12 novembre 2014

- Pose-toi, Philae ! - Ouaip, c'est fait !

Mise à jour à 17h06.

A environ 80 minutes de l’atterrissage, le CNES, Centre National d’Etudes Spatiales, envoie un tweet au petit robot Philae. Quelques mots d’encouragement, comme on parlerait à un ami ou à un proche: «Pose-toi, Philae». Les ingénieurs de l’ESA (Agence spatiale Européenne) ont pour leur part personnalisé la sonde et son bébé, en ouvrant des comptes Tweeter au nom des deux engins volants.


philae,rosetta,comète,landing,esa,Ainsi, après avoir été largué ce matin à 09h35, le petit robot, qui dormait depuis 10 ans, a écrit: «Je me sens en pleine forme». La sonde-mère Rosetta lui a demandé: «Envoie-moi une carte postale», à quoi il a répondu: «Je t’en enverrai des centaines».

C’est après 17 heures que nous saurons si l’atterrissage sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko s’est bien passé. J’écris le mot «atterrissage» avec une petite réserve puisqu’il ne s'agit pas de se poser sur le Terre. Pour la Lune on dit alunissage. Mais ce serait compliqué de dire: accometissage. Comme il s’agit d’un support ferme, va pour atterrissage. C’est la forme simple qui s’impose.

Petits soucis quand-même pour le staff de la mission.

 

  1. Il semble que le système de mini-réacteur à gaz ne fonctionne pas. L’éjection de ce gaz par le sommet de Philae doit en principe plaquer le robot à la surface, le temps que les pieds-harpons s’enfoncent dans le sol de la comète et que les pieds-vis le fixent. Sans la pression de ce gaz tout repose sur les pieds-harpons. Le risque est que Philae rebondisse sur le sol sans avoir eu le temps de s’arrimer. Il faut savoir qu’il ne pèse que 1 gramme sur Chury, et qu’un rebond l’enverrait se perdre dans la nuit spatiale.
  2. philae,rosetta,comète,landing,esa,La zone d’atterrissage est une des moins tourmentées de la surface. Néanmoins il y a deux dangers: rencontrer un sol trop pentu qui ferait tomber le robot et l’enverrait rouler sans possibilité de le rattraper (Philae n’a par lui-même aucun moyen de se déplacer). Et poser un pied sur un rocher de glace qui lui aussi déséquilibrerait le robot. Or il y a des rochers de glace sur environ 2% de la surface.

 

Cette zone mesure 600 mètres sur 1000 mètres (image ESA, cliquer pour agrandir). Soit l’équivalent de 10 terrains de foot. Il y a donc de la place pour un engin de 100 kilos de la taille d’un réfrigérateur, bardé d’instruments scientifiques et de cellules photovoltaïques pour les alimenter. A près de 600 millions de kilomètres, sur une surface jamais examinée de près, c’est plus difficile que de trouver une aiguille dans une botte de fois. Sauf que, par chance, on sait où est l’aiguille et où est le foin.

A mi-descente, les pieds-harpons se sont normalement déployés. Les premières images transmises par la sonde Rosetta sont celles de la séparation d’avec Philae (images 2 et 3 ESA). Et on espère. La chance devra s’allier à la très haute technologie. Pour l’instant les paramètres de descentes sont annoncés comme bons.

«Pose-toi, Philae».

 

philae,rosetta,comète,landing,esaEn plus des liens cités dans le billet précédent, le site du CNES propose aussi de nombreuses infos et un suivi de l'événement.

La Tribune de Genève propose aussi un direct.

 



C'est fait!

Philae a envoyé un signal depuis le sol de la comète. Il fonctionne. Il s'est donc posé avec succès. Bravo à tous ceux et toutes celles qui ont permi ce moment historique, ce moment fantastique.


En vidéo, ce qui - on l’espère - va se passer (17h06: ce qui semble s'être passé):

 


A la Une : Philae, mission à hauts risques par CNES

 

Enfin quelques infos sur le passage de la comète Siding Spring dans la banlieue de mars il y a trois semaines. Les sondes en mission autour de la planète rouge ont détecté une importante modification chimique de l’atmosphère suite à la grande caresse que la comète a fait en passant.

«Mais la poussière de comète a également eu une conséquence, inattendue par son ampleur, sur l'atmosphère martienne en en changeant littéralement sa composition au niveau de l'ionosphère. Cette partie supérieure de l'atmosphère a rayonné en ultraviolet comme jamais et des nouveaux ions ont été détectés : du fer, du magnésium et du sodium principalement avec cinq autres éléments métalliques représentés en plus petites quantités. 

Tous ces ions proviennent directement du voile de la comète et permettent d'en déduire sa composition. C'est la première fois que la queue d'une comète provenant du nuage d'Oort est ainsi analysée directement (le nuage d'Oort est un gigantesque disque de débris situé aux limites de la force d'attraction gravitationnelle de notre Soleil, à une à deux années-lumière de celui-ci).»

 

En vidéo, le passage de la comète près de Mars et l’effet de sa queue sur l’atmosphère martienne:


 

 

 

 

16:00 Publié dans Univers | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : philae, rosetta, comète, landing, esa | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

La RTS bat tous les records de stupidité : écoutez Forum vers 18h05, l'interview de Marc Attala sur ce sujet ! Mais asseyez-vous...

Écrit par : Géo | 12 novembre 2014

En effet, je ne vois pas non plus l'intérêt de cette interview et des propos tenus, un peu confus et plutôt hors sujet, malgré les apparences. Space...

Écrit par : hommelibre | 12 novembre 2014

Il y a quand-même un pépin: les pieds-harpons ne se sont apparemment pas déclenchés. Les pieds-vis, oui, possiblement. Inconvénient: sans les harpons le robot ne peut forer le sol (il serait repoussé) et donc l'analyse chimique serait abandonnée. Les responsables de la mission vont encore tenter un déclenchement.

Les premières images arrivent, pas encore celles depuis le sol mais une au moins sur les derniers mètres avant l'atterrissage.

https://twitter.com/citedessciences/status/532592431171395584

Écrit par : hommelibre | 12 novembre 2014

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