13 mai 2013

Au père de prendre sa place

- Va t’occuper dehors, dit la femme à son homme. Moi je fais des choses sérieuses ici.

L’homme franchit le trou de pierre et regarde devant lui la plaine qui s’étend. Le grognement de l’ours retentit. Il prend sa lance et cherche le plantigrade. C’est cela s’occuper dehors. Il a une bonne musculature. S’il meurt ce n’est pas grave. Il y a d’autres hommes pour faire des petits. Le clan survivra.


aldo naouri,père,parents,enfants,mère,La femme allaite et prépare le repas. C’est cela faire des choses sérieuses. Le petit lui appartient. Il vient d’elle. Tout seul. Pas six à la fois comme les loups. Un seul. Cela demande du soin. Le petit lui appartient. L’homme, on n’en sait rien. La femme, on sait. Elle le nourrit et le soigne. Il doit devenir fort ce petit, pour que le clan vive longtemps. La femme elle fait les petits, cela se voit, on sait pourquoi elle est là. L’homme, il est une énigme. Un inconnu. Donc une menace. On ne sait pas à quoi il sert, ou alors vaguement. Mais lui ou un autre, on ne sait jamais. Alors il ira chasser, défendre et palabrer. La femme créera la famille et le père, l’espace des possibles. L’homme créera les frontières, les limites.


C’est, illustrée à ma manière, la position du pédiatre Aldo Naouri interviewé dans le Matin Dimanche.

«Le séjour intra-utérin fait maître l’enfant avec l’équivalent d’une puce à l’intérieur de son cerveau marqué par la trace indélébile de sa mère. Ce qui lui permet d’avoir une connexion directe et d’une très grande fiabilité avec elle. (...) Il n’y a aucune trace physique du père dans la tête de l’enfant. Celui que l’enfant nomme père, c’est celui que la mère a reconnu et a nommé père. (...) Pendant des générations on a donné le pouvoir au père pour contrebalancer cette puissance maternelle.»

La dissymétrie des morphologies et des fonctions se double visiblement d’une dissymétrie des représentations parentales. Ce sont des raisons possibles de la différenciation des rôles entre homme et femme. Si l’égalité de droit est normale, l’égalité des positions et des pouvoirs est une illusion.

Aldo Naouri recommande aux hommes et aux pères de ne pas se laisser dominer par la fonction maternelle. L’enfant doit rester un enfant, sous l’autorité du père et de la mère. Pour cela il faut faire fonctionner le couple. Or il a constaté que des mères n’avaient plus de sollicitation sexuelle après une maternité, délaissant l’homme, satisfaites par leuraldo naouri,père,parents,enfants,mère, relation fusionnelle avec leur enfant. Ce qui ne peut qu’amener le couple à la déroute. L’enfant n’est pas le centre de la famille, c’est le couple formé de deux individus qui doit l’être.

Le pédiatre est qualifié de «chantre de l'autoritarisme et du pater familias traditionnaliste» par certains et certaines. Cela leur évite d’avoir à réfléchir à ses thèses, qu’il balance parfois de manière très crue et provocatrice. Pourtant, malgré les excès d’autoritarisme qui ont eu lieu dans l’éducation du passé, la fermeté des parents n’est pas encore démontrée comme une erreur définitive. Les parents imposent leurs choix aux enfants. Donner trop de choix est anxiogène pour lui. A la question de Christine Salvadé:

«- Vous voulez qu’on soit des parents dictateurs, qu’on ne demande pas à l’enfant s’il préfère des coquillettes ou du riz. Vous voulez nous faire endosser le mauvais rôle.

il répond:

- Si vous faites choisir votre enfant, il va prendre les coquillettes très vite et il va être angoissé d’avoir dû renoncer au riz. Il vaut mieux qu’il soit innocent dans le choix, quitte à en vouloir à sa mère ou à son père qui lui a imposé les coquillettes. (...) Chaque fois que vous donnez, vous tuez un peu plus le désir. (Et sans désir) il n’y a plus aucune motivation.

- C’est l’autorité que vous voulez restaurer?

- Non, c’est l’action et la responsabilité.»

Donner le choix à l’enfant, cela fait très moderne, genre parents émancipés. Mais l’enfant porte alors le poids immense de déterminer sa vie à chaque seconde, sans plus d’insouciance ni de cette innocence qui le fera neuf quand il entrera dans l’âge adulte. Il sera déjà vieux à vingt ans. Aux parents de garder leur place, et à l’homme de définir et faire respecter la sienne. Pour leur bien et pour celui de l'enfant.

21:38 Publié dans Psychologie, société | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : aldo naouri, père, parents, enfants, mère | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

@Hommelibre,très joli texte qui m'a fait sourire.Quand on est parent avec le recul que de fois ou on se dit,ben mince alors tous ces soucis pour rien! en effet comme disait Freud,de toutes manières qu'on fasse bien ou mal il s'en trouvera un pour dire du mal de ses parents.
C'est normal on y passe tous une fois ou l'autre.Ados on faisait pas de cadeaux *aux vieux* d'autant s'ils étaient divorcés.A surtout ne jamais les imiter et c'est souvent en essayant d'éviter ces drames que beaucoup d'enfants de parents divorcés font tant d'efforts inutiles.Cela malheureusement ils en prennent conscience trop tard.Parents imparfaits,enfants heureux !
Quand à la maman allaitant et expédiant son homme de manière aussi peu cavalière,c'est une façon de le réduire au silence et si c'est une mode actuelle on comprend le nombre d'hommes déboussolés
Parcontre l'allaitement quoiqu'on en dise peut destabiliser tout le monde y compris la mère,surtout si le nourrisson prépare ses dents,alors évidemment là ça devient affaire d'état entre l'enfant et maman et vaut mieux pour papa aller faire un tour dehors!rire et expérimenté
Ce que j'aime le plus de nos jours c'est de voir les travaux de nombreux sociologues n'ayant jamais été parent et souvent eux-même n'ayant pas envie de l'être et ils sont à vous donner des conseils couteux en plus alors que des grands-mères existent avec plein d'expériences vécues et qui elles ne couteront pas un radis

Écrit par : lovsmeralda | 14 mai 2013

Cher hommelibre,
Ne me dites pas que vous n'avez pas encore réalisé que la psychanalyse est un ramassis de bêtises, de croyances irrationnelles basées sur les écrits d'un certain Freud, écrits contenant de nombreuses déformations de la réalité, et ne présentant pas la moindre preuve de ce qui est avancé?
La psychanalyse est l'escroquerie du siècle! Cessons de donner du crédit à ces gens...
La pensée d'Aldo Naouri est clairement d'inspiration psychanalytique (il ne s'en cache pas). L'emprise de cette pseudo-science sur la médecine française est particulièrement inquiétante. Je vous invite à vous intéresser aux dérives de cette discipline (un moyen: le documentaire, Le Mur).

Écrit par : Laura | 14 mai 2013

@Laura ,mais bien entendu que la psychanalyse est un ramassi de bétises comme vous dites cependant cette phrase de Freud reflète tellement la vérité qu'il faut sans doute avoir atteint l'âge de la vieillesse pour s'en rendre compte
Et quand on sait les nombreux jeunes de nos jours qui condamnent leurs ainés en les traitant de bons à rien ,villipendeurs d'argent car trop couteux à la société,Freud qu'on le veuille ou pas sans doute vivant dirait la même chose pour ces personnes âgées,qui elles aussi ont tout fait en pensant aux jeunes d'aujourd'hui et qui se retrouvent comme des animaux souffrant de la peste car ridés et encore capables de rire de leurs stupidités,tandis que de vieux jeunes les rejettent ,préférant les accuser de tous les maux

Écrit par : lovsmeralda | 14 mai 2013

Laura,

Ne nous dîtes pas que vous n'avez pas encore réalisé que la réflexion par étiquettes est une réduction de la pensée confinant à la déformation de la réalité, à un ramassis de bêtises abstraites fonctionnant par croyance irrationnelle en de pseudos vérités scientifiques.

La psyché est tout sauf rationnelle, alors il ne vaut pas le peine de faire un procès scientifique à tous les psychanalystes.
Les notions, que pose Aldo Naouri, parlent au simple bon sens que ressentent ceux qui ont déjà un peu de vécu en couple, en famille, et qui ne sont pas inféodés à un système de pensées particuliers.

Écrit par : aoki | 14 mai 2013

Prendre sa place de père, vaste sujet.. plus facile à dire qu'à faire.
Dans les faits, selon mes observations et mon expérience, l'éducation des enfants est souvent investie par la mère. La demande de participation des hommes aux tâches éducatives est un phénomène de société récent, lié à l'évolution du rôle des femmes. Traditionnellement les femmes s'organisaient ensemble pour s'occuper des enfants, comme on peut l'observer dans certains groupes tribaux. Est-ce réellement différent chez nous? Je vois que les femmes se tournent vers d'autres femmes pour demander conseil, jamais vers un homme, même si il a eu 10 enfants... La référence éducative se conjugue au féminin. La compétence de l'homme n'est jamais acquise. Les rapports de pouvoir sont à l’œuvre; Si le père investit le territoire traditionnel de la mère, le risque de conflits augmente. Certains hommes préfèrent éviter ce conflit et se mettent ainsi volontairement en retrait. C'est regrettable, mais compréhensible.

Je crois que la question de fond est plutôt: qui organise la famille? qui décide? Il me semble que ce sont majoritairement les femmes qui ont ce pouvoir, et qu'elles souhaitent le conserver. En termes d'égalité, cela laisse songeur....

Écrit par : Alain | 14 mai 2013

"les hommes n'assument plus leur vrai fonction qui est de casser la fusion de la mére avec son enfant" et patati et patata, et il faut manger 5 fruits et légumes par jour et boire un litre et demi d'eau, pas plus de 2 tasses de café....et patati et patata...mais pensez un peu par vous-même!

C'est quoi ce délire que la vraie fonction des hommes est de casser la fusion mère-enfant? C'est du "lu-recraché-pas réfléchi"...

Je pense bêtement que si un enfant a deux parents, c'est que si l'un disparaît l'enfant a ainsi plus de chances de survivre...
Vous ne pensez pas sérieusement que la fonction du père c'est de casser la fusion entre la mère et l'enfant...

Les enfants normalement constitués sont très attachés à leur mère a un certain âge, puis s'en détachent peu à peu, pour finir par avoir envie de vivre LEUR vie...père ou pas père....S'il y a des exceptions, elles existent aussi avec un "couple", et des Tanguys existent avec maman toute seule ou avec papa-maman...

Les enfants sont "programmés" pour devenir indépendants lorsqu'ils atteignent l'adolescence et l'âge adulte...

La fonction du père est de procréer et de s'occuper de sa progéniture afin que la génération suivante puisse exister...

Ces bêtises de psychanalistes qui voudraient que l'amour de la mère, au lieu d'assurer bêtement la protection de l'humain en devenir, soit un truc pervers qui va nécessiter une fonction de père pour briser ce lien que la nature a engendré de toute évidence pour la PROTECTION de l'enfant--ces bêtises me font au mieux rire, au pire m'inquiètent!

L'amour inconditionnel maternel est le garant de la survie de l'enfant...

Écrit par : libre | 14 mai 2013

"La pensée d'Aldo Naouri est clairement d'inspiration psychanalytique (il ne s'en cache pas)."

faux la pensée la pensée d'Aldo Naouri se base sur 40 ans d'expérience c'est du simple bon sens, les hommes n'assument plus leur vrai fonction qui est de casser la fusion de la mére avec son enfant, pourquoi parce que les femmes sonts actuellement toutes puissantes elles en sonts devenues incapables d'investir les hommes dans leur rôle de pére.

quand un hommes donne des limites a un enfant, elles n'onts pas à contester elles doivent se taire.

si elles ne le fonts pas, il est normal que l'homme leur remonte les bretelles que ça leur plaise où non.

j'ai beaucoup cité de textes d'aldo Naouri, je suis heureux de voir un billet qui lui est consacré.

Écrit par : leclercq | 14 mai 2013

Alain,

je suis d'accord avec vous sur ce constat que deux parents partageant à égalité les tâches éducatives est une source potentielle de conflits.
C'est clairement un problème de territoire.

Mais prendre sa place de père ne signifie pas faire une maman bis. C'est toute la saveur de la complémentarité des pôles. Qu'importe d'ailleurs lequel des deux tient tel ou tel rôle.

En général il y en a un, qui incarne les directions, les impulsions, les règles et les valeurs affichées, le côté yang. Un autre plus tourné à s'occuper de la gestion de l'espace, à gérer et faciliter le quotidien, le côté yin.
C'est presque caricatural et pourtant cela fait partie de l'image héritée collectivement. Chaque parent célibataire sait combien il est difficile d'incarner les deux facettes à la fois.

Ce que l'on voit est une démission certaine de l'incarnation des valeurs et des règles de conduites lorsqu'il s'agit d'être contraignant pour les faire respecter. Tant chez les hommes que chez les femmes.
Mais au delà de ces rôles caractéristique, ce qui est nécessaire pour prendre sa place, c'est d'être présent avec sa pleine conscience et marquer le territoire familiale de l'empreinte de sa personnalité mature avec ses qualités et défauts.
Ce qui n'est pas facile lorsque le travail exige déjà le meilleur de soi en terme de concentration et que l'on rentre déjà très fatigué de sa journée.
Je me demande s'il n'y a pas là, la raison de démission en particulier de pères. Car qu'on le veuille ou non un homme à tendance à s'exposer nerveusement beaucoup plus qu'une femme dans ses réalisations professionnelles. Comme s'il devait encore incarner ce chasseur infaillible qui ne peut connaître l'échec. Car c'était sa valeur et son identité principale en ce temps là. Ce schéma résonne encore aujourd'hui, très fortement autant chez les hommes que chez les femmes.

Écrit par : aoki | 14 mai 2013

Je me demande comment on peut appliquer la théorie de ce monsieur Aldo Naouri dans des couples monoparentales ou hommes et femmes sont isolés et que bien souvent il n'y a aucune communication entre eu, si ce n'est pour causer de l'intérêt de leur rejeton respectif.
Je ne parle même pas de l'homoparentalité

Laura,

Vous semblez ne pas trop connaître la psychanalyse et ne pas respecter le travail d'éminents psychiatres qui travaillent à étudier les spécifités de l'âme humaine que même les scientifiques les plus brillants n'ont toujours pas réussi à en percer le mystère à ce jour... Les psychiatres et ses fonctions dérivés servent à combler le vide scientifique plus penché matérialisme quand on est pas occupé à chercher à valider des pseudos recherches comme la théorie du genre au lieu de faire avancer la science.Et vous devriez les remercier quand vous exprimez à ces derniers votre mal être...
Et pour information nous avons plutôt affaire à un pédo-psychiatre plus qu'à un psychanaliste

Écrit par : prometheus | 14 mai 2013

La famille nucléaire (papa-maman-enfants) n'a pas toujours été le modèle dominant , même en occident.
Je ne suis pas spécialiste, mais il me semble qu'autrefois, les générations cohabitaient et les enfants étaient entourés par des grand-parents, des cousins, des oncles et tantes. Le lien à la seule mère n'était pas forcément aussi fort que cela semble majoritairement être le cas aujourd'hui.
L'éducation des enfants ne reposait pas uniquement sur le savoir-faire de ses géniteurs, mais aussi sur un cadre sociétal bien plus normatif, sécurisant, mais aussi plus contraignant que le nôtre.
Adolescente, j'avais beaucoup de peine à comprendre le concept de "nourrice", qu'on découvrait en lisant des romans du XIXème siècle. Ainsi des mères donnaient leur enfant à une autre à nourrir au sein - je trouvais ça beurk ! Et après, ce pauvre enfant restait parfois à la campagne chez cette femme qui avait du lait en permanence et qui accueillait encore d'autres nourrissons. Non, vraiment, ça me semblait inconcevable.
Depuis quelques générations, nous vivons dans le système de la famille nucléaire et c'est un système exigeant, surtout que tout est en mutation autour de ce couple. Depuis qu'il est admis qu'on peut divorcer, son statut a fondamentalement changé. La séparation n'a plus seulement lieu entre l'enfant qui grandit et ses parents, mais même entre les parents... C'est la séparation tous azimuts.
Elever un enfant seul, ça doit être très pénible. Surtout si on est conflit avec l'autre parent.

