16 mai 2013

Limites de l’égalité

Belle notion en soi, l’égalité a permis d’ouvrir des portes dans la société. Des personnes d’origine sociale moins aisée ont pu changer leurs conditions de vie, prendre dans le monde une place que leurs parents n’auraient jamais imaginé. L’égalité provoque un brassage vivifiant dans une société.


égalité,hiérarchie,sagesse,enseignement,transmission,Elle a aussi ses limites. L’égalité n’est pas une condition absolue des relations humaines. De nombreux aspects lui échappent. On peut citer la place des enfants mineurs et des adultes. Il n’y a entre eux égalité ni de droits, ni de pouvoir, ni d’autorité. La tendance à faire de l’enfant le centre de la famille ou du monde est forte mais erronée.

La prise de conscience que les enfants ne sont pas de simple vases à remplir ni des copies conformes de leurs parents a renforcé leur place dans le monde. Les parents ont également moins d’enfants et cela confère d’autant plus d’importance à ceux qu’ils ont. Les exemples de mauvais parents étalés parfois dans les médias poussent les autres parents à vouloir être de «bons parents». Et des théories développent l’idée qu’un bon parent ne frustre pas ses enfants, lui laisse développer sa personnalité sans entrave. On pose moins de limites aux enfants, parfois on n’en pose aucune, comme s’ils pouvaient déjà se gérer en adultes, à égalité avec leurs parents.

Le fait que les deux parents travaillent et passent moins de temps avec leur progéniture peut aussi générer un sentiment de culpabilité: les parents passent tout, paient tout, pour ne pas avoir à se confronter et passer pour de «mauvais parents». Un enfant qui pleure ou un ado qui fait la gueule sont vite reconnus dans un statut de victime, faisant de leurs parents de bourreaux. Personne n’aime passer pour le bourreau. Pourtant il faut bien endosser parfois le mauvais rôle. Historiquement c’était le père. Il punissait et la mère consolait. Aujourd’hui cela tend à se répartir.

Hors de toute culpabilité déplacée les parents n’ont pas à considérer que leurs enfants sont leurs égaux. Ils le sont dans l’absolu, toutes conditions particulières écartées, car tout être humain a une pleine valeur même s’il n’est qu’au début de son développement. Néanmoins, on ne peut écarter les conditions de la vraie vie. Les parents ont le pouvoir dans une famille et imposent aux enfants leurs valeurs, leurs convictions et des comportements. Devenu adulte l’enfant décidera de ce qu’il garde de cette transmission.

Nous ne sommes pas égaux dans la transmission.

C’est également le cas dans l’enseignement. Elèves ou étudiants ne sont pas égaux aux enseignants, ni dans la connaissance ni dans la position qu’ils occupent respectivement les uns aux autres. Au nom d’une lutte antiautoritaire - que je partage - on a voulu effacer les relations hiérarchiques. La hiérarchie serait contraire à l’égalité, devenue une référence absolue. C’est erroné. Profs et élèves ne sont pas à égalité de connaissances, d’expérience, de savoir-faire, de maturité intellectuelle. Les profs copains avec les élèves ont renoncé à la position qui est la leur. Je pense qu’ils n’assument plus leur responsabilité et leur force d’adultes, un peu comme certains hommes n’assument plus leur place de père et évitent toute confrontation avec leurs enfants.

L’égalité est également irrecevable entre par exemple les aînés et les jeunes générations. L’égalité de droits juridiques et politiques existe, pas celle des droits moraux. Là encore une hiérarchie sous-tend les rapports humains. Le sage est rarement un enfant. Un sage peut apprendre de la vie en regardant un enfant. Mais ce n’est pas l’enfant qui enseigne le sage. C’est le sage qui passe le pouvoir à l’enfant. La sagesse serait à même de relativiser bien des absolutismes actuels. Mais la sagesse n’a pas autorité sur notre temps.

La hiérarchie implique un certain respect des formes et des positions, voire des préséances. Le respect doit être mutuel mais les positions ne sont pas égales. Vouloir mettre de l’égalité dans tous les domaines des relations c’est déconstruire la structure morale (aux sens d’organisation des moeurs) sur laquelle ces relations sont construites. C’est diluer la valeur de tous et la place juste de tous.

Aujourd’hui je ne pense plus que la hiérarchie soit un obstacle aux relations humaines. Elle n’est pas automatiquement autoritaire. Elle est une simple reconnaissance des positions différentes et de certaines conséquences qui s’en suivent. L’égalité n’est pas une référence absolue. Elle ne peut englober ni faire superviser toutes les relations. En tant que référence l’égalité a une place précise mais pas absolue.

 

 

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14:37 Publié dans Philosophie, Politique, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : égalité, hiérarchie, sagesse, enseignement, transmission | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

"Aujourd’hui cela tend à se répartir."

oui mais est-ce que ça fonctionne, une mére seule peut difficilement jouer les deux rôles. constat la castasrophe éducative actuelle.

