraire, injuste, combattu, et de disparaître.

A lire, une excellente thèse sur ce thème:

Quelle alternative au patriarcat ?
Valoriser un modèle social non conjugal
par Agnès Echène, chercheuse en anthropologie culturelle
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1324/

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@ Calendula

"On n'a pas lu de grandes théories,"

bien vu

"Mais ce genre de croisade révèle surtout un des travers de nos sociétés mêlant psychologie de bazar et culte de la performance. En matière d’éducation, comme en tout domaine, un discours d’experts chargés de réformer nos conduites pour les rendre plus efficaces s’est substitué, non seulement au bon sens – dont on peut admettre qu’il n’est pas universellement répandu – mais surtout à l’espoir de développer en chacun l’intelligence et le libre-arbitre. Bonnes gens, ne réfléchissez plus, un expert s’en charge pour vous. Les parents dépossédés de leur légitimité, privés de leur capacité à évaluer telle situation, et à choisir la meilleure façon d’y répondre, ne sont donc plus parents que par leur fonction d’engendrement.
On pourra déplorer les « parents démissionnaires », et les petits monstres qu’ils produisent à grande échelle. Mais il serait plus opportun d’enfin constater que ce discours culpabilisant et délégitimant a créé des générations de jeunes parents totalement paumés, et incapables de savoir eux-mêmes quelles sont les limites à fixer à leur enfant, quelles sont les conduites acceptables et celles qui ne le sont en aucun cas. Les milliers d’enfants qui verront ce petit film (car le premier renoncement au bon sens se manifeste face à cette télévision qu’on laisse allumée devant eux) comprendront parfaitement le message : sanction et brutalité aveugle sont de même nature, et le parent qui voudrait leur imposer quoi que ce soit, éventuellement par la force, est un bourreau. Détruire ainsi l’image d’un parent aux yeux de son enfant est une grave responsabilité. Car on ne sait jamais quels modèles de substitutions celui-ci se choisira. "

http://blog.lefigaro.fr/education/2011/04/sos-enfants-battus-et-societe-a-la-derive.html

"alors que je ne les ai pas élevés selon les règles que vous préconisez"

que voulez vous dire je préconise juste que la mère doit respecter le père, est-ce trop demander de nos jours.

""N. O. - Ce «déficit de père» explique pour certains de nombreux phénomènes contemporains de violence. François Caviglioli, vous évoquez dans ce livre le cas des émeutes en banlieue de novembre 2005...
F. Caviglioli. - Oui, on veut maintenant refabriquer là-bas du père, mais c'est après avoir complètement assassiné les pères musulmans. Après les avoir transplantés loin de leur famille, avec la complicité des entreprises françaises. Le regroupement familial de 1974 n'aura pas restauré leur autorité, bien au contraire. Leurs enfants étaient devenus des étrangers, maîtrisant des codes auxquels, eux, tournaient le dos. Et c'est assez compréhensible. Le père musulman appliquait sans le savoir le théorème de Tocqueville : aucun individu n'accepte de fondre ses valeurs dans celles d'une société dominante s'il a la conviction qu'il n'occupera que le dernier rang dans le nouveau système. Du reste, la situation se perpétue... Pendant les émeutes de 2005, on n'a entendu que les mères. Les pères sont restés aussi silencieux et désarmés que leurs pères il y a vingt-cinq ans, ces pères de l'exil envers qui ils s'étaient montrés si sévères.
A. Naouri. - Ces migrants venaient de pays dans lesquels les enfants devaient plaire aux parents. Ils se sont retrouvés dans une France où le mot d'ordre était inverse : c'est vous qui devez plaire à vos enfants. D'où de profondes perturbations. Mais les phénomènes de banlieue ne sont au fond que la pointe avancée de ce qu'on observe désormais dans l'ensemble des couches de la société. Il y a aussi de plus en plus d'enfants-tyrans, et même à Neuilly.
N. O. - Ce recul généralisé du père que vous diagnostiquez, est-ce selon vous un phénomène réversible?
A. Naouri. - Je n'en crois rien. Et c'est très inquiétant pour la suite. Je n'arrive pas à imaginer ce qui pourrait conduire la société à offrir à nouveau son soutien aux pères. Il faudrait un retournement complet des mentalités, et j'ai bien peur d'être peu suivi. (Rires)"

http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=EP&ID_NUMPUBLIE=EP_021&ID_ARTICLE=EP_021_0058

on est en déficit éducatif de péres et ce qui se passe dans les banlieues est un signal d'alarme que personne n'entend, et bien ce n'est pas prés de s'inverser. (ce n'est pas leur faute ce sonts des rebelles ainsi parlent les BoBo). ce ne sonts que des enfants tyrans que notre société maternante trouve encore des excuses.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

mais elle voit un patriarcat où cette femme !!!

on est en plein Big mother.

"Qu’il s’agisse de l’aliénation, du harcèlement moral ou sexuel, de la discrimination sexiste au travail ou en politique, de la violence conjugale masculine, du sexisme, de la prostitution, de l’homophobie, de la pornographie, de la pédophilie, etc., le patriarcat est fréquemment dénoncé comme responsable. "

ces accusations ne sont qu'un ramassis de mensonges féministes, contre un patriarcat inexistant !!!

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article136

et c'est quoi cette affirmation couple = patriarcat !!!

": il faut en effet que ce soit les frères, oncles et cousins qui assument les enfants des femmes "

ça c'est déjà fait en Algérie pour les pères exilés en France.

et c'est quoi l'avantage par rapport au couple, ces oncles fréres etc. la fonction de père doit être satisfaite.

http://209.85.229.132/search?q=cache:Yor0VWZrPpAJ:www.aldonaouri.com/textes/m4aj.pdf+Peut-il+y+avoir+un+nouveau+r%C3%B4le+du+p%C3%A8re+dans+le+monde+de&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

"Si cette première condition, liée au processus de désignation, n'est pas satisfaite,
un homme, quel que soit l'étendue de son désir en la matière, ne pourra jamais revêtir la
fonction de père de ses enfants. Il en sera tout au plus le père social.
Mais si cette condition nécessaire est satisfaite, elle s'avère cependant ne pas être
suffisante.
Elle doit absolument être assortie d'une seconde condition tout aussi importante:
un homme appelé par une femme à occuper une place de père, doit accepter de l'occuper
et surtout de s'y tenir quels qu'en soient les inconvénients."


j'ai une autre solution.

"Mais la pilule n'est pas seule en cause dans un tel processus. Elle n'est même en
réalité que la conséquence d'une dérive idéologique déjà ancienne qui a privilégié le
principe de plaisir alimenté par la relation maternelle, au détriment du principe de
réalité prôné par la relation paternelle.
L'équilibre, qui a été longtemps maintenu entre hommes et femmes, s'est donc
brutalement rompu. Et les uns comme les autres en sont sortis perdants.
Les premiers sont devenus bien moins hommes et bien moins pères qu'ils ne
l'étaient. Il est amusant de conforter cette affirmation, qui peut paraître outrancière,
d'une information scientifique étonnante: le nombre de spermatozoïdes émis lors de
chaque éjaculation aurait diminué de moitié en cinquante ans, passant de 380 à 180
millions en moyenne.
Les secondes demeurent seules avec un appel inarticulé que nul père ne semble
vouloir entendre. Elles se consolent comme elles le peuvent en surinvestissant leur
enfant qu'elles gavent de leur propension incestueuse et dont elles font une proie facile
pour la société de plus en plus féroce à l'agression de laquelle ne les aura préparés
aucune fonction paternelle.
Le tout se passant dans la morosité indifférente des téléspectateurs accablés et
gavés de "panem et circenses".
9
J'en veux pour témoignage une phrase que j'ai tirée d'un film à grand succès:
Terminator II, de James Cameron dont je rappelle en deux mots l'intrigue.
Deux robots d'apparence humaine s'affrontent à mort autour de John, un
adolescent d'une douzaine d'années. Un bon, le Terminator qui le protège, est moins
performant que le premier qui veut le tuer. mais tout finit bien cependant.
Or, John a une mère qui assiste à la confrontation et qui tient à un moment un
propos que j'ai pris la peine de relever mot à mot. Elle dit:
"En regardant John avec cette machine, tout devint très clair: le Terminator ne
s'arrêterait jamais. Il ne l'abandonnerait jamais. Il ne le frapperait jamais et ne crierait
jamais après lui. Il ne le tabasserait jamais en rentrant saoul le soir ou ne lui dirait qu'il
est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là et il mourrait pour le protéger. Et
de tous les pères possibles qui sont passés ces dernières années, cette machine était la
seule à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c'est le choix le plus raisonnable."
Vous retrouvez sans peine l'illustration de tout ce que je vous ai décrit mais avec
une double prime: ce qui convient à cette mère dans le père qu'elle a choisi à son enfant,
c'est qu'il est proprement "utérin". La seconde prime — celle que l'on pourrait mettre en
exergue de notre prétention à une réflexion prospective — tient dans l'aveu que seule
une machine peut occuper une telle fonction.
Je vous fais juges, en vous invitant à imaginer l'impact idéologique de ce film et
son influence sur les mentalités des millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui
l'auront vu."

"je l'annonçais dans mon introduction, enterré définitivement le personnage.
On risque d'assister en effet à un effacement de la figure paternelle encore plus
grand qu'il ne se dessine depuis plusieurs décennies déjà. Avec la généralisation des
familles dites recomposées et le délitement des repères symboliques, les hommes ne
seront plus que des pères d'occasion, migrateurs et transitoires, allant de cellule
familiale en cellule familiale. Les mères, qui continueront de chercher sans la trouver
une limite à leur propension incestueuse naturelle, nourriront sans relâche leur dépit, en
espérant à chaque fois trouver un héros. Comme les Terminator demeurent des êtres de
fiction, elles n'auront pas d'autre issue que de se tourner vers les Etats gestionnaires qui
auront perfectionné, au nom de l'ordre social, les structures qui existent déjà et qui sont
destinées à limiter le plus possible les dégâts — ça se profile déjà avec le casse-tête de
la drogue! La succession des générations n'ayant pas d'autre vertu que d'aggraver les
désordres déjà constitués, on parviendra dans très peu de temps à des sociétés où aura
triomphé la barbarie et dont les membres seront parvenus à se doter eux-mêmes d'un
statut d'esclave, devenant les enfants satisfaits de la Science et de l'Etat.
Je vous avoue que je suis très heureux de savoir, dès à présent, que je ne serai
plus là pour le voir.
Je vous remercie."


cette femme mets en avant le principe de plaisir par rapport au principe de réalité.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

Mere de trois enfants, je suis plutot d'accord avec la teneur des commentaires de Leclecq. Chez nous c'est le pere qui a le plus d'autorite, et cela m'arrange souvent tres bien. Je crois que la raison en est toute simple, il se laisse moins attendrir et est plus jaloux de sa tranquillite, et de la notre en tant que couple. Il s'interpose toujours quand les enfants abusent de ma gentillesse. Les enfants m'ecoutent aussi, mais moins vite. Ce n'est pas vraiment une question de force physique tout ca. Mon mari prend soin de moi, ce qui me permet d'etre disponible pour nos enfants. Ils nous contraint aussi a defusionner, bref je trouve que nos roles sont tres complementaires, pas interchangeables. Ma mere, feministe convaincue, qui a eleve trois enfants seule, me repete souvent, avec le recul, combien il etait dur d'etre a la fois la maman et le papa.

Écrit par : Magali | 04 janvier 2015

@A, Piller

« Le sommet de l'absurde est atteint lorsque le système qui devrait exercer la responsabilité se défausse lui-même (on se souvient, à Genève, de M. Charles Beer et de son département de l'Education farouchement opposés à la réintroduction des notes au primaire : il aura fallu une votation populaire pour leur imposer de remplir la mission qui leur était confiée, en bref "de faire leur travail" !!!). »

Mauvais exemple.
Donner des notes n'est pas le but final de l'éducation publique.
Néanmoins ...

