16 avril 2013

Le capitalisme, un mode social hautement éthique

«Dépasser le capitalisme», «Mettre fin au libéralisme», diverses formules expriment la même chose: le refus du capitalisme et du libéralisme économique et leur condamnation au nom de la justice sociale et du refus de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le capitalisme libéral serait cause de tous les excès des financiers félons, des traders fous et des exploiteurs de tous genres.


capitalisme,libéralisme,éthique,morale,social,voleur,entreprise,patron,riche,pauvre,richesse,égalité,individu,respect,corps,propriété privée,justice,La libre disposition de soi

Ce discours qui présente le capitalisme comme hautement immoral occulte le fait que le capitalisme est en réalité hautement éthique. Il se fonde sur un fait aussi ancien que l’existence de la conscience individuelle: chacun dispose de soi-même, ce qui se traduit concrètement par la libre disposition de son corps. Aucune coercition, aucune contrainte, aucune agression ne peut être commise sans porter atteinte à ce fait fondamental.

Chacun est propriétaire de son corps.

Toutes les forces politiques sans exception disent la même chose: la gauche qui a lutté contre l’esclavage ou le travail des enfants; les féministes déclarant que le corps de la femme lui appartient; la droite qui défend la liberté d’action et de mouvement dans la liberté d’entreprendre et de disposer du fruit de son propre travail. Tous invoquent cet élément fondateur du droit de la personne, pierre angulaire de la société moderne. Sans le droit à disposer de soi, le vol, le viol ou l’assassinat ne seraient pas condamnés. Le vol n’est pas un délit par hasard: il est une atteinte à la libre disposition de soi et de ses biens, à la libre propriété privée de soi-même et des fruits de son travail. La loi n’est pas arbitraire. Elle est ancrée dans des référents puissants et réfléchis.

Déclarer que le corps de la femme lui appartient (de même pour le corps de l’homme) exprime cela clairement: le corps est la propriété de la personne qui l’habite. Il est une propriété privée. Nul autre ne peut en disposer sans son propre consentement. Dès lors, si notre corps nous appartient, chacun est libre de travailler comme il l’entend. Cette disposition implique que le fruit du travail appartient aussi à celui qui l’effectue. Toute autre disposition serait de l’esclavage. On ne saurait en effet considérer comme légitime le fait qu’une personne puisse disposer librement d’elle-même, donc travailler librement, et ne pas jouir du fruit de sa libre action. De ce point de vue le libéralisme économique n’est pas différent du libéralisme moral. Cette approche est rationnelle et profondémentcapitalisme,libéralisme,éthique,morale,social,voleur,entreprise,patron,riche,pauvre,richesse,égalité,individu,respect,corps,propriété privée,justice, naturelle. C’est peut-être la seule forme de société à ne pas souffrir d’idéologie.

Le principe du capitalisme libéral est donc le respect de l’individu. Le droit se fonde sur ce respect et sur la renonciation à toute agression contre la personne. La philosophie capitaliste libérale est construite sur ce respect de la personne. Elle est l’exemple de la libre disposition de soi. Les relations humaines, qui reposent sur le libre consentement, sont établies sur un contrat accepté et mutualisé. Cette liberté vaut pour tous. Le capitalisme libéral doit donc garantir l’égalité de droits entre les humains. Imaginer que le riche exploite le pauvre ou que le gros mange le petit est une caricature qui est en profond désaccord avec la philosophie humaniste du capitalisme libéral. Le vrai capitalisme libéral ne méprise pas la terre ni les hommes, car c'est de la terre et du travail qu'il tire sa richesse pour le bien du plus grand nombre.


L’inégalité

Le capitalisme libéral devrait donc être soutenu par l’ensemble des forces de gauche comme de droite. Pourquoi n’est-ce pas le cas? Parce que cette liberté à disposer de soi, cette propriété privée de soi, recèle une réalité difficile à accepter: l’inégalité. S’ils sont égaux en droits les humains ne sont pas égaux en talents, en opportunités, en destin, en richesse, en pouvoir. Cette inégalité est vécue comme une injustice ou une jalousie. Celui qui a plus est désigné non plus comme quelqu’un disposant librement de soi et ayant su développer les opportunités bénéfiques grâce à ses talents, mais comme un  voleur et un exploiteur, un exploiteur cupide de la planète, un jouisseur qui ne pense qu’à sa satisfaction immédiate sans anticiper sur les conséquences de ses actes, un fauteur de guerre. Outre que cela empêche nombre de gens à oser créer des richesses (la richesse étant considérée comme immorale) c’est encore une fois une caricature totalement stupide car rien de tout cela n'est spécifiquement capitaliste ou libéral. On ne peut mettre sur ce mode social les causes de l'échec à réformer l'humain. Les prophètes du salut profitent de ces caricatures pour tenter de formater la pensée des populations. Il déguisent la jalousie à l'égard de celui qui a su faire fructifier ses talents comme une réponse à une légitime souffrance, alors que la haine du riche n'est là que pour masquer la paresse intellectuelle et l'absence d'ambitions de celui qui exprime cette haine.

Pourtant:

capitalisme,libéralisme,éthique,morale,social,voleur,entreprise,patron,riche,pauvre,richesse,égalité,individu,respect,corps,propriété privée,justice,«... c’est par le renoncement à la jouissance immédiate de la richesse qu’il a produite, que l’homme va accumuler des biens à des fins productives (le capital). Grâce à ce capital productif, et à l’effort qu’il a fourni pour le constituer, la productivité de son travail augmente: il produit plus et mieux.

Le paysan qui consent à ne pas consommer une partie de sa récolte pour acheter une charrue dans l’espoir de doubler sa production pour un même effort l’année suivante ne fait rien d’autre: il accumule une épargne à des fins productives (son capital) et améliore in fine sa situation dans le futur par une privation temporaire dans le présent. L’accumulation de capital est ainsi le moteur de l’amélioration des conditions de vie des hommes depuis la nuit des temps». (Libres!, Silvère Tajan, Collectif La main invisible, Editions Roguet).

Le capitalisme n’a pas pour prétention de refaire l’humain. Il n'a pas pour but de faire des humains parfaits, saints et totalement égaux. Il y a donc dans ce mode social des voleurs, des mégalomanes, des criminels, des autoritaires, des salauds. Comme partout. Ceux-là devront, le cas échéant, répondre de leurs actes devant la justice, dont les lois servent à protéger le libre consentement et la contractualisation des relations humaines. La spécificité d’un chef d’entreprise qui ne respecte pas ses employés n’est pas d’être capitaliste, mais d’être un humain sans éthique. Celui qui abuse de son pouvoir ne peut être un vrai capitaliste libéral puisqu’il ne respecte pas le libre consentement et qu’il exerce une contrainte.

