16 décembre 2013

Sexualité et normalité (1): la loi laïque

En Inde la Cour Suprême vient de casser un arrêt de 2009 qui dépénalisait l’homosexualité. Cette décision la rétablit donc comme un crime, passible de prison et d’amende selon une loi datant de 1860. La Cour s’est justifiée par l’argument que seul le parlement pouvait décider de changer la loi.


sexualité,homosexualité,loi,état,civil,inde,crime,pénalisation,parlement,La question de l’homosexualité en contient beaucoup d’autres. La première chose à dire est que l’Etat et le politique n’ont pas à s’immiscer dans la vie privée, ni à s’occuper de la sexualité des gens. Que l’on soit hétéro, homo ou autre ne regarde que nous-mêmes. L’administration intervient seulement pour poser une reconnaissance d’état civil selon le sexe. Pour cette raison la question des personnes transgenre est différente de l’homosexualité puisqu’il y a revendication d’inscrire le genre nouveau sur les papiers officiels. Le genre est initialement associé au sexe, il en est le versant culturel. C’est normal et il n’y a là pas d’intrusion de l’Etat, mais seulement le constat d’une identité. Le pouvoir ne définit donc pas la morale des gens.

 

Dès lors l’homosexualité n’a pas à être criminalisée dans une société libérale et laïque, pas plus que ne devraient l’être la prostitution ou les clients des prostituées. C’est la même démarche libérale qui, dans les deux cas, doit inspirer les règles de la société. Sur ce point la gauche française (et européenne) est incohérente et montre, par ses contradictions, qu’elle n’agit pas selon des principes supérieurs identiques pour tous mais selon des influences communautaristes relatives, ce qui est un déni de démocratie.  

Cependant l’Etat, par ses élus, édicte des lois qui sanctionnent les comportements ou les actions. Les lois sanctionnent donc, au fond, une manière de vivre. L’arsenal judiciaire est bien l’expression d’une morale, d'une organisation des moeurs selon des valeurs normatives, dans le but d’une évidente protection de la société. Les comportements visés, par exemple l’homicide, sont considérés comme nuisibles parce qu'ils atteignent à la libre disposition de soi. Le «Tu ne tueras point», premier commandement du Décalogue biblique, est une loi civile en vigueur sur toute la planète. Le pouvoir tranche sexualité,homosexualité,loi,état,civil,inde,crime,pénalisation,parlement,donc dans les comportements. Il dit et sanctionne ce qui est «mal». 

D’un côté l’Etat ne devrait pas se mêler de la vie privée des citoyens et citoyennes, de l’autre il le fait. N’est-ce pas contradictoire?

Il faut introduire une autre notion pour résoudre cette apparente contradiction: ce qui est mal aux yeux de l’Etat est ce qui nuit à autrui, ce qui est commis sans le consentement mutuel. Les lois permettent donc de sanctionner les comportements nuisibles. Avec un succès incertain. Les sanctions sont en effet assez peu efficaces puisque le crime n’est pas éradiqué. Elles permettent cependant de rétablir les droits des lésés et de leur reconnaître une forme de réparation.

 

L’homosexualité ou la prostitution ne nuisent  à personne entre adultes consentants. Il n’y a donc pas lieu de les sanctionner. Pourquoi dès lors cette décision de la Cour Suprême de l’Inde, pays qui a produit le Kamasutra et qui célèbre la sexualité par de nombreux bas-reliefs sur des temples?

 

Dans ce pays l’homosexualité est sous le coup d’une loi criminalisante depuis plus de 150 ans. Cette loi est le produit d’une morale et non pas d’une simple protection de la société. Le comportement en cause ne lèse personne. Il n’y a donc pas lieu que l’Etat légifère. Cependant, puisque c’est une loi et qu’elle n’a pas été abrogée par le parlement, l’appareil judiciaire ne peut l’annuler, il peut au plus ne pas l’appliquer. On ne saurait en effet admettre que la Justice soit au-dessus du parlement, lequel décide de l’orientation de la société. En ce sens il faut un vote majoritaire du parlement pour abroger cette loi.

 

C’est logiquement au parlement indien de se saisir de la question et d’établir une loi conforme à la normalité civile et laïque. Dans le respect de la vie privée et de la détermination sexuelle de chacun, conformément au principe supérieur du consentement mutuel, le parlement doit purement abroger cette ancienne loi et ne la remplacer par aucune autre.

 

C’est la normalité du principe supérieur laïque.

 

 

A suivre.

 

 

15:09 Publié dans Philosophie, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sexualité, homosexualité, loi, état, civil, inde, crime, pénalisation, parlement | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Le parti socialiste va augmenter les impôts des familles :

http://www.lefigaro.fr/impots/2013/12/12/05003-20131212ARTFIG00361-najat-vallaud-belkacem-reflechit-a-une-individualisation-de-l-impot-sur-le-revenu.php

Écrit par : un revenant juste de passage | 16 décembre 2013

http://www.lapresse.ca/international/europe/201308/01/01-4676098-le-gouvernement-russe-appliquera-sa-loi-anti-gai-durant-les-jo-de-sotchi.php

voilà comment il faut traiter les gays leur militantisme envahissant ça commence à suffire, poutine lui a compris qu'il fallait mettre un frein a la dictature des minorités.

Écrit par : leclercq | 17 décembre 2013

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