17 octobre 2014

Ma mère

Sans dévoiler de secret particulier ou trop personnel j’aimerais dire quelques mots de ma mère. Elle était une femme solide. Jeune, elle travaillait comme secrétaire chez un médecin et visitait l’Europe en train avec sa meilleure amie. Elle voulait un homme partageant sa voie - une vocation religieuse dans l’enfance - et qui aime les enfants.


mère,liberté,responsabilité,roleElle a rencontré mon père et ils ont eu 6 enfants. 7, car un était mort-né. Bien qu’elle aurait pu faire carrière elle a choisi de s’occuper de ses enfants. Je ne le regrette pas. Elle ne l’a pas non plus regretté non plus, je crois, malgré l’influence du féminisme qui a inculqué aux femmes que la maison était l’aliénation, la renonciation à soi-même, et donc une mauvaise chose.

Ma mère avait une haute opinion de son rôle. Elle nous soignait bien. C'était une femme responsable et pondérée. Ses repas étaient bons et toujours bien préparés. Elle tenait bravement son rôle de gardienne de la maison et de la santé. Pas de plainte, pas de pleurnicherie. Elle faisait ce qu’elle avait à faire. Ce qui n’empêchait pas les disputes parfois, avec les enfants ou dans le couple. Mais rien que de normal.

Elle laissait, comme c’était le cas à l’époque, le mauvais rôle au père. Lui réprimandait, elle consolait. Enfin, très schématiquement, car les choses étaient plus complexes dans les faits. Mon père jouait parfois les réprimandes pour faire semblant qu’il avait tenu son rôle, mais il n’avait pas envie d’être le père fouettard. Et parfois ma mère savait être intransigeante. 

De mes parents j’ai appris combien on met l’homme en première ligne et comment la femme l’utilise comme un paravent. Mais c’était le jeu. Rôles et comportements étaient répartis, à chacun sa responsabilité et son champ de compétence.

Ma mère était aussi une femme très indépendante intellectuellement. Financièrement elle gérait l’argent du ménage. De son côté à elle les femmes ont toujours eu une forte personnalité. Une aïeule de plusieurs générations a un jour mis son mari à la porte - il gaspillait l’argent de sa boutique aux jeux - et lui a dit de ne jamais revenir. Ajoutant: «Même pas à mon enterrement car je me relèverai et te chasserai encore.» C’était en 1850.

Toute sa vie ma mère a dévoré livre sur livre. Elle était une bibliothèque ambulante. Romans en premier, mais aussi biographies et livres d’arts. Discuter avec elle était toujours passionnant.

Mes soeurs, plus âgées que moi, avaient toutes un caractère bien formé. Pas une qui pleurniche sur le malheur d’être une femme. J’ai donc connu chez moi, et autour de ma famille aussi, des femmes qui en avaient, qu’on ne brusquait pas. Je me souvient de quelques hommes qui se tenaient à l’écart des femmes quand ils voulaient parler, sans quoi c’était peine perdue! 

Mon père gagnait l’argent, s’occupait du jardin, bricolait tout pour la maison, avait son petit labo de photo, et ma mère régnait sur les enfants et la maison. Régnait est le juste mot. Je me souvient d’un soir où adolescent, j’étais sorti en cachette de la maison pour aller faire un tour en ville avec des copains. J’avais 16 ans, il était passé minuit. Il n’a pas fallu plus d’un quart d’heure à ma mère pour me retrouver, armée d’un parapluie comme d’un sceptre et criant après moi dans les Rues-Basses!!!

Quelle mère incroyable! Elle est pour quelque chose dans la bonne opinion que j’ai des femmes.

 

 

16:59 Publié dans Divers, Mamina | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : mère, liberté, responsabilité, role | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

...

Je suis sûre qu'il y a beaucoup de lacunes dans votre texte... Voici une éloge plus réaliste...

