01 septembre 2014

Une nouvelle épidémie aux HUG

Non, ce n’est pas une pub pour un déodorant, bras levés sans auréoles aux aisselles. Ce n’est pas davantage une profession de foi féministe. Bravant tous les discours sur les stéréotypes sexués, la Pink Life a de beaux jours devant elle. L'épidémie rose a déjà touché les Hôpitaux Universitaires de Genève. Heureusement la vie en rose n’est pas morose!

La couleur rose est réaffirmée comme le symbole de la représentation féminine. Depuis début août j’ai mentionné à quelques reprises les places de parking roses, les routes roses et autres Pink Zones, espaces commerciaux, sportifs ou autres réservés aux femmes. Comment l’Hôpital Cantonal de Genève participe-t-il à l’épidémie rose?


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Le laboratoire américain Medline, qui fabrique entre autres des gants d’examen médicaux, organise pour la quatrième fois le concours «Pink Glove Dance», la danse des gants roses. La compétition se déroule entre différents hôpitaux dans le monde. Des groupes de soignants réalisent un clip qui est ensuite mis en ligne sur un site. Le public vote et les trois premiers clips sont récompensés par des sommes allant de 3’000 à 8’000 $. Les gagnants reversent le montant à des groupes ou instituts de recherche de leur choix.

Le laboratoire Medline fabrique et vend divers produits, dont la ligne rose Generation Pink. Le concours concerne le cancer du sein. Le but est d’attirer l’attention sur la prévention. Il consiste donc à danser sur une musique imposée et à réaliser le clip qui sera mis en ligne. Bonne cause, bien sûr. Les HUG avaient déjà participé l’an dernier, ils récidivent cette année. Le clip en fin de billet a été réalisé à Genève pour l’édition 2013.

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La Pink Life des Pink Gloves

Mais risquons-nous au doute. La bonne cause cache-t-elle une autre intention? Oui: vendre les gants Pink Generation du laboratoire Medline dans le plus grand nombre d’hôpitaux. Pour atteindre cet objectif, il faut les faire connaître, les promouvoir et recruter des agents publicitaires. C’est sans doute faire preuve de mauvais esprit que de suspecter une action de Health & Moral Business d’intention avant tout commerciales. C’est pourtant ce qui se passe. En attribuant des prix aux trois premières vidéos, en donnant à la recherche américaine un dollar par boîte de gants vendue, le laboratoire Medline fait simplement sa pub. Rien de répréhensible. Rien de désintéressé non plus. Ce ne sont pas les gants qui valorisent la prévention du cancer du sein, c’est la prévention du cancer qui sert à vendre des gants. Est-ce bien clair dans l’esprit des groupes de soignants et soignantes qui dansent sur les clips, et qui sont d’abord employés par un hôpital public?

pink life,pink zone,rose,cancer sein,cancer prostate,HUG,hôpital,genève,clip glove dance,medline,Le clip genevois de 2013 montre un show supposé désopilant. Mais il sert surtout à mettre les gants roses en valeur et en hauteur. Medline remercie ses agents publicitaires.

Najat Vallaud Belkacem, la féministe radicale du gouvernement socialiste en France, doit être très heureuse de voir s’affirmer le stéréotype rose pour les filles, elle qui veut imposer aux garçons de jouer à la poupée dans les crèches de la République...

Enfin, pour revenir à la bonne cause de la prévention du cancer du sein, la Ligue suisse contre le cancer annonçait qu’en 2013, 5’500 femmes et 40 hommes ont développé un cancer du sein en Suisse. 5'500 nouveaux cas par année: la prévention n’est-elle pas une bonne cause? Oui, bien sûr.

pink life,pink zone,rose,cancer sein,cancer prostate,HUG,hôpital,genève,clip glove dance,medline,Dans le même temps, la même Ligue suisse contre le cancer annonçait que 6’000 hommes développaient le cancer de la prostate en Suisse pendant la même année. A-t-on vu des campagnes «Blue Gloves» recruter du personnel soignant pour réaliser un clip sur la prévention? Non. Y a-t-il même une prévention organisée du cancer de la prostate à large échelle? Non.

Il y a comme une discrimination sexuée, là. Le cancer de la prostate ne semble pas être une bonne cause. Mais rhabiller les filles en rose, ça c’est une bonne cause. Merci Medline.



 

 

09:43 Publié dans Féminisme, Humour, Santé | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : pink life, pink zone, rose, cancer sein, cancer prostate, hug, hôpital, genève, clip glove dance, medline | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Une excellente publicité, bien ficelée. Presque parfaite. Pour réaliser la vidéo qui participer au concours, il faut, bien-sûr, acheter les gants roses. Je présume qu'elles ne se vendent que par lots de 100, 500 ou 1000.

Écrit par : Ben Palmer | 01 septembre 2014

Question communication, les USA sont champions mondiaux. Il n'y a même plus besoin d'organiser de casting ni de payer les figurants pour la multitude de publicités commerciales ou socio-commerciales.
Les gens s'organisent tout seuls, se mettent en scène et font vendre. Toute cette action est free of charge pour les fabricants de courants d'opinions et de consensus. Mieux, les acteurs-lambda y mettent la main à la poche pour parfaire les clips.

