20 juillet 2013

Foulardgate: L’incident de la mosquée - le voile comme punition

Le feuilleton du foulardgate se déroule comme un fleuve en crue. Un incident rapporté sur un commentaire de blog vient apporter l’équivalent d’une année de pluie au débat et pourrait expliquer (à part l’électoralisme de certains) l’acharnement contre le foulard à l’école - foulard qui jusque là n’avait dérangé personne.


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C’est l’incident de la mosquée de Genève. En 2009 des fidèles musulmans ont importuné et insulté des jeunes filles, hors de la mosquée mais dans dans ses parages, en relation avec leur tenue pour un cours de gymnastique.

Cet incident n’a, semble-t-il, pas eu de suite judiciaires. Apparemment cet incident ancien ne s’est pas répété. Il est évidemment inacceptable qu’une telle chose puisse arriver. Elle sera mentionnée en boucle lors des futurs débats sur le sujet. Elle fera plus de pub en faveur de l’interdiction que tous les articles réunis.

Pour bien comprendre certaines intentions, il faut parfois lire ce qu’il y a autour, ou à l’envers. Le fait de mentionner cet incident dans le contexte du projet d’interdiction du foulard éclaire singulièrement le débat. J’ose un raccourcis: incident mosquée = interdiction foulard.

En établissant ce lien l’interdiction est justifiée comme une conséquence nécessaire, comme une punition contre la mosquée - ou au moins contre ceux des musulmans qui ont participé à cet incident. Elle viendrait pallier à l’inaction de la police et des autorités, en partie responsable de cette situation. Le voile devient l’étendard du ras-le-bol suite à plusieurs incidents isolés et mis bout-à-bout pour faire masse. Et les adolescentes, doublement victimes (de leur religion paraît-il, et de nous), sont une cible idéale.

La pédophilie politique se porte bien. On aime les petites musulmanes au point de vouloir les libérer même contre leur gré. La cible est facile. Plus facile que d’aller autour de la mosquée un vendredi, en nombre, et de mettre fin aux incidents. Pourtant c’est bien l’expédition punitive de citoyens qui se profile si la police n’agit pas. La question est déjà suggérée à demi-mots sur des blogs. Un peu plus d’agacement ou de nouveaux incidents et l’on va en venir aux mains. Faire le siège de la mosquée serait spectaculaire, mais se paierait de quelques morts au proche-orient.

Donc le foulard paie pour autre chose. Raison de plus de refuser son interdiction à l’école. Tout s’amalgame autour du bout d’étoffe, et gageons que les votes seront comme des tirs d’obus contre l’islam. En est-on là?

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Foulard: la mauvaise cible

Je ne partage pas cette angoisse. Les exactions aléatoires de certains musulmans, dont des jeunes de troisième génération influencés par des prédicateurs anti-occidentaux comme l’est un Hani Ramadan, ne peuvent démontrer une volonté collective de détruire l’occident, ses religions, sa culture. L’importante différence de cultures impose un long processus d’adaptation. Bien plus long que l’adaptation des anciens immigrés italiens - qui pourtant avaient la même religion. Moi, enfant de famille immigrée belge, je n’ai pas été confronté à de tels conflits, même si j’ai été l’objet de moqueries détestables. Alors je soutenais de toutes mes forces l’équipe de foot de Belgique dans les grandes compétitions! Devenu suisse, je n’ai qu’une seule nostalgie de la Belgique: les longues plages de la Mer du Nord et le ciel que chantait Brel dans Le plat pays. Tôt ou tard on évolue et on s’adapte. Aujourd’hui je soutiens la Suisse et je suis fier d’Alinghi et de notre système politique.

Ne nous trompons pas de cible. Le foulard ne crée pas de problème mais on s’apprête, nous, à en créer un et à favoriser la radicalisation des jeunes filles. Elles seront de fait bien plus exclues dans leur coeur et leur esprit que quand elle portent le foulard. Le foulard n’est pas la vraie cible. La vraie cible ce sont les vraies agressions, ainsi les prêches et les billets anti-occidentaux. Il y a une réflexion politique et sociologique plus profonde à porter que quelques rodomontades sur le dos des adolescentes.

On se satisfait au fond de peu. Le projet d’interdiction du foulard offre à petit prix le sentiment de soumettre l’islam. C’est faux: la question ne sera que déplacée. Les vrais problèmes resteront inchangés. Mais les politiciens, comme ceux de l’UDC qui osent parler sans rire de l’épanouissement des femmes musulmanes sans foulard et de la fin de leur indignité, y verront une grande victoire de la démocratie. Comme si l’UDC avait jamais manifesté le moindre intérêt pour l’épanouissement des musulmanes! Tartuffe s’appelle toujours Tartuffe.