Elle a cherché un homme avec qui fonder une famille .. A oublié que le plus important ce serait un homme qui s'implique aussi dans la vie de ses enfants... S'est retrouvée seule à assurer l'éducation de ses 4 enfants parce que son mari était trop occupé à gagner de l'argent, ou courir, ou jouer au piano, ou sortir... tout pour ne pas s'impliquer dans cette vie de famille qu'elle avait tellement voulu... Elle avait une haute estime de son rôle de mère... Mais n'était pas appréciée à sa juste valeur pour tous les sacrifices qu'elle faisait... Elle ne se plaignait jamais, mais souvent dans son regard les enfants voyaient la tristesse qu'elle ressentait d'avoir fantasmé une vie qui se basait sur l'éducation de toute sa jeunesse qui l'avait formatée à être mère sans être femme...
Et puis un jour le père a trouvé qu'elle n'était plus sexy, amusante, charmante... ele était juste mère et il s'est lassé... alors il a cherché ailleurs...
Larmes, déception... et surtout inquiétude pour son avenir.. sans travail, impossible de prendre la décision de quitter son mari... Humiliation pendant les 4 années qui suivirent durant lesquelles elle monta son entreprise car trop vieille pour être embauchée par qui que ce soit et trop fière pour finir à l'assistance sociale... Après les supplications de ses enfants de quitter un mari qui ne la respectait plus en tant que femme, elle se résolut à demander le divorce, alors même qu'elle croyait un revirement de situation toujours possible..
Aujourd'hui tiraillée entre cette éducation reçue il y a des dizaines d'années et son besoin de se réaliser, elle vit toujours à travers ses enfants qui se retrouvent à devoir la soutenir émotionnellement parce qu'elle ne sait pas comment vivre sans eux en étant un individu à part entière...

FIN

Écrit par : M.A | 17 octobre 2014

Waow... En effet, quelle image dégradante vous avez des femmes... Eh bien non, ce n'est pas le scénario. Elle a choisi, cela n'a pas toujours été simple, elle n'a pas divorcé. Vous ne parviendrez pas à dégrader la mémoire de ma mère. Ni celle de mon père, avec qui j'ai fait des centaines de parties d'échec. C'est lui qui m'a appris.

Écrit par : hommelibre | 17 octobre 2014

@Hommelibre vous êtes un homme béni des dieux en plus d'avoir une mère dont vous êtes certain d'être l'enfant vous avez été entouré d'affection de la part de vos sœurs! quelle chance pour vous et vous m'en voyez ravie car aujourd'hui j'ai encore des doutes concernant ma vraie mère
Vous avez eut droit aux plus beaux cadeaux du ciel!

Écrit par : lovsmeralda | 17 octobre 2014

Cette histories c'est la mienne et j'en ai au moins une dizaine d'autres comme ça...
Comme je l'ai souvent dit... Je respecte les femmes qui font le choix de rester à la maison s'occuper des enfants... Mais être entierement dépendante de qqn pour sa survie peut poser problème...
Et peut être que si ma mère était partie avant... J'aurais aussi une meilleure opinion de mon père qui n'aurait pas perdu sa place sur le piédestal qu'il avait dans mon cœur. Vous avez de la chance que votre histoire de finit bien...

Écrit par : M.A | 17 octobre 2014

Et je n'ai pas une vision dégradante des femmes... J'ai une vision négative de l'éducation qu'on donnait aux femmes qui les rendait dépendantes de leurs époux.

Écrit par : M.A | 17 octobre 2014

Je me situe entre les 2 visions. Fils unique dernier né d'une famille de 5 enfants, mère au foyer, et je peux témoigner qu'elle est très conservatrice et même bigotte, mais n'a pas si bien vécu sa condition de femme au foyer, ayant pourtant une femme de ménage pour aider. Un peu dépressive souvent, se plaignant d'être l'esclave de la maison, pourtant ses enfants aidaient aux tâches ménagères, il y avait même un planning hebdomadaire affiché de ce que chacun devait faire... J'ai mal vécu ses crises de colère dépressive, ses mots d'une dureté dure comme du béton. Certaines femmes souffrent d'une vie ménagère qui leur pèse et in fine, de par leurs humeurs féroces, pèsent sur leurs enfants.