Écrit par : Calendula | 14 mai 2013

@ Leclercq:
"les hommes n'assument plus leur vrai fonction qui est de casser la fusion de la mére avec son enfant" et patati et patata, et il faut manger 5 fruits et légumes par jour et boire un litre et demi d'eau, pas plus de 2 tasses de café....et patati et patata...mais pensez un peu par vous-même!

C'est quoi ce délire que la vraie fonction des hommes est de casser la fusion mère-enfant? C'est du "lu-recraché-pas réfléchi"...

Je pense bêtement que si un enfant a deux parents, c'est que si l'un disparaît l'enfant a ainsi plus de chances de survivre...
Vous ne pensez pas sérieusement que la fonction du père c'est de casser la fusion entre la mère et l'enfant...

Les enfants normalement constitués sont très attachés à leur mère a un certain âge, puis s'en détachent peu à peu, pour finir par avoir envie de vivre LEUR vie...père ou pas père....S'il y a des exceptions, elles existent aussi avec un "couple", et des Tanguys existent avec maman toute seule ou avec papa-maman...

Les enfants sont "programmés" pour devenir indépendants lorsqu'ils atteignent l'adolescence et l'âge adulte...

La fonction du père est de procréer et de s'occuper de sa progéniture afin que la génération suivante puisse exister...

Ces bêtises de psychanalistes qui voudraient que l'amour de la mère, au lieu d'assurer bêtement la protection de l'humain en devenir, soit un truc pervers qui va nécessiter une fonction de père pour briser ce lien que la nature a engendré de toute évidence pour la PROTECTION de l'enfant--ces bêtises me font au mieux rire, au pire m'inquiètent!

L'amour inconditionnel maternel est le garant de la survie de l'enfant...

Écrit par : libre | 14 mai 2013

@ Laura:

Oui et non. La psychanalyse a ses théories, et je n'aime pas trop tout expliquer par ce biais. Mais ici il est plus question de symbolique du corps associé à une symbolique sociale. Je n'aime pas m'enfermer dans un rôle et je sais ce que ce refus a de libérateur, en quête de systèmes ouverts, mais je sais aussi ce qu'il a comporté de craintes d'assumer ma propre force en tant qu'homme et mon errance en tant que père. C'était ma liberté personnelle qui se jouait dans ma critique du père.

Je suis aujourd'hui dans une démarche de refondation, et rien n'est à rejeter pour tenter d'avancer dans ce sens. C'est pourquoi je me sens à la fois extrêmement moderne, allant très loin dans l'acceptation de la liberté, et très sensible aux transmissions passées. Je ne peux clairement pas jouer les anciens contre les modernes car je suis les deux, ce qui n'est pas des plus simples. :-)

Écrit par : hommelibre | 14 mai 2013

@ Libre:

Je connais et j'ai eu dans mon travail l'occasion de connaître nombres de mères seules élevant leur fils. A l'adolescence il y a des traits communs: leur enfant est toujours le prolongement d'elles. Que cela ait produit l'amour inconditionnel et que ce soit une bonne chose, oui. En partie. Il faudrait quand-même redéfinir l'amour inconditionnel et ses modalités. Entre l'amour qui fera aimer toujours son enfant pour le protéger et l'aider à faire sa vie, et la fusion affective qui crée une relation de co-dépendance, il y a une différence.

Ce que je vois est que ces mères ont beaucoup de difficultés à jouer le "mauvais rôle", celui qui pose clairement les cadres et parfois engueule. Bref elles ont de la peine à prendre le risque de ne plus être aimées. Il s'en suit fréquemment des relations presque amoureuses, même physiquement. Le garçon adolescent est l'homme de la maison et il instaure une relation de pouvoir dont il tire les ficelles.

Écrit par : hommelibre | 14 mai 2013

@ libre

vos propos sonts déconnectés de la réalité.

Le pédiatre Aldo Naouri lance cet appel en forme de mise en garde dans son nouveau livre, assez provocateur, Les pères et les Mères (Odile Jacob). Il y exhorte les parents à jouer chacun son rôle, sans confusion des sexes. Il y va de l'équilibre de l'enfant, explique-t-il à L'Express
Il y a de la jubilation chez ce pédiatre-là. De la jubilation dans la provocation. Une fois de plus, Aldo Naouri va agacer et désarmer, tant son propos est iconoclaste, bien que nourri d'arguments puisés dans la psychanalyse et l'anthropologie. Le livre touffu et passionnant qu'il publie ces jours-ci aux éditions Odile Jacob s'intitule Les Pères et les Mères, mais c'est à ces dernières qu'il s'attaque d'abord. Les mères sont toutes-puissantes, martèle-t-il, il faut les arrêter. Sauvons les enfants de la fusion inquiète dont elles les accablent: «La maladie la plus grave qui puisse affecter un être humain (surtout masculin) en devenir, c'est d'être encombré d'une telle mère.» Il en appelle aux pères, sommés de se comporter en hommes.
Il n'est jamais très réjouissant de se voir tancer: les pères et les mères d'aujourd'hui, tout occupés qu'ils sont à inventer de nouvelles figures de parentalité, très créatives et joliment postmodernes, se font fermement rappeler à l'ordre. «Vous êtes au service de vos enfants, lance-t-il dans son nouveau livre. Mais vous ne leur rendez pas service.» Jamais on ne s'est tant occupé, préoccupé, des enfants. Justement, assène-t-il, nos enfants vont mal.
Ce pédiatre, qui prétend préférer parler aux parents que s'adresser directement aux enfants, leur explique qu'ils ont oublié d'où ils venaient. D'un fond des âges où la première sépulture servit à enterrer, pour prévenir sa vengeance, le mâle dominant que ses jeunes rivaux venaient d'assassiner. D'un passé où l'on redoutait la mort, où seules les mères avaient le pouvoir d'apaiser cette angoisse, où peu à peu des systèmes de parenté se sont élaborés autour d'interdits pour régler la vie sociale et désamorcer les peurs. Aldo Naouri exhorte aussi les parents à se souvenir qu'ils sont différents, depuis la nuit des temps, et il oppose la «logique de la grossesse», celle des femmes, à la «logique du coït», celle des hommes. De quoi exaspérer les féministes qui, dans le passé déjà, taxaient le célèbre pédiatre de misogynie. De quoi choquer, aussi, tous ceux qui croient ou espèrent relever d'une espèce plus sophistiquée que le genre animal. Personne n'aime être ramené si brutalement à son sexe et à ses angoisses archaïques. Pourtant, la démonstration d'Aldo Naouri vaut la peine d'être écoutée. Car cet homme qui sait faire parler les mythes raconte à sa façon, poétique, généreuse, convaincante, et parfois discutable, comment l'histoire de l'humanité nous a amenés là où nous sommes aujourd'hui, pris dans ce triangle éternel - le père, la mère, l'enfant - dont nous ne savons plus équilibrer les forces.
Aldo Naouri affirme que les pères et les mères flottent, égarés dans la confusion des rôles. Il soutient que les uns et les autres doivent retourner chacun à sa place, l'enfant itou. Et, s'il insiste sur le pouvoir des mères, ce n'est pas pour les blâmer. Il est bien normal, explique-t-il, que la mère soit en prise directe sur son petit, qu'elle fasse la pluie et le beau temps sur le berceau, qu'elle le protège de tout son être, jusqu'à lui cacher le père. Mais, gronde-t-il, où est-il donc passé, celui-là?
Aldo Naouri se défend d'être rétrograde et conservateur. Il explique qu'il n'est pas contre le partage des rôles et le pouvoir des femmes. «Cela n'a rien à voir», dit-il. Que les hommes fassent la vaisselle, c'est une chose. Mais il faut qu'ils jouent leur véritable rôle de père. Pas celui des sitcoms et des poncifs à la mode. Celui qui s'interpose entre la mère et l'enfant. Ce n'est pas en maternant ce dernier qu'ils y parviendront, précise Aldo Naouri avec une moue légèrement dubitative. Le pédiatre ne combat pas la toute-puissance des mères. Au contraire, il la célèbre. Mais à une condition: que les pères ne cessent de rappeler à ces mères qu'elles sont des femmes. Par-dessus l'épaule maternelle, l'enfant doit voir qu'il y a un homme et que cet homme intéresse bigrement sa mère.
C'est à ce moment de la démonstration qu'Aldo Naouri glisse un sourire séraphique et se tait. Il prévoit parfaitement les réactions qu'il ne manquera pas de susciter. «J'ai quarante ans de métier, dit-il, et je sais de quoi je parle. Je n'ai pas de position idéologique. Je veux juste faire de la prévention.» Il a l'habitude de susciter des polémiques. Les Pères et les Mères est son dixième livre, dit-il. On ne le fera pas taire. D'abord, cet auteur fécond a de la faconde. Ensuite, c'est ainsi qu'il a toujours exercé son métier de pédiatre, en s'intéressant aux ressorts de l'inconscient. «Sinon, précise-t-il, je serais devenu vétérinaire.» En 1985, ce médecin formé à la psychanalyse dans les groupes Balint - comme Martin Winckler, l'auteur de La Maladie de Sachs - a prescrit à la société Une place pour le père (Seuil): «J'ai ressuscité un personnage exécuté, c'était perçu comme réactionnaire.» Il était juste un peu en avance. Les Filles et leurs mères (Odile Jacob), son ouvrage le plus célèbre, a rencontré un succès extraordinaire. Déjà, il y expliquait comment une tierce personne, le père, doit empêcher la mère de se livrer à un abus de pouvoir. Cette fois, dans son nouvel ouvrage, il distribue solennellement les rôles. Il ne faut pas arracher les enfants aux mères, mais arracher ces dernières à leur enfant. Les mères comptent plus que les pères. Il explique pourquoi.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

actuellement on assiste à une catastrophe éducative les enfants sonts surmaternés.

"Je me demande comment on peut appliquer la théorie de ce monsieur Aldo Naouri dans des couples monoparentales ou hommes et femmes sont isolés et que bien souvent il n'y a aucune communication entre eux, si ce n'est pour causer de l'intérêt de leur rejeton respectif.
Je ne parle même pas de l'homoparentalité"

on ne peut pas, les ado sonts en total manque éducatif. ils ruent dans les brancards, n'onts personne à qui s'opposer à eux.

et oui le pére est le chef de famille "des enfants", notion supprimée pour sois disants plus d'égalité, demande féministe, déjà en 68 pour éjecter le pére, déjà perversion de la notion d'égalité. et en plus le pére a besoin du soutien de la société et il ne là plus !!!

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

@Leclerc entièrement de votre avis.Sincèrement je plains ces parents qui n'ont même plus le droit d'élever la parole par peur du regard et des délateurs.Pensez donc il a osé gronder son enfants ou lui a donné une tape sur le derrière,et alors? c'est ainsi qu'on apprend aussi à être parent,c'est pas en écoutant des théoriciens adeptes de l'éducation Summerhill et anglo saxonne que l'enfant obéira mieux.Certes jusqu'à la primaire et ensuite tout se gâte
Ce genre d'éducation est basé sur des principe d'éducation ressemblant à celle des animaux à socialiser,comme le 6 fruits à manger chaque jour régime bien connu pour les singes.
Elle fait aussi penser aux fameuses belles-mères souvent jalouses de leurs belles filles et qui leur disait ,faut toujours laisser un enfant pleurer ,il a besoin de faire ses poumons tandis que par derrière elles metttaient du schaps dans un biberon pour qu'ils cessent de pleurer si par malheur elles en avaient la garde
Et ce sont les mêmes théroriciens qui en plongeant dans le doute et la peur de nombreux parents pour asssouvir sans doute un complexe personnel quelconque participent au jeu cruel de la fameuse crise entretenue par Bruxelles et qui très certainement ont le culot et l'audace de mettre au banc des accusés les fumeurs ou amateurs de bons vins ,mais de qui se moque les dirigeants actuels?
A défaut de pouvoir coloniser àlétranger colonisons les parents,ainsi on pourra mieux en profiter et faire de gentils robots et bobos par la même occasion

Écrit par : lovsmeralda | 15 mai 2013

@Leclercq
Vous ne vous demandez pas comment l'humanité a survécu jusqu'à nos jours? Remplie d'enfants plus ou moins désirés, de familles plus ou moins dans la norme attendue de "papa-maman"
Les psys inventent des troubles afin de nous donner des solutions discutables....pire, ils agissent comme dans les sectes: LEUR pensée étant la meilleure (40 d'expérience, ça ne se discute pas, 2000 ans de Bible ou 1500 ans de Coran, ça ne se discute pas non plus) plus besoin de penser par vous même; exit donc VOTRE propre réflexion confronté à VOTRE situation que vous seul pouvez connaître!

Non au diktat des psys et en avant le bon-sens! Cela évitera aussi de servir du copié-collé, lol.

Écrit par : libre | 15 mai 2013

C'est la panique chez les féministement correctes; le pédiatre Aldo Naouri encourage les hommes à écouter leurs instincts d'hommes :
http://next.liberation.fr/sexe/2013/04/18/aldo-naouri-mais-violez-la-monsieur_897206

"il est difficile de percevoir le second degré réclamé par le pédiatre. «Moi, père et homme, dirait-il à la mère de ses enfants, ce soir, j’ai envie de toi et j’irai jusqu’au bout de mes envies», continue-t-il.
S’il admet dans son livre que cela «entre évidemment en collision avec un certain discours féministe», il en remet une couche : «A combien de couples que je recevais ne m’est-il pourtant pas arrivé de dire : "Mais violez-la, monsieur !" J’assume de l’avoir dit et de continuer de penser mon injonction comme convenable.» Il reconnaît ensuite que cela peut paraître «caricatural», mais «il faut bien de temps en temps forcer le trait». La journaliste qui l’interviewe change alors de sujet."
Mais violez-la monsieur! MDR.

Écrit par : Didier | 16 mai 2013

Oui mais biensur cette place de père protecteur depuis des lustres est d'autant plus dur à occuper qu'elle est désormais synonyme de discrimination; Super Mario est sexiste :
http://www.franceinter.fr/blog-net-plus-ultra-girly-kong
Chaque fois que j'entre une recherche, google me met des liens vers cette radio de merde...

