23 février 2014

Sotchi: dans la lumière

La victoire est belle, forcément belle. Qui ne ressent pas une légitime fierté d’avoir accompli son rêve? De s’être surpassé, d’avoir réussi et rempli son contrat avec soi-même? De l’avoir fait à ses propres yeux et aux yeux de ses pairs, et du monde?


sotchi,sochi,russie,jeux olympique,or,succès,héros,Les athlètes qui s’entraînent pendant des années sont des chercheurs d’or. Une médaille olympique est une récompense unique, ultime, même si une carrière se construit sur la durée et sur d’autres épreuves. Sur des victoires et des échecs: sans échec nous n’apprendrions rien de nos failles.


Mais ici l’important est plus que de participer: l’important est de gagner. C’est ainsi. L’émotion, l’explosion de la victoire fait des héros et des héroïnes. Et sans héros, sans modèle pour apprendre, tout est si incertain. Les héros font partie de l’héritage de l’humanité. Par leur modèle ils sont des éveilleurs de désirs, des accélérateurs d’action.


Ils portent cette lumière, la flamme d’une passion et d’une ambition planétaire. Ils apportent leur foi, leur lumière, et reçoivent en retour celle de millions d’yeux. Les organisateurs de Sotchi ont sur mettre ces héros dans la lumière.


Certes, pour un ou une qui gagne l’or, des centaines repartent avec leur rêve à refaire. On ne regarde pas beaucoup les viennent ensuite. C’est normal. L’objectif du héros est la réussite, grande ou petite. Quel que soit le domaine de l’héroïsme. C’est le parent qui mène ses enfants àsotchi,sochi,russie,jeux olympique,or,succès,héros,l’autonomie. C’est le professionnel qui acquiert la maîtrise de son travail. C’est l’enfant qui marche pour la première fois sans tomber. C’est l’artiste qui apporte un supplément de sens à la vie.


Tous les héros ne sont pas à la télévision ni sur un podium. Mais il importe qu’ils tirent fierté de leur succès, en eux-mêmes, et aussi aux yeux de leurs proches ou de la communauté. Il y a différentes sortes de médailles, et différentes manières de les remettre. Parfois c’est le sourire d’un proche. Parfois les mots d’une admiration méritée. Parfois le sentiment de satisfaction que procure un objectif atteint.


Il importe de recevoir cette reconnaissance.


A Sotchi la lumière a brillé. Sur les pistes, dans les stades, et lors des spectacles d’ouverture et de clôture. Dans ce coin d’Europe, où un grand pays a montré son excellence, revisité son Histoire et rappelé tout ce que sa culture a apporté au monde, des chercheurs d’or ont dévoré la lumière à plein coeur.


Ceux et celles qui n’ont pas trouvé l’or ont cependant eu l’audace de le chercher.

20:55 Publié dans Psychologie, sport | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sotchi, sochi, russie, jeux olympique, or, succès, héros | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

un beau texte. Merci

Écrit par : cmj | 24 février 2014

Mmmmhhh...
La lumière est omniprésente. Chaque être est unique et irremplaçable. Nous devrions tous obtenir des médailles car le simple fait de vivre nos vies est déjà une action héroïque.
Le JO m'apparaissent comme une excroissance. Une démesure qui compense le vide intérieur des spectateurs. Ils se projettent dans ces gladiateurs en bouffant des chips pour mieux oublier ce qu'ils pourraient être. Loin des écrans.
Pour arriver à ce stade, on formate des individus dès le plus jeune âge. Sinon, aucune chance de parvenir au niveau.
Les séances d'entrainement sont à la limite de ce qui est acceptable, mais l'adrénaline et la jouissance que procure la compétition sont des outils bien pratiques pour exploiter ces petits d'hommes à qui on fait croire qu'ils sont plus que la moyenne.
Et tout ça pour se retrouver à l'âge adulte comme un vieux inutile. Et oui, à ce niveau, après 20 ans on est déjà sur le déclin.

Les JO, de la lumière ? Non, juste des projecteurs qui mettent en évidence le vide existentiel de la masse qui se nourrit de ces esclaves médiatiques sacrifiés sur l'hôtel de la neutralisation du mécontentement du peuple.
Panem et circences. On n'a rien inventé.

Écrit par : Pierre Jenni | 24 février 2014

Oui, Pierre, on peut aussi voir les choses sous cet angle.


Pour ma part je choisis de voir le côté de la lumière plutôt que le formatage. Il y a toujours formatage, dans presque tous les domaines, et pourtant notre liberté d'adhérer reste entière. A 15 ans, 16 ans, 18 ans, un athlète peut dire stop. S'il continue c'est qu'il cherche la lumière - celle des projecteurs, des regards, la lumière de l'exploit, de la reconnaissance des autres, de l'estime de soi, du sentiment d'avoir donné sa meilleure part.