« Comment une société peut-elle se développer sans exigences ? Comment faire évoluer des enfants vers l'âge adulte s'ils n'ont jamais connu la frustration ? »

Bon point. Mais est-ce que confier la tâche "d'apprentissage de la frustration" à l'Etat, armé de sa puissante autorité aux effets , est un choix judicieux ?

N'est-ce pas donner aux jeunes frustrés, habitués aux mauvaises notes, une raison de détester l'Etat et de se frotter à son autorité ?


« De quoi sera fait l'avenir lorsqu'on voit au quotidien que le bon sens et l'acceptation de sa responsabilité passent derrière le juridisme, la recourite aigue et le report systématique de la faute sur autrui ? »

A moins de vouloir prévenir une catastrophe annoncée, *dûment justifiée*, laissons aux jeunes le soin de penser où va la société que connaîtra leur descendence directe, et choisir SA méthode pour y arriver.

Au début du 20ème siècle, à l'aube d'une époque pourtant tellement prometteuse en progrès et découvertes, c'est pour l'avenir, les problèmes et les rêves de qui, que des millions de jeunes furent envoyés dans les flammes de la 1ère guerre mondiale ? Pour ceux de leurs parents et grand-patrents, pas les leurs.

« ... tiraillée entre le joyeux désordre des bisounours et une volonté extrême de fermeture, rigueur et ordre. Résultat : plus rien ne bouge. »

Mais si, mais si.
Seulement vous, vous regardez dans la direction où ça s'est passé, et les jeunes, là où ça se passe maintenant et demain.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

je m'excuse lien ci-dessus erroné

http://www.linternaute.com/femmes/famille/0603-autorite/interview.shtml

"L'autorité incontestée et la structure hiérarchique avec le père au sommet de la pyramide"

Le père n'est pas au-dessus de la mère dans la hiérachie familiale, il occupe simplement une place particulière dans le dispositif familial.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

le texte du lien a changé

Eduquer, c'est apprendre à l'enfant les lois du monde"
Votre livre s’intitule "Pourquoi l’amour ne suffit pas". Les parents d’aujourd’hui réduiraient donc l’éducation à l’amour ?
Claude Halmos C’est la société en général qui réduit les rapports parents-enfants à l’amour, sans s’interroger sur l’éventuelle spécificité de l’amour parental. On prend comme référence l’amour en général. Mais les sentiments, aussi forts soient-ils, ne suffisent pas à construire un enfant. En réalité, l’amour parental implique un devoir d’éducation. Il se différencie également du sentiment amoureux dans la mesure où l’on aime un enfant pour qu’il nous quitte.
Quels sont les dangers d’une éducation réduite aux sentiments ?
Ils sont nombreux. Cela se ressent dès la maternelle : ces enfants élevés uniquement "à l'amour" sont exclus. Ils sont les rois du monde à la maison, et se comportent comme tels à l’école, c’est pourquoi leurs camarades ne les acceptent pas. L'absence d'éducation peut également mener à la violence. Il faut savoir qu’un enfant ne devient pas naturellement capable de vivre dans notre société, car il est dominé par ses pulsions. C’est l’éducation des parents qui va lui permettre de devenir un être civilisé.
Finalement, éduquer, qu’est-ce que c’est ?
C’est apprendre à l’enfant les lois du monde. Il faut les lui expliquer, les lui imposer, et le sanctionner lorsqu’il ne les respecte pas. Mais il faut également lui montrer qu’on les respecte aussi. En fait, il faut arriver à tenir les deux bouts de ce que disait Françoise Dolto : respecter l’enfant comme un être à part entière, mais le laisser à sa place d’enfant.
Vous parlez de "malnutrition éducative", la maladie de notre siècle. Pourquoi ce terme ?
Je mets en parallèle le développement du corps et celui du psychisme. Il existe une logique du corps que l’on accepte, à savoir que l’enfant a besoin d’une alimentation variée pour grandir, se développer. Et les parents respectent ces principes de nutrition. Pour le psychisme, c’est la même chose : l’épanouissement et la construction de l’enfant obéissent à des règles aussi précises, qu’il faut respecter.
Pourquoi assiste-t-on à un tel recul de l’autorité ?
Ce sont les conséquences de 1968. On s’est battu contre l’éducation répressive, contre l’autorité absolue des parents et c'était une bonne chose. Et certains à partir de là ont assimilé l’éducation à la répression. Autre facteur de ce recul de l’autorité : la dérive "psy", qui, partant de l'idée juste que l’enfant est un être à part entière qui a autant de valeur qu’un adulte, oublie que l’enfant est également un être en construction. Bien souvent, les parents ignorent qu'il est vital pour l’enfant de lui poser des limites. Ils n’ont pas compris l’importance de l'éducation dans la construction du psychisme.

Quelle doit être la place du père dans l’éducation ?
C’est la figure de l’autorité. Pour l'enfant, sa mère a beaucoup de pouvoir. C'est pourquoi il est nécessaire qu'il sente qu’elle n’est pas toute-puissante, qu’elle a besoin de quelqu’un d’autre, d’un référent. Cela lui permettra plus tard de comprendre la place des référents sociaux (la police, la justice) dans la société. Cette figure de l’autorité paternelle tend malheureusement à disparaître parce que l’on confond différence des places et hiérarchie. Le père n'est pas au-dessus de la mère dans la hiérachie familiale, il occupe simplement une place particulière dans le dispositif familial.
Que pensez-vous du développement des ouvrages psy sur l’éducation ?
Nous avons là un paradoxe : les guides se multiplient et les parents sont de plus en plus perdus. Car ces ouvrages prennent rarement la responsabilité d’énoncer des règles. Il y a même eu une mode qui consistait à dire : faites comme vous le sentez. Les nutritionnistes osent dire qu’il y a des principes d’alimentation, pourquoi pas les psy ?

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1324/

": il faut en effet que ce soit les frères, oncles et cousins qui assument les enfants des femmes "

http://le-forum-parents-profs.xooit.com/t181-le-feminisme-Du-male-dominant-au-pere-conteste.htm

" Si certains s’interrogent aujourd’hui sur le caractère inné ou construit de la différence des sexes, les hommes, avant le néolithique, avaient bien remarqué, sans encore faire le lien entre l’acte sexuel et la naissance, que les femmes pouvaient mettre des enfants au monde et pas eux. Ils avaient admis le côté magique de celles qui avaient su aussi les nourrir et les protéger. Les divinités étaient alors féminines et toute femme capable de réaliser ce « miracle » était ressentie inconsciemment par l’homme et par la femme elle-même, comme toute-puissante. Ceci n’avait cependant pas empêché les humains de constater la nécessité pour la femme d’avoir un homme à côté d’elle pour éduquer les enfants. C’est ainsi qu’apparaît, bien avant de connaître l’existence du géniteur, la fonction de père, tenue alors par un frère de la génitrice ou par un autre homme du clan. Cette fonction a été inventée pour éviter que l’enfant, ressentant sa maman toute-puissante, ne reste dans la fusion avec elle. L’homme présent devait favoriser la séparation et permettre à l’enfant de devenir autonome pour subsister. Pour pouvoir imposer sa présence face à la femme divinisée, il fallait que l’homme soit doté d’une autorité, tout autant fantasmatique, d’origine divine. "

cette femme fait le même métier qu'héléne Vecchiali et pourtant leur pensée diverge beaucoup.

Agnès Echène, chercheuse en anthropologie culturelle

L’auteure a fait des études de philosophie, de sciences politiques et de psychologie. Chercheuse en anthropologie culturelle à l’Université de Toulouse, elle explore la littérature archaïque, orale et écrite : les premiers textes écrits de l’humanité témoignent de temps révolus, de sociétés singulières, de mœurs insolites mais également d’une main-mise du pouvoir sur la matière des récits ; son souci est de mettre à jour à la fois le masqué, l’implicite et le formatage. À titre de consultante en communication dans l’entreprise, elle intervient pour aider les employés à améliorer la communication et le travail d’équipe. Comme auteure dramatique, metteure en scène et directrice de compagnie, elle propose des spectacles refusant le psychologisme et la complaisance à la violence, explorant des voies nouvelles dans le domaine des relations amoureuses et familiales. Conteuse, elle privilégie les contes facétieux où triomphe l’esprit, l’intelligence, la ruse, la révolte, la lutte contre les pouvoirs. En tant que conférencière, elle transmet ses diverses connaissances en matière anthropologique et relationnelle en associant narrations et analyses.

http://www.passereve.com/journal/PDF/machos.pdf

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Leclercq
..........il y en a que la connerie n'effraie pas; je vous suggère un stage éducatif dans les dernières tribus amazoniennes, pour voir comment ils font.

Écrit par : bb | 04 janvier 2015

voilà le texte

http://209.85.229.132/search?q=cache:Yor0VWZrPpAJ:www.aldonaouri.com/textes/m4aj.pdf+Peut-il+y+avoir+un+nouveau+r%C3%B4le+du+p%C3%A8re+dans+le+monde+de&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