Contrairement à une idée assez répandue le capitalisme est donc hautement moral. D’ailleurs existe-t-il un autre système qui ne soit pas contraignant et qui respecte à ce point le libre consentement et le contrat? Dépasser le capitalisme libéral est un errement de la pensée: d'une part ce mode social est loin d'être déjà abouti et s'il a augmenté les richesses et le bien-être global il n'a pas encore produit toute sa dimension philosophique. D'autre part il faudrait proposer mieux!

 

Commentaires

Vous fumez le même gazon que DJ, ou quoi ?

C'est Heidi que vous décrivez là.

Vous en connaissez combien des paysans suisses qui travaillent librement, donc sans autorisation, une terre qui ne leur appartient pas, armés de leur bite et de leur couteau suisse, et bouffant leur ceinturon et leurs godasses, en attendant la récolte et toucher assez pour s'acheter une charrue et un boeuf, s'il reste quelque chose après avoir racheté des semis et le fourrage du boeuf ?

Vous admettez des défauts dans le capitalisme, des prolongements des défauts humains. Vous écrivez ...

- « Ceux-là devront, le cas échéant, répondre de leurs actes devant la justice, dont les lois servent à protéger le libre consentement et la contractualisation des relations humaines. ... Celui qui abuse de son pouvoir ne peut être un vrai capitaliste libéral puisqu’il ne respecte pas le libre consentement et qu’il exerce une contrainte. »

Belle hypocrisie. Rien n'empêche des acteurs économiques de s'entendre pour en exploiter d'autres, les faire partir, ou les exterminer.

Ca aussi ca remonte à la nuit des temps, quand les hommes devaient s'aligner en nombre suffisant et s'organiser pour chasser le mammouth. Et après avoir tué le mamouth, suffisant pour nourrir 20 familles, que faire quand il y a 30, 40 familles dont les hommes ont participé à la chasse pour les nourrir, et dont certains ne sont pas revenus ?

Que faire quand il y a dans les alentours 20 autres familles sans homme valide ou assez fort, assez agile pour participer à la chasse ? 20 autres familles guettant le meilleur moment pour se rapprocher et repartir en courant avec un morceau de mammouth ?

Il dit quoi le capitalisme quand les ressources sont rares, insuffisantes pour tout le monde, et/ou chères, difficlement accessibles aux familles sans hommes capables de chasser ?

Que dit le capitalisme quand 2 clans différents se découvrent en train de chasser le même troupeau de mammouths ?

Écrit par : Chuck Jones | 17 avril 2013

J'aime bien les prises de position à revers de la pensée dominante pour continuer à garder l'esprit éveillé.

Je suis en partie d'accord avec ce billet. En partie seulement parce que vous revenez sur des définitions philosophiques et que la réalité ne correspond pas vraiment à ce définitions.

D'abord, il y a ces deux notions distinctes: le capital et le libéralisme ce n'est que par la suite qu'ils se sont mélangés et devenus en quelque sorte interdépendants.
http://www.lemondepolitique.fr/culture/liberalisme_capitalisme.html
D'un côté, il y a une philosophie qui vient des lumières, de l'autres côté un comportement qui regarde au sol , vers la matière et ses biens.

Le capitalisme est une valeur matérialiste qui peut par excès provoquer des nuisances sur l'ensemble. Le libéralisme préconise la non intervention en comptant sur la régulation naturelle de l'offre et la demande.

La vraie question est : Est-ce que ceci fonctionne encore ? Je crois pouvoir dire que non et pour plusieurs raisons.

Il y a d'abord une distorsion qui s'est installée et qu'il faut signaler
La fusion du capital et la philosophie du moins d'état à fait apparaître autre chose. Celui qui accumule des richesses activement, hormis le fait que ceci fasse tourner l'économie détient de ce fait une accumulation de pouvoir. A force d'accumuler du capital et donc du pouvoir, le grand capitaliste s'émancipe progressivement de la collectivité pour vivre dans sa bulle de puissance. Paradoxalement en tournant son esprit vers la matière, il arrive dans un monde plus abstrait.
Ce qui fait que nous voyons aujourd'hui une corporation de gens si puissants, qu'ils sont à même aujourd'hui de dépasser l'autorégulation du marché en manipulant l'offre et la demande. En tentant de se situer au dessus des lois de toutes sortes, y compris celle des libertés, en pesant de tout leur poids sur les représentant de l'état, en les manoeuvrant. De fait le pouvoir ne se situe plus chez l'homme d'état, mais bel et bien au niveau du grand capital. A partir de là, on ne peut plus parler de système libéral.
(les maigres gesticulations incantatoires de flamby en est un bien triste exemple)

Le niveau de paradoxe est tel que quand le monde financier s'effondre à force de spéculer sans régulations, la sacro sainte loi du libéralisme n'est plus appliquée et c'est l'état et tous les concitoyens qui mettent la main au portefeuille pour renflouer le système, qui subissent la crise, qui perdent leur pouvoir d'achat qui rachètent les dettes pourries, qui épongent les pertes !!!

Certe ce n'est qu'une frange élitiste du capitalisme, mais c'est cette portion qui s'est arrangée pour gouverner tous les leviers, pertes ou non, et se maintenir dans le même niveau de pouvoir.

Cette distorsion réside aussi dans le fait que la mondialisation a généralisé un des défauts éthiques majeurs du capitalisme: la spéculation.
Le spéculateur ne crée rien, n'apporte rien, il fait simplement monter les enchères, il manipule la loi de l'offre et de la demande. La plus immonde est celle qui s'opère sur les matières premières. Quelques mois avant la crise des subprimes en automne 2008, une famine meurtrière s'était installée dans les pays en développement à cause de spéculateurs.

La mondialisation a par ailleurs continué à manipuler ces pays avec les bons offices du FMI au service (des joueurs de sim's city mondial) Oops ...Du grand marché mondiale.En ne leur rendant pas leur autonomie de production vivrière perdue depuis longtemps. Au nom de lois du marché qui n'a plus rien de libéral
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-05-05-Les-responsables-de-la-famine

Bref, on pourrait en rajouter beaucoup sur la mondialisation et le capital

Si aujourd'hui les capitalistes peuvent être un sujet de détestation, c'est parce que:

1) Ils représentent la continuité du hold up du pouvoir fait par les bourgeois lors de la révolution. Mélange de mentalité d'aristocrate qui prenait les petites gens pour du matériel remplaçable propre à asseoir leur confort dont ils ne s'étaient jamais départis, et de parvenus lors du développement industriel dans des conditions déplorables où les petites gens sans vraie instruction étaient démunis pour prendre leur vie main, et maintenus férocement dans ce niveau de vie.

2) Aujourd'hui, parce qu'une frange de capitalistes disposent de beaucoup trop de pouvoir en tenant tous les leviers de décisions dans leurs mains et qui n'ont aucun état d'âmes pour parvenir à leur fin. Les dégâts collatéraux ce sont les autres, jamais eux. Et leurs mainmises n'est pas du tout libérale. Même les voix et les voies démocratiques sont effacées de l'affaire.