Voila à quoi consiste le travail de ces féministes; critiquer les idées et la créativité qu'elles n'ont jamais pu avoir, en mettant en opposition l'épanouissement des hommes et celui des femmes. Ca tient à ça, déconstruire _ou du moins essayer_ le travail d'autrui, au lieu d'essayer de construire elles-même quelque chose de plaisant (malheureusement j'ai bien peur qu'elles n'en soient pas capable).

Écrit par : Didier | 15 mai 2013

@prometheus:
Détrompez-vous, je me suis beaucoup intéressée à la psychanalyse. Cette discipline considère comme acquis et prouvés des affirmations qui ne sont que les élucubrations des fondateurs (Freud, Jung), et utilisent ces affirmations comme grille de lecture pour analyser des personnes fragiles psychologiquement.
J'attire également votre attention sur le fait que psychanalyse et psychiatrie ne sont pas du tout la même chose. Pour être psychiatre, il faut avoir suivi des études de médecine (=science); pour être psychanalyste, il suffit d'avoir suivi une psychanalyse soi-même. Il est vrai qu'en France de nombreuses personnes cumulent les deux casquettes (et sont donc à la fois psychiatres et psychanalystes); cela pose de sérieux problèmes de déontologie, à mon sens.
Je vous encourage vraiment à vous pencher sur la réalité de ce qu'est la psychanalyse. Je ne dis pas qu'il faut jeter à la poubelle tous les textes de psychanalystes; certains ont un intérêt, philosophique ou littéraire. Mais utiliser ces textes, comme s'ils étaient scientifiques, pour traiter des personnes qui sont vulnérables, c'est grave!

@hommelibre: l'idée qu'il y aurait forcément une relation fusionnelle entre mère et enfant (au sens où l'entend Naouri et d'autres personnes sur cette page, une relation ultrafusionnelle que le père devrait "casser" pour le bien de l'enfant) repose-t-elle sur des preuves? Par preuves, j'entends une véritable étude, pas des exemples de personnes que vous connaissez (qui ne sauraient être un échantillon suffisant pour établir un principe général).
Gardons-nous aussi des fausses causalités. Ces mères que vous avez connues ont-elles une relation fusionnelle avec leur enfant parce que c'est une tendance maternelle naturelle, ou pour une autre raison? On pourrait imaginer que cette "fusion" résulte d'un certain type de caractère de la mère (pas partagé par toutes les femmes), ou que c'est le fait de n'avoir pas d'autre famille que son enfant qui amène à s'y accrocher autant... Il existe également des mères fusionnelles qui sont mariées, tout comme il existe des mères seules qui ne le sont pas du tout...
Comme je l'ai dit à prometheus, les textes psychanalytiques (ou d'inspiration psychanalytique) ont certainement leur intérêt. Je ne vois pas pourquoi il faudrait se priver de les lire si cela nous apporte quelque chose dans notre construction personnelle. Comme vous le dites, cela peut nous aider à avancer dans notre réflexion sur nous-même. Le problème survient quand on n'utilise plus ces textes comme un support pour la réflexion, mais comme des faits avérés. Or, lorsqu'on est médecin et que l'on met en pratique des théories psychanalytiques pour soigner ses patients, on est clairement dans le second cas de figure.

Écrit par : Laura | 15 mai 2013

@ laura libre

les hommes et les femmes onts des rôles éducatifs différents et il y une pléthore d'écrits sur le sujet.

http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=EP&ID_NUMPUBLIE=EP_021&ID_ARTICLE=EP_021_0058

http://www.uniondesfamilles.org/absence_du_pere.htm

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

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http://www.lausannefamille.ch/N121820/management-familial-un-pere-ca-sert-a-quoi.html

http://www.mmmfrance.org/education/etreparent.htm

http://cidp31.free.fr/CIDP/dossiers/le_pere.htm

"Si la relation mère-enfant est trop étroite, le développement de la personnalité de l’enfant dépendra de la personnalité de la mère. Si celle-ci présente un excès de sentimentalisme, l’enfant sera faible, capricieux, exigeant. Si elle est autoritaire et possessive, l’enfant n’aura pas confiance en lui, il ressentira un sentiment d’insécurité constant, au risque d’occasionner un être manquant de caractère, de courage, fuyant ses responsabilité et velléitaire. "

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

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http://www.lien-social.com/spip.php?article251&id_groupe=5

"Extrait du livre d’Aldo Naouri les pères et les mères, passé au logiciel de reconnaissance de texte ABBYY

Retour au père
La définition que je viens d'élaborer du père fonctionnel permet de comprendre encore mieux le caractère négli¬geable du géniteur et du père social face à lui. Elle permet aussi de comprendre comment et combien les « beaux-pères » - auxquels il est regrettable que notre droit ne confère en général aucun statut - peuvent parfois apporter aux enfants de leur compagne le complément de paternité qui leur a manqué du fait de la dissension du couple qui leur a donné naissance. Un cas clinique, particulièrement édifiant, permet de le comprendre.
De quel côté situer la délinquance ?
Je soignais depuis quelques années déjà la dernière enfant d'une mère psychanalyste qui avait déjà des jumeaux d'une précédente union quand elle m'a parlé d'eux juste¬ment. Ils avaient une quinzaine d'années, ils étaient en troisième, et elle se faisait du souci parce que leurs résul¬tats scolaires avaient chuté et qu'ils avaient été repérés comme dealers de haschich. Elle s'en était ouverte à son analyste contrôleur qui avait conseillé un confrère dont les enfants n'avaient tout simplement pas voulu entendre parler en déclarant que « la psychanalyse, ras-le-bol, on en a assez comme ça à la maison ». Elle me proposait de me les conduire au motif de rappels de vaccins à prati¬quer. Il y avait en effet des rappels à faire. Mais, compte
tenu de la manière dont les choses avaient été présentées, j'ai accepté de les recevoir pour les vaccins sans m!engager plus loin. Je ne m'attendais pas à la fascina¬tion que j'allais éprouver pour eux. Ils ont dû la percevoir parce qu'ils m'ont investi autant que je l'avais fait d'eux. La séance de vaccination a d'ailleurs été déterminante à cet égard, et les adolescents ont accepté de se prêter au jeu d'échanges informels que nous avons dès lors instauré, en présence de leur mère, à raison d'une fois tous les quinze jours. L'expérience me plaisait d'autant plus que je prenais un réel plaisir à voir ces vrais jumeaux, difficiles à distinguer l'un de l'autre, se renvoyer la balle à leur guise en profitant de leur incomparable complicité et de la fiabilité peu ordinaire de leur communication. Ils se réjouissaient de déjouer ma stratégie, que je rendais à des¬sein plus grossière et plus repérable encore. Ils ont fini par m'avoir à la bonne et par manifester un réel plaisir à nos rencontres tout en déniant aussi bien la délinquance dont les accusait leur mère que le caractère préoccupant de leurs performances scolaires. C'était toujours la mère qui ouvrait la séance par une plainte dont nous analy¬sions aussi bien le bien-fondé que la pertinence. Un jour, environ trois mois après le début de notre travail, ce fut un avertissement du conseil de discipline qui vint sur le tapis. La mère, soucieuse de montrer combien elle était consciente de ses devoirs, me déclara avoir aussitôt averti leur père de la gravité de la situation. J'entendis alors l'un des deux, que j'avais repéré comme le plus audacieux, lui rétorquer que ce n'était pas la première fois qu'ils ten¬taient de lui faire entendre qu'ils n'avaient que faire de l'opinion ou des réactions de leur père. Et il ajouta : « Qu'est-ce que tu crois, qu'il nous fait peur, papa ? Nous, on adore le voir, et lui aussi d'ailleurs ! On se régale avec lui, on prend notre pied ! Il n'est pas comme toi, lui. C'est pas à la pizzeria du coin qu'il nous emmène. Il connaît plein de restaus chouettes et il nous apprend à apprécier le bon vin. On s'en met plein la panse ! Bon, à un moment, il place bien le couplet que tu lui as soufflé. Mais, lui comme nous, on sait à quoi s'en tenir. Tu


comprends pas, Huguette (ils appelaient toujours leur
mère par son prénom, ce qui donnait parfois à leurs
propos un curieux ton protecteur), nous, ce que peut
nous dire papa, on s'en fiche ! Ce qui compte pour nous, '
c'est ce que pourrait dire Gabriel ! » (C'était le prénom du
nouveau compagnon de la mère.) J'ai alors vu bondir et
hurler cette femme comme je n'aurais jamais imaginé
qu'elle aurait pu le faire. Elle ne cessait pas de marteler :
« Votre père est votre père, Gabriel n'est pas votre père ! » I
Puis, des sanglots ont vite entrecoupé ses propos avant
qu'elle ne s'effondre alors que le second jumeau, qui
n'avait pas encore ouvert la bouche, lui répétait d'une
voix douce et presque mot à mot ce que lui avait dit son
frère. J'intervins à mon tour pour lui demander
d'entendre ce qui lui était dit. C'est alors à moi qu'elle
s'en prit. Au point que je dus moi-même hausser le ton et
lui déclarer que je la prenais en flagrant délit de refus de
la solution au problème qui avait motivé sa démarche. Ce
furent de longues minutes d'un débat violent et houleux
dont je ne voyais pas l'issue. Elle a quand même fini par >
se calmer. Elle accepta alors ma proposition de rapporter
à Gabriel le contenu de la consultation et de me dire la
réponse qu'il entendait donner à la demande de ses j
beaux-enfants. A la séance suivante, ils furent quatre à
venir. Gabriel posa les conditions de son entrée en jeu
dans la vie des jumeaux, conditions que ces derniers
acceptèrent sans la moindre difficulté. Les troubles dispa- '
rurent assez vite. Les garçons devinrent brillants. Ils
firent de belles études, et j'eus le bonheur de les voir
l'un et l'autre me conduire leurs propres enfants.
Je n'ai jamais cherché à approfondir le motif qui avait j
valu à la mère de se faire sourde à la demande de ses
jumeaux. Etait-ce en raison d'une confusion d'origine
sémantique, dont elle était avertie mieux que quiconque,
sur la place et le rôle dévolus au géniteur de ses jumeaux,
ou bien avait-elle cherché, en laissant Gabriel de côté, à
rester seule maîtresse d'un jeu pour lequel ses jumeaux
pensaient qu'elle n'avait pas la stature ? Auraient-ils
« délinqué », eux, pour dénoncer son comportement lui-même guère éloigné de la délinquance ?
Ce que je viens de décrire et d'illustrer permet de com¬prendre pourquoi nos semblables sont moins fous qu'on ne pourrait le craindre. Il peut, en effet, « y avoir du père » même en l'absence totale du personnage : la fonction paternelle s'avérant atomisable et pouvant être exercée simultanément ou à des moments différents par quantité d'instances ou de personnages. Est en effet de l'ordre de la fonction paternelle - et en produit l'effet - tout ce qui, de quelque manière que ce soit, est perçu par l'enfant comme limitant le pouvoir qu'il est porté spontanément à attribuer à sa mère. Combien fréquemment n'ai-je pas vu, dans les familles recomposées, l'excellent effet sur les enfants d'une entente sur leur éducation entre le père et le nouveau com¬pagnon de la mère - ce qui implique que soient dépassées les susceptibilités narcissiques.
On peut vérifier au demeurant ce type de préoccupation en faisant retour aux systèmes de parenté. Un tel détour permet de comprendre la manière dont les différentes sociétés, à la surface du globe, se sont évertuées à trouver des règles de gestion pour ces différents pouvoirs. Il suffi¬rait, pour n'en reprendre qu'un ou deux exemples, de mentionner le système hawaïen qui, dans le souci de pré¬server l'enfant de la confrontation interparentale, l'invite à nommer « mère » toutes les femmes des lignées de sa génitrice et de son géniteur, et « père » tous les hommes des mêmes lignées, ou bien le système iroquois qui l'invite à nommer « mère » toutes les femmes de la lignée de sa génitrice, et « père » tous les hommes de la lignée de son géniteur.
"

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

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http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article22

"Figure d’autorité dans le droit, le père médiéval n’en demeure pas moins un père présent auprès de ses enfants, affectueux et soucieux de transmettre ses propres valeurs. Sa « découverte » récente révèle le souci grandissant des historiens pour tout ce qui a trait à l’enfance, à la famille et à la parenté. Elle permet également d’éclairer d’une lumière inédite le débat contemporain et de nuancer ce qui peut trop facilement apparaître comme une nouveauté. "

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

@ Leclercq
Pour le bien des enfants, éliminons les mères....
Aucune mère n'est autre chose qu'une femme qui a donné la vie......il y a donc autant de personnalités imparfaites chez les unes que chez les autres...
Le hic, c'est que c'est pareil pour les pères...
Un enfant a forcément les ressources pour s'accommoder de l'un comme de l'autre...sinon l'humanité se serait tout simplement éteinte; ce mythe de la mère qui ne doit être ni trop ci, ni pas assez ça est insupportable. Il peut y avoir des abus, comme partout, mais le pire abus est certainement le manque d'amour maternel...

Nos enfants sont fils et filles de la VIE. C'est elle qui les appelle. Il faut qu'il y ait pathologie GRAVE pour qu'ils soient abîmés au point de ne pouvoir se débrouiller seuls à un certain âge...

Mais voilà: les parents ne sont pas parfaits, et les enfants non plus...il faut remettre en cause ces propos dans l'air du temps qui essayent de nous faire croire que les enfants sont tous devenus des névrosés, et que bien sûr c'est la mère qui en est la cause...

D'abord, où sont les preuves que les enfants sont pires aujourd'hui qu'hier? quelles statistiques fiables existent à ce sujet? et surtout quels critères?

Moi je me dis toujours que les gens qui ont décidé des 2 dernières guerres mondiales étaient des gens que l'on considérait comme ayant réussi et qui de toute évidence étaient bien intégrés dans les codes de la société...

Pour arriver où ils en étaient, ils ont du être de bons enfants, de bons écoliers, et de bons politiciens...

Si c'est là où mène la politesse, je ne m'offusque pas trop que mes propres enfants en aient parfois lâché des vertes et des pas mûres....

Mon conseil, Leclercq: arrêtez de lire et pensez par vous-même!

Écrit par : libre | 15 mai 2013

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http://pastoralefamiliale.free.fr/pfcongresvichyanatrella.htm

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

liens invalides le texte

Etre père ?

Selon Muldworf, "la femme devient mère par l’intermédiaire d’un processus biologique tandis que l’homme devient père par l’intermédiaire d’un système symbolique imposé par la société". En effet, on est mère dés l’instant de la grossesse alors qu’on devient père par un processus psychologique conditionné par des normes culturelles et sociales. Avant d’essayer de répondre aux questions que nous évoque ce thème, il nous est paru nécessaire de définir plus spécifiquement certaines notions .

