13 janvier 2014

François Hollande: les sous-titres ne collent plus au film

Valérie Trierweiler n’est pas aimée. Ses manières dominatrices, sa volonté de n’en faire qu’à sa tête une fois à l’Elysée, le tweet assassin sans aucun respect pour son compagnon, entre autres, ont donné d’elle l’image désastreuse d’un dragon. Elle s’est présentée comme rebelle, alors qu’elle semble plutôt caractérielle.


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Ce comportement d’impératrice lui vaut un désamour sévère. Elle semblait l’avoir compris: elle commençait à accepter de moins nuire au président et d’être moins explosive. Elle se mettait aux bonnes oeuvres. Trop tard probablement. Aujourd’hui elle paie possiblement  son irrespect. Elle paie peut-être pour son arrogance. Quel homme supporterait cela indéfiniment?

Elle s’est donc montrée détestable. Mais voilà: on peut ne pas l’aimer, trouver qu’elle en fait trop, et bien d’autres choses encore. Mais on ne peut ignorer ceci: Valérie Trierweiler souffre. Apprendre jeudi que le lendemain sa vie privée sera étalée à la face du monde, de manière peu avantageuse, c’est un choc. Un choc violent. En quelques instants les ambitions, les rêves, même la plus morgue arrogance, s’évanouissent. L’impératrice est nue et elle a mal.

Son comportement habituel incite peu à la compassion. Mais l’adversaire est à terre, terrassée par un coup violent. Cela doit être respecté. On ne peut rire de la souffrance que quand elle est derrière nous.

Elle a mal et c’est au-delà de tout propos politique.



Rétablir l’image

Mais la situation est politique parce que l’attitude de Hollande dans sa vie privée ne correspond pas à ce qu’il dit en tant que président. On peut donc se demander s’il est capable de tenir ses intentions. Aujourd’hui madame Trierweiler fait passer le messagehollande,trierweiler,elysee,adultère,gayet,pardon,couple,vie publique,transparence,cahuzac,gamin, qu’elle est prête à pardonner. Cela me laisse plus perplexe. C’est politique. Car comment, en si peu de temps, alors qu’elle a reçu une avalanche sur sa tête, comment peut-elle déjà avoir digéré l’événement pour être prête à pardonner? Sa souffrance est-elle de si courte durée? Est-ce l’angoisse de perdre l’Elysée si elle ne pardonne pas?

Plus simplement, la décision doit être prise très rapidement. On n’imagine pas une thérapie sentimentale qui durerait des mois au sommet de l’Etat. Elle vit sur l’argent des contribuables parce qu’elle est en couple. Sans le couple elle devra faire sa valise. Une bonne raison de pardonner.

Imaginons qu’elle reste avec lui: que restera-t-il d’eux? Une image altérée? Un homme pris la main dans le pot de confiture? Un jeu de pouvoir - le pardon redonnant une sorte d’avantage moral? La femme trompée, on la plaint, mais on ne la soutiendra pas longtemps. Sauf si elle prend clairement le dessus, auquel cas elle deviendra une héroïne. Mais pourront-ils se présenter comme si de rien n’était, alors que Hollande s’est comporté comme un enfant? Non, ce n'est pas possible. Le désastre public et privé est immense. On sait qu’un pardon rapide n’empêche pas les répliques du désordre sentimental, comme après un tremblement de terre. L’on peut dès lors se demander quel sera le prochain bug.

Et puis Hollande devrait donc décider de larguer sa maîtresse. Evacuée comme un objet devenu gênant?

Comment cet homme qui trompe et ment comme un gamin, pourra-t-il reconstruire une image solide, stable, fiable et responsable?



Le film et les sous-titres

Ensuite il y a l’adultère lui-même, qui dans le cas de Hollande devient politique. Certes chacun vit sa vie comme il l’entend. Mais pour un élu qui prétendait moraliser la vie française, on ne peut séparer privé et public, parce que la morale publique vient d'abord d'une pensée éthique personnelle, forgée dans sa vie personnelle. Il ne s’agit pas de juger, nous n’avons reçu aucun mandat pour hollande,trierweiler,elysee,adultère,gayet,pardon,couple,vie publique,transparence,cahuzac,gamin,cela. Mais simplement de constater le décalage entre sa vie publique, où il exige la transparence totale au nom d’une exigence morale, et sa vie privée où il cache et ment à sa compagne de la manière la moins glorieuse, et où il n’avoue que contraint par la publication de Closer. Il n’avoue qu’obligé, comme en son temps Cahuzac. Terrible parallèle.

Si Mitterrand possédait une maîtrise des situations troubles, Hollande fait preuve d’une naïveté alarmante et désécurisante. Il montre aussi que son idéal moral de transparence ne tient pas plus loin que sa braguette. Ce qui est très humain. Très «normal». Mais aussi désastreux: la normalité n’est décidément pas un talent particulier, au contraire.