Entre le genre, le mariage pour tous, les droits humains de (tuer aussi), la démocratie nouveau standard-nouvel étendard, le féminisme fuchsia qui rosit, LGBT, la religion vélo, l'écologie bling-bling, le bio frauduleux etc. etc. on est bien baladés!
Il faut bien montrer que la lobotomisation est un processus et des procédés qui fonctionnent sur des populations au ventre plein à la cervelle pop- corn. Les populations sont censées se déplacer comme un seul homme sur téléguidage... Oui! elles concourent à leurs propres préjudices.

Les sorciers hindous diront: on a extirpé l'âme et le cœur du corps humain sans avoir à le toucher. Un robot qui s'auto-alimente et qui produit l'énergie dont il a besoin pour accomplir tous les ordres. Il suffit d'un seul mot d'ordre et tout se met en place comme par enchantement.

Écrit par : Beatrix | 01 septembre 2014

Hors ligne une internaute me suggère que la prostate est un endroit du corps (masculin) plus difficile d'accès... psychologique. Le toucher rectal comme la coloscopie sont des examens que beaucoup d'hommes n'apprécient pas, à cause de la possible connotation homosexuelle.

Ce n'est pourtant qu'un examen médical, et la gastroscopie ne fait elle pas penser à une fellation, mais c'est comme cela. L'internaute suggère qu'une prévention du cancer de la prostate serait pourtant très rentable.

Avec des gants bleus?... J'imagine déjà le clip: un groupe de soignants hommes dansant sur un manche à balai sur la musique de "Thriller".
:-)

Écrit par : hommelibre | 02 septembre 2014

@Hommelibre au sujet du toucher rectal ,en effet psychologiquement cet acte médical est souvent mal vécu par autant d'hommes que de femmes
.Ce geste qui semble anodin peut réveiller des souvenirs remontant à l'enfance chez certains ados filles ou garçons ayant subi des attouchements sexuels
Lesquels amnésiquement parlant avaient été enfouis afin de ne pas être punis .À cette époque de toutes manières ce qui arrivait était une punition divine alors la majeure partie des jeunes se taisaient et passaient à autre chose trop pressés de grandir pour enfin comprendre ce qui se cachait vraiment derrière cette phrase idiote et tellement répétée comme* mange ta soupe et quand tu seras grand tu comprendras *
très belles énergies pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 02 septembre 2014

La prostate qui atteint très souvent des hommes prenant ou allant prendre leur retraite aux médecins psychosomaticiens propose ou suggère l'approche du mal par le fait que l'homme qui se *tenait devant" au travail rentrant à la maison selon ce qu'il ressent se "met en arrière" ce qui ne correspond plus à ce qui se "tient devant" (salut à Lacan) la pro state! d'où l'importance de projets concernant sa retraite y compris celui d'une carrière cette fois indépendante.
Les femmes apprécient-elles forcément les caresses à leurs seins? Osent-elles dire non? Protection écartant les mains de l'homme une tumeur au sein? Qui prouvera que non? Au CHUV il y a une dizaine d'années un toucher rectal pouvait être refusé. Aujourd'hui?

Écrit par : Myriam Kaiser | 02 septembre 2014

"Au CHUV il y a une dizaine d'années un toucher rectal pouvait être refusé. Aujourd'hui?"
Vous pouvez même refuser d'aller au CHUV. Je n'ai jamais entendu qu'un médecin introduise son doigt de force (en mettant une camisole?); il suffit de parler poliment au médecin. Mais on doit aussi supporter les éventuelles conséquences d'un contrôle non accompli.

Écrit par : Ben Palmer | 02 septembre 2014

Si on part du postulat, selon lequel les "les gants roses" sont un coup de marketing génial, on a de la peine à comprendre pourquoi cette démarche ne peut être envisagée du côté du cancer spécifiquement masculin. L'appât du gain devrait amener à mettre en route une telle campagne.

Les fabricants de gants auraient-ils pensé que cela n'inciterait pas les hommes à se faire dépister ? Que ce serait trop frivole ou féminin, puisque le gimmick a déjà été utilisé pour le cancer du sein ? N'ont-ils trouvé personne pour lancer le truc ?
Il est bien possible, qu'une fois de plus, on ne puisse pas faire exactement pareil pour les hommes que pour les femmes. Il faudrait chercher une démarche qui puisse véritablement convaincre les hommes à prendre soin d'eux-mêmes.
Les seins sont perçus ( à tort ou à raison) comme quelque chose de dédramatisé depuis 20 ? 30 ? ans. Des seins nus ne choquent plus grand monde.
Peut-être que la prise en charge sérieuse du dépistage a rendu ce cancer moins terrifiant. Et après tout, cela se trouve à l'extérieur du corps, en quelque sorte.
On ne fait pas de campagne festive autour du dépistage du cancer de col de l'utérus...

Écrit par : Calendula | 02 septembre 2014

@Ben Palmer vous avez raison mais vous savez parfaitement que de nos jours il y a encore des (anciennement patients) "clients" qui n'oseront pas répondre non au toucher rectal présenté comme complément aux processus d'investigation.

Ayant eu un proche parent en cette situation je puis vous affirmer qu'en cas de refus les médecins insistent et insistent encore ce, disent-ils, pour le plus grand bien de la personne qui, anxieuse légitimement, finit par céder.

Écrit par : Myriam Kaiser | 02 septembre 2014

C'est nouveau, ça vient de sortir :

http://www.tdg.ch/societe/Apres-le-Bucket-Challenge-les-stars-se-touchent-l-entrejambe/story/25428976

Si j'ai bien compris, ça se passe sans gants.

Écrit par : Calendula | 02 septembre 2014

Les commentaires sont fermés.