15 octobre 2014

Pénaliser le harcèlement de rue ?

Suite au «documentaire» de Sofie Peters, la Belgique s’est dotée d’une loi pour réprimer le harcèlement de rue. Pour mémoire Sofie Peters avait filmé en caméra cachée des propositions sexuelles, réelles ou non, d’hommes à son égard. Propositions et injures. Depuis, la Belgique sanctionne. Amende, voire prison, menacent désormais les hommes discourtois.


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J’étais invité à en débattre lundi matin sur la radio romande la 1ère dans l’émission de débats «En ligne directe». Sur le plateau à Lausanne, Miret Zaki, journaliste économique à Bilan, et Léonore Porchet, vice-présidente des Verts lausannois. Comme le souligne le journaliste Olivier Schorderet, le débat fut engagé mais courtois. Ce débat peut être auditionné ici.

En premier lieu il faudrait définir précisément ce qu’est le harcèlement, et si l'on ne cherche pas une fois de plus à mettre les hommes en accusation. Chacun a sa manière d’aborder l’autre. Il se trouve que ce sont historiquement les hommes qui font le premier pas. L’homme propose, la femme dispose. La question du harcèlement de rue est une confirmation de cet adage. A aucun moment on n’inverse la situation: les hommes ne sont pas harcelés par les femmes. Du moins pas verbalement. Quoique cela arrive aussi. Mais moins.

A partir de là, chaque homme entreprend ses démarches à sa manière. Personnellement je n’aime ni les sifflements, fussent-ils admiratifs, ni les charges trop marquées. Education,  fond de timidité, crainte de prendre un râteau: un peu tout à la fois. Et surtout, j’aime que les choses soient réciproques et partagées. Je suis naturellement égalitaire.

Mais j’admets que certains hommes aient besoin de manières démonstratives, et que certaines femmes puissent apprécier cela. Sans passer pour autant à l’injure, et en sachant s’arrêter si la dame exprime un désintérêt ou un refus net. Ce point mérite cependant d’être nuancé. Les femmes qui accepteront la sollicitation masculine ne répondront en général pas tout de suite. Même si aujourd’hui la contraception permet en théorie d’avoir un rapport sexuel complet à n’importe quel moment, y compris immédiatement, la mémoire ancestrale ne peut être effacée en un demi-siècle. Au fond d’elle-même il est probable que la femme craigne encore la grossesse non désirée, et la possible insécurité et versatilité d'un homme non engagé. C’est tout l’enjeu de l’éducation des filles: trouver un homme responsable. 

 

harcèlement,rue,bruxelle,sofie peters,léonore porchet,en ligne directe,radio romande,accusation,hommes,femmes,Les pleureuses

Elles laissent donc l’homme prendre les risques et ne s’exposent pas immédiatement. S’il assure, c’est un bon point aux yeux de certaines d’entre elles, celles qui n’ont pas envie que les hommes soient des femmes comme les autres. La culture masculine est imprégnée de cette nécessité de tenir bon, de ne pas lâcher trop vite. C’est sur la même ligne que l’insistance à trouver de la subsistance, à construire sa maison, à défendre son clan et sa famille. L’insistance masculine est donc une qualité très positive, de même que la résistance féminine. Vouloir la pénaliser trop vite casse l’homme dans quelque chose d’essentiel. De ce point de vue je partage l’idée que le féminisme victimaire veut castrer moralement et socialement les hommes. Et je pense qu'en vertu de la dissymétrie des relations hommes-femmes, les garçons et les filles ne doivent pas être éduqués à l'identique. Il y a des choses spécifiques aux garçons, qui devraient être transmises par les pères. 

La pénalisation grandissante des comportements masculins est un outrage fait aux hommes. Ceux d’entre eux qui dépassent les bornes peuvent être sanctionnés. Encore faut-il préciser quel comportement est susceptible d’être sanctionné. Les attouchements: oui. Siffler dans la rue: non. Or aborder une femme dans la rue est considéré comme du courage. Les femmes aiment les hommes qui assument, elles trouvent éventuellement même cela sexy. Dilemme. 