Peut-il y avoir un nouveau rôle du père dans le monde de
demain?
Aldo Naouri
Communication au congrès : The child in the world of tomorrow: the next generation
Foundation for Research in Childhood "Spyros Doxiadis" and The Spastics Society
Athens (Greece)
2-5 Juin 1994.
Résumé: Pour aménager le rôle du père, en fonction des nouvelles donnes de nos sociétés, on ne peut pas
faire autrement que d'examiner en détail ce qui le fonde: la fonction qu'il exerce apparaît comme
clairement définie par la place qu'il lui incombe d'occuper entre la mère et à l'enfant. On découvre alors
que cette fonction prend son origine dans un texte inconscient dont la moindre retouche produit la
dénaturation. Le tissu social, malgré la générosité de ses dispositions, ne pourrait donc retirer de
l'initiative qu'il chercherait à prendre en la matière que des inconvénients.
Introduction
Peut-il y avoir un nouveau rôle du père dans le monde de demain? En voilà une
question!
En vérité elle n'est pas nouvelle: elle s'est posée toutes les fois que l'Histoire,
dont on sait combien elle bégaye, a connu des crises de société ou de civilisation. Elle
semble redevable, aujourd'hui, aux progrès de la science et de la technique qui ont
bouleversé notre paysage social au point de laisser croire que rien ne pouvait échapper à
leur emprise — pas même ce rôle du père qui connaît, depuis quelques décennies déjà,
une incontestable éclipse.
Devons-nous pour autant entériner le fait et procéder sans tarder à des funérailles
officielles? Enterrer cette instance à laquelle, grâce aux paillettes des banques de
sperme, chacun est prêt à conférer un statut de vestige? Je pense que quantités de forces,
y compris celles qui se disent de progrès, militeraient en ce sens, sous prétexte qu'à
vouloir ressusciter un moribond on s'expose immanquablement à des déconvenues.
Je vous avoue que j'ai choisi pour ma part de marquer le pas. De contourner la
question. De mesurer au moins l'étendue de la perte. J'ai pensé que la nostalgie que je
parviendrai à susciter peut-être, faute de réveiller les consciences, aura toujours par ses
accents valeur d'oraison funèbre.
Vous avez bien sûr compris l'opinion que personnellement je soutiens: on ne
peut, sauf à le faire disparaître de la scène familiale et assumer les dommages de sa
disparition, modifier de quelque façon que ce soit, le rôle du père.
J'entends le démontrer.
2
Mais pour éviter toute méprise, Je dirai d'abord quelques mots de cette notion,
courante mais par trop approximative, de rôle.
Définition du mot rôle.
Le mot nous est fourni par le vocabulaire du théâtre.
Or, au théâtre, aucun acteur ne peut tenir un rôle sans se référer au texte
préalable qui le commande. Ce qui implique qu'un père, lui aussi, ne tiendrait son rôle
qu'en conformité avec un texte. Mais alors que l'acteur a appris le texte dont il connaît
toujours l'auteur, le père obéit à un texte qui lui a été transmis à son insu par son
histoire, auquel il n'a aucun accès, dont il ignore l'auteur et dont il ne parvient à prendre
conscience que par les effets qu'il en obtient. Freud, en cherchant à percer ce mystère,
en a conçu, dans Totem et Tabou , un modèle qu'aurait forgé le père premier, celui qui
imposait sa loi à la horde et qui exerçait un droit sexuel exclusif sur les femelles du
groupe.
Tout comme on peut être mauvais ou excellent servant d'un texte, on peut être un
mauvais ou un excellent père. Dans un cas comme dans l'autre, le rôle n'est jamais en
cause, c'est seulement l'exécutant qui est ou non à la hauteur. Le rendu du rôle affleure
donc à un idéal censé toujours produire des effets précis. Pour conjoindre l'idée de
rendu à celle du texte, j'utiliserai le terme de "fonction". Ce qui me permettra de parler
de fonction paternelle, comme d'ailleurs de fonction maternelle.
Vous pourrez me demander pourquoi, commis à parler du père, j'introduis dès à
présent la mère. C'est qu'il ne peut pas y avoir de père sans mère alors que le contraire
est aujourd'hui monnaie courante. J'y reviendrai.
Il se vérifie très vite, en tous cas, que l'effet de l'une comme l'autre de ces deux
fonctions se décline en seulement deux invariants: la vie et la mort. La vie et la mort qui
se côtoient, s'intriquent et s'affrontent dans la jonction intime qu'en opère le sexe, lequel
invite chacun à s'en débrouiller avec les caractéristiques de son corps et avec les
mécanismes de la reproduction.
Ainsi une femme sexuée comme telle, quand elle occupe la fonction de mère,
transmet-elle la vie… et la mort. Ainsi l'homme, sexué comme tel, quand il accède à la
fonction de père, est-il porteur de mort… et artisan de vie. Et ce n'est pas par hasard
qu'au rôle premier et viscéral de la mère, j'adjoins le rôle du père avec son potentiel
organisateur.
La mère, la vie, la mort.
La mère est en effet réputée "donner la vie". Elle le fait avec son corps. Elle se
révèle située, de ce fait, dans le registre du certain, du concret, du tangible. Toute,
3
pourrait-on remarquer, du côté de la Science qui s'intéresse si fort à elle. Elle est
certissima , comme la déclare le droit romain.
Elle l'est pour elle-même.
Elle l'est tout autant pour son enfant — dont nous savons que les aires
sensorielles ont été littéralement programmées pendant la gestation sur des afférences
venues toutes sans exception du corps maternel. La communication qu'elle établit avec
lui n'a donc pas besoin de médiation: elle est directe et immédiate, passant plus encore
par sa gestuelle et son registre averbal que par ses mots.
Son action est univoque: elle est vouée, tout au long de sa vie, à satisfaire sans
le moindre retard l'intégralité des besoins de son enfant.
La modalité de cette action ne doit ni choquer, ni surprendre. Et elle n'a rien
d'excessif ou de monstrueux, quoiqu'on en pense. Elle n'est d'ailleurs pas l'effet d'un
choix. Elle s'impose à la mère parce qu'elle se déduit de la logique biologique qui a
dicté son comportement dès le jour de la conception: son corps a en effet été
immédiatement et durablement tenu de satisfaire à chaque instant l'intégralité des
besoins exprimés par le corps foetal — et l'on sait combien le sort de la grossesse est
fonction de cette performance.
Ce type d'action n'aurait en principe pas de raison de se prolonger au delà de la
mise au monde et on s'attendrait à le voir spontanément s'amender à partir de la
naissance. Sauf que la longue période d'immaturité naturelle de l'enfant l'exige et que la
mère y puise la phénoménale énergie que nécessitent les tâches d'élevage. Elle en retire
inévitablement sur le champ de substantiels bénéfices qui faussent le jeu: calmer la
faim, consoler, bercer, endormir, rassurer, etc., sont autant d'actes qui confèrent à la
mère le sentiment qu'elle est dans la bonne voie, qu'elle fait du bien et qu'elle est bonne
— ce que chacun, à commencer par la société environnante, lui demande et exige d'elle.
Les voilà donc, tous les deux, elle et lui, à s'octroyer des bénéfices réciproques
dans un véritable concours d'amour et d'invention. Lui, qui la perçoit si vivifiante à
chaque instant, se prend à un tel point à son jeu qu'il ne peut envisager son avenir sans
elle. Elle qui est prête à lui consacrer sa vie. Ce qui aboutit à l'inévitable Oedipe!
Quelle formidable invention que ce mythe!
Quel inévitable tragédie aussi! Parce que c'est en ce point précis, que le texte des
rôles parentaux pointe à nouveau son nez et rappelle insidieusement à l'ordre féroce du
temps.
Je n'ai pas pu m'empêcher de jeter, à ce propos, un pont linguistique entre le grec
et l'hébreu qui se disputaient, dans l'Antiquité, les faveurs de la Méditerranée orientale.
Si l'on sait qu'Oedipe a reçu son nom en raison de l'oedème qui affectait ses pieds et que
la Sphinge plus tard lui a posé une énigme concernant les mêmes pieds, rien ne nous
explique raisonnablement le choix apparemment délibéré de ces organes. J'ai découvert
qu' en hébreu, il n'y a pas de terme pour dire le mot "Histoire". On utilise le plus
4
souvent le terme de "marche". Comme si ce mot, à connotation fortement concrète,
désignait le mouvement nécessaire à l'humain pour se situer dans l'Histoire, autrement
dit pour scander le temps et s'y inscrire. Il semble que la pensée de l'époque était donc
suffisamment unitaire pour partager une même vision du monde et conférer aux pieds la
connotation métaphorique que le mythe a portée jusqu'à nous.
Cette parenthèse n'est pas un luxe parce que c'est en effet dans la logique vécue
du temps que se tisse le drame et la folie qui n'épargnent aucune mère.
Elle sait, elle, au fin fond d'un elle-même qu'elle tient soigneusement clos, que
quoiqu'elle pourra faire, cet être à qui elle a donné la vie au terme de sa gestation, cet
être qui lui est encore plus cher qu'elle-même, cet être auquel elle se consacre, elle sait
que cet être-là est voué tôt ou tard à une mort certaine qu'elle va s'efforcer de combattre,
sans illusion mais avec la détermination et l'énergie du désespoir. C'est pourquoi elle se
déploie fébrilement dans des actions dont le seul effet se situe dans l'immédiateté et le
très court terme: ne jamais penser à demain ou à plus tard, voilà la source de son
énergie. Elle est servie en cela par le fait que le vécu de l'écoulement vectoriel du temps
est étranger à sa psyché. Le temps, qui ne se manifeste pas sur le corps de son
partenaire, est en effet littéralement inscrit sur son corps dont il a scandé et dont il
continuera de scander l'évolution en termes de puberté, de règles et de ménopause.
Voilà qui explique la tendance spontanée de toute mère à prolonger
indéfiniment, par delà le corps et le temps, le travail conféré par la biologie à son utérus.
Elle se voudra naturellement, sa vie durant, un équivalent utérin. Elle voudra que son
enfant, quel qu'en soit le sexe, "ne manque de rien", ce qui se dit, en latin encore plus
simplement, incestus1.
Oeuvrant au strict et exclusif service d'une vie qu'elle se refuse de penser
autrement qu'éternelle, elle peut demeurer sa vie entière dans cette illusion. Les parois,
forcément limitantes de l'utérus qu'elle aura voulu indéfiniment être, finiront tout de
même et tôt ou tard, par étouffer son enfant. Si bien que son action hautement vivifiante
du début de la vie deviendra à la longue proprement mortifère.
Elle ne dispose que d'un moyen pour se tirer de l'impasse: se hisser à la plus
haute fonction morale que puisse occuper un humain. En désignant un tiers pour fixer la
bonne distance entre elle-même et son enfant, elle devient, en effet, fondatrice de la
liberté de cet enfant qu'elle rend enfin à son statut de mortel.
L'attachement fou qu'elle marque à son action s'accompagne alors d'un appel au
secours qu'elle ne peut pas même articuler et qui exige pourtant d'être entendu.
Le père, la mort, la vie.
1 Incestus est composé de in privatif et de cestus . Cestus qui dérive de castus, qui veut
dire "chaste", a très tôt servi de supin au verbe careo qui veut dire "je manque".
5
S'il ne donne pas la vie, comme la mère est réputée le faire dans l'entendement
commun, le père est celui qui permet à cette vie de se vivre. Ce qui n'est pas une mince
affaire et qui va entraîner tous les malentendus que nous pouvons imaginer, tant nos
manières de pensée ont été colonisées par le modèle maternel de l'amour et ne nous
permettent pas d'en envisager un autre.
Or, à chaque étape d'un parcours dont nous avons déjà repéré presque
physiquement les balises, nous ne pouvons enregistrer, entre les rôles de mère et père,
aucune correspondance ni aucune opposition mais seulement des différences — qui
recoupent, au demeurant, la simple et fondamentale différence des sexes.
Alors qu'une femme qui met au monde un enfant en est automatiquement la
mère, l'homme qui a ensemencé cette femme n'est pas certain d'être le père de cet
enfant; tout au plus peut-il espérer en être le géniteur — à condition encore qu'il ne soit
pas récusé comme tel! C'est pourquoi le droit romain, auquel j'ai fait allusion tout à
l'heure, dit du père qu'il est semper incertus 2.
Incertus puisque son accès à la fonction qui lui échoit dépend en tout premier
lieu de sa désignation par la mère comme destinataire de l'appel inarticulable qu'elle
émet pour sortir de l'impasse à laquelle la condamne sa fonction. Semper incertus, parce
que cette désignation elle-même n'est pas définitive, restant à la discrétion de la mère
qui peut la suspendre à tout moment. Ce qui explique qu'un homme divorçant ou
divorcé de la mère de ses enfants, "divorce" également de ces mêmes enfant — lesquels
pourront investir le compagnon ultérieur de leur mère, si, bien évidemment, elle le leur
désigne comme digne de cet investissement.
Si cette première condition, liée au processus de désignation, n'est pas satisfaite,
un homme, quel que soit l'étendue de son désir en la matière, ne pourra jamais revêtir la
fonction de père de ses enfants. Il en sera tout au plus le père social.
Mais si cette condition nécessaire est satisfaite, elle s'avère cependant ne pas être
suffisante.
Elle doit absolument être assortie d'une seconde condition tout aussi importante:
un homme appelé par une femme à occuper une place de père, doit accepter de l'occuper
et surtout de s'y tenir quels qu'en soient les inconvénients.
Et ça, ce n'est pas aussi évident qu'on pourrait le croire! Parce que cela nécessite