10:18 Publié dans Philosophie, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : islam, mosquée, foulard, école, voile | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Le foulard ne crée pas de problème mais on s’apprête, nous, à en créer un et à favoriser la radicalisation des jeunes filles."

HL , peut-on continuer à citer d'autres thèmes en rapport avec l'islam qui ne vous posent(raient) pas de problème? par exemple:

-le burkini,

-le fait que le ramadan soit réclamé par certains islamistes, comme une "fête" à intégrer dans le calendrier,

-le refus de représenter la crèche en tant que symbole chrétien, de fêter Noël

-le refus de faire soigner sa femme par un médecin homme (très répandu)

-le refus de ne pas porter la burqa (en france), de se faire marier, visage dissimulé, en catimini par un maire "peureux" (france)

-...

Vous connaissez la tactique du saucissonnage ? Si oui, les islamistes eux la pratique à merveille; petit bout par petit bout, chacun insignifiant à vos yeux apparemment;

Maintenant, la radicalisation des jeunes filles ? diable, pratiqueriez-vous une forme de terrorisme à l'envers? En somme les lois doivent-être respectées par tous les citoyens sauf par ceux que l'on pousseraient à la radicalisation? On est pas sorti de l'auberge dans ce cas de figure !

Alors excès pour excès, que pensez-vous de la société britannique qui, jusqu'à peu de temps en arrière, autorisait ses pires ennemis islamistes à la vomir publiquement, en pensant, que tout cela n'avait aucune importance et qu'au fond, c'est en leur accordant le plus de libertés possible que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes..chez eux.

Vous connaissez la suite; les attentats de 2005 à Londres...ce n'étaient pas des islamistes de l'extérieur mais ceux nés et formés à l'intérieur qui ce sont chargés du carnage... Ceux à qui la société britannique avait accordés toutes les libertés y compris celles de la vomir quotidiennement.

Écrit par : Exprof | 20 juillet 2013

@hommelibre,
Si on veut un débat ouvert sur le sujet du foulard, il faut pouvoir entendre le fond de la pensée des personnes qui sont défavorables au foulard des écolières.
Ce refus peut passer par la crainte d'un engrenage.
Ainsi, on se réfère à des événements du passé pour spéculer sur d'éventuels événements du futur. Cette histoire n'arrive pas dans un vacuum, mais sur un terrain déjà passablement miné.
En l'état, on ne peut pas faire comme si les musulmans les plus militants s'autogéraient d'une façon acceptable de notre point de vue.
Est-ce excessif?
Je ne le pense pas. Il est bon de parler de tout ça avant qu'il n'y ait "le feu au lac."
Pour en revenir à l'incident de la mosquée et des cours de gym des filles :
Les hommes qui s'en sont pris aux filles ont endossé une grosse responsabilité. La faute initiale leur incombe.
S'il est vrai que les enseignants ont renoncé à aller dehors avec leurs classes pour éviter de nouveaux incidents, je trouve qu'il y a vraiment un gros problème.
Ce genre d'incident pourrait motiver des riverains à s'opposer à la construction d'une mosquée dans leur voisinage ...
La votation sur l'interdiction constitutionnelle de la construction des minarets avait démarré par un dossier très local. Des autorités communales s'étaient opposées à la construction d'un minaret et si je me souviens bien, les autorités cantonales avaient ignoré ce préavis. D'où l'initiative populaire.
Il était clair, à l'époque, que beaucoup de personnes ont voté en faveur l'initiative et donc contre les minarets, pour leur portée symbolique.
On a bien compris que beaucoup de votants n'ont pas réellement répondu à la question posée, mais plutôt sur la place visible de l'islam en Suisse. On peut le déplorer, mais on ne peut pas changer le peuple ... (j'ai voté non.)
Je l'ai déjà dit : amener ce problème au niveau du débat juridique est maladroit. Si tout cela aboutit à des votations, on peut s'attendre au même résultat qu'avec les minarets.
Vous écrivez que les interdictions risquent de radicaliser les personnes qui se sont vu imposer des interdictions. Comme le dit Exprof : cet argument impliquerait que nous devrions nous plier à des demandes par crainte des conséquences de ce refus.
A nouveau, un silence est assourdissant : on n'entend pas d'explications claires quant à la justification de ce signe ostentatoire. Pourquoi des jeunes filles devraient-elles, depuis quelque temps, porter un foulard ?
Est-il vrai qu'une fois qu'on a commencé à mettre ce foulard, il n'est plus possible de l'enlever ?
Je pose ces questions sans aucune arrière-pensée maligne ou pernicieuse.
J'ai besoin de comprendre pour pouvoir avancer dans la réflexion.
S'il s'agit de distinguer les filles musulmanes de l'ensemble des filles d'une école donnée, il faut le dire clairement. Ensuite, on pourra discuter de cela.
S'il y a besoin de se distinguer plus particulièrement, qu'il s'agit de ralentir le rythme du processus d'intégration, il faut clairement dire de quel côté vient cette demande.
En réfléchissant aux moments -clé de ma propre intégration en Suisse, en tant qu'ado étrangère, il m'est apparu qu'en plus de l'école, les amis suisses et leurs familles ont été décisives. Mes parents se plaignaient que je sois toujours fourrée chez les autres. Avec le recul, je comprends que j'étais en train de m'imprégner d'habitudes inédites, mes parents perdaient une partie de leurs prérogatives. J'ai appris à boire de l'eau à table, en lieu et place du lait. J'ai fait la connaissance des armaillis et du catholicisme, le célèbre pain et chocolat. J'ai appris à faire du ski alpin, en plus du ski de fond. etc etc
Il est plus facile pour une scandinave de s'intégrer en suisse que pour les nouveaux immigrés, cela est indéniable.
J'espère que les deux filles en Thurgovie auront la liberté de s'intégrer en dépit de leur foulard et tout ce ram-dam médiatique. Que ce foulard ne soit effectivement qu'un détail vestimentaire sans aucune portée handicapante pour elles et qu'elles auront l'énergie de s'épanouir dans un environnement perplexe et, espérons-le, pas hostile.
Si je m'exprime contre ce foulard, je ne m'exprime pas du tout contre les deux filles.