Définitions: l’image du père, la fonction et le rôle du père.
L’image du père


L’image est une représentation mentale d’un objet absent. L’enfant va intérioriser une image à la fois positive et négative de son père dans son psychisme. La participation de plus en plus grande aux soins dés la première année, facilite pour l’enfant la reconnaissance précoce de la bonne image du père. Le père est celui qui fait sortir l’enfant de son état d’indifférenciation en l’amenant à prendre connaissance et conscience du monde qui l’entoure. L’enfant désire souvent manipuler l’autre comme un objet, c’est en s’opposant à ses désirs que le père offre une nouvelle image de lui, qui vient alors renforcer la triangulation: père, mère, enfant. L’image du père prend toute sa signification dans l’évolution et la résolution du complexe d’Oedipe. Pour le petit garçon, le père a une image plutôt ambivalente. Il est à la fois un représentant de la puissance, mais il occupe également une position de rival et d’interdicteur. Des processus d’identification se mettent en place, tout aussi bien chez le garçon que chez la fille. Le garçon s’identifie directement au père alors que pour la fille ce processus se fait indirectement, elle s’identifie à la mère en tant qu’épouse de son père car elle souhaiterait prendre sa place. Vers 6 ans, si l’image intégrée jusqu’alors est suffisamment bonne, l’image du père à ce moment là est vécue sur un mode de fascination " mon papa est plus fort que le tien ; mon papa, c’est le plus beau". A la période de latence, l’enfant se détache de cette image parfaite du père, il s’ouvre vers l’extérieur. Mais ce n’est qu’à l’adolescence, qu’elle risque d’être vraiment remise en cause, d’autant plus si le père ne fait rien pour la sauvegarder. Il nous parait également nécessaire de définir la notion d’imago. Ce terme a été introduit par C. G. Jung en 1911 pour désigner une représentation telle que le père (imago paternelle) ou la mère (imago maternelle) qui se fixe dans l’inconscient du sujet et oriente ultérieurement sa conduite et son mode d’appréhension d’autrui. L’imago est élaborée dans une relation intersubjective et peut être déformée par rapport à la réalité. Ainsi, l’imago d’un père fort peut être substitué à un père inconsistant dans la réalité.

Le rôle et la fonction du père


Le rôle représente les formes et les valeurs des comportements assignés par la société à l’individu. La fonction paternelle est constituée par "l’ensemble des déterminations qui agissent pour œuvrer à la structuration du psychisme de l’enfant" (Muldworf).
Widlöcher a distingué ces deux concepts. Selon lui, le rôle du père est défini dans un contexte socioculturel déterminé. Ainsi, chaque société ou chaque milieu impose aux pères des rôles qui sont propres aux différentes cultures; alors qu’il considère la fonction paternelle comme un élément important dans le développement normal et la maturation psychoaffective de l’enfant.

La fonction paternelle par sa présence dans l’environnement où se développe l’enfant forme une base solide à la formation de la personnalité. Cette fonction ne coïncide pas toujours avec une image spécifique et dépendante du milieu culturel. A l’opposé de la fonction maternelle qui a des fondements biologiques, il n’y a pas de lien existant entre la fonction paternelle et une origine biologique.

Muldworf présente la fonction maternelle comme une entité comportant trois éléments: la satisfaction des besoins élémentaires, la sédation des tensions, l’apport de présence et de sécurité. Certes, cette fonction maternelle peut être remplie par le père ou par toutes autres personnes mais elle est attribuée à la mère car elle constitue une sorte de continuité naturelle et nécessaire de la naissance. Le père peut effectivement remplacer la mère mais son rôle ne se limite pas à cela. Nous allons maintenant tenter de définir une série d’éléments spécifiques de la fonction paternelle.
La fonction paternelle

En se référant aux travaux de Muldworf, nous pouvons distinguer deux formes de fonction paternelle: la fonction paternelle indirecte et la fonction paternelle directe.






la fonction paternelle indirecte


En plus de l’amour, le père doit apporter un soutien à sa femme. Il est garant d’une certaine sécurité au sein du couple. La fonction paternelle passe par les rapports du père et de la mère. La fonction maternelle est relative à l’équilibre psychoaffectif de la mère, équilibre qui peut être soit renforcé soit ébranlé par la nature des relations qu’elle entretiendra avec son mari. De ce fait, toutes modifications affectives et émotionnelles chez la mère auront des effets directs sur la relation mère-enfant. L’équilibre du couple est donc nécessaire au développement psychoaffectif de l’enfant. De plus, l’enfant perçoit et intériorise une image de son père, qu’il se construit au travers de sa propre vision mais également au travers de l’image que se fait la mère du père.
Ainsi, une femme qui méprise son mari et le diminue aux yeux de ses enfants, favorise l’intériorisation d’un type particulier d’image paternelle qui va par la suite influencer les effets de la fonction paternelle.

la fonction paternelle directe

- Le père comme tiers séparateur dans la relation mère-enfant

La maturation biologique permet à l’enfant progressivement de se distinguer de sa mère, de se sortir de la relation duelle qu’il entretient avec elle. La mère doit être en mesure d’accepter que son enfant acquiert son indépendance et finisse par se séparer d’elle. Le père doit l’aider dans cette démarche, il doit assurer une régulation de la distance entre la mère et l’enfant et ainsi contribuer à l’évolution vers l’autonomie de son enfant. De sa fonction, il empêche de faire des mères abusives.

- Le père comme détenteur de l’autorité et porteur d’interdit
Widlöcher a défini la notion d’autorité et d’interdit dans la fonction paternelle par rapport à la problématique œdipienne. Il précise que le père détient le rôle d’agent de l’interdiction œdipienne, c’est à dire qu’il est celui qui interdit le rêve de la possession exclusive de la mère. Selon lui, "la constitution du Surmoi dépend dans les deux sexes du dépôt dans la conscience de l’enfant de cette conscience morale qui est d’abord incarnée par le père". L’enfant attribue alors au père les prohibitions, les interdits, les obligations, les ordres...
Duché montre que l’enfant attend effectivement l’autorité de son père, mais que celle-ci ne doit pas se manifester sous forme d’autoritarisme, de despotisme ou de tyrannie. L’autorité exercée par le père dépend également des relations existantes entre les parents. " Une relation affective satisfaisante entre les deux parents constitue le plus sûr garant de l’autorité paternelle" (Porot).

- Le père comme modèle identificatoire
L’identification est un mécanisme psychologique inconscient par lequel un individu modèle sa conduite afin de ressembler à une autre personne. En effet, comme le souligne Widlöcher la fonction paternelle ne se résume pas à cette fonction d’autorité et à la constitution d’un Surmoi. Le père est également le représentant du sexe masculin dans la "constellation familiale".

Il guide l’orientation sexuelle des enfants. L’enfant se définit sexuellement par son sexe biologique d’une part et par sa place, sa position par rapport au parent de sexe opposé. L’enfant se définit donc par opposition au parent du sexe opposé et par identification au parent du même sexe.

Dans la situation oedipienne, l’identification du garçon au père se fait directement, le père occupe à la fois une position de modèle mais également de rival par rapport à la mère. Selon Porot, le père doit offrir un image d’identification suffisamment valable à son fils pour que celui-ci puisse parvenir à l’acceptation totale de la virilité, symbolisée par le père. D’autre part, la fonction de rival qu’exerce le père dans la situation oedipienne, permet à l’enfant d’acquérir une certaine confiance en lui et ainsi, d’obtenir une préparation aux compétitions sociales futures. La fille, elle, s’identifie indirectement au père; en effet, la fonction paternelle chez la fille consiste à lui faire découvrir le rôle complémentaire de la mère, celui de femme et ainsi, assurer l’acquisition d’un modèle de féminité.

Nous sommes ainsi en mesure d’affirmer que la fonction paternelle agit sur la constitution de la personnalité de l’enfant. Elle intervient au niveau du développement affectif en assurant les possibilités d’autonomie et d’indépendance, nécessaires à une vie affective équilibrée (grâce à la fonction de séparation), et en assurant la confiance en soi permettant de faire face aux diverses compétitions sociales (grâce à la fonction d’identification). Elle intervient également au niveau de l’organisation de la personnalité, dans la mesure où elle permet la constitution d’un surmoi stable à travers la fonction d’autorité.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

lien invalide le texte

La réelle fonction du père

Par Yvon Dallaire, psychologue

(Résumé tiré de Homme et fier de l’être
publié aux Éditions Option Santé (Québec, Canada) en 2001)


(Note historique : La première fête des pères fut célébrée à Spokane (État de Washington) le 19 juin 1910. C'est Sonora Smart Dodd, élevée ainsi que ses cinq frères et soeurs par son père Henry Jackson Smart suite à la mort de leur mère, qui en eut l'idée. L'idée d'une fête nationale et annuelle des pères fit son chemin, mais ce n'est qu'en 1966 qu'elle devint officielle aux États-Unis. La France la célèbre depuis 1968. J'ignore en quelle année eut lieue la première fête des pères au Québec, en Belgique et en Suisse. Quelqu'un(e) le sait ? Pour la majorité des pays, elle se tient le 3e dimanche de juin, mais le 19 mars, fête de St-Joseph, en Italie, en Espagne et au Portugal. Au Luxembourg, elle a lieu le 3 octobre. La première fête des mères remonte à la Grèce antique. La France a inauguré le premier dimanche de mars une fête des grands-mères depuis 1987.)


Dans un contexte social où de plus en plus de pères veulent s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants, il serait peut-être bon de se poser la question : « En quoi consiste réellement la fonction paternelle ? » En quoi sa fonction est-elle complémentaire, et non similaire, à la fonction maternelle ? Quelle est la mission réelle du père ? Voici quelques éléments de réflexion que j’ai glanés au cours de mes lectures et de ma vie de père et qui m’ont servi à écrire le chapitre « Un père, pour quoi faire ? »

Il existe une différence fondamentale entre rôle sexuel et fonction sexuelle. En résumé, le rôle désigne des comportements, des actes ou des attitudes conscientes, volontaires, concrètes, interchangeables et relatifs comme les tâches ménagères ou de pourvoyeurs. Ces rôles évoluent au gré du temps et des modes et peuvent être indifféremment remplis par la mère ou le père (identité de genre). La fonction est à l’inverse des rôles car celle-ci est inconsciente, psychologique (non volontaire), unique, spécifique et absolue (identité sexuée). Aucune mère, malgré sa bonne volonté, ne peut remplir la fonction paternelle ; elle ne peut remplir que « sa » fonction maternelle. Et vice versa !

La fonction maternelle est d’abord une fonction de matrice, de source nourricière, d’enveloppe, de réceptacle de vie, de rétention. La bonne mère représente l’abri, la sécurité, la protection, la chaleur, l’affection, la fusion, la compréhension… La mère représente l’amour. La fonction du père en est une de séparation, d’expulsion du sein maternel, de distinction, de différenciation. Le bon père doit éduquer ses enfants dans le sens étymologique du mot « educare » : faire sortir, tirer dehors, conduire au-dehors avec soin, montrer le chemin.

La fonction du père est de séparer l’enfant de la mère. Il doit s’interposer entre la mère et l’enfant pour permettre à l’enfant de développer son identité en dehors de la symbiose maternelle et rappeler à la mère qu’elle est aussi une femme, une amante, un être de plaisir, non seulement un être de devoir généreux. Si la mère représente l’amour fusionnel, le père représente les limites, les frontières, la séparation psychologique.

L’enfant a besoin de sentir toute l’attention de la mère pour découvrir sa puissance. Mais il a aussi besoin des interdits de son père pour connaître ses limites et apprendre à faire attention aux autres. L’enfant apprend, par sa mère, qu’il est au centre de l’univers, de son univers ; il doit apprendre, par son père, qu’il existe d’autres univers avec lesquels il devra collaborer pour survivre et s’épanouir. L’enfant doit apprendre à se situer à mi-chemin entre l’attitude du chat et du chien. Le chat se croit le maître en voyant tout ce que son « esclave » fait pour lui, alors que le chien perçoit son propriétaire comme son maître parce qu’il est capable de tout faire pour lui.

D’après les psychologues, la fonction paternelle se manifeste dans cinq secteurs précis :

1. La protection. Auparavant, grâce à sa force physique, cette protection était surtout limitée aux dangers physiques extérieurs : l’homme des cavernes devait protéger les siens de prédateurs de toutes sortes. L’homme du XXIe siècle sera de plus en plus appelé à assurer, en plus, une sécurité émotive non seulement pour ses enfants, mais aussi pour sa femme (c’est d’ailleurs là l’une des principales demandes de la femme moderne). Sa femme et ses enfants veulent pouvoir compter sur lui. Pour ce faire, il doit évidemment être présent, physiquement et psychologiquement, et être valorisé dans cette fonction.

2. L’éducation. Le père doit faciliter à ses enfants l’apprentissage du contrôle de soi ; il doit leur apprendre à renoncer à la satisfaction immédiate de ses besoins et désirs ; il doit leur apprendre la patience. Il doit surtout les aider à canaliser leur agressivité vers une expression positive et constructive de celle-ci. Il est évident que, ce faisant, il apprend lui aussi à mieux gérer ses propres besoins et sa propre agressivité. Mais n’est-ce pas en enseignant qu’on apprend à enseigner ?

3. L’initiation. Le père a aussi comme fonction d’humaniser l’enfant à la frustration et au manque afin de pouvoir l’intégrer dans le monde adulte et le monde social, comme cela se fait dans les rituels initiatiques des tribus dites « primitives ». Le père initie l’enfant aux règles de la société, sinon aucune vie sociale n’est possible. La démission du père à ce niveau, ou son exclusion, est probablement en grande partie responsable de l’augmentation croissante de la délinquance juvénile. Les enfants deviennent délinquants parce qu’ils continuent de croire que tout leur est dû et que les autres sont à leur service (comme l’était maman).

4. La séparation. La femme moderne demande à l’homme de l’accompagner dans toutes les étapes de la grossesse, de l’accouchement et des soins de l’enfant et je crois que cet accompagnement constitue une excellente façon de développer le sens de la paternité. Mais, j’insiste pour réaffirmer que la fonction du père est de séparer l’enfant de la mère et la mère de l’enfant et non pas de former une « sainte trinité » où chacun perd son identité. Ainsi, le père permet la survie et l’épanouissement de l’enfant ; ainsi, l’homme permet la survie et l’épanouissement de la femme qui existe dans la mère.

5. La filiation. Peu importe le nom de famille donné à l’enfant, celui-ci a besoin de savoir qu’il a un père et qui est ce père. Il a aussi besoin de savoir qu’il s’inscrit dans une lignée qui possède une histoire. Il a besoin de se sentir relié à l’humanité, qu’il fait partie de la grande famille humaine. Traditionnellement, la filiation était patrilinéaire ; elle assurait au père qu’il avait un fils ou une fille et elle assurait à l’enfant, fille ou fils, qu’il avait bien un père, ce père.

La maternité ne fait pas de doute : la mère sait que c’est « son » enfant parce qu’elle l’a porté. La paternité, elle, doit parfois être prouvée et c’est la raison principale pour laquelle, ne l’oublions pas, la filiation patrilinéaire et la monogamie se sont développées. L’homme peut ainsi être assuré qu’il est vraiment le père de ses enfants et qu’il peut consacrer ses ressources, sa force de travail et son affection à leur survie et leur développement. C’est une attitude extrêmement paranoïde de croire que les hommes ont inventé ces institutions pour asservir les femmes. Ils l’ont fait pour protéger leurs droits, leur paternité, ce qui m’apparaît un mobile tout à fait légitime. Sinon, l’homme serait encore plus esclave de la femme en ce sens que sa fonction serait réduite à son rôle de pourvoyeur : améliorer les conditions de vie de n’importe quel enfant et il devrait probablement prendre en charge de nombreux enfants qui ne sont pas les siens. D’ailleurs, diverses études rapportent qu’actuellement de 2 à 8 % des enfants sont élevés par un père qui n’est pas le leur et ce, à l’insu du père.

