11 décembre 2014

Faut-il vraiment sauver la planète ?

On entend cette injonction dans les médias, ou dans la bouche de certains politiciens. Elle est également reprise dans les écoles: sauvons la planète. Les enfants pensent qu’ils font du bien à la Terre parce qu’ils répètent ce que des adultes leur assènent en boucle.


climat,réchauffement,giec,température,océan,Le climat est variable

Est-ce raisonnable d’imaginer que l’espèce humaine va sauver la planète? Je conviens volontiers que nous avons avantage à produire plus propre. Cependant je ne culpabilise pas sur la pollution: nous ne pouvions pas savoir l’ampleur qu’elle prendrait quand a été créé le moteur à explosion, pour ne parler que du CO2. Je conviens aussi que nous avons avantage à recycler pour réutiliser les matières premières.

Mais les êtres humains peuvent-ils sauver la planète d’un dérèglement climatique?

Si les scénarii du Giec sont justes et si le temps les confirme, c’est déjà trop tard. Il faut maintenant s’adapter. On ne reviendra pas en arrière avant des siècles. Il faudrait apprendre aux enfants à se préparer, à innover, plutôt que les faire rêver d’un passé révolu. Le conservatisme écologique est contraire au changement qui s’opère.

Je mentionnais récemment l’année 2014 comme une année très chaude, avec cependant quelques réserves. Poussons un peu le bouchon. Si les théories du Giec peuvent à terme être contredites par le réel, elles ne sont pas valables. Mais si elles résistent dans les faits aux nombreuses critiques, alors on pourra commencer à y croire.

Dire que la Terre est en danger dans le siècle qui se déroule actuellement est un extraordinaire coup médiatique. Mais la vie continuera. 1, 2, 4, degrés de moyenne en plus, si cela s’avère et dure, ne détruiront pas le vivant. Les êtres vivants s’adaptent. Certains disparaîtront, d’autres apparaîtront. C’est ce qui se passe depuis aussi loin que nous puissions remonter, disons des centaines de millions d’années. Refroidissement, réchauffement, saturation en CO2, volcanisme, astéroïdes ont fait varier la présence des espèces.



climat,réchauffement,giec,température,océan,Fraîcheur actuelle

Si les scénarii du Giec sont erronés, à cause des modes de mesure, de la politisation de l’agence onusienne, de la complexité des phénomènes climatiques ou de l’incapacité à prévoir les rétroactions naturelles qui vont se mettre en place, alors on ne sait pas s’il faut faire quelque chose ou non. Les gaz et poussières qui accompagnent l’éruption d’un volcan peuvent refroidir l’atmosphère. La saturation en CO2 et méthane associée à une saturation en poussière et à une augmentation de l’évaporation des océans ne pourraient-ils pas diminuer l’ensoleillement et déclencher une baisse de la température moyenne?

De plus, la période actuelle est la plus fraîche de toute la séquence interglaciaire. Plus fraîche qu’il y a 2’000 ans, 3’000 ans, 8’000 ans. Plus fraîche qu'il y a des dizaines de millions d'années (image 1 sur 600 millions d'années). Les périodes plus chaudes de l'Holocène s’accompagnent de production agricole plus abondante. Le réchauffement actuel, s’il dure (nous n’avons pas assez de recul pour le certifier), serait donc une bonne chose et non une mauvaise.

Les scientifiques et les politiciens ne devraient pas s’en tenir à un seul scénario. Ils doivent anticiper autant le refroidissement que le réchauffement. Et envisager un réchauffement, s’il est durable, comme une chance bien meilleure que le refroidissement. Les années les plus froides que l’on connaisse ont été catastrophiques, comme l’année 1816 ou la période froide avant la révolution française.

