23 juillet 2013

Game of Thrones

La série cartonne. Elle est paraît-il No 1 des ventes en DVD aux Etats-Unis. Ici elle provoque un fort engouement. Elle possède indéniablement des qualités pour rendre accro. Mais elle a aussi ses défauts.


trone de fer,game of throne,médiéval,moyen-age,pouvoir,tolkien,willow,Il faut la prendre pour ce qu’elle est: une fiction du genre Fantasy. Il n’y a aucun lien avec la réalité historique, contrairement par exemple à la série Rome qui racontait un moment de l’histoire de l’empire sous une forme romancée.

Le genre Fantasy est attractif. Il permet à notre propre imaginaire de construire une histoire dans l’histoire. Il y a une étrangeté à voir des personnages souvent cruels, aussi éloignés de notre expérience humaine, et pourtant si rapidement familiers. C’est que le genre adopte d’emblée des archétypes majeurs et simplifiés et que la violence en est le soubassement. Les personnages sont plutôt bien typés, avec quelques visages ou morphologies qui appellent à un monde onirique (Le Seigneur des Anneaux n’est pas très loin). Ainsi Daenerys Targaryen, la gracieuse blonde fragile et puissante semble sortir tout droit d’un rêve. Le nain fait partie de toutes les sagas de Fantasy. Mais dans le genre, on a pas encore fait mieux que Willow en terme d’épaisseur du personnage et de qualité de jeu.

Les décors de Game of Thrones sont somptueux. Ils contribuent à donner une ambiance sombre et prenante et à rendre l’image attractive. Quelques acteurs actrices sortent du lot. Le côté mystérieux est évidemment l’un des ressorts majeurs, avec en particulier ces Marcheurs blancs et la menace qu’ils font peser sur le continent.

Mais je reste sur ma faim en ce qui concerne le scénario et les dialogues,trone de fer,game of throne,médiéval,moyen-age,pouvoir,tolkien,willow, peu recherchés à mon goût. Le thème du jeu de pouvoir est un grand classique. Ici il n’y a semble-t-il que cela, avec nombre de meurtres et de complots à la clé. Il y a peu d’histoires imbriquées et j’ai un sentiment de linéarité, malgré le nombre de personnages en action. La caméra est assez répétitive. Il y a peu de hiérarchisation de l’image (plans d’ensemble, mouvements, plans rapprochés, plans secondaires,), ce qui enlève de la pédagogie visuelle, complément nécessaire au scénario écrit et aux dialogues dans une oeuvre destinée à passer sur un écran. Les plans servent à montrer ce qui est déjà dit par les personnages, plus qu’à le compléter ou le nuancer. Le jeu des acteurs et le casting lui-même sont inégaux.

Enfin, comme souvent dans le genre Fantasy, l’époque rappelle le Moyen-Âge. En effet les chateaux-forts en pierres datent au plus tôt du XIe siècle de notre ère. Or le Moyen-Âge, modèle d’une société décentralisée et régionaliste, n’est pas qu’un incessant mouvement de guerres. Le pouvoir y avait des devoirs et des contraintes. Il y avait un peuple à côté des seigneurs. L’étude de l’Histoire à l’école me frustrait déjà pour cette raison que l’on n’avait pas d’éléments sur la vie des gens.

On ne doit pas accorder de valeur historique à cette fiction. Mais comme le rapprochement avec le Moyen-Âge est patent, il est utile de rappeler que l’on est, dans Game of Thrones, plus proches de la Légende noire, soit une période brutale et obscurantiste, que de la réalité. Or la réalité médiévale mise en lumière par les historiens modernes relativise et s’oppose souvent à cette théorie de la Légende noire.

15:24 Publié dans Art et culture, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trone de fer, game of throne, médiéval, moyen-age, pouvoir, tolkien, willow | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

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