21 janvier 2014

La double image de François Hollande

Et si l’apparente désinvolture ou mollesse de François Hollande faisaient partie d’une mise en scène, d’un storytelling calculé. Si au fond Hollande était gravement dédoublé, de manière délibérée et dans un dessein stratégique particulier? Trois choses me font question dans ce sens.


francois hollande,valerie trierweiler,segolène royal,présidence,guerre,mou,scooter,1. La première est sa rapidité à s’engager dans des opérations militaires, et son insistance pressée à en découdre avec la Syrie. Un homme vraiment mou, hésitant, pusillanime, serait-il si prompt à donner l’ordre d’engager des troupes sur un autre continent?


2. Il a rassemblé dans son gouvernement une brochette de responsables autoritaires, bardés d’idéologie et incapables du moindre réel débat. C’est un cabinet de guerre. Il n’hésite d’ailleurs pas, au travers de ses ministres et de sa politique sociétale, à dresser le pays contre lui-même.


3. Son attitude à l’égard de Valérie Trierweiler est un modèle de mépris et de dureté. Certes elle l’a cherché. Mais enfin, ne pas aller la voir pendant une semaine à l’hôpital sous prétexte d’interdit du médecin, ne pas mentionner cette compagne dans sa conférence de presse sous prétexte de vie privée - alors qu’en d’autres temps il s’exhibait avec elle à des fins de publicité électorale, ou avec ses enfants lors d’un des accouchements de Ségolène Royal, cela relève de la plus simple muflerie. A moins que leur affaire ne soit déjà pliée et jetée à la poubelle. Mais enfin il aurait pu dire simplement quelques mots d’elle, ce président «normal». Il est resté de métal.


Cela ne ressemble pas vraiment à un caractère mou. Mais plutôt à un manipulateur d’image et d’opinion. Et de femmes. Il les fait perdre à son profit: Ségolène, qu’il n’a pas vraiment soutenue ni secondée en 2007, a perdu la présidentielle. Et aujourd’hui Valérie, installée pourtant à l’Elysée, et qui l’a fait atteindre le sommet, est reléguée au pavillon de La Lanterne. Etonnant qu’un tel mufle ait encore le soutien des féministes.


Mais alors, au cas où cette perception serait juste, s’il dirige une guerre et utilise à ce point de cynisme des femmes qui croient en lui, pourquoi se cacher derrière l’image du gaffeur ou du clown? Je n’ai pas de réponse à cette question. Je constate seulement qu’il ressemble à une baudruche qui cache une armée de gnomes malfaisants. Il y a là une sorte d’énigme. Cette bonhommie un peu maladroite et ce peu de lisibilité de sa politique ne collent pas avec le cabinet de guerre qu’il a mis en place ni avec l’agressivité de ses fantassins et lieutenants.


Je n’arrive pas pour autant à voir en lui un stratège hors-norme, capable de construire à ce point deux images parallèles, ni un homme dont la force et la compétence feraient trace. La légèreté de ses escapades en scooter ne plaident pas pour autre chose qu’un adolescent dans sa bulle. A ce point, la normalité ressemble au mieux à une immaturité.


Un tel décalage dans le personnage est troublant. Il questionne. Est-ce bien lui qui gouverne? Et si oui, où va-t-il?


Image: Pinel.

19:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : francois hollande, valerie trierweiler, segolène royal, présidence, guerre, mou, scooter | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Où va-t-il? Lui, je en sais pas, mais le pays: à toute allure dans un régime totalitaire!

Écrit par : MM | 21 janvier 2014

Un père un peu facho, et son fils ne sait plus où il a bite.

C'est peut être ça Hollande, un traumatisé qui se cache entre 2 alcôves, guerres ou partis.

Écrit par : pli | 22 janvier 2014

Pour rentrer dans les corrélations subjectives, mais pas si fantaisistes;

Pour le point1:
C'est vrai qu'il est prompt à partir en guerre, mais le Mali n'était pas une opération à grand risque. Pour la Syrie, il s'est vite calmé quand il n'était plus sûr d'être accompagné par le grand frère.
Je crois que cela parle aussi.

Pour le point 2:
C'est peut être aussi le signe qu'il s'entoure de gens qui compensent sont manque de consistance. Comme s'il s'entourait de roquets pour se sentir en sécurité ( remember, Valérie Rottweiler). Mais par ailleurs, il n'a pas fait de démonstration d'une grande autorité sur ses troupes. Bien sur que non puisque c'est lui qui est dépendant de son entourage.

Pour le point 3:
Dès le moment où il se sent en sécurité dans une autre relation, alors la précédente n'est qu'un poids ennuyeux. D'ailleurs, il a dû attendre que les choses soient dévoilées par la presse pour affronter la situation.

Bon d'accord je suis méchamment subjectif, mais ...

Écrit par : aoki | 22 janvier 2014

Bonjour Aoki,

Bah, je suis aussi subjectif! :-)
Et votre analyse tient la route. Je me demande quel est son noeud psychologique, noeud puissant et non résolu. Il a fait des efforts pour maîtriser son débit de parole et son attitude corporelle mais c'est du coaching. Vous rappelez-vous son phrasé d'avant, rapide, haché, comme un enfant qui a peur qu'on lui coupe la parole?

