02 juillet 2014

Mehdi ne mettra jamais du rouge à lèvres

En ce temps-là tout semblait possible. Une simple décision, et l’on devenait femme, ou homme. Certains se demandaient même pour quoi se limiter aux humains. L’identité de genre n’étant présentée que comme un fait anodin construit par la société, d’autres challenges plus excitants pouvaient être posés.


genre,abcd,filles,garçons,indifférenciation,sexes,rouge à lèvres,Ainsi l’identité d’espèce était questionnée. Après tout, qu’est-ce qu’un animal sinon un agrégat de cellules réparties dans un vrac organisé? Tous les mammifères mâles produisaient du sperme. Qu’est-ce que le sperme de taureau avait de particulier pour qu’on lui attribuât des vertus formatrices d’une identité spécifique?

Dès la naissance on posait un masque de mouton sur le visage des jeunes veaux et on leur apprenait à bêler. Des équipes de psychologues squattaient les étables pour convaincre vaches et petits qu’il suffisait de décider de son espèce pour devenir cette espèce. Les obstacles chez les taureaux, comme chez les humains, était ce fort atavisme, cet attachement réactionnaire au passé qui bloquait toute évolution intellectuelle. Le groupe se prêtait trop peu au jeu: aucune maman bovine ne soutenait son fiston à devenir un agneau ou un passereau.

C’était une grande perte pour la science, mais on sait que les sociologues ont quelques longueurs d’avance sur la population moyenne et qu’à cause de cela leurs volontés, déguisées en études supposées neutres, se heurtent régulièrement à la bêtise ambiante et aux arrogants osant mettre leurs certitudes absolues en question.

L’ambition d’alors était de reconstituer une sorte de Cour des miracles à l’échelle de toute la société. Les uns exhiberaient leur pénis en chantant «Femmes femmes, femmes», les autres bêleraient dans leur veste en mouton retourné, d’autres parleraient des langues incompréhensibles en invoquant une improbable ascendance atlante, d’autres ramperaient nu sur le dos en revendiquant leur identité de vers solitaire, ou alterneraient toutes les cinq minutes: «Je suis un homme, je suis une femme, etc». 

Bref, le bistrot de l’espace de Star Wars ne serait qu’un divertissement bien pâle à côté de la victoire des «théories de l’Informe», ou de la forme aléatoire ne dépendant que de notre bon vouloir individuel, sans lien avec le corps, la morphologie, la génétique, la descendance, la reproduction, etc.

genre,abcd,filles,garçons,indifférenciation,sexes,rouge à lèvres,Les responsables du Bureau de la Conformité Informelle exploraient tous les moyens pour éradiquer les différences portées par la tradition. Ils avaient dénoncé ladite tradition comme un instrument culturel opposé au dieu progrès. Cela ne suffisait pas. Des parents continuaient à appeler «garçons» les nouveaux-nés dotés d’une virgule à l’entre-jambes, et «filles» ceux pourvus d’une fente comme les automates à boissons. Et bien sûr les stéréotypes suivaient: les filles feraient les enfants, les garçons paieraient la pension alimentaire.

Or la science avait fait des progrès. Il devenait possible de faire des enfants en éprouvettes. Les filles ne devaient plus porter et garderaient un ventre éternellement plat. On n’avait pas encore trouvé comment remplacer les garçons pour payer la pension, mais cela viendrait certainement dans les prochains millénaires.

Le Bureau de la Conformité Informelle inventa la théorie du genre et voulu l’imposer à l’école primaire. Il s’agissait de dénoncer aux yeux des petits les bêtises que leurs parents leur avaient assénées. Les enfants devaient choisir d’être fille ou garçon sans que la société ait quoi que ce soit à leur enseigner à ce sujet. Ils ne recevaient plus leur identité de leur corps et de leur famille, mais uniquement d’eux-mêmes. 