La transparence serait-elle lumineuse en politique, et opaque dans la vie privée? Je ne le crois pas. On ne peut être à ce point dédoublé. Hollande s’est posé en modèle. Il n’y a pas deux sortes de transparences: s’il ne doit rien aux français sur sa vie privée, à part une forme de cohérence, il le devait au moins à sa compagne. Ou alors il ne devait pas prétendre au pouvoir suprême dans une tirade de «Moi président» dont on mesure aujourd’hui la tartufferie.

Je suis un homme et je connais un peu les hommes. Je sais comment ils peuvent mentir parfois. Je connais leur capacité à sous-titrer les films et raconter des histoires. Cela ne porte pas plus loin qu’eux-mêmes dans la vie courante. Et l’on peut tous se tromper, puis se corriger pour rétablir sa propre cohérence. On doit bien un jour ajuster son comportement et l’histoire du film. Mais ici on a affaire à un homme qui prétend réformer la France. Sa politique, basée sur une moralisation et une supposée éthique, est aujourd’hui atteinte. Les sous-titres ne correspondent plus au film. L’histoire est cassée.

Le gros problème de Hollande, à part une compétence discutable et l’art de faire des gaffes, c’est de s’être mis en héraut, en modèle d’une société transformée, apaisée. D'avoir publié en vue de son élection: «Le rêve français».

Mais pouvait-il être réaliste? Il n’aurait pas été élu. Il paie la condition indispensable à son élection, et à une ambition dont il ne semble décidément pas avoir les moyens.

22:18 Publié dans Politique, Psychologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : hollande, trierweiler, elysee, adultère, gayet, pardon, couple, vie publique, transparence, cahuzac, gamin | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Prise dans une situation pareille, Mme Berlusconi a eu au moins plus de classe : pas question de pardonner : elle s'en est allée, non sans faire très largement cracher au bassinet "le beau lifté".
La situation maritale de Mme Trierweiler étant autre et les moyens financiers de F. Hollande certainement sans comparaison avec ceux de Silvio, la "première compagne" aurait dû communiquer clairement tout de suite en reprenant le chemin de la "rédaction" de P.M. pour sonner la fin de la partie.
Incapables de se maîtriser, ce président de pacotille se montre désormais au grand jour : petit, François Hollande l'est non seulement par la taille, mais également par son comportement, sans aucune classe ni dignité.
Ce donneur de leçons, ce pseudo modèle de probité est atteint du syndrôme (hélas très répandu à gauche) du "faites comme je dis mais pas comme je fais".
Sarkozy, dont le comportement exaspérait jusqu'aux siens, assumait, lui au moins (jusqu'à l'excès), une idéologie bling bling et tout ce qui va avec. Il a fini par en payer la facture cash.
Hollande voulait s'en distancer et revenir à une Présidence "normale".
Il avait un boulevard devant lui, tant les attentes des Français étaient grandes dans ce domaine.
Le voilà pris la main dans le sac, en plein double jeu, mentant à sa compagne comme il a trompé ses électeurs dans tous les domaines avec ses promesses creuses.
... Mais comme disait si bien l'autre, "comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui se teint les cheveux" ?

Merci à HL pour son article, comme d'habitude excellent et parfaitement rédigé

Écrit par : A. Piller | 14 janvier 2014

"comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui se teint les cheveux" ?
L'autre aurait quand même pu avoir la politesse de dire "à un homme qui se teint les cheveux".

Écrit par : Mère-Grand | 14 janvier 2014

C'est tout le contraire, les sous-titres collent tout à fait, il était déjà cocu bien avant de se présenter aux élections et ce à quoi nous venons d'assister, n'est rien d'autre qu'une vulgaire mise en scène, vous ne le voyez pas sur la photo de Closer, mais sont présents sur les lieux une bonne vingtaine de gardes du corps et le responsable de sa sécurité en personne, mais ça, c'est sur d'autres clichés !!

Vous ne trouvez pas bizarre que pour une fois, Closer, ne publie que 3 ou 4 photos, les seules dont le cadrage ne montrent pas le décor, lui bien plus impressionnant ?

Ca voudrait dire que le président français après avoir déclaré la guerre à al qaïda et aux reste des mouvances islamistes se promène en scooter dans les rues de Paris un bouquet à la main, si tel est le cas, tous les membres et responsable de la sécurité présidentielle sont aujourd'hui en train de pointer à l'ANPE !!!

Mise en scène ridicule, la petite fantaisie d'une homme au charisme d'une huitre voulant remonter dans les sondages avec des histoires people et une bonne dose d'enfumage pour ne avoir a trop parler aujourd'hui des problèmes qui fâchent !

De la french touch avec un physique de mollusque !

Écrit par : Corto | 14 janvier 2014

Quel adultère?

"L'adultère est « le fait pour un époux de violer son serment de fidélité, de partage, et d'avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son conjoint envers qui il a affirmé ce serment »."

Écrit par : Johann | 14 janvier 2014

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