16 janvier 2014

Ce qu’Israël m’inspire

Dans le débat qui a ressurgi autour de Dieudonné la question juive reste centrale. Elle hante l’Europe depuis le milieu du Moyen-Âge. Elle a alimenté la politique mondiale et continue à le faire. Elle m’inspire quelques réflexions et sentiments.


israël,juif,europe,racisme,moyen-âge,lois mémorielles,hitler,nazis,Alors que jusqu’au Xe siècle environ la situation des juifs était plutôt confortable en Europe, elle a basculé ensuite. L’anti-judaïsme s’est développé à partir des croisades et du roi Philippe le Bel, qui a spolié et fait tuer une grande partie de la population juive de France.


Des massacres à la création d’un Etat

Dans les siècles suivants les juifs ont été pris pour cibles et massacrés par dizaines de milliers pour de multiples raisons. Leur statut civil a été limité pendant des siècles, rendant leur intégration très problématique. Au XIXe et XXe siècles ils ont été l’objet de pogroms et d’une théorisation de leur élimination. La France n’a pas été en reste, entre Philippe le Bel, l’affaire Dreyfus et le régime de Pétain. Ainsi ce court extrait de présentation de l’exposition anti-juive «Le Juif et la France» qui eut lieu à Paris en 1941: «Alors que les Nations produisaient des richesses, les juifs, dès le début de leur Histoire, se présentent comme des commerçants inutiles, vivant de la sueur et du travail des autres.»

La conscience d’être un peuple a été renforcée dans la période des massacres. Un peuple sans terre, un peuple en exil. Qu’est-ce qui définit un peuple? Une unité culturelle - ici une religion, des coutumes et une morale - ainsi qu’un fort sentiment communautariste imposé par les circonstances historiques. A noter que le communautarisme n’était pas l’apanage des juifs; il faisait et fait encore partie de la notion d’identité régionale, religieuse ou culturelle. Le fait d’être le mouton noir des européens a renforcé le communautarisme juif.

La volonté de créer un Etat pour les juifs, ce que l’on nomme le sionisme, est apparue au XIXe siècle. Après environ 800 ans d’une situation très problématique où massacres ont alterné avec périodes plus calmes dans lesquelles nombre de professions étaient interdites aux juifs (seul le marché de l’argent leur étant laissé car interdit aux catholiques), la solution la plus sûre était de créer un Etat où les juifs seraient chez eux.israël,juif,europe,racisme,moyen-âge,lois mémorielles,hitler,nazis,

Une partie des nations du monde a soutenu ce projet. La terre d’origine, mentionnée par les romains et par la bible, était ce territoire au nom de Palestine. Une partie de ses habitants descendait d’ailleurs de juifs.

Cette terre n’avait plus été un Etat depuis l’occupation romaine. D’autres occupations ont succédé: chrétienne, musulmane turque, anglaise. Il n’y avait pas d’Etat palestinien au début du XXe siècle, ni peuple palestinien proprement dit.



Aujourd’hui

Les racines du conflit avec les juifs, tant en Europe qu’au Moyen-Orient, sont complexes. Je reste ici sur un sentiment personnel, plus à portée de mes connaissances. Le peuple juif a préservé et renforcé son identité au cours de deux millénaires. C’est une force inouïe si l’on tient compte des circonstances historiques et des persécutions. J’admire cette force. Je comprends qu’après tant de souffrances, la question juive demandait une solution plus radicale que la supposée bienveillance des Etats européens, dont on sait ce qu’elle fut. La création d’un pays m’apparaît avoir été légitime.

Je n’ai pas de doute sur la réalité de la Shoah. De nombreux historiens et documents en attestent, ainsi de que nombreux témoignages de survivant des camps. Le documentaire de Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg, est exemplaire à ce sujet. Je n’ai aucun doute sur l’horreur que représente la solution finale des nazis. Et je pense important que la mémoire d’une telle horreur reste dans les esprits, pour tenter de circonvenir tout risque de résurgence. Je comprends même, jusqu’à un point, la dureté de l’Etat d’Israël pour qui il faut conjurer tout risque de retour à son élimination. Or depuis 1948 Israël a été attaqué militairement à plusieurs reprises et aujourd’hui encore, la charte du Hamas - qui gouverne Gaza - préconise son élimination. La haine d’Israël est enseignée à nombre d’enfants musulmans. Je ne suis pas pour autant d’accord avec la colonisation. israël,juif,europe,racisme,moyen-âge,lois mémorielles,hitler,nazis,Mais il faut dire que la carte du premier Etat d’Israël en 1948 était un morcèlement de territoire, et la guerre a tôt fait de montrer la fragilité d’une telle construction.