Conclusion aucun système politique n'est parfais et surtout aucun système ne saura éliminer le poison qui s'empare de l'esprit, ou pour le moins amener de la sagesse à celui qui accède à un très grand pouvoir. Aucune instruction particulière ne peut pourvoir ou prévenir ceci.

Les fils Kadhafi, comme le fils Kim Jong-un ont fait leur éducation dans les meilleures écoles occidentales, avec de la philosophie issue des lumières,mais une fois dans la place du pouvoir quelque chose d'autre vient s'emparer de leur esprit. Le poids de ce qu'il s'est toujours fait avant eux.

Quand aux sages et bien ma fois, je doute qu'ils recherchent des places de pouvoirs temporels, s'il y en a !

Si je critique aujourd'hui les dérives capitalistes qui influencent ce qu'est ma vie aujourd'hui, dois-je faire le même chemin qu'eux pour acquérir une place de pouvoir et annuler ainsi un élan de jalousie en parvenant au même statut ? Ou bien cela veut-il dire que je suis un socialo-communiste ? NI l'un ni l'autre, je crois que je dois être libéral dans l'âme et me dire que les systèmes démesurés et hors limites vont imploser d'eux même sous le poids des abérrations qu'ils suscitent. ;)


Mais combien de dégâts collatéraux avant cela ?

Écrit par : aoki | 17 avril 2013

Ce bouquin est un virus! Néo-fascisme soft 3.0! Attention lecteurs potentiels, ce blog est toxique!

Écrit par : Dr.Folamour | 17 avril 2013

Belle réponse d'aoki.

Écrit par : Mère-Grand | 17 avril 2013

@aoki,

Comme j'aurais aimé savoir écrire ce que vous avez posté !

Il faut effectivement distinguer l'idéal libéral de la réalité de ce qu'il a pu engendrer.
Si beaucoup d'occidentaux ne peuvent plus adorer, ni même avoir confiance dans le concept de base, c'est parce qu'on vit une réalité trop éloignée de l'idéal.
Les convaincus diront bien sûr que si tout va mal, c'est parce qu'on a trop d'Etat, trop perverti le système naturellement juste et bon.
C'est trop facile. Simplement déjà parce que l'homme est ce qu'il est.

La distinction capitalisme / libéralisme permet probablement de sauver une partie des meubles de l'idéal de base. On met sur le capitalisme toutes les dérives et on sauve l'idéal.
Pourquoi pas, si ça permet d'avancer dans une réflexion pas trop détachée des réalités ?
A la base, on ne peut qu'adhérer à l'idée qu'on est l'artisan de sa propre réussite, que notre succès dépend avant tout de notre capacité à nous adapter et à profiter des niches qui s'offrent à nous ou, encore mieux : que nous savons débusquer.

Écrit par : Calendula | 17 avril 2013

Merci Calendula,

Je vous le rend bien ! J'aime beaucoup vos interventions nuancées mais pénétrantes.

Et je pourrais dire la même chose à Mêre-Grand

C'est vrai que je suis mieux inspiré par des grands sujets plus universels, que des faits de société plus anecdotiques ou trop cadrés.

Bonne journée de soleil

Écrit par : aoki | 17 avril 2013

" Il dit quoi le capitalisme quand les ressources sont rares, insuffisantes pour tout le monde, et/ou chères, difficlement accessibles aux familles sans hommes capables de chasser ? "

Jusqu'à présent ce sont les modèles socialistes et non capitaliste qui ont amené à des pénuries de tout pour le plus grand nombre.

D.J

Écrit par : D.J | 17 avril 2013

Merci pour ce billet qui sera certainement suivi de beaucoup d'autres sur le sujet.

Oui, dans un monde idéal, la gauche devrait défendre le libéralisme humaniste et accélérer ainsi la prise de conscience de l'aberration d'un dualisme qui s'estompe sérieusement depuis qu'elle a accepté la validité des lois du marché.

Aoki doute que des sages veuillent faire le sacrifice de se mouiller dans une quête de pouvoir qu'ils renient, jouer un jeu qui les horripile ou au travers duquel ils risquent de perdre leur âme. Il laisse donc l'arène aux simples, aux ambitieux et confirme ainsi que la politique n'est qu'un grand jeu qui ne sert à rien.

Je reconnais volontiers que la gauche est un mal nécessaire qui vient limiter les velléités dévorantes d'un capitalisme financier révoltant, en revanche sa politique de redistribution soi-disant équitable par une solidarité imposée est vouée à l'échec.

Nous en revenons toujours à l'homme. La révolution ne se fait et se fera qu'en lui, au niveau individuel, par des prises de conscience intégrées, incarnées dans sa chair, par un chemin spirituel qui lui permet progressivement de réaliser l'universalité et donc la diminution de la frontière que constitue son propre corps.

Il est intéressant d'observer une tendance qui est reflétée dans l'article de la Tdg de ce jour au sujet de l'essor de la location.
Les sociétés occidentales semblent réaliser que la possession matérielle peut devenir une source de souffrance qui ne compense plus la sécurité éprouvée par ce patrimoine.

Il est aussi très intéressant d'étudier les diverses options qui caractérisent de nombreuses écoles du libéralisme ou plutôt du libertarianisme, notamment une qui est particulièrement révélatrice d'une interprétation très limitative de la propriété privée, le géolibertarianisme, philosophie qui refuse de reconnaître la propriété de la terre puisqu'elle n'est pas créée par le travail humain.

Bref, je vous laisserai le plaisir de nous éclairer sur ces diverses notions que vous semblez maîtriser notamment parce que vous êtes incroyablement prolifique, admirablement synthétique et surtout bien lu.

Merci pour vos contributions.

Écrit par : Pierre Jenni | 17 avril 2013

@ Chuck:

Je décris le fond de la philosophie libérale et capitaliste. D’abord pour que l’on réalise qu’il y a bien une philosophie, même une double philosophie: économique, venue des marchands du Moyen-Âge qui ont été un des moteurs du libéralisme, et sociale, dans laquelle des penseurs ont posé des bases de référence reprises ensuite par les politiques. Le libéralisme d’après la Révolution française était une philosophie défendue par la gauche autant que par les marchands. Le commerce a ouvert la société, l’a libérée de nombre de contraintes, a amené au contrat de travail, à la réglementation de l’échange afin que chacun ait sa place et soit protégé et respecté. L’échange commercial a été théorisé et a été un des éléments de la liberté individuelle. Dans les faits cela ne s’est certes pas produit comme par miracle et il y a encore du chemin à faire. Mais c’est en route et la philosophie libérale, qui garantit le droit au capitalisme, est en accord avec le respect mutuel.