Écrit par : leclercq | 16 mai 2013

quand une mére donne des limites l'enfant lui obéit pour ne pas perdre son amour.

l'autorité d'une mére c'est surtout ça

Levez la main contre la fessée !”
Posté par Olivier de Granvil
15 juin, 2008

Dimanche 15 juin, à Zagreb (Croatie), à l’initiative du Conseil de l’Europe débutera une campagne contre les châtiments corporels des enfants. “Aucune religion, situation économique ou méthode d’éducation ne saurait justifier de frapper un enfant, de le gifler, de lui donner la fessée, de le maltraiter, de l’humilier ou de recourir à toute pratique qui porte atteinte à sa dignité”, considère l’institution.
L’opération de sensibilisation touchera le public au travers d’un spot TV, ainsi que les parlementaires des 47 pays du Conseil de l’Europe.
Les Pays-Bas, la Grèce, le Portugal et l’Espagne ont récemment imposé l’interdiction complète des châtiments corporels, ce qui porte à dix-huit le nombre d’Etats membres du Conseil de l’Europe à avoir fait ce choix.
En France, la question reste controversée. D’un côté, l’association « Ni claques ni fessées » milite pour cette interdiction, de l’autre « l’Union des familles en Europe » revendique ce droit.
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Commentaires
Commentaire par francois le 15 juin 2008 @ 11:11
quand je pense qu’une simple petite gifle est qualifiée de “châtiment corporel”… ça me laisse songeur…
Tout est une question d’appréciation. On n’a plus le droit de dire quoi que ce soit à un enfant désormais : dans les salles de classe malheur à celui qui traite un élève de “paresseux”, il risque le blâme ! Quant à le traiter de “petit merdeux”, c’est le tribunal quasiment assuré…
L’éducation prodiguée par bon nombre de parents à leur progéniture est quasiment inexisante : tout est basée sur l’assouvissement des besoins impérieux de l’enfant en matière de jeux, boissons, fringues de marque, etc… (encore une fois je renvoie chacun à la lecture de l’excellent livre du pédiatre Aldo Naouri “Eduquer ses enfants : l’urgence aujourd’hui” qui en dit long sur les manquements en matière d’éducation chez quantité de parents)
Si la situation n’était pas aussi dramatique en France celà prêterait presque à rire (je ne suis pas un “vieux croulant” de 95 balais, j’aime autant le préciser)
A +
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Commentaire par GRASSER le 16 juin 2008 @ 14:17
Qui d’entre nous n’a jamais reçu une ou plusieurs fessé qui était largement méité ???,nous en sommes pas mort ça nous avait remis sur le droit chemin.
Et mes trois enfants ils ont défois aussi reçu une petite fessé,que défois j’avais plus mal que eux ( j’étais mono parental).
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Commentaire par Richard le gaulois le 16 juin 2008 @ 15:45
A l’heure actuelle se n’est pas les enfants qu’il faut remetre dans le droit chemin c’est les parents, a se sujet je pense que l’islam va bientôt s’en charger, courage leurs cuisine n’est pas si mauvaise
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Commentaire par miroir le 16 juin 2008 @ 16:53
Ce qui serait beaucoup plus intelligent serait d’enseigner aux parents, qui souvent ne le savent pas, quelles sont les règles à respecter pour qu’une punition, corporelle ou autre, soit perçue par l’enfant comme une juste punition, qui le soulage aussi de son sentiment de culpabilité puisqu’il a en quelque sorte payé, et non comme une injustice. Et aussi quelles punitions corporelles, et à quelles doses, présentent des risques pour l’enfant. En effet certains parents poussés à bout finissent parfois par se lâcher de façon dangereuse, ce qui ne se produirait pas s’ils réagissaient plus tôt, lorsqu’ils sont encore capables de se contrôler. Quand ce ne sont pas les voisins qui finissent par craquer…
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Commentaire par BORJA Oriane le 17 juin 2008 @ 21:57
Que le Conseil de l’Europe s’occupe de son cul !
Je n’ai pas pour habitude d’être grossière ou vulgaire mais la tentation était trop grande lorsqu’à nouveau, il est question d’interdire la fameuse fessée.
Les technocrates auraient une fois de plus mieux fait de s’abstenir plutôt que de se mêler de choses qui ne les regardent en rien. Ils sont déjà suffisamment pénibles avec l’inflation de leurs directives dans tous les domaines, voilà qu’ils viennent s’immiscer dans les affaires privées des familles, « big brother is watching you » again.
Je suis maman de quatre enfants, j’ai un instinct maternel exacerbé qui fait que dès la maternité, quand la plupart des femmes, incitées par le personnel médical, ne songent qu’à se reposer et à confier leur bébé à la nurserie ,je n’aurais pour rien au monde perdu une seule miette du bonheur immense d’être à côté de mon enfant, de l’allaiter et de le serrer contre mon cœur. Tandis que dans la nurserie c’était la chorale de nourrissons malheureux, le mien s’endormait toujours paisible contre moi, un rictus aux lèvres.