Il donne le change mais reste dans cette posture de manque d'autorité. D'ailleurs ses longs silences, sur la Syrie à un moment, sur Trierweiler, confirment plutôt votre analyse.

Écrit par : hommelibre | 23 janvier 2014

Difficile de définir son noeud psychologique...

Toujours dans le fil de la subjectivité

Je le perçois comme un fils de la mère. Càd ; un garçon qui a pris le parti de sa maman dans les tensions parentales ?
Un père à la réputation sulfureuse d'extrême droite, proche de l'OAS et de Tixier-Vignacour et une mère de gauche, assistante sociale (nous dit wikipédia).
En réaction face au père, il aurait "épousé" le parti de sa mère. D'où sa sensibilité féministe et en même temps le besoin de séduire au risque de se conduire comme un mufle. Être aimé sans responsabilités, comme un enfant.
Ce papa un peu facho sans doute sévère, l'aurait-il un peu traumatisé sur ses possibilités de s'exprimer ? Serait-ce son identité fascisante dans l'ombre ?

Ce ne sont que des conjectures.

Mais ce dont je suis certain, c'est qu'il n'y a rien de plus dangereux qu'un être mou de caractère et peut être immature affectivement tenant les rênes du pouvoir. Surtout quand il est entouré d'idéologues, opportunistes et ambitieux.
J'espère que ce n'est complètement son cas.

Écrit par : aoki | 23 janvier 2014

Vos supputations paraissent assez ...fragiles. Ce qu'il y a de très visible, c'est qu'il se sait dépassé par les circonstances. Et si on parle de psychologie, ce qui me paraîtrait intéressant, c'est de comprendre comment les socialistes l'ont choisi comme candidat : on se souvient du " Hollande, président ? On rêve.." de Fabius. Et ensuite comment et pourquoi les Français l'ont élu. Par défaut, certes, mais cela en dit long sur leur détestation de Sarkozy.

Et c'est là que cela devient intéressant. Sarkozy va se représenter en 2017 face à Hollande et MLP. Ce qui donnera un second tour Hollande - MLP du genre 2002.
Et donc il est fort probable que la France se paie Hollande sur deux mandats.
Y a intérêt à voter OUI le 9 février, les Français vont tous vouloir venir en Suisse...

Écrit par : Géo | 24 janvier 2014

@ Géo:

Le retour de Sarkozy est hélas bien possible. Ce n'est pas une bonne idée, sauf pour son ego. Je voyais il y a quelques jours une ancienne conférence de presse où il encensait le Qatar... Difficile de faire plus de courbettes. Mais les autres leaders du centre ou de droite n'ont pas la carrure. Deux mandats de Hollande, pas impossible... Une punition.

Écrit par : hommelibre | 24 janvier 2014

On appelle cela une double personnalité.

Très souvent, les êtres les plus cyniques et les plus malfaisants se cachent derrière de gentils nounours.

Écrit par : petard | 24 janvier 2014

«Il a fait des efforts pour maîtriser son débit de parole et son attitude corporelle mais c'est du coaching. Vous rappelez-vous son phrasé d'avant»

C'est quand-même tout bénéfice pour Laurent Gerra !

Écrit par : petard | 24 janvier 2014

Géo,

Au vu des développements actuels, il n'est pas certain qu'une confrontation Hollande- Le Pen en 2017, tourne au scénario de 2002. On est là aussi dans des supputations ...

Jour de colère dimanche et les élections Européennes et municipales nous indiqueront sans doutes beaucoup de choses.

Écrit par : aoki | 24 janvier 2014

aoki@ Pas d'accord avec vous. Le FN, c'est bon pour manifester sa mauvaise humeur. De là à mettre MLP aux commandes, aucune chance.

Écrit par : Géo | 24 janvier 2014

La "média-sociale-sphère" française s'applique à ancrer dans les esprits embués, l'idée qu'il n'y a PAS d'alternative à la sainte sociale-démocratie; aussi sociale-démagogique qu'elle soit.

Pour un président mou… le bourrage de mou ça fonctionne !

Écrit par : petard | 24 janvier 2014

Je n'ai pas trop compris ce que vous voulez dire, petard, mais au cas où, sortir de l'euro est plus difficile que de contingenter l'immigration en Suisse. Donc, sur les mêmes bases, le peuple français en sera réduit à voter Hollande, comme il a voté à 80 % pour le déjà vieux débris Chirac en 2002. Et dans la trilogie Hollande - Sarkozy - MLP, Sarkozy n'a aucune chance...

Écrit par : Géo | 24 janvier 2014

C'est bien ce que je dis. Les socialistes se tapent sur le ventre parce que... Sarko, c'est pas possible
...et Le Pen c'est même presque interdit de prononcer son nom.

Seule solution pour eux: la tête dans le sable à perpètre. Je m'en fout, je ne vis pas dans ce pays. Et c'est pas là-bas que j'irai lorsque nos croupiers PLRS feront banqueroute.