Écrit par : pli | 17 octobre 2014

Magnifique texte : un bel hommage à toutes les mères !

Ma mère a perdu la sienne à l'âge de six ans, elle n'a pas eu de modèle pour nous éduquer. Elle a fait des ménages pour "nouer les deux bouts" mais toujours présente lorsqu'il le fallait.

Une maman s'est tant de souvenirs m'avait écrit une amie, c'est tellement vrai.

Écrit par : Lise | 17 octobre 2014

M.A., si vous dites "vous", je comprends "vous". Bonjour le malentendu. Je suis désolé.

Je pars d'un principe majeur qui en fonde beaucoup d'autres: chacun est libre de ses choix tant qu'il n'a pas le pistolet sur la temps. Il faut penser l'humain libre. C'est la seule condition importante qui fonde les autres. Je pense que chacun pèse ses pour et ses contre. Rester dans une situation de souffrance relève ou d'un trouble ou d'un choix. A ce que je comprends elle continue à générer une situation de souffrance pour elle. Il n'est pas normal, pas normal que vous deviez encore la soutenir émotionnellement. Vous prenez sur vous des choses qui ne vous appartient pas de prendre. Vous faites vôtre son trouble. Prenez garde à cela, à ce qui se marque dans vos profondeurs.

Ne mettez pas tout sur son éducation. Je ne suis pas sûr d'ailleurs que vous lui rendiez service. C'est bien pratique d'avoir un fautif à disposition. J'ai l'impression qu'en continuant à charger son ex-mari, elle s'évite de se prendre en main.

Ce que vous dites de votre père, sur les raisons de son éloignement de sa femme, l'a-t-il dit lui-même? D'où, de qui vient ce discours qui semble figé dans le marbre? Qu'est-ce qui dysfonctionnait dans le couple et quelle était la part de chacun?

Je refuse que les hommes soient chargés des maladies du monde. Il y a plein de femmes qui soit sont parties (elles ont pris des risques et se sont démerdé), soit ont assumé et se sont questionnées.

Oui cela s'est bien fini pour ma mère mais je passe sur les difficultés, les conflits, les insatisfactions, les frustrations, le risque de rupture, comme il y en a partout. Ma mère avait ses pistes pour les gérer.


La dépendance dans le couple, financière, était une co-dépendance. Un homme se retrouvant seul, lâché par sa compagne, fait souvent une dépression, perd son travail, est appauvri, etc. Je ne crois pas que la société soit responsable de cela. C'est l'individu qu'il faut renforcer.

Écrit par : hommelibre | 18 octobre 2014

Tous ceux d'entre nous qui sommes père ou mère savons, combien c'est un rôle difficile.
Ce que nous vivons, de l'intérieur, n'est pas forcément ce que nos enfants perçoivent de nous.
Si on interroge les enfants d'un couple donné, on obtient certainement des compte-rendus très différents concernant les couple parental et le père et la mère. Celui qui se sera senti délaissé ou dont on aurait trop exigé (souvent les aînés) racontera autre chose que le petit dernier, qui peut bien sûr aussi se sentir oublié ou défavorisé.
Pour un enfant, la sécurité est une des choses primordiales et on sent bien dans le récit d'hommelibre, que ses parents ont réussi de ce côté-là.