Ils avaient des livres pour montrer que tout cela était très simple, par exemple Mehdi met du rouge à lèvres. Cet enseignement donnait lieu à des scènes cocasses: des filles se baladaient dans la cour de l’école avec un concombre entre les jambes et criaient: «Sans contrefaçon, je suis un garçon». Et comme les stéréotypes ne pouvaient se défaire d’un coup de b(r)aguette magique, elles devaient prouver qu’elles étaient bien des garçons en cassant la figure des vrais garçons. Dans les toilettes on s’amusait beaucoup. Des garçons, pantalons baissés, criaient «Je suis une fille» et sautaient sur les vraies filles, pénis en avant. Quand les profs leur disaient que c’était une tentative de viol, ils répondaient: «Impossible, je suis une fille, je ne peux pas violer».

genre,abcd,filles,garçons,indifférenciation,sexes,rouge à lèvres,Dans une école il y avait un petit garçon nommé Mehdi, comme le titre du livre. Il était fils d’immigrants de la région de Tamanrasset. Les profs et les autres enfants voulaient absolument qu’il mette du rouge à lèvres. Lui ne voulait pas. Il disait que c’est une affaire de filles. On avait bien vu au théâtre des hommes aux lèvres rougies, ou chez les nobles de certaines époques. Mais la parure du visage restait l’apanage des femmes. Il ne voulait pas être forcé à se sentir fille.

Un jour, les enfants, soutenus par les profs, attrapèrent Mehdi et l’attachèrent dans le préau. Là, devant toute l’école réunie, ils badigeonnèrent ses joues, son torse, son cou de rouge à lèvre. Mais pas ses lèvres: il les tenaient si serrées, jusqu’à en saigner, qu’ils ne réussirent pas à les colorer. De guerre lasse, ils le détachèrent. Mehdi s’enfuit de toute la vitesse de ses petites jambes.

Une heure passa. Les enfants étaient dans leurs classes. L’on entendit alors un grand bruit fait de cris et de portes qui claquent. Le père de Mehdi déboula dans la salle de sa prof. Il hurlait de toute sa voix:

 

«Mehdi ne mettra jamais du rouge à lèvres!»

 

Il sortit alors un fusil d’un sac qu'il portait à l’épaule, arma et visa. Il tira sur le prof, puis sur les enfants l’un après l’autre. Il sortit ensuite de la classe, prit un cocktail Molotov dans le sac, l’alluma et le lança dans le grand corridor central de l’école. Puis encore trois autres. L’école commençait à brûler. Il continua à tirer au fusil puis disparut dans la rue.

L’incendie de l’école fit 181 morts.

Le Bureau de la Conformité Informelle retira son programme d’indifférenciation des sexes.

 

On ne revit jamais Mehdi ni son père. Mais on parle encore d’eux du côté de Tamanrasset.

 

 

 

17:34 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : genre, abcd, filles, garçons, indifférenciation, sexes, rouge à lèvres | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Cette manie de ne pas voir les différences , de les rejetter , de se mettre la tête dans le sable...Vient , je crois , d'un concept féministe appelé "l'intersectionnalité" et dont tous les grands penseurs du mouvements Fem. semblent considérer la véracité comme allant de soi.

C'est une idée qui à BEAUCOUP d'impact.

L'un de ses points est que les catégories sociales sont une construction (ce qui est en partie vrai mais celà n'est pas leur idée).
Et que les inégalités proviennent de ces différences de perception qu'ont les gens du genre, de la race, de la sexualité....

Et qu'il y a bien sûr des relations entre ces groupes. Par exemple la femme noire perçue comme vindicative.

DONC le seul moyen pour eux de se défaire des inégalités serait de TAIRE toute différence , de (se forcer à) ne pas les voir. D'abolir les catégories. De ne plus faire de groupes.


Cette idée de l'intersectionnalité pousse aussi à l'incorporation des combats gays dans la cause féministes. Et aussi des combats contre le racisme.

Celà ayant amené l'idée du MÂLE BLANC HÉTÉRO privilégié.

Comme quoi abolir les différences , ce n'est que quand ça leur chante. Abolir les stéréotypes d'accord mais seulement pour certaines personnes.