Formatage: Freddie Mercury, chanteur des Queen, avait un formatage technique très exigeant pour ensuite donner l'impression d'être aussi libre en chantant sur scène. Sa voix était calibrée, travaillée tous les jours, repoussant les limites. Un grand comédien répète un mot, une intonation, un geste, des milliers de fois, et sur scène il est 90% d'automatismes utiles et 10% de créativité - et c'est souvent alors qu'il fait la différence, comme un athlète qui va plus loin que sa préparation. L'exigence est immense.

Oui, c'est cher payé pour ceux qui visent l'exploit. Ils sacrifient une part de leur jeunesse. Ils ne vont pas en boîte, ils ne lisent pas Jeune et Jolie, ils suent, ils mouillent leur chemise. Par contre, vieux inutiles à 20 ans, c'est un peu rapide. Les plus forts deviennent entraineurs, les autres ont préparé un métier qu'ils reprennent. Ils quittent les projecteurs, ou les regards, et ce doit être une reconversion. Cela se travaille. Plus tard ils diront à leurs enfants: "J'y étais". Ils raconteront comment c'était devant les yeux brillants des enfants, qui auront de beaux modèles.


Le vide existentiel de la masse? Je ne connais pas la masse. C'est un prénom? C'est Marchais qui parlait des Masses laborieuses, non? On ne savait jamais qui c'était mais cela avait du poids dans ses conversations... :-DD

Je ne connais pas la masse. Je ne connais que des millions d'individus, groupés en catégories diverses. La masse, c'est un gros marteau... :-)

Mais nous pourrions aller demander à "la masse" si elle se sent un vide intérieur particulier, "à la masse" ou "à la ramasse", et demander aux athlètes, qui dans certains domaines sont plus que la moyenne, s'ils se sentent esclaves sacrifiés...

Enfin je dis "nous"... Moi je n'irai pas leur demander. J'ai choisi la lumière. C'est le but des jeux: au-delà des polémiques, face à soi-même, tout donner, toucher le Graal. Cet exemple-là, qui se prépare longuement, est admirable à mes yeux.

Écrit par : hommelibre | 25 février 2014

Soit, John. C'est un choix qui se respecte aussi.

Pourtant, il manque une dimension. Celle qu'on retrouve par exemple dans la description ancestrale des hexagrammes du Yi-king et qui rappelle que le monde est fait d'ombre et de lumière, que tout est cyclique, que la dualité procède du fondement de notre nature incarnée.
Choisir la lumière et ignorer l'ombre c'est renier une moitié de notre existence.

Dans mon commentaire, je ne fais pas ce choix manichéen. Bien au contraire, je valorise la lumière qui émane de chaque être, qu'il soit un athlète médiatisé ou un des membres de la masse.

Je reprends ici à dessein ce terme certes un peu réducteur, mais combien révélateur d'un comportement général qui s'exprime ici par la quantité étonnante de téléspectateurs sans qui les jeux ne seraient pas ce qu'ils sont par défaut de moyens.

Et donc la possibilité pour chacun d'entre-nous de dire stop à cette débauche ravageuse en renonçant à cette distraction éblouissante pour envoyer un signal. On appelle ça le boycott. C'est une arme redoutable qui permet de mener des révolutions pacifiques et contribuer à l'évolution de l'humanité.

Écrit par : Pierre Jenni | 26 février 2014

Un héros est l'image réconfortante que l'on évoque quand on vit des moments difficiles. Ceci est valable dans toutes les cultures et depuis la nuit des temps.
C'est une mémoire qui redonne du courage quand une situation semble compromise ou désespérée. C'est aussi une possibilité d'identification pour reprendre confiance en soi.

Je me souviens d'avoir regarder amusé le maire du village de France voisine, où j'habitais lors du mondial 2006. Cet octogénaire qui redressait les épaules en allant chercher son pain du dimanche matin, exceptionnelement à pied. Arborant fièrement son training bleu et gonflant le haut de son poitrail. Il ne faisait plus son âge ... Ce processus était tout bonnement saisissant à observer.


De l'autre côté, on peut effectivement reprocher la démesure de moyen qui ne se capitalisent souvent pas pour les sites organisateur et où l'impact écologique est énorme pour un grand raout qui ne dure que 15 jours. (Les jeux de Lillehammer seuls, se sont distingués de cette tendance générale)
Le nombre accrus de disciplines disperse le regard et on peut avoir l'impression que seul les pays concernés regardent leurs héros, les autres zappent sur d'autres disciplines qui se déroulent en même temps. La grande communion mondiale est dissoute dans cette abondance.

Quant à la sagesse du Yi-king que j'apprécie beaucoup, n'appartient pas franchement à celui qui regarde le doigt qui désigne la lune ! L'or olympique est une histoire solaire

Écrit par : aoki | 27 février 2014

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