12 mars 2014

De la nécessité d’une Russie forte

Les attaques personnelles contre Vladimir Poutine laissent croire qu’il dirige le pays seul, en totale autocratie. Vision simpliste destinée à affaiblir son image dans l’opinion occidentale, dont il est attendu qu’elle soutienne les positions européennes et américaines.


russie,europe,usa,multipolaire,monopolaire,empire,ue,poutine,multiculturalité,religion,politique,économie,sibérie,ukraine,chine,asie,arabe,afriqueUne nouvelle répartition des pouvoirs

Mais Vladimir Poutine ne gouverne certainement pas seul. Comment serait-ce possible dans une si grande nation? Il y a des élections multipartites en Russie, et les responsables militaires comme les décideurs économiques ont certainement leur mot à dire dans l’évolution du pays. Il n’y a pas de régime de type stalinien ou nazi, contrairement à ce qu’a laissé entendre Hilary Clinton.

La détermination du président russe est inhabituelle pour nous, qui sommes habitués à des dirigeants gestionnaires, voire mous ou seulement hâbleurs, sans plus de vision claire ou de projet lisible. Le mou sert probablement à augmenter les contre-pouvoirs au pouvoir, à se dédouaner des régimes forts qui ont ensanglanté le monde dans la première moitié du XXe siècle. On se trompe peut-être: ce n’est pas tant la force que le contenu des politiques qui était en cause. Mais en rognant les ailes des élus on prend moins de risques.

Et l’on impose un transfert des pouvoirs vers la base. Ce qui est encore mal assimilé, car la base attend toujours beaucoup du sommet tout en lui refusant les moyens ou l’autorité de le faire. La répartition base-sommet a sa limite: tout ne peut être décidé par les habitants d’un quartier, qui auraient un pouvoir exorbitant si par exemple ils venaient à interdire le passage des voitures sur leur territoire au détriment de la mobilité générale d’une région ou d’un pays.



Vers le monde multipolaire
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On parle depuis au moins une décennie du passage vers un monde multipolaire. Un monde qui n’est plus sous l’influence d’une seule puissance militaire ou économique dominante, mais où au minimum plusieurs puissances se servent mutuellement de contre-pouvoirs. Certaines époques du passé ont déjà connu la multipolarité par des empires qui, pendant un temps, équilibraient les pouvoirs.

Je souscris à la multipolarité du monde comme de la société. Le travail en réseau en est un exemple. Je ne suis plus aussi opposé aux hiérarchies que par le passé mais elles ne doivent servir qu’à maintenir des ensembles et à finaliser des décisions pour lesquelles il y a besoin d’un responsable. Hors de cela les hiérarchies doivent laisser fonctionner le travail en réseau, transversal, créatif et en partie autonome. Elles doivent rendre la part de pouvoir nécessaire à l’individu, en réservant une autre part minime à l’organisation de la société. En ce sens la multipolarité est nécessairement interactive et démocratique, alors que la monopolarité aboutit presque immanquablement à une forme de dictature.

La multipolarité est un nouveau mode d’organisation des sociétés à tous les niveaux. Ce peut être un aspect du nouveau paradigme auquel j’aspire. Elle prend en compte la complexité des sociétés humaines. L’extrême multipolarité est l’individualisme total. Chacun fait sa loi car chacun est à lui-même son centre de pouvoir. Ce n’est pas réaliste, et surtout le résultat en est le démantèlement des sociétés donc leur affaiblissement. Or un individu ne peut survivre seul, de même qu’un petit Etat ne peut se défendre seul, bien souvent.

russie,europe,usa,multipolaire,monopolaire,empire,ue,poutine,multiculturalité,religion,politique,économie,sibérie,ukraine,chine,asie,arabe,afriqueUne multipolarité politique peut aller jusqu’à une indépendance totale de tous les Etats, du plus petit au plus grand. La disproportion des forces, des ressources et des moyens rend le projet aléatoire. Dans un monde installé dans une paix durable c’est envisageable. Mais il ne faut pas rêver: le monde est dangereux et pas forcément bienveillant. Serait-il en paix et désarmé pendant 1’000 ans qu’il faudrait néanmoins toujours des guetteurs et des armées pour préserver cette paix contre de possibles hordes. Le désir de prendre les biens ou la terre de son voisin, ou de le dominer, continuent à exister dans l’esprit humain, chez les dirigeants comme chez les autres. Il suffit de voir la jalousie que peut susciter la réussite de l’un, la maison de l’autre, etc, pour réaliser que l’humain ne change pas avec les structures politiques mais par un travail intérieur.