Déjà, en juillet 1966, Margaret Mead proposait dans un article de Redbook le mariage en deux étapes. La première consistait en un lien légal sans véritable engagement et sans conséquences advenant un divorce : le mariage individuel ou amoureux. La deuxième étape légalisait la relation à long terme avec des garanties concernant les enfants en cas de divorce : le mariage parental. Ce mariage unirait les co-parents à vie. La première étape a donné naissance au foisonnement des unions libres des années 70 et 80. Mais la deuxième étape n’a jamais pris forme. Les enfants n’ont aucune garantie que leurs droits seront respectés dans le cas de divorce. Les mariages basés sur le sentimentalisme, le non-engagement et l’absence de sens pratique responsable deviennent évidemment explosifs et traumatisants pour toutes les parties en cause au moment du divorce, et les enfants sont souvent l’enjeu des disputes entre ex-amants.

Les alternatives du père
Devant la situation actuelle, l’homme devenu père se trouve face à une alternative que l’on peut présenter de différentes façons :
1. Il délègue toutes ses responsabilités à la mère et lui laisse tout le pouvoir ou bien il s’approprie la partie du pouvoir qui lui revient et fait partie intégrante du triangle familial.
2. Il reste le pourvoyeur de nourriture qu’il a été depuis le début de l’humanité ou bien il s’implique en plus au plan relationnel et émotif pour éviter d’être le père manquant à l’origine des enfants manqués (Guy Corneau) parce qu’ils ont eu trop de mère et pas assez de père.
3. Il démissionne et ne sert que d’épouvantail au service de la mère (bonhomme 7 heures ou père fouettard) ou bien il se tient debout et se « bat » pour remplir sa fonction de père.
Comme l’a si bien fait ressortir le sociologue québécois Germain Dulac (La configuration du champ de la paternité : politiques, acteurs et enjeux, in Lien social et politique, no 37, printemps-été 1997), les études faites sur la paternité l’ont été autour des quatre paradigmes négatifs suivants : la passivité, l’absence, la violence et l’abus. On s’est plutôt penché sur les conséquences de l’absence ou de la passivité du père et sur les effets négatifs des abus de pouvoir paternels plutôt que de chercher à étudier la paternité pour elle-même, ses caractéristiques intrinsèques, ses apports à l’éducation et l’évolution des enfants ou les façons de mieux l’exercer.

Il serait temps que le discours des pères – et partant celui des hommes – soit enfin entendu pour ce qu’il est : une réelle volonté de participer à l’éducation des enfants et à l’évolution de l’humanité.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

@Hommelibre

Si c'est la mère Nature qui a donné fonction à la femelle humaine de porter les petits, et en cela d'éliminer le père (inconnu)(je me base sur le début de votre texte), à quel moment et selon quel biais évolutionniste la nature aurait changé de cap pour que le père acquiert une fonction soi-disant indispensable de rompre le prétendu lien fusionnel mère-enfant?

Écrit par : libre | 15 mai 2013

lien invalide texte

Qu’est ce que les enfants attendent de leurs parents ?
Nathalie Goutard et Caroline Lioret

Partant du constat :
• Du travail des femmes : 75% des femmes travaillent en raison d'une situation due au chômage, à l’instabilité de l’emploi et de la vie affective, ainsi qu’à leur désir personnel
• De l’éloignement des parents, donc de l’absence de la transmission des savoir-faire et du manque d’entraide
• Du divorce très répandu et du nombre très important de foyers monoparentaux
• De la forme d’enfermement que représentent les nouvelles technologies : TV, Internet, jeux vidéo qui font obstacle à la communication familiale
La mission éducative des parents n’est pas facilitée
Et pourtant,
Les naissances souvent différées pour raison professionnelle et souvent attendues avec difficulté font l’objet d’une focalisation extrême.
La bonne volonté des parents est manifeste, mais les parents connaissent-ils vraiment les besoins spécifiques de l’enfant ?
I - Respect et protection de son intégrité physique
« Tout ce que l’on fait à l’enfant est une marque dans la cire chaude »
• les parents doivent se montrer naturels et prudents pour tout ce qui concerne les soins à l’enfant. Les gestes ne sont pas anodins qui régissent le sevrage, la toilette, une promiscuité avec les parents souvent gênante pour les enfants (salle de bains, lit commun)
• Une bonne connaissance des besoins physiques de l’enfant permet un développement plus harmonieux :
o Sommeil (presque tous les enfants manquent de sommeil) Si l'enfant est grognon,de mauvaise humeur,pensez d'abord qu'il est fatigué.
o Calme (attention aux jeux vidéo, à la TV tout le temps). Tous les maitres constatent que leurs éléves sont fatigués,en particulier le lundi.
o Temps de détente indispensable au retour de l’école (45 mn au moins)
Ces 3 besoins participent au bon fonctionnement du système nerveux.
• Equilibre diététique : 16% des enfants ont des problèmes de poids. Lutter contre le grignotage, les boissons sucrées,prévoir les repas à heures régulières et dans le calme. La nourriture doit être variée et équilibrée. Cf le livre "Enfants en surpoids" de Fl. Awold-Richez. Coll. Marabout
• Attention aux signes de malaise : fatigue, fièvre, tristesse, nervosité
• Vigilance extrême face aux adultes en contact avec les enfants, confiance dans la parole de l’enfant, décryptage des gestes, dessins....
• Droit de vivre et de grandir à son rythme:
pas de surchauffe scolaire
pas trop d’activités qui sont souvent la bonne conscience des parents
le laisser jouer et même s’ennuyer
• Protection contre les dangers de la rue : racket, drogue, mauvaises rencontres. Surveiller les horaires. L’enfant doit se sentir attendu.
SUGGESTIONS:
• Pouvoir être là au bon moment, c'est à dire souvent.
• Prévoir un temps consacré à l’enfant, même différé mais prévu pendant lequel il pourra s’exprimer.
• L’accepter tel qu’il est : lent, nerveux, rêveur, angoissé..
• Dans la mesure du possible, n’imposez pas à votre enfant votre rythme. Il ne doit pas vivre dans le stress et dans l’urgence.
II - Respecter son intégrité morale
L’environnement de l’enfant devrait lui être favorable.
• La violence sous toute ses formes (école, médias, racket, parents trop nerveux) est une nuisance morale intolérable
• La pornographie, la drogue, omniprésentes sont des injures à l’enfance. Ne volons pas l’enfance de nos enfants, si rapide et qui prépare la structure de l’adolescent puis de l’adulte
• Le divorce de ses parents est toujours un malheur pour l’enfant. L’aider par une attitude responsable en le tenant éloigné des disputes et tout faire pour qu’il y ait des contacts réguliers et suivis avec ses deux parents (sauf circonstances pouvant être dommageables pour l’enfant), l’écouter pour l’organisation de sa vie.
III - Exercer une autorité réelle
Il l'attend de vous pour se sentir sécurisé. Il a besoin qu’on lui fixe clairement les interdits et les limites et que l’on s’y tienne. De l’attitude des parents, dépendra
• la crédibilité des adultes,
• la mise en place de normes éducatives de son milieu.
L’autorité ne signifie pas rigidité.
L’autorité ne s’exerce que dans le calme. La proximité parents – enfants conduit plus à la camaraderie qu’au rappel des règles et des limites. Le peu de temps dont disposent les parents n’incite pas à jouer les pères fouettards.
Les pères, au contact plus proche de la petite enfance répugnent à endosser le rôle de l’autorité en cas de conflit.
Les mères qui travaillent ont peu de temps et n’ont pas envie d’être dépossédées de leur rôle traditionnel de tendresse.
Ne laissez pas à d’autres cet exercice de l’autorité essentiel dans l’éducation. Si nécessaire, en cas de vraie difficulté choisissez un adulte relais: parrain, grands parents, professeur ou même internat.
En conclusion: Il n'y a pas d'éducateur irréprochable
Il n'y a pas d'enfant parfait
Mais connaître les besoins de son enfant c'est savoir mieux l'aimer.
________________________________________
Comment concilier autorité et apprentissage de la liberté
Notre vœu le plus cher de parents, est de rendre heureux nos enfants. Cette tâche n'est pas aisée.
EDUQUER - du latin exducere "conduire hors de" : conduire l'enfant au delà de l'enfance. C'est apprendre à l'enfant à conduire lui-même sa vie.
ELEVER : mouvement vers le haut.
Apprentissage de la LIBERTE : la capacité à choisir nous permet devenir responsable et maître de nos choix.
AUTORITE - du latin auctor "celui qui augmente, qui fait grandir"
Il n'y a pas de bonheur possible s'il n'y a pas d'AMOUR.
1 - AMOUR : L'Amour, au même titre que le lait, est un besoin absolu et fondamental pour l'enfant. Il doit être aimé et se sentir aimé. Toute éducation a pour but l'amour. Chaque fois que nous manquons d'amour, nous sommes blessés. Quand nous souffrons, nous avons des comportements qui manquent d'amour. Aimer, c'est vouloir le bien de celui que l'on aime, c'est donc une décision de volonté. L'amour est inconditionnel et gratuit : ce n'est donc pas faire plaisir à son enfant, mais faire ce qui est bon pour lui. Les signes d'amour sont très importants et l'enfant attend des marques de tendresse (caresses, baisers, encouragements, félicitations), marques d'attention, simples et permanents.
Les enfants ont besoin que l'on passe du temps avec eux : "les plus humbles choses faites ensemble raccrochent les cœurs" (cf. Martini) , tels que fêtes et repas seuls. "Communiquer en famille" avec les parents. Dire et redire aux enfants qu'on les aime inconditionnellement. La personne est différente des actes. Les enfants ont un énorme besoin d'être rassurés sur notre amour. Ils sont totalement dépendants de nous et ont besoin d'être rassurés. Plus l'enfant est petit, plus il faut comprendre que son comportement peut être différent du nôtre : attention aux fausses interprétations.
Le corollaire de l'amour, c'est la CONFIANCE de l'enfant dans l'adulte et vice versa. Il faut cependant faire attention à la BONNE DISTANCE, l'amour est différent de la fusion. C'est au père que revient le rôle de "défusionner" l'enfant et la mère.
Le père doit donner des REGLES et des LIMITES (cf. "Debout les Pères"). Il faut que la mère désigne le père à l'enfant. L'enfant se construit à l'aide de poteaux indicateurs et d'interdits. Cela le sécurise.
Le premier signe de l'amour est l'immense RESPECT (cf. Pascal). Le respect empêche la violence. Ne pas traiter l'autre comme un objet. Il faut veiller aux petits détails tels que "merci" ou "s'il te plait" : ce sont des signes de reconnaissance. L'autre n'est pas transparent.
Le PARDON, demandé et reçu peut faire des miracles.
2 - COMMUNIQUER Communiquer n'est pas demander une information. Une véritable communication se fait niveau du RESSENTI et du SENTIMENT, en particulier pour les peurs. Sinon, apparition de troubles tels que l'énurésie ou l'insomnie… Il faut apprendre aux enfants à dire leurs sentiments (cf. Isabelle Filliozat "Au cœur des émotions de l'enfant" - coll. Marabout). Une sensation n'est ni bonne ni mauvaise : elle est agréable ou désagréable. Ce qui n'est pas bon parfois, c'est la réaction à la sensation.
3 - GESTION de la FRUSTRATION Pour sortir un enfant de son immaturité, un minimum de frustration est nécessaire (exemple du verre à demi vide). Il faut apprendre à se réjouir de ce que l'on a. Apprendre à donner, à sortir de son égocentrisme. Pour apprendre à conduire ses forces de vie vers l'amour, on dispose de moteurs : les désirs et les envies. Il faut apprendre à l'enfant à attendre. Un désir c'est une force IT qui dépend du conducteur. Le volant est notre intelligence. Il est important de distinguer "désirer" de "vouloir".
Le DESIR est la FORCE, la VOLONTE est notre CHOIX. Conférence donnée par Bernadette Lemoine - Psychologue le 20 décembre 2001
Pour nos enfants, on peut leur proposer de grandir. Il faut considérer nos désirs (exemple : rester au lit) et choisir de FAIRE AVEC, avec pour conséquence une unité et donc davantage de force. Ainsi, je me lève avec mes forces fatiguées. Je "fais avec" et non pas "contre" (vouloir ce que l'on fait). Quand on n'a pas réorienté nos désirs (nos forces) on est dans la frustration, dans la contrainte et non pas dans la liberté intérieure, d'où risque d'explosion et de dépression. Trois étapes :
1) j'accueille le désir, ma sensation
2) Je regarde dans la direction de mon but
3) Je choisis ce que j'ai décidé, en utilisant mes forces. Ainsi, je deviens mon propre chef : je ne suis pas mené par mes désirs et j'agis avec intelligence.

Pour aider les enfants à conduire leur vie. Aux enfants :
1) Je regarde ce qui se passe en lui. Je le rejoins dans ce qu'il fait. "Je suppose que tu as envie de continuer".
2) Je montre le but : "pour que la soirée se passe bien, il serait bien que…."
3) "Est-ce que tu veux bien" en utilisant tes forces au service de la demande.
4) Féliciter si nécessaire. L'important c'est de rendre l'enfant libre. Il faut lui LAISSER la POSSIBILITE de CHOISIR.
Il faut former des êtres libres, capables de faire des choix.
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La mère au centre de la communication familiale : quelques pistes d'action
Résumé du PETIT DEJEUNER-DEBAT organisé par le MMMF
avec le concours d'animatrices de "Ressources famille"
Quelques exemples de pistes d’action possibles pour :
- créer des moments privilégiés
- Gérer les conflits
- Prendre le temps d’écouter les enfants
- savoir se taire quand il faut
Créer des moments privilégiés
1. J’organise des moments tous ensemble : une partie de tennis, un cinéma… et j’en fais des moments festifs différents de la semaine. Ce sont des petits bonheurs que je crée. Quels bénéfices j’en tire ? la joie d’être ensemble. Pour cela, il me faut être organisée et être à l’écoute des désirs de chacun
2. Je crée des moments privilégiés avec ma seconde fille : je me pose dans une activité que je lui propose, par exemple, préparer un repas avec moi
3. L’été, je fais un feu de bois et je joue avec les enfants par terre ; « je me mets à la place des enfants »
4. Je prépare pour ma fille un plateau apéritif et elle peut manger ce qu’elle veut, dans l’ordre qu’elle veut : création d’une complicité ; nécessité d’être créative
5. Tous les soirs je fais un puzzle ( ou un jeu de dames ) avec ma fille durant 10 à 15 minutes : « Maman est là pour elle »
6. J’ai fait un album photo par enfant avec l’histoire des photos et des films : comme çà, non seulement je leur dit que je les aime mais aussi, je leur montre que je les aime. Je peux leur montrer des photos d’eux où tout petits, ils sont dans mes bras serrés contre mon cœur. Après le dîner, j’organise une soirée photo où chacun commente et rit. Je n’interviens pas, je laisse faire et même, je filme leurs réactions.