D’une manière générale le féminisme victimaire refuse que les femmes prennent leurs propres responsabilités. L’Etat doit les protéger. J’ai connu des générations de femmes qui n’allaient pas pleurer à la police si un homme les avait abordées de manière discourtoise. Elles savaient répondre d’elles-mêmes avec force et remettre l'homme en place. Ceux qui débordaient n’étaient d’ailleurs, et ne sont, qu’une infime minorité. Le féminisme a accouché d’une génération de pleureuses dont l’antienne est la peur des hommes. On ne va pas aller loin ainsi.

Je conteste formellement que le harcèlement de rue soit un phénomène massif, comme le laissent entendre Sofie Peters et Léonore Porchet. Madame Peters a tourné son film dans deux rues très particulières de Bruxelles, au milieu d’une population immigrée. On ne sait pas encore si en réalité elle voulait faire passer un message raciste. Pour le moins on peut dire qu’elle a filmé ce qu’elle a voulu, dans des conditions que nous ne connaissons pas, et que le montage est délibérément excessif.

 

harcèlement,rue,bruxelle,sofie peters,léonore porchet,en ligne directe,radio romande,accusation,hommes,femmes,Elle va faire des jalouses...

Madame Porchet prétend être harcelée jusqu’à cinq fois par jour. Elle doit être furieusement canon, et bien des femmes voudraient être à sa place! Elle devrait leur donner les bonnes adresses... Elle affirme également que certaines de ses amies n’osent plus s’habiller comme elles le veulent ou n’osent pas sortir le soir. Sur l’habillement, je n’ai pas encore vu de slutwalkeuse en culotte se balader seule dans les rues: elles savent quand-même qu'il y a des contingences. Quand à la peur de sortir: on est dans la paranoïa. Tout est bon pour mettre les hommes en accusation.

J’observe régulièrement les lieux publics quand cela m’est possible: bus, rues, terrasses de café, bords du lac, lieux où femmes et hommes se croisent. En été j’aime passer du temps en observation tranquille. Les femmes sont souvent habillées de manière très démonstrative. Je ne vois que rarement des scènes de drague, et encore plus rarement de harcèlement ou d’insultes. Dans ma vie je n’ai assisté que moins de dix fois à des injures de rues. Celles-ci étaient le fait de couples visiblement en détresse, ou sous l’emprise de l’alcool, et les femmes insultent également les hommes.

Madame Peters a enregistré des insultes sur son film. Vraies ou fabriquées? Je ne tranche pas mais je doute de l’authenticité, et encore plus de la généralisation éventuelle de ces propos. Je ne crois pas madame Peters. Je ne crois pas madame Porchet. Les témoignages sont contaminés par la misandrie ambiante. Le but de leur discours est de semer la peur de l’homme pour récolter des fonds au profit des associations féministes. Elles ont peut-être, en plus, des problèmes avec les hommes, ou des éducations faites par des mères dominantes qui ne reconnaissent pas la place de l’homme. Je propose de réaliser une caméra cachée: les suivre toute une journée dans les rues pour voir ce qui se passe vraiment.

Pour finir, le fonctionnaire sanctionnateur de la commune d’Ixelles à Bruxelles, grande commune urbaine de 84’000 habitants, déclare à l’antenne (26’22’’) qu’en deux ans il n’a eu à traiter que deux ou trois dossiers de harcèlement, contre des centaines et des centaines pour des dégradations de biens ou des tapages nocturnes. Cela malgré la polémique qui a fait suite au film de madame Peters. Mais vous verrez: elles trouveront à dire que la plupart n'ont pas osé et qu'il y en a des dizaines de milliers. Elles s'y connaissent en trituration de chiffres...

