31 octobre 2014

Bringbackourgirls (andsecondarilyourboys)

Le groupe Boko Haram détient toujours plus de 200 jeunes filles nigérianes en otage. Récemment le groupe a encore enlevé une trentaine d’enfants: 

«Des insurgés (...) ont enlevé des jeunes, garçons et filles, dans notre région. Ils ont pris tous les garçons de 13 ans et plus (...) et toutes les filles de 11 ans et plus. Selon nos informations, 30 jeunes ont été enlevés ces deux derniers jours, a déclaré Alhaji Shettima Maina, le responsable du village de Mafa, à des journalistes.»


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Des filles et des garçons. Pourtant la campagne internationale s’intitule toujours «bringbackourgirls», «ramenez nos filles». Les garçons on les laisse là-bas. Il serviront peut-être d’esclaves sexuels - il n’y a pas assez de filles pour tous les combattants. Ou de démineurs. On les envoie peut-être en avant sur des terrains minés par l’armée. Pour chaque mine qui saute on les remercierait avec un billet de 1 naira - 1 centime suisse - que l’on glisserait entre leurs doigts rouges et collants au bout d’un bras arraché. Ils seraient priés de dire merci avant de mourir.

Peut-être qu'on les envoie en première ligne contre l’armée. Ils pourraient assurer ainsi une protection pour les commandos qui vont tuer dans les villages. Ou bien, allez savoir, ils font la pub pour l’islam intégriste de Boko Haram, la tête au bout d’une pique. On pourrait les voir de loin avec un grand sourire aux lèvres (dont les coins seraient cousus, donnant à ce smile un air d'éternité). Ah, le bonheur d’être au paradis avec sept vierges! D’accord, il sont mineurs et les vierges pourraient être poursuivies pour agression sexuelle, mais au paradis les tribunaux dysfonctionnent. Et puis Dieu fait encore ce qu'il veut, non mais! D’accord ils n’ont pas de poils au pubis et, exsangues, ils bandent mou, mais peu importe: la pub vous vend ce que vous attendez. Parole de Rob Bliss qui l’affirmait hier à propos du harcèlement de rue. Notez, on ne sait pas ce qu’ils font avec les sept vierges au paradis. Peut-être rien. Sont-elles au moins jolies et sexy? Parce que, d'accord de mourir déchiqueté, pourvu que cela en vaille la peine.

Bon, que disais-je? Ah oui, les garçons enlevés. Et j’oublie les centaines d’autres garçons assassinés depuis deux ans dans les villages. Ce qu’ils font aux garçons est assez trash:

«L’une des méthodes est de les regrouper et de tirer dans le tas, vider des chargeurs, dans la tête, dans le corps, le sexe, les jambes, les mains. Parfois des membres sont découpés du corps par des balles.

Une autre méthode est, toujours en les groupant, de lancer des grenades au milieux d’eux. Les parents n’ont plus que des lambeaux de chair, des moitiés de têtes, des troncs éclatés, pour les identifier dans la mare de sang, si possible en ne glissant pas sur les yeux arrachés qui trainent au sol. Cela glisse un oeil, quand vous marchez dessus.»

 

 

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Au fait, qu’en est-il des 130 garçons manquants au Kurdistan syrien, enlevés au mois de juin par l’Etat Islamique? Aucune nouvelle. Personne ne s’est soucié d’eux.

Le mouvement d’indignation devrait s’appeler: «Ramenez nos filles - et accessoirement nos garçons. Mais accessoirement seulement». Notez, les féministes ne s’indignent que par petites doses. Aujourd’hui elles ont d’autres chats à fouetter. Tant pis pour les filles nigérianes, vu qu’on ne les reverra sans doute jamais. Valérie Trierweiler a parlé de ces filles. Elle s'obstine d'ailleurs à ne parler que d'elles, jamais des garçons. Elle doit manquer de vocabulaire. La dernière fois qu'elle a parlé des filles c'était fin juillet, Il y a trois mois. Depuis, silence. Elle n'a pas eu le temps: elle comptait les ventes de son livre. On ne peut pas tout faire à la fois.

Et puis, parler des garçons ne plairait pas à Valérie Trierweiler. Elle a comme un problème avec les mecs. Elle est frustrée. Depuis le temps qu’elle harcèle le président, il devrait être en dépression. Or il ne montre rien. Enfin, vu qu’il ne montre jamais rien on ne peut pas savoir. Pourtant la poissonnière, traitée de folle par les conseillers de l’Elysée, de plus en plus seule selon la presse people, trouverait là un moyen de rebondir en se démarquant de la foule. 

Imaginons Vava, seule au Trocadéro, en héroïne punk, hurlant et griffant les passants telle une Phèdre moderne, le visage en furie, lèvres écumantes, et portant une pancarte trop longue à lire: «Bringbackourgirlsandsecondarlyourboys». Cela lui ferait un joli coup de pub. Elle pourrait ensuite écrire un deuxième livre: «Comment j’ai failli sauver les garçons si François Hollande ne m’en avait pas empêché». Puis un troisième: «Cela fait trois mois que François Hollande a promis publiquement la libération imminente des filles au Nigéria, or comme soeur Anne on ne voit rien venir». Remarquons aussi que malgré son intention publique de dégommer le président, aujourd'hui reclus dans l'aile médicale de l'Elysée, personne n'a encore manifesté avec le slogan Bringbackourfirstboy. Le monde est trop injuste.

Bringbackourgirlsandsecondarlyourboys. Ramenez nos filles et, secondairement, si vous avez le temps, nos garçons aussi. Yes! Notez, les garçons, ils avaient qu’à ne pas se faire attraper. C’est bête les garçons.

Au fait, pour ceux qui ont été déchiquetés sur les mines ou par les Kalachnikov du Califat: pas la peine de faire un paquet par bout de corps. On ne triera pas. Un envoi en vrac suffira. De toutes façons cela ira au chat. Merci d'avance.

 

 

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