Écrit par : Calendula | 20 juillet 2013

Calendula:

J'ai le sentiment que le fond de la pensée des gens qui sont contre le foulard n'est justement pas exprimé. Les arguments sont tellement démontables. Le seul argument qui n'est pas démontable, c'est l'intention de freiner l'islam, car là c'est une position au-delà des arguments. Or personne ne le dit clairement. C'est pourquoi je me suis fait l'avocat du diable en suggérant de faire voter le peuple suisse sur l'interdiction ou non de l'islam en Suisse. Une fois cela posé, on pourra reprendre l'un après l'autre les points qui fâchent.

Franchement, je doute que les fillettes à qui l'on interdirait le port du voile auront encore autant de plaisir à aller à l'école publique ou à jouer avec des amies. Elles sauront qu'elles ne sont pas totalement les bienvenues. Comme intégration, il y a mieux.

Je reprends ici l'argument d'Exprof que vous citez:

" cet argument impliquerait que nous devrions nous plier à des demandes par crainte des conséquences de ce refus"

On oppose deux positions, et je n'aime guère cette manière de faire, pas très honnête intellectuellement et d'un radicalisme qui vaut celui des "rigoristes". Exprof roule sur du velours en disant cela, et il amalgame joyeusement des choses différentes. Il mélange les pommes et les oignons. Le fait d'accepter le foulard (qui ne pose pas de problème) n'implique en rien d'accepter les insultes à la sortie de la mosquée, ni d'accepter la fin de la mixité à la piscine. La mixité est un choix constitutif de notre démocratie.

Pour ces profs qui ne sortent plus avec les élèves, je pense que c'est une grosse erreur. Il faut au contraire s'affirmer. On peut accepter le voile et rester dans notre mode de vie. Il fallait interpeller plus fermement les autorités sur cet incident.

Je suis entièrement d'accord sur le fait que l'on n'a pas à tout accepter sous prétexte d'éviter le conflit ou de ne pas choquer. Les musulmans qui viennent ici savent forcément comment est notre société. Ils l'acceptent ou ne viennent pas. Ensuite, s'ils l'acceptent, il faudra du temps pour la comprendre. Moi-même j'ai mis du temps pour voir que les femmes musulmanes au Maroc prennent les décisions avec les hommes et qu'elles sont écoutées.

Je refuse donc ce piège qui est tendu: accepter le voile serait se plier à tout. Non, non et non. Cet amalgame n'est pas honnête.

Je n'ai pas à juger du fait qu'une ado mette le foulard, ni de savoir si elle pourra l'ôter un jour. Je n'ai pas à m'immiscer dans sa vie. Oui, le voile est revenu en nombre. L'effet de la lutte de pouvoir interne à l'islam est dévastateur dans la surenchère qu'elle impose. Mais je pense que nous pouvons parfaitement vivre avec le foulard. La burqa c'est déjà autre chose.

Si, comme pour les minarets, des gens refusent la construction de mosquées, il faudra que les musulmans s'interrogent. Vous le savez, je ne refuse pas la critique de l'islam en tant que religion et en tant que communautarisme.

Je continue à penser qu'interdire le foulard à l'école c'est se satisfaire de peu et c'est une mesure qui ne changera rien au fond.

