17 décembre 2013

Sexualité et normalité (2): tout est norme et catégorie

La loi pose donc des normes, soit des catégories de comportements qui sont connotés selon des valeurs. Or le mot norme fait partie de ces vocables qui aujourd’hui font peur. Norme, normal, normatif, contiennent implicitement hors norme, ou anormal.


norme,anormal,pathologique,sexualité,homosexualité,hétérosexualité,moyenne,obésitéLa norme: une moyenne

Une petite définition s’impose. Selon le dictionnaire en ligne cnrtl.fr, le sens premier de norme est:

«[réf. à une moyenne statistique, gén. sans jugement de valeur: la norme se définit par rapport à une fréquence] État habituel, régulier, conforme à la majorité des cas.» Et aussi: «Modèle courant ou moyenne dégagée statistiquement et qui représente les caractéristiques humaines d'une espèce.»

C’est clair: la norme se définit par rapport à la fréquence et non par rapport à un jugement de valeur. Plus un phénomène présente des signes habituels et répétitifs, plus ses manifestations sont nombreuses, et plus il définit une norme fondée sur la majorité et la régularité.

Par exemple la taille dite normale, ou moyenne, de l’humain, est en France de 174 cm. Passé certaines limites on devient hors norme. Un géant sera d’une grandeur démesurée par rapport à la moyenne. Un nain est beaucoup plus petit que la moyenne. La norme définit des catégories par rapport à celle de référence qui est majoritaire. Cette référence a valeur de modèle. Si 99% des humains mesurent en moyenne 174 cm, la dimension des portes des appartements sera entre 190 et 200 cm. On ne construit pas des appartements en fonction des nains ou des géants. Il ne serait pas logique de demander à 99% de la population de vivre à quatre pattes dans des appartements dont le plafond se situe à 160 cm.

Le poids aussi fait norme. Il correspond à une certaine proportion de masse par rapport ànorme,anormal,pathologique,sexualité,homosexualité,hétérosexualité,moyenne,obésité la taille. Au-delà on parle de la catégorie obésité, qui n’est plus la norme de référence et qui est potentiellement pathogène. Au vu de cela les politiques sanitaires expriment des recommandations et organisent des campagnes contre certaines tendances hors normes. La norme est une valeur quantitative moyenne et majoritaire. Elle est normative, c’est-à-dire qu’elle définit un standard pour la majorité des humains.



Ni bonne ni mauvaise

Le langage est aussi bardé de normes. Le sens courant des mots est une norme. Si je dis: bleu ciel, chacun aura une représentation assez proche de la couleur que j’évoque. Le sens d’un mot est une convention et c’est aussi une norme. Les intonations sont normées. Le volume prévalent dans les relations est un nombre moyen de décibels, propre à ce que l’oreille peut entendre sans être choquée par un volume trop fort. Il y a donc une norme de volume. Les volumes différents catégorisent des moments spécifiques et non majoritaires, comme la voix forte caractérise fréquemment la colère ou la grande joie.

Les questions finissent en général par une intonation montante: c’est aussi une norme. Une intonation d’égale hauteur sur une phrase entière, ou descendante, n’exprime pas un questionnement. Si quelqu’un pose des questions avec une intonation descendante, il ne parle pas selon la norme reconnue. Il court le risque de n’être pas compris.

La norme n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est facilitante dans l’étude du monde et dans la vie pratique.

norme,anormal,pathologique,sexualité,homosexualité,hétérosexualité,moyenne,obésitéL’anormalité caractérise donc ce qui ne se situe pas dans la moyenne, ce qui n’est pas habituel. Il n’y a priori aucun jugement de valeur. Mais il y a une crainte devant ce qui est hors norme ou a-normal. Le cnrtl.fr est clair dans sa définition du mot anormal:

«Qui est contraire à la norme et de ce fait provoque la surprise, l'inquiétude ou la réprobation. (...) Non conforme au modèle courant, et inquiétant pour cette raison».

On se reconnaît par des éléments semblables. A côté de 100 personnes mesurant 174 cm, Mimie Mathy est naine. Mais pour 100 Mimie Mathy réunies en congrès, elles sont à leurs propres yeux normales, même si une fois dans la rue c’est à nouveau la norme de 174 cm (ou 183 cm aux Pays-Bas) qui prévaut. Tout sous-groupe a tendance à se retrouver selon ce qui rassemble ses membres, en particulier les similitudes. Dès qu’une réunion de semblables dure, elle engendre naturellement une norme. Ainsi dans un groupe de méditants, où le volume sonore est souvent proche de zéro, un simple éternuement est comme une explosion alors que dans la rue on l’entendra à peine. Les sociétés, qui ont beaucoup de normes, apprécient aussi de produire des oeuvres hors-norme, en art et en architecture, par exemple. Les vedettes de la pop musiques sont hors normes par bien des côtés - Lady Gaga en fait sa marque de fabrique visuelle, et leurs spectacles également.



Pourtant nous sommes en guerre

La crainte générée par ce qui sort de la norme tend à crisper les humains, c’est pourquoi le cnrtl en donne la définition d’inquiétant. Ce qui est hors norme n’est a priori pas rassurant. Ce n’est pas un choix, c’est un réflexe par rapport à la différence. Mais le mot anormal contient en plus un sens en pathologie:
norme,anormal,pathologique,sexualité,homosexualité,hétérosexualité,moyenne,obésité
«Personne atteinte d'une anomalie physique ou mentale».