Je reviens à votre exemple du paysan. Au Moyen-Âge de nombreux paysans possédaient leur terre. Ceux qui ne la possédaient pas louaient la terre au vassal ou à l’Eglise (dont les moines avaient beaucoup défriché - celui qui défrichait s’appropriait le sol). Comme locataires (serfs) ils avaient des garanties de rester sur leur terre à des tarifs garantis et de la transmettre à leurs enfants. Ils pouvaient donc anticiper et investir une partie de leur récolte.

Louer n’empêche pas de capitaliser une partie de son travail. Le loueur ne dispose pas du travail du locataire. Celui-ci peut donc tirer de la terre un surplus supérieur à sa seule subsistance. Bien sûr celui qui produit est aussi dépendant des technologies et des modes de production, qui ont beaucoup progressé, permettant davantage de capitalisation. De plus il est soumis aux aléas: météo et guerre. Cela relativise sa possibilité de capitaliser et de se développer. La paysannerie est aujourd’hui en partie dépendante des aides, donc de l’argent des autres, des impôts des commerçants, entrepreneurs et travailleurs de l’industrie. Elle n’est pas autonome. Les humains ne peuvent produire leur subsistance qu’en la perfusant. On est loin du capitalisme libéral ici. Si les paysans ne recevaient pas d’aide, les denrées seraient vendues plus cher, et le budget des ménages verrait sa part loisirs par exemple, diminuer.

Bref personne ne dit que le capitalisme libéral est un mode socio-économique facile et exempt de problèmes. A défaut d’y être vraiment on est dans un semi-capitalisme d’Etat puisque c’est l’Etat qui alloue les aides, moins toutefois que dans un système d’Etat collectiviste.


Vous dites:

«Rien n'empêche des acteurs économiques de s'entendre pour en exploiter d'autres, les faire partir, ou les exterminer.»

En effet, vous avez raison. C’est pourquoi des lois sont édictées et des moyens coercitifs de les appliquer sont mis en place pour préserver la libre disposition de tous et pour sanctionner ceux qui ne la respectent pas. Les lois anti-cartels servent par exemple à cela. Ce qui montre que le vrai capitalisme libéral ne peut se passer d’un cadre éthique affirmé par des lois, et qu’il ne saurait être la licence de faire tout et n’importe quoi à sa guise. Si d’ailleurs on s’en tenait aux caricatures, l’idée que le capitaliste veut tout pour lui et rien pour les autres est inapplicable: pour vendre il a besoin de produire quelque chose que d’autres veulent acheter et aient les moyens d’acheter. S’il n’y a plus d’acheteur, il n’y a plus de vendeur et plus d’économie. C’est pourquoi le capitalisme n’a aucun intérêt à la pauvreté. Son intérêt est la richesse.


Vous citez la chasse dans la préhistoire. La situation était différente et il n’est pas certain que l’individu ait déjà eu une telle place qu’aujourd’hui. Il est donc difficile de comparer. Mais on peut se demander en effet comment ils géraient les situations que vous décrivez. A défaut de documents (l’histoire écrite étant récente) on peut imaginer que cela a été géré dans le but de la survie du clan et de l’espèce. La preuve: nous sommes toujours là! On peut supposer que nos ancêtres choisissaient bien leurs territoires, ou avaient appris à survivre dans des conditions bien plus dures que les nôtres. Ils savaient peut-être aussi coopérer, bien plus que se battre pour tout posséder. La survie en dépendait. La coopération permet d’envisager la survie à long terme alors que la cupidité immédiate limite les chances de survie (d’un groupe, d’une entreprise).

On peut supposer qu’un mammouth pour 20 devait aussi pouvoir faire manger 30, quitte à manger moins. Pour ceux qui ne revenaient pas, les structures familiales comme la polygamie, ou l’éducation des enfants par d’autres membres de la famille, montrent qu’ils ne les laissaient pas mourir. Le passage à l’agriculture a changé la donne. L’agriculture permet d’anticiper, de stocker, de capitaliser, et instaure une forme de capitalisme primitif autour de la terre, à quoi la constitution d’Etats feras le volet politique et militaire afin de protéger la terre.

Aujourd’hui l’Etat a remplacé le volet social tenu anciennement par les familles, le clan, ou par l’Eglise jusqu’à la Révolution. Les pays qui vivent en système libéral assurent le volet social indispensable. La mutualité des assurances en est un exemple. La retraite, les aides en cas de casse grave que l’individu ne peut assumer sont nécessaires. On a tout cela en régime capitaliste libéral.

L’Histoire montre que les attitudes de suprématie et celle de coopération ont toujours coexisté. Les empires montrent la volonté de centraliser le pouvoir et de donner ce pouvoir et une suprématie à un homme. En même temps les empires régulaient la vie dans ses territoires: économie, guerre, langue, par la suite l’éducation, etc. La Pax Romana en est un exemple. De plus les plus anciens textes écrits: le code Hamourabi, la Bible, le Yi King, font tous mention d’un profond sens de la justice et de règles préservant la vie et le bien-être de tous. La justice est inhérente à l’humain, comme ses excès (malheureusement). Il y a dans l’humain le désir de vivre bien, et ce désir passe par le fait que les autres aussi doivent vivre bien. Cette morale naturelle est une sauvegarde, même si elle ne suffit pas à empêcher tous les excès, débordements et crimes.

Pour ma part j’attribue les débordements à l’humain et non au système. L’avantage de la liberté est que le travail conscient sur l’humain est le fruit de sa décision et n’est pas imposé par l’Etat. Je rejoins les propos de Pierre Jenni plus bas: «Nous en revenons toujours à l'homme. La révolution ne se fait et se fera qu'en lui, au niveau individuel, par des prises de conscience intégrées, incarnées dans sa chair, par un chemin spirituel qui lui permet progressivement de réaliser l'universalité et donc la diminution de la frontière que constitue son propre corps.»

La question des excès et débordements dans les comportement rend nécessaire la loi écrite et la justice, ainsi qu’une police pour l’appliquer. La violence et la contrainte exercée par l’Etat ne se justifie qu’aux fins de préserver la liberté des individus. Je pense aussi que la liberté fonctionne bien s’il y a des garde-fous. La gauche par exemple a été un moteur dans la mise en place des lois du travail, que le libéralisme du XIXe siècle n’avait pas imaginé.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

@ Dr Folamour: je vois que vous n'avez pas étayé votre remarque, aussi réduite que réductrice. Faute d'arguments? Je comprends de votre remarque que vous n'êtes pas en accord avec ce livre. L'avez-vous lu? En quoi n'êtes-vous pas d'accord? Où y voyez-vous du fascisme?

Il vaut mieux éviter de crier au loup quand il n'y a pas de loup: le jour où il y aura un loup vous n'aurez plus de voix.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

"En effet, vous avez raison. C’est pourquoi des lois sont édictées et des moyens coercitifs de les appliquer sont mis en place pour préserver la libre disposition de tous et pour sanctionner ceux qui ne la respectent pas."

