11 octobre 2013

Le travail, comme la prostitution, doit-il être aboli?

En complément à mon récent billet sur le projet de loi française sur la prostitution, voici de quoi démontrer un peu plus l’absurdité de la chose. Pour mémoire la France - après d’autres pays - s’apprête à pénaliser les clients des prostituées. Au nom de quoi? Le journal Le Monde interviewe la députée PS Maud Olivier, rapporteuse du projet.


prostitution,pénalisation,abolition,travail,viol,sexualité,féminisme,hommes,femmes,trafic,pénal,contravention,prison,maud olivier,Contrainte économique?

Au nom du refus de la contrainte économique:

«... il ne faut pas accepter dans notre société que quelqu'un puisse contraindre, pour des raisons économiques ou financières, à lui accorder des services sexuels.»

Or, qu’il s’agisse de prostitution ou de tout autre activité rémunérée, tout le monde travaille dans la contrainte économique: payer son loyer, ses impôts, manger. La logique de cet argument, portée à son extrême, serait de pénaliser le travail, ainsi que les patrons qui devraient être considérés comme des proxénètes, et les consommateurs comme clients. Le travail doit-il être aboli? Les employés, les indépendants même, sont comme des putes: dans la contrainte exercée par l'EDF, le fisc, les commerçants, les huissiers, l'Etat-proxénète, etc. C’est la fin de toute notion de contrat entre les humains.

Et pour les prostituées qui travaillent librement, de leur propre chef?

«Sur la liberté, puisque le mot revient, qu'est-ce que c'est que le respect de la liberté ? Ce n'est pas d'instrumentaliser le sexe. Le droit et le choix du plaisir, ce n'est pas de faire que le sexe soit instrumentalisé. Ce n'est pas le sexe, le plaisir ou la liberté qui font problème dans la prostitution, c'est l'argent, la violence, l'oppression des femmes et le trafic d'êtres humains.»

Deux choses ici:

- le problème, on le voit, n’est pas l’exploitation du corps en lui-même: les dockers ne sont pas considérés comme victimes d’un trafic d’humain; pourtant ils écartent les cuisses quand ils se baissent pour porter des caisses;

- le problème est le sexe, uniquement le sexe, obsession néo-puritaine de l’oppression féministe; il s’agit d’une croisade contre un certain aspect du sexe, et contre les clients majoritairement hommes.

prostitution,pénalisation,abolition,travail,viol,sexualité,féminisme,hommes,femmes,trafic,pénal,contravention,prison,maud olivier,Contravention ou prison?

«L'idée est de faire prendre conscience que participer à l'exploitation sexuelle des personnes prostituées, c'est quelque chose qui ne respecte pas nos droits fondamentaux, les droits de l'homme, les droits humains en général. Et donc qu'il participe à l'exploitation sexuelle de ces personnes.»

Exploitation sexuelle, trafic d’êtres humains? Normalement cela devrait être sanctionné d’une poursuite pénale. En réalité le législateur se fout du monde. S’il était cohérent, le trafic d’humain et l’exploitation sexuelles tombent sous les lois de traite des humains et d’agression sexuelle ou de viol. La peine encourue par le client devrait être dès lors de dizaines d’années de prison et de centaines de milliers d’euros d’amende. Or, la sanction prévue est une simple contravention.

Donc, juridiquement, le recours à la prostitution ne peut être assimilée à une traite d’être humain ou à une agression sexuelle. Les arguments en faveur de l’abolition s’effondrent devant les contradictions du projet - projet d’inspiration féministe, évidemment.