Écrit par : petard | 24 janvier 2014

Pour que MLP soit élue en 17 ou en 22, il faudrait un déclic assez énorme dans l'opinion, bien au-delà de la fatigue d'une partie des électeurs. Il faudrait aussi qu'elle rehausse son charisme, qu'elle propose un programme économique détaillé et viable, un projet de réforme réelle de l'Etat qui tranche dans le vif, des perspectives, un corpus de valeurs de société clairement formulé. Et qu'elle ait autour d'elle quelques têtes bien faites que l'on puisse imaginer au gouvernement.

Cela fait quand-même beaucoup de conditions à remplir. Il lui est difficile d'être à la fois un parti de changement, voire révolutionnaire (quoi qu'elle pourrait utiliser davantage cette thématique, sous une autre formulation), et un parti débarrassé des vieilles étiquettes autoritaires.

Le FN reste stigmatisé pour un supposé fascisme qu'il n'a pas, alors qu'il pourrait être taclé par une mise en doute de ses compétences et de son projet néo-nationaliste dont on ne voit plus bien le contour ni s'il est viable.

Écrit par : hommelibre | 24 janvier 2014

Je ne serais pas étonné tout de même que d'ici 3 ans il y ait quelques séismes politiques en France. 3 ans c'est long au rythme où vont les déboires et les frustrations.

Écrit par : aoki | 24 janvier 2014

«Le FN reste stigmatisé pour un supposé fascisme qu'il n'a pas, alors qu'il pourrait être taclé par une mise en doute de ses compétences et de son projet néo-nationaliste»

Il n'y a pas que des idiots et des naïfs au FN (en sciences économiques s'entend). Et il y a de talentueux politologues, économistes et démographes qui ne sont pas au FN, mais qui partagent les mêmes idées par rapport à l'Europe, l'Euro, la réforme du système politique, etc.

Malheureusement ici, avec nos abrutis du PLRS, la Suisse prend le chemin de l'UMPS...

Dans ce pays, on réagit vraiment comme des enfants gâtés. Une ou deux claques qu'il faudrait. Mais ça viendra !

Écrit par : petard | 27 janvier 2014

François Hollande a toujours recherché un peu de reconnaissance. La preuve en est qu'aujourd'hui, il donne quasiment toutes les clés du pays et de son gouvernement au MEDEF. Mais en guise de reconnaissance, le patron du MEDEF de la Région d'Anjou le gratifie d'une sentence humiliante:"« Seul le nom du pacte change. Ne le dites pas, mais François Hollande est à la solde du Medef ! »,

http://www.lejournaldesentreprises.com/regionale/Pays-de-la-Loire/francois-hollande-est-a-la-solde-du-medef-ironise-le-president-du-medef-des-pays-de-la-loire-07-01-2014-213448.php

N'oublions pas que FH avait été, jusqu'à sa campagne présidentielle, secrétaire national de son parti - un peu comme un premier ministre pour ses militants, au sein du parti. Il avait côtoyé tous les éléphants ministrables et présidentiables sans jamais oser ambitionner cette candidature jusqu'en 2012.
C'est un homme de service, pas de décision ni de vision.
Ainsi, il est toujours heureux de pouvoir servir les plus puissants.

Visiblement, il n'avançait pas masqué, mais malvoyant et très anxieux quant à son image qu'il peut donner à voir. Un homme mal à l'aise.
Avec le plein pouvoir dans ses mains, il ne sait qu'en faire, comment et pour quelle raison et quel service... Ce pouvoir lui échappe. Les plus observants dans son premier cercle n'a qu'à s'en servir. On pense que le premier qui en fait cette démonstration, c'est le MEDEF avec ses exigences, ensuite c'est Manuel Vals avec l'affaire Dieudonné. On peut penser que ni l'un ni l'autre ne se tiendra aux premiers gains. Ils continueront de le harceler. Le premier pour 100 milliards d'euros de cadeau si peu content des trente après les vingt milliards sous forme d'allègement ou d'exemption des cotisations, le deuxième, vise simplement à lui ravir, bientôt, son trône dans lequel FH s'est si mal assis.

François Hollande a manifestement besoin, à la fois de conseils et d'être admiré. Au moins craint. D'où ses fuites auprès des femmes, auprès desquelles il semble chercher à se rassurer.
Compagnon, père, amant, a-t-il vraiment su se découvrir amoureux au moins une seule fois avec une seule femme? (avec la dernière, son inconsistance l'avait exposée à de multiples dangers ainsi qu'à la négative opinion publique. Mais là, il s'agit d'un autre débat).

En fin de compte, les Français ont élu un Président qui ne veut surtout pas de responsabilité.
C'est peut-être ceci qui fait dire qu'il est immature, car en effet, il avait été un enfant surprotégé ensuite réfugié dans gros et rassurant * appareil* politique* avant de s'entourer de femmes successives qui ont du caractère, de la constance parce qu'elles ont une vision et de la détermination.

Le président dirige son pays comme il gérait son parti. Il est comparable à Ban Ki Moon qu'on voudrait faire président dans un pays.

Écrit par : Beatrix | 29 janvier 2014

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