Ajoutons qu'aujourd'hui, le gaz de la Méditerranée orientale, devant les côtes israéliennes, est un enjeu mondial et que le Quatar aimerait bien vendre son propre gaz (d'où la guerre en Syrie).

Je ne doute donc pas de la Shoah, pourtant je ne suis pas favorable aux lois mémorielles. Je pense que l’on ne doit pas interdire le doute, ce que l’on nomme aujourd’hui le négationnisme. Celui-ci doit recevoir une réponse, non pas une réponse pénale mais une ré-argumentation étayée. Tant qu’il y a des doutes c’est que le débat n’est pas terminé. Et la répression n’est pas un moyen de débattre, au contraire.



Sortir de la victimisation

Je comprends bien que le peuple juif - je préfère dire les descendants des hébreux pour éviter la référence uniquement religieuse - a été victime d’une des théorisations et pratiques mortifères des plus terribles de l’Histoire humaine. Mais je pense que l’on ne peut vivre toujours en tant que victime. Il n’y a aucune gloire ni légitimité dans le fait d’être victime. C’est un état temporaire dont on doit s’extraire, et je parle d’expérience.

La société actuelle accorde trop de place à la victimisation. C’est à mon point de vue une des raisons du débat actuel. Je pense aussi que l’on doit en finir avec la repentance. La France doit cesser de battre sa coulpe alors que l’Histoire est balisée par les massacres ou les esclavagismes commis par des sociétés non-européennes. Je pense que l’on doit délivrer l’Allemagne du joug de cette mémoire. Le nazisme est venu dans des circonstances particulières, et le peuple allemand n’est pas un  peuple de sauvages.
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J’ai comme d’autres le sentiment qu’il y a deux poids deux mesures dans la controverse Dieudonné, les précédents débats en ont apporté des vérifications. Si je défends le droit d’Israël à exister sur sa terre d’origine je ne peux pour autant accepter tout et me taire sur le deux poids deux mesures à cause du fantôme de la victimisation. La Shoah ne doit pas devenir un moyen de museler toute critique. On doit pouvoir discuter de tout, critiquer librement, sans être stigmatisé d’islamophobe ou d’antisémite. Car cette stigmatisation pourrait à terme provoquer des retours de bâtons bien plus dangereux qu’un doute ou une critique exprimés ouvertement.


Pour terminer je cite Elisabeth Lévy, directrice du magazine causeur.fr qui a écrit:


« Je crois qu’en conférant un privilège juridique aux Juifs, ou plutôt au génocide des Juifs, [la loi Gayssot] a encouragé l’antisémitisme qu’elle voulait combattre, et surtout qu’elle a été le coup d’envoi d’une déprimante compétition victimaire. [...] On convoque la Bête Immonde (qui doit en avoir assez de faire des heures supplémentaires un demi-siècle après avoir été vaincue). [...] Le CRIF ne peut en aucun cas être considéré comme le représentant de tous les Juifs de France. [...] Qu’il existe un un lobby gay de même qu’un lobby juif ou un lobby de chasseurs est à la fois incontestable et normal ; que l’on puisse juger son influence excessive l’est tout autant. [...]

Comment nous sommes passés de l’ignorance à la prise de conscience, puis à la repentance, il serait trop long de le relater ici, mais il est certain que les défenseurs de la mémoire juive y ont leur part de responsabilité. En obtenant du président Jacques Chirac que la France, en tant que nation, reconnaisse sa culpabilité, ils ont libéré le torrent des exigences mémorielles entrant en collision les unes avec les autres. […] Comme toujours, le balancier est reparti trop loin, comme si on croyait réparer en exagérant. De respectable, la victime est devenue incontestable. […] Ainsi la mémoire des droits bafoués hier est-elle devenue une arme dans le combat pour en acquérir de nouveaux. »

(Elisabeth Lévy, "La Gauche contre le Réel", Fayard, 2012, p.101, 209, 217, 224, 227 et 228)


Images - 1: Eugène Beyer, Le massacre des juifs de Strasbourg; 2: Pogrom de Kichinev, 1903; 3: Affiche de l’exposition Le Juif et la France, Paris 1941; 4: Israël 1947-1949.

18:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : israël, juif, europe, racisme, moyen-âge, lois mémorielles, hitler, nazis | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Les racines du conflit avec les juifs, tant en Europe qu’au Moyen-Orient, sont complexes" Certes, certes, mais le facteur principal jamais mentionné, c'est que c'est une guerre de religion. Les Chrétiens ne supportent pas que les Juifs ne se convertissent pas à leur religion qui est évidemment la meilleure. Et les Musulmans ne supportent pas que les Chrétiens ne se convertissent pas à leur religion qui est évidemment la meilleure.
Vous pouvez facilement en déduire ce que je pense des religions...

Écrit par : Géo | 16 janvier 2014

Il y a des point sur lesquels vous n'êtes pas assez informé pour en parler (pour une fois?).

Les négationnistes n'existent pas chez les gens qui font un travail historique/scientifique (je ne dis pas qu'une personne toute seule dans son coin remette en cause l'holocauste de la seconde guerre mondiale). Ce terme a été inventé pour discréditer les révisionnistes de la seconde guerre mondiale.

Oui, ce qui existe, ce sont des gens qui sont persuadés que CERTAINS faits ne se sont pas déroulé comme on veut nous le faire croire. Ils ne nient pas un certain holocauste.

Si on demande aux gens ce que pense Faurisson ou Reynouard ils nous diront que ce sont des gens qui disent que l'Holocauste n'a jamais existé. C'est totalement faux, ce que ces gens remettent en question n'est pas la persécution des juifs, ni les camps, ni certains débordements et massacres. Ce qu'ils remettent en cause ce sont les chambres à gaz, le nombre de victimes et le fait qu'un massacre était planifié (entre autres).

Vous dites que le débat est important s'il persiste des doutes. Alors commençons par être honnête en arrêtant de diaboliser des gens qui ne feraient pas de mal à une mouche en leur prêtant des pensées qu'ils n'ont jamais eu. Dans le cas contraire le débat est impossible.

Permettez moi de dire que cela montre que vous ne vous êtes pas intéressé de près vous même à leurs travaux. Dès lors pourquoi ne doutez-vous pas? Vous dites qu'il est important de débattre mais avez votre avis après entendu un seul son de cloche.

Enfin, Elisabeth Lévy ferait bien d'apprendre à ne pas crier sur les gens quand elle leur parle. Peut-être qu'après je m'intéresserai à elle. Aussi, défendre l'existence de lobby en disant que c'est normal et se plaindre d'une compétition victimaire est totalement contradictoire. La discrimination positive suit toujours la crystalisation d'un groupe autour d'une caractéristique.

Écrit par : Zzz | 16 janvier 2014

On peut disserter pendant des heures mais entre la race "supérieure" d'un côté ou le peuple "élu" de l'autre, difficile pour le commun des mortels d'y voir une différence de fond.

Écrit par : Sub | 16 janvier 2014

C'est vrai qu'elle parle fort E Lévy, ses discours méritent que l'on s'y intéresse parce qu'ils expriment une ambiguïté positive , dirais-je. En tous cas la possibilité d'un dialogue, même si le langage est fort. En l'occurrence, je n'ai pas entendu qu'elle défende vraiment les différents lobbys, mais qu'elle admet leur existence comme étant quelque chose de normal.

C'est justement à partir de ce point de reconnaissance, qu'une discussion peut se construire.
La question de la politique d'Israel devrait être différenciée du problème de la cohabitation entre lobby ou communauté en France. Non pas qu'il n'existent pas de liens, mais plutôt procéder à une hiérarchisation du problème, ramené au sol français et de son savoir vivre ensemble.
Ainsi la République pourrait faire effectivement son job d'encadrement des débats de manière sereine.

Ensuite, comme le soulève Zzz, il faut admettre c'est énorme tendance en France comme ailleurs, à projeter des étiquettes de manière péremptoire et définitive, sans se documenter objectivement.

Pour le problème d'appartenance, Juifs et français , il ne se superpose pas forcément à la notion musulman et français. Puisqu'il n'y a qu'un seul état juif, alors que les états musulmans sont bien plus diversifiés.

Raison de plus pour ne pas soutenir un lobby au dépend d'un autre, si l'on tient à la paix sociale.

Et là, le problème réside dans le fait qu'Israel est un pays clé dans l'échiquier politique au moyen orient. Allié manifeste des Etats Unis, son gendarme délégués dans la zone à pétrole diraient certains. Or le lobby juif américain pèse d'un poids certain dans la politique américaine.
Monnayant son appui financier incontournable, aux politiciens qui appuieront le mieux la politique d'Israel. Un vrai casse tête. Et il n'est pas exclu qu'en France cela ne soit complètement différent. Car la gauche traditionnellement soutient la cause palestinienne. Et ce n'est pas ce que fait Hollande.

