09 janvier 2014

La Terreur révolutionnaire: pire que l’Inquisition

Peut-on raisonnablement comparer la Terreur, période sanglante de dictature sous la Révolution française, à l’Inquisition catholique? Quels en seraient les points communs? Suite donnée à une petite controverse dans mon billet «Hitler, ce héros».


terreur,révolution française,robespierre,église,etat,inquisition,france,monarchie,socialiste,fascisme,peillon,hollandeLa Terreur

Le régime de la Terreur est une période d’environ deux ans discontinus, où une faction révolutionnaire prit le pouvoir et fit massacrer ses opposants par dizaines de milliers. Qui donc étaient les ennemis de la Révolution? Tous ceux qui étaient liés à l’église catholique ou à la noblesse. Un risque de contre-révolution existait et devait être noyé dans le sang. Ainsi la Révolution, mouvement initié par une crise alimentaire et financière, et gonflée par de nouvelles idées sociales, fut détournée de son but initial.

On peut se demander pourquoi la Révolution française prit un tour si meurtrier plutôt qu’une voie mixte à l’anglaise. Ce n’est pas l’objet ici d’en débattre de manière exhaustive. Je ne mentionnerai qu’une des raisons, trop peu suggérée dans les manuels d’Histoire: les richesses de l’église, accumulées pendant environ un millénaire, et ayant permis entre autre la création d’écoles, d’hôpitaux, d’aide sociale, de défrichage, de gestion des terres, venaient d’être confisquées par une sorte de hold-up. La fraction bourgeoise de la Révolution, classe montante de commerçants, allait ensuite racheter ces richesses à bas prix. C’est une bonne raison de tuer et faire tuer nombre d’ecclésiastiques: il fallait réduire à l’impuissance, par l’horreur et l’annihilation, ceux que l’on avait dépouillés. A cette époque aussi, les prêtres qui ne se soumettaient pas aux règles révolutionnaires - dont l’interdiction du culte - étaient bannis et les biens de sa paroisse saisis.

On invoque aussi la guerre civile contre les royalistes pour justifier la Terreur. Cette guerreterreur,révolution française,robespierre,église,etat,inquisition,france,monarchie,socialiste,fascisme,peillon,hollande civile fut la conséquence d’une politique révolutionnaire extrémiste. C’est la noblesse qui avait des problèmes avec le centralisme royal. Une solution fédérale, ou une monarchie constitutionnelle, auraient pu être envisagées. Mais elle heurtait probablement déjà cette culture politique française autoritaire, centraliste et pyramidale, que l’on retrouve ensuite dans la vision socialiste de l’Etat, encore aujourd’hui. Dans cette vision l’Etat appartient à ceux qui le dirigent.

Le carnage de la Terreur commença dans les prisons en septembre 1792: des groupes extrémistes de la Commune de Paris, inspirée par Robespierre, investissent les prisons et massacres nobles et religieux après des simulacres de «procès populaires». En cinq jours on compte environ 1’100 morts. En 1793 ces mêmes fractions violentes capturent les députés modérés Girondins et les font exécuter.

La Terreur se fonde sur la suppression totale de la notion de droit, alors même que l’objectif des Lumières, inspirateurs idéologiques de la Révolution, était l’instauration de l’Etat de droit qui respecte l’individu. Une loi est votée selon laquelle les procès se passent de témoins, les plaidoiries sont raccourcies, et la suspicion étendue à tous ceux qui pouvaient être, à tort ou à raison, tenus pour des contre-révolutionnaires.

Au nom de la Terreur on fait des dizaines de milliers de victimes et des centaines de milliers d’arrestations. Les révolutionnaires commencent une déchristianisation systématique de la France, qui continue aujourd’hui avec les lois récentes votés par les députés de gauche et revendiquée par l’idéologie socialiste (voir vidéo à la fin).



terreur,révolution française,robespierre,église,etat,inquisition,france,monarchie,socialiste,fascisme,peillon,hollandeL’Inquisition

Le système judiciaire nommé Inquisition est né dans une société profondément croyante et mystique, voire superstitieuse. La foi chrétienne est un ciment social puissant. Elle participe intimement à la stabilité de la civilisation médiévale pendant environ 1’000 ans.

Un point commun entre la Terreur et l’Inquisition est la défense du système politico-social en vigueur. L’Inquisition est en effet mise en place contre les hérésies et en particulier contre l’hérésie Cathare, dont les châteaux perchés sur des pitons rocheux restent dans nos mémoires. Par contre elle ne fait pas l’équivalent numérique des massacres de la Terreur. Les historiens s’accordent par exemple à dénombrer environ 2’000 morts pendant l’Inquisition espagnole, sur plusieurs siècles.