Gérer les conflits
1. Ma fille unique est jalouse de ma complicité avec mon mari : dans une petite pièce sans destination précise, autre que la chambre ou le salon, nous nous asseyons par terre tous les trois et nous jouons par terre avec le lapin ; l’idée est de lui montrer notre envie d’être spécifiquement avec elle, pour qu’elle comprenne qu’il y a des moments pour elle et d’autres pour nous sans elle.
2. En cas de dispute entre les enfants, je n’interviens pas sur les lieux de la dispute ; si un enfant vient me voir, je l’écoute, je reste avec lui sans prendre parti : cela calme le jeu.
3. J’ai instauré le triptyque de l’autorité : Niveau 1 : une règle est annoncée comme devant être appliquée sans discussion (pas de télé en semaine) Niveau 2 : j’ai une idée, tu as une idée, nous échangeons pour établir un consensus qui sera respecté par les deux parties Niveau 3 : regroupe leur liberté, leur domaine, leur jardin secret et je le respecte( quand le travail de clase est fini, c’est leur temps à eux pour lire, dessiner…
4. Pour éviter les discussions sans fin à la suite d’un jeu, je démarre le jeu en annonçant dès le départ les conditions : durée…, ex : 15 minutes maximum

Prendre le temps d’écouter
1 Je travaille à la maison : je ne décroche plus le téléphone à table, je ferme à clé mon bureau, je fais chaque soir un jeu de dames de 10 minutes avec mon petit dernier ; j’essaie de mettre en œuvre ma disponibilité.

2 Je suis très prise par mes activités professionnelles et j’ai besoin d’avoir une vie sociale et personnelle bien remplie mais je sais que ma fille a besoin de plus de présence effective : j’organise mon emploi du temps différemment, par exemple, en partant plus tôt le matin (8h30 au lieu de 9h30) ou en réorganisant mon temps à l’heure du déjeuner ; je pourrais ainsi dégager du temps pour rentrer plus tôt le soir.

3 Lorsque j’étais enceinte, j’ai dû rester coucher pendant ma grossesse : allongée sur mon lit, chaque enfant venait me rejoindre ; j’ai gardé l’idée : je m’allonge exprès dans ma chambre et chacun vient pour parler ou travailler. ; je me mets à l’écart de la vie de famille 15 à 30 minutes 1 à 2 fois par semaine. Je montre ma disponibilité avec une phrase clé : « je suis dans ma chambre » ; but : inciter chacun à s’exprimer.

4 Après le goûter, je prends le temps d’écouter : je suis assise et je les écoute. Ils savent que ces moments sont pour eux et je ne me donne pas l’autorisation d’être dérangée.

5 J’ai inventé « l’île aux câlins ». Le soir, j’écoute mon enfant quelle que soit l’heure à laquelle je rentre. Dès que j’arrive, je prépare l’île aux c^lins : au milieu de mon lit, il installe tous les coussins de la maison, c’est notre île. Alors quand c’est prêt, j’arrête de faire ce que j’étais en train de faire et je l’écoute en le regardant, je reprends ses mots, j’attends qu’il parle sans l’inonder de questions, je réponds à ses questions.(J’ai ma source de renseignements : la nounou et la maîtresse ).

6 Quand j’écoute mon enfant, je suis vraiment présente dans mon corps et dans ma tête.
Savoir se taire
1 Lorsque je fais des conduites, dans la voiture, je me tais, je laisse venir les confidences.

2 Lorsqu’un des enfants vient s’asseoir auprès de moi, je lui laisse l’initiative du contact physique. Savoir être bien ensemble sans parler.

3 Quand je fais une activité avec un enfant, par exemple aller à la bibliothèque, je ne lui imprime pas mon rythme ou ma logique ; je suis d’abord son rythme, son chemin dans la bibliothèque, je suis sa logique à lui. Ce n’est pas moi qui suis meneur, c’est lui.

4 Quand ma fille ne veut pas aller à la messe, je ne me justifie pas, je ne sermonne ps, je rappelle les règles sans rien ajouter.

5 Savoir être réellement disponible, c'est s'arrêter et non pas "avoir l'air de".
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Comment aider nos enfants à grandir ?
Pistes de Réflexion à poursuivre...
Voici une liste, non exhaustive, d'attitudes éducatives que l'on peut avoir ou ne pas avoir... Il peut être intéressant de se situer par rapport à ces attitudes (est-ce que je pense que cette attitude est bonne pour mon enfant ? est-ce que j'adopte ou essaye d'adopter cette attitude ? si non, pourquoi ? quels sont les freins que m'en empêchent ? puis-je les corriger ? comment ?...)
L'importance des toutes premières années
Se rappeler que chaque enfant est unique
Etre attentif aux désirs, aux besoins de l'enfant
Se corriger : l'enfant imite ce qu'il nous voit faire
Etre patient : ne pas tirer sur la carotte pour la faire pousser plus vite... respecter son rythme
Qu'il y ait entre nous, parents, une conception assez proche en éducation... pas divergente... pas trop semblable non plus
Savoir que nos enfants ne sont pas que nos enfants, mais aussi les enfants d'une société, d'une époque
Avoir confiance en son enfant, pour qu'il l'ait en lui
Apprendre à relativiser les problèmes
Prendre le temps de "dire" en famille
Donner, mais aussi recevoir
Leur dire leurs qualités
Savoir dire non
Prendre son temps... ne pas être toujours "speedés"
L'écouter, l'écouter, l'écouter...
Avoir des principes, mais faire ce que l'on peut
S'en tenir à la décision prise
Ne pas avoir peur de répéter toujours la même chose
Savoir s'adapter et se remettre en cause
Contrôler nos préférences, et celles de notre enfant
Accueillir leurs amis à la maison
Accepter qu'ils ne soient pas de notre avis
Savoir reconnaître nos erreurs
Leur apprendre que l'on a pas tout, tout de suite
Leur apprendre à donner et à se donner
Ne pas les abreuver de conseils...
Souligner leurs talents, leurs qualités
Jouer aver eux
Les faire participer aux décisions familiales
Connaître le pourquoi de nos exigences
"Adopter" ses propres enfants
Etre en harmonie et en cohérence avec nous-mêmes
Savoir donner une bonne fessée
Faire confiance à son intuition profonde
Leur expliquer son ressenti
Les laisser exploser de temps en temps
Bien expliquer le pourquoi de nos choix
Avoir de l'humour et créer une atmosphère joyeuse et sereine
Bénédicte Lucereau, mère de famille - Association Générale des Familles de Sèvres -
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Père et mère : les rôles sont-ils interchangeables ?
Conférence donnée par Philippe Vaur
( responsable d'un service psychiatrique, coach d'entreprise )
1 - L'origine d'une famille, c'est un couple et non pas des parents. Deux êtres.
Le concept de père et mère arrive bien après. - La mère est mère par son corps : auto-proclamation. La mère est montrée par l'enfant. - Le père est nominé par la mère.
Un couple : tentative d'histoire entre huit personnes : le mari, l'amant, le père, le papa / la femme, l'amante, la mère, la maman.
L'époux et l'amant créent le couple.
Maman et papa : représentation de la compassion
Mère et Père : représentants de la loi : éducation. Parfois, il y a contradiction entre père et papa.
Le père et la mère sont les représentants de la loi tribale familiale.
La famille n'est pas le terrain d'exercice de la cohabitation. Sinon, les enfants vont nécessairement souffrir (cf. Socrate - "Les couples qui durent dans le temps éliminent la cohabitation).
La famille est différente de l'aventure.
Rôle des fiançailles : c'est un temps pour savoir si l'on peut créer une loi familiale : art de créer une histoire et une loi familiale. La grande difficulté, c'est de créer une histoire.
L'éducation dépend de la qualité de l'histoire familiale. Trois points clés : 1) Quelles sont nos coutumes 2) Quels sont nos interdits 3) Quels sont nos possibles

Deux personnes qui commencent à s'aimer passent 57 minutes par jour à se parler.
Un couple marié passe moins de 7 minutes par jour à se parler.
Après 7 ans de mariage, moins de 3 % des couples passent des vacances en couple.

Pour être père et mère, il faut prendre du temps pour s'occuper de son couple. Le grand drame de notre époque : plus la technologie s'améliore, plus nos agendas son pris. On peut parler de père et de mère, si préalablement il y a une qualité du couple.
Les enfants sont plus sensibles à la justesse du couple de leurs parents qu'à ce que disent les parents. Les enfants vont être les thermomètres du couple.
2 - Pour qu'une mère soit totalement mère, il faut qu'elle ait un adjoint
et celui-ci passe plus de temps à soutenir la mère qu'à éduquer les enfants. Le premier rôle du père est d'être époux. Il ne faut pas que la mère demande trop au père.
Le rôle du père est de soulager le rôle de la mère tout en étant le dépositaire de la loi familiale (par exemple : le département des Yvelines est le champion des décès par drogue. Deux raisons sont invoquées : l'inquiétude des enfants sur le couple de leur parents et leur culpabilité vis-à-vis du couple de leurs parents qui se défait).
Pour que la maman soit disponible, il faut que la mère ne soit pas débordée (cf. le rôle autrefois des bonnes-mamans et des grand-mamans).
3 - Non les rôles ne sont pas interchangeables :
la mère doit être l'avocate des enfants, le père doit être le représentant des lois. C'est plus difficile aujourd'hui, comme tous les 100/150 ans quand la loi n'est pas représentée via les institutions (l'église, la justice, la politique).
Or aujourd'hui il y a peu de respect. Ainsi le rôle du père est en contradiction avec ce que vit l'enfant. Depuis une trentaine d'années, les trois institutions (l'église, la justice, la politique) ne respectent plus la loi.
Le père doit être arbitre, ce qui est un rôle difficile.
Nous sommes issus d'un monde rural, mais de nos jours, moins de 20 % de la population vit effectivement à la campagne, d'où la rupture entre les générations. On voit de moins en moins ses grands parents.
Le rôle du père est donc majeur.
La mère a un rôle capital : écouter et dire ce qu'elle a compris. Le problème est de savoir quand il faut écouter. La mère a un rôle de confidente, elle doit garder secret ce qu'elle a entendu. Elle a un lien individualiste. L'enfant a de plus en plus besoin d'une personne à qui se confier.
La mère a moins besoin de parler au père, que l'époux à son épouse. Quand le père rentre le soir : devine qui vient dîner : c'est le père ou l'époux qui rentre ?
L'art d'éduquer les enfants à l'amour : qui est l'autre et qu'attend-il ? C'est la mère qui peut donner la définition de l'amour. Est-ce que l'autre arrive à deviner ce que j'attends ?
Les parents de l'amour sont l'humour et la contemplation. Le risque chez les jeunes, c'est de manquer d'humour qui est remplacé par le jugement définitif. D'où une difficulté à se mettre à distance. L'une des grandes fonctions du père c'est d'être distributeur d'humour : apprendre à un enfant à parler au deuxième degré. Problème pour le père qui n'a plus de temps. "Pour qu'un homme soit complet, il faut qu'il réussisse sa vie sociale, sa vie d'homme et sa sagesse (cf. Socrate) et qu'aucune ne vienne manger les deux autres".
Pour être père et mère il faut :
- investir dans le couple
- prendre le temps, de temps en temps, de congés de parents
- offrir de l'humour pour que la loi puisse être comprise. Le sens de la blague doit venir des grands-parents. L'humour a pour force majeure de dédramatiser la mort. C'est bien parce que l'on manque d'humour que les écoles sont violentes. L'humour ça commence par rire de soi.

L'homme a besoin de désirer pour savoir s'il aime. La femme a besoin d'aimer pour savoir qu'elle désire.
Le rôle de la mère / maman est plus permanent. Le rôle du père / papa est plus intermittent.
Veuf : l'absent n'est pas parti : idéalisé.
Divorcé : l'absent n'est pas idéalisé.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

suite

http://www.lien-social.com/spip.php?article251&id_groupe=5

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

@Leclercq:citation de votre dernier post....:

""C'est bien parce que l'on manque d'humour que les écoles sont violentes"

Alors là ,je suis bien aise de savoir enfin pourquoi les écoles sont (paraît-il)violentes.

Heu, à part copier-coller, vous lisez parfois aussi ce que vous mettez???

Écrit par : libre | 15 mai 2013

un conseil libre lis un peu comme ça tu sortira peut êztre de ta bulle.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