Écrit par : aoki | 16 janvier 2014

@Hommelibre qu'on soit inspiré par Israel ou pas n'est en soi pas un problème chacun étant libre de ses propres convictions pour autant qu'elles ne deviennent pas théories toxiques
Cependant on sait depuis quelques années les Amishs Israélites /les Ultra orthodoxes intégristes /avoir pris le poil de la bête grâce au natel,moyen qui leur était absolument interdit auparavant.Alors parler de nouvelles fraiches en provenance de cette région est gageure quand on sait qu'ils mentent pour sauver les apparences
Quand à L'Allemagne votre point de vue va hérisser le poil de nombreux jeunes Allemands qui dégoutés de leur ancêtre Nazi ont quitté leur pays pour apprendre auprès de rescapés des camps la véritable histoire de leur passé familial
Sans compte les nombreux Allemands ignorant encore leur véritable identité ,Polonaise .Eux doivent aussi affronter l'histoire du Lebensborn tragédie infâme réservée à de nombreuses femmes de diverses nationalités pour nourrir l'orgueil de l'Allemagne grâce à des enfants blonds aux yeux bleus
Golda Meir a dit,pardonner soit mais oublier jamais et l'Allemagne devra aussi faire un travail de mémoire comme notre gouvernement avec l'histoire des enfants maltraités et oubliés très souvent.Parcontre soyons reconnaissants surtout quand on sait les nombreux enfants gazés et ce déjà bien avant la dernière guerre dans de nombreux hôpitaux psychiatriques ,la Suisse évita elle ce genre de traitement et nous pouvons lui en être gré
De nombreux Allemands eux ont des membres féminins de leur famille qui ont été stérilisées de force en 1996 encore,alors dire que l'Allemagne doit tirer un trait sur son passé reléve de l'utopie
Et cela lui sera d'autant plus difficile quand on sait les nombreux livres de Christian Bernadac ré-édité afin de satisfaire a la demande de nombreux lecteurs sans doute curieux de connaitre leur véritable histoire
Et grâce aux métaphores on s'est rendu compte en analysant depuis 1923 la haine raciale ayant existé envers les nommés *improductifs sales puants* considérés comme des rebuts de la société qu'en fait d'autres se croyant intelligents ont reproduit le même schéma envers les fumeurs et surtout de nombreux retraités comme quoi l'Allemagne encore aujourd'hui fait école
dans de nombreux domaines
Toute belle journée pour vous

Écrit par : lovsmeralda | 17 janvier 2014

"« Je crois qu’en conférant un privilège juridique aux Juifs, ou plutôt au génocide des Juifs, [la loi Gayssot] a encouragé l’antisémitisme qu’elle voulait combattre, et surtout qu’elle a été le coup d’envoi d’une déprimante compétition victimaire. [...]"

Je crois qu'Elisabeth Levy n'a pas tort sur la forme et Gayssot me fait penser à un autre politique du début du XX siècle qui, dans un autre registre et tout à sa suffisance, faisait, à sa femme, le récit de son exploit de l'après midi à l'assemblée : " j'ai assurément tué le principe tout en donnant l'illusion de le défendre "

La loi Gayssot a permis à la France, au prix d'une lâche perversion, de faire l'économie d'une introspection sur son passé scélérat qui ne passe pas.

En éludant cette question, la France a fait un choix cynique et engendré un nouveau monstre antisémite. Un hybride qui s'est érigé sur le socle antisémite traditionnel et dont le corps est constitué de la somme des frustrations post coloniales. Cette association de malfaiteurs rouge-brun-vert se reconnait, chacun pour ses tares propres, dans les propos du gourou qui, lui, a bien compris qu'en flattant les bas instincts de ses disciples il pourra disposer à loisir d'un cheptel à tondre.

Patatras ! Valls est arrivé comme un grain de sable dans cette machine infernale. Intègre ou opportuniste ? N'était-il pas au courant du deal tacite ? Ne savait-il pas que dans l'espoir de contenir les "territoires perdus de la République" et donner des gages d'amoralité à quelques satrapies du Proche et Moyen Orient les gouvernements successifs, depuis Giscard, avaient engagé une politique qui consiste à sacrifier une petite communauté paisible, loyale et travailleuse ?

L'avenir nous dira si la France aura fait un choix profitable à moyen et long terme. Comme dirait l'autre, j'ai ma petite idée la dessus.

