09 octobre 2014

Rachida Dati n’a pas fait un bébé toute seule

On aurait pu le croire. Elle a mis en scène sa grossesse et la naissance de Zohra en icône de la maternité express. Quatre jours après l’accouchement elle était à son ministère - et sa fille déjà laissée à une nounou. Elle a joué les mères indépendantes: aucun nom de père n’avait alors été évoqué, aucun homme ne figurait sur les photos ni dans sa proximité. Elle-même gardait le silence. Seule avec sa fille sur toutes les images. Seule et fière de l’être. Besoin de personne.


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On peut cependant penser qu’il y a eu quelques gouttes de sperme quelque part. La parthénogenèse n’est qu’un mythe chez les humains. Un mythe exploité par le christianisme: Marie aurait conçu Jésus avec un archange. Comme le sexe des anges n’est pas palpable, autant dire avec rien. Cette histoire, si elle mettait en avant la femme dans la religion chrétienne, était une première atteinte à la paternité et une mise à l’écart de l’homme dans la reproduction. Marie confirmait l’angoisse ancestrale des hommes: qui est le père de mes enfants? Moi ou un autre? Mieux: elle démontrait que la femme pouvait ne contracter une union qu’à des fins «commerciales», en vue de subvenir à elle-même et à ses enfants.

Madame Dati a-t-elle voulu se montrer aussi grande que Marie? Voulait-elle atteindre la dimension d’un mythe féministe moderne sur l’ancien modèle biblique? Ou est-elle simplement une écervelée ayant oublié sa contraception? Car le monsieur qu’elle identifie comme père de Zohra n’avait pas prévu cela. Il reconnaît une relation occasionnelle avec l’ancienne ministre mais sans avoir jamais eu d’intention de former un couple et encore moins d’avoir un enfant. Elle lui aurait alors fait un enfant dans le dos?

Rachida Dati avait, selon lui, plusieurs relations avec des hommes différents à cette époque et il faudrait être une mouche pour savoir lequel serait le père biologique. A moins d’un test ADN. Le père putatif s’y refuse et la loi ne peut l’y contraindre.

Cependant un tribunal vient de confirmer cette paternité. Monsieur Dominique Desseigne est déclaré père sans aucune preuve. Avec la contrainte de payer une pension de 2’500 euros, rétroactivement depuis décembre 2013, date du dépôt de l’assignation de Madame Dati. 

Elle a bien choisi! Dominique Desseigne est un riche homme d’affaire: 

«Dominique Desseigne, 68 ans, est le dirigeant du groupe Lucien-Barrière (GLB) qui comprend 37 casinos, 15 hôtels de luxe et près de 130 restaurants et bars, dont le célèbre Fouquet's à Paris. Son chiffre d'affaires 2011 s'est établi à près de 1,1 milliard d'euros. La famille Desseigne-Barrière est propriétaire du groupe à plus de 60%.

rachida dati,desseigne,paternité,pension,ange,marie,zohra,femmes,hommes,père,Dominique Desseigne est également président de la société fermière du casino municipal de Cannes, dont la famille détient également 60%. Cette société est propriétaire de deux hôtels à Cannes (Le Majestic et le Gray d'Albion), deux casinos, cinq restaurants et huit bars, soit un groupe d'environ 700 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 128,6 millions d'euros sur l'exercice 2011.

La fortune personnelle de Dominique Desseigne est estimée à 350 millions d'euros en 2012, ce qui le classe 118e fortune de France.»

Le hasard fait bien les choses: la mère de Zohra n’a pas pris le groom de l’hôtel comme père éventuel...

 

L’héritage en vue

Dominique Desseigne va faire appel de ce jugement. Il conteste totalement être le père. Il n’a jamais vécu avec la dame, n’a entretenu avec elle qu’une relation courte et non exclusive de sa part à elle, n’a pas été invité à suivre la grossesse ni l’accouchement, ni à choisir le nom du bébé, ni à être près de Zohra pour voir ses premiers pas, lui apprendre ses premiers mots. Bref il n’a pas eu la place d’un père et madame Dati ne la lui a pas faite, comme une mère doit le faire.

Mais 5 ans après elle vient lui réclamer une paternité. Ce n’est pas tant la pension qu'elle vise, que l’héritage futur de Zohra quand le père putatif mourra. Hypothèse, pure hypothèse... La mère voudrait-elle envisager sa vieillesse dans un hôtel de luxe?