Des lois? Ahh... Elles sont édictées par qui les lois ?

Marrant votre commentaire.

Écrit par : Zut | 17 avril 2013

@ Aoki:

En effet je lie les deux notions de capitalisme et de libéralisme tant elles me semblent aujourd’hui imbriquées. On peut certes avoir un libéralisme philosophique sans capitalisme économique, mais à terme une telle alliance est vouée à disparaître à mon avis. De même on peut avoir un capitalisme économique sans libéralisme politique, comme le montre la Chine. Sera-ce durable? L’esprit de liberté ne va-t-il pas entraîner toute la machine derrière lui?

L’aspiration à la liberté est très grande. Les société occidentales tentent, avec des modes parfois différents, d’associer la liberté politique et économique. L’association a sa limite. Je pense que le capitalisme est une branche du libéralisme, par la libre entreprise et la libre disposition de soi, de son travail et des fruits de son travail. Mais il n’est pas une obligation. La société pourrait fonctionner à flux tendu, sans rien capitaliser. Evidemment il n’y aurait plus d’investissement, de technologie, et la moindre crise climatique ou sanitaire serait sanctionnée par une famine ou par une épidémie.

Votre constat sur les risques de nuisance du capitalisme est juste et on le constate aujourd’hui. Les prises de risques trop grandes ont déstabilisé profondément l’économie, entraînant dans leur turbulences bien plus de gens que les auteurs de ces risques. Un premier point: une vraie politique de marché, si elle avait été appliquée, aurait vu s’écrouler de très grosses banques. Seul le soutien des Etats les a faites survivre. A tort ou à raison? En tous cas le marché a été faussé et rien n’a été appris de cette leçon, sinon que l’on peut contribuer à faire pareil et que les Etats seront là pour sauver les chefs d’entreprises suicidaires.

Bien sûr on a préservé des emplois et atténué des turbulences sociales. Mais une faillite aurait conduit au rachat par d’autres, avec relance de l’emploi tôt ou tard. Le grand capitaliste n’a pas été tenu pour responsable de ses actes. Or la liberté a un corollaire indispensable: la responsabilité. Il fallait les laisser choir et faire passer un message clair: l’Etat, soit les citoyens, ne sont pas responsables pour le grand capitaliste. Croyez-moi, après trois ou quatre qui seraient tombés, les autres se seraient calmés. Au lieu de cela on légitime l’action envahissante de l’Etat et l’on prépare la route au socialisme centralisateur.

Nous sommes d’accord que le libéralisme est mis à mal tant par les grands capitalistes que par l’Etat.

La question de l’accumulation de richesse et de pouvoir est bien réelle. Qu’en faire sans entrer dans un système de contrainte policière ou étatique? Suffit-il de développer l’économie locale de petite envergure? Est-ce suffisant pour créer la technologie de pointe, la diffusion de biens, la recherche médicale et autre? Peut-on le faire sans passer par de grosses entreprises? Je n’en suis pas certain.

Que faire donc des mastodontes qui semblent vouloir échapper aux règles même du libéralisme au nom d’une concurrence réelle mais parfois aussi manipulée?

Il y a là à creuser: poser des cadres plus fermes sans ôter la liberté. Pas simple.

Au niveau de l’individu, il y a des contrepoids au grand capitalisme. Le premier est le porte-monnaie. Acheter un produit plutôt qu’un autre est comme un vote économique. Refuser de se soumettre à un système qui prive de sa propre liberté: par exemple refuser d’acheter les semences Monsanto, qu’il faut racheter à l’entreprise toutes les années (l’usage d’un surplus de production étant interdit dans le contrat, sauf erreur).

On manque de Diogène, celui qui osait dire à Alexandre le Grand: «Ôte-toi de mon soleil».

La question centrale reste pour moi: comment préserver la liberté dans l’évolution des sociétés? La libre disposition de soi, de son travail, de ses revenus, fait partie de cette liberté.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

"La question de l’accumulation de richesse et de pouvoir est bien réelle. Qu’en faire sans entrer dans un système de contrainte policière ou étatique? "

De toutes façon nous ne sommes plus, en tous cas en Europe, en mesure d'attendre des états de quelconques mesures efficaces. Le système de l'Union Européenne n'est ni libérale, ni libre de l'influence de la grande finance et des grandes multinationales. Le terrain de jeux est mondiale.
Je sais que vous ne me suivrez pas sur ce chemin...

Les états européens ne sont plus souverains pour gérer, leur destinée emberlificotés dans leurs rêves de grandeur et leurs soumissions au grand capital. Tout est organisé pour que les états et donc les citoyens n'aient aucun accès au mécanisme.
(voir la vidéo, 10 min, pas plus)

http://www.dailymotion.com/video/xlev1n_la-dette-publique-pour-les-nuls_news?start=12#.UW7QgHClBGg

N'importe quel citoyens peut voir le piège en toile d'araignée, dans lequel nous nous trouvons et pourtant une étrange apathie saisit tant les médias que les hommes politiques sur le sujet.
Le mécanisme des dettes est pourtant simple et la déroute financière actuelle annoncée vainement depuis une bonne décennie par des personnes qui passaient pour des farfelus. Des Cassandres à l'humeur négative et parano.
Ce n'est qu'en 2010 que les médias ont commencé à parler de la crise de la dette. Alors, que sa structure était posée depuis plus de 30 ans. Entérinée par l'Europe à Maastricht, puis plus tard par le traité de Lisbonne à l'art. 123.

La question est : est-ce que les hommes politiques sont des incompétents en économie et /ou acheté par la finance ?
La réponse est tout les deux. C'est là où les philosophies ne tiennent plus la route.

Dans et au dessus de nos institutions se trouve, le grand capitalisme.

Quand la crise se fit trop tangibles, le conglomérat politico-financier européen a véritablement propulsé Mario Monti à la tête du conseil des ministres italien. Qui est il ? un europhile convaincu, accessoirement consultant à la Goldman Sachs ...
Présenté comme LE professeur, champion capable de sortir le pays de la crise, de réinstaurer la confiance. N'est -il pas membre des deux "think tank" les plus influentes à Bruxelles ?
Il a imposé une cure d'austérité drastique, réformé les systèmes des retraites, imposé l'église catholique, traqué la fraude fiscale et les régimes spéciaux, grappillé partout où il a pu des économies et des revenus pour l'état. Encensé par le monde international, reste que le résultat est que la dette italienne est passée de 119% du PIB à 126 % ...

Le résultat sera toujours pareil, tant que l'on ne s'attaque pas à la structure du mécanisme létal... Qui n'est pas libéral ... ni démocratique. Mais complètement capitaliste !
Seulement pas un seul des apparatchiks français par exemple, n'aurait les "huevos" pour s'attaquer à ce tabou.
Ceux qui le font sont tellement isolés et méprisés par les grand médias !