Écrit par : Giona | 17 janvier 2014

"L'avenir nous dira si la France aura fait un choix profitable à moyen et long terme. Comme dirait l'autre, j'ai ma petite idée la dessus."

Pour ceux dont l'avenir n'est plus que de court terme, il y a bien des chances que celui-ci ne puisse rien leur dire concernant ce sujet.

Écrit par : Machin | 17 janvier 2014

"Je comprends bien que le peuple juif - je préfère dire les descendants des hébreux pour éviter la référence uniquement religieuse - a été victime d’une des théorisations et pratiques mortifères des plus terribles de l’Histoire humaine."

Je comprends qu'à défaut d'en avoir jamais clairement reconnu sa culpabilité, chacun des peuples s'étant rendu coupable de crimes à l'encontre du peuple juif ou hébreux si cela vous arrange (je vous rassure il n'y a pas de confusion possible) préfère que ces vieilles histoires de pogroms à travers les siècles soient définitivement enterrés, oubliées et éventuellement révisées. Ce n'est pas possible, ces vieilles histoires sont l'Histoire et c'est d'ailleurs cette mauvaise conscience individuelle et collective, jamais soulagée, qui est principalement à la base de l'antisémitisme. Le juif fait figure de miroir et par le simple fait de son existence, de rappel de cette mauvaise conscience.

Vous rendez-vous compte du culot de ces descendants de victimes ? Ils exigeraient presque qu'un pardon leurs soit demandé pour éventuellement pardonner.

"Mais je pense que l’on ne peut vivre toujours en tant que victime."

Je suis d'accord avec vous mais je crois que le moment est venu pour vous de changer de logiciel car ce n'est certainement pas le peuple juif, reconnu et parfois honni pour sa résilience, qui vous dira le contraire.

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie .......

D'ailleurs, hormis dans le cerveau de quelques dégénérés, le juif victime absolue, celui de la Shoah, est incontestablement devenu une icône quasi intouchable. Le problème ce n'est donc pas lui, la victime. Le problème, c'est le juif vivant qui commence à en poser à certains. Celui qui est débout, celui qui peut aujourd'hui se permettre le luxe de se défendre, de rendre coup pour coup et éventuellement de prendre les armes pour défendre son existence, sa famille, sa patrie ou ses biens. Celui qui peut aussi commettre des erreurs voire des crimes mais là la tolérance à son égard fond comme neige au soleil car il est requis d'être un parangon d'intégrité à défaut de quoi rien ne lui sera pardonné car il faut bien tenter de faire contre poids avec la mauvaise conscience millénaire et héréditaire, la fameuse. Voilà pourquoi le moindre évènement impliquant un juif est érigé au statut de fait majeur mettant la paix (qui n'a jamais existé) en péril voire le monde.

L'antisémitisme est le sida mental de l'antisémite, il justifie ainsi ses échecs, ses faiblesses, ses misères, son manque de chance et que sais-je d'autre. Dans certains pays, nul besoin de présence juive pour qu'un antisémitisme culturel y fleurisse.

"Il n’y a aucune gloire ni légitimité dans le fait d’être victime. C’est un état temporaire dont on doit s’extraire, et je parle d’expérience."

Nonante pour cent du million de juifs rescapés des pays arabes depuis 1948 et qui se sont disséminés à travers le monde ont tout perdu et tout recommencé. En connaissez-vous beaucoup qui couinent et se revendiquent victimes ? Vous faites erreur d'adresse, le statut de réfugié héréditaire, ni glorieux ni légitime mais unique dans l'histoire de l'humanité, c'est la porte d'à coté. Un statut inventé sur mesure pour créer un abcès de fixation mais qu'importe.

Écrit par : Giona | 17 janvier 2014

"En connaissez-vous beaucoup qui couinent et se revendiquent victimes ?"

Vous n'avez pas de miroir à la maison?

Écrit par : Kafka | 17 janvier 2014

Si on suit le même principe, on devrait exiger des nations un pays pour les kurdes, et surtout,surtout, un pays pour les Roms, Tziganes, gens du voyage, bref, tous les gitans. On organise un tournus, qu'ils puissent s'y déplacer continuellement, les uns laissant la place aux autres...

Il doit bien y avoir quelques territoires disponibles...

Écrit par : nonmais | 17 janvier 2014

"Si on suit le même principe, on devrait exiger des nations un pays pour les kurdes"

Nous ? Nous n'avons rien à exiger, les Kurdes se démerdent tous seuls pour faire leur jonction et s'autodéterminer, c'est leur droit, d'autres l'ont fait avant eux.

