27 mai 2018

Main basse sur l’Ukraine (2): ... à la trahison américaine

Une nouvelle ère semblait donc s’ouvrir après le 11 septembre. Elle fut de courte durée. Peu après l'idylle, le président Bush annonce la volonté de son pays de créer en Europe de l’est un système anti-missiles, prétendument pour protéger le continent contre l’Iran. Puis il renforce l’Otan sans raison visible et contre les accords verbaux passés avec Gorbatchev.


ukraine,poutine,bush,obama,11 septembre,afghanistan,hollande,meurtres,otan,soros,iranLe temps du mépris

Extrait de l'article précédemment mentionné:

«De 2002 à 2004, le président américain joue en effet un rôle déterminant dans l'adhésion à l'Otan de sept pays d'Europe de l'Est, dont trois ex-républiques soviétiques (Estonie, Lettonie et Lituanie). Un quasi casus belli pour son homologue russe, qui ne manque pas de l'interroger sur l'intérêt que trouve l'Alliance atlantique à s'étendre alors que l'ennemi qu'elle était censée combattre a disparu. «Cette expansion mécanique (de l'Otan) ne répond pas aux menaces actuelles», grince Vladimir Poutine. Et elle ne nous aidera pas à empêcher des attaques terroristes comme à Madrid (en 2004) ou à rétablir la stabilité de l'Afghanistan.»

Par négligence ou par volonté guerrière délibérée, Washington a méconnu du respect dû à son allié et a heurté la sensibilité d’un pays et d’un président qui donnait des gages très réels de collaboration avec l’ouest.

«Certains responsables américains admettent volontiers que Washington a sa part de responsabilité dans cette confrontation pour ne pas avoir compris assez tôt que la disparition de son grand ennemi idéologique, l'Union soviétique, ne signifiait pas que la Russie ne devait plus être considérée comme une grande puissance. «Je ne pense pas que nous y avons prêté assez attention», dit James F. Collins, ambassadeur à Moscou à la fin des années 1990, qui se souvient que les relations bilatérales étaient à l'époque «jugées comme de peu d'importance».

Pire encore:

«Rétrospectivement, Thomas E. Graham, chargé du dossier russe au sein du conseil de sécurité nationale sous George W. Bush, reconnaît que la création d'une structure sécuritaire européenne incluant la Russie, en remplacement de l'Otan, aurait certainement été plus judicieuse. «Ce que l'on aurait dû chercher à établir - et c'est encore vrai aujourd'hui - c'est une structure de sécurité construite sur trois piliers: les Etats-Unis, une Europe plus ou moins unifiée et la Russie», dit-il. Mais à l'époque, cette idée se heurte au refus du vice-président Dick Cheney, du sénateur John McCain et des "faucons" républicains comme démocrates...»


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L’erreur de jugement d’Obama

Plus rien ne sera pareil. Dès lors Vladimir Poutine prend de la distance, accueille Edward Snowden, critique l’invasion de l’Irak: «Nous ne voudrions certainement pas avoir le même genre de démocratie qu'en Irak. Je vous le dis très franchement», s’oppose à une attaque contre la Syrie, recadre les volontés expansionnistes de la Géorgie, reçoit de plein fouet le camouflet du Kossovo, et considère - avec raison probablement - que l’affaire ukrainienne est largement instrumentalisée et alimentée par le gouvernement américain. Gouvernement qui soutient financièrement des opposants, comme il le fait en Ukraine (voir premier article). Le soutien financier à des opposants n’est pas nouveau:

«Washington a versé des dizaines de millions de dollars d'aide à des organisations non gouvernementales en Russie et dans les ex-républiques soviétiques depuis 1989. Ces ONG sont depuis 2011 dans la ligne de mire des autorités russes».

Dès son arrivée à la Maison Blanche Obama se rend à Moscou. Après deux mandats de présidence, Poutine a été élu premier ministre et Medvedev Président. L’inversion des rôles leur permettait de continuer la mise en place d’une nouvelle politique russe. Obama le savait. Poutine restait le leader d’une politique faite d’un nationalisme modéré et ressenti par le peuple russe. «Barack Obama se rend à Moscou pour mettre en oeuvre sa nouvelle politique mais il fait d'emblée le mauvais choix en insistant sur les mérites de Dmitri Medvedev, qui vient de succéder à Vladimir Poutine, atteint par la limite de mandats au Kremlin et dont le président américain critique publiquement la mentalité de Guerre froide. Devenu Premier ministre, Vladimir Poutine, auquel Barack Obama ne consacre qu'une heure d'entretien - contre cinq à Dmitri Medvedev - saura s'en souvenir».

Traiter aujourd’hui M. Poutine de dictateur alors qu’il a passé 10 ans à tenter le dialogue, à collaborer, et a avalé tant de couleuvres, ce n’est pas approprié. Il a encore déclaré ces jours que les relations russo-américaines pouvaient être réparées. Mais l’intérêt américain est visiblement ailleurs: dépecer l’influence russe, dépecer la Russie et avoir accès directement à ses ressources.



ukraine,poutine,bush,obama,11 septembre,afghanistan,hollande,meurtres,otan,soros,iranObama doit rendre son prix Nobel

L’ours russe n’est pas en peluche ne se laissera pas envahir. La ligne rouge est dépassée. En Russie ce n’est pas Poutine qui parle, c’est un peuple dont il est le reflet. L’administration Poutine ne reculera pas plus et demande aux américains de raisonner leurs alliés, ceux que citaient madame Nuland et l’ambassadeur américain en Ukraine, quand ils décidaient par téléphone qui serait au nouveau gouvernement et qui en seraient exclus, et qu’ils envoyaient l’UE au tapis par un «FUCK UE» de sinistre mémoire. Là on devrait avoir  compris que la supposée révolution est manipulée, par qui, et que ce qui est pire, lui-même étant assez loin de la zone à risque.

Je suggère de lire entièrement l’article de Reuters dont j'ai cité quelques extraits. Il est déjà rare que des américains se livrent à une autocritique. Ici elle est pertinente et étayée. On voit pourquoi, de négligences en occasions ratées, d’arrogance en mépris, de promesses non tenues en violence organisée, les Etats-Unis sont accusés par la Russie d'avoir franchi la ligne rouge.

Et malgré cela Vladimir Poutine disait encore samedi qu’à ses yeux un normalisation entre la Russie et les Etats-Unis était possible.

Obama sait séduire les médias. Mais dans la réalité il méprise et humilie même ses partenaires, comme la France dans la question de la Syrie. Qu’Obama se taise et rende son prix Nobel. Plus rien ne l’en rend digne.

12:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ukraine, poutine, bush, obama, 11 septembre, afghanistan, hollande, meurtres, otan, soros, iran | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

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