la levée de deux obstacles: l'un qui peut gêner l'accès à la fonction et l'autre qui rend
cette fonction répulsive aussi bien sur le champ que dans la durée.
Un père, jadis porté dans un ventre de mère, en garde en effet longtemps en lui
une trace dont il a beaucoup de mal à se débarrasser quand il ne la plaque pas purement
2 Ce qui reste vrai même en cas d'utilisation des tests sanguins actuels qui ne
peuvent désigner, à coup sûr, que le géniteur et le géniteur seul.
6
et simplement sur la personne de sa partenaire! Il lui faudra donc en tout premier lieu se
dégager de la relation incestueuse que sa propre mère a eue à son endroit. Ce qu'il peut
rechigner à faire en raison des bénéfices qu'il veut continuer d'en retirer et surtout d'une
difficulté corollaire qui s'y greffe: il lui faut reconsidérer la relation conflictuelle qu'il a
eue nécessairement à son père, pour l'affronter, la comprendre et enfin la dépasser.
La fonction paternelle est rendue par ailleurs répulsive par la valorisation
consensuelle de la maternité qui s'accompagne du rejet, également consensuel dans nos
démocraties, de tout ce qui est assimilé de près ou de loin à la fonction paternelle.
L'ordre, la discipline, la police, la justice et tout ce qui a vocation à dire "non" est plutôt
mal vu. Or, la fonction paternelle se situe par définition dans un tel registre. Elle va à
contre-courant de la fonction maternelle. Elle a pour vocation première de brider la
tendance de la mère à dire "oui à tout" à son enfant. Elle doit, massivement, et sans
jamais se justifier, user de l'interdiction pour asseoir la Loi de l'interdit majeur qu'est
l'interdit de l'inceste. Elle apparaît donc dans une première approche comme abusive et
néfaste puisqu'elle bride la satisfaction inconditionnelle des besoins prônée par la mère.
Elle se situe de ce fait dans un registre à première vue proprement mortifère. Même si,
par ce truchement, elle fait accéder l'enfant au registre du désir et qu'elle le vivifie à
long terme, elle s'avère difficile à exercer dans le quotidien tant elle suscite de conflits
en ne générant aucun bénéfice immédiat qui puisse la réimpulser épisodiquement. Si
bien que pour nombre de pères, la tentation est grande aujourd'hui de jouer les "mèrebis",
de s'adonner à la séduction de leur enfant et de déserter la position de "pas-mère"
qu'ils doivent occuper avant toute autre.
On peut se demander, dans ces conditions, comment se sont débrouillées tant et
tant de sociétés ou de civilisations patriarcales pour permettre à leurs membres
d'occuper leurs fonctions respectives sans trop de confusion.
C'est peut-être là que pourrait se placer une réflexion en termes de choix
d'objectifs politico-économiques. Quand un corps social soutient idéologiquement
l'instance paternelle, il permet à l'individu-père éventuellement défaillant d'être soutenu,
voire relayé, dans son action. Ce n'est plus le cas aujourd'hui où nos sociétés de
consommation se sont fixés pour objectif affiché que nul "ne manque de rien", se faisant
ainsi les alliés inconditionnels de la fonction maternelle qu'ils flattent dans leur propre
intérêt.
On peut aussi se demander comment, y compris avec le soutien qui a été
mentionné, des pères ont pu vivre dans le passé avec des mères, des vies durant, en
assumant leur rôle et leur fonction.
Je donne la réponse immédiatement: en assumant totalement la logique
apparemment infiniment égoïste qui sous-tend la fonction du père, à savoir le goût
marqué de l'homme pour le coït.
7
Les pulsations du sexe.
Nous avons donc face à face, pour résumer ce qui a été dit, une fonction
maternelle indubitablement vivifiante à court terme et subrepticement mortifère à long
terme et une fonction paternelle ostensiblement mortifère à court terme et
potentiellement vivifiante à long terme. L'une et l'autre se déployant de façon opposée
dans leur relation au temps puisque la première fonctionne dans l'immédiateté alors que
la seconde est contrainte d'investir à perte de vue.
On peut d'ailleurs figurer cela sous la forme de deux courbes inversées dont le
croisement s'opère précisément à l'adolescence.
Comment peut se produire le miracle, incompréhensible en apparence, de leur
éventuelle complémentarité?
La double mise à distance de la mère et de l'enfant que doit opérer le père
dispose pour ses fins du moyen simple que j'ai mentionné: le goût que l'homme marque,
en principe de façon prévalente, pour l'activité sexuelle.
C'est la biologie qui permet de comprendre le mieux les implications
physiologiques, la cohérence et les conséquences de cette logique.
Le mécanisme de la reproduction entraîne, en effet, chez une femme, pendant
une période limitée de sa vie, la ponte d'un seul ovule par mois: cela explique
l'investissement qu'elle fait de cette denrée rare, tout comme la dimension de certitude à
laquelle elle n'a pas d'autre choix que se raccrocher. Un homme produit, lui, jusqu'à la
fin de son existence, des millions de spermatozoïdes par millilitre d'un éjaculât de
plusieurs millilitres qu'il peut émettre plusieurs fois par jour! Comme s'il avait besoin,
par ce côté dispendieux, de combattre compulsivement l'incertitude du statut qui sera le
sien.
Or, quand un père-homme invite sa femme-mère à l'union sexuelle, il remplit
déjà une partie de son rôle en la distrayant plus ou moins longuement de la
préoccupation constante qu'elle a de son enfant. Ce à quoi elle se sent prête à consentir
sans trahir sa vocation, puisque cet acte recèle pour elle la promesse symbolique d'une
autre grossesse. Mais il se passe bien d'autres choses encore dans un tel acte. Puisque
les pulsions portées par l'un et l'autre des partenaires diffusent brutalement en eux en
s'agençant à chaque fois d'une manière nouvelle. L'enfant en tirera les bénéfices ou les
conséquences, en recevant des gestes et des intonations de voix de sa mère, des
messages plus ou moins vivifiants, à la hauteur de ce qu'elle aura retiré pour elle-même.
Cela tissera pour lui et en lui, la trame de sa relation à la vie et à la mort et lui donnera
la coloration de ce qui s'appelle sa structure.
8
On conçoit que l'on puisse avancer dans ces conditions qu'un homme, qui veut
être père et le demeurer, doit se débrouiller comme il le peut, y compris au lit et tout au
long de sa vie, pour se faire aimer et apprécier de la mère de ses enfants. On conçoit
également que le père que la mère désignera le plus sûrement sera celui qui satisfera
pleinement tous les potentiels de son entre-cuisses.
Le monde d'aujourd'hui est déjà celui de demain.
On peut se demander, à partir de là, comment le montage que j'évoque peut
encore résister au clivage radical que la contraception a opéré entre fécondation et
plaisir sexuel au point d'entraîner la libération des moeurs que l'on sait — Freud, qui
prônait cette libération pour éradiquer la névroses, serait étonné de voir les résultats de
son hypothèse! Un délitement progressif du facteur de cohésion que constituait la loi de
l'interdit de l'inceste s'en est suivi et a dessiné le paysage que nous connaissons.
Si une mère s'évertue aujourd'hui à mettre la barre de ses exigences un peu trop
haut, le père s'en va tout simplement. Et il s'en va d'autant plus vite qu'il ne veut ou ne
peut pas remettre en cause les données de sa propre histoire (se débarrasser de la pulsion
incestueuse que sa mère a eue à son endroit et dépasser le conflit qui l'a opposé à son
père) et que d'autres mères potentielles sont prêtes à l'accueillir — pour un laps de
temps à tout le moins!
Mais la pilule n'est pas seule en cause dans un tel processus. Elle n'est même en
réalité que la conséquence d'une dérive idéologique déjà ancienne qui a privilégié le
principe de plaisir alimenté par la relation maternelle, au détriment du principe de
réalité prôné par la relation paternelle.
L'équilibre, qui a été longtemps maintenu entre hommes et femmes, s'est donc
brutalement rompu. Et les uns comme les autres en sont sortis perdants.
Les premiers sont devenus bien moins hommes et bien moins pères qu'ils ne
l'étaient. Il est amusant de conforter cette affirmation, qui peut paraître outrancière,
d'une information scientifique étonnante: le nombre de spermatozoïdes émis lors de
chaque éjaculation aurait diminué de moitié en cinquante ans, passant de 380 à 180
millions en moyenne.
Les secondes demeurent seules avec un appel inarticulé que nul père ne semble
vouloir entendre. Elles se consolent comme elles le peuvent en surinvestissant leur
enfant qu'elles gavent de leur propension incestueuse et dont elles font une proie facile
pour la société de plus en plus féroce à l'agression de laquelle ne les aura préparés
aucune fonction paternelle.
Le tout se passant dans la morosité indifférente des téléspectateurs accablés et
gavés de "panem et circenses".
9
J'en veux pour témoignage une phrase que j'ai tirée d'un film à grand succès:
Terminator II, de James Cameron dont je rappelle en deux mots l'intrigue.
Deux robots d'apparence humaine s'affrontent à mort autour de John, un
adolescent d'une douzaine d'années. Un bon, le Terminator qui le protège, est moins
performant que le premier qui veut le tuer. mais tout finit bien cependant.
Or, John a une mère qui assiste à la confrontation et qui tient à un moment un
propos que j'ai pris la peine de relever mot à mot. Elle dit:
"En regardant John avec cette machine, tout devint très clair: le Terminator ne
s'arrêterait jamais. Il ne l'abandonnerait jamais. Il ne le frapperait jamais et ne crierait
jamais après lui. Il ne le tabasserait jamais en rentrant saoul le soir ou ne lui dirait qu'il
est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là et il mourrait pour le protéger. Et
de tous les pères possibles qui sont passés ces dernières années, cette machine était la
seule à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c'est le choix le plus raisonnable."
Vous retrouvez sans peine l'illustration de tout ce que je vous ai décrit mais avec
une double prime: ce qui convient à cette mère dans le père qu'elle a choisi à son enfant,
c'est qu'il est proprement "utérin". La seconde prime — celle que l'on pourrait mettre en
exergue de notre prétention à une réflexion prospective — tient dans l'aveu que seule
une machine peut occuper une telle fonction.
Je vous fais juges, en vous invitant à imaginer l'impact idéologique de ce film et
son influence sur les mentalités des millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui
l'auront vu.
Alors, comme il faut conclure...
Quitte à décevoir les attentes et malgré la position de spécialiste qui m'est ici
impartie, j'éprouve les plus grandes difficultés à donner la moindre indication pour
l'avenir. Ce dont je me réclame et que j'ai exposé se réfère à mon seul travail de
clinicien. Je prétends que, quelle qu'ait été, que soit ou que sera l'époque, la place
conférée au père par la mère a été, est et sera cruciale pour le devenir physique et
psychologique de l'enfant.
Mais si je dois donner un pronostic sur ce que sera le rôle du père dans le monde
de demain, je dirai que j'en vois deux possibles — le second me paraissant hélas bien
plus probable que le premier, en fonction des données actuelles et des tendances de nos
civilisations.
Le premier, résulterait de la restauration et de l'application des mécanismes que
j'ai démontés. Il faudrait pour sa mise en oeuvre que cesse l'encensement de l'enfant et
encore plus celui de la mère tout comme soient réinvesties les valeurs familiales de
base. Ce qui nécessiterait une réflexion d'une importance telle qu'elle devrait aller des
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lois régissant le sort de la famille à l'organisation des échanges économiques entre
nations. Vous comprendrez pourquoi je suis sceptique sinon pessimiste
Le second rôle, lui, n'a pas lieu d'être mentionné puisqu'on aura en effet comme
je l'annonçais dans mon introduction, enterré définitivement le personnage.
On risque d'assister en effet à un effacement de la figure paternelle encore plus
grand qu'il ne se dessine depuis plusieurs décennies déjà. Avec la généralisation des
familles dites recomposées et le délitement des repères symboliques, les hommes ne
seront plus que des pères d'occasion, migrateurs et transitoires, allant de cellule
familiale en cellule familiale. Les mères, qui continueront de chercher sans la trouver
une limite à leur propension incestueuse naturelle, nourriront sans relâche leur dépit, en
espérant à chaque fois trouver un héros. Comme les Terminator demeurent des êtres de
fiction, elles n'auront pas d'autre issue que de se tourner vers les Etats gestionnaires qui
auront perfectionné, au nom de l'ordre social, les structures qui existent déjà et qui sont
destinées à limiter le plus possible les dégâts — ça se profile déjà avec le casse-tête de
la drogue! La succession des générations n'ayant pas d'autre vertu que d'aggraver les
désordres déjà constitués, on parviendra dans très peu de temps à des sociétés où aura
triomphé la barbarie et dont les membres seront parvenus à se doter eux-mêmes d'un
statut d'esclave, devenant les enfants satisfaits de la Science et de l'Etat.
Je vous avoue que je suis très heureux de savoir, dès à présent, que je ne serai
plus là pour le voir.
Je vous remercie.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck : merci pour la relecture critique :-)