Un jeune leader à l'esprit d'entreprise aujourd'hui en France, n'est plus à même de faire valoir ses talents dans son pays, pour y générer des richesses. Trop de paramètre contraires se dressent devant lui. Si on le voulait vraiment, il faudrait dispenser d'impôt, celui qui réinvestit ses capitaux dans de l’entrepreneuriat dans son propre pays.
Alors que la logique capitaliste inciterait plutôt de faire des économies de productions et faire fructifier ses revenus en Inde ou en Chine. Pays qui ne sont pas assujettis aux contraintes de Bruxelles.
C'est bien se qui se passe dans la réalité et qui amplifie le problème de la dette.
Quel capitaine de bateau empoigne de front ce problème ? Pas un seul !!!


"La question centrale reste pour moi: comment préserver la liberté dans l’évolution des sociétés? La libre disposition de soi, de son travail, de ses revenus, fait partie de cette liberté."

He bien, la libre entreprise a fini par créer des monstres qui confisquent la liberté individuelle, la souveraineté de l'état et qui emmène les nations dans le gouffre.

C'est ce que l'on pourrait appeler : une énantiodromie Litt. "courir vers son contraire"

L'état devrait être un organisme régulateur qui freine ou qui s'efface de manière circonstancielle pour maintenir cette homéorhésie de la planète.

Gouverner c'est prévoir ... Pour intervenir un état doit avoir une autorité. Ce qui a été abandonné par le monde politique depuis 30 ans très exactement.

Alors bienvenu a un Diogène en dehors du système capable de s'interposer ...

Écrit par : aoki | 17 avril 2013

@ Zut:

"Elles sont édictées par qui les lois ? "

Par des humains, dont parfois les inspirations et les actions sont dignes de confiances, quels que soient les intérêts en jeu.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

@ Calendula:

"Simplement déjà parce que l'homme est ce qu'il est."

Oui, c'est là le "maillon faible". Pas d'organisation parfaite parce que les humains sont capables de tout. Il me semble que de tout mettre sur le dos du capitalisme est une mauvaise option. Personne n'a obligé Cahuzac à mentir. Seule sa cupidité était la cause. La difficulté du capitalisme libéral (je continue à associer les deux) est la hauteur de l'exigence morale. Ce serait plus simple d'avoir des lois pour tout et un policier derrière chaque citoyen! Le fascisme passe par là.

La liberté est très exigeante sur la conscience individuelle et la responsabilité de ses propres actes. La prise en compte de l'autre, de sa liberté et de son bien-être, devraient être un régulateur naturel. Il ne marche pas toujours, on le sait.

Mais je pense que c'est encore et encore dans le sens du libéralisme et de la libre disposition de soi qu'il faut creuser.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

@hommelibre,
Je tiens à dissiper tout flou quant à mon attachement total et profond à l'idée de liberté individuelle et son corollaire : la responsabilité de ses choix et de ses actes.
Au point où nous en sommes, il me semble impensable que les sociétés occidentales reviennent en arrière sur cet acquis, même si par moments, on l'impression que Big Brother n'est pas loin.
Je pense à la vidéosurveillance, mais aussi au fait que nous donnons beaucoup d'informations sur nous avec les cartes de fidélité, avec facebook, nos achats en ligne ou notre besoin de célébrité. Nous sommes libres de le faire et il ne faudra pas se plaindre du retour de bâton.

A propos de Cahuzac : A ce stade, je me demande pourquoi il a tellement voulu cacher ce compte en Suisse. Après tout, s'il a gagné cet argent en travaillant ici ou pour des sociétés pharmaceutiques. Etait-il vraiment impossible de déclarer la chose au moment, où il est devenu ministre? Cela bien sûr s'il ne s'agit "que" de 600.000 euros.
J'ai entendu plusieurs personnes (certes suisses) dire ceci au sujet de la fortune de certains ministres français : "Ah, bon , ils n'ont pas plus de fortune que ça ? Ben, ils ne savent pas bien gérer leurs affaires et je les trouve carrément un peu nuls. Est-ce qu'on peut vraiment leur faire confiance en tant que gestionnaires ?"

Écrit par : Calendula | 17 avril 2013

Calendula,

Je ne doutais pas de votre attachement à la liberté. Toute votre pensée le montre.

A propos des ministres j'ai lu la même chose!!! S'ils ont trop c'est suspect, s'ils n'ont pas assez ils sont incompétents. Avec en plus une sorte de course à la vieille bagnole! Ils sont bons pour faire le Rallye du Mont-Blanc, Fillon en tête! :-)

Pour moi la publication de leur patrimoine reste une mauvaise idée, et une réponse inadéquate au fantasme moraliste de Hollande. C'était inévitable que cette publication soit l'objet de jugements inutiles.

Écrit par : hommelibre | 17 avril 2013

@hommelibre,

Bien sûr que cette déclaration de patrimoine a un côté pénible, mais c'est un mal nécessaire, à ce stade du scénario.
Ca se fait , découvre-t-on, dans beaucoup de pays et c'est considéré comme normal.
Il paraît que c'est un rite typiquement protestant. La France a une autre sensibilité. Je ne me permets pas de juger ça, mais il est certain que les citoyens sont arrivés à un tel point d'exaspération face à ce monde politique, qu'il faut des actes novateurs.
Ca a un aspect comique, c'est probablement un peu humiliant. On a parlé de déballage et de strip-tease.
Ces commentaires et classements ( qui est le plus riche, le moins riche, qui a travaillé, qui a hérité, qui a telle bagnole ?) n'engagent que ceux qui s'y adonnent.
Ca pose la très intéressante question de l'acceptable ou de la norme. Et de l'envie ou de la mesquinerie. Le quidam anonyme, qui a parfois lui-même fraudé sur sa déclaration d'impôts ou travaillé au noir ne fait pas forcément montre de noblesse à l'heure de l'apéro.

Écrit par : Calendula | 17 avril 2013

Suite à ma réponse à John

Les rapports incestueux entre politiques et finances s'est révelé en France par le cas Pompidou !

Pompidou administrateur d'une multitude de sociétés du groupe Rothschild, a battu un record de longévité en tant que premier ministre de De Gaulle. Sous cette autorité il n'a pas bougé une oreille. A sa démission du poste de premier ministre, il retourna à ses activités chez Rothschild. Mais lors de sa présidence il prit une décision qui a changé tout un pan de l'économie avec des mesures qu'il n'aurait jamais osé proposer à De Gaulle.