La reconstitution des températures du passé montre le climat depuis l’Holocène, soit environ 10’000 ans (image 2 réalisée selon les carottages de glace du Groenland). Les températures actuelles sont moins chaudes que dans le passé. Un changement vers le haut est donc moins catastrophique qu’un changement vers le bas.



climat,réchauffement,giec,température,océan,Préparons-nous

Si le Giec a raison, ce que nous saurons dans 50 ou cent ans au minimum, il faut accepter le réchauffement tout en améliorant l’industrie et en polluant moins. Si le Giec se trompe alors le réchauffement est dû à des causes non anthropiques sur lesquelles nous n’avons pas de prise. Donc il faut aussi l’accepter et s’y préparer.

Déplorer le réchauffement et vouloir remettre la planète comme elle était en 1880 ou en 1950 n’a pas de sens. Il n’y a rien à déplorer au vu des facilités de vie générées par l’industrie et la technologie. Et la machinerie biochimique de la Terre est très complexe. Sa puissance est immense en comparaison des moyens que les humains ont créé. Que pourrions-nous faire - et encore, en essayant de ne pas faire pire qu’avant! - pour tenter de régler la climatologie d’une planète entière?

La crise écologique, si on peut la nommer ainsi, nous montre nos limites. Elle remet notre présence sur Terre à sa juste place: c’est à nous de nous adapter, y compris aux conséquences de notre existence. Il n’y aura pas de solution rapide, s’il y a vraiment une solution humaine, au réchauffement ou au refroidissement.

La mythologie moderne place la Terre en état d'agonie à cause des humains. Cette mythologie pourrait être erronée. Ne mettons pas trop d’énergie à vouloir retourner en arrière et préparons-nous à l’avenir. C’est plus réaliste.


15:56 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : climat, réchauffement, giec, température, océan | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

@John la planète si on devait la sauver cela se saurait depuis très longtemps surtout qu'elle n'en fait qu'à sa tête.Ses humeurs typiquement féminines et imprévisibles sont ces seules priorités
En ce moment plusieurs chaines tv offrent des reportages grandioses montrant combien nous ne pouvons que nous adapter à cette nature qui nous en fait voir de toutes les couleurs et qui ne se laissera jamais dompter
D'ailleurs les Inuits nous offre une grande leçon de morale et de sagesse car acceptant en souriant le changement qui se produit à l'arc polaire
les jeunes sont soulagés ils auront une université et comme ils disent , maintenant on peut vivre un peu comme les occidentaux car la glace se retirant permet de jouer d0fféremment
Et nul n'a le droit d'interdire à qui que se soit de s'instruire en prenant la nature comme excuse
Ce qui fait sourire quand on pense à Greenpeace ou autre ONG tous de pays qui ont colonisé sans aucun état d'âme les pays qu'ils avaient envahi
La planète se porte très bien il suffit juste de changer sa manière de voir les choses et surtout cesser de pratiquer l'angélisme stupide
Car si vraiment les animaux devaient mourir avec la pollution on peut vous rassurer avec la saleté qui régnait dans nos lacs ,toute la faune aurait dû disparaitre
C'est tout le contraire jamais les lacs n'auront connu autant de perches qu'à ces époques ou de nombreux idéalistes étaient encore dans les limbes de Neptune
En ce moment de nombreux reportage faits par des géologues expliquent comme jamais la réalité et non celle rêvée par des utopistes
Il y a aussi Polar Sea 360 degrés à voir tous les soirs à 19 heures sur Arte et ce sont des navigateurs qui eux ne blablatent pas sur un réchauffement catastrophiste comme de nombreux scientifiques chevillés au Giec
Ce qui fait aussi sourire c'est de voir avec quelle sagesse certains indiens jettent leurs restes de repas dans l'Océan préférant les donner aux poissons alors que chez nous c'était les corneilles qui mangeaient tout ce que les humains jetaient ,car des aliments avariés il y en avait plein et elles se régalaient,se multipliant ce qui faisait le bonheur des gens car elles savaient avertir du moindre changement météorologique
Alors qu'aujourd'hui beaucoup veulent sauver la nature mais en les tuant sous prétexte qu'elles font trop de bruit
Cherchez pas à comprendre dirait Tournesol et avec raison

Écrit par : lovsmeralda | 11 décembre 2014

"Dire que la Terre est en danger dans le siècle qui se déroule actuellement"
Ah bon ? Donnez-nous un seul danger qui menace la Terre dans le siècle qui vient...
Pour moi, l'utilisation de l'expression "sauver la planète" est un indicateur très sérieux du niveau d'intelligence de celui qui l'emploie. C'est tellement grotesque, depuis le temps que l'on dénonce l'anthropocentrisme...

