21 juin 2013

Pilule gratuite pour les adolescentes?

Le Vert Antonio Hodgers propose de faire distribuer la pilule contraceptive aux adolescentes de moins de 20 ans. L’Etat prendrait la dépense en charge. La distribution serait anonyme. La pilule du lendemain et autres méthodes seraient également à disposition.


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L’objectif avoué est de faire diminuer le nombre de grossesses non désirées et d’avortements. Objectif louable que je partage sur le fond. Et malgré mes objections je reconnais que la pilule contraceptive est une méthode efficace de prévention de grossesses, et que les hommes en bénéficient eux aussi.

Bien que je soupçonne une proposition opportuniste - les élections d’octobre se rapprochent - la question des grossesses non désirées est sérieuse. Avorter n’est jamais anodin, et garder l’enfant à 15 ou 16 ans est un choix de vie très  exigeant alors que l’on n’est pas encore formée professionnellement. De plus y a-t-il un père dans ces situations? Certaines jeunes filles gardent le bébé en plein accord avec elles-mêmes. Mais pour les autres, que faut-il faire?

L’abstinence est évidemment la plus sûre des contraceptions. Mais on ne peut demander aux ados de rester vierge au-delà de 16-18 ans. Ils peuvent faire le choix personnel de l’abstinence, s’ils y trouvent une perspective de vie positive et valorisante (liée ou non à une religion). Mais cela ne saurait être imposé de l’extérieur à l’ensemble des jeunes personnes.

La distribution gratuite de contraceptifs est une politique pragmatique mais discutable. Je remarque au passage qu’à la fois on fait porter la responsabilité essentiellement sur les filles, mais aussi qu’on leur donne tout le pouvoir sur la relation et la reproduction. Cette sorte d'automatisme en dit long sur le peu d'estime que la société porte aux hommes.


La parole du père

La pilule semble remplacer une réflexion - dont les ados sont capables - sur les conséquences d’une grossesse non désirée. Où sont les parents dans ce projet? L’époque n’est pas propice aux interdits ou limites posées par les parents. Il est loin le temps où les mères surveillaient les filles et où les pères avaient des exigences envers les garçons. Or un père devrait prendre ses fils à part, vers l’âge de 15 ans, et leur dire ce qui se fait et ce qui ne se fait pas avec les filles. Il doit peser de son autorité. Il doit encourager ses fils à être responsables. Les mères aussi peuvent le faire. Mais cela est incomparable avec la parole paternelle. C’est parce que c’est le père, c’est parce que c’est le fils. La limite posée par le père, ou l’incitation à la réflexion, pèse d’un vrai poids dans la tête du fils. Elle n’estpilule,contraception,adolescentes,antonio hodgers,verts,genève,parents,père,mère,autorité,électionsgrossesse,état pas une concurrence femme-homme comme peut l’être la parole de la mère, ou un simple interdit. Elle se fonde sur la gouvernance de soi, la question des conséquences de ses actes, et le respect de l’autre. Quand une mère pose un limite au fils, celui-ci la reçoit comme s’il devait faire plaisir à maman, dans une soumission de type enfantin. Quand le père pose une limite, c’est un modèle pour le fils, cela le valorise - même s’il s’y oppose parfois.

Chaque fois que c’est possible la parole devrait être prise pour que la pilule contraceptive ne soit pas un pis-aller face au défaut de transmission éducative. La parole des mères aux filles et des pères aux fils reste un des meilleurs plan en matière d’éducation différenciée - nécessairement différenciée.


Renforcer la parentalité

Par ailleurs la gratuité de la pilule contraceptive prépare les adolescentes à renforcer le rôle de l’Etat pourvoyeur. C’est évidemment un clivage entre la gauche et la droite. La gauche a tendance à donner à l’Etat des responsabilités qu’elle enlève au citoyen. Comme si elle n’avait pas confiance dans l’humain. Il peut s’avérer utile d’avoir une participation de l’Etat dans la vie des gens. Mais cela devrait intervenir si les parents ne remplissent pas leur rôle. Il faudrait, avant de renforcer encore la mainmise de l’Etat sur les citoyens, lancer des débats publics incitant les parents à reprendre leur autorité et leur pouvoir de parole - si la défense de la famille fait encore partie des options de la gauche.

Mais, me dira-t-on, où est le contrôle de l’Etat si la distribution est anonyme? Il est dans le fait de remplacer les parents, et dans le fait d’habituer psychologiquement les jeunes à penser que l’Etat fait tout.


Enfin, l’efficacité de la distribution gratuite de contraceptifs aux adolescentes en prévention de grossesses non désirées, est-elle démontrée dans d’autres pays?