Hommelibre , je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur cette "intersectionnalité" afin de mieux cerner le début , les tenants et aboutissants des idées féministes modernes.

Écrit par : nemotyrannus | 02 juillet 2014

Nemotyrannus,

Cela tombe bien que vous en parliez. Je suis aussi interpellé sur ce concept de l'intersectionnalité. Il faudrait que je trouve à le rendre simplement. Cela sert entre autre à grossir les rangs des victimes! Et à les ranger sous une seule bannière.

Et au final, comme vous dite, à viser la catégorie du mâle blanc hétéro.

C'est aussi à démonter.

Ces derniers temps j'ai pris le parti de refuser totalement tout discours de mise en accusation des hommes, sans avoir forcément à argumenter ce refus. Je vais réfléchir à cette intersectionnalité.

Écrit par : hommelibre | 02 juillet 2014

Tenez Hommelibre, un petit hors sujet en parallèle à l'enlèvement des filles nigérianes par Boko Haram, que vous évoquiez il y a quelque temps sur ce blog, au vu d'une dépêche de Human Rights Watch sur laquelle je suis tombé aujourd'hui.

http://www.hrw.org/fr/news/2014/07/01/syrie-l-eiil-detient-plus-de-130-garcons-kurdes

Avez-vous entendu les médias parler de ces 130 garçons kurdes enlevés par EIIL ? avez-vous entendu Michelle Obama s'en émouvoir?

Pas moi....


Il est vrai que ce ne sont que des Kurdes... Et des garçons, de surcroît.

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 03 juillet 2014

Merci Mikhail.
Cela mériterait bien un petit billet!...

Écrit par : hommelibre | 03 juillet 2014

Bonjour,

A propos de la théorie de l’intersectionnalité, c’est effectivement une théorie issue du féminisme, du black féminisme plus exactement. C’était en premier lieu une théorie qui avait pour objectif de critiquer le féminisme blanc, soit le discours du féminisme de la « white middle class » qui se voulait parler au nom de toutes les femmes, alors que la seule situation vraiment considérée était celle des femmes blanches de la classe moyenne dans les sociétés occidentales. Il n’y avait pas prise en compte des situations différentes des femmes et hommes qui étaient par exemple confrontés au racisme, classisme, homophobie, etc. Cette théorie permet de prendre en compte l’imbrication des différents rapports de pouvoir. Alors effectivement, cette théorie considère l’homme blanc occidental hétérosexuel comme étant le plus privilégié, ce que vous semblez contester si j’ai bien compris votre perspective (j’ai découvert votre blog il y peu et n’en ai pas encore du tout fait le tour, il faut dire que vous êtes très productif !).
Il me semble, même si vous n’êtes pas d’accord avec les approches féministes, que cette théorie reste intéressante dans le sens où elle permet de mettre en relief le fait que tous les hommes n’occupent pas la même position dans la société et ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes en fonction de ladite position qu’ils occupent. Ainsi, un homme par exemple immigré, pauvre, gay et dont les diplômes ne sont pas reconnus dans sa société d’accueil se trouve dans une situation et doit faire face à des problématiques considérablement différentes qu’un homme blanc occidental hétéro, riche et avec des diplômes. Idem pour les femmes entre elles. Ou entre hommes et femmes. Et si l’on travaille à l’amélioration de la situation de l’un, l’autre ou des deux, c’est des éléments essentiels à prendre en compte.
On est d’accord que c’est assez logique (bon là j’ai fait dans le résumé très simple et en fonction de ce que je me souviens de cette approche) et que d’autres théories permettent probablement ce constat.
Voilà, c’était ma réflexion du jour suite à la lecture des commentaires. Je serais intéressée, Hommelibre, de connaître votre interprétation de l’intersectionnalité si vous vous penchez un jour sur la question.