Elle désigne donc le père supposé 5 ans après la naissance de sa fille. On peut se dire qu'elle protégeait sa vie privée. Soit, mais enfin personne ne l'a vue avec Dominique Desseigne pendant la grossesse et après l'accouchement. Et pourquoi alors avoir ébruité la procédure judiciaire contre ce monsieur? Pourquoi avoir mis sa fille en vitrine? Et que va-t-elle dire à sa fille sur ce «père juridique» qu'elle ne connaît pas?

Triste affaire. Et drôle de société, qui démantèle les structures familiales fondées sur la biologie - ce qui reste toujours valable - en laissant se déployer le discours que la biologie n’est rien, que le père social est tout - tout en demandant quand-même un test ADN. Pas d’ADN, pas de père biologique mais un père social. Donc n’importe quel père fait l’affaire. S’il est riche c’est encore mieux.

Je passe sur le degré de mépris de l’homme, assigné juridiquement à être père alors qu’il n’a jamais été appelé à l’être intimement, affectivement, socialement. De cela, de l’évacuation du père, on a aujourd’hui une bonne connaissance. 

rachida dati,desseigne,paternité,pension,ange,marie,zohra,femmes,hommes,père,L’autre aspect est l’image de femme donnée par Rachida Dati: vénale et manipulatrice (on prend un père pour un motif d’argent), écervelée, n’offrant à sa fille qu’un père-compte en banque avec lequel Zohra n’a jamais eu de relation.

On peut se demander aussi comment un tribunal peut prendre une telle décision. Eh bien oui, il le peut, même en l’absence de test ADN. Il suffit qu’il y ait une présomption. Comment la présomption a-t-elle été établie ici? On n’en sait rien. Il aurait certes été plus simple que monsieur Desseigne se prête au test ADN. Son refus vaut presque pour aveu, diront certains. Craint-il le résultat? Je ne peux que lui donner raison. Car si madame Dati, malgré la non exclusivité qu’elle pratiquait selon monsieur Desseigne (et qu’elle n’a pas démenti), l’avait piégé? S’il était bien le père biologique? On ne se soustrait pas à la biologie, seul fil identitaire indiscutable qui traverse les époques.

Mais si c’est lui, que n’a-t-elle agi dès la naissance de sa fille? 

Une affaire écoeurante. Mais pour elle, elle est pas belle la vie?


Quand les hommes se réveilleront-ils?


23:07 Publié dans Féminisme, société | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : rachida dati, desseigne, paternité, pension, ange, marie, zohra, femmes, hommes, père | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Je demande que les banques du sperme et leur contenu soit détruit.
Il n'y a pas de raison que seules les femmes puissent procréer.
Au nom de l'égalité.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 09 octobre 2014

Messieurs, n'oubliez pas le préservatif, il vous garantit de ce genre de mésaventure!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 10 octobre 2014

@Monsieur Dumitrescu La demande avait déjà été émise en 2004 suite à des doutes sur la conservation du sperme après les vasectomies
Si les couples gérent leurs problèmes comme l'Etat on comprend qu'il y ait de plus en plus de gens qui divorcent ou qui ne veulent plus entendre parler mariage car diriger l'Etat c'est comme en famille on régle les problèmes les uns après les autres mais il faut aussi savoir ce que les mots comme patience et endurance représentent et apparemment beaucoup ne savent même plus de quoi on parle
ah vous les hommes si vous saviez le nombre d'informaticiens avouant s'ennuyer diablement et ayant avoué leurs petits jeux sur le net ,on s'ennuie tellement qu'on invente de fausses annonces ou alors ils vont sans licence évidemment pougner des retraités en désossant complètement leur ordi pour qu'ensuite ceux-ci doivent en acheter un nouveau
Alors comme à l'école pour ceux qui s'en souviennent ,les problèmes doivent impérativement être résolus les uns après les autres sinon les esprits vont se mettre en carafe tout comme un ordi qui se broute
D'où le déni de nombreux citoyens face au Net,eux préférent vivre en analysant et réfléchissant par eux-mêmes tout en se moquant de ceux qui sont encore trop jeunes mais rêvent d'imiter le Roi Hollande et sa cour en jupettes
Ceci ne vous étant pas spécialement destiné je vous rassure/rire

Écrit par : lovsmeralda | 10 octobre 2014

Le préservatif, ou un jour la pilule pour hommes.

Écrit par : hommelibre | 10 octobre 2014

navrée monsieur Dumitrescu mais je n'avais pas lu le blog de Monsieur Montabert ou vous spécifiez qu'il ne fallait plus que je m'adresse à vous
J'ai pris bonne note/rire

Écrit par : lovsmeralda | 10 octobre 2014

Le préservatif ne suffit pas il faut le jeter dans les toilettes après le rapport sexuel et s'assurer qu'il ne reste rien.