Longtemps, les femmes et hommes ne cherchaient pas à se réaliser en tant qu'individus, trop occupés à survivre ou à accomplir au mieux le destin tout tracé par leur famille, leur position sociale.
Les enfants venaient, sans qu'on en ait choisi le nombre. On était certainement parent malgré soi et à l'inverse: on perdait beaucoup d'enfants en bas âge. Les prétentions de l'individu étaient peu de chose face à la force des choses.
Désormais, tout a changé. Avec la maîtrise de la fécondité et tous les progrès techniques si rapides, les générations ne vivent plus les mêmes réalités.
Mes parents sont de 1930 et moi de 1955. Les 25 ans qui nous séparent ont vu changer la face du monde.
Faut-il regretter que les femmes soient sorties de rôle traditionnel de mère de famille ? Il est certain que cela a bouleversé non seulement la vie des familles, mais bien toute la société.
Et le changement a été pour le moins rapide.
Ma génération a dû chercher comment réconcilier les différents rôles et je ne suis pas convaincue qu'on y ait très bien réussi.
A 18 ans, j'étais décidée à ne jamais avoir d'enfants. Cela me semblait totalement irresponsable. J'avais bien raison ! J'avais des idées tellement théoriques et idéalistes sur la vie, que j'aurais fait une mère écervelée et certainement pas du tout structurante.
A l'époque, il me semblait primordial de faire des études, d'avoir un métier et de gagner ma vie. Contrairement à ce qui se dit souvent ici, je ne cherchais nullement à épouser un homme riche, ni a trouver un géniteur.
Impossible de savoir d'où je tenais ce projet autarcique. Qui m'a mis dans la tête que je devais pouvoir me débrouiller seule ? Je ne vivais pas dans une famille féministe, mais avec une maman au foyer et un papa qui gagnait bien, suite à de brillantes études et il adorait son job.
Hypothèse : la vie de mon père donnait davantage envie que celle de ma mère.
Par ailleurs, mes parents ne m'ont jamais mis dans la tête que, parce que j'étais une fille, je devais me retenir de faire des études. C'était normal de faire son maximum, il fallait aller le plus loin possible.
Je n'ai jamais envisagé que je mettais l'équilibre de la société en danger ou que mon ambition de réalisation dans un métier serait de nature à déstabiliser un ordre naturel.
J'ai fini par avoir des enfants, heureusement. Maintenant que la soixantaine approche, je me demande, où on a trouvé les forces pour effectivement tout faire : les deux parents au travail et deux enfants à élever dans un environnement à la fois privilégié, mais très exigeant.
Il est clair que le travail professionnel de la femme est un défi pour l'homme.
C'était plus simple avant, mais était-ce mieux ?
Et avons-nous le choix du retour en arrière ?

Écrit par : Calendula | 18 octobre 2014

Sur l'absence des pères, on monte en épingle. Il y a 2 siècles la société était rurale à 90%. Les pères n'avaient pas vraiment l'occasion d'être absents. Les enfants les accompagnaient aux champs, ou aidaient la mère à la maison ou avec les bêtes.

Les hommes qui émigraient dans un autre pays pour trouver du travail n'allaient pas chercher des nouvelles femmes, mais de l'argent pour nourrir leur famille.

Les hommes à la mine bossaient 10-12 heures par jour. Quand ils rentraient les enfants dormaient. Quel temps et quelle énergie avaient-ils pour leurs enfants? Le confort petit-bourgeois de Genève n'est pas la norme générale. En France des milliers de gens font trois heures de route ou de train pour aller bosser. Quel temps reste-t-il pour les enfants?

Que des hommes bossent beaucoup, oui, et ce n'est pas forcément pour s'éloigner de leur famille. Il faut cesser de dénigrer les hommes. Une mère devait soutenir le père devant ses enfants plutôt que de pleurer devant eux et de se plaindre. (Idem pour le père bien sûr). Une mère ou un père qui se plaint de l'autre ou pleure devant ses enfants, je le redis: il y a trouble.