Il sortit la France du serpent monétaire international, système de régulation des taux de changes, basé sur le dollar américain, à la suite des accords de Bretton Woods après la seconde guerre mondiale.
Rappelons que c'est sous ce système que l'occident a vécu ses "trente glorieuses".
Comment ? Il fit passer une loi le 3 janvier 1973, officiellement de refonte des statuts de la banque de France , mais qui comportait un article 25 : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

Certains ont interprété ceci comme une mesure contre l'inflation. C'est un peu ce qu'il sous entend dans son message à la nation 3jours avant la loi

http://www.dailymotion.com/ch-fr/relevance/search/loi+pompidou/1#video=xrtsca

Néanmoins ses accointances récentes et manifestes avec la banque Rothschild éveilla bien sûr le soupçon de collusion d'intérêts de la finance. On appela même plus tard cette loi; la loi Rothschild !

Toujours est -il que pour ceux qui s'opposent à un retour de la monétisation par la banque de France est l'angoisse de l'inflation. Il faut rappeler que les 10 années qui ont suivi ont battu des record de l'inflation. Il faut rappeler aussi que c'est à partir de ce moment là que l'on a vu apparaître le fléau massif du chômage qui n'a fait qu'augmenter depuis... Choc pétrolier ou ... ?

Dans les faits depuis cette époque, la France, c'est à dire le peuple français paie des intérêts juteux aux banques privées. 43 milliards d'euro d'intérêts par année actuellement. 1280 milliard d'intérêt depuis 1980. Donc sans évoquer le remboursement du capital
C'est un beau business ! Qui n'a sans doutes pas échappé à la banque Rothschild. Mais qui saigne les forces vives de l'économie, le quotidien des sans emplois, des PME. Sans cette loi la France serait à ce jours libre de toutes dettes ou à peu près. Quel changement de perspectives !

A qui profite le crime ?

Comment et pourquoi ce système s'est généralisé à Maastricht ? Et bien parce que la main qui a réalisé cette loi n'est autre que le ministre des finances de l'époque : Giscard !!! Les deux s'étaient déjà côtoyés dans le cabinet des ministre sous De Gaulle.

Et qui a établi le projet constitutionnel de l'Europe ? Giscard ... et pourquoi ce système est revalidé à Lisbonne en 2007 ? L'incompétence et la corruption, mais en tous cas pas la volonté du peuple, perçu à la base de la philosophie libérale comme un éléments majeur de régulation.

Faut il rajouter quelque chose ?

Écrit par : aoki | 18 avril 2013

En regrettant d'enfoncer encore le clou

Mais voici une émission très récente sur la chaîne parlementaire et sur LCP . A propos de la réforme bancaire trop retenue du pouvoir actuel.
C'est pas encore tf1 ... !!! Mais les invités ne sont pas n'importe qui et où on peut même voir l'excellent Michel Rocard se trouver en total accord avec Nicolas Dupont Aignan, qui sont pourtant au départ opposés politiquement !

Tout ce que j'ai écrit sur le dernier poste se retrouve ici explicitement abordé et confirmé
Ceci afin d'en finir avec le déni, sous prétexte de parano conspirationniste !

C'est en trois volets, parfois mal synchronisé mais très compréhensible. C'est un jeune homme invité à s'exprimer en duplex qui casse le cadre trop propret en lâchant cash ce problème et libère enfin la parole des invités. Michel Rocard ancien premier ministre sous Mitterrand, confirme tous les faits exprimés dans mon dernier propos.

http://www.youtube.com/watch?v=Ep_YAz6lLQg

Écrit par : aoki | 18 avril 2013

@aoki,
Le genre de rappel et d'informations que vous livrez est précieux et réellement intéressant. C'est tout sauf "sexy", mais essentiel.
Le libéralisme là-dedans ? Où placer cet idéal ?

Il est important de comprendre à quels carrefours la situation a réellement changé.
Et d'en tirer des leçons.
Maintenant, il faut gérer toutes les choses bancaires au niveau européen et avec la Banque Centrale, avec tous les pays qui essayent de tirer la couverture à soi. Ils défendent ce qui leur semble être leur intérêt, dans un élan qui n'est pas sans rappeler l'individu qui essaye de tirer profit du mammouth à dépecer.

Écrit par : Calendula | 18 avril 2013

Oui Calendula,



Je rebondis sur l'histoire du mammouth qui est très parlante:

Il faut imaginer l'histoire dans le contexte où les tribus devenant trop nombreuses pour le nombre de mammouths ; en imaginant que cette espèce a un rythme de reproduction trop lent par rapport au développement des tribus humaines.

Là, on peut imaginer que les tribus commencent à s'entretuer et que cela représentent le mode d'autorégulation naturel. C'est ce qui se passe par exemple avec des rats confinés dans un espace trop petit.



La différence avec l'espèce humaine, c'est qu'elle possède une mémoire intelligible de la souffrance de ce genre et tient à éviter ce ressort naturel.



Une autre particularité provient du fait que le mammouth est représenté par, d'une part les ressources de la vie sur terre et d'autre part une valeur ajoutée par le travail même de la tribu. Comme les peaux tannées devenues indispensables pour se protéger du froid par exemple.



Le problème du système bancaire actuel est que c’est une économie virtuelle basée sur le remboursement futur effectué par le travail humain.
Autrement-dit nous consommons une richesse qui n'est pas encore produite. Mondialement nous fonctionnons sur un système de carte Visa.
Le défaut du système est qu'il crée un besoin exponentiel de croissance et donc un sur-développement de la tribu humaine qui elle-même épuise les ressources de la terre et ses capacités de renouvellement.
Comme par exemple celle de l'eau potable qui devient désastre en Chine.

Où et à quelle niveau intervenir, pour éviter que la tribu humaine s'entredéchire ?



J'en reviens à mon premier message. Le capitalisme est une valeur orientée sur la matière, et par conséquent elle contient sa propre limite ... celle de la matière : donc notre bonne vieille terre. Une partie de cette matière peut être augmentée par la valeur ajoutée du travail biologique de la vie, et par celle de la transformation humaine.
Sans ces ingrédients le capitalisme n'a aucune réalité, et ces ingrédients représentent la limite de ce matérialisme !



Le problème réel du capitalisme est qu'il est devenu avec le temps et grâce la nature humaine, une dynamique qui ne vit que pour elle-même, sans conscience de sa limite à terme. Sans conscience des paramètres qui le conditionnent. Alors que cette limite approche à grand pas.

Il est devenu abstrait et non maîtrisé dès le moment où nous nous sommes départis d'une économie réelle au profit d'une économie virtuelle.
Cet aveuglement où ce déni est devenu collectif et mondial.
Dans l'émission que j'ai citée, on apprend que l'activité bancaire est à 70% basée sur de la spéculation. C'est à dire autant de dette sur le travail futur et sous forme de dette écologique pour les générations futures.
Car il n'y a plus de richesses qui se créent dans dans le monde à l'heure actuelle. La croissance réelle est au niveau proche du zéro partout. Il n'y a que des transfert de valeurs qui changent de poche. Le jeux de l'avion est en état de suspension avant la chute. (j'espère sincèrement que l'image est exagérée) Chacun essaie de refiler l'ultime dette à l'autre en faisant affluer les capitaux chez eux. C'est ce qui se passe avec l'Asie.

http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.MKTP.KD.ZG




A défaut d'une prise de conscience collective, ce sont les limites matérielles qui vont nous tomber sur le nez et opérer ainsi un réveil possiblement douloureux.