Ensuite, il ne m’aurait même pas traversé l’esprit de le faire élever par quelqu’un d’autre, dusse- je me « priver de tout », la pleine satisfaction de prendre soin de mon enfant, suffisait à tous mes besoins. Le résultat est un enfant qui ne pleure jamais car j’anticipais toutes ses attentes, un bien-être et un bonheur total, une merveilleuse complicité, un plaisir à nul autre comparable, et je plaignais sincèrement les mères qui se privaient ou ne pouvaient s’offrir le même luxe que moi.
Puis le temps passe vite, à même pas un an, il comprend déjà le « NON »de sa mère; et oui, il y a des choses qui ne se font pas.
Rapidement il peut déjà recevoir sa première fessée sur la couche, elle ne fait pas mal et est suffisamment efficace pour qu’il comprenne que maman ne veut absolument pas qu’il fasse telle ou telle chose, le plus souvent parce que c’est dangereux pour lui; il pleure mais l’amour est là, il comprend vite et rapidement il ne fera plus ce qui a tant fâché celle qui l’adore et qu’il adore , et au besoin, quelques piqûres de rappel mettront un terme définitif à ses velléités. On lui explique, il apprend à comprendre et il vous en est reconnaissant . La fessée ou la claque peuvent mettre un terme à une colère qui, si on la laisse dégénérer, le met dans le désarroi le plus épouvantable, j’ai vu des enfants se mettre dans des états terribles, le pédiatre averti sait envoyer alors une claque salutaire pour lui remettre les idées au clair et lui éviter un danger imminent.
Ne pas s’interdire la fessée, c’est s’offrir l’opportunité de n’avoir quasiment jamais l’occasion d’en donner; après, le regard prometteur de la maman ou du papa, suffit. Montrer sa satisfaction, l’inciter à avoir une bonne attitude, le punir sans culpabilité aussitôt qu’un comportement est répréhensible, ou même qu’il risque de dégénérer, voilà le secret d’une éducation qui ne vous offrira que d’immenses satisfactions : des enfants qui savent se tenir partout, qui canaliseront leur énergie sur des jeux ou leur travail plutôt de passer leur temps à faire des caprices ou à emmerder le monde pour qu’enfin on leur montre qu’il y a des limites.
L’éducation est l’affaire des familles et est à porter de tous si on s’en donne les moyens, libre à chacun de prendre ses responsabilités en ce domaines et d’en subir toutes les conséquences.
Si seulement, elles ne débordaient pas sur la vie de chacun, si l’école par exemple, qui parallèlement à l’éducation de l’enfant-roi, n’avait pas démissionné elle-même de toutes formes d’autorité, réduisant la cour de récréation, quand ce n’est pas la classe, à une jungle dont la loi est celle du plus fort. Il n’y a pas de fatalité en ce domaine, la télé ou l’ordinateur ne sont pas responsables de ce que nous faisons de nos enfants, ils ne servent que de prétextes à nos carences. Même si ces media « élèvent » aujourd’hui certains enfants, ce n’est pas la faute des machines mais bien la nôtre si nous n’offrons que ce choix à nos petits.
Contrairement à ce que l’on pense, un enfant n’est jamais trop aimé par sa mère, les miens n’ont jamais eu de mal à me quitter pour aller à l’école par exemple, point de peur , de pleurs ni d’angoisse, la sécurité affective, l’assurance de savoir se conduire et les voilà libre de commencer à affronter le monde sous les meilleurs hospices, un monde qui , de toute façon , ne sera pas tendre avec eux; les maîtresses apprécient ces enfants tout prêts à se mettre aux travail, et elles sauront vite voir les enfants bien élevés qui leur faciliteront la tâche.
Alors, certaines mamans vont hurler mais une seule chose m’importe : les enfants, car ils sont les plus faibles, et la société dans laquelle ils vont grandir; une société qui, si elle ne les a pas tués dans le ventre qui devait les protéger, ne leur laisserait pour vivre que l’éducation par l’état, petit d’homme déjà réduit à l’état de numéro, où comme dans l’univers prémonitoire d’Orwell, il serait tout prêt à dénoncer les « déviances » de ses parents ?
Il faut savoir dénicher tous les éléments de totalitarisme qui gangrènent notre société et qui, si on n’y résiste pas, nous envahirons, nous en serons là aussi que les seuls responsables.
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Commentaire par miroir le 18 juin 2008 @ 9:30
Très bien dit.

Écrit par : leclercq | 17 mai 2013

@leclerc,pour en revenir à la fessée je pensais à une petite tape sur le fessier habillé entendons-nous bien.La verge et le fouets nous ayant fait saigner par journées tempétueuses il est clair qu'une volée de coups de ce genre n'a plus rien à faire dans l'éducation d'aujourd'hui.
Bien que considérant le nombre d'hommes mariés recherchant coups de fouets de la part de veuves ou autres femmes qui elles pratiquent cet art pour vivre ,alors que les premières sont souvent déjà dégoutées de l'espéce humaine depuis 2000,on peut se demander si ces hommes là n'en auraient pas mérité étant enfant

Écrit par : lovsmeralda | 17 mai 2013

@ lovsmeralda

tout à fait d'accord.

le texte de miroir est plein de bon sens

Écrit par : leclercq | 17 mai 2013

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