"Donner des notes n'est pas le but final de l'éducation publique": bien sûr que non ! L'instruction publique doit faire passer des connaissances et évaluer à quel point les élèves les ont acquises et assimilées. Les notes ne sont pas diaboliques, elles sont simplement un repère, tant pour l'enseignant que pour l'élève et ses parents !!! Le sport a son chrono, les entreprises ont leurs statistiques, les marchés ont leurs cours, où est le problème ? D'ailleurs il est intéressant de voir les enfants attendre leurs carnets de notes (comme nous à l'époque), impatients de pouvoir se situer eux-mêmes par rapport au travail fourni.

Par contre il est évident que ce n'est pas à l'Etat (et donc aux système scolaire) "d'apprendre la frustration" aux jeunes, vous avez raison, ce serait beaucoup trop tard (et ce n'est pas ce que je voulais dire). Les règles et limites doivent être posées dans le cadre familial et très tôt. Beaucoup de libertés et d'encouragements à l'intérieur des limites, mais attention si l'on en sort !! Et ici tant le père que la mère se doivent d'intervenir immédiatement et clairement. Actuellement beaucoup d'enseignants doivent "éduquer", ce n'est plus possible et ce n'est pas leur rôle. Pas étonnant ensuite que le niveau scolaire baisse, le temps dévolu à l'apprentissage se réduisant d'autant...

Oui, le début du 20è n'est pas glorieux et celui du 21 è non plus. Non, je ne regarde pas qu'en arrière, je vis au quotidien et vois d'innombrables jeunes fantastiques qui me font espérer. C'est la politique actuelle, faite par des gens de ma génération qui ne va pas et qui ne crée pas les conditions pour encadrer ces jeunes, les soutenir mais aussi les accompagner et les "diriger" dans un futur qui sera certainement moins facile qu'il y a une quarantaine d'années ! Mais nos facultés d'adaptation sont parfois insoupçonnées !!

Merci aussi à Calendula, Leclercq et Magali pour leurs propos de belle tenue.

Écrit par : A. Piller | 04 janvier 2015

@leclercq

« ... dans votre phrase ci-dessous il habite bien sous le même toit !!! »

Oui mais dans le phrase juste au dessus, "il n'est pas là".


« " la mère n'en parle pas au père"
la mère a investit le père de son rôle de père et en parle au père et les gamins ne rigolent pas. »

Je ne vous demande pas comment faire un oeuf au plat, je vous demande que faire si vous voyez un oeuf qui est là, par terre et cassé.

Donc, la mère se fait les ongles et les enfants rigolent.

Vous faites quoi ?
Vous retournez chez maman ?
Vous téléphonez à la police ?


« c'est ce qui leur est préconisé en Suède on voit le résultat !!! »

Ah ben oui, tiens. Quel est donc ce fameux résultat ?


« si quand papa use d'autorité envers lui, »

User d'autorité, c'est quoi ?
Faire les gros yeux ?
Gonfler ses biceps ?
Montrer le poing ?
Crier très fort ?


« ... et que maman n'intervient pas, »

Elle peut pas.
La voilà qui rigole, elle aussi.


« on peut dire que ça sera un très bon bagage pour lui, il saura quelle attitude normale devra avoir sa future épouse »

S'il veut une chance de se marier, faut surtout qu'il devienne très vite musulman avant que les musulmanes ne se libèrent elles aussi.


« ": il faut en effet que ce soit les frères, oncles et cousins qui assument les enfants des femmes "
ça c'est déjà fait en Algérie pour les pères exilés en France. »

Ah tiens!
La bible et la loi ne suffisent pas ?
Faut encore rajouter des règles du coran ?


« et c'est quoi cette affirmation couple = patriarcat !!! »

Ou celà ?


« Elle doit absolument être assortie d'une seconde condition tout aussi importante: un homme appelé par une femme ... »

Encore une condition ???!!!
C'est décidé, je reste chez maman!

« j'ai une autre solution. »

Ahhh, Voyons cela...

« ... cette femme mets en avant le principe de plaisir par rapport au principe de réalité. »

J'ai rien compris à votre solution.
C'est quoi le "principe de réalité" ?
Je n'ai rien trouvé dessus.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@Magali

« Chez nous c'est le pere qui a le plus d'autorite, et cela m'arrange souvent tres bien. »

C'est aussi ce que disent beaucoup de musulmanes voilées.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@Chuck

« Chez nous c'est le père qui a le plus d’autorité, et cela m'arrange souvent très bien. »

"C'est aussi ce que disent beaucoup de musulmanes voilées."

Je me sens tellement plus "libérée" depuis que je prends du recul sur les idéologies post-soixantehuitarde et féministe, et que j'écoute davantage mon instinct, mes envies et mon bon sens...

Je viens de finir la lecture de "Aimer, materner, jubiler : l'impensé féministe au Québec" et je me retrouve parfaitement dans le cheminement de l'auteur Annie Cloutier. Je suis femme au foyer et libre.

L'autorité c'est pas un gros mot, c'est pas synonyme de violence, de domination, de soumission, c'est une forme de respect et c'est absolument nécessaire! L’État en France a perdu toute autorité car elle n'inspire plus aucun respect à ses citoyens. C'est un peu pareil pour les pères je crois... Il faut restaurer l'autorité des pères, arrêter de vouloir qu'ils deviennent des mères comme les autres, pour que nos enfants aillent mieux. J'y crois en tout cas.

Écrit par : Magali | 04 janvier 2015

@leclercq

« Le père n'est pas au-dessus de la mère dans la hiérachie familiale, il occupe simplement une place particulière dans le dispositif familial. »

Oui Monsieur Leclercq, merci.
Il n'empêche que tout dispositif à au moins un point faible, quand on ne peut parler de faille.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

« c'est ce qui leur est préconisé en Suède on voit le résultat !!! »

Ah ben oui, tiens. Quel est donc ce fameux résultat ?

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2011/06/29/suede-egalia-un-pas-vers-la-folie.html

en suéde il sonts déjà dans cette fumisterie féministe depuis déjà un certain temps

http://pushsv2.wordpress.com/2009/02/10/pedagogie-non-sexiste-a-lecole-en-suede-pourquoi-pas-nous/

et les résultats sonts déjà catastrophiques mais comme les hommes sonts complétement exclus de leur rôle éducatif le délire continue.

http://www.liberation.fr/evenement/0101108464-la-suede-royaume-de-l-enfant-roi

Ah oui la suéde bel exemple

"«Ridicule». L'an dernier, c'est un professeur de lycée qui a été condamné pour avoir saisi trop violemment un de ses élèves en voulant mettre fin à une bagarre. Le garçon avait une marque sur le bras et les parents ont porté plainte. «J'y pense tout le temps lorsque je suis dans des classes difficiles», témoigne une jeune enseignante. Paranoïa ? «Pas du tout», déclare Metta Fjelkner, présidente du Lärarnas Riksförbundet, le syndicat des ¬enseignants. L'organisation recommande d'ailleurs à ses membres d'éviter à tout prix le contact physique avec les élèves. Metta Fjelkner est particulièrement remontée contre le débat qui a précédé l'adoption d'une directive, entrée en vigueur le 1er juillet, autorisant les enseignants à confisquer les téléphones portables en classe. «Le problème, dit-elle, c'est que les élèves doivent donner leur téléphone volontairement, car les enseignants n'ont pas le droit de s'en saisir par la force.»
Résultat : une fois de plus, les professeurs se retrouvent dans une position délicate. «La situation actuelle est ridicule», remarque la syndicaliste, qui s'empresse de préciser qu'elle s'oppose à la violence sous toutes ses formes. Mais qu'un peu de discipline ne ¬ferait de mal à personne. "

"En 2004, l'organisation a fait appel de la relaxe, en première instance, d'un père de famille accusé d'avoir giflé sa belle-fille. La gamine, âgée d'une quinzaine d'années, lui avait craché à la figure alors qu'il refusait de lui acheter un DVD. Le tribunal a admis la provocation. Mais la cour d'appel a condamné l'homme à une amende de 1 000 couronnes (soit 100 euros)."

c'est beau les lois en suéde

http://www.nkmr.org/francais/fessee_ils_sont_fous_ces_suedois.htm

Commentaires
Depuis la mise en vigueur de la loi dite 'contre les fessées' des centaines de parents suédois ont été traduits en justice pour avoir frappé ou pour avoir puni physiquement leurs enfants hors de contrôle. Les parents en Suède - indigènes ou immigrés - ont peur de leurs enfants, car ceux-ci subissent l'endoctrinement de dénoncer leurs parents à la crèche, à l'école, partout...
Et, pour protéger l'enfant contre le 'parent maltraitant' les autorités sociales les enlèvent du foyer familial et les hébergent chez des foyers d'accueil, parmi des gens sans liens avec les parents. En plus, les autorités et les cours administratives limitent le droit de visite entre parents et enfants, souvent à un maximum d'une fois à une heure tous les trois mois ou à une fois par an. La limitation des visites est assurée par la grande distance que les autorités sociales mettent entre la maison familiale et le foyer d'accueil, et surtout par le fait que les nouveaux gardiens soumettent les enfants à un lavage des cerveaux pour qu'ils refusent tout contact avec leurs parents naturels.

"l'égalité homme/femme est la plus proche, notamment dans l'emploi. Loin d'être toutefois parfaite (notamment sur les questions de postes à haute responsabilité et de violences conjugales)"

Ah oui égalité, suivant ton dogme de l'indifférenciation, violences conjugales, on sait ce qu'il en est dans les pays occidentaux, on connait la propagande féministe.

tout ça pour dire que le terme "égalité" employé ci-dessus, sous entendus les hommes et les femmes sonts similaires, théorie "gender", tu pourra l'employer quand tu aura prouvé que ce n'est pas une théorie.

Écrit par : leclercq | 24 juillet 2011

http://www.paspourdesprunes.com/suede/enfants-rois

http://www.liberation.fr/evenement/0101108464-la-suede-royaume-de-l-enfant-roi

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

J'ai rien compris à votre solution.
C'est quoi le "principe de réalité" ?
Je n'ai rien trouvé dessus.

c'est le robot

"J'en veux pour témoignage une phrase que j'ai tirée d'un film à grand succès:
Terminator II, de James Cameron dont je rappelle en deux mots l'intrigue.
Deux robots d'apparence humaine s'affrontent à mort autour de John, un
adolescent d'une douzaine d'années. Un bon, le Terminator qui le protège, est moins
performant que le premier qui veut le tuer. mais tout finit bien cependant.
Or, John a une mère qui assiste à la confrontation et qui tient à un moment un
propos que j'ai pris la peine de relever mot à mot. Elle dit:
"En regardant John avec cette machine, tout devint très clair: le Terminator ne
s'arrêterait jamais. Il ne l'abandonnerait jamais. Il ne le frapperait jamais et ne crierait
jamais après lui. Il ne le tabasserait jamais en rentrant saoul le soir ou ne lui dirait qu'il
est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là et il mourrait pour le protéger. Et
de tous les pères possibles qui sont passés ces dernières années, cette machine était la
seule à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c'est le choix le plus raisonnable."
Vous retrouvez sans peine l'illustration de tout ce que je vous ai décrit mais avec
une double prime: ce qui convient à cette mère dans le père qu'elle a choisi à son enfant,
c'est qu'il est proprement "utérin". La seconde prime — celle que l'on pourrait mettre en
exergue de notre prétention à une réflexion prospective — tient dans l'aveu que seule
une machine peut occuper une telle fonction.
Je vous fais juges, en vous invitant à imaginer l'impact idéologique de ce film et
son influence sur les mentalités des millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui
l'auront vu."

"je l'annonçais dans mon introduction, enterré définitivement le personnage.
On risque d'assister en effet à un effacement de la figure paternelle encore plus
grand qu'il ne se dessine depuis plusieurs décennies déjà. Avec la généralisation des
familles dites recomposées et le délitement des repères symboliques, les hommes ne
seront plus que des pères d'occasion, migrateurs et transitoires, allant de cellule
familiale en cellule familiale. Les mères, qui continueront de chercher sans la trouver
une limite à leur propension incestueuse naturelle, nourriront sans relâche leur dépit, en
espérant à chaque fois trouver un héros. Comme les Terminator demeurent des êtres de
fiction, elles n'auront pas d'autre issue que de se tourner vers les Etats gestionnaires qui
auront perfectionné, au nom de l'ordre social, les structures qui existent déjà et qui sont
destinées à limiter le plus possible les dégâts — ça se profile déjà avec le casse-tête de
la drogue! La succession des générations n'ayant pas d'autre vertu que d'aggraver les
désordres déjà constitués, on parviendra dans très peu de temps à des sociétés où aura
triomphé la barbarie et dont les membres seront parvenus à se doter eux-mêmes d'un
statut d'esclave, devenant les enfants satisfaits de la Science et de l'Etat.
Je vous avoue que je suis très heureux de savoir, dès à présent, que je ne serai
plus là pour le voir.
Je vous remercie."