La proposition de monsieur Hogders est peut-être pragmatique, peut-être électoraliste. Son pragmatisme sera sans doute apprécié de certaines instances sociales car il s'inscrit dans le constat du réel de nombre d'adolescentes. Mais malgré le côté positif du pragmatisme il cède à une certaine facilité et j'ai l'impression du lapin que l'on sort du chapeau. Monsieur Hodgers suit la pente mais ne propose pas de remettre les premiers acteurs en première ligne, au contraire. Il n’y a pas de volonté de réhabilitation de la parentalité ni de l’autorité bienveillante de l'adulte. Or un tel projet n'est pas simplement politique, il est aussi émergeant d'une philosophie du social. On regrettera donc qu’aucune proposition complémentaire de renforcement de la famille ne soit faite. Cela suppose de mettre en question une partie de l'héritage de mai 68: contrairement à ce que l'on pensait l'autorité - y compris parentale - n'est pas mauvaise par nature. C'est encore difficile de mettre ce dogme en cause. Le traumatisme de la deuxième guerre mondiale, et de ses modèles fous d'autorité virant au carnage organisé et à l'horreur, modèles auxquels j'attribue une part de responsabilité dans le rejet brutal de toute autorité, n'est pas encore digéré.

Commentaires

Je partage votre point de vue HL sur l'appui à la parentalité, lorsqu'elle est possible!
Je ne suis pas opposée à la distribution gratuite et anonyme de la pilule, si celle-ci est proposée dans les meilleures conditions et dans des plannings familiaux comme en France. En effet, ce moyen contraceptif n'est pas totalement anodin, d'un point de vue santé.la prise d'un contraceptif oral pour les jeunes filles nécessite en premier lieu un bilan sanguin, puis une surveillance en fonction d'éventuels effets secondaires. ce n'est pas un cachou une pilule, c'est une chimie avec des composants plus ou moins bien tolérés. Donc la distribuer, oui, mais avec un accompagnement.

Écrit par : vali | 21 juin 2013

En effet Vali, le bilan médical préalable est nécessaire. L'anonymat ne le permet pas, or comme vous le soulignez la pilule contraceptive n'est pas un cachou.

Pour ce qui est d'appuyer la parentalité, quand c'est possible, bien sûr. Parfois il faudrait former les parents à réussir l'éducation après une séparation... ou même avant... :-)

La synthèse entre autorité et liberté est un art.

Écrit par : hommelibre | 21 juin 2013

«la gouvernance de soi»

Tout est là: la gouvernance... de soi. La gauche tente par tous les moyens de rayer cette responsabilité des individus. C'est bien plus commode de rendre l'Etat responsable voire fautif de ses propres errements: «C'est pas de ma faute, c'est parce que l'Etat...».

Dès lors que l'on voudrait mettre la «faute» sur l'Etat, il serait plus logique de rendre la pilule obligatoire... avec suivi médical évidemment. On interdit bien le tabac et l'alcool aux mineurs... pour leur bien.

Écrit par : petard | 21 juin 2013

"Par ailleurs la gratuité de la pilule contraceptive prépare les adolescentes à renforcer le rôle de l’Etat pourvoyeur. C’est évidemment un clivage entre la gauche et la droite. La gauche a tendance à donner à l’Etat des responsabilités qu’elle enlève au citoyen. "

le juge Bruel avait compris cette réalité, trop de main mise de l'état déstructure les familles.

http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=EP&ID_NUMPUBLIE=EP_021&ID_ARTICLE=EP_021_0058

Écrit par : leclercq | 22 juin 2013

"Dans les années soixante, on rencontrait souvent des parents de droit divin qui considéraient leurs enfants comme leur propriété personnelle. Il fallait taper sur la table pour conquérir de haute lutte une position de tiers légitime à intervenir, avec le risque de se situer davantage en avocat de l’enfant qu’en magistrat.
Insensiblement, le paysage a changé. Non seulement ce type de configuration s’est estompé, mais on a eu de plus en plus le sentiment d’avoir affaire à des gens non pas indifférents à leurs responsabilités parentales, mais dominés par des difficultés de vie incompatibles avec l’exercice de celles-ci [2].
La clientèle de l’assistance éducative, autrefois identifiée au sous-prolétariat, s’est élargie, diversifiée, et elle reflète pour une part les incertitudes d’une parentalité inquiète, voire dépassée, par les problèmes éducatifs. La famille est demandeuse plus souvent qu’on ne le croit, ce qui n’est pas forcément d’un bon pronostic quant à l’efficacité de l’intervention, compte tenu des naturelles ambivalences d’une telle démarche, mais témoigne d’un changement de représentations.
Les causes de cette évolution sont multiples : en l’espace d’une cinquantaine d’années, la puissance paternelle, prérogative dévolue aux pères, est devenue une autorité parentale partagée, quand elle n’est pas disputée entre père et mère, voire divisée de fait entre des partenaires successifs. "

voilà les effets d'avoir supprimé la puissance paternelle pour sois disants plus d'égalité d'aprés les féministes. un des premier désastre féministe.