Les histoire des fraudes à la paternité vont chercher très loin.

Écrit par : De passage | 10 octobre 2014

Ton article est vraiment très intéressant :)

Écrit par : viagra | 10 octobre 2014

Si elle ne détient pas l'ADN de Dominique Desseigne, pour la comparer avec l'ADN de sa fille, elle ne peut pas prétendre que Dominique Desseigne est le père de son enfant... Point !
Nous avons bien une justice de bric-à-brac qui viole les droits fondamentaux des citoyens ! Tout cela pour que les avocats puissent exploiter des ressources enrichissantes !

Écrit par : Will | 10 octobre 2014

Bof, je connais 2 femmes qui se sont retrouvées enceintes "sans faire exprès", et qui par respect de la vie ou bien réalisant que si elles avortaient celui-là elles n'en auraient peut-être jamais d'autres (une avait largement dépassé la trentaine) ont décidé de garder ce cadeau de la vie, quelque soit le futur avec le géniteur.

Pour ma part, je comprends leur décision.
Les deux enfants vont bien, et ont la même petite bouille craquante que les sacro-saints "enfants désirés". L'un a 12 ans, l'autre 4. Ils ne sont pas plus malheureux que les autres et sont adorés de leurs mères et entourés des familles de ces dernières. L'un a aujourd'hui un beau-père.

Il n'y a pas qu'une recette à la vie......et accepter des "enfants-surprises" ne rend pas plus malheureux, ça peut même être une des plus grandes joies de l'existence.

Et les hommes qui ne veulent pas de ce risque, et bien, qu'ils ne couchent pas!

Écrit par : bof | 10 octobre 2014

Si tout cela est avéré, c'est ce qui s'appelle une s.....

Il paraît, selon une gazette spécialisée en ragotages, qu'un célèbre maître bahamassien (aujourd'hui handicapé), s'y serait également "frotté"... on ne saura jamais si c'est "grâce" à un accident vasectomulaire ou vasculaire qu'il l'a échappé belle.

Écrit par : petard | 10 octobre 2014

Bonjour hommelibre,

Sur ce coup, je ne suis pas d'accord avec vous. Si M. Desseigne refuse le test de paternité, c'est bien qu'il se doute du résultat. Il a choisi d'avoir des relations non protégées d'un soir (ou peut-être 2 ou 3) avec une charmante ministre. Il sait qu'il a pris un risque et refuse de faire un test de paternité pour se soustraire à sa responsabilité. Rachida Dati a quant à elle demandé ce test, c'est bien qu'elle aussi se doute du résultat. Elle sait avec qui elle a eu des relations non protégées. Le père est sans doute pour elle une évidence.

Si elle a choisi de garder l'enfant, c'est à mon avis une décision qui l'honore. Trop souvent à notre époque, on a recourt à l'IVG pour de mauvaises raisons. Un enfant est un enfant. Certes un avortement aurait facilité la vie du père. Mais il aurait interrompu définitivement la vie de cette petite fille. Je félicite Mme Dati d'avoir eu le courage d'aller au bout de sa grossesse malgré l'incompatibilité avec sa vie professionnelle.

Finalement, la seule chose qu'on puisse lui reprocher, c'est de décider si longtemps après de faire connaître l'identité du père, le mettant ainsi dans une position embarrassante. Mais finalement, je pense qu'il faut n'y voir que le désir d'une femme d'assurer à sa fille la place qui lui revient de droit. Elle n'est plus ministre depuis longtemps. Elle n'est plus qu'une maman. Et elle ne supporte plus que son père refuse de la reconnaître. C'est naturel non ?

Quant à Marie... je trouve son cas bien plus accablant! Si j'avais été à la place de Joseph, son histoire de saint esprit, elle aurait pu se la ravaler vite fait! :)

Bonne journée, Pascal Carlier

Écrit par : Kad | 14 octobre 2014

Bonjour Kad,

Oui cela se discute. Toutefois j'avais lu en janvier, peu après la médiatisation de la procédure, des propos rapportés de M. Desseigne. Il semblait selon lui qu'il n'y avait ni projet de durée ou de couple, encore moins d'enfant. On ne sait pas ce qui s'est dit entre eux mais les versions sont opposées. Auquel cas il se trouve dans une situation de contrainte. Et le bébé devient une arme...

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 14 octobre 2014

Finalement si elle gagne, c'est elle qui lui aura mis dans le cul!

Écrit par : José | 22 octobre 2014

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