Le système de l’Inquisition est certainement d’une grande violence morale et physique. Mais il apporte, paradoxalement, des droits que la justice n’avait pas. En effet celle-ci était appliquée par les seigneurs, sans procédure rigoureuse. L’Inquisition se substitue à cette justice aléatoire. Elle apporte même une sorte de révolution juridique: la présomption d’innocence, qui aujourd’hui encore est un pilier de la justice dans la majorité des pays d’Europe.

«Dans ce système l’accusé est présumé innocent, c’est à l’accusation d’apporter les terreur,révolution française,robespierre,église,etat,inquisition,france,monarchie,socialiste,fascisme,peillon,hollandepreuves de sa culpabilité. Un ministère public se met en place, qui peut mener l’affaire et déposer plainte au nom du préjudice subi, même si la victime retire sa plainte. Le fondement de ce système c’est l’enquête (« inquisitio » en latin), qui doit conduire à démontrer la culpabilité de l’accusé pour que celui-ci puisse être condamné.»

L’Inquisition «doit son nom à une nouvelle méthode de procédure judiciaire dans la lutte contre les hérésies. Auparavant, la justice ne pouvait être saisie que sur une plainte et les moyens employés pour obtenir les résultats étaient des plus barbares : épreuve par le feu, par l’eau… Avec cette nouvelle procédure, il n’est plus besoin de déposer plainte ; l’instruction peut commencer sur la base de plusieurs témoignages, soigneusement vérifiés et recoupés.» Quant au châtiment: «Le plus souvent l’Eglise se contente d’une simple repentance et favorise la réconciliation avec la communauté chrétienne (la réconciliation est le premier but de l’Inquisition).» La mort n’est qu’exceptionnelle. D’autres peines moins sévères sont également appliquées.

Le taux de condamnation est d’environ 2% des procès. Cela signifie que l’écrasante majorité des accusés est blanchie. La torture est un des moyens d’enquêter, mais cela n’a malheureusement rien d’exceptionnel: c’est même la pratique courante dans toutes les juridictions. Le bras séculier décide ensuite de la sentence et l’applique.



terreur,révolution française,robespierre,église,etat,inquisition,france,monarchie,socialiste,fascisme,peillon,hollandeLa nouvelle religion laïque

Si l’Inquisition fut violente, si elle a compté des abus, ceux-ci furent bien moindres que ceux commis pendant la Terreur, dont les méthodes et l’idéologie furent en partie à l’origine des systèmes d’oppression d’Etat qui suivirent. Les fascismes stalinien ou hitlérien doivent beaucoup aux révolutionnaires français.

Aujourd’hui l’autoritarisme ne massacre plus mais continue à imposer son idéologie. L’école n’est pas seulement le lieu pour apprendre et se former, c’est aussi le creuset d’un formatage idéologique, comme le déclare Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale: «Il faut remplacer l’église catholique et inventer une religion républicaine». On ne peut être plus clair. La laïcité n’est pas une neutralité d’Etat mais une nouvelle religion opposée au christianisme. Elle n'est pas faite pour ouvrir la société mais pour la refermer sur une nouvelle oppression. La gauche française a au moins une utilité: démontrer que la laïcité est un leurre et non un espace de liberté et de réconciliation.

Un fascisme soft est en construction accélérée sous Hollande, dont le côté stupide et l’art de l’enfumage sert peut-être à cacher la mainmise sur l’Etat, l’école (idéologie du genre, i.e.) et la société française. On comprend mieux l’enjeu profond de certains débats actuels dans la société française: le socialisme prétend à être la nouvelle religion d'Etat, et la laïcité est son credo. Et l’on voit ce qu’il faudra détricoter quand cette gauche autoritaire et néo-religieuse aura été chassée du pouvoir.

Aujourd’hui, face à l’ampleur de la révolution culturelle qui attend la France et l’Europe, il faut déconstruire l’idéologie, les méthodes et certaines conséquences de la Révolution française, pour n’en garder que ce qui est réellement progressiste. L’autoritarisme d’Etat représenté aujourd’hui par la gauche française n’est qu’un modèle réactionnaire et autoritaire inspiré de la monarchie absolue.


Images: 1: N-A. Taunay, Triomphe de la Guillotine; 2: exécution de Marie-Antoinette; 3: château de Quéribus; 4: tribunal de l'Inquisition.



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