Écrit par : hommelibre | 20 juillet 2013

"Il mélange les pommes et les oignons. Le fait d'accepter le foulard (qui ne pose pas de problème) n'implique en rien d'accepter les insultes à la sortie de la mosquée, ni d'accepter la fin de la mixité à la piscine. La mixité est un choix constitutif de notre démocratie."

HL, Je n'ai pas pour habitude de mélanger des objets de nature différentes et pour cause.Ce fut même une des raisons de ma profession.

Je crois sincèrement, que vous avez pris le parti de défendre votre position (c'est votre droit) en vous agrippant, si j'ose dire dans cette affaire, aux mêmes arguments de nos islamistes locaux...Explicité de façon différente,cela va s'en dire...

Une forme de compassion de votre part, que je comprends en partie pour y avoir été confronté, envers les élèves, l'assurance que le dialogue sera toujours possible et qu'il relèvera systématiquement de l'intelligence et de la raison.

Eux parlent de discrimination et autres arguments de même acabit (racisme,islamophobie,...) ce qui leur est très facile et constitue un discours fort bien compris par la gauche politiquement correcte qui le soutient.

Mais il savent, comme vous,ce qui constitue à mes yeux votre point de convergence, que leurs influences directes ou indirectes aura toujours raison de par le simple fait d'appartenir à leur communauté. On se sent naturellement mieux protégé en son sein. Vous conviendrez? Et vous savez, comme eux, les dangers encourus d'en être exclu. C'est écrit dans leur livre sacré!

Maintenant, je vous accorde que la problématique est bien plus vaste,...c'est ce que j'ai essayé de vous montrer (non pas démontrer, nous ne sommes pas en sciences mathématique ou physique dans mon intervention précédente) que le "saucissonnage" est une technique que nos islamistes savent manipuler mieux que vous et moi.

Ce d'autant plus que notre société occidentale se targue, heureusement, de produire des individus doués avant tout de raison. Sur cet aspect là, nous ne sommes pas à égalité avec eux quant il s'agit d'aborder des problématiques qui n'ont pas grand chose à faire avec le rationnel et la raison.

Ce sera ma dernière réflexion pour l'instant...

Écrit par : Exprof | 20 juillet 2013

@hommelibre,
Je ne suis pas convaincue que vous démontiez tous les arguments !
Pour vous, le foulard n'est pas un problème. Vous voulez le considérer en dehors du contexte complexe du statut de l'islam dans notre pays. C'est une position de départ que je respecte et que je peux entendre.
Vous faites un pari optimiste et vous en avez avancé les arguments, dont le plus fort est la liberté comme valeur à privilégier. Le refus du foulard de l'adolescent est, selon votre pont de vue, une position trop rigoriste et en contradiction avec nos valeurs de tolérance.
Je considère le dossier sous un angle plus global,non saucissonné. Je place ces deux foulards de Thurgovie dans un contexte plus général et m'interroge sur la valeur que la famille en question leur donne. Il se peut que je me trompe.
En revanche, je ne trouve pas juste de balayer du revers de la main la question de l'explication de la nécessité du foulard. Ce manque de curiosité me donne l'impression le caractère religieux de la demande devrait le placer en-dehors du champ de l'explicable. Mon besoin de comprendre les enjeux de cet objet n'a donc pas de valeur. Je m'en remets, mais pour moi, cela ne s'appelle pas un démontage.

Pour moi, la dialectique privé- public est un sujet intéressant, ainsi que la responsabilité parentale.
Pour sortir du strict cas des foulards, je vous propose deux cas de figure, dans lesquelles les parents font des choix qui impliquent l'avenir de leurs enfants et cela également en toute légalité, mais avec la désapprobation de la majorité du corps enseigant.
- Les piercings sur des adolescentes de 12-13-14 ans. (Je ne vois que ceux sur le visage.) C'est une évolution récente et je suis effarée de constater qu'on laisse une ado s'engager sur la voie d'une telle modification de son corps. J'accepte d'être traitée de ringarde, ça ne me dérange pas.
- La décision de ne pas mettre des jumeaux dans des classes séparées. Certains parents ne veulent pas imposer la souffrance de la séparation à leurs enfants. Parfois, il s'agit également d'une réelle difficulté logistique, s'il faut qu'un des jumeaux aille dans une autre école, lorsqu'il n'y a pas deux classes parallèles dans un bâtiment.
L'expérience a montré que la rivalité et la comparaison permanentes sont un obstacle à l'épanouissement des jumeaux. En voulant leur éviter un traumatisme, on crée d'autres problèmes.
Certains parents ne tiennent pas compte des conseils de l'école et décident de ne pas séparer leurs enfants. C'est leur droit le plus strict.
Je veux bien placer le foulard dans ce contexte, surtout que, pour le moment, je n'ai pas à voter sur le sujet.
Simplement, lorsque arriveront les exigences suivantes, permettez que l'on rappelle cet épisode ;-)))

Écrit par : Calendula | 20 juillet 2013

Bonsoir Calendula,

Il me semble que justement le projet d'interdiction est saucissonné. Où trouve-t-on dans ce projet une position globale à la foi sur le principe de la liberté religieuse et sur les difficultés rencontrées avec cet islam agressif?