Écrit par : A.M. | 03 juillet 2014

En expliquant en quoi le fait d'être femme n'est pas le seul facteur à prendre en compte dans les inégalités , comme comptait le faire certaines féministes radicales dans les années 70 , l'intersectionnalité prend en compte l'origine et la sexualité en plus dans le compte mais ne se sépare pourtant pas tellement de ce féminisme radical en conservant le paradigme du mâle dominateur et désireux de garder le pouvoir.

D'où je pense l'idée d'abolir les différences , de faire un tabou des différences culturelles afin de faire du mâle le dénominateur commun de toutes les inégalités. (Ce qui permet en plis de ne pas se mettre certaines assoc'anti racisme sur le dos.)
Et d'écarter la possibilité que le pouvoir resterait avant tout une question de moyen financiers bien avant d'être une question de genre. Afin justement de ne pas s'écarter de ce paradygme.

Une femme homosexuelle noire millionaire sera toujours plus privilégiée que mon voisin blanc hétéro qui vit du RSA.

Écrit par : nemotyrannus | 03 juillet 2014

Théorie de truc, théorie de machin, masturbation intellectuelle que tout cela.
Juste bon pour faire parler les femmes entre elles.

L'homme est une femme comme les autres ... que de conneries !
Mais où vont elles chercher tout ça ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04 juillet 2014

Et le concept de la Domination masculine et toute la théorie qui l'accompagne nous vient de ... Pierre Bourdieu ! Un homme aux dernières nouvelles.

Commentaire un peu pour la provoc', mais quand même. La réflexion sur ces questions n'est pas que l’œuvre des femmes, il y a un certain nombre d'hommes qui étudient les questions de genre à l'uni et publient, etc...

Écrit par : A.M. | 04 juillet 2014

C'est donc bel et bien ce que je dis, à savoir l'homme est une femme comme les autres.

Le sexe de l'Humain en question n'empêche pas la vision de masturbation intellectuelle, qui reste valable, dans le cas d'un Homme, comme celui d'une Femme.

Les conversations de café du commerce valent bien celles des boudoirs.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04 juillet 2014

@ A.M.:

Le cas de Bourdieu me pose aussi question. D'une part la minceur des éléments concrets mentionnés dans son livre sur la domination masculine, ensuite la systématique de tout interpréter dans cette direction, sans analyse plus ouverte de la causalité du système d'organisation de la société.

Il a développé cette théorie quand la grande mise en accusation des hommes commençait dans les années 60. Voulait-il être un précurseur, a-t-il simplement repris à son compte la culpabilité masculine qui se développait (écrire sur cette culpabilité aurait pu l'en dédouaner lui-même puis qu'il "combattait l'ennemi"), ou - je ne l'exclus pas - un désir de séduire intellectuelle ses étudiants, et ses étudiantes...

Sa théorie aurait pu retomber si elle n'avait pas été reprise par les féministes radicales américaines, qui en ont fait une pierre angulaire de leur discours.


Je vais creuser le sujet de l'intersectionnalité.

Écrit par : hommelibre | 04 juillet 2014

C'est ça que je ne comprendrais jamais chez ces intersectionnaliste, c'est que d'un côté l'on veut abolir les différences, et de l'autre on veut garder une certaine différence en prétendant fallacieusement que l'homme blanc hétérosexuel est un dominateur mangeur d'enfants.
Ce qui de fait décrédibilise la démarche des instigateurs de cette théorie, puisque pas cohérente.

Écrit par : revenant | 04 juillet 2014

@Hommelibre :

J’avoue ne pas bien me souvenir du livre de Bourdieu, ni des détails de sa théorie, ni du cadre théorique plus large dans laquelle elle s’inscrit…
Si ma mémoire est bonne, Bourdieu a été passablement critiqué pour sa théorie de la domination masculine, notamment par certaines féministes françaises (Une des critique était qu’il inscrivait la domination masculine dans une dimension symbolique (habitus etc.) et non matérielle (contrairement par exemple à la notion de patriarcat de Delphy).
Quant à ses intentions, je ne saurais dire…

Par curiosité, quand vous parlez de « féministes radicales américaines », vous vous référez au mouvement du féminisme radical comme il s’est auto-décrit/auto-nommé ou vous entendez « radical » dans le sens plutôt d’extrême (ou autres d’ailleurs) ?