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

Oui Monsieur Leclercq, merci.
Il n'empêche que tout dispositif à au moins un point faible, quand on ne peut parler de faille.

évidement

"Or, au théâtre, aucun acteur ne peut tenir un rôle sans se référer au texte
préalable qui le commande. Ce qui implique qu'un père, lui aussi, ne tiendrait son rôle
qu'en conformité avec un texte. Mais alors que l'acteur a appris le texte dont il connaît
toujours l'auteur, le père obéit à un texte qui lui a été transmis à son insu par son
histoire, auquel il n'a aucun accès, dont il ignore l'auteur et dont il ne parvient à prendre
conscience que par les effets qu'il en obtient. Freud, en cherchant à percer ce mystère,
en a conçu, dans Totem et Tabou , un modèle qu'aurait forgé le père premier, celui qui
imposait sa loi à la horde et qui exerçait un droit sexuel exclusif sur les femelles du
groupe.
Tout comme on peut être mauvais ou excellent servant d'un texte, on peut être un
mauvais ou un excellent père. Dans un cas comme dans l'autre,

"le rôle n'est jamais en
cause, c'est seulement l'exécutant qui est ou non à la hauteur." !!!

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@leclercq

« Les nutritionnistes osent dire qu’il y a des principes d’alimentation, pourquoi pas les psy ? »

Cours pour parents:

http://www.genevefamille.ch/N2496/cours-pour-parents.html

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@ Chuck Jones

« et c'est quoi cette affirmation couple = patriarcat !!! »

Ou celà ?

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1324/

dans un sous titre.

Le couple, fondement du patriarcat

"Donc, la mère se fait les ongles et les enfants rigolent.

Vous faites quoi ?
Vous retournez chez maman ?
Vous téléphonez à la police ? "

ça se passe aussi comme ça actuellement

des femmes qui se plaignent que les hommes ne jouent plus leur rôle et que c'est à elles de faire l'homme.

http://audebutdesannees2000.20minutes-blogs.fr/archive/2007/08/17/les-paradoxes-et-la-culpabilit%C3%A9.html

"17.08.2007
Les paradoxes et la culpabilité
Il semble que certaines féministes se passeraient volontiers de cette nuisance qu’est la virilité. Le problème est qu’une énorme majorité des femmes souhaitent pas cette disparition. Elles sont même de plus en plus nombreuses (en tous cas c’est ce que les magazines féminins semblent croire) à vouloir des hommes, des vrais, des qui les protègeront et leur ouvriront la portière. Christine Castelain Meunier[1] note d’ailleurs le paradoxe qu’il peut y avoir dans ces attentes contradictoires (elles veulent un mec dur ET un homme sensible). Selon la sociologue, les représentations que les femmes se font de l’homme idéal «font référence à la violence masculine en même temps qu’à la force de l’homme». Cette représentation entre en contradiction avec les revendications féministes et même avec l’identité réelle des hommes d’aujourd’hui: «Cette attente certaine de la part des femmes en matière de sécurité chez l’homme contraste avec la réalité de l’homme contemporain, lequel ne se définit plus par la force, cette dimension symbolisant la domination n’étant plus mise en avant.» Les difficultés que rencontrent les hommes face à ces exigences paradoxales ont leur pendant au niveau de la sexualité. Depuis l’émancipation, les hommes prennent de plus en plus conseil pour savoir comment mieux satisfaire leur partenaire ou même comment séduire celle qui en demande tant.
Les femmes veulent qu’on leur fasse la cour mais aussi qu’on les traite sur un pied d’égalité. Elle veulent de la galanterie et de la protection, mais aussi tout le respect qui avant 68 était réservé aux hommes, détenteurs des clés du pouvoir et responsable de la conduite du foyer. Le sommet du paradoxe est atteint quand, dans leur «manifeste pour une nouvelle femme française»[2], Eliette Abécassis et Caroline Bongrand expliquent pourquoi c’est encore et toujours à l’homme de payer l’adition au restaurant: «La femme dépense beaucoup d’argent pour être belle et avenante comme le montre la liste des crèmes requises, écrivent-elles. Mais ce n’est là qu’une partie de son budget beauté. Lorsqu’un homme sort avec une femme au restaurant, il ne sait pas forcément combien elle a dépensé pour cette soirée. Lorsque à la fin du repas, il lui propose de partager l’addition, qu’il ne s’étonne pas que la femme le prenne mal.» C’est ainsi que, pour ces deux néoféministes, la galanterie est «juste et égalitaire pour la femme d’un point de vue économique».
L’homme doit donc être fort et galant, doux et plein d’admiration. Comme le chante Diam’s, un «mec mortel» aura « du charme et du style à la Beckham », «la classe et le feeling tout droit sorti d’un film, le charisme de Jay-Z et le sourire de Brad Pitt». Il se doit d’être drôle «comme Jamel», d’avoir «la carrière d’Eminem», «le torse de D’Angelo[3]». Et surtout, il aura «des valeurs et du respect pour ses sœurs, du coeur», il sera bon, «complet», fidèle et il n’aura «pas peur qu’on l’aime».
L’accumulation des exigences, parfois contradictoires, est particulièrement forte dans le domaine de la paternité. Nous l’avons dit, il est passé le temps où le père incarnait l’autorité et laissait la tendresse à la mère. Il est passé le temps où c’était le rôle de l’homme d’inculquer la séparation, le manque, la loi. Les hommes sont devenus plus tendres, ils ont adopté des caractéristiques maternelles, si bien qu’aujourd’hui, des femmes demandent à leur thérapeute, ici Serge Efez, «pourquoi est-ce toujours à moi de jouer à l’homme dans cette famille?» Le psychiatre soutient effectivement volontiers qu’aujourd’hui, «les papas et les mamans sont à égalité dans ce va-et-vient incessant entre fusion et séparation. Mais que de ces deux places, celle du Père devient la patate chaude que chacun tente de se refiler. Entre la présence constante de l’amoureux éperdu et le tranchant de la séparation opérée par un habile guerrier, les hommes se retrouvent malmenés par des demandes contradictoires.»
Une situation paradoxale d'autant plus taboue que les hommes sont censurés: la question des relations entre les sexes ne peut être aujourd'hui abordée que par des femmes, les mâles étant par définition suspects. Ainsi, certains discours militants, prônant depuis peu un retour de la femme au foyer, ne viennent que de femmes. Aucun homme ne pourrait être pris au sérieux en tenant ce discours.

Tous ces paradoxes de la condition masculine actuelle font que, additionnés qu’ils sont aux attaques des féministes ultra, l’homme peut se sentir coupable, coupable de ne pas bien faire, coupable d’être à côté de la plaque. Pour Christine Castelain Meunier, «dans le rapport intime, cette culpabilité existe bien, et elle n’est pas nécessairement liée à un quelconque militantisme féministe. La femme peut effectivement présenter les aspects difficiles de sa condition, le fait qu’elle gagne moins d’argent que les hommes qui l’entourent, le fait qu’on ne lui donne pas de responsabilités, le fait que la publicité lui impose un idéal de beauté inatteignable. Ce discours renvois à l’homme une mauvaise image de lui-même car sa compagne se présente comme une victime. Et ceci n’est pas la même chose que le discours excessif de certaines féministes, qui, il faut le dire, vont trop loin. Là, on parle de femmes de tous le jours et d’un sentiment généralisé.»

"L’accumulation des exigences, parfois contradictoires, est particulièrement forte dans le domaine de la paternité. Nous l’avons dit, il est passé le temps où le père incarnait l’autorité et laissait la tendresse à la mère. Il est passé le temps où c’était le rôle de l’homme d’inculquer la séparation, le manque, la loi. Les hommes sont devenus plus tendres, ils ont adopté des caractéristiques maternelles, si bien qu’aujourd’hui, des femmes demandent à leur thérapeute, ici Serge Efez, «pourquoi est-ce toujours à moi de jouer à l’homme dans cette famille?» " !!!

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

suite

"Si le patriarcat se définit comme "un type d’organisation sociale où l’autorité domestique et politique est exercée par les hommes, chefs de famille","

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1324/

il y a un bout de temps que les hommes ne sont plus détenteurs de l'autorité domestique, les féministes sont des menteuses en nous affirmant que les femmes étaient soumises avant le féminisme.


http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-bersihand/lettre-de-george-sand-au-comite-central_b_5542939.html

"Oui, la femme est esclave en principe et c'est parce qu'elle commence à ne plus l'être en fait, c'est parce qu'il n'y a plus guère de milieu pour elle entre un esclavage qui l'exaspère et une tyrannie qui avilit son époux, que le moment est venu de reconnaître en principe ses droits à l'égalité civile et de les consacrer dans les développements que l'avenir donnera, prochainement peut-être, à la constitution sociale. Puisque les mœurs en sont arrivées à ce point que la femme règne dans le plus grand nombre des familles, et qu'il y a abus dans cette autorité conquise par l'adresse, la ténacité et la ruse, il n'y a pas à craindre que la loi se trouve en avant sur les mœurs. Au contraire, selon moi, elle est en arrière."

bon je vous laisse ma jeune et belle épouse m'appelle pour manger.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ A. Piller

« Les notes ne sont pas diaboliques »

Si, parce que à cet âge la, quand il n'est pas encore question de sélection, les notes déclenchent automatiquement l'établissement d'un classement.
Pourquoi ?
Parce que les notes ne veulent rien dire pour les gamins.
Leurs points de repère c'est: meilleur que lui, moins bon qu'elle.
Ensuite, la note moyenne.
Faut-il recaler la moitié d'une classe parce qu'elle n'a pas eu la moyenne ?
Politiquement, c'est durable combien de temps ?
Donc, on réajuste la moyenne et on réajuste les notes.
Et si tous les élèves d'une classe obtiennent au moins 5 sur 6, si le professeur est satisfait, est-ce que la direction de l'education l'est-elle ?
Ben non, le cours était trop facile.
La prochaine épreuve sera *beaucoup* plus difficile.
Et comment rend on une matière facile en une matière difficile ?
On piège, pour en faire échouer un certain nombre, pour rétablir une moyenne.
Le système de notes, c'est d'abord un paquet de cartes truqué.


« D'ailleurs il est intéressant de voir les enfants attendre leurs carnets de notes (comme nous à l'époque), impatients de pouvoir se situer eux-mêmes par rapport au travail fourni. »

Sauf ceux qui se trouvent toujours dans le dernier quart du tableau, quelles que soient les notes obtenues. On peut être le dernier du tableau tout en ayant la moyenne ou plus.

Mais qui, à votre avis, va avoir le plus de peine à "faire une bonne note", l'élève classé dans le premier quart, ou celui classé dans le dernier quart ?
L'élève du dernier quart ne travaille pas toujours moins ou moins bien que l'élève du premier quart, seulement il est presque certain qu'il ne travaillera pas mieux, traduit par une meilleure note, que l'élève du premier quart.


« L'instruction publique doit faire passer des connaissances et évaluer à quel point les élèves les ont acquises et assimilées. »

Oui mais il n'est nullement besoin de communiquer cette évaluation à l'élève, ou garder cette évaluation dans son dossier pour lesquels les mentions "bien" "suffisant" et "insuffisant" suffisent.

« Actuellement beaucoup d'enseignants doivent "éduquer", ce n'est plus possible et ce n'est pas leur rôle. »

D'où l'intérêt des classes d'appui ou de soutien.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

suite

http://www.slate.fr/monde/83599/suede-generation-education-enfant-roi

«Ils ont tendance à tout décider dans les familles: quand se coucher, quoi manger, où partir en vacances, même le programme télé (…). Ils crient s'il y a des adultes qui parlent à table, ils vous interrompent sans arrêt. D’une certaine façon, les enfants en Suède sont mal élevés.»