La multipolarité vivable actuellement s’organise par groupement de régions en ensembles plus vastes et en partie au moins sous la même administration. Dans ces ensembles les petits côtoient les grands sans risquer d’être écrasés.



La Russie, lien et mesureur

Actuellement il y a quatre sortes d’empires: les Etats-Unis, alliés au canada et au Mexique par des accords de libre-échange. La Chine, qui maintient son influence sur plusieurs paysrussie,europe,usa,multipolaire,monopolaire,empire,ue,poutine,multiculturalité,religion,politique,économie,sibérie,ukraine,chine,asie,arabe,afrique d’Asie. L’Union Européenne, et la Russie. Le monde arabe reste très divisé malgré les convergences historiques et religieuses, et l’Afrique peine à former un ensemble fort alors pourtant qu’elle est de la taille des USA, de la Chine, de l’Inde, de la France et de quelques autres pays réunis.

Dans ces grands ensembles la Russie a été pendant un temps considérée comme hors course, après la fin de l’URSS. Elle est revenue sur le devant de la scène. Ses positions contrarient celles des empires occidentaux. C’est le cas en Ukraine, où le parti-pris occidental vise au démantèlement de l’influence Russe. La Russie donne de la voix ce qui lui vaut d’être mise à ban.

Je l’ai déjà dit, je suis pro-américain sans adhérer à l’ensemble de la politique menée. Je le suis parce que ce pays, avec tous ses défauts, reste un défenseur solide d’une forme de liberté à laquelle je souscris et dans laquelle je me trouve bien. Je suis également pro-européen, mais plus vraiment en accord avec l’Europe telle qu’elle fonctionne actuellement.

Cela ne m’interdit pour autant pas d’être pro-russe. Je pense que Vladimir Poutine et son équipe ont une vision à long terme. La Russie est un contrepoids, un contre-pouvoir à un certain expansionnisme occidental, mais aussi un contrepoids à la puissance montante de l’Asie. Les ressources naturelles sont considérables en Russie, et si le réchauffement climatique se poursuit, la Sibérie occidentale pourrait devenir une importante productrice entre autres de céréales (la Russie est déjà le troisième exportateur mondial).

russie,europe,usa,multipolaire,monopolaire,empire,ue,poutine,multiculturalité,religion,politique,économie,sibérie,ukraine,chine,asie,arabe,afrique«Les experts envisagent en effet qu'une élévation de la température favoriserait l'agriculture sur les immenses terres russes disponibles (16 milliards de km²). Selon une étude publiée par le Centre pour le développement mondial en 2007, la production par hectare pourrait être multipliée par six dans les plaines de l'Oural et de la Sibérie d'ici la fin du siècle.»

La Russie est une puissance nécessaire dans le monde. Une puissance qui contribue au nouvel équilibre en construction. Elle maintient une certaine mesure face aux appétits divers dans le monde. Son démantèlement en de multiples petites entités serait cause d’une instabilité durable et de nouvelles guerres, entre les appétits des petits Etats, les poussées religieuses, les intérêts économiques de grandes compagnies sur les ressources naturelles.

La Russie appartient également à la culture européenne et est un pont entre l’orient et l’occident. Elle contribue à la multiculturalité de la planète, aux échanges transversaux, tout en maintenant sa propre culture bien vivante. Car si je ne crois pas au multiculturalisme à l’intérieur d’une même société (comme par exemple la gauche française veut l’imposer avec la France Arabe) celui-ci existe au niveau planétaire. Chaque empire ou vaste ensemble a sa propre culture et ses propres règles. C’est sur la base de ces différences enracinées dans des espaces séparés que les échanges peuvent se faire. Le multiculturalisme à l’intérieur d’une société aboutirait probablement à l’absorption d’une culture par une autre et par un nouvel impérialisme. Ce n'est pas un bon projet. La Russie veut visiblement préserver sa culture et sa place. Elle doit être soutenue dans sa politique.

Commentaires

La Russie sauvera l'Europe.