Le harcèlement massif réduit à deux ou trois cas en deux ans? Voilà qui remet les pendules à l’heure et qui démonte l’abus intellectuel et paranoïaque commis par certaines professionnelles du féminisme. Dans trois siècles, les historiens se demanderont comment on a pu en arriver là.

Deux ou trois cas en deux ans... On se détend et on rigole un bon coup, madame Porchet!

 

 

Précédents billet à propos du film de madame Peters:

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/07/31/traitee-de-salope-dans-la-rue-elle-filme.html

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/08/01/7a0486a236ca65d7b2ad7bf348c4d386.html

 

 

Commentaires

Bravo pour votre intervention avec Mme Zaki hier matin : vous avez été EXCELLENT !

Jamais je n'ai été harcelée que ce soit à Genève - j'y ai habité très longtemps - ni à Lausanne, ni à Fribourg, ni à autre part ! En revanche, je me suis faite suivre, à 23 h., en décembre et j'y ai mis fin très fermement et rapidement.

Mme Peters, dans son explication, a utilisé son micro dans un quartier dit "populaire" ... et pourquoi ne l'a-t-elle pas fait dans un quartier résidentiel et bourgeois ?

Le terme de "populaire" est réducteur, ce qui pourrait signifier que les harceleurs de rue seraient surtout des ouvriers, ce qui me choque encore plus. C'est oublier que ces hommes sont des travailleurs manuels et que nous avons besoin d'eux pour construire, fabriquer, etc...

Je suis tout à fait d'accord avec votre conclusion.

Écrit par : Lise | 14 octobre 2014

C'est très intéressant comme article et surtout la thématique

Écrit par : Loans | 15 octobre 2014

Certaines femmes harcèlent en permanence pour un oui ou un non, telle Nadine Modiano :

http://www.legorafi.fr/2014/10/15/des-centaines-de-voyageurs-importunes-par-nadine-morano-chaque-jour-dans-les-transports-en-commun/

Écrit par : pli | 15 octobre 2014

Nadine Modiano... la femme de Patrick Morano¿¿¿
;-)

Je blague...

Écrit par : hommelibre | 15 octobre 2014

Vous dites n'avoir jamais ou presque jamais de votre vie, vu ou entendu des femmes se faire harceler. Ce n'est pas en vous asseyant à une table que vous le verrez. Suivez donc en effet une femme dans la rue pendant une demi-journée en région parisienne et on en reparle. Je ne me considère pas comme un canon ni même comme une femme qui s'habille de manière sexy (je ne pourrais pas me le permettre dans ma fonction) et pourtant j'ai le droit à des réflexions salaces au moins 1 fois par jour. Je ne pense pas et ne m'attend pas à ce qu'un homme puisse comprendre. De votre terrasse de café ou ailleurs, je doute que vous puissiez entendre ce qu'un homme susurrera à l'oreille de la fille qu'il va croiser en une fraction de seconde. Quand un homme passe à côté de vous et vous dit sans se retourner "T'es bonne", je ne pense pas que ce soit une façon de draguer une femme. On a parfois l'impression d'être un bout de viande au milieu d'une bande de bêtes affamées. D'ailleurs pas plus tard que dimanche j'ai été suivie jusqu'à chez moi pendant 15 mn, la personne s'arrête ensuite sur le trottoir d'en face et me regarde rentrer chez moi. Je ne trouve pas ce comportement normal, mais apparement cela ne vous choque guère. Si je résume votre pensée: nous sommes des femmes donc nous devons nous soumettre au regard et aux reflexions salaces de hommes. J'appelle aussi à votre attention que les femmes qui ont fait ces vidéos ont tourné dans des lieux ou elles vivent, nous n'avons pas toutes la chance et les moyens de vivre dans de beaux quartiers aseptisés. J'ajoute également que quand une femme se promène avec un ami ou son homme, elle n'entendra pas de réflexions. Donc vous les hommes ne pouvez que peu ou pas vous rendre compte de cette perversité.

Écrit par : Jojop | 31 octobre 2014

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