Une enseignante racontait par exemple qu’après avoir demandé à un enfant de 4 ans de cesser de grimper sur les étagères, ce dernier lui avait craché dessus.

Josef Shamon tient le restaurant «Nelly’s» dans le centre de Stockholm. L’endroit est perçu comme un lieu kid-friendly parce que les poussettes y sont autorisées (alors que souvent interdites dans les cafés officiellement pour des raisons de sécurité incendie). Josef Shamon est rapidement dépassé par la situation et les «enfants debout sur les chaises, sautant de l'une à l'autre, debout sur les rebords des fenêtres et tapant dessus» tout ça sous l’œil de parents trop occupés à pratiquer l’écoute active pour intervenir.

Il décide alors d’interdire son restaurant aux enfants et devient peu ou prou l’ennemi public numéro 1. L'Ombudsman (médiateur) chargé des Discriminations est interpellé, la presse grouille de réactions scandalisées. Lars H. Gustafsson, un pédiatre chantre de l’égalité parents enfants, et lui-même père de huit enfants persifle:

«Si les enfants courent autour des tables car ils s'ennuient, d'autres adultes peuvent prendre soin d'eux et leur parler, au lieu de rester assis là avec un regard agacé.»

Autrement dit, si les enfants sont turbulents et mal élevés dans un lieu public, c’est l’affaire de tous, et tous les adultes présents doivent cesser leur repas/apéro/discussion pour jouer les auxiliaires du puériculture.

Écrit par : leclercq | 04 janvier 2015

@ Chuck : nous pourrions passer la nuit, la semaine et plus encore à refaire le débat sur ls notes.
Il est évident que chacun a des prédispositions qui lui sont propres, un plus pour l'école et l'étude ("le premier quart"), d'autres pour la musique, les travaux manuels, le sport, etc.
Il n'y a pas de jugement de valeur, ce sont simplement des faits.
La note, quoiqu'on en dise, va dans la même direction que vos évaluations "bien, suffisant, insuffisant" mais simplement elle est plus précise.
Pourquoi le cacher à l'enfant ? Pour le préserver de quoi ?
Je vous le dis, lorsque je recevais une mauvaise note, cela me motivait à redoubler d'efforts pour la suivante pour me rattraper. C'est également un indicateur pour les parents pour intensifier le travail sur certaines matières.
Enfin, à moyen terme, c'est une aide à l'orientation vers des filières "études" ou apprentissage, sachant que ces dernières filières (formations duales) permettent également, après quelques années, de rejoindre si désiré un cursus d'études.
Par contre, "réajuster les moyennes et réajuster les notes" c'est courir à l'échec, comme en France ou, pour éviter de discriminer on a créé le bac pour tous (!), résultat un papier qui n'a plus aucune valeur et des centaines de milliers de jeunes trainés dans une filière pour laquelle ils n'avaient pas les prédispositions (et donc hélas promis au chômage) au lieu d'acquérir un métier dans des branches ou ce pays manque cruellement de personnes qualitiées.
Bien sûr, des classes d'appui sont nécessaires pour éviter de laisser des élèves sur le bord de la route.

Écrit par : A. Piller | 04 janvier 2015

@leclercq

« pedagogie-non-sexiste-a-lecole-en-suede-pourquoi-pas-nous/ »
« fessee_ils_sont_fous_ces_suedois »

On peut essayer de ne pas tout mélanger, siouplait ? oui ?

Alors "l'interdiction de la fessée et tout châtiment corporel" ?:

Oui, absolument, résolument.

"L'augmentation de la violence dans la société suédoise": je constate, et j'ai bien une théorie personelle à développer. Certainement une grave omission d'un pédagogue aux idées un peu courtes. Mais une autre fois.

Mais à l'interdiction, si le cercle familial fait défaut, eh bien il faut institutionaliser le dépistage des comportements violents et anti-sociaux chez les enfants et les adolescents à l'école, et instaurer le suivi psychologique par une unité de psychothérapie spécialisée - Thérapie cognitive et comportementale.

Accessoirement:

https://edu.ge.ch/site/capintegration/les-troubles/le-trouble-des-conduites/

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@leclercq

« et c'est quoi cette affirmation couple = patriarcat !!! »
« Le couple, fondement du patriarcat »

Monsieur Leclercq, voyons !!!

Vous me poussez à vous dire que c'est deux choses différentes.

Écrit par : Chuck Jones | 04 janvier 2015

@A. Piller

« il n'y a pas de jugement de valeur, ce sont simplement des faits. »

Sur des notes ?
Attendez, vous ne distinguez pas une légère contradiction ?

« La note, quoiqu'on en dise, va dans la même direction que vos évaluations "bien, suffisant, insuffisant" mais simplement elle est plus précise. »

Personne ne prétend le contraire.
Ce que moi j'en dis, c'est que "les notes", à l'école primaire, sont inutilement trop précises et contre-productives pour les élèves.

« au lieu d'acquérir un métier dans des branches ou ce pays manque cruellement de personnes qualitiées. »

Peut-être que payé au SMIC, ces métiers ne sont pas assez valorisés.
Parce que des courtiers en produits dérivés, à 20 fois le SMIC plus le plan de pension, c'est vrai qu'ils donnent l'impression de manquer cruellement.

Écrit par : Chuck Jones | 05 janvier 2015

@ Chuck Jones

"Mais à l'interdiction, si le cercle familial fait défaut, eh bien il faut institutionnaliser le dépistage des comportements violents et anti-sociaux chez les enfants et les adolescents à l'école, et instaurer le suivi psychologique par une unité de psychothérapie spécialisée - Thérapie cognitive et comportementale."

il faut surtout foutre la paix aux parents, et surtout ne pas légiférer à tort et a travers comme en suède (sous l'impulsion des féministes, qui ont interdit par la loi l'autorité dans les familles, donc exclu les pères porteurs de cette autorité). et faire croire aux parents que l'enfant est à égalité avec eux.

Écrit par : leclercq | 05 janvier 2015

@leclercq

« http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2014/02/06/enfant-roi-et-theorie-du-genre-un-melange-explosif-252722.html »

Ah ben, je vois que vous n'en êtes pas à votre coup d'essai!

Écrit par : Chuck Jones | 05 janvier 2015

@ Chuck Jones

j'ai trouvé une femme beaucoup moins honnête que vous.

http://www.mesmainsontlaparole.com/2014/02/24/les-enfants-rois-ont-leur-royaume/

le sujet est un lien que j'ai mis plus haut.

Écrit par : leclercq | 05 janvier 2015

http://www.amazon.fr/gp/product/B007IWC9S4/ref=as_li_qf_sp_asin_il_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=B007IWC9S4&linkCode=as2&tag=slatefr08-21

ça fait plaisir à lire tous les commentaires des clients de ce livre

Écrit par : leclercq | 05 janvier 2015

Il est vraiment très bien et très honnête, cet article cité par Leclercq! Enfin une femme de bon sens qui se moque de la pensée unique, et réfléchit par elle même! Allez, Leclercq, laissez vous convaincre par cette logique....

Écrit par : bb | 05 janvier 2015

Allez, Leclercq, vous en reprendrez bien un petit peu....ça, c'est la vraie vie, pas vos théorie de m........

http://www.oveo.org/si-jaurais-su-je-serais-ne-en-suede/

Écrit par : bb | 05 janvier 2015

« Il est vraiment très bien et très honnête, cet article cité par Leclercq! Enfin une femme de bon sens qui se moque de la pensée unique, et réfléchit par elle même! »

J'avoue, j'ai bien rigolé.
Elle doit se faire bouffer toute crue et vivante par les 4-6 ans.

Écrit par : Chuck Jones | 06 janvier 2015

@ bb

"ça, c'est la vraie vie, pas vos théorie de m........"

la vraie vie !!!

les enseignants en Suède ils commencent a en avoir plus qu'assez de les votre de théorie de merde.

"Si les enseignants ont été aussi nombreux à se plaindre du comportement des élèves dans les commentaires de l’article, c’est parce qu’ils ne se sentent pas autorisés à le faire IRL. S’en prendre, même verbalement, aux enfants en Suède revient à sacrifier un panda roux en Chine."

http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3286

"Pouvez-vous nous don¬ner des exemples de comportements pa¬ren¬taux à proscrire ? Je vais vous raconter une histoire. Un jour, je vois un père arriver dans mon cabinet avec son fils de 5 ans. Le garçonnet se précipite sur le pèse-personne et se met à sauter dessus. Le monsieur lui dit : « Tu sais, mon chéri, c’est un pèse-personne, c’est l’instrument du médecin. Si tu continues comme cela, tu vas le casser et le docteur Na¬ouri ne pourra plus s’en servir. » L’enfant file vers le pèse-bébé et se met à le secouer. Son papa lui dit alors : « Tu sais, c’est un pèse-bébé, c’est fragile, cela pèse même à 10 grammes près, le docteur en a besoin. » L’enfant laisse tomber le pèse-bébé, monte sur mon bureau et se met à sauter. Le papa lui dit encore : « Tu sais, le bureau du docteur est en verre, non seulement tu vas le casser et le docteur n’aura plus de bureau, mais en plus tu risques de te blesser. » Et il continue à parler et l’enfant à sauter. Nos regards se croisent alors et je lui demande s’il ne peut pas, tout simplement, lui dire “non” ? Il a réagi avec une violence terrible. « Vous voulez que je me comporte en fasciste ? » m’a-t-il crié. Et là, je lui ai répondu : « Vous allez lui donner quels arguments, à votre fils, quand il vous dira qu’il veut coucher avec sa mère ? Notre espèce est soumise à une loi. Celle de l’interdit de l’inceste, qui est purement arbitraire. Chaque fois que vous dites “non”, vous rappelez cet arbitraire et vous humanisez votre enfant. » J’avais été tellement violent moi-même que l’enfant s’est arrêté, est descendu tranquillement et n’a plus bronché du reste de la consultation. Cet homme m’a ensuite expliqué qu’il venait me voir parce qu’il n’arrivait pas à se faire obéir. Cette attitude, même si ce cas est un peu caricatural, est très répandue. Il fallait donner une explication dès que l’on donnait un ordre.

Que se passe-t-il quand un parent ¬n’arrive pas à donner fermement un ordre ? L’enfant perçoit que le parent ouvre la voie de la négociation, est prêt à lui rendre des comptes. Il peut donc prendre le pouvoir. N’oublions pas qu’il est habité par son désir de toute-puissance infantile. Le message environnant a installé l’enfant au sommet de la pyramide familiale. Nous vivons une époque où l’enfant est roi. Et on a fabriqué cette machine à donner des ¬adultes infernaux. C’est pourquoi je dis : « Soyez parents » et que l’on lit sous ma plume¬, scandalisant certains : « Élevez vos enfants de façon fasciste et ¬autori¬taire, vous en ferez des démocrates, élevez-les de façon démocratique, vous en ferez des fascistes. »

Dans ces conditions, prônez-vous le retour de la fessée, de la gifle ? Absolument pas. J’ai toujours dit que je condamnais totalement les châtiments corporels, jusqu’à la petite tape sur la main. Chaque coup donné est le résultat d’un échec de la parole. Le parent qui sait exercer son autorité n’a pas besoin de donner une gifle, puisque son enfant lui obéit. Pourtant, dans ¬cer¬taines circonstances, le parent perd sa maîtrise et le coup part. C’est ¬inévitable mais ce n’est pas une catastrophe. Une fessée n’a jamais ni tué ni démoli qui que ce soit."