Écrit par : norbertmaendly | 12 mars 2014

Ce qui est regrettable, John, c'est que le contre-pouvoir russe ne se fait pas sur une base culturelle mais sur une base militaire et haineuse. Si vous suivez attentivement l'évolution du monde depuis la guerre de l'ex-Yougoslavie en 1993, vous avez un camp, occidental, qui a donné une impulsion au droit d'intervention en cas de peuples mis en danger par une gouvernance tyrannique désireuse de faire taire les aspirations populaires jusqu'à soumettre les populations à une élimination de masse. La guerre du Kosovo n'a pas été une guerre pour du pétrole ou d'autres richesses naturelles. La guerre du Kosovo fut un précédent dans la lutte des peuples pour la démocratie. Depuis là, une rhétorique de l'Est a démarré. Il fallait écrire que derrière le Kosovo, il y avait l'OTAN et l'Amérique désireuses de pousser leurs avantages économiques, politiques, et militaires du côté de l'Est. Toutes les "révolutions colorées" qui ont suivi cette guerre initiale ont subi l'accusation des courants d'extrême-gauche d'être à la solde de l'Amérique et de l'Occident qui les avaient fomenté et pas du tout dans l'intérêt démocratique des peuples. Poutine use et abuse de cette rhétorique pour asseoir son autorité. Il a très bien résisté en Syrie avec les conséquences absolument dramatiques que l'on sait. Un Poutine avec l'Occident, et la guerre de Syrie serait terminée depuis longtemps, son dictateur chassé ou en prison, les terroristes islamistes chassés du pays eux aussi. Mais Poutine veut garder le prestige d'une Russie qui s'opposent à l'Occident et l'Amérique, par principe et pour retourner l'humiliation de la chute de l'URSS. C'est devenu complètement dépassé et anachronique comme idée du pouvoir. Nous courrons à une troisième guerre mondiale parce que finalement peu de monde parmi nous tous veut vraiment de la démocratie et des peuples solidaires entre eux. La guerre, Mmmmmh, c'est tellement mieux pour beaucoup de gens.

Triste à mourir, John. Personnellement, je me distancie de toute cette puissance militaire, politique, et économique, qu'elle vienne de l'Ouest ou de l'Est, qui nous roule dans la farine et qui va faire de nous de la chair à canon.

Bonne fin de journée sous le soleil à tous. Restons optimistes. Les peuples arriveront peut-être à donner une autre allure à cette catastrophe imminente programmée. Il faut nous mobiliser démocratiquement...

Écrit par : pachakmac | 12 mars 2014

Pour hommelibre ainsi que pur ses lecteurs,

j'ai plaisir à vous signaler un lien ici, d'une détentrice de blog dont le travail est en convergence de vos pensées.
Eva tient un superbe blog, ses commentateurs tiennent aussi des débats de haut niveau. Ça fait du bien de se dire qu'il existe de bons auteurs-blogueurs. On en a besoin pour se tenir la tête hors de l'eau.

http://no-war.over-blog.com/article-j-20-dragon-la-puissance-militaire-de-la-chine-mariage-ours-et-dragon-ahura-122927299.html

Des réponses militaires aussi sont à entendre ici
http://www.agenceinfolibre.fr/

Je souligne une chose très importante dont il faut être conscients aujourd'hui et qu'il convient d'éviter la tentation de jouer les érudits:
Beaucoup trop de nos intellectuels retiennent l'information et ne partagent leurs réflexions qu'avec une élite bien établie ayant pignon sur rue. Ils sont nos gardiens de prisons mentales.
L'information tout comme la réflexion, si elles ne sont pas mises en circulation, elles servent ces manipulateurs.


Aujourd'hui, notre société qui clame haut et fort la démocratie, elle démocratise en réalité l'inégalité, le non-droit, l'expropriation, l'ostracisme, le manichéisme et surtout l'ignorance et les croyances obscures.
Commentons, faisons en sorte que le nombre de commentateurs augmente tous les jours. Ce sera ainsi, par cette somme d'énergies que la lumière adviendra. C'est en mangeant que l'appétit vient, c'est en commentant que les questions surgissent. Et quand elles sont là, elles demandent des réponses.