Madame dort, monsieur sort

A la question:

«Comment résoudre le problème de la misère sexuelle de beaucoup d'hommes, sans la prostitution ?»

la réponse tombe dans la droite ligne de l'idéologie de l’indifférenciation, selon laquelle on veut imposer une vision féministe de l'homme:

«50 % des clients de la prostitution sont en couple, donc ne parlons pas de misère sexuelle. Et il faut se retirer de l'esprit cette idée reçue qu'il y a des besoins particuliers chez les hommes. Il n'y a pas d'instinct sexuel, c'est un apprentissage global, de la société, qui fait que les hommes, comme les femmes, ont un besoin sexuel. Ce sont des besoins qui sont créés de toutes pièces, qui n'ont pas d'existence réelle. Les pulsions sexuelles peuvent être contrôlées, c'est une question d'éducation, d'apprentissage de la relation entre filles et garçons. On doit apprendre à réguler, à organiser son envie de relations sexuelles en fonction, déjà, des préférences de sa partenaire, et aussi des contraintes de la vie sociale.»

prostitution,pénalisation,abolition,travail,viol,sexualité,féminisme,hommes,femmes,trafic,pénal,contravention,prison,maud olivierElle a bien appris sa leçon, Maud Olivier. Un vrai robot. Il n’y aurait pas de besoins particuliers chez les hommes. Pourquoi dans ce cas n’y a-t-il pas autant d’hommes prostitués et de femme clientes que l’inverse? Les besoins ne sont pas symétrique, et je ne parle pas ici de pulsions criminelles, mais de besoins qu’on ne trouve pas à satisfaire. Quand au couple où l’on devrait les satisfaire, si 50% des clients sont des hommes en couple, il faut croire que madame ne sait pas vraiment s’y prendre. Normal, quand ils doivent signer une demande en trois exemplaires avant de coïter. La sexualité est un des lieux de pouvoirs féminin. Le féminisme travaille à renforcer encore ce lieu de pouvoir sur l'homme, lieu de domination féminine.

Discrimination

Enfin, qu’en est-il des films pornos? Certains sont tournées en France et tous sont visionnés partout. Actrices et acteurs sont payés pour faire l’amour. Il y a donc commerce du sexe. Maud Olivier plonge dans l’hypocrisie la plus délicieuse:

«Je pense que cela relève pour l'instant de l'éducation.»

Faute de pouvoir attraper les millions de voyeurs et voyeures, on se retranche derrière l’éducation. Peut-être parce qu’il y a trop de femmes qui regardent des films X (plus de 25% des spectateurs seraient des femmes).

Et puis, n'y a-t-il pas une forme de discrimination à libéraliser un service et à pénaliser son utilisation? Est-ce cohérent? Pour terminer je reprends ici un commentaire posté précédemment:

«Pénaliser le client implique de pénaliser l’offre. Sinon, c’est comme si le dealer pouvait vendre, et le toxicomane ne pourrait pas consommer : un peu illogique et injuste comme loi. Mais justement si la prostituée est pénalisée, on sort du présupposé sur «les femmes toujours et systématiquement victimes».

Élémentaire mon cher Watson.

 

Commentaires

Le point de vue d'une prostituée toxico, c'est pas le client qui lui pose la contrainte économique, c'est sa sa consommation de drogue :

Pendant que ce petit duel bourgeois monopolise toute la place, on continue de laisser se produire des violences intolérables, de silenciser des voix et d' occulter certaines questions essentielles.

Et finalement, comme souvent : Ceux qui parlent ne savent pas (ou si peu...), et ceux qui savent ne parlent pas (ou si peu...).


http://melange-instable.blogspot.de/2012/09/vie-de-pute-ou-comment-le-monopole-du.html

Écrit par : pli | 11 octobre 2013

Hélas, cette incongruité de pénaliser le client (j'ai eu la même réflexion que l'internaute dans la dernière citation en parallèle avec la drogue en bas de l'article), illustre une nouvelle fois l'illogisme de trop de femmes, ou alors leur misandrie.

Il y a ce cas là particulier, mais c'est une tendance générale, que des féministes, et de nombreuses femmes ont pris l'habitude de ne pas écouter l'autre sexe, de ne plus écouter qu'elles même en fait, et leurs idéalisations. Voila où mène l'indépendance, après on ne comprend jamais rien, puisqu'on ignore comment sont les hommes (qui constituent quand même la moitié de l'humanité), si ce n'est les bêtises que nous ont rabâché les féministes. Mais vous lisez les magasines féminins c'est souvent similaire dans le fond; il ne faut pas dire la vérité, quitte à faire aller les femmes de désillusions en désillusions. Alors elles jonglent entre conseils beauté-glamour-maquillage-sexo etc. et dénonciation du patriarcat qui les obligerait à s'y intéresser? ça ne tient pas debout.