"En revanche, je pense qu’il est fondamental de ne pas intervenir dans ce type de situation et je ¬condamne l’intervention des institutions. Il ne faut surtout pas légiférer. En entrant dans l’intimité de la relation parents-enfants, on nuit encore une fois aux parents, on altère leur position. Beaucoup d’enfants disent encore accepter l’autorité de leurs parents parce ¬qu’elle est juste. Cela signifie que l’enfant per¬çoit que les limites posées fonctionnent comme des parapets autour de lui. ¬Solides, justifiés et qui le protègent. Il remer¬cie ses parents de les avoir construits et de lui donner une très grande sécurité. Parce que les limites posées sont rassurantes. Et c’est là le problème. Aujourd’hui, les parents, bien souvent, ne fabriquent plus ces parapets, ne placent plus ces limites avec leurs enfants au nom de l’idée selon laquelle il est fondamental de laisser l’enfant se déployer"

vous n'êtes pas capable de comprendre qu'il est absolument inadmissible de la part d'institutions de légiférer dans ce domaine, c'est de la dictature pas autre chose.

interdiction de la fessée : le point de vue de Philippe Bilger, avocat général à la cour d'appel de Paris

http://veille-education.org/post/2009/11/20/interdiction-de-la-fessee-:-le-point-de-vue-de-Philippe-Bilger-avocat-general-a-la-cour-dappel-de-Paris


Par veille-education le vendredi, 20 novembre 2009, 00:00 - Lien permanent
• Parents
Xavier Bertrand a raison : il y a trop de lois sur tout et n'importe quoi ! Cette lucidité agacée, il en a fait preuve à propos de la proposition de loi d'Edwige Antier, pourtant députée UMP, visant à l'interdiction des châtiments corporels, dont la fessée (Le Monde, Le Parisien, 20 minutes).
Le ridicule ne tue plus et le législateur cherche à prouver qu'il est nécessaire en nous inondant à profusion de prohibitions et de réglementations. La quotidienneté familiale, le secret et l'intimité des foyers étaient encore à peu près à l'abri de ces épées de Damoclès brandies en permanence sur nos destins, même les plus privés.
Edwige Antier a senti elle-même ce que sa démarche avait d'incongru puisqu'elle précise "qu'il ne s'agit pas d'envoyer les parents en prison ni de les en menacer". Il n'est pas question non plus de les sanctionner mais seulement, paraît-il, de les éclairer, ces intrépides "aventuriers des temps modernes" comme ils ont été nommés par un sociologue qui avait une appréhension plus pertinente de leur mission. Sur cette proposition de loi destinée, si la représentation nationale perdait la tête, à figurer dans le Code civil, Edwige Antier, qui ne veut pas faire oublier qu'elle est pédiatre, plaque une généralité qui ne va pas bouleverser les esprits.

"Plus on lève la main sur un enfant, plus il devient agressif" : donc il faut interdire la fessée. Croit-on une seconde que, les violences graves étant poursuivies sous d'autres qualifications quand elles sont connues, cette admonestation puisse avoir du sens et soit même légitime ?
Dans cet arbitrage constant qu'un parlementaire doit opérer entre la validité de ce qu'il propose et le préjudice humain et social qui pourrait en résulter, il me semble que cette députée UMP a fait le mauvais choix. Parce qu'il convient sans cesse de se projeter dans l'actualité et de cultiver la démagogie du coeur au risque de rendre l'existence de tous les jours encore plus ingérable, invivable dans la sphère qui reste encore, sauf intrusions nécessaires de l'autorité publique, à notre exclusive disposition ?
Qu'en sait-elle, d'abord, de cette éducation joyeuse, parfois difficile, souvent riche, dans le même mouvement, d'espoirs et de craintes, de quelle science exacte prétend-t-elle tirer des conclusions aussi péremptoires en faisant fi de l'infinie diversité des situations, des natures et des rapports ?
Pourquoi souhaiter offenser la liberté la plus limpide, la plus évidente de chacun au point que parvenir à l'entraver représenterait sans abus de langage un totalitarisme insidieux, une dictature molle et étouffante ? Faut-il vraiment faire un sort à la petite tape, à ces gestes d'impatience qui ne sont pas scandaleux et même à ces manifestations d'autorité dont une fessée est la traduction pas forcément indigne quand le dialogue, une seconde, est devenu impossible ? Je ne parviens pas à m'indigner devant ce qui n'est absolument pas passible de quoi que ce soit de juridique, sur les plans pénal ou civil, qui se trouve situé très en amont des inadmissibles mauvais traitements et sans l'ombre d'un lien avec eux. C'est mélanger la banalité de l'affection qui se laisse aller et qui en a le droit avec l'intolérable. On a le droit de rêver et d'imaginer des sensibilités jamais prises en défaut, égales d'humeur et distillant une affection sans un mot ni un geste plus hauts que l'autre. Ce serait d'un ennui mortel ! Ce serait vouloir mettre les parents sous une tutelle permanente. Pourquoi pas, demain, venir vérifier ou corriger la manière dont on les élève à table, dont on les fait lire, dont on les réprimande verbalement, pourquoi pas, demain, ne pas prétendre contrôler si l'amour qu'on leur porte est conforme aux normes de la pédiatrie ? Ne les pousse-t-on pas trop ou au contraire y a-t-il trop de faiblesse à leur égard ? On aura l'impudence de nous dicter la loi sur ce qui est sorti de nous, sur ce qu'on a créé ? Edwige Antier, sans s'en rendre compte, désire nous faire tomber dans un cauchemar qui ressemblerait à un George Orwell adapté à l'enfance.
La loi est banalisée. La loi est détournée. La loi est moquée, en profondeur, quand elle s'attache à ce qui ne la regarde pas mais s'élabore trop vite pour l'essentiel qui la concerne. La loi, sauf exceptions, n'a pas à s'immiscer dans la vie domestique, dans notre espace d'autonomie où nous sommes les témoins de nous-mêmes et de nos proches, vraiment proches.
Qu'on continue comme cela, avec cette frénésie de la bonne conscience, et on amplifiera cette déplorable attitude française qui prend la loi pour une menace alors qu'elle devrait être perçue seulement comme une garantie.
Source : blog de Philippe Bilger

Écrit par : leclercq | 06 janvier 2015

@ bb:

Je ne suis heureusement pas né en Suède. Je n'ai pas eu ce rôle d'enfant roi dont la loi est presque supérieure à celle des parents. Je n'ai pas grandi dans cette société où l'on encourage les enfants déposer plainte contre leurs parents.

Je suis conscient que les corps induisent des rapports de force: je pense que ceux-ci font partie de l'apprentissage des interactions et des hiérarchies et règles d'une société.

Les images du début du film sont une sorte de manifeste politique, une vision toute théorique, je n'ai à cause de cela pas regardé jusqu'au bout. De plus ces enfants heureux du début sont les mêmes qu'en Suisse ou en France. La phrase du tout début, dite par un enfant tout blond devant un miroir, est assez malheureuse puisqu'elle généralise à tous les adultes et qu'elle suggère une motivation sordide chez les adultes.

Mettre cela dans la bouche et dans la tête d'un enfant? Non merci!

Écrit par : hommelibre | 06 janvier 2015

@ Chuck:

"Si, parce que à cet âge la, quand il n'est pas encore question de sélection, les notes déclenchent automatiquement l'établissement d'un classement.
Pourquoi ?
Parce que les notes ne veulent rien dire pour les gamins.
Leurs points de repère c'est: meilleur que lui, moins bon qu'elle."

J'ai pratiqué avec des adultes un système de notes imprécises doublées de coefficients variables. J'ai tenté de valoriser l'intégration intérieure plus qu'une hiérarchie des notes en classe. Mais après plus de 25 ans d'enseignement en milieu privé je constate que les notes restent prisées, que la hiérarchie et la comparaison restent prégnants, que l'étudiant attend qu'un enseignant le valide ou pas dans ses acquis et sa pratique.

Dans ce système les notes, bien que relativisées dans mon cas, sont restées importantes.

En est-il autrement pour les enfants? Visiblement non. Les enfants sont très tôt confrontés aux sélections, aux classements. Cela fait possiblement partie de la structure profonde du psychisme humain. Je ne vois plus de bonne raison de les épargner de système mental alors qu'eux-mêmes le reproduisent partout en permanence.

J'ai appris à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Je préconise donc que les enseignants ne se cachent pas derrière une autorité formelle mais rendent des comptes précis aux élèves, sous la forme d'entrevues qui permettent d'expliquer en détail l'appréciation du prof, les besoins de l'élève pour les matières où il est à la traîne, la mise en place d'outils ou de stratégies pour améliorer l'ensemble.

Toute sanction de la part d'un formateur doit être défendable et utile à l'élève.


Votre procès d'intention à Magali est un peu gros:

"@ Magali

« Chez nous c'est le pere qui a le plus d'autorite, et cela m'arrange souvent tres bien. »

C'est aussi ce que disent beaucoup de musulmanes voilées."


Ben tiens... Avoir recours au musulmanes pour flinguer un système qui marche depuis des millénaires, c'est cocasse.

Écrit par : hommelibre | 06 janvier 2015

A propos de ce patriarcat qui vous semble si détestable, je rappelle que c'est un simple mode d'organisation sociale et familiale. Il a fonctionné et a permis l'expansion de l'espèce.

On peut certes tenter de nouveaux modèles mais pourquoi démolir celui-ci?

J'ai regardé l'article de Sisyphe que vous mentionnez. Sisyphe est un site au fond idéologique parfaitement scabreux. Mais allons-y:

"... Qu’il s’agisse de l’aliénation, du harcèlement moral ou sexuel, de la discrimination sexiste au travail ou en politique, de la violence conjugale masculine, du sexisme, de la prostitution, de l’homophobie, de la pornographie, de la pédophilie, etc., le patriarcat est fréquemment dénoncé comme responsable."

Pfff... Méchant patriarcat!!!


Le couple, statut fondamental du patriarcat? Je dirais plutôt qu'il est le fondement de toute société humaine. D'abord pour la reproduction bien sûr, ensuite pour l'éducation et l'identité des enfants. Les enfants viennent de quelque part, pas de nulle part.

Ensuite le patriarcat peut être vu sous deux aspects: la patrilinéarité et la notion de chef de famille.

La patrilinéarité a possiblement été concédée aux hommes par les femmes pour que ceux-ci se sentent une place dans le groupe familial. La génétique est une science récente. Avant, le nom de famille pesait plus que les gènes. Donner son nom aux enfants attachait l'homme qui ainsi collaborait avec la femme, et le motivait à travailler pour nourrir les enfants et leur céder un héritage.

La notion de chef de famille vient d'une époque où le gouvernement à deux n'avait pas été encore pensé. De plus c'était une fonction juridique, l'homme étant rendu seul responsable des agissements de sa famille devant la loi et la société. Quel cadeau! Et imagine-t-on que par cette exposition juridique les hommes ne faisaient que ce qu'ils voulaient et imposaient cela à leurs proches? Il y en a eu, comme il y a eu des femmes dominatrices, mais cela ne va pas dans le sens d'une économie sociétale performante.

La femme était maîtresse de la maison, de l'éducation et des soins, l'homme maître des champs et de la protection (donc de la guerre et de la politique qui participe à la guerre).

J'ai connu surtout des hommes qui donnaient leur salaire à leur épouse, qui discutaient les décisions avec elles, qui ne faisaient rien sans leur accord. Chef de famille n'est donc pas un privilège ni une domination, mais un service et une responsabilité.

Cette répartition a été voulue forcément par les femmes comme par les hommes, car les femmes auraient inventé le couple monogame et l'exclusivité selon certains chercheurs. Et puis si cela ne leur avait pas convenu elles auraient dénoncé cette organisation de la société et du couple bien avant le XXe siècle.

Je pense que le couple reste la base de la société en ce sens qu'il est le lieu de la reproduction.

Enfin je doute fort que les frères, oncles, cousins, soient prêts à prendre en charge les enfants d'un couple. Et je pense qu'affaiblir les pères n'est en aucun cas une bonne solution. A moins que les femmes ne misent tout sur l'Etat. Ce qui est appelé par la gauche qui soutient ces théories déracinées. La fourmilière se met en place...


Je devrais refaire un billet sur ce que l'on nomme le patriarcat. La contamination féministe en fait le grand corrupteur. C'est déraisonnable.

Écrit par : hommelibre | 06 janvier 2015

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