Écrit par : A.M. | 07 juillet 2014

@ nemotyrannus :

L’idée que les différences (et donc les catégories sociales) sont des constructions sociales est un des principaux éléments sur lesquels reposent, entre autres, les études genre. J’aurais dit que l’idée que du genre comme une construction et les différences interprétée comme des représentations sociales n’est pas spécifique à la théorie de l’intersectionnalité, mais plutôt l’idée de base des études genres et théories sur le genre et certaines théories féministes.
Et sinon, incontestable que l’argent offre du pouvoir… trop même

Je voulais vous demander, j’ai posé la même question à « hommelibre », quand vous parlez de féminisme radical, vous pensez au mouvement qui s’est attribué cette dénomination ou vous qualifiez un certain féminisme de « radical » dans le sens peut-être d’excessif ou quelque chose comme ça ? Ça m’intrigue.

Écrit par : A.M. | 07 juillet 2014

Les inégalités et stéréotypes (je ne dirai pas les différences) sont en grande partie dûes à des constructions sociales.

C'est à dire qu'avec un mode d'organisation différent de la société , avec une histoire différente mais avec les mêmes acteurs , on aurait abouti à quelque chose de totalement différent.
Mais on ne peut reprocher le passé à une personne du présent.
On ne doit pas non plus évoquer la justice du passé et la notion d'inégalité avec les yeux modernes.

On ne doit pas non plus traîter de la question de toutes ces différences et inégalités à travers une seule et unique explication.





""""J’aurais dit que l’idée que du genre comme une construction et les différences interprétée comme des représentations sociales n’est pas spécifique à la théorie de l’intersectionnalité, mais plutôt l’idée de base des études genres et théories sur le genre et certaines théories féministes.""""

Oui ,oui.
Je dis pas le contraire.
En fait , c'est la question même du débat de l'inné et de l'acquis mais centré sur la question de la sexualité .
De la récupération.
Je saisis pas trop pourquoi vous en parlez en fait ^^.




Je qualifie (moi seul, je ne parle pour personne d'autre) de féminisme radical tout mouvement se prétendant féministe et qui délaisse les questions d'égalité de droit et de respect de la femme et le combat contre le sexisme dans leurs formes les plus évidentes afin de se concentrer sur la présentation une vision du monde centrée autour de la question d'une domination d'un sexe sur l'autre.

Et qui en arrivent à la conclusion que , par exemple :

-une inégalité de nombre est nécessairement une affaire de sexisme et est semblable à une inégalité de droit.
-Ou bien que les agressions de rue sont basées sur le sexisme.
-Ou bien même que les violences conjugales sont des violences sexistes.
-Que le pouvoir à toujours été détenu par les hommes.
-Que les hommes refusent de partager le pouvoir.
Etc...

Je ne fais pas du tout confiance en ces personnes et leurs objectivités. Je ne crois donc pas non plus aux résultats des études féministes qui se basent les unes sur les autres .
La recherche demande de ne pas voir le monde à travers un prisme idéologique.De laisser ce dernier au placard. Là il sert carrément de table de travail .

Écrit par : nemotyrannus | 07 juillet 2014

@ A.M., et partiellement à Nemo:

je pense pour ma part que les stéréotypes sont l'inscription sociale des différences naturelles (physiques, biologiques, etc). Ce sont des rôles inscrits selon les caractéristiques sexuées. Ils ont eu leur nécessité, reconnue par les femmes comme par les hommes car je pense qu'elles ont co-construit l'organisation sociale. Ou plus précisément je ne vois pas comment elles auraient pu être absentes de cette construction et de sa répétition sur le multiples millénaires.

Je rappelle que la distinction entre guerrier et reproductrice, et ce qui s'en suit, est fondée à mon point de vue sur la nécessité de préservation de l'espèce. On ne peut envoyer les femmes à la guerre: trop de femmes qui meurent et c'est la fin d'un clan ou d'un groupe. Ce n'est donc pas qu'une question de force, mais de reproduction. Un homme suffit pour refonder un clan, là où dans le même temps il faut, disons, cent femmes.