L'autre pôle de puissance mentale, c'est nous, qui devons émerger pour défendre cette idée fondamentale de la multipolarité (du monde matériel, géographique et intellectuelle).
Pourquoi la nécessité d'un monde multipolaire?
Pour répartir les tensions sur l'ensemble de la surface (de la terre entre nations et peuples), peuples, nous devrions ressemblons à une membrane, la plus régulière possible, d'une cellule qui doit contenir ses substances. C'est une loi de l'équilibre en physique mécanique, particulaire et organique.
Tout comme la lumière.
nous ne sommes pas la lumière mais faisons partie des diffractions qui éclairent. Sans diffractions (diffusion), pas de réflection (renvoi multi-spacial), pas de spectre. le faisceau est fréquence uni-directionnelle et si on le regarde à son émission, il nous aveugle, il peut abîmer nos yeux et si on regarde son point de chute, c'est obscur, les fréquences sont absorbées par le matériau et nous n'en captons plus que l'excédent résiduel. Extérieur au matériau, nous ne voyons rien. C'est la diffraction du faisceau produisant ce spectre qui éclaire et nous permet de voir.
Rassemblés avec nos qualités et défauts, nous sommes ces petites lampes qui permettent de voir et de percevoir l'ensemble: la multipolarité est, en politique, propriété de répartition (au lieu de concentration) qui a fonction répartir les poches de tensions vives pour qu'elles soient absorbée par l'ensemble du tissus et éviter que les points d'extrême faiblesse ne causent des ruptures et déchirures irréparables (de l'humanité).

Nous devrions y parvenir. La volonté des peuples sera le principal contre pouvoir d'une puissance unipolaire et aveugle.

Écrit par : Beatrix | 12 mars 2014

Pachakmac, vous avez déjà oublié l'Irak et la Libye?

"... les terroristes islamistes chassés du pays eux aussi." Voeu pieu.

Par ailleurs la rapidité des gouvernements américains à reconnaître des régimes sans légitimité particulière me laisse penser qu'au minimum cela les arrange. Je ne me revendique pas de gauche mais je peux partager certaines analyse avec les gens de gauche.

"... c'est que le contre-pouvoir russe ne se fait pas sur une base culturelle ...". Je ne suis pas sûr que la culture suffise à arrêter les balles fascistes.

Écrit par : hommelibre | 12 mars 2014

"La guerre du Kosovo fut un précédent dans la lutte des peuples pour la démocratie."
Comment ose-t-on écrire de telles bêtises ? Savez-vous la différence entre le génie et la bêtise ? En principe, le génie a des limites...
L'UCK marxiste-léniniste soutenue par la CIA, se finançant par le trafic de drogues et d'organes. Le pilier de la démocratie pour saint pachakmak...

Écrit par : Géo | 12 mars 2014

Ce n'est vraiment pas par hasard que pachakmak donne la parole à son frère en religion Corto, peut-être serait-il bon de s'en souvenir...

Écrit par : Géo | 12 mars 2014

Beatrix@ Un peu de méfiance envers les grandes gueules françaises...
Les Chinois sont encore très loin des Américains...

Écrit par : Géo | 12 mars 2014

Pendant que nous sommes au chevet de l'Ukraine, le virus du Nouvel Ordre Mondial continue de faire son avancée et ouvre d'autres brèches en exportant des conflits: l'Algérie.
Cette fois, le Continent pris en tenaille d'Est en Ouest, du Nord au Sud.
Et ces Européens, les yeux toujours dans le kaléidoscope.

http://www.algerie360.com/algerie/alors-que-la-presse-americaine-confirme-la-presence-des-marines-au-sud-de-la-tunisie-moscou-alerte-alger/

Écrit par : Beatrix | 12 mars 2014

John: c'est 17 millions de km carrés pour la Russie. Plus de 400 fois la Suisse.

Vous devriez vous pencher sur les causes de la seconde guerre mondiale ou autrement dit, qui a donné à Hitler les moyens d'entrer en guerre et pourquoi.

Écrit par : Johann | 12 mars 2014

Dénigrer, il en restera toujours quelque chose... Bon passons à l'essentiel. Beaucoup de gens bien installés dans leur fauteuil en cuir refusent que l'on porte secours à des populations qui vont se faire massacrer alors que nous savons que cela va arriver inexorablement. Le Kosovo sans l'OTAN et l'Europe, c'était la disparition des albanophones vivant au Kosovo et pris dans le piège ethnique. La Libye sans l'intervention occidentale, c'est Kadhafi, le gentil Kadhafi qui a su si bien inviter nos deux otages à rester en Libye, qui rasait Benghazi et détruisait toute sa population. On peut trouver mille excuses à ne jamais intervenir. En retour, ne pas intervenir et voilà que les mêmes dénoncent alors un Occident lâche qui s'en fout des populations du monde et ne pense qu'à son propre intérêt.