Il ne faut pas attendre des médias une anticipation du processus et informer dans ce sens, il ne faut non plus pas attendre des politiciens une anticipation quelconque. On l'a vu ! Le pouvoir hypnotise autant les hommes d'états que les capitalistes.


Il nous faut nous réveiller par nous même, ne pas déléguer les grandes orientations du monde à des experts économiques ou politiques qui sont hypnotisés par leur propre sphère d’activité.
Faire l’effort de s’informer pour être acteur de sa vie !
Ne pas croire automatiquement les discours lénifiants en langue de bois. Faire confiance au messages ressentis par nos tripes. Là où l'instinct de vie s'exprime.

Le ventre mou de la philosophie humaine, sont les individus bien cadrés dans leurs roulements personnels dont l'acuité est inversement proportionnelle à la fatigue obtenue en obéissant à des directions qu’ils subissent sans se poser trop de question et en délégant un savoir faire relatif à l’état et à la presse.

Le défi est de faire du développement qualitatif et non pas quantitatif, un changement de paradigme de valeur. Il n'y a pas que la matière qui nous fait vivre !
Que le matérialiste relève un peu son regard par l'exemple collectif.

Des relations humaines sans stress sans enjeux matérialistes masqués, explorer les capacités psychiques susceptibles de nous nourrir sur ce plan, au lieu de se gaver de cacahuète devant une émission de teléréalité etc.


Actuellement tout est observé en terme unique de rendement ou de valeur marchande ... ou de buzz potentiel; le corps la santé, la médecine, le travail à l'école, le commerce, le talent, les émotions, les délires.
 C'est devenu plus une prison qu'une liberté.
Chaque acteur du fonctionnement global a une interaction sur l'ensemble. Alors observons à quoi nous participons et qu'est-ce que nous nourrissons :)

Écrit par : aoki | 18 avril 2013

HL, un grand merci et bravo pour cet article très clair et fondamental pour la compréhension du libéralisme. Tout être humain vient dans ce monde libre de toute obligation et dépourvu de tout droit de revendication envers le monde existant. Il ne peut choisir ni le moment ni l'endroit ni l'état du monde qui va l'entourer et dans lequel il va grandir.
Il doit donc bâtir sa future vie lui-même, initialement avec l'aide de sa famille, puis en produisant ces propres richesses pour les consommer, accumuler ou échanger avec un autre membre de la société. Tant qu'il n'entrave pas les droits d'une autre personne, il est libre de produire ce qui bon lui semble et de posséder le fruit de son travail.

Ce sont ces règles "naturelles" qui régissent la vie en communauté. Sans le respect de ces règles, une vie en communauté n'est pas possible. On trouve ces règles dans les constitutions d'Etats démocratiques.

Écrit par : benpal | 18 avril 2013

@aoki,

Le mammouth est l'image de Chuck Jones, tout en haut. Rendons à Chuck ...

Je partage les grandes lignes de la fresque pessimiste que vous peignez. Comme vous, j'ai envie de croire qu'on va trouver comment faire remonter l'avion à la bonne altitude.

Le billet parle d'un "mode social hautement éthique".
Je peux parfaitement accepter qu'à la base, le libéralisme ait les meilleures intentions du monde et qu'il formule beaucoup de données objectivement raisonnables, pour ne pas dire "naturelles".
Notre problème actuel est justement notre relation au naturel. Nous ne vivons plus guère avec ces paramètres-là, nous nous sommes affranchis de beaucoup de contraintes et avons pour cela entamé le capital des ressources à disposition dans cet univers qu'est la Terre. Le Chinois étouffent sous des nuages de pollution. Etait-ce le but de la libre entreprise ? Certainement pas !
Je me demande si le libéralisme est un "mode social". C'est un mode idéaliste, qui se place dans la perspective de l'individu et de son éthique individuelle, en tablant sur le fait que tout un chacun va fonctionner de façon sincèrement positive.
En disant cela, je ne dis pas que c'est mal ou que c'est bien. J'essaye de comprendre la perspective.
Etant un rejeton de ce système, je ne désire pas particulièrement cracher dans la soupe, mais pas non plus la manger sans me poser des question.

Écrit par : Calendula | 19 avril 2013

Aoki,

Je vous lis attentivement et j'ai regardé le débat sur youtube. Débat un peu confus malgré son intérêt. Que tirer comme leçon de cela?

D'abord, et c'est ce à quoi je m'attelle souvent: tenter de reposer les fondamentaux. Comme le rappelle benpal, la liberté est l'état naturel sur lequel la société doit se construire. La seule limite à la liberté est celle des autres. C'est là qu'intervient le cadre de la loi ou de la réglementation.

La doctrine libérale admet la loi, elle l'encourage même puisqu'elle est garante du maintient de la liberté, par le respect du cadre collectif des sociétés. Le capitalisme est moins tenu à la loi parce qu'il est une technique ou un outil, pas une règle élémentaire collective. Il n'y a à mes yeux pas de contradiction à poser des cadres et maintenir un haut degré de liberté. Mais si l'on ne pose pas le fait que la liberté est le fondement, on risque de prendre des mesures par réactivité, des mesures partielles, tout aussi désorganisées que le mal qu'elles tentent de combattre.

L'expérience libérale et capitaliste telle que nous la connaissons aujourd'hui doit nous inspirer les réformes nécessaires pour faire vivre la société dans la prospérité le plus longtemps possible. La pauvreté n'est pas un but et les problèmes sociaux qui en découlent sont en général graves: violence, désespoir, maladie, etc. Dans ce sens la question de l'exploitation de la planète doit se lire non pas par rapport à la planète elle-même comme le disent les écologistes mais par rapport aux besoins de l'humain. La courbe de croissance de la population s'est aplatie dans les pays industrialisés et avec la contraception, cela suivra ailleurs, et la population humaine trouvera un mode de survie sans avoir plus besoin de croissance exponentielle.


Le crédit est en effet un système déroutant, et nous en avions parlé lors d'un ancien billet. Comme vous le dites, avec le crédit on fonctionne avec une richesse qui n'est pas encore produite. Cela je crois que tous les humains le font depuis longtemps. Capitaliser une partie de sa récolte pour acheter une charrue est le même rêve qu'obtenir un crédit pour acheter quelque chose avec de l'argent que l'on gagnera plus tard. L'important c'est le rêve, c'est lui qui motive l'humain.

Bien sûr, acheter maintenant et payer plus tard est un risque. Un premier élément est peut-être de considérer que nous vivons dans une société à haut risque. Tous ceux qui ont une fois contracté un crédit, ou emprunté 10.- à un ami, en sont co-responsables. La mentalