21 février 2014

Immigration: la chute d’une illusion

Le mouvement continue: la ministre responsable de l’immigration du Québec, Diane de Courcy, membre du parti québecois (souverainiste), a déposé cette semaine un projet de loi reformulant les conditions de l’immigration dans la province.


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La procédure proposée est la suivante:

«Les candidats (à l’immigration) rempliraient une fiche. Elle renseignerait Québec sur leur âge, leur maîtrise du français, leur formation et leur expérience professionnelle. Les candidats seraient classés par «ordre de priorité». On contacterait ceux qui sont les mieux adaptés aux besoins du marché du travail.»

L’Australie et la Nouvelle-Zélande disposent déjà de lois analogues. Par ailleurs le contrôle des migrations est un peu partout à l’ordre du jour. En 2012 la Grèce édifiait un mur de 12,5 km le long de sa frontière avec la Turquie, pour freiner le passage de centaines de milliers de migrants clandestins. Aujourd’hui la Bulgarie est devenue le pays de destination des migrations illégales. Y entrent en particulier des réfugiés syriens.

La question migratoire explose soudain au grand jour. Elle avait été étouffée dans de nombreux pays, reléguée au rang de hochet démagogique et populiste. La stigmatisation a été la principale posture de la gauche et d’une partie de la droite pendant des décennies. Mais ce n’est pas en cachant un problème qu’on le résout. La votation suisse du 9 février sur l'immigration de masse semble avoir été un détonateur pour l’Europe. Elle est d'une grande portée symbolique et psychologique, que l'on soit d'accord ou non avec son résultat. L’explosion est d’autant plus forte que le tabou était scellé dans un discours diabolisant, invoquant pêle-mêle l’humanisme, la xénophobie, le progrès, les réactionnaires, et jusqu’au fascisme, sans plus d’analyse non-émotionnelle ou sans préjugés politiques. Les préjugés politiques ont été utilisés justement pour étouffer la réflexion libre, et l’émotion pour faire passer l’idéologie de quelques-uns, profiteurs moraux ou idéalistes naïfs, au nom d’un «coeur» qui transpirait la culpabilité occidentale par tous ses muscles.

Aujourd’hui certains commentateurs abonnés au mot «nauséabond» reconnaissent que laimmigration,différence,frontière,québec,diaboliser,progrès,réactionnaire,coeur,europe,suisse,votation,droite,gauche,souverainisme,grèce,syrie,mur,nauséabond,illusion,fraternité,christianisme,ferrat,nationalisme,fascisme,nazisme,bertez,paradigme,genre, question n’est pas simpliste, même s’ils nourrissent encore un manichéisme dépassé. Par exemple le journaliste Jean-Noël Cuénod dit, parlant des frontières: «Or, elles restent un élément indispensable pour structurer les populations ; elles vont évoluer mais leur disparition n’est pas à l’ordre du jour. Même les nomades ont besoin de cet élément structurant.»



La fin d’une illusion

L’on doit accepter la virulence de la réaction actuelle autour de l'immigration et des nombreuses questions qui y sont rattachées, en regard de l’immensité de l’illusion qui tombe. L’illusion d’un monde sans frontières, fraternel, uni vers ce qui rapproche plus que vers ce qui distancie. L’idéal chrétien, en fait (mais l’idéal chrétien ne peut se réaliser sans un référent au-dessus des humains, sans quoi il n’est encore une fois que rapport de forces ou auto-suggestion), idéal repris par la gauche et une partie de la droite sans invoquer son origine. C’est ainsi que Jean Ferrat chantait:

«Nous ne voulons plus de guerre
Nous ne voulons plus de sang
Halte aux armes nucléaires
Halte à la course au néant
Devant tous les peuples frères
Qui s'en porteront garants
Déclarons la paix sur terre
Unilatéralement»

Ce devait être le progrès, incarné entre autres par l’abolition des frontières et la fin du nationalisme belliqueux. On a oublié que l’internationalisme a été belliqueux lui aussi. Face à ce progrès, dont l’idéologie s’est imposée pendant une longue séquence du XXe siècle, les tenants de la différenciation des identités ont été cloués au pilori comme réactionnaires, ce qui en fait les «mauvais» humains, ceux qui sont dans l’erreur involontairement ou qui veulent délibérément entraver la marche irrésistible du progrès.

La parole cependant se libère. D’aucuns diront que cette parole a un goût des années 1930. Ce qui est parfaitement excessif et inapproprié. Si en Bulgarie un parti nationaliste a recueilli 9% des voix et participe au gouvernement socialiste (!) de coalition, c’est parce que les questions n’ont pas été traitées de manière correcte en amont. Rappelons-nous immigration,différence,frontière,québec,diaboliser,progrès,réactionnaire,coeur,europe,suisse,votation,droite,gauche,souverainisme,grèce,syrie,mur,nauséabond,illusion,fraternité,christianisme,ferrat,nationalisme,fascisme,nazisme,bertez,paradigme,genre,comment l’Allemagne a été humiliée à la fin de la première guerre mondiale, la France allant jusqu’à occuper la Ruhr pour se payer les dommages de guerre. Le nazisme n’est pas monté par hasard ou par la conception spontanée d’une supposée «bête immonde» qui n’existerait qu’en couleur brune. Et si un vrai nazisme venait à éclore ouvertement, je prendrais le fusil et descendrais dans la rue pour le combattre aux côtés de ceux avec qui j’ai pourtant une longue liste de désaccords politiques ou philosophiques.




Action - réaction

Une réflexion intéressante est parue aujourd’hui sous le titre La loi du triangle, signée d’un ancien proche de Chevènement: Bruno Bertez.

Il rejette formellement la stigmatisation accolée au mot réactionnaire:

«La réaction, c’est ce qui suit dialectiquement, organiquement, une action, voilà ce que la propagande veut depuis des décennies occulter. On considère comme un phénomène qu’il faut mettre au grand jour, analyser, stigmatiser, ce phénomène réactionnaire, mais on ne veut pas voir que, s’il y a réaction, c’est qu’il y a eu action auparavant. On veut faire comme si le mal réactionnaire tombait du ciel ou plutôt comme s’il sortait, sans cause, « du ventre immonde » de Brecht. Le politique, le penseur, le commentateur, eux, doivent, au risque de se condamner à l’idiotie du rabâchage stérile, ces gens-là doivent inverser la démarche: ils doivent comprendre l’action, la décortiquer sous tous ses aspects afin d’approcher un tant soit peu l’examen de la réaction. Voilà notre message essentiel. Si nous sommes dans une période de  réaction, c’est parce qu’une action est en cours et que c’est d’abord sur cette action qu’il faut porter attention pour comprendre et agir.»

Plus précisément encore il tient un discours qui devrait devenir le moule de l’intelligentsia européenne, si elle existe encore en dehors des réflexes pavloviens:

«Il faut oser dépouiller le mot « réaction » de son côté sulfureux, il faut dé-diaboliser ses manifestations, ses symptômes, ses modes d’apparaître ; bref, il faut en faire un objet d’étude à part d’autant plus entière que l’avenir de nos sociétés est en jeu. Et la démarche honnête, scientifique, tout simplement celle de l’homme de bonne volonté,  pourrait-on dire, commence non par l’anathème, mais par l’examen des conditions de l’action qui lui ont donné naissance.»



Le nouveau paradigme
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Cela posé, on peut enfin parler de la distanciation des peuples et des êtres, des différences identitaires, du respect de l’autre en tant qu’autre, d’une mondialisation qui ne laisse plus comme repère que l’errance individuelle, elle-même rejetée dans la théorie du genre et ses corollaires (par exemple les excès de l’antiracisme), qui indifférencie les sexes et toutes les marques représentatives spécifiques. Il y a de vraies questions de société  ici, que la question de l'immigration réveille, et si elles sont traitées comme le diable, elles deviendront le diable.

Seule une palabre ouverte et sans tabou peut empêcher le diable de prendre corps.

On doit aujourd’hui abandonner la théorie gauchiste de la fraternité universelle et ses stigmatisations. Il est possible de reconnaître des limites qui laissent le choix entre l’adhésion ou le refus. C’est le fondement même de notre droit: le consentement. La suppression des limites comporte des dangers qu’il faut apprivoiser. Supprimer les limites, c'est prendre le risque de supprimer le consentement qui en découle. Car in fine la suppression des limites signifie par exemple que l’agression, le viol, la guerre, n’existeraient pas puisque l’autre n’est plus autre.

C’est peut-être dans ce sens qu’il faut aujourd’hui porter la réflexion, en abandonnant le mécanisme de pensée binaire: progressiste-réactionnaire, humaniste-fasciste, et tous ces antagonismes dont il ne sortira que de nouvelles violences si l’on continue indéfiniment à les nourrir. Je reconnais que ce changement va être douloureux pour ceux qui sont bétonnés dans leurs croyances et plus réactionnaires qu’ils ne le pensent d’eux-mêmes.

Le changement a changé de sens.

Ceux qui pensent être de vrais progressistes devraient accepter ce changement de paradigme. Il n'est pas partisan, ne cherche pas à alimenter des antagonismes, mais à délimiter l'espace du respect. Les marques traditionnelles gauche-droite en prennent un coup.

Le nouveau paradigme demande de considérer l’Autre comme légitime dans son altérité - sans devoir adhérer par principe à sa position. De considérer qu’il existe des frontières physiques, corporelles, géographiques, politiques, psychologiques, et de chercher toute approche fraternelle - ou au moins pacifique - à partir de ce constat. L’humanisme du XXe siècle était entaché de peur et avait l’empressement d’une fuite en avant. Aujourd’hui on commence à retomber sur terre. L’objectif final de vivre en paix n’est pas éteint. Mais la méthode pour l’atteindre et le discours pour le théoriser vont changer radicalement, en intégrant le paradoxe de la profonde communauté d’intérêt de l’espèce humaine et de la vigilance nécessaire contre toute intrusion non souhaitée.

Ce nouveau paradigme doit être un des éléments de la révolution culturelle qui a commencé. Il suppose comme préalable que tout débat est ouvert, sans y incruster d'emblée de mécanisme binaire autre que la seule dialectique.

Commentaires

La natalité suisse et européenne pose un véritable problème de démographie auquel il faudra un jour répondre par des allocations comme en France.
Quand l'UDC aura compris l'intérêt évident d'avoir une plus forte natalité et arrêtera de considérer la famille comme une affaire privée, là, il n'y aura plus de problème de migration.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 21 février 2014

Vraiment un excellent billet. Sincères félicitations et toute mon admiration pour votre clarté.
Sur l'humanisme : depuis mon passage en Afrique, je me suis rendu compte à quel point il est lié à ce que nous appelons "judéo-christianisme" (notion contestée par certains...). Cela ne peut donc que créer beaucoup de confusions que de vouloir appliquer l'humanisme chrétien au monde entier. En Afrique, où il n'y a ni chrétiens ni musulmans mais des animistes* (mais personne ne vous le dira), les enfants appartiennent aux Ancêtres jusqu'à leur trois ans. Les Africains veulent conserver leur religion mais ont appris dans leur chair le poids des pressions des Autres, ainsi que la pertinence du silence et du secret...

Tout le monde n'est pas semblable à tout le monde et ceux qui prêchent le multi-culturalisme le font parce qu'ils n'ont eux-mêmes aucune culture à eux...
L'humanisme est l'autre pendant dialectique du fascisme, vous l'avez vous-même noté. Ce mot est aussi mal utilisé et galvaudé que l'autre...

* Il serait temps de cesser ce scandale d'appeler chrétiens et musulmans les gens qui s'affrontent en Centrafrique. Dites-nous le nom des tribus qui s'affrontent, comme c'est le cas au Sud Soudan, et cessez de creuser les contradictions entre les religions...

Écrit par : Géo | 21 février 2014

Vous avez cité Jean Ferrat, voici Jacques Debronckart, chanteur engagé à gauche comme lui :
http://www.dailymotion.com/video/x46gro_jacques-debronckart-adelaide_music

Qu´ils soient d´ici où de n´importe quel parage
Moi j´aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur cœur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir
Voilà pourquoi Jean de Bordeaux, François de Nantes
Voilà pourquoi Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
J´aime tant vous entendre parler de chez vous.

Quand le dernier verre se vide
Dans les bars d´Adélaïde
On a le cœur qui s´vide aussi
Lorsque l´on pense au pays!

Chaque premier janvier on dit c´est la dernière
La dernière année que je passe en Australie
Et le premier janvier suivant nous voit refaire
Même serment qui sombre à son tour dans l´oubli
Ce serait pourtant le moment de revoir nos plages
Car les pays se ressemblent de plus en plus
Et dans dix ans nous trouverons dans nos villages
Des distributeurs de hot-dogs au coin des rues!

Le whisky paraît acide
Dans les bars d´Adélaïde
Lorsque l´on garde au palais
Le souvenir du Beaujolais

Et dans vingt ans sans avoir revu nos falaises
Citoyens d´Australie conscients de leurs devoirs
A nos enfants nous apprendrons la langue française
Mais leur accent ne sera pas celui du terroir
Alors dis-moi de nos vingt ans François de Nantes
De nos vingt ans Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
Nos vingt ans d´aujourd´hui vous en souviendrez-vous?

Quand le dernier verre se vide
Dans les bars d´Adélaïde
On a le cœur qui s´vide aussi
Lorsque l´on pense au pays!

Écrit par : Géo | 21 février 2014

Oui, chanson qui illustre bien l'appartenance, et cette nécessaire nostalgie qui donne une forme d'identité de manière positive.

Écrit par : hommelibre | 21 février 2014

Oh!...Victor n'y a-t-il pas eu le 24 novembre dernier un vote sur une initiative de l'UDC pour les familles; déductions fiscales pour les parents gardant leurs propres enfants....!(cela aurait été un début pour encourager les parents à avoir un peu plus d'enfants).

Refusée selon la recommandation du CF et du parlement!

C'est difficile de faire les choses démocratiquement, mais faut pas s'en plaindre et il faut ASSUMER...après!

Écrit par : Corélande | 21 février 2014

A force de tant de mépris et de hargne craché à la figure de qui, en moins éclairé que vous, moins informé, aussi, votre excellent article, Monsieur Goetelen, nous est baume au coeur: la vanité, l'égoïsme, le mensonge, la rapacité, la cupidité, en j'en passe, ne créeront jamais et ne renouvelleront jamais un monde qui soit vivable en donnant à tout un chacun, du plus illustre au plus humble, un sens à sa vie. MERCI

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21 février 2014

Un bel article, bien documenté et sans passion aveuglante. Merci ! Finalement vous exprimez une lucidité et un recul dont on souhaiterait voir nos politiciens en faire usage plus souvent. La réflexion ne se résumera jamais à des yaka simplistes faisant fi de la nature de l'homme. Encore merci d'avoir pris la peine de l'exprimer aussi clairement et avec talent.

Écrit par : uranus2011 | 21 février 2014

L'histoire de l'évolution des mots est passionnante.

Un exemple amené par le professeur Monnier (Histoire de la Langue , Faculté des Lettres de Genève, mais c'était au siècle précédent) qui m'a toujours fascinée : l'adjectif "farouche" qui vient de "foresticus". Sa signification a évolué de "sauvage, indompté, timide (qui donne "effarouché") à "brutal, sauvage, acharné, opiniâtre" (qui donne "farouchement").
Cela pour dire que la signification du mot "réactionnaire" n'est pas gravé dans le marbre à tout jamais. D'ailleurs, ne faudrait-il pas chercher un nouveau terme pour désigner le mouvement qui contre une action à bon escient. Certes, il existe "résistance", qui est connotée tout autrement ;-))
Je me souviens encore du moment, où j'ai posé la question, en tant que non-francophone, sur la signification du mot "réac". C'était au début des années 1970 et j'avais environ 17 ans. Je me souviens que je n'avais pas trouvé l'explication fournie par mes camarades très logique.
En effet, pourquoi une réaction serait forcément d'un type conservateur et crispé sur le passé ? On disait d'ailleurs toujours "C'est un vieux réac'."

A l'époque, j'étais confrontée en permanence aux difficultés du français et priée de malgré tout accepter l'ukase selon laquelle c'est une langue très logique et la plus claire du monde (puisque longtemps la langue de la diplomatie internationale). Alors, je n'ai pas protesté longtemps.
Mes camarades, pourtant progressistes à leurs propres yeux, auraient trouvé, comme toujours, d'excellentes raisons pour défendre la logique de leur langue maternelle.
On n'est donc pas à une incongruité près.
Avec le recul, je dirais que l'usage de ce genre de mot est à contextualiser. Si quelqu'un dit "vieux réac'" ou " une vision réactionnaire", il est clair qu'il est dans un discours convenu qui sent un peu la naphtaline. Donc le locuteur est éventuellement lui-même dans un trip passéiste. La méfiance serait de mise et ça vaudrait la peine de demander quelques précisions. P.ex. : définis "réactionnaire" - qu'est-ce que ça signifie pour toi ?

Écrit par : Calendula | 21 février 2014

@ Corélande
J'avais oublié cette votation.
Je viens de trouver ce site : http://www.non-initiative-familles.ch , qui disait non à l'époque.
Désolé.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 21 février 2014

@hommelibre
Très bon texte, plein de force en même temps de subtilité.
@Géo
Merci pour votre citation.
J'ai des amis très chers à Adélaïde et j'y ai séjourné plus d'une fois. Bien ici chez moi, j'aimerais pourtant bien maintenant me trouver dans un bar là-bas.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2014

"Bien ici chez moi, j'aimerais pourtant bien maintenant me trouver dans un bar là-bas."
Entendu cette définition de la "saudade" de la part d'un habitant du Cabo Verde : la saudade, c'est quand tu as le regret de ne pas être sur le continent mais que tu sais que quand tu seras sur le continent, tu auras le regret de ton île...
J'avais connu cela avec le chalet en été durant les grandes vacances...
Un de mes patrons du CICR me disait qu'il revenait toujours avec beaucoup de plaisir en Afrique, et qu'il en repartait avec tout autant de plaisir.

Mais après tout, qu'est-ce qui vous empêche d'aller boire un dernier verre à Adélaïde ? La longueur du vol ? (ce serait mon cas; je veux bien y aller, mais en 1ère...)

Écrit par : Géo | 21 février 2014

@Géo
Merci de votre empathie. Tous ce que vous dites est très vrai, sur ce besoin et plaisir renouvelé de se retrouver ailleurs.
Entendu à la TV l'autre soir cette citation de Paul Morand, auteur que je ne connaissais que de nom:
« Voyager, c’est demander d’un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu. »
Je renchérirais même sur ce constats: chaque première expérience quelque peu approfondie d'un nouveau pays, ou même d'un nouvel endroit, m'a toujours donné un nombre et une intensité de sensations que plusieurs années ici n'arrivaient pas toujours (ou même jamais) à égaler.
Peut-être est-ce une infirmité qui m'empêche de bien voir les lieux et les paysages proches, les végétaux et les animaux familiers et toutes sortes d'autres richesses qui s'offrent ici. Une forme d'exotisme probablement, mais que je dois partager avec tous ceux qui recherchent le dépaysement pour se sentir plus vivants, même si ce n'est que le temps des vacances.
Pour répondre à vos questions: la distance est un obstacle que j'ai toujours su vaincre, même si je suis extrêmement mauvais voyageur, souffrant de toutes les sorts de maux de voyage, le pire étant le mal de mer.
J'ai fiat des centaines de décollages et d'atterissages, de trajets en bus, camions, jeep et autres
véhicules et je n'y ai presque jamais trouvé aucun plaisir, mais souvent des désagréments et parfois des souffrances. Je me suis même senti mal en plongée après une approche chahutée en barque. Mais j'ai toujours persisté pour pouvoir retrouver ces sensations d'ailleurs.
Malheureusement l'obstacle financier ne se laisse pas dompter, surtout avec une famille. Autres temps, autres habitudes.

Écrit par : Mère-Grand | 21 février 2014

"Mais après tout, qu'est-ce qui vous empêche d'aller boire un dernier verre à Adélaïde"!
Oh si vous y retournez dites-le moi, je viens avec vous!
Moi aussi je veux y retourner....au moins 6 mois!
Géo, même en première, cela ne vous empêchera pas d'être en "apesanteur" pendant 3 jours au retour :-)

J'ai la bizarre impression que ceux qui ont beaucoup voyagé, comprennent d'autant mieux les valeurs de notre pays!

Écrit par : Corélande | 21 février 2014

Aie en voilà encore une d'illusion perdue! 85'378 c'est un chiffre qui vous parle? Non! Et pour cause! C'est le solde migratoire OFFICIEL 2013.

Bizarrement la presse et le département de dame sommaruga ont informés en parlant de plus de 81'000.

Voilà comment on a trompé les gens, chaque année et depuis 10 ans!

Merci au 9 février 2014 d'avoir au moins mis un grand STOP à cette mascarade!

Écrit par : Corélande | 21 février 2014

"J'ai la bizarre impression que ceux qui ont beaucoup voyagé, comprennent d'autant mieux les valeurs de notre pays!"
C'était le cas de notre génération. J'ai l'impression que pour les suivantes, cela leur permet de les relativiser encore plus...que si un trentenaire habite à Montréal ou à Beïjing ou à Lausanne, cela lui est égal, pourvu qu'il habite dans une ville où il y a des Mac Do et wifi.

Écrit par : Géo | 21 février 2014

L'occident après avoir colonisé la planète s'étonne de voir venir un retour de bâton, le message "damourrrrr" des missionnaires pédophiles porte ses fruits !

Écrit par : Corto | 21 février 2014

"Par ailleurs le contrôle des migrations est un peu partout à l’ordre du jour."

L'UE chercherait-elle comment les torpiller comme elle le fait avec la Suisse?

Écrit par : Patoucha | 21 février 2014

" L’objectif final de vivre en paix n’est pas éteint. Mais la méthode pour l’atteindre et le discours pour le théoriser vont changer radicalement, en intégrant le paradoxe de la profonde communauté d’intérêt de l’espèce humaine..."

Quel optimisme John avec les nostalgiques du nazisme et l'antisémitisme des années 30 en ce XXIème siècle qui se veut cool et "humanitaire....." Qui ne veut plus de guerre...?

"et de la vigilance nécessaire contre toute intrusion non souhaitée."

encore faudrait-il que les politiques et dirigeants de ce monde fassent une rétrospective du passé et en tirer des leçons. Ce qui n'est guère le cas actuellement!

Écrit par : Patoucha | 21 février 2014

Disons que les forces du vide et de l'absurde s'opposent, il faut bien trouver un prétexte, avant que les avions et autres gadgets portables rétrécissent la planète, l'occident s'en prenait aux juifs et aux gitans, cela pendant des millénaires, générations après générations, comme quelque chose auquel on s'attache, maintenant que ce ne sont plus les croisés qui convertissent aux quatre coins de la planète, soudain les phénomènes s'inversent, ce sont les ex-colonisés qui reviennent visiter par politesse leurs anciens conquérants !

Mais les européens ne comprennent pas que ceux qu'ils ont, autrefois pour certains et aujourd'hui pour d'autres (Dom-Tom), sauvagement occupés rendent la politesse et deviennent d'office les nouveaux "juifs" et "gitans" se circonstance !

Le seul problème, c'est qu'autrefois, les juifs et les gitans étaient familiers des coutumes locales et en nombre inférieur, aujourd'hui, ce n'est pas moins de 40 ou 50 millions d'immigrés qui eux sont peut être moins "civilisés", voir, moins prévisibles, ils n'agissent pas comme les juifs et gitans d'autrefois, ils tuent, volent, trafiquent, violent et surtout, n'ont pas mis leur "virilité" au placard !

Ils proviennent de pays où les pressions sont bien plus contraignantes, d'où leur venue et tout ce qui ne tue pas, renforce !

Maintenant parlons un peu des vagues successives d'immigrations toujours plus massives vu les contextes liés à leurs pays d'origines et parlons aussi de leur moeurs où les ventres de leurs femmes sont comparés à la plus efficace de leurs armes, je veux parler de la natalités au sein de certaines communautés au sein de la "civilisation" occidentale !

Parlons également de la multiplicités des pays d'origines de ces immigrations sans cesse plus nombreuses ! Cela s'étend aux quatre coins du globe et il suffit de quelques SMS pour convaincre d'autres proches que la "Suisse" est incroyable, riche, propre sans commune mesure avec leur lieu d'origine, que l'on peut y être soigné pour le prix d'un voyage, nous pourrions presque parler de concurrence déloyale !

Également les médias nous racontent les calvaires des immigrés d'Afrique, ceux qui risquent leurs vies sur des rafiots pourris à la dérive, mais ce n'est pas le cas de tous, notamment de ceux qui sont pilotes chez Ethiopan Airways, qui n'hésitent pas de poser leur avion en privé sur l'aéroport de Genève avec à la clé, un séjour 5 étoiles dans une prison où il faut réserver 2 ans à l'avance ou voler 120 sacs à main de personnes âgées et avoir été arrêtés 240 fois, parce qu'ils ne font pas que voler des sacs à main !

Aussi bizarre c'est affaire d'avions italiens et français qui accompagne un avion éthiopien sur le tarmac helvétique de Genève ???

Savaient-ils que nos bravent enfants de bonnes familles faisant partie de "l'élite" militaire dormaient avec des filles provenant de Russie, allez savoir !

C'est u n peu comme à Tchernobyl, lorsque les ingénieurs coupaient les fils des alarmes pour pouvoir dormir tranquille !

Écrit par : Corto | 22 février 2014

@Corélande
"J'ai la bizarre impression que ceux qui ont beaucoup voyagé, comprennent d'autant mieux les valeurs de notre pays!"
Une chose est certaine, en tout cas. Je n'ai rencontré nulle part dans le monde des gens aussi critiques à l'égard de leur pays ou de leur culture que chez nous. Presque partout les gens affirment une certaine fierté pour leur patrie, même s'ils sont très lucides vis-à-vis de leur gouvernement et d'autres milieux qui contrôlent sa politique.
En ce qui concerne l'Australie, je vous offrirai volontiers un séjour là-bas, avec ou sans nous, si un jour la fortune me sourit ;-)

Écrit par : Mère-Grand | 22 février 2014

@Corélande
"J'ai la bizarre impression que ceux qui ont beaucoup voyagé, comprennent d'autant mieux les valeurs de notre pays!"
Une chose est certaine, en tout cas. Je n'ai rencontré nulle part dans le monde des gens aussi critiques à l'égard de leur pays ou de leur culture que chez nous. Presque partout les gens affirment une certaine fierté pour leur patrie, même s'ils sont très lucides vis-à-vis de leur gouvernement et d'autres milieux qui contrôlent sa politique.
En ce qui concerne l'Australie, je vous offrirai volontiers un séjour là-bas, avec ou sans nous, si un jour la fortune me sourit ;-)

Écrit par : Mère-Grand | 22 février 2014

@ Calendula:

Je suis d'accord avec vous: il y a beaucoup de mots ou de notions à redéfinir. Il y a aussi à repenser les critères de définition, les valeurs associées, si l'on veut sortir des antagonismes. En tous cas quand l'antagonisme ne décrit plus le réel ou le réduit à un squelette sans chair.

Les définitions stigmatisantes d'aujourd'hui sont héritées pour la plupart d'une époque où un chef de file pensait pour sa famille politique. Donc utiliser ces définitions aujourd'hui n'est pas produire sa propre réflexion mais reconduire celle d'une ancien chef. Une autre époque, quoi!

Dans ce cas il y a une vraie raison de redéfinir et de faire évoluer les notions.

Écrit par : hommelibre | 23 février 2014

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