J'ai reçu hors blog un message m'indiquant que trois ans après l'incident de la mosquée, une prof a renoncé à envoyer les élèves filles dehors à cause de l'incident. Il y a donc eu une suite, contrairement à ce que je disais. Je remercie au passage l'internaute qui m'a envoyé l'information. Ouardiri propose de planter des arbres pour mettre une distance. Ok.

Mais franchement, avez-vous vu dans le passé un terrain de sport devant une église? Moi jamais. Que penseraient des chrétiens ou des bouddhistes si à la sortie de leur office ils ont sous les yeux, à 10 mètres des ados en short? La pudeur sur le corps fait partie de toutes les religions actuelles. Le corps est attractif, c'est ainsi. En tous cas il y a encore 50 ou 100 ans on n'aurait pas vu des gymnastes files en shorts passer devant l'église. Cela semblait normal. Et je pense que cela aurait fait un scandale si c’était arrivé dans un village, enfin il me semble. A l'époque les chrétiennes se couvraient la tête pour aller à l'office. Ce n'est pas vieux: moins de 100 ans.

L'islam nous tend comme un miroir de notre passé récent. Les parents imposaient les habits pour messe du dimanche, pour la première communion, etc. Les enfants sont toujours un enjeu. La seule chose serait d'interdire l'éducation religieuse avant 12, 15 ou 20 ans.

Donc pour moi le projet d'interdire le voile est saucissonné. Où est le point centrale de ce débat? Où sera l’efficacité pédagogique dans un climat de radicalisation?

Les incidents d’hier en France à Trappes montrent que la simple interdiction du voile est contre-productive. Il faut frapper fort la délinquance religieuse. Cela sera bien mieux compris que l’interdiction du voile, car la délinquance est un délit dans tous les pays.

Écrit par : hommelibre | 21 juillet 2013

Heureuse laïcité qui a permis aux femmes de s'émanciper et à l'être humain de ne plus être sacrifié au nom des Religions.

Les femmes occidentales ne sont plus lapidées, ne sont plus excisées, sont libres dans leur esprit comme dans leur corps. Et la religion est bien loin de leur préoccupation. Ce ne sont que les Religieux avec leurs préceptes qui veulent les enfermer sous une chape de plomb et leur faire croire que le soleil de ce dimanche leur appartient.

La joie de vivre que me procure une réunion de famille où toutes les générations y participent avec un patriarche socialiste et agnostique dont le parcours de vie n'a été que don de soi et respectueux des autres, est un régal pour l'esprit.

Multiculturelle la tablée familiale, elle n'est pourtant pas cette tour de Babel où les participants clament leur foi respective en l'érigeant comme supérieure. Ils s'entendent et se comprennent loin des synagogues, des églises, des mosquées et des temples.

Leur spiritualité est intérieure. Elle n'est pas orgueilleuse comme une flèche d'un clocher ou l'érection d'un minaret. Elle ne provoque ni remous, ni envie. La simplicité des rapports humains ne se développe pas avec cette rivalité constante des Religions dont la suprématie est leur leitmotiv.

La chartre des droits universels correspond aux aspirations de chacun et de chacune. Heureux de partager un repas ensemble, les hôtes burent et mangèrent avec le souci que l'autre soit bien servi. Conscients que la Nature leur offrait leur nourriture, ils se contentèrent de peu.

La table fut desservie avec le concours de tous dans une joyeuse complicité, bien loin d'une confrontation sexiste. Chacun et chacune reçurent une petite attention à la fin de la journée, au moment de la séparation. Un chaleureux aurevoir clôtura cette journée à nulle part ailleurs.

La matriarche eut une pensée vers Dieu pour le remercier. Pour l'Anglican, la pratique de sa religion s'est estompée avec ses voyages à travers le monde et les océans. Quant au bouddhiste et à la shintoïste, ils inclinèrent leur buste légèrement en signe de tradition et de gratitude envers leur hôte.
L'athée ne s'est pas embarrassé de vielles croyances et d'anciennes coutumes, il rayonnait de ce moment présent et béni. Il embrassa la jeune femme d'origine arabe qui s'éloignait dans la soirée naissante, sans voile.