La répartition reproduction-nourriture-soin d'une part, et guerrier-protecteur d'autre part, ont eu une part fondamentale dans l'organisation sociale expansive, dans l'amélioration des caractéristiques de chaque sexe-rôle et dans leur transmission. Aujourd'hui c'est moins pertinent? Peut-être, mais les besoins profonds n'ont pas changé si vite et ils peuvent revenir si la société continue à se fragiliser. Je doute que beaucoup d'hommes acceptent de se faire draguer. Le mouvement de l'homme qui demande et de la femme qui décide était dû à une préservation des femmes et des grossesses non désirées sans homme engagé avec elles. C'est moins pertinent avec la contraception, mais tout va encore dans ce sens. Les féministes critiquent la drague masculine mais jamais la séduction féminine, par exemple, qui sont la même chose sous des modes différents.


Donc vive les stéréotypes. Ce qui change essentiellement est la part de leur superposition dans le monde actuel, ce qui est dû en partie aux besoins de l'économie, aux conséquences des grandes guerres, à une conception plus souple de la place de chacun. Mais les fondamentaux restent dans le choix des métiers, malgré les campagnes volontaristes. La différence de force physique et de centre d'intérêts n'est pas effacée. Et les garçons montrent globalement peu d'enthousiasme pour jouer à la poupée. Le stéréotype sert à ce point de vue de modèle de base d'identification, et je suis en accord avec cela. Il n'y a pas de sexisme dans cela, si l'on n'empêche pas les quelques filles de faire des sports mécaniques ou de porter des parpaings, et si l'on n'empêcje pas les quelques garçons à être puériculteurs.

La liberté que je m'accorde et que j'accorde à autrui ne correspond pas pour moi à la neutralisation des caractéristiques issues du sexe et acculturées dans les genres. De même pour l'égalité, et je reprends à mon compte les propos de Nemo ci-dessus.


Ensuite, sur la radicalité: elle existait déjà dans les années 1960, par le féminisme politique entre autres (marxiste). Depuis elle a envahit quasiment tout le discours féministe audible.

J'entends par radical tout discours qui polarise les sexes selon l'idéologie marxiste de l'exploiteur et de l'exploitée, ou tout discours qui est construit sur une mise en accusation explicite ou implicite des hommes, ce qui inclut tout le discours victimaire. Là encore je reprends à mon compte les propos de Nemo et j'adhère à sa conclusion, lumineuse.

Écrit par : hommelibre | 08 juillet 2014

J'ajoute ceci, à l'idée de Nemo:

"C'est à dire qu'avec un mode d'organisation différent de la société , avec une histoire différente mais avec les mêmes acteurs , on aurait abouti à quelque chose de totalement différent."

De cela je suis moins sûr. D'abord nous sommes ce que nous sommes. Imaginer que nous ayons pu être différent est trop abstrait pour en tirer une conclusion plausible.

Ensuite, il n'est pas certain qu'une éducation très différente ou inversée aurait fonctionné et se serait enracinée. Combien de temps faudrait-il pour qu'un homme doux ne devienne un guerrier, à l'appel de ses caractéristiques de sexe? Je n'en sais rien, je pose la question. Mais s'il est attaqué, un homme doux le restera-t-il? Et si l'on pouvait quantifier les hommes doux, de quelle qualité serait par exemple leur sperme? Les femelles cherchent des guerrier-protecteurs, capables d'engendrer une progéniture forte. C'est ce que font les mammifères les plus sociaux.

On voit justement, dans la nature, ces stéréotypes basés sur des caractéristiques sexuées. Chez les lions par exemple, les femelles font presque tout, mais les mâles donnent leur vie s'ils doivent défendre leur clan.