"et surtout,surtout, un pays pour les Roms, Tziganes, gens du voyage, bref, tous les gitans. On organise un tournus, qu'ils puissent s'y déplacer continuellement, les uns laissant la place aux autres..."

là, je ne sais pas pourquoi mais j'ai le sentiment qu'ils sont mals barrés.

Écrit par : Giona | 17 janvier 2014

Les Rroms viennent d'Inde. Ils ont des racines. Tout le monde a des racines...

Écrit par : Géo | 17 janvier 2014

Merci Giona pour votre commentaire. Je rédigeais - moins bien que vous - un dans ce sens, mais l'efface.

Giona, pouvez-vous m'expliquer le pourquoi de cet intérêt pour les Juifs?

"Pour ceux dont l'avenir n'est plus que de court terme, il y a bien des chances que celui-ci ne puisse rien leur dire concernant ce sujet."

Ben, Nostradamus, le troll Machin , vous pensez à qui?

hommelibre, un troll est en goguette dans ce billet...

Écrit par : Patoucha | 17 janvier 2014

"Les Rroms viennent d'Inde. Ils ont des racines. Tout le monde a des racines..."

Pas confondre les gens avec des plantes.

Écrit par : Kafka | 17 janvier 2014

"Giona, pouvez-vous m'expliquer le pourquoi de cet intérêt pour les Juifs?"

La réponse développée est complexe mais si je devais essayer de la synthétiser alors je vous dirai parce que j'aime et je respecte la vie.

Écrit par : Giona | 17 janvier 2014

@ Nonmais:

"Si on suit le même principe, on devrait exiger des nations un pays pour les kurdes":

La question est ouverte. Cela s'est d'ailleurs passé: Pakistan, Bangladesh, par exemple. Les amérindiens pourraient également revendiquer un vrai pays. Ce n'est pas simple en effet. Imaginons que les régions de France incorporées au royaume par la force revendiquent une totale autonomie (comme la Corse)?

Les kurdes revendiquent un territoire où ils vivent sous occupation. Les Rroms ont aussi été mis à l'écart et pourchassés. Ils ont eu une attache privilégiée à une période avec la Roumanie, mais eux-mêmes veulent-ils une terre ou préfèrent-ils le nomadisme?

Dans le cas des Juifs le risque de l'élimination totale a été pris en considération dès le XIXe siècle. La Shoah leur a donné raison.

Écrit par : hommelibre | 17 janvier 2014

"Dans le cas des Juifs le risque de l'élimination totale a été pris en considération dès le XIXe siècle. La Shoah leur a donné raison."

Bon, je vais le dire plus clairement que dans mon premier message. Intéressez vous aux travaux révisionnistes (et non négationnistes) et sur les vraies intentions premières envers les juifs avant de dire que cette "Shoah" leur a donné raison.

Écrit par : Zzz | 18 janvier 2014

Pendant que le reste du monde décolonisait les juifs colonisaient.
Forcement ça pose question.

Écrit par : D | 18 janvier 2014

On ne colonise pas chez soi, dans la terre d'où on vient. On colonise chez les autres, pour profiter de leurs richesses et les ramener chez soi, à l'image des anglais dans leur empire, des français, des hollandais, des belges, etc. en Afrique.

La Palestine n'a jamais été une nation autre que celle du peuple hébreu.

Écrit par : archi-bald | 18 janvier 2014

archi-bald prend ses désirs pour la réalité.

Écrit par : nonmais | 18 janvier 2014

@archibald: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Palestine

Écrit par : nonmais | 18 janvier 2014

archi-bald

==> Dans le même genre je peux dire que les italiens peuvent prétendre a une bonne partie de l’Europe et a tous le pourtour méditerrané, après tous c'est que leur empire, c'est leur terre.

Écrit par : omeno | 18 janvier 2014

omeno@ Ou que les Helvètes pourraient demander quelques milliards de dédommagement aux descendants de César...

Coloniser n'implique nullement une prise de terres à un habitant pré-existant. Et l'appartenance à l'espèce humaine de ces peuplades misérables, nues parce que sans textiles, cannibales, sans la roue, à peine entrés dans le Néolithique avec quelques cultures de quelques céréales de ci de là n'étaient pas une évidence pour les premiers Portugais longeant les côtes africaines. Et inutile de vous égosiller pour nous dire que vous en tout cas vous auriez tout de suite compris tout le génie africain et que ces gens-là allaient nous donner Miles Davis quelques siècles plus tard, merci.

