04 juin 2014

Nathalie Ducommun, fan de foot et du Mondial

Le Mondial arrive avec fracas. Chaque grand rendez-vous sportif devient l’occasion d’une critique sociale ou politique du pays organisateur. Au Brésil la contestation est devenue vive depuis environ un an. Le plateau d’Infrarouge en rendait compte hier soir.


brésil,mondial,infrarouge,ducommun,favellas,rio,bidonville,Pourtant au début une grande majorité de brésiliens souscrivait à ce Mondial, comme à l’organisation des JO en 2016. Les intervenants d’hier soir ont dès lors commenté l’évolution qui en arrive à la contestation actuelle, assez vive d’après les reportages.

D’une part les plus pauvres ne profitent en rien des retombées de la Coupe. Les favellas sont toujours les favellas, et les bidonvilles des villes-bidons. On en parlait déjà quand j’étais gamin. L’économie n’a pas servi tout le monde et les inégalités sont plus criantes quand le pays affiche face au monde des stades rutilants et des milliards de dollars dépensés pour cet événement.

D’autre part la croissance du Brésil jusqu’en 2010 environ a créé une nouvelle classe moyenne, que l’on voit aujourd’hui manifester au travers des enseignants. Sortie de la pauvreté, cette nouvelle classe moyenne est entrée dans le système et paie des impôts. Elle est donc devenue exigeante. L’état des transports publics, des hôpitaux de de l’éducation n’est pas digne de ce que le pays est devenu. 

D’autres pointent du doigt les exigences de la FIFA. La fédération Internationale de Foot fait beaucoup d’argent avec le Mondial: plus de 2 milliards de dollars de gains en 2010 en Afrique du Sud - alors que le pays a lui perdu à peu près autant. Il y a problème quelque part.

 

Mais faut-il pour autant se culpabiliser de la pauvreté au Brésil? Faut-il regarderbrésil,mondial,infrarouge,ducommun,favellas,rio,bidonville, les matches les yeux fermés? Faudrait-il n’organiser de grande manifestation que dans les pays assez riches pour qu’ils n’aient pas à montrer leurs pauvres? C’est difficile à dire. Si l’on va dans ce sens autant ne plus rien faire. D’un autre côté le niveau des inégalités économiques est une souffrance à laquelle nous ne pouvons rester indifférents.

On peut aussi critiquer d’une manière générale la machine à fric, les salaires des joueurs, la FIFA et compagnie. Bien sûr. Et puis le monde se collisionne partout. Il y a de quoi s'arrêter de vivre si l'on veut comptabiliser la somme de toutes les souffrances. Mais se culpabiliser n'améliore pas les choses. Nous devons choisir ce que nous voulons vivre.

Et si le pays a décidé d’organiser le Mondial et les JO, la responsabilité en revient à ses autorités en premier lieu. Et à la population qui était favorable à 80%.

J’ai pour cela apprécié les interventions de Nathalie Ducommun, journaliste et éditorialiste à la RTS, seule invitée qui défendait le droit de regarder les matches avec passion, parce qu’elle est aussi fan de foot. Pas de culpabilité, même si elle n’ignore pas la situation du Brésil. Du moment où l’événement a lieu, où il est demandé par les intéressés et accepté par tout le monde, il n’y a pas de raison de bouder la Coupe. 

 

Si on aime le foot, bien sûr.

 

 

 

16:09 Publié dans Politique, société, sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brésil, mondial, infrarouge, ducommun, favellas, rio, bidonville | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

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