Pas étonnant qu'il y est eu en Islande un parti des femmes, ou en Suisse un sous-groupe de femmes socialistes si j'ai bien compris. Si vous voulez on a généralisé, politiser des rapports à l'autre sexe pathologiques de femmes qui avait évidemment un problème avec leur père, ça saute aux yeux. Vous pouvez vérifier, on en revient toujours à ça.

Alors après ces femmes qui aiment ou connaissent tellement bien les hommes nous parlent de symétrie de la libido masculine et féminine. Même certains curés n'arrivent pas à se retenir... j'imagine que c'est parce qu'il sont matraqués par la pornographie toute la journée?

Ce qui se passe, pas beaucoup en Europe pour l'instant, c'est que certaines femmes (jamais assez malheureusement) comprennent qu'il n'est tout simplement pas dans leur intérêt de continuer à écouter des préceptes saphiques, de femmes qui ne comprennent rien aux hommes. Toutes ces prescriptions les mènent droit dans le mur, au niveau familial, ou en ce qui concerne les rapports avec les hommes. Trop d'incohérences, trop d'ignorance, trop de haine patente ou latente.

Écrit par : Didier | 11 octobre 2013

"Elle a bien appris sa leçon, Maud Olivier. Un vrai robot. Il n’y aurait pas de besoins particuliers chez les hommes."

Le robot, c'est vous qui répétez la litanie millénaire de l'accès au corps des femmes. Il n'y a rien de plus réactionnaire que de défendre le viol tarifé. Quand arrêterez-vous d'entretenir le discours patriarcal ancestral ?

Il m'est arrivé, tout en étant en couple, de rester presque un an sans relation sexuelle. Je n'ai pas eu de "besoin particulier", j'avais la masturbation et ça me suffisait largement et cela ne m'a même pas effleuré un instant l'esprit d'aller chez une prostituée. Je ne suis pas devenu malade, ni frustré. Pourquoi d'autres hommes le vivent autrement, sinon parce qu'on les a éduqués dans l'idée que les femmes sont là à leur disposition ?
Le viol tarifé n'est qu'une justification ancestrale et puritaine de l'accès du corps des femmes pour les hommes. Ce n'est pas la plus vieille profession du monde, c'est la plus vieille oppression.

Écrit par : pierregr | 18 octobre 2013

Pierrette est le cas typique du mangina.

Voila le genre de conneries qu'elle écrit : "un an sans relation sexuelle. Je n'ai pas eu de "besoin particulier", j'avais la masturbation et ça me suffisait largement... Pourquoi d'autres hommes le vivent autrement, sinon parce qu'on les a éduqués dans l'idée que les femmes sont là à leur disposition ?"
Ah maintenant on éduque les hommes comme ça? dans la société dans laquelle j'ai grandi c'était plutot l'inverse, les hommes à la disposition des femmes. On doit pas habiter sur la même planète. A noter qu'elle s'oppose à la prostitution, mais ne propose comme alternative que la branlette... c'est triste quand même.

Ce genre d'individu ne proposera pas quelque chose de meilleur qui satisferait tous les partis si je puis dire, au contraire il ne fera que s'opposer mécaniquement à tous ce qui peut satisfaire les hommes sur tous les plans possibles et imaginables; c'est leur job.

Quand bien même les femmes auraient elles-même choisi la burqa (convertie par ex.), ou la prostitution (jeune étudiante par ex.); des gens comme elle les utiliseront tel des objets, incapables de faire des choix; pour satisfaire leurs propres pulsions destructrices (de gauchiste bien souvent). Il faut détruire (ils appellent ça déconstruire ça passe mieux...) le mariage, détruire la famille, détruire les identités sexuelles, détruire la libido masculine etc. etc.

Seule attitude à avoir envers eux : puisqu'un discours rationnel n'a aucun effet sur leur cerveau malade; ne les épargnez pas, eux ne vous feront pas de cadeaux.

Écrit par : Didier | 18 octobre 2013

Les commentaires sont fermés.