A l'aube de ce 21ème siècle, votre servante veillera à que la démocratie chère à son coeur ne broie pas les individus comme la théocratie.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 21 juillet 2013

Bonjour hommelibre,

Le terrain de sport devant l'église ... Si l'église est au milieu du village et que l'école se trouve à côté, j'imagine que cela se peut.
Mais comme le dimanche, il n'y a pas d'école, la cohabitation pacifique est imaginable.
Il y a 100 ans, je ne crois pas que de jeunes femmes pratiquaient du sport en petite tenue, ni devant une église, ni ailleurs.
Tous les paramètres ont changé et c'est à nous de nous demander ce qui nous convient et d'agir ensuite dans le cadre de la loi ou de nos paramètres personnels.
Les parents sont confrontés à ces histoires de strings à 8 ans ou de piercings à 13. Il faut avoir la force de dire non et d'exiger de son enfant de supporter cette frustration.

Vous écrivez que le fond de la pensée des opposants serait le désir d'interdire l'islam en Suisse. Cette hypothèse est assez facilement réfutable : les internautes qui s'expriment ici sont bien trop éduqués et fins pour imaginer un instant que ce genre d'idée est applicable. L'histoire de l'interdiction constitutionnelle des minarets était déjà limite. Du moment qu'on n'interdisait pas la construction de mosquées, on respectait la liberté religieuse.

Je ne peux pas répondre pour les autres, mais le fond de ma pensée est d'ordre social et scolaire. Je ne vais pas revenir sur tout ce que j'ai déjà écrit, mais en résumé, il s'agit de favoriser très simplement l'intégration d'enfants dans un milieu scolaire.
On reproche aux Suisses d'être peu accueillants, de ne pas en faire assez pour aider les étrangers à s'intégrer, d'être fondamentalement réticents face aux nouveaux-venus. Il y a du vrai là-dedans. Mais que faire lorsque la volonté d'intégration est peu vive parmi certains nouveaux-venus ?
Mon attitude est basée sur mon expérience personnelle d'enfant étrangère et d'enseignante ayant à m'assurer du bon fonctionnement de groupes d'ados, tant au niveau de mes classes qu'au niveau de l'ensemble de l'école (p.ex. surveillances de récréations).
Nous ne recevons pas seulement des enfants musulmans. On demande des efforts à tout le monde.
En l'occurrence, des filles musulmanes vont affirmer leur identité de façon forte et elles seules. Si elles se retrouvent marginalisées, il faudra bien distinguer les tenants et les aboutissants.
Vous considérez que c'est du saucissonnage. Soit.
Si le projet de loi considère tous les signes ostentatoires, je pense qu'on est au-delà de la stigmatisation d'une religion et d'un signe particulier.
(On peut bien sûr rétorquer que c'est une façon voilée et hypocrite de s'attaquer au voile...).
Comme je l'ai déjà dit, je serais en faveur d'un uniforme scolaire minimum. Mais cela est, pour le moment, considéré comme trop étranger à l'esprit du lieu.

Écrit par : Calendula | 21 juillet 2013

Bonjour Calendula:

Un uniforme scolaire minimum serait pour moi une meilleures solution. Elle réduirait aussi les différences de look associés aux marques et donc aux revenus des parents. Elle aurait le mérite de ne pas saucissonner.

Parenthèse sur les piercings et string: d'accord avec vous.

La question de l'affirmation de l'identité est toujours à double tranchant. Soit on freine cette affirmation chez certaines, soit on incite à augmenter l'affirmation chez les autres. Je suis pour la deuxième option. Car il nous manque de nous affirmer face à des cultures qui elles n'ont pas ce frein. L'interdit passe pour moi à côté de cela.

Pour ce qui est de faire voter sur un changement de Constitution et sur la limitation de la liberté religieuse à certaines religions seulement, c'est évidemment pousser volontairement le bouchon, mais ce que j'entends dans le rejet de l'islam (et je ne parle pas d'islamophobie car on a le droit d'être en désaccord total avec cette religion), c'est qu'au fond il est incompatible avec notre culture et qu'il vaudrait mieux le bouter hors de Suisse et d'Europe. Tout éduqués soient-ils, les internautes ont aussi une certaine transparence dans leurs intentions. Les non-dits sont parfois bruyants. Et bien peut-être faudra-t-il avoir à nouveau un débat global sur la place de la religion dans les 50 ans à venir, pour reposer les fondamentaux. Ce d'autant que si l'islam est considéré comme une réelle menace, il croît et prend de plus en plus de place. Or, je ne tiens pas à voir les principes de la charia s'appliquer en Suisse.

Sur ce qui est de faciliter l'intégration, j'entends votre expérience personnelle et professionnelle. Mais cela reste pour moi une hypothèse. Il se peut que cela facilite l'intégration comme la radicalisation.

PS: moi je trouve que la Suisse fait beaucoup pour accueillir des étranger et naturaliser, comparée à la France. En proportion au nombre d'habitants on en fait plus.)