John, l'Occident et la démocratie sont piégées par les Etats totalitaires et ceux-ci savent comment mettre les démocraties dans leurs petits souliers. Car la démocratie est loin d'être parfaite dans son fonctionnement. Car la démocratie, c'est sa folle liberté, laisse circuler l'information et la désinformation. La démocratie est aussi fragile médiatiquement qu'elle est forte dans ses institutions car on peut toujours cracher sur la démocratie. Pas sur la dictature. Car la dictature arrête, emprisonne, torture, et tue toute personne qui s'oppose à elle. Le monde est tout blanc ou tout noir, en dictature. Soit, vous êtes blanc avec le dictateur et tout ira bien pour vous aussi longtemps que vous vous prosternerez devant le Maître. Soit, vous êtes noir, poursuivi, et condamner à mourir ou à vous exiler.

Alors trop facile d'écrire que la démocratie fout le bordel dans les autres pays dirigés par des dictateurs. L'Amérique fait beaucoup de conneries et elle en fera encore beaucoup. je ne suis pas pro-américain non plus. je suis pro-démocratie pour tous. Donc pro-culture et échanges culturels entre les peuples de la planète à la place des bruits de bottes qui ne sont jamais que l'expression de la puissance et de la domination d'un camp sur l'autre, surtout de quelques-uns qui veulent dominer le monde quitte à saccager et détruire tout sur son passage.

Bon dieu! Nous sommes au XXIème siècle! Les guerres, les empires, le règne des dinosaures dominateurs devraient avoir disparu grâce à la culture, à l'art, aux peuples qui ont appris à se méfier des pouvoirs totalitaires...

Écrit par : pachakmac | 13 mars 2014

"Beatrix@ Un peu de méfiance envers les grandes gueules françaises...
Les Chinois sont encore très loin des Américains..."

@ Géo

Vous avez raison. Fort en gueules... Mais ils sont tellement éloquents qu'on a envie de les entendre.
Les chinois... L'atelier de confection du monde... De la camelote...
Mach 10 - C'est quand-même impressionnant!
Il n'existe pas encore de plus rapide que supersonique qui est Mach 5

Écrit par : Beatrix | 13 mars 2014

Pachakmac, ce n'est pas parce que c'est le XXIe siècle que par miracle ou magie les guerres devraient avoir disparues. Il y eut d'autres siècles de grande culture, y compris chez les arabos-musulmans, et l'on voit que la culture n'a rien empêché. On dirait au contraire qu'elle a facilité l'élaboration de massacres plus atroces que par le passé. L'art ne peut rien contre les guerres, ce n'est pas son but.

Moi je suis pro-américain je me permets d'autant mieux de critiquer. La course à l'énergie, les guerres de l'énergie et des ressources, ce n'est pas nouveau et eux ne font que reprendre ce que d'autres ont fait par le passé.

Je suis critique à penser qu'il peut y avoir leur main derrière nombre de déstabilisations du monde. Ils ne sont pas les seuls. L'Arabie Saoudite qui veut faire passer son gazoduc en Syrie est derrière les souffrances du peuple syrien (soutenue par les américains et les français). Chasser les djihadistes du pays, alors que l'A.S. verse tellement de dollars que chaque ligne tuée est immédiatement remplacée? Et traverser le pays pour in fine se trouver face à l'Irak et à un Moyen-Orient haineux contre eux - si même ils y arrivent?

Je ne suis pas anti-américain, ni par principe ni par sentiment. Mais je trouve que cela commence à bien faire et je ne crois plus Obama et les autres. Je réalise par contre que les tensions et conflits sont probablement loin d'être terminés. Malheureusement car je n'aime pas la guerre.

La culture n'y fait rien. Elle ajoute même aux tensions à cause du développement multiculturel dans nos pays qui n'y sont pas prêts. Chaque culture a besoin d'espace, d'un territoire indiscutable pour s'exprimer. Je suis pour les échanges. Mais les échanges sont à mon avis beaucoup plus féconds et positifs si l'on s'invite mutuellement chez soi plutôt que si l'on installe nos manières chez l'autre en bousculant les siennes.

