28 décembre 2013

La France, anciennement terre de liberté (1)

«La France est un des pays les plus condamnés par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), en particulier pour violation de l’article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme protégeant la liberté d’expression. La France a en effet été condamnée 29 fois pour ce motif, ce qui la classe, sur 47 pays, à la 4ème place, derrière la Turquie, l’Autriche et la Russie... mais devant la Pologne et la Moldavie!»


liberté,presse,lois,interdits,mémorielle,racisme,génocide,shoah,Selon un indice établi par Reporters sans Frontières, la France n’occupe que la 37e place mondiale en ce qui concerne le respect de la liberté de la presse. D’autres indices la placent au 62e rang en matière de liberté économique, et au 29e en matière de démocratie.

«Gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait» affirmait Georges Clémenceau devant la Chambre des députés, le 4 juin 1888. La France devrait avoir honte d’elle-même. De plus en plus de lois interdisent de plus en plus de sujets sous des prétextes divers. Les lois mémorielles par exemple. Aujourd’hui il est interdit de mettre en cause certains événements du passé. La gravité des génocides, leur qualification, leur déroulement ne sont plus sous la responsabilité des historiens mais sous la tutelle de l’Etat, qui dicte ce que nous devons penser.

Or ne devrions-nous pas être libres de croire ou non à la présentation d’un événement? Est-ce à l’Etat de jouer au parent punisseur, nous considérant comme des enfants incapables de penser juste par eux-mêmes, ou devrait-ce être aux historiens de nous convaincre? Quand on voit l’invention de la Légende noire du Moyen-Âge, l’invention du supposé Droit de cuissage, inventions des Lumières (!) relayées par l’école de la République au 19e siècle, on réalise que l’Etat n’est pas neutre mais qu’il est un instrument permanent de propagande et qu’il sert des intérêts particuliers. Si la France a été parfois un modèle de liberté pour l'Europe, ce n'est plus vérifié aujourd'hui.
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On me dira: «Oui mais enfin, ces révisionnistes qui nient la Shoah, il faut les faire taire». Et pourquoi les faire taire? Ne vaut-il pas mieux de profiter d’un débat pour réunir les historiens, présenter les documents, analyser les circonstances? Les gens doivent-ils penser par peur ou par conviction? Aucune peur ne remplace l’intime conviction fondée sur des éléments factuels confirmés par un nombre important d’historiens dont la parole est libre et convergente. Pour ma part les documents que j’ai pu voir dans de nombreux supports: livres, films, me convainquent du génocide.

Aujourd’hui l’Etat se veut moralisateur et dicte ce qui est bien ou mal. C’est au-delà de ses compétences. La presse française suit parce qu’elle reçoit des subventions. La messe est dite. Le Conseil Constitutionnel donnait en 1984 une intéressante définition de la liberté de la presse:

«... qu'en définitive, l'objectif à réaliser est que les lecteurs qui sont au nombre des destinataires essentiels de la liberté proclamée à l'article 11 de la Déclaration de 1789 soient à même d'exercer leur libre choix sans que ni les intérêts privés ni les pouvoirs publics puissent y substituer leurs propres décisions ni qu'on puisse en faire l'objet d'un marché.»

Ce rappel figure dans une étude publiée par le magazine Le Point. C’est cela qui devrait inspirer le législateur. Les auteurs de cette étude affirment que toute parole devrait être libre, a l’exception de tout ce qui blesse autrui - cette notion devant par ailleurs être précisée.

Ainsi les citoyens devraient jouir d’un droit constitutionnel égal à celui des députés, au nom de l’égalité: l’immunité. «Les députés jouissent d'une immunité parlementaire selon liberté,presse,lois,interdits,mémorielle,racisme,génocide,shoah,laquelle «aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu, ou jugé à l'occasion des opinions ou vote émis par lui dans l'exercice de ses fonctions.» (Article 26 de la Constitution de 1958.)»

Actuellement le fait de dire: «Les corses sont paresseux» est une forme de stigmatisation par l’origine. Par contre, dire: «Les corses sont accueillants» ne l’est pas. On voit bien qu’il y a une moralisation derrière les lois d’interdiction. L’intention primerait sur les mots et leur sens. Mais alors, à quel endroit doit-on situer l’intention? Sur le non-amour, voire la détestation qu’une pensée un peu trop généralisatrice exprimerait, du genre: «Je n’aime pas les hommes»? Je prends cet exemple car il est explicite aujourd’hui de l’incohérence des lois et de la société. On peut dire ouvertement que les hommes sont violents et lâches, mais dire que les corses sont paresseux ou les arabes ***** serait criminel? Ou devrait-on pénaliser uniquement ce qui incite ouvertement à une violence contre autrui? Cette solution serait plus claire.

Aujourd’hui la France n’est plus une véritable terre de liberté de parole et de pensée. L’idéal de mai 68, de la loi sur la presse de 1881 et de la révolution de 1789 était pourtant: la parole ni la pensée ne doivent être contraintes. Cet idéal doit être ravivé. Il faut prendre le risque d’avoir à mener de vrais combats d’idées. La justice ne peut remplacer la conviction argumentée. Il faudra donc oser une nouvelle révolution culturelle.


A suivre.

22:08 Publié dans Philosophie, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : liberté, presse, lois, interdits, mémorielle, racisme, génocide, shoah | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

des Taubira avec leur lois mémorielles fonts ce qu'il faut pour faire baisser la liberté d'expression, et les féministes aussi avec leur lois de genre.

Écrit par : leclercq | 29 décembre 2013

"Le racisme n'est pas une opinion, mais un délit"

Que de fois n'a-t'on pas entendu cette proclamation dans le sillage des affaires Taubira. Proclamations médiatiques d'ignares. Mais aussi celle de Jacubowisz, président de la LICRA, dont on ne saurait prétendre qu'il soit ignare ni même ignorant.

A suivre ....

Écrit par : CEDH | 29 décembre 2013

et le délire continue

http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2013-2014/20140144.asp#P176450

"Mme Marion Maréchal-Le Pen. …mais j’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi il serait fondamental de prévoir un enseignement spécifique aux violences conjugales dans les écoles de journalisme. Pourquoi ces violences-là en particulier, plutôt que d’autres ?

Je pense que, vu les exigences de la profession, il serait beaucoup plus utile de dispenser un enseignement sur le respect du pluralisme politique, la juste représentation des opinions ou encore la lutte contre les stéréotypes liés aux familles politiques. C’est le sens de mon amendement.

Je m’oppose également à cet article parce que, malheureusement, je sais très bien que lorsque vous parlez d’enseignement sur l’égalité entre les hommes et les femmes, et de lutte contre les stéréotypes, ce qui a priori pourrait paraître louable, très souvent la théorie du genre n’est pas très loin…

Mme Catherine Coutelle, présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et voilà !

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Étant donné que cette théorie n’a aucun fondement scientifique,…

Mme Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes. Ce n’est pas une théorie.

Mme Marion Maréchal-Le Pen. …mais seulement un fondement idéologique, je m’oppose à cette disposition.

Mme Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes. Vous combattez des moulins à vent. Ce n’est pas une théorie.

Mme Marion Maréchal-Le Pen. Elle n’a aucun fondement scientifique.

M. le président. Quel est l’avis de la commission ?

Écrit par : leclercq | 29 janvier 2014

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