lien invalide le texte

Peut-il y avoir un nouveau rôle du père dans le monde de
demain?
Aldo Naouri
Communication au congrès : The child in the world of tomorrow: the next generation
Foundation for Research in Childhood "Spyros Doxiadis" and The Spastics Society
Athens (Greece)
2-5 Juin 1994.
Résumé: Pour aménager le rôle du père, en fonction des nouvelles donnes de nos sociétés, on ne peut pas
faire autrement que d'examiner en détail ce qui le fonde: la fonction qu'il exerce apparaît comme
clairement définie par la place qu'il lui incombe d'occuper entre la mère et à l'enfant. On découvre alors
que cette fonction prend son origine dans un texte inconscient dont la moindre retouche produit la
dénaturation. Le tissu social, malgré la générosité de ses dispositions, ne pourrait donc retirer de
l'initiative qu'il chercherait à prendre en la matière que des inconvénients.
Introduction
Peut-il y avoir un nouveau rôle du père dans le monde de demain? En voilà une
question!
En vérité elle n'est pas nouvelle: elle s'est posée toutes les fois que l'Histoire,
dont on sait combien elle bégaye, a connu des crises de société ou de civilisation. Elle
semble redevable, aujourd'hui, aux progrès de la science et de la technique qui ont
bouleversé notre paysage social au point de laisser croire que rien ne pouvait échapper à
leur emprise — pas même ce rôle du père qui connaît, depuis quelques décennies déjà,
une incontestable éclipse.
Devons-nous pour autant entériner le fait et procéder sans tarder à des funérailles
officielles? Enterrer cette instance à laquelle, grâce aux paillettes des banques de
sperme, chacun est prêt à conférer un statut de vestige? Je pense que quantités de forces,
y compris celles qui se disent de progrès, militeraient en ce sens, sous prétexte qu'à
vouloir ressusciter un moribond on s'expose immanquablement à des déconvenues.
Je vous avoue que j'ai choisi pour ma part de marquer le pas. De contourner la
question. De mesurer au moins l'étendue de la perte. J'ai pensé que la nostalgie que je
parviendrai à susciter peut-être, faute de réveiller les consciences, aura toujours par ses
accents valeur d'oraison funèbre.
Vous avez bien sûr compris l'opinion que personnellement je soutiens: on ne
peut, sauf à le faire disparaître de la scène familiale et assumer les dommages de sa
disparition, modifier de quelque façon que ce soit, le rôle du père.
J'entends le démontrer.
2
Mais pour éviter toute méprise, Je dirai d'abord quelques mots de cette notion,
courante mais par trop approximative, de rôle.
Définition du mot rôle.
Le mot nous est fourni par le vocabulaire du théâtre.
Or, au théâtre, aucun acteur ne peut tenir un rôle sans se référer au texte
préalable qui le commande. Ce qui implique qu'un père, lui aussi, ne tiendrait son rôle
qu'en conformité avec un texte. Mais alors que l'acteur a appris le texte dont il connaît
toujours l'auteur, le père obéit à un texte qui lui a été transmis à son insu par son
histoire, auquel il n'a aucun accès, dont il ignore l'auteur et dont il ne parvient à prendre
conscience que par les effets qu'il en obtient. Freud, en cherchant à percer ce mystère,
en a conçu, dans Totem et Tabou , un modèle qu'aurait forgé le père premier, celui qui
imposait sa loi à la horde et qui exerçait un droit sexuel exclusif sur les femelles du
groupe.
Tout comme on peut être mauvais ou excellent servant d'un texte, on peut être un
mauvais ou un excellent père. Dans un cas comme dans l'autre, le rôle n'est jamais en
cause, c'est seulement l'exécutant qui est ou non à la hauteur. Le rendu du rôle affleure
donc à un idéal censé toujours produire des effets précis. Pour conjoindre l'idée de
rendu à celle du texte, j'utiliserai le terme de "fonction". Ce qui me permettra de parler
de fonction paternelle, comme d'ailleurs de fonction maternelle.
Vous pourrez me demander pourquoi, commis à parler du père, j'introduis dès à
présent la mère. C'est qu'il ne peut pas y avoir de père sans mère alors que le contraire
est aujourd'hui monnaie courante. J'y reviendrai.
Il se vérifie très vite, en tous cas, que l'effet de l'une comme l'autre de ces deux
fonctions se décline en seulement deux invariants: la vie et la mort. La vie et la mort qui
se côtoient, s'intriquent et s'affrontent dans la jonction intime qu'en opère le sexe, lequel
invite chacun à s'en débrouiller avec les caractéristiques de son corps et avec les
mécanismes de la reproduction.
Ainsi une femme sexuée comme telle, quand elle occupe la fonction de mère,
transmet-elle la vie… et la mort. Ainsi l'homme, sexué comme tel, quand il accède à la
fonction de père, est-il porteur de mort… et artisan de vie. Et ce n'est pas par hasard
qu'au rôle premier et viscéral de la mère, j'adjoins le rôle du père avec son potentiel
organisateur.
La mère, la vie, la mort.
La mère est en effet réputée "donner la vie". Elle le fait avec son corps. Elle se
révèle située, de ce fait, dans le registre du certain, du concret, du tangible. Toute,
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pourrait-on remarquer, du côté de la Science qui s'intéresse si fort à elle. Elle est
certissima , comme la déclare le droit romain.
Elle l'est pour elle-même.
Elle l'est tout autant pour son enfant — dont nous savons que les aires
sensorielles ont été littéralement programmées pendant la gestation sur des afférences
venues toutes sans exception du corps maternel. La communication qu'elle établit avec
lui n'a donc pas besoin de médiation: elle est directe et immédiate, passant plus encore
par sa gestuelle et son registre averbal que par ses mots.
Son action est univoque: elle est vouée, tout au long de sa vie, à satisfaire sans
le moindre retard l'intégralité des besoins de son enfant.
La modalité de cette action ne doit ni choquer, ni surprendre. Et elle n'a rien
d'excessif ou de monstrueux, quoiqu'on en pense. Elle n'est d'ailleurs pas l'effet d'un
choix. Elle s'impose à la mère parce qu'elle se déduit de la logique biologique qui a
dicté son comportement dès le jour de la conception: son corps a en effet été
immédiatement et durablement tenu de satisfaire à chaque instant l'intégralité des
besoins exprimés par le corps foetal — et l'on sait combien le sort de la grossesse est
fonction de cette performance.
Ce type d'action n'aurait en principe pas de raison de se prolonger au delà de la
mise au monde et on s'attendrait à le voir spontanément s'amender à partir de la
naissance. Sauf que la longue période d'immaturité naturelle de l'enfant l'exige et que la
mère y puise la phénoménale énergie que nécessitent les tâches d'élevage. Elle en retire
inévitablement sur le champ de substantiels bénéfices qui faussent le jeu: calmer la
faim, consoler, bercer, endormir, rassurer, etc., sont autant d'actes qui confèrent à la
mère le sentiment qu'elle est dans la bonne voie, qu'elle fait du bien et qu'elle est bonne
— ce que chacun, à commencer par la société environnante, lui demande et exige d'elle.
Les voilà donc, tous les deux, elle et lui, à s'octroyer des bénéfices réciproques
dans un véritable concours d'amour et d'invention. Lui, qui la perçoit si vivifiante à
chaque instant, se prend à un tel point à son jeu qu'il ne peut envisager son avenir sans
elle. Elle qui est prête à lui consacrer sa vie. Ce qui aboutit à l'inévitable Oedipe!
Quelle formidable invention que ce mythe!
Quel inévitable tragédie aussi! Parce que c'est en ce point précis, que le texte des
rôles parentaux pointe à nouveau son nez et rappelle insidieusement à l'ordre féroce du
temps.
Je n'ai pas pu m'empêcher de jeter, à ce propos, un pont linguistique entre le grec
et l'hébreu qui se disputaient, dans l'Antiquité, les faveurs de la Méditerranée orientale.
Si l'on sait qu'Oedipe a reçu son nom en raison de l'oedème qui affectait ses pieds et que
la Sphinge plus tard lui a posé une énigme concernant les mêmes pieds, rien ne nous
explique raisonnablement le choix apparemment délibéré de ces organes. J'ai découvert
qu' en hébreu, il n'y a pas de terme pour dire le mot "Histoire". On utilise le plus
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souvent le terme de "marche". Comme si ce mot, à connotation fortement concrète,
désignait le mouvement nécessaire à l'humain pour se situer dans l'Histoire, autrement
dit pour scander le temps et s'y inscrire. Il semble que la pensée de l'époque était donc
suffisamment unitaire pour partager une même vision du monde et conférer aux pieds la
connotation métaphorique que le mythe a portée jusqu'à nous.
Cette parenthèse n'est pas un luxe parce que c'est en effet dans la logique vécue
du temps que se tisse le drame et la folie qui n'épargnent aucune mère.
Elle sait, elle, au fin fond d'un elle-même qu'elle tient soigneusement clos, que
quoiqu'elle pourra faire, cet être à qui elle a donné la vie au terme de sa gestation, cet
être qui lui est encore plus cher qu'elle-même, cet être auquel elle se consacre, elle sait
que cet être-là est voué tôt ou tard à une mort certaine qu'elle va s'efforcer de combattre,
sans illusion mais avec la détermination et l'énergie du désespoir. C'est pourquoi elle se
déploie fébrilement dans des actions dont le seul effet se situe dans l'immédiateté et le
très court terme: ne jamais penser à demain ou à plus tard, voilà la source de son
énergie. Elle est servie en cela par le fait que le vécu de l'écoulement vectoriel du temps
est étranger à sa psyché. Le temps, qui ne se manifeste pas sur le corps de son
partenaire, est en effet littéralement inscrit sur son corps dont il a scandé et dont il
continuera de scander l'évolution en termes de puberté, de règles et de ménopause.
Voilà qui explique la tendance spontanée de toute mère à prolonger
indéfiniment, par delà le corps et le temps, le travail conféré par la biologie à son utérus.
Elle se voudra naturellement, sa vie durant, un équivalent utérin. Elle voudra que son
enfant, quel qu'en soit le sexe, "ne manque de rien", ce qui se dit, en latin encore plus
simplement, incestus1.
Oeuvrant au strict et exclusif service d'une vie qu'elle se refuse de penser
autrement qu'éternelle, elle peut demeurer sa vie entière dans cette illusion. Les parois,
forcément limitantes de l'utérus qu'elle aura voulu indéfiniment être, finiront tout de
même et tôt ou tard, par étouffer son enfant. Si bien que son action hautement vivifiante
du début de la vie deviendra à la longue proprement mortifère.
Elle ne dispose que d'un moyen pour se tirer de l'impasse: se hisser à la plus
haute fonction morale que puisse occuper un humain. En désignant un tiers pour fixer la
bonne distance entre elle-même et son enfant, elle devient, en effet, fondatrice de la
liberté de cet enfant qu'elle rend enfin à son statut de mortel.
L'attachement fou qu'elle marque à son action s'accompagne alors d'un appel au
secours qu'elle ne peut pas même articuler et qui exige pourtant d'être entendu.
Le père, la mort, la vie.
1 Incestus est composé de in privatif et de cestus . Cestus qui dérive de castus, qui veut
dire "chaste", a très tôt servi de supin au verbe careo qui veut dire "je manque".
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S'il ne donne pas la vie, comme la mère est réputée le faire dans l'entendement
commun, le père est celui qui permet à cette vie de se vivre. Ce qui n'est pas une mince
affaire et qui va entraîner tous les malentendus que nous pouvons imaginer, tant nos
manières de pensée ont été colonisées par le modèle maternel de l'amour et ne nous
permettent pas d'en envisager un autre.
Or, à chaque étape d'un parcours dont nous avons déjà repéré presque
physiquement les balises, nous ne pouvons enregistrer, entre les rôles de mère et père,
aucune correspondance ni aucune opposition mais seulement des différences — qui
recoupent, au demeurant, la simple et fondamentale différence des sexes.
Alors qu'une femme qui met au monde un enfant en est automatiquement la
mère, l'homme qui a ensemencé cette femme n'est pas certain d'être le père de cet
enfant; tout au plus peut-il espérer en être le géniteur — à condition encore qu'il ne soit
pas récusé comme tel! C'est pourquoi le droit romain, auquel j'ai fait allusion tout à
l'heure, dit du père qu'il est semper incertus 2.
Incertus puisque son accès à la fonction qui lui échoit dépend en tout premier
lieu de sa désignation par la mère comme destinataire de l'appel inarticulable qu'elle
émet pour sortir de l'impasse à laquelle la condamne sa fonction. Semper incertus, parce
que cette désignation elle-même n'est pas définitive, restant à la discrétion de la mère
qui peut la suspendre à tout moment. Ce qui explique qu'un homme divorçant ou
divorcé de la mère de ses enfants, "divorce" également de ces mêmes enfant — lesquels
pourront investir le compagnon ultérieur de leur mère, si, bien évidemment, elle le leur
désigne comme digne de cet investissement.
Si cette première condition, liée au processus de désignation, n'est pas satisfaite,
un homme, quel que soit l'étendue de son désir en la matière, ne pourra jamais revêtir la
fonction de père de ses enfants. Il en sera tout au plus le père social.
Mais si cette condition nécessaire est satisfaite, elle s'avère cependant ne pas être
suffisante.
Elle doit absolument être assortie d'une seconde condition tout aussi importante:
un homme appelé par une femme à occuper une place de père, doit accepter de l'occuper
et surtout de s'y tenir quels qu'en soient les inconvénients.
Et ça, ce n'est pas aussi évident qu'on pourrait le croire! Parce que cela nécessite
la levée de deux obstacles: l'un qui peut gêner l'accès à la fonction et l'autre qui rend
cette fonction répulsive aussi bien sur le champ que dans la durée.
Un père, jadis porté dans un ventre de mère, en garde en effet longtemps en lui
une trace dont il a beaucoup de mal à se débarrasser quand il ne la plaque pas purement
2 Ce qui reste vrai même en cas d'utilisation des tests sanguins actuels qui ne
peuvent désigner, à coup sûr, que le géniteur et le géniteur seul.
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et simplement sur la personne de sa partenaire! Il lui faudra donc en tout premier lieu se
dégager de la relation incestueuse que sa propre mère a eue à son endroit. Ce qu'il peut
rechigner à faire en raison des bénéfices qu'il veut continuer d'en retirer et surtout d'une
difficulté corollaire qui s'y greffe: il lui faut reconsidérer la relation conflictuelle qu'il a
eue nécessairement à son père, pour l'affronter, la comprendre et enfin la dépasser.
La fonction paternelle est rendue par ailleurs répulsive par la valorisation
consensuelle de la maternité qui s'accompagne du rejet, également consensuel dans nos
démocraties, de tout ce qui est assimilé de près ou de loin à la fonction paternelle.
L'ordre, la discipline, la police, la justice et tout ce qui a vocation à dire "non" est plutôt
mal vu. Or, la fonction paternelle se situe par définition dans un tel registre. Elle va à
contre-courant de la fonction maternelle. Elle a pour vocation première de brider la
tendance de la mère à dire "oui à tout" à son enfant. Elle doit, massivement, et sans
jamais se justifier, user de l'interdiction pour asseoir la Loi de l'interdit majeur qu'est
l'interdit de l'inceste. Elle apparaît donc dans une première approche comme abusive et
néfaste puisqu'elle bride la satisfaction inconditionnelle des besoins prônée par la mère.
Elle se situe de ce fait dans un registre à première vue proprement mortifère. Même si,
par ce truchement, elle fait accéder l'enfant au registre du désir et qu'elle le vivifie à
long terme, elle s'avère difficile à exercer dans le quotidien tant elle suscite de conflits
en ne générant aucun bénéfice immédiat qui puisse la réimpulser épisodiquement. Si
bien que pour nombre de pères, la tentation est grande aujourd'hui de jouer les "mèrebis",
de s'adonner à la séduction de leur enfant et de déserter la position de "pas-mère"
qu'ils doivent occuper avant toute autre.
On peut se demander, dans ces conditions, comment se sont débrouillées tant et
tant de sociétés ou de civilisations patriarcales pour permettre à leurs membres
d'occuper leurs fonctions respectives sans trop de confusion.
C'est peut-être là que pourrait se placer une réflexion en termes de choix
d'objectifs politico-économiques. Quand un corps social soutient idéologiquement
l'instance paternelle, il permet à l'individu-père éventuellement défaillant d'être soutenu,
voire relayé, dans son action. Ce n'est plus le cas aujourd'hui où nos sociétés de
consommation se sont fixés pour objectif affiché que nul "ne manque de rien", se faisant
ainsi les alliés inconditionnels de la fonction maternelle qu'ils flattent dans leur propre
intérêt.
On peut aussi se demander comment, y compris avec le soutien qui a été
mentionné, des pères ont pu vivre dans le passé avec des mères, des vies durant, en
assumant leur rôle et leur fonction.
Je donne la réponse immédiatement: en assumant totalement la logique
apparemment infiniment égoïste qui sous-tend la fonction du père, à savoir le goût
marqué de l'homme pour le coït.
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Les pulsations du sexe.
Nous avons donc face à face, pour résumer ce qui a été dit, une fonction
maternelle indubitablement vivifiante à court terme et subrepticement mortifère à long
terme et une fonction paternelle ostensiblement mortifère à court terme et
potentiellement vivifiante à long terme. L'une et l'autre se déployant de façon opposée
dans leur relation au temps puisque la première fonctionne dans l'immédiateté alors que
la seconde est contrainte d'investir à perte de vue.
On peut d'ailleurs figurer cela sous la forme de deux courbes inversées dont le
croisement s'opère précisément à l'adolescence.
Comment peut se produire le miracle, incompréhensible en apparence, de leur
éventuelle complémentarité?
La double mise à distance de la mère et de l'enfant que doit opérer le père
dispose pour ses fins du moyen simple que j'ai mentionné: le goût que l'homme marque,
en principe de façon prévalente, pour l'activité sexuelle.
C'est la biologie qui permet de comprendre le mieux les implications
physiologiques, la cohérence et les conséquences de cette logique.
Le mécanisme de la reproduction entraîne, en effet, chez une femme, pendant
une période limitée de sa vie, la ponte d'un seul ovule par mois: cela explique
l'investissement qu'elle fait de cette denrée rare, tout comme la dimension de certitude à
laquelle elle n'a pas d'autre choix que se raccrocher. Un homme produit, lui, jusqu'à la
fin de son existence, des millions de spermatozoïdes par millilitre d'un éjaculât de
plusieurs millilitres qu'il peut émettre plusieurs fois par jour! Comme s'il avait besoin,
par ce côté dispendieux, de combattre compulsivement l'incertitude du statut qui sera le
sien.
Or, quand un père-homme invite sa femme-mère à l'union sexuelle, il remplit
déjà une partie de son rôle en la distrayant plus ou moins longuement de la
préoccupation constante qu'elle a de son enfant. Ce à quoi elle se sent prête à consentir
sans trahir sa vocation, puisque cet acte recèle pour elle la promesse symbolique d'une
autre grossesse. Mais il se passe bien d'autres choses encore dans un tel acte. Puisque
les pulsions portées par l'un et l'autre des partenaires diffusent brutalement en eux en
s'agençant à chaque fois d'une manière nouvelle. L'enfant en tirera les bénéfices ou les
conséquences, en recevant des gestes et des intonations de voix de sa mère, des
messages plus ou moins vivifiants, à la hauteur de ce qu'elle aura retiré pour elle-même.
Cela tissera pour lui et en lui, la trame de sa relation à la vie et à la mort et lui donnera
la coloration de ce qui s'appelle sa structure.
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On conçoit que l'on puisse avancer dans ces conditions qu'un homme, qui veut
être père et le demeurer, doit se débrouiller comme il le peut, y compris au lit et tout au
long de sa vie, pour se faire aimer et apprécier de la mère de ses enfants. On conçoit
également que le père que la mère désignera le plus sûrement sera celui qui satisfera
pleinement tous les potentiels de son entre-cuisses.
Le monde d'aujourd'hui est déjà celui de demain.
On peut se demander, à partir de là, comment le montage que j'évoque peut
encore résister au clivage radical que la contraception a opéré entre fécondation et
plaisir sexuel au point d'entraîner la libération des moeurs que l'on sait — Freud, qui
prônait cette libération pour éradiquer la névroses, serait étonné de voir les résultats de
son hypothèse! Un délitement progressif du facteur de cohésion que constituait la loi de
l'interdit de l'inceste s'en est suivi et a dessiné le paysage que nous connaissons.
Si une mère s'évertue aujourd'hui à mettre la barre de ses exigences un peu trop
haut, le père s'en va tout simplement. Et il s'en va d'autant plus vite qu'il ne veut ou ne
peut pas remettre en cause les données de sa propre histoire (se débarrasser de la pulsion
incestueuse que sa mère a eue à son endroit et dépasser le conflit qui l'a opposé à son
père) et que d'autres mères potentielles sont prêtes à l'accueillir — pour un laps de
temps à tout le moins!
Mais la pilule n'est pas seule en cause dans un tel processus. Elle n'est même en
réalité que la conséquence d'une dérive idéologique déjà ancienne qui a privilégié le
principe de plaisir alimenté par la relation maternelle, au détriment du principe de
réalité prôné par la relation paternelle.
L'équilibre, qui a été longtemps maintenu entre hommes et femmes, s'est donc
brutalement rompu. Et les uns comme les autres en sont sortis perdants.
Les premiers sont devenus bien moins hommes et bien moins pères qu'ils ne
l'étaient. Il est amusant de conforter cette affirmation, qui peut paraître outrancière,
d'une information scientifique étonnante: le nombre de spermatozoïdes émis lors de
chaque éjaculation aurait diminué de moitié en cinquante ans, passant de 380 à 180
millions en moyenne.
Les secondes demeurent seules avec un appel inarticulé que nul père ne semble
vouloir entendre. Elles se consolent comme elles le peuvent en surinvestissant leur
enfant qu'elles gavent de leur propension incestueuse et dont elles font une proie facile
pour la société de plus en plus féroce à l'agression de laquelle ne les aura préparés
aucune fonction paternelle.
Le tout se passant dans la morosité indifférente des téléspectateurs accablés et
gavés de "panem et circenses".
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J'en veux pour témoignage une phrase que j'ai tirée d'un film à grand succès:
Terminator II, de James Cameron dont je rappelle en deux mots l'intrigue.
Deux robots d'apparence humaine s'affrontent à mort autour de John, un
adolescent d'une douzaine d'années. Un bon, le Terminator qui le protège, est moins
performant que le premier qui veut le tuer. mais tout finit bien cependant.
Or, John a une mère qui assiste à la confrontation et qui tient à un moment un
propos que j'ai pris la peine de relever mot à mot. Elle dit:
"En regardant John avec cette machine, tout devint très clair: le Terminator ne
s'arrêterait jamais. Il ne l'abandonnerait jamais. Il ne le frapperait jamais et ne crierait
jamais après lui. Il ne le tabasserait jamais en rentrant saoul le soir ou ne lui dirait qu'il
est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là et il mourrait pour le protéger. Et
de tous les pères possibles qui sont passés ces dernières années, cette machine était la
seule à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c'est le choix le plus raisonnable."
Vous retrouvez sans peine l'illustration de tout ce que je vous ai décrit mais avec
une double prime: ce qui convient à cette mère dans le père qu'elle a choisi à son enfant,
c'est qu'il est proprement "utérin". La seconde prime — celle que l'on pourrait mettre en
exergue de notre prétention à une réflexion prospective — tient dans l'aveu que seule
une machine peut occuper une telle fonction.
Je vous fais juges, en vous invitant à imaginer l'impact idéologique de ce film et
son influence sur les mentalités des millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui
l'auront vu.
Alors, comme il faut conclure...
Quitte à décevoir les attentes et malgré la position de spécialiste qui m'est ici
impartie, j'éprouve les plus grandes difficultés à donner la moindre indication pour
l'avenir. Ce dont je me réclame et que j'ai exposé se réfère à mon seul travail de
clinicien. Je prétends que, quelle qu'ait été, que soit ou que sera l'époque, la place
conférée au père par la mère a été, est et sera cruciale pour le devenir physique et
psychologique de l'enfant.
Mais si je dois donner un pronostic sur ce que sera le rôle du père dans le monde
de demain, je dirai que j'en vois deux possibles — le second me paraissant hélas bien
plus probable que le premier, en fonction des données actuelles et des tendances de nos
civilisations.
Le premier, résulterait de la restauration et de l'application des mécanismes que
j'ai démontés. Il faudrait pour sa mise en oeuvre que cesse l'encensement de l'enfant et
encore plus celui de la mère tout comme soient réinvesties les valeurs familiales de
base. Ce qui nécessiterait une réflexion d'une importance telle qu'elle devrait aller des
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lois régissant le sort de la famille à l'organisation des échanges économiques entre
nations. Vous comprendrez pourquoi je suis sceptique sinon pessimiste
Le second rôle, lui, n'a pas lieu d'être mentionné puisqu'on aura en effet comme
je l'annonçais dans mon introduction, enterré définitivement le personnage.
On risque d'assister en effet à un effacement de la figure paternelle encore plus
grand qu'il ne se dessine depuis plusieurs décennies déjà. Avec la généralisation des
familles dites recomposées et le délitement des repères symboliques, les hommes ne
seront plus que des pères d'occasion, migrateurs et transitoires, allant de cellule
familiale en cellule familiale. Les mères, qui continueront de chercher sans la trouver
une limite à leur propension incestueuse naturelle, nourriront sans relâche leur dépit, en
espérant à chaque fois trouver un héros. Comme les Terminator demeurent des êtres de
fiction, elles n'auront pas d'autre issue que de se tourner vers les Etats gestionnaires qui
auront perfectionné, au nom de l'ordre social, les structures qui existent déjà et qui sont
destinées à limiter le plus possible les dégâts — ça se profile déjà avec le casse-tête de
la drogue! La succession des générations n'ayant pas d'autre vertu que d'aggraver les
désordres déjà constitués, on parviendra dans très peu de temps à des sociétés où aura
triomphé la barbarie et dont les membres seront parvenus à se doter eux-mêmes d'un
statut d'esclave, devenant les enfants satisfaits de la Science et de l'Etat.
Je vous avoue que je suis très heureux de savoir, dès à présent, que je ne serai
plus là pour le voir.
Je vous remercie.

