15 octobre 2014

Social, socialiste

Le mot «socialiste» porte en lui la racine «social». On pourrait confondre les deux mots ou penser que seul le socialisme s’intéresse aux relations entre les humains et à l’organisation de la société qui participe de ces relations.


etat,social,socialisme,économie,solidarité,Aujourd’hui le mot «social» est souvent opposé à l’économie et au libéralisme politique. L’opposition social-libéral est accentuée par la notion par exemple d’Etat social, qui désigne l’ensemble des activités de protection et de soutien aux populations souffrantes: assurance maladie, chômage, pauvreté, etc. C’est une opposition stérile. Il n’y a pas de social sans société, et pas de société sans activité économique.

Un libéralisme bien compris doit tenir compte de l’organisation de la société, donc du social dans son sens large. Une entreprise gagne à porter attention à ses employés. Les conflits sociaux ne sont pas porteurs de prospérité. A long terme un chef d’entreprise verra son oeuvre se développer si le bien-être de ses employés se développe également.

La cohésion sociale, le sentiment d’appartenir au même ensemble et d’être solidaires se construit sur le fait que chacun peut trouver une place pour vivre, même en période de difficultés. C’est une application de la solidarité. Un exemple en est la mutualisation des charges financières dans l’assurance maladie.

La solidarité est-elle une valeur de gauche? La tendance maternante de la gauche pourrait y faire croire. A Genève un parti s'appelle même SolidaritéS, accentuant cette captation du mot par une mouvance politique. Mais ce n’est pas le cas. La gauche n'a pas le monopole de la solidarité. Tout groupe est tenu par un impératif de solidarité pour sa survie même, au-delà des clivages politiques et des appartenances ethniques ou confessionnelles.

Philosophiquement, le libéralisme ne se désintéresse pas de la solidarité. Il place l’initiative individuelle avant l’entraide parce que tout groupe fonctionne d’abord grâce à l’énergie individuelle de membres, de même qu’un organe ne fonctionne que par l’activité individuelle des cellules qui le composent. Laisser une large initiative individuelle, retarder l’action de l’Etat sont des signes de respect envers les individus. On les considère dans leur liberté et leur intelligence à trouver des solutions. L’Etat, la collectivité, ne pensent pas à leur place, ne décident pas à leur place de ce qui est bon pour eux.

Les lois sur le travail sont des lois sociales, en ce sens qu’elles régissent les relations humaines en société. Ces lois sont parfaitement compatibles avec le libéralisme, qui se fonde entre autres sur la notion de contrat. Une relation professionnelle étant un contrat, il est normal qu’il y ait des règles et une équité satisfaisante pour les partenaires.

La solidarité, l’entraide, le social, ne sont pas des notions réservées au socialisme. Elles sont inhérentes à tout groupe organisé. La droite comme la gauche se doivent de respecter des fondamentaux. Une des différence entre les deux est aujourd’hui le degré d’implication respective du privé et de l’Etat dans les actions de solidarité, ainsi que l’analyse des causes des souffrances sociales et leur gestion.

 

 

14:10 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etat, social, socialisme, économie, solidarité | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

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