Écrit par : leclercq | 22 juin 2013

une seule qustion,avez vous seulement entendu un Vert dire quelque chose d'intelligent? la nature grâce à son recyclage le plus bio jamais aussi bien orchestré est entrain de montrer à ce parti les limites qu'il convient de ne pas franchir.
La nature elle possède toutes les qualités requises pour se sauver seule,les humains d'aujourd'hui auaient -ils tous été endoctrinés
dans le seul but de n'accorder leur confiance qu'aux seules théories Socialistes et Verdistes?
Ce ministre possède-t'il des actions dans les laboratoires pharmaceutiques,quand on sait les nombreuses ados oubliant la prise régulière de la pilule,sautant quelques jours pour la reprendre ensuite et si qui se retrouvant enceinte ont une chance sur deux d'avoir des enfants avec séquelles psychologique,faut pas jouer avec le feu.
Honnêtemnt et Hormonalement parlant ce Monsieur Vert ne sait pas de quoi il parle comme beaucoup d'autres de ce parti,qui lors de la chute de leur libido inventent des théories pour combler leur manque ,celui résidant au dessous de leur ceinture abdominale

Écrit par : lovsmeralda | 22 juin 2013

Une seule consolation : heusement que cette mesure n'existait pas il y a une trentaine d'années, car l'humanité n'aurait peut-être jamais eu la chance de pouvoir bénéficier d'une personne aussi brillante que M. Antonio Hodgers.

Écrit par : A. Piller | 22 juin 2013

voilà où en est l'éducation des enfants maintenant à force de maternage généralisé.

http://www.leparisien.fr/reactions/faits-divers/deux-freres-terreurs-de-l-ecole-22-06-2013-2919817.php

bon les commentaires sonts en majorité lucides

" lisbeth 22/06/2013 - 13h39

En réponse @PasGlop. Autres temps, autres mœurs. J'ai 70 ans et "de mon temps" les institutrices savaient nous tenir tout en nous enseignant. Et pour les garçons, dans l'école de garçons, les instits étaient des hommes et même sans en venir aux coups, il y avait une vraie autorité . Les parents respectaient les enseignants . Mais un bon nombre d'adultes ne veulent pas vieillir et préfèrent une relation copains et voilà. Les enfants ne sont plus encadrés et sans "tuteur" ils ont comme des herbes folles. Bien entendu ce phénomène est multicauses et il est hors de question de faire des généralités , en tout cas cela triste pour tout le monde et pour l'avenir"

" Sandrine 22/06/2013 - 15h49

Ces enfants terreurs ne seraient-ils pas eux-mêmes victimes de violences au sein de leur foyer ? Je ne les excuse en rien mais à cet âge là les parents sont bien plus responsables que les enfants."

c'est avec des cruches comme ça qu'on en est là !!!

une femme lucide

http://blog.lefigaro.fr/education/2011/04/sos-enfants-battus-et-societe-a-la-derive.html

"Cette obsession contre la fessée, rebaptisée « violence éducative », ou même « châtiment corporel », est une vieille lune de quelques militants forcenés, parmi lesquels la pédiatre Edwige Antier, également adepte de l’allaitement jusqu’à deux ans et autres utopies délicieuses. L’argumentation est rodée : la « violence » est un échec, un « aveu d’impuissance », il faut « privilégier le dialogue »… Argumentation qui ressemble à s’y méprendre à celle qui fut servie pendant des années aux jeunes professeurs dans les IUFM, à propos des punitions, et dont les résultats se lisent à la rubrique faits divers des journaux."


"51c558612e8cb 22/06/2013 - 09h55

Je me rappel que lorsque mon fils avait dix ans il a frappé avec deux copains un élève quand je suis rentré du boulot ma femme m'en a parlé et j'ai réglé le problème très vite il n a jamais recommencé il y a un gros problèmes d'éducation des parents si les gosses parlent comme des charretier a mon avis les parents aussi .et si les gosses ne respectent rien a mon avis les parents aussi"

voilà comment doit agir un pére !!! et la mére doit soutenir le pére sinon voilà ce qui se passe.

nino 22/06/2013 - 10h23

"Je suis enseignante, lorsque vous avez des problèmes avec ce genre d enfants , c est que vous ne savez pas gérer la situation, si vous essayez d être ferme , vos supérieurs vous désavouent devant les enfants et les parents, voilà , la boucle est bouclée ."

Écrit par : leclercq | 22 juin 2013

ce qui se passe' là en france au niveau de l'enseignement c'est ce qui se passe en Suéde au niveau de la famille, voilà à quoi même le maternage généralisé.

à la violence !!!

et cette merde de journaliste est incapable de faire ce constat là

" Autres temps, autres mœurs. J'ai 70 ans et "de mon temps" les institutrices savaient nous tenir tout en nous enseignant. Et pour les garçons, dans l'école de garçons, les instits étaient des hommes et même sans en venir aux coups, il y avait une vraie autorité . Les parents respectaient les enseignants . Mais un bon nombre d'adultes ne veulent pas vieillir et préfèrent une relation copains et voilà. Les enfants ne sont plus encadrés et sans "tuteur" ils ont comme des herbes folles. Bien entendu ce phénomène est multicauses et il est hors de question de faire des généralités , en tout cas cela triste pour tout le monde et pour l'avenir"

Écrit par : leclercq | 23 juin 2013

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