Écrit par : Géo | 19 janvier 2014

Un peuple avec une religion propre, une langue propre, une histoire propre, ses textes, sa culture, son sentiment d'unité, etc sur une terre de la taille de la moitié de la Suisse et qu'ils ont habitée depuis des millénaire, sauf une longue période durant laquelle ils en ont été chassés par l'envahisseur romain, me semble quelque chose de raisonnable.

Geo, vous vous égarez complètement….

Écrit par : archi-bald | 19 janvier 2014

Sauf que je parlais d'Afrique et de votre définition de "coloniser". Il y a maldonne de votre part.

Écrit par : Géo | 19 janvier 2014

archi-bald@ Je peux dire les choses autrement. L'histoire de l'humanité n'est qu'une histoire de colonisation d'une planète par une espèce. Vous supprimez la colonisation, vous supprimez TOUTE l'humanité.

Écrit par : Géo | 19 janvier 2014

La fameuse sallie Clintonienne à Camp David : "Arafat ne rate jamais une occasion de rater une occasion"

Le spectre de Sadate lui aura foutu la trouille alors que se sachant déjà condamné par le mal du siècle et n'ayant donc plus rien à perdre le bougre aurait pu donner un pays à ce peuple d'assisté et par la même occase rentrer dans l'Histoire. A la place de cela, il laisse derrière lui un interminable et minable vaudeville sur trame de HIV et de milliards détournés. Pathétique !

Le suivant n'est pas mieux, pétri de duplicité, il incarne la démocratie sans élections. Vaniteux mais terne, bravache devant les micros et cupide comme il se doit. En ce sens il est à l'image de cette société qui n'a jamais partagé une quelconque valeur historique commune, et pour cause. Des réfugiés héréditaires à qui une rente est servie, voilà tout.

Au suivant !!

Si ces individus avaient voulu s'autodéterminer et avoir un pays, il l'aurait eu depuis le 29 novembre 1947 puisque la fameuse résolution 181 de l'ONU le leurs offrait.

La partie arabe aura préféré la guerre, encore et toujours, voler d'une défaite improbable à une succession de défaites humiliantes, appliquer la politique du tout ou rien. Ce sera rien.

Aujourd'hui, j'en ai acquis la conviction, il n'y aura jamais d'Etat Palestinien.

Inutile de se voiler la face, ni de perdre son temps à ânonner, tel un mantra, la rhétorique antisioniste stérile que puise tout militant de la Kôse dans son bréviaire vert de gris ad oc, ce dont, soit dit en passant, l'Etat d'Israël se fout souverainement. La vérité est plus cruelle que cela, elle réside dans le fait que le monde arabe a graduellement changé et que sa créature palestinienne avec laquelle il a si longtemps joué au billard ne présente plus pour lui aucun avantage ni stratégique ni fédérateur, au contraire, elle est devenue un boulet dont il faut, poliment et tout en conservant les apparences, se débarrasser.

Cette parenthèse est déjà, à mon sens, refermée et même les idiots utiles dont l'actualité judiciaire française nous aura révélé le visage hideux de has been racistes et revanchards black-brun-beur, M'bala M'bala-Soral-Ramadan, le savent aussi puisqu'ils ne se raccrochent plus qu'au prétexte du droit d'expression (sic) pour cracher leur antisémitisme culturel et cultuel exit l'antisionisme de façade et le palestinien aux oubliettes voire ....

Il en faudra encore des quadrilles et quelques menuets visant à préserver la susceptibilité des uns et des autres mais la solution naturelle qui finira par s'imposer, de gré ou de force, consiste à réintégrer Gaza à l'Egypte et la Cisjordanie à la Jordanie, le reste n'étant que chimérique.

Bon dimanche à tous et bon appétit.

Écrit par : Giona | 19 janvier 2014

Vous avez peut-être raison Giona.

Écrit par : hommelibre | 19 janvier 2014

@ archi-bald

"On ne colonise pas chez soi, dans la terre d'où on vient. On colonise chez les autres, pour profiter de leurs richesses et les ramener chez soi, à l'image des anglais dans leur empire, des français, des hollandais, des belges, etc. en Afrique"

profiter douce rigolade !!!