Je trouve que l'on veut trop gommer la naturalité de l'être humain au profit de la seule construction sociale. Mais cette construction a eu un modèle: le modèle est dans le corps même des acteurs. Inverser ou gommer le modèle sous prétexte d'égalité c'est jeter le bébé avec l'eau du bain. L'égalité n'étant pas réalisée à la base (forces différentes, fonctions différentes,) elle ne peut qu'être une notion abstraite, qui s'applique aux droits fondamentaux. Elle ne peut en tous cas pas être une équivalence abstraite, ni une similarité, ni une indifférenciation.

Écrit par : hommelibre | 08 juillet 2014

@A.M

J'inclus aussi dans les radicales , ce genre de femme ou d'homme qui propage cette idée sexiste et ésotérique. encore de nos jours.


http://www.huffingtonpost.fr/isabella-lenarduzzi/histoire-de-legalite-des-sexes_b_5563242.html#

C'est une manipulation de l'Histoire. Un mensonge.

À noter que le Huffington et Slate m'ont déjà banni pouravoir persisté à critiquer poliment leurs positions.
Il m'est impossible de me connecter à nouveau sur leurs sites depuis ce jour.

C'est une technique comme une autre pour taire quelqu'un.

Écrit par : nemotyrannus | 08 juillet 2014

@Hommelibre.

Oui , les stéréotypes sont ce qu'ils sont parce qu'ils existent. Et qu'il y a bien eu un modèle pour les bâtir.


Ce que je veux dire c'est la nature influence , sert de modèle à une construction sociale mais ce social va à son tour influencer la nature dans le temps.

1ère étape
Avant d'être Nature , un comportement doit se propager dans un groupe . Suite à une nécéssité ou à un effet de mode .On se demande encore à quoi servent les yeux bleus ou la couleur blonde par exemple... sélection sexuelle sans doute.
( cet effet de mode et de sélection sexuelle sont des points largement ignorés par les idéologues car elle donne le pouvoir à tout le monde et non pas à un dominant prédéfini par eux.Comme un homme par exemple...)

2ème Etape
Avant le passage dans notre nature , ce comportement doit sembler aller de soi pour un large groupe de personne , on doit oublier son origine, cesser de le questionner. Le voir comme une fatalité.




Je pense qu'il est très important de se poser ces questions , non pas pour promouvoir l'idée d'un sexe dominé par l'autre et dont tous les actes serait la cause du patriarcat comme ils le font mais simplement pour refuser cette fatalité.

Moi en tant qu'homme qui pense , ça me gonfle également profondément que l'on me voit comme un simple pourvoyeur/protecteur du foyer. Même si ça peut paraître honorifique et que ça à un fondement historique .Ou même naturel , qui sait.

Écrit par : nemotyrannus | 08 juillet 2014

@ Nemo:

Je comprends et partage comme vous le refus d'être enfermé dans une case.

L'on attend des hommes et des femmes des comportements jugés positifs et créatifs. Protéger sa famille en fait partie, comme nourrir et soigner ses enfants. Je pense que reproduction et protection sont des balises de base même dans un univers où des multiples choix de métiers, de comportements, sont possibles.

J'ai donc appris à accepter ces balises, malgré mes nombreuses résistances. La culture devrait en faire un choix et non une fatalité: enseigner aux enfants cette répartition, ce qui s'est fait pendant longtemps, n'est pas une fatalité, c'est une détermination, une construction utile fondée sur une nature.

Jusqu'à quel point l'environnement peut-il façonner la nature? C'est un des enjeux de la théorie du genre. Pour moi la nature fixe les limites, et rien ne semble me démontrer le contraire. Elle les fixe par nécessité de spécialisation et de développement de l'espèce.

Il n'est pas impossible qu'un sexe disparaisse sous l'effet de contraintes physiques, et que l'autre trouve une solution pour le remplacer. Ce sera probablement plutôt le sexe masculin qui disparaîtrait à mon avis, car changer de mode de reproduction est moins complexe que de changer totalement la morphologie et la biologie. Déjà le sperme est moins abondant et de moindre qualité, à cause entre autres de la pollution des eaux par les traces hormonales de la pilule et d'autres produits, ou par les guerres. Peut-on imaginer que parmi des féministes, les plus enragées soient en train de développer des caractères masculins, y compris au plan biologiques, et seront un jour capable de féconder d'autres femmes sans avoir besoin des hommes? Des femelles alpha qui deviendront comme ce qu'elles critiquent de pire chez les hommes.