Écrit par : Géo | 11 décembre 2014

On commencerait pas tenter de sauver la blogosphère de tous les imbéciles qui n'ont rien à y faire, que ce serait déjé un bon début.

Écrit par : Déblogueur | 11 décembre 2014

La complexité du dossier est telle, que seuls les scientifiques travaillant en équipe peuvent avoir une idée des paramètres. On va de surprise en surprise.
J'ai visionnée la première moitié du documentaire suivant et ai vécu une surcharge cognitive certaine :

http://www.arte.tv/guide/fr/043870-000/methane-reve-ou-cauchemar

A ceux qui s'intéressent au phénomène du réchauffement, je conseille cette émission. (Il est visible encore deux jours sur arte +7.)
Il montre visuellement l'impact réel du réchauffement sur l'Arctique et le Nord de la Sibérie, avec les résultats spectaculaires (et très beaux, vus du ciel) du dégel du permafrost.

Sans entrer dans la polémique concernant la responsabilité des humains, je pense aussi qu'il est trop tard pour faire quelque chose de très efficace. J'espère juste qu'on arrivera à s'adapter sans grandes douleurs, même si je ne serai plus là pour voir ça.
Mon compagnon biologiste pense que les bactéries survivront certainement au prochain "bottleneck" et que c'est très bien ainsi. On pourra repartir pour un tour et la Terre rebondira par elle-même.
Les bactéries sont éternelles !
Plus j'en apprends sur elles, plus j'en suis émerveillée. Le documentaire sur le méthane nous apprend qu'il existe des bactéries mangeuses de méthane. C'est la bonne nouvelle, inespérée.
On voit des scientifiques faire une travail remarquable pour essayer de comprendre tous ces phénomènes et en tirer les meilleurs partis.
Je me suis endormie assise avant d'en arriver aux développements industriels, mais le biologiste intrépide a tout suivi jusqu'au bout et m'assure que les Japonais sont en pointe sur les technologies en relation avec la transformation du méthane en énergie...

Écrit par : Calendula | 11 décembre 2014

La technologie va encore modifier notre rapport au monde et le monde lui-même, du moins en partie. Voyez Calendula tout ce qui se passe déjà. Des espagnols ont mis au point une fabrication de pétrole et d'essence à partir d'une algue. C'est déjà effectif au niveau de la production expérimentale.

L'adaptation est en cours. Lente, tâtonnante.

Écrit par : hommelibre | 11 décembre 2014

En me relisant, je m'aperçois que j'ai fait une erreur de pronom : reprise d'"émission" par "il" , car j'ai remplacé "documentaire" par "émission" in extremis, pour ne pas faire de répétition fastidieuse et n'ai pas effectué tous les changements nécessaires :- ((((
Il est clair, que je vais me faire taper sur le doigts et on va mettre ma santé mentale en question...
J'espère que l'évolution de la tolérance envers les non-francophones sera plus rapide que l'adaptation de la nature en général, et du genre humain en particulier, aux changements climatiques ;-)))

Écrit par : Calendula | 11 décembre 2014

On comprend mieux la trouille de certains s'ils font partie des nuls croyant que ce sont les comètes qui font la pluie ou le beau temps alors qu'en primaire on nous avait déjà appris le rôle essentiel joué par les océans

Écrit par : lovsmeralda | 21 janvier 2015

"On commencerait pas tenter de sauver la blogosphère de tous les imbéciles qui n'ont rien à y faire, que ce serait déjé un bon début.
Écrit par : Déblogueur | 11 décembre 2014"

Pourquoi ne pas commencer par vous-même ? N'êtes-vous pas un des meilleurs représentants de ceux que vous dénoncez ?

Écrit par : Géo | 21 janvier 2015

Les commentaires sont fermés.