Écrit par : hommelibre | 18 octobre 2014

HL, ce que vous décrivez est ce qui se passe et s'est passé pour la grande majorité d'entre nous. Pour ma part, j'ai été très heureux d'avoir pu rendre à ma mère la dernière année de sa vie ce qu'elle m'avait donné aux premières années de la mienne. Pas facile, mais très enrichissant. Et un sentiment très clair d'horreur - ou de mépris - envers les gens qui confient leurs parents à un EMS, ces mouroirs abominables. Une amie me racontait ce qu'elle ressentait après avoir nettoyé le caca d'une douzaine de personnes et je pense que personne ne peut en ressortir indemne et l'esprit serein et recommencer tranquillement le lendemain. Les EMS, les usines à traiter les vieux, c'est partie prenante du fascisme comme doctrine de l'inhumain. Savez-vous qu'en Suisse, vous n'avez même pas droit à une chambre individuelle dans ces établissements de la honte ? Vous devez partager une chambre avec un inconnu, et tout ce qui va avec. Qui n'a pas envie de se flinguer avant d'entrer dans ce genre d'endroit ?

Écrit par : Géo | 18 octobre 2014

HL nous gratifie, une fois de plus, d'un texte magnifique, merci à lui.
Dommage que la principale intéressée ne soit plus là (?) pour prendre connaissance de ces lignes d'amour et de reconnaissance qui n'excluent pas une analyse lucide, comme HL sait le faire... Mais je suis persuadé que John aura eu souvent l'occasion de lui témoigner son amour, son admiration et sa gratitude.
Pour tous, il y a une magnifique chanson de Lynda Lemay ("une mère") qui décrit si bien ce "métier", sans doute le plus difficile du monde...
Chacun a ses expériences, son vécu, et sa propre relation avec ses parents.
Comme HL je ne saurais jamais assez les remercier, même si -hélas- c'est souvent avec le recul des années (et aussi lorsque l'on devient soi-même parent) que l'on peut se rendre compte comme ils ont été formidables, car sur le moment (l'âge bête aidant) on n'est pas forcément conscient de tout ça....

Écrit par : A. Piller | 18 octobre 2014

Oui, j'ai mis du temps à réaliser cela. Je n'ai pas pu le dire à mon père, mais à ma mère oui. Nous avons passé quelques années à échanger en adultes, avec écoute mutuelle et bienveillance. Quand elle s'en est allée les anciens noeuds étaient dénoués.

Comme vous le dites, chacun a sa propre relation, ses expériences et son vécu avec ses parents. Ce que j'ai écrit ici ne signifie pas que nous étions une famille modèle, ni que j'étais un fils idéal!!!... Il y a aussi eu des crises, des conflits, des éloignements. Il n'y a pas eu de bain de rosée permanent. Ce que j'écris dans ce billet est néanmoins ma synthèse, ce qui reste en moi, toutes choses secondaires dépassées. Et j'ai de la gratitude pour avoir eu ces parents, si imparfaits et si droits par ailleurs.

Écrit par : hommelibre | 19 octobre 2014

@Hommelibre Beaucoup de mères admettent, heureusement qu' il y a Noel seul instant ou enfin nous pouvons quitter notre rôle de momie
Ce sont des femmes qui enfants déjà étaient réservées au rôle de personnage invisible comme le jouet qui une fois bien regardé rejoindra l'endroit d'où il avait été enlevé pour être admiré ou rejeté
Beaucoup ayant eu des parents nés en 1918 auront su témoigner malgré tout leur respect à ces géniteurs qui eux n'avaient en tête que les mot guerre et séparations
Et d'avoir appris en 1942 le sort qui avait été réservé a certains membres de leur famille,membres qui encore aujourd'hui sont pour beaucoup restés dans l'ombre des secrets de famille ceci n'aura pas arrangé leur caractère
Ce d'autant que les alliances pro -allemand de certains villageois étaient connues de tous
L'après guerre devait réveiler les vieux démons et les enfants nés auront dû appendre tolérance et patience envers ce monde d'adultes toujours sur le qui vive et pied de guerre et ce jusqu'en 1955
Et pour mieux comprendre ce qui séparait les parents des enfants l'étude des modes vibratoire des lettres personnalisant chaque prénom et nom aide véritablement surtout quand on a à cœur de comprendre les véritables sentiments de gens qui n'avaient que le mot haine en bouche et qui savaient le faire ressentir cruellement à leur progéniture
Quand on sait le nombre de petits enfants qui encore aujourd'hui ignore l'existence de leurs grands parents il y a fort à parier que des conflits familiaux guettent alors ceux qui sont parents aujourd'hui
C'est triste mais ke dialogue oral n'existant plus que peut-on espérer du silence tout aussi meurtrier que le cancer quant il n'est pas lui même cancérigène?