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

hommelibre: l'idée qu'il y aurait forcément une relation fusionnelle entre mère et enfant (au sens où l'entend Naouri et d'autres personnes sur cette page, une relation ultrafusionnelle que le père devrait "casser" pour le bien de l'enfant) repose-t-elle sur des preuves? Par preuves, j'entends une véritable étude, pas des exemples de personnes que vous connaissez (qui ne sauraient être un échantillon suffisant pour établir un principe général).
Gardons-nous aussi des fausses causalités. Ces mères que vous avez connues ont-elles une relation fusionnelle avec leur enfant parce que c'est une tendance maternelle naturelle, ou pour une autre raison? On pourrait imaginer que cette "fusion" résulte d'un certain type de caractère de la mère (pas partagé par toutes les femmes), ou que c'est le fait de n'avoir pas d'autre famille que son enfant qui amène à s'y accrocher autant... Il existe également des mères fusionnelles qui sont mariées, tout comme il existe des mères seules qui ne le sont pas du tout...


Peut-il y avoir un nouveau rôle du père dans le monde de
demain?
Aldo Naouri

"Les secondes demeurent seules avec un appel inarticulé que nul père ne semble
vouloir entendre. Elles se consolent comme elles le peuvent en surinvestissant leur
enfant qu'elles gavent de leur propension incestueuse et dont elles font une proie facile
pour la société de plus en plus féroce à l'agression de laquelle ne les aura préparés
aucune fonction paternelle."

Écrit par : leclercq | 15 mai 2013

Mais....avec 50% des couples divorcés, que devient le rôle-fonction du père-géniteur dans une situation où il n'y a plus de désir entre le père et la mère? L'éventuel beau-père peut avoir ce rôle si la relation est stable...mais il risque de dépouiller un peu plus le père géniteur de son rôle...

En cas de relation de part et d'autre du couple, surtout s'il y a d'autres séparations, ce qui est souvent le cas, l'enfant doit-il se soumettre sans questions aux différentes méthodes éducatives des compagnons de sa mère ou de son père?

Car ça, c'est la réalité d'aujourd'hui...et les pères et les mères doivent faire avec, mais surtout les enfants!

Rien n'est simple, et la réalité est bien plus grise que noire ou blanche...
Les écrits de Naouri lui permettent de bien vivre, tant mieux pour lui. De là à en faire des écrits quasiment sacrés, il y a une marge que je me refuse à franchir ...

D'où ma remarque d'utiliser son bon-sens....

Écrit par : libre | 15 mai 2013

"Mais utiliser ces textes, comme s'ils étaient scientifiques, pour traiter des personnes qui sont vulnérables, c'est grave!"

Mais la science elle-même n'est qu'une branche de la complexité de l'existence, la science n'a jamais réussi à percer les mystères de l'âme humaine, ce à quoi pallie avec succès la psychanalyse.
Puis comme je vous disais il s'agit d'un psychiatre qui ne parle pas en tant que scientifique mais en tant que psychiatre expert dans les différents aspects de l'âme, tout comme un sociologue parlerait en tant que spécialiste de l'étude de la société il arrive même à ce dernier de faire appel à l'Histoire pour étayer ses études et éventuelles théories.

Écrit par : prometheus | 15 mai 2013

Laura,

Vous oubliez qu 'avant Freud et Jung, la psychiatrie en était réduite à enchaîner les gens dans des bains glacés ...
Freud était neurologue et Jung psychiatre. Ce qui les rassemble c'est la volonté de faire évoluer ces disciplines restées à des mesures barbares.
Jung a été parmi les premiers à essayer d'enlever ces chaînes pour comprendre le patient qui n'est plus capable d'être en interaction intelligible avec le monde dit normal.
Il a utilisé une très grande rigueur scientifique pour poser des jalons dans cet espace irrationnel.
Il a même été très vite un expert judiciaire incontournable avec ses travaux sur le système neuro végétatifs, etc,
Vous avez des idées un peu trop rapides sur ce monde là.

Écrit par : aoki | 16 mai 2013

@ libre

"Mais....avec 50% des couples divorcés, que devient le rôle-fonction du père-géniteur dans une situation où il n'y a plus de désir entre le père et la mère?

plus de désir !!! le divorce de masse est devenu à la mode, il est de bon ton de dire que c'est un progrés, cet emballement a eu lieu sans en mesurer les conséquences sur le devenir des enfants.

le couple est devenu plus important que la famille il est surinvestit. il doit être parfait, la majorité des divorces est demandé par les femmes cause principale manque de romance dans le couple, elles fonctionnent comme d'éternelles adolescentes !!!

http://www.parent-solo.fr/modules/smartsection/item.php?itemid=169

et c'est pratique l'état financiérement remplace le conjoint repoussé.

et ça va continuer dans ce sens, j'ai écouté vaud belkacem ant hier c'est ce quelle affirmait.

"P.S. : Que voulez vous dire lorsque vous écrivez " De même l'Etat n'a pas à rémunérer, par le biais de la politique familiale, les parents séparés " ou " L'argent public n'est pas là pour remplacer un conjoint défaillant ou un conjoint repoussé. ". Le titre de votre ouvrage prendrait-il tout son sens ici ? "

" L'éventuel beau-père peut avoir ce rôle si la relation est stable...mais il risque de dépouiller un peu plus le père géniteur de son rôle..."

étant séparé le pére ne peut plus jouer son rôle, il n'est plus soutenu dans son rôle par la mére.

"Les écrits de Naouri lui permettent de bien vivre, tant mieux pour lui. De là à en faire des écrits quasiment sacrés, il y a une marge que je me refuse à franchir ..."

je serais trés étonné que Naouri écrive pour augmenter son train de vie !!!
ses écrits sopn plein de bon sens et sonts le résultat d'une riche expérience et d'une analyse pointue de la réalité.

Écrit par : leclercq | 18 mai 2013

plus de désir !!! le divorce de masse est devenu à la mode, il est de bon ton de dire que c'est un progrés.

et ça va continuer dans ce sens, j'ai écouté vaud belkacem ant hier c'est ce quelle affirmait.

je connais un homme qui fonctionne comme ça " la majorité des divorces est demandé par les femmes cause principale manque de romance dans le couple, elles fonctionnent comme d'éternelles adolescentes !!! "

il fonde une famille fait des enfants, va voir ailleurs se sépare et fonde à nouveau une famille !!! il en est à la quatriéme à la quarantaine, son fonctionnement est réprouvé par ses amis hommes, mais ce qu'il fait c'est ce que fonts beaucoup de femmes actuellement et que les féministes de gauche appellent progrés.

Écrit par : leclercq | 25 mai 2013

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