Et c’est là que tout se complique, surtout quand on applique le terme à la sexualité, au comportement ou à la manière de penser. Anormal peut alors exprimer les sens de monstrueux, fou, non intégrable. Le débat sur la normalité dans la sexualité est ressurgi récemment avec les propos du psychiatre suisse Dominique Baettig, qui, dans ce langage psychiatrique (c’est-à-dire pas en langage courant), qualifie l’homosexualité de perverse et immature. Soit hors norme, ou a-normale.

Peut-on concilier une norme, en particulier une norme sexuelle, c’est-à-dire un comportement majoritaire et habituel, avec l’acceptation de la différence? Ou encore: la société hétéronormée peut-elle accepter que l’on enseigne dans les écoles primaires une égalité de représentation de l’homosexualité avec l’hétérosexualité? Ou encore: la catégorie des homosexuels peut-elle accepter d’être différente de la catégorie hétérosexuelle et laisser à celle-ci une valeur de norme sans se sentir menacée? Les catégorisations sont-elles désormais interdites sous peine d'être mis au banc de la pensée unique?

La question est d’autant plus fondée que sur différents sites gay ou LGBT, on lit que l’hétérosexualité est l’ennemie des gay.

Nous sommes donc en guerre.



A suivre.

Commentaires

qualifie l’homosexualité de perverse et immature. Soit hors norme, ou a-normale.

oui immature ces personnes onts une sexualité qui est resté à l'état de l'enfance lire

tony Anatrella

http://www.vbru.net/src/ethique/homosexuel.htm

C) Réaction de la profession médicale

L’histoire troublée du désir de la profession médicale de traiter l’homosexualité comme une maladie est illustrée par l’exemple de l’Association psychiatrique américaine (APA). Après quelques hésitations, les membres de l’association ont décidé, le 15 décembre 1973, par un vote, de modifier la liste des maladies mentales de 1968, qui incluait l’homosexualité. Sur les 15 membres, 13 ont voté pour effacer l’homosexualité de cette liste.

Il a été alors proposé que l’homosexualité soit considérée seulement comme une orientation sexuelle perturbée, qui n’affecterait pas tous les homosexuels, mais seulement ceux qui seraient insatisfaits de leur situation (et se considéreraient eux-mêmes comme «malades»).

La communauté gay a crié victoire, tandis qu’un grand nombre de psychanalystes et de psychiatres refusaient d’accepter la décision de l’APA et ont demandé son annulation. Un référendum a été proposé en avril 1974. Après un lobbying intensif du mouvement Gay Rights, 58% des 10 000 votants ont confirmé la décision de l’APA d’exclure l’homosexualité de sa liste des désordres mentaux.

Écrit par : leclercq | 17 décembre 2013

A lire ces études on en vient à se demander si l'on a raison d'"éduquer sexuellement" les enfants sans attendre 8sans le leur demander, imposer, en classe), leurs propres questions là où ils souhaiteraient les poser, petits copains parents,bouquins, bref! sans "nostalgie du passé" mais RETOUR VERS AUTRE CHOSE... Une femme de radio a dit que plaisir et amour ne sont pas synonymes. Mais forcément incompatibles: amour et plaisir? Notre temps est celui des techniques, du plaisir, aussi. Mais on reconnaît que l'on a laissé loin derrière l'éthique et le respect de l'autre: attention, sollicitude, égards... règne de n'importe quoi pourvu que je...
(sans rien juger, préjuger: Un jour, retour au sentiment y compris en ce que l'on ose appeler et prétendre amour, aujourd'hui?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18 décembre 2013

Bonsoir tout le monde, alors la séduction et la drague serait une forme de sexisme voire une aliénation patriarcale.

Sérieusement elle tourne à quelle drogue les féministes :/

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1085591-sexisme-au-travail-chers-collegues-mon-poids-et-mes-fringues-ne-concernent-que-moi.html

Écrit par : un revenant juste de passage | 18 décembre 2013

elle est parano cette pauvre fille quelle se fasse soignée

Écrit par : leclercq | 19 décembre 2013

En tout cas, il faudra refuser cette dangereuse dérive des féministes.
Non seulement elles sont incapables d'accepter les différences, elles veulent l'imposer à tous en s'emparant des institutions de l’état et en la faisant passer pour un progrès. Dans leur démarche, il y a du fascisme à vouloir réduire les individus à des choses neutres qu'on manipule impunément.
Derrière cette pseudo volonté éducative, on peut y lire l'instauration d'une nouvelle norme. On imagine les plaisir du lynchage sur celui et celle qui n'ont pas assimilé tous les réflexes enseignés.

On n'y voit même pas les finalités sinon que de satisfaire aux pulsions égocentriques de cette communauté déjà largement payée avec notre argent pour leurs pseudo-études qui n'aboutiront que sur des comportements pathologiques de frustrations, de refoulement et d'auto-destruction.En fin de compte, elles espèrent la démission générale et le plein pouvoir du jugement et des arbitrages.

C'est tout bonnement antidémocratique. Coercitif. Répressif et primaire.
NON! à l'éducation sous cet angle et sous leur férule.
Non! au coup d'état éducatif!

Écrit par : Beatrix | 19 décembre 2013

élisabeth Badinter avait bien analysé, ce que cette fille appelle du sexisme, c'est du harcélement sexuel !!!

"qui a voté cette nouvelle loi sur le harcèlement sexuel ainsi défini : « Un comportement non désiré, verbal, non verbal ou physique, à connotation sexuelle, qui tente de porter atteinte à la dignité de la personne, en créant une situation intimidante, hostile, dégradante, humiliante ou offensante » ! "

http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article119

Écrit par : leclercq | 20 décembre 2013

Les commentaires sont fermés.