Écrit par : hommelibre | 21 juillet 2013

Ca, c'est intéressant :
"Soit on freine cette affirmation chez certaines, soit on incite à augmenter l'affirmation chez les autres. Je suis pour la deuxième option. Car il nous manque de nous affirmer face à des cultures qui elles n'ont pas ce frein. L'interdit passe pour moi à côté de cela."

Il faut qu'on s'entende sur le terme "l'interdit".
Le slogan soixante-huitard "Il est interdit d'interdire " me vient à l'esprit.

Il est clair que l'islam, mais également la religion chrétienne, connaissent des interdits et des obligations. Le décalogue que vous avez cité est une base que l'on peut accepter sans peine. On peut convoiter le bien ou la femme de son voisin et on sait qu'on ne doit pas s'en vanter ;-)))

De facto, lorsque env. 75% des citoyens (ayant utilisé leur droit de vote) se sont exprimés pour l'interdiction de la construction de nouveaux minarets ou lorsque le 80% des personnes ayant répondu au sondage de la TdG disent être pour l'interdiction du voile des écolières ( je suis consciente que ce résultat n'est pas scientifiquement pertinent), je pense qu'il s'agit d'une affirmation d'une identité face à une autre.
On peut bien sûr regretter que cela passe par des interdits. Mais si on considère la chose sur le long terme, comme vous le préconisez par ailleurs, ces interdits ne peuvent-ils pas être interprétés comme des sortes de cris d' "au secours "? Pourquoi exiger que les suisses soient tellement plus philosophes et zen que les nouveaux-venus ?
C'est là que je vois une sorte de distorsion. Est-il légitime de demander à nos concitoyens d'affirmer leur identité d'une façon plutôt que d'une autre ?
L'islam fait peur. C'est en partie irrationnel, en partie malheureusement basé sur des événements précis. La raison demande que l'on se rassure en se disant que seule la minorité fanatique commet des actes graves. Lorsqu'il y a mort d'hommes, cela frappe les esprits. Ces agressions sont faites pour cela : montrer ses muscles.
Il est difficile ensuite de rassurer les européens en général et les suisses en particulier.
Les votations se passent selon le mode binaire : oui /non. Contrairement à nos voisins, on a la chance de pouvoir s'exprimer au moins ainsi.

En poursuivant ces échanges, je comprends progressivement que je suis tellement habituée à faire respecter des règlements au quotidien, que le fait d'interdire ne me semble pas horrible. Je sais exactement pourquoi je le fais : pour éviter qu'il ne règne dans l'école la loi des plus forts.
Pour reprendre vos termes : j'affirme mon identité d'adulte investie d'une fonction d'autorité dans un cadre donné.
Des élèves me désobéissent. Selon la gravité de la situation, on gère l'incident de façons diverses. Ce n'est pas marrant, mais nécessaire. Ca fait partie du job.
Je trouve donc qu'il est permis d'interdire. On préférerait convaincre, mais parfois, on n'y arrive pas.

Dans le cas à l'origine de ces longs échanges, on assiste à une escalade, qui a fini au TF et qui aboutira probablement à des votations.
Comment bien traduire en français cette jolie expression : "To make a mountain out of a mole-hill." ?
L'engrenage s'est enclenché et c'est bien dommage.

Écrit par : Calendula | 21 juillet 2013

N Ribordy, vouz avez tout compris et tout dit ...vous avez des années-lumières d'avance...

Écrit par : Exprof | 21 juillet 2013

euuuuhhh... Noëlle, en ce qui concerne l'Europe, ce n'est pas la laïcité qui a mis fin à la lapidation, c'est Jésus... L'excision n'était pas une pratique développée en Europe.

euuuhhhh... les hommes n'étaient pas sacrifiés au nom des religions?¿ Ils étaient heureux quand ils étaient esclaves? rrraaahhh, content de l'apprendre... vous devriez réécrire l'Histoire.

Ah, ces belles réunions de familles. J'ai connu les mêmes dans mon enfance, dans une famille pourtant catholique, et il n'y avait pas de confrontation sexiste alors (il faut dire que le féminisme n'avait pas encore trop contaminé la société).

Écrit par : hommelibre | 21 juillet 2013

D'accord avec votre conclusion, Calendula.

Écrit par : hommelibre | 21 juillet 2013

@Calendula
"Je sais exactement pourquoi je le fais : pour éviter qu'il ne règne dans l'école la loi des plus forts."
Belle phrase, si simple pourtant. Elle suffit à fonder la nécessité d'un Etat de droit.
Il y a bien des années j'ai lu l'équivalent dans un quotidien australien, tout aussi simple et évident et tout aussi souvent incompris et mal appliqué.
C'était une constatation sur ce que les anglo-saxons appellent les "bullies" (tous ceux qui affirment leur force ou leur pouvoir en faisant souffrir d'autres) des cours de récréation: pourquoi continuent-il à agir de a sorte? - Parce qu'on les laisse faire.