Une culture s'apprend non parce qu'elle vient s'imposer mais parce qu'on l'accueille dans un champ relativement limité: littérature, festivals, voyages d'études. Il vaut mieux que les gens d'une culture viennent donner des aperçus ou que nous allions chez eux pour en ramener des parcelles réinterprétées. Sans quoi la culture devient elle-même une oppression. Les prières de rue en sont un exemple.

En tous cas, pour reprendre mon début, le XXIe siècle n'a rien de plus que les autres si ce n'est des moyens technologiques plus pointus et un résidu de "paix universelle", illusion qui traîne dans les croyances occidentales depuis 50 ans alors même que tout montre le contraire.

D'ailleurs si ce siècle avait quelque chose de mieux, pourquoi accepteriez-vous sur votre blog les saletés que vous y laissez traîner assez complaisamment? Ce n'est plus de la liberté d'expression, cela devient de la complicité objective. Vous laissez la guerre et le mensonge s'installer en vos terres et vous y réagissez bien mollement. Votre conversion a peut-être changé le langage de surface mais pas le logiciel de base.

Je pense que nous n'avons plus rien à nous dire.

Écrit par : hommelibre | 13 mars 2014

@hommelibre,
Complètement d'accord sur le principe de la multipolarité.
En Suisse, on fonctionne comme ça depuis très longtemps et malgré des grincements de dents et des lamentations, on fonctionne pas trop mal sur ce modèle.
Mais peut-on imaginer ou espérer que dans un futur proche, un tel modèle soit envisagé par des nations qui ont d'autres traditions, un autre état d'esprit ?
Comment imaginer une mécanique multipolaire au plan mondial, même du type "machine à Tinguely" ? Je me demande quelle quantité d'huile pour les rouages il faudrait, au vu de la situation de déséquilibre actuel. Déséquilibre des richesses, du développement, de l'éducation, de la corruption et de la capacité à supporter des changements.
Même l'Union Européenne prétend fonctionner sur un modèle de cooptation et d'équilibre des forces à 28 états plus ou moins grand et plus ou moins développés.Depuis la Suisse, nous la percevons comme foncièrement anti-démocratique.
Je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour les grands blocs , qui imposent leur sphère d'influence. La Chine est en train de poser des jalons en Afrique. Si c'est pour permettre aux pays concernés de se développer de façon équitable, tant mieux ! Mais est-ce que vous y croyez vraiment ? Est-ce au moins l'un des objectifs principaux ?
Je suis pessimiste quant à l'évolution de la multipolarité avec les grand blocs que nous connaissons actuellement.
Mon utopie serait que les très grands ensembles soient morcelés, afin qu'il n'y ait pas, dans le même enclos, des mammouths avec des gazelles et des et des marmottes.

Écrit par : Calendula | 13 mars 2014

Calendula,

Les grands blocs actuels sont loin de satisfaire à tous nos critères. Mais peut-être est-ce aussi cela la multipolarité. En tous cas ils sont là et il faut faire avec.

Pourrait-on les démanteler et créer des entités petites donc moins dangereuses pour les voisins? Déjà je doute que cela soit accepté par les intéressés. Mais aussi les petites entités pourraient mener à plus de confusion qu'autre chose. De plus on aurait toujours de grandes compagnies supra-nationales, et leur capacité à décider serait accrue face à de petites entités politiques. A moins de créer des bases juridiques et économiques sur des intérêts convergents - mais cela ne reviendrait-il pas justement à recréer de vastes ensembles?

Peut-être que cela marcherait, dans un scénario qu'il faudrait inventer. Mais on doit déjà faire avec ce qui est.

Écrit par : hommelibre | 13 mars 2014

@hommelibre,

Comme je l'ai écrit hier, il s'agit d'une vision utopique !
Inventer le scénario : on peut commencer par appliquer le droit international qui garantit les frontières existantes des états, même si l'indépendance est récente.
Je suis pas très au clair sur les procédures lorsqu'il s'agit du droit à l'autodétermination et donc la légitimité d'un renversement de régime. Quel degré de soutien extérieur peut être toléré, avant qu'il y ait ingérence coupable ?
A quel moment un peuple est-il en droit de se soulever contre des dirigeants, même démocratiquement élus ? Si un état court à la faillite, qu'il est mal géré par un régime dont la corruption ne peut être ignorée, faut-il attendre les prochaines élections ?