Écrit par : lovsmeralda | 19 octobre 2014

J'ai pris le temps de tous vous lire! C'est émouvant, gratifiant et interrogateur! Rien n'est simple pour personne et chacun doit évoluer en fonction des évènements. (Je n'aime pas le terme -changer-)

Mes parents commerçants à Carouge n'ont rien fait de mieux ou pire que les autres. Ils nous ont appris le travail, la responsabilité et le devoir. Les gestes d'amour passaient rarement, mais des attentions collectives démontraient le bien pour les siens et donc de l'amour!
Chacun avait sa place, les enfants y compris, et on devait s'y tenir sinon les claques fusaient!

Plus tard, je me suis demandé qu'elles étaient les priorités pour savoir mener sa barque. Tous nous arrivons à cette étape avec notre histoire passée et je savais que mon père avait eu une enfance terrible (pendant la guerre en France) et qu'il avait pour nous une seule idée en tête: Nous donner ce qu'il n'avait jamais reçu; de l'amour et des marques d'affection. Il l'a fait et aujourd'hui il a tout mon respect et mon affection attentive.

Ma mère insignifiante, un boulet à porter. Versatile à souhait, pas affectueuse, aujourd'hui encore. C'est elle, son choix, sa vie!

Devenue adulte et en charge de famille, je me suis dit que je devais devenir moi-même avec "ces matériaux de base". J'ai mis en avant l'humilité, le devoir d'apprendre chaque jour,(car comme tous, je n'avais aucun mode d'emploi) d'y mettre de l'amour avant tout. De partager avec mes enfants pour qu'ils apprennent de mon expérience et de ne pas avoir peur de pleurer devant eux quand j'étais malheureuse et de le leur expliquer.

Avec l'âge, j'ai fait les constats. J'avais choisi un homme qui était comme ma mère et je l'ai su dès le début pourtant, alors bien sûr je suis allée à l'échec comme mes parents!

Aujourd'hui je suis une femme épanouie, sereine, avec "son homme idéal" à ses côtés, et une philosophie ancrée profondément qui trace notre voie!
Tout est construction, parcours avec embûches, mais à chaque épreuve franchie nous sommes plus forts. L'amour est dans les peines aussi, les claques aussi! Comme l'essence dans le moteur, cela ne sent pas forcément bon, mais cela fait avancer.

Je souhaite pour le futur qu'une femme reste une femme, avec ses différences, et qu'un homme reste un homme. Que les disparités entre les deux soient des complémentarités, car c'est l'union qui fait la force!

Écrit par : Corélande | 19 octobre 2014

"Et je n'ai pas une vision dégradante des femmes... J'ai une vision négative de l'éducation qu'on donnait aux femmes qui les rendait dépendantes de leurs époux."

"Et puis un jour le père a trouvé qu'elle n'était plus sexy, amusante, charmante... ele était juste mère et il s'est lassé... alors il a cherché ailleurs..."

actuellement le tiers des femmes se lassent de leur compagnon quelques années après et ça n’inquiète personne c'est le progrès parait-il

"S'est retrouvée seule à assurer l'éducation de ses 4 enfants parce que son mari était trop occupé à gagner de l'argent, ou courir, ou jouer au piano, ou sortir... "

le rôle de l'homme dans l'éducation des enfants n'est pas le même que celui de la femme faisait t'il celà