Écrit par : Mère-Grand | 21 juillet 2013

Mère-Grand,
Ces "bullies" existent même en Finlande, dans ce système scolaire tant érigé en modèle. Cela ressemble à une sorte de phénomène incontournable.
Pourquoi font-ils cela, pourquoi embêter les autres et avoir du plaisir à le faire ? Quelle frustration ou manque personnel motive ce comportement sadique, qui implique souvent d'être en groupe, afin de se sentir plus fort ?
Le plus important est d'attraper ces élèves sur le fait, car ils nient toujours leurs actes, ils n'assument pas.
La présence des adultes décourage le passage à l'acte, mais on ne peut pas toujours être là et il serait important de comprendre le vrai pourquoi.
J'ai toujours dit aux classes que ce genre de comportement était le signe d'un gros problème personnel et que les camarades qui s'y adonnaient, montraient au grand jour qu'ils ne vont pas bien du tout.
Et qu'il n'y a aucune raison de supporter des méfaits en silence. Souvent, ce sont des enfants pas victimes qui mettent les adultes au courant de la souffrance de camarades. Sous le sceau du secret.

Écrit par : Calendula | 21 juillet 2013

Je comprends et approuve cette action délibérée contre les rapports de force à l'école. C'est d'une importance capitale pour vivre dans une société moins violente, laissant plus de place à la diversité et à la liberté de chacun. La liberté n'est pas compatible avec la violence.

Cela tient peut-être de comportements instinctifs. Il y a toujours eu des bagarreurs, des leaders, des indépendants, des sentimentaux. Je ne crois pas à une égalité des caractères mais à la protection de l'espace commun pour que certains de ces caractères ne l'envahissent pas entièrement.

Par contre je ne vois pas comment lier le foulard et cette violence ou loi des plus forts.

Écrit par : hommelibre | 21 juillet 2013

Hommelibre,

Il est vrai que "ne sont plus lapidées" est une faute. C'est "elles ne sont pas lapidées" J'espère que ma faute n'attirera pas les inquisiteurs. 0:)

Écrit par : Noëlle Ribordy | 21 juillet 2013

Pour donner une perspective historique et pour pouvoir entendre des personnes très informées sur le sujet du voile en France, je me permets de vous signaler une émission de 28 minutes de La Chaîne Parlementaire (LCP, "Ca va, ça vient".
RESUME de l'EMISSION :
"Avec l’affaire de la crèche Babilou, la France est à nouveau confrontée au problème du voile et de la laïcité. Aujourd’hui certains politiques s’interrogent : faut-il une nouvelle loi pour interdire le port du foulard au travail ? Ce nouveau numéro de "Ca va, ca vient" remonte le temps pour s’intéresser au débat toujours très vif et passionné autour du voile. Depuis la première affaire de foulard en 1989 à Creil, en passant par la loi sur les signes religieux à l’école ou la loi sur le voile intégral, Céline Bittner et ses invités constatent que ce débat n’a pas beaucoup évolué en 20 ans. Deux visions s’opposent toujours : d’un côté les tenants d’une laïcité stricte qui veulent légiférer à tout prix, et de l’autre les plus libéraux qui refusent la stigmatisation des musulmans."
Rencontres avec :
- Jeannette Bougrab, avocate, ancienne présidente de la HALDE et ancienne secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative
- Dounia Bouzar, anthropologue, auteur de « Laïcité, mode d’emploi » (Eyrolles-Éditions d’organisation)
- Malek Chebel, philosophe et anthropologue des religions, spécialiste de l’Islam
- Luc Ferry, philosophe, ancien ministre de l’Education nationale
- Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des questions d’immigration
Une production LCP-Assemblée nationale, en partenariat avec INA.fr

http://lcp.fr/146556

J'espère que le lien marche !
J'ai trouvé cette émission extrêmement intéressante. Il y a le rappel des faits et l'expression de l'opinion de personnes bien informées.

On y apprend, de la bouche de M. Chebel que le voile est vraiment un détail minime dans le Coran.

P. Weil précise que la loi sur les "signes ostentatoires" n'a pas été décrétée pour éviter le prosélytisme, mais pour éviter que des garçons mettent la pression sur des filles non-voilées, les traitant de mauvaises musulmanes et les menaçant de représailles. C'est le problème de la violence scolaire, avec un volet religieux.

J. Boughrab pense qu'en France, la République a déjà perdu la bataille et qu'il n'y a plus qu'un "pacte social à minima". Elle est la plus pessimiste.

La Suisse n'est pas la France. On peut toutefois profiter de l'expérience de nos voisins pour enrichir notre réflexion.

Écrit par : Calendula | 22 juillet 2013

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