Dans cette perspective le maintien et le renforcement des rôles, de leur définition et leur transmission, est possiblement une lutte pour la survie du masculin. L'enjeu est dès lors bien au-delà du féminisme, qui n'est peut-être que l'instrument inconscient du remplacement des mâles, action que la nature insufflerait dans la culture.

Écrit par : hommelibre | 08 juillet 2014

Le titre de ce billet m'a intriguée!

"Il tira sur le prof, puis sur les enfants l’un après l’autre. Prit un cocktail Molotov l’alluma et le lança dans le grand corridor central de l’école. Puis encore trois autres. L’école commençait à brûler. Il continua à tirer au fusil puis disparut dans la rue."

L’incendie de l’école fit 181 morts.

Et ce père ne fut pas inquiété?!

""On ne revit jamais Mehdi ni son père. Mais on parle encore d’eux du côté de Tamanrasset."

Une fiction? En tout cas je l'espère!

Écrit par : Patoucha | 09 juillet 2014

Oui, une fiction, Patoucha. Ou une sorte d'alerte.

Écrit par : hommelibre | 09 juillet 2014

Hahahaha des féminazis mutantes ... je savais que ces personnalités étaient hautement étrange, mais de là à se métamorphoser LOL.
Sinon tant qu'on est dans la science fiction, une BD sympa où j'ai commencé les deux premiers tomes, Y le dernier homme (il est en dix tomes). Le gars qui a écrit cette BD a imaginé un monde où il ne resterait qu'un seul homme héros du livre avec son petit singe mâle ayant survécu à l'Holocauste anti-mâle où même les animaux y ont trouvé la mort et où seules les femmes subsisteraient.
A propos hommelibre, la Gestapo gauchisante qui sévit sur Agoravox vous a semble t il attaqué , avec comme mode d'emploi l' "enculage de mouches", une pensée à une certaine "bénédicte_gab" dont je cite la magnifique prose indigeste avec procès d'intetion à la clef :
"Les pseudo-études scientifiques totalement bidon à propos de tout et n’importe quoi, ce serait trop drôle si ce n’était cette croyance obscurantiste envers un scientisme dont la seule qualité est de mettre en exergue les fantasmes de leurs prêtres et adeptes ... et je passe sur l’incohérence totale entre le rat étant surstressé et sur la défensive, il est détendu lol ... ça doit être financé par l’oligarchie : le stress c’est bon ça détend mdr ! Et l’échelle des grimaces des rongeurs mise au point par le charlatan en chef ... ça frise le ridicule et le délire total !

Etant donné vos délires ça ne m’étonne pas que vous sautiez à pieds joints dans celle-là ... mais le problème c’est qu’on a les mêmes conneries « prétendues scientifiques » dans tous les domaines !
Je rappelle toutefois les études de Laborit sur les rats et le stress, la fuite pour éviter la situation de stress et si elle est impossible se battre avec ses congénères pour défouler et éliminer une partie du stress ... alors le stress qui calme les rats il faut être un masculiniste crétin et borné pour raconter des choses qui n’existent pas en parant ses fantasmes d’une étude qui n’en a que l’apparence et dont les conclusions devaient être écrites à l’avance.

Ces pseudo-études qui se multiplient sont à la connaissance et la compréhension ce que la pub est à l’information qualitative d’un produit ... "
Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/des-rats-et-des-hommes-152993

On pourrait facilement démonter son argumentaire, mais pas question de m'inscrire pour des profils bien peu subtils.

Écrit par : revenant | 09 juillet 2014

Vu la frustration je dirais une féministe radicale, je prends les paris...

Écrit par : revenant | 09 juillet 2014

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