"Mais il y a absence et absence. La pire absence, ce n'est pas l'absence physique, c'est le désintérêt. Imaginons un cadre qui rentre tard de son travail. S'il est capable malgré tout, pendant un quart d'heure de faire abstraction de ses préoccupations pour aller dire bonsoir à ses enfants, écouter ce qu'ils ont à dire, être disponible, il est présent. D'autant plus si, dans la journée, la mère a dit : "J'en parlerai à ton père ce soir". Ce père-là est présent dans la tête de l'enfant et il sait qu'il peut compter sur lui."

http://www.uniondesfamilles.org/absence_du_pere.htm



http://sites.uclouvain.be/actualites/1marquet.pdf

"Ce modèle, qui suppose la dépendance financière des femmes, tient jusqu'à la seconde guerre
mondiale. En 1940-1945, les femmes ont participé massivement à la production industrielle. L'idée
que la vie des femmes aussi pourrait être régie en fonction du marché du travail s'étend. La famille
nucléaire marquée par une division sexuelle des rôles est un obstacle à une participation plus forte
des femmes au système économique, ce que le marché d'après guerre réclame. Pour que les femmes
intègrent le marché du travail, il faut qu'elles aussi soient libres, mobiles ; elles doivent pouvoir
rompre leur lien de dépendance (économique, juridique…) par rapport à leur mari. Ceci suppose
que la division sexuelle du travail - la femme au foyer, l'homme à l'usine - s'efface.
La société post-moderne est marquée par l'individualisation, ce qui signifie notamment que les
hommes et les femmes sont libérés du modèle industriel et ainsi de la division sexuelle stricte des
rôles. Mais de quelle libération s'agit-il ? A bien des égards, il semble qu'il s'agit d'une libération
forcée. Les individus se trouvant aujourd'hui contraints d'intégrer personnellement les exigences du
marché de l'emploi - en termes de formation, de mobilité, d'horaires, etc. - sous peine de sanctions
matérielles ou autres (perte d'emploi, renoncement à des avancements, etc.). Nombre
d'engagements familiaux reniés s'expliquent par une soumission à la loi du marché"

Écrit par : leclercq | 19 octobre 2014

Un proverbe Cherokee pour méditer. On prend ou non, mais il mérite d'y accorder quelques instants:

« La plus haute vocation de la femme est de conduire l’homme à son âme afin de l’unir à la Source.

La plus haute vocation de l’homme est de protéger la femme afin qu’elle soit libre de marcher sur la terre, saine et sauve.»

Écrit par : hommelibre | 20 octobre 2014

@Hommelibre la deuxième phrase me colle vraiment à la peau (rire
mieux on ne pouvait pas
Mon ancien toubib dirait vous qui vouliez par force durant toute votre vie relier le passé au présent ,vos vœux auront été comblés
Merci John et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 20 octobre 2014

je reviens sur le sujet car dit-on il faut savoir pardonner mais pour autant en toutes connaissances de causes
Je pense aux parents nés en 1918 vraies brutes avec leurs enfants mais quand on sait l'époque qui les a vu naitre on ne peut que leur souhaiter de reposer en paix car l'écologie sociale qui consistait à faire changer même le personnel de maison en gentil petit mouton de service grâce à des coups de fouets prouve bien que le recyclage existait bel et bien avant l'arrivée des Verts
Pour preuve on a subi le recyclage intellectuel qui interdit de parler toute une vie mais qui a force de déni au sujet de sa propre existence se manifestera comme certains épisodes Cévenoles dont les effets dévastateurs ne sont pas une légende et qui pourrait survenir de la part de la jeune génération ayant pour seul refuge un iphon ou Ipad,bon courage aux suivants

Écrit par : lovsmeralda | 20 octobre 2014

"Toute sa vie ma mère a dévoré livre sur livre."

C'est exactement ce que je fais dans les transports régionaux.

Écrit par : ganicus | 24 octobre 2014

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