En l'état, les USA, la Chine et la Russie ont l'avantage de la force et de la masse. Ils pèsent tellement lourd dans le jeu géopolitique, qu'ils peuvent se permettent des actions non-conformes au droit international. (En plus, il y a la Corée du Nord, mais c'est un autre problème.) Tout cela pour préserver leur sphère d'influence.
Je pars du présupposé que cette sphère n'est pas un dû. Il est possible que cela soit une attitude irréaliste et qu'il faille se plier à la dure réalité. S'il faut l'accepter, OK, mais pas en silence.
Impossible de me mettre docilement dans l'optique du plus grand.

La votation du 9 février parlait aussi de cela : quelle marge de liberté pour un pays comme la Suisse, au vu de sa taille et sa position au milieu d'un plus grand bloc ?
On peut arriver à la conclusion, qu'on n'est pas en position de s'émanciper totalement, parce qu'on a trop à perdre et qu'il faut donc faire des concessions, en essayant de préserver un maximum d'avantages.

Écrit par : Calendula | 14 mars 2014

Calendula,

La marge des pays indépendants et petits est faible.

Je partage nombre de vos questions sur le fond. Difficile de faire coïncider les intérêts du monde et ceux de quelques individus. Je soutiens l'idée d'une Russie forte parce qu'elle me paraît réellement nécessaire. Et je pense que V. Poutine est plus modéré que ce qu'on en dit ici. J'espère que de futurs événement ne me feront pas changer d'avis.

Ma confiance dans les dirigeants européens et américains est fendue. Je peux donner l'impression de prendre simplement leur contrepied, et il y a un peu de cela mais pas seulement. Plus je lis sur cette crise et sur l'Histoire récente et ancienne, plus je vois le bras de fer qui se joue, ainsi que l'importance de la frontière idéologique et historique qui divise l'Ukraine et toute l'Europe, alimentée en Ukraine par la religion.

www.slate.fr/story/81385/comprendre-division-politique-ukraine-passe-religieux

Et je regrette la stigmatisation de la Russie et de Poutine, alors que nous avons des raisons de nous rapprocher. Jusqu'où tolérer une intervention extérieure? Jamais, devrait-on dire. Mais ce jamais est subordonné aux intérêts à long terme des uns et des autres, dans la dure réalité. La paix ne semble actuellement possible que dans le cadre de grands ensembles. L'Europe a soutenu la rue contre le pouvoir élu, c'est déjà une ingérence. Elle n'accepterait pas cela chez elle. De quelle légitimité ou autorité morale ferait-elle la leçon à d'autres?

La marge des pays indépendants et petits est faible, donc. La Suisse peut garder son indépendance parce que, qu'elle le veuille ou non, elle est sous la protection de fait de ses voisins européens. Hors des grands ensembles, point de salut...

L'Eurasie va probablement continuer, avec la Chine et peut-être l'Inde. La bascule vers l'orient semble avoir commencé et la question ukrainienne ainsi que l'ingérence occidentale dans cette question vont peut-être accélérer ce mouvement.

Écrit par : hommelibre | 15 mars 2014

John je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre analyse. Pour moi le Monde n'est pas multipolaire mais est plus bipolaire que jamais. D'un côté un bloc euro-atlantiste (l'UE étant de facto aux ordres de Washington pour tous les sujets importants, même si on prétend le contraire) et quelques satellites. De l'autre un bloc émergeant dominé par la Russie et la Chine. L'un représente le passé, l'autre l'avenir. Et je pense que la passation de pouvoir est en cours.

Et ce qui reste du Monde n'est qu'un terrain de jeu pour ces deux puissances. Il s'agit de conquérir le maximum de territoires contenant un maximum de ressources pour survivre durant ce siècle. La Syrie ou l'Ukraine par exemple, c'est moins une question de ressources que de domination. Dans le jeu d'échec en cours, c'est à celui qui encerclera l'autre en premier.

Écrit par : Pascal Carlier | 17 mars 2014

«Pour moi le Monde n'est pas multipolaire mais est plus bipolaire que jamais.»

Vision intéressante et cocasse...

La Gauche (l'Amérique et ses lèche-bottes), la Droite (Russie, Chine, Inde, etc).

Bonne nouvelle ! La "droite" est majoritaire.

À observer au 3e degré avec une Vodka ou une Caipirinha... Aux chiottes Whisky Coca !

Écrit par : petard | 17 mars 2014

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