"Exploitation? Il aurait été normal que la France colonisatrice cherche
à tirer un maximum de profits des territoires quelle contrôlait. Hélas,
ce sens de l”exploitation rationnelle n'a pas été, comme chez les Anglais,
l'apanage des gouvernements de la III° République. Les quelques
richesses mises en valeur en Afrique centrale ne contrebalançaient
pas les sommes que nous a coûtées l'équipement de ces territoires.
Non! En aucune façon les peuples d”Afrique centrale ne peuvent
dénoncer l'époque coloniale. Elle a été nécessaire pour eux; elle,
et elle seule, leur a permis de sortir d”un complet primitivisme et
de pouvoir prétendre accéder àla civilisation; et cela en un laps de
temps très court et à un prix infime."

lis pour en finir avec la repentance coloniale de daniel Lefeuvre ça éclaircira tes idées.

Écrit par : leclercq | 19 janvier 2014

"le bougre aurait pu donner un pays à ce peuple d'assisté"

Peuple de spoliés.

"Le suivant n'est pas mieux, pétri de duplicité.."

De servilité envers l'occupant.

"La partie arabe aura préféré la guerre.."

Pas les populations.

"Aujourd'hui, j'en ai acquis la conviction, il n'y aura jamais d'Etat Palestinien."

Conviction qui se vérifiera juste jusqu'à l'instant de son extinction. Instant dans lequel toutes les passions qui animent un être disparaissent. Ensuite c'est pour le moins discutable, mais cela est un sujet qui ne pourrait plus vous concerner et pour lequel vous en battrez les couilles si cela était possible.

"..consiste à réintégrer Gaza à l'Egypte et la Cisjordanie à la Jordanie, le reste n'étant que chimérique."

Cela est encore plus improbable que la création d'un Etat Palestinien. Vous voyez Israël renoncer à la Cisjordanie?

Écrit par : Machin | 19 janvier 2014

Giona@ Voilà qui est parfaitement dit.

Écrit par : Géo | 19 janvier 2014

""La partie arabe aura préféré la guerre.."

Pas les populations."

Juste, la populace voulait un pogrom et du butin.

" Ensuite c'est pour le moins discutable, mais cela est un sujet qui ne pourrait plus vous concerner et pour lequel vous en battrez les couilles si cela était possible."

Comme quoi vous pouvez parfois être lucide.

"Vous voyez Israël renoncer à la Cisjordanie?"

C'est déjà fait camarade, suivez +/- le contour de la barrière de sécurité. Le reste est une question de pognon (USA + pays du gulf pris à la gorge) et de fourniture de gaz Israélien à la Jordanie mais dont le principe et les modalités sont déjà fixés avec Abdallah de Jordanie.

Écrit par : Giona | 19 janvier 2014

"Juste, la populace voulait un pogrom et du butin."

Ah bon? Vous en faisiez partie?

"Comme quoi vous pouvez parfois être lucide."

Parfois? Vous me connaissez Madame? Vous par contre vous avez un seul sujet de discussion, raison pour laquelle on peut douter de la vôtre, de lucidité.

"C'est déjà fait camarade, suivez +/- le contour de la barrière de sécurité. Le reste est une question de pognon (USA + pays du gulf pris à la gorge) et de fourniture de gaz Israélien à la Jordanie mais dont le principe et les modalités sont déjà fixés avec Abdallah de Jordanie."

Vous avez dit *lucidité*??

Écrit par : Machin | 19 janvier 2014

Excellent Giona! Je partage tout-à-fait votre point de vue.

"...alors je vous dirai parce que j'aime et je respecte la vie."

Giona, vous croyez réellement que l'"intérêt" que suscitent les Juifs tient du fait que nous aimons et respectons la vie?

Ma question a été mal comprise. Elle ne s'adressait pas à vous mais à votre réflexion du pourquoi cet "intérêt"
des autres pour les Juifs? Israël étant le tremplin.

Et la naissance de cette "compassion" pour les "arabes de "Palestine"" par la résurgence de l'antisémitisme. Il suffit de lire le niveau des commentaires de ces trolls incultes qui se dédoublent.

Je quitte hommelibre! Mon usurpateur n'est pas bien loin.. Relevez mon IP svp Merci!

Écrit par : Patoucha | 20 janvier 2014

En faisant reculer les problèmes des juifs au roi Philippe le Bel, vous oubliez presque 1000 ans d'histoire entre 70 et ce roi, il faut être un peu moins ethnocentriste et voir plus large.

Il faut aussi comparer le relative bien-être des juifs versus d'autres peuples qui ont aussi été spoiliés de leurs terres et que contrairement aux juifs a qui ont refusait certains métiers durant les 2000 ans d’errances et aux romanichels et aux Tziganes à qui ont refusent encore aujourd'hui, terre, abris, travail.

Écrit par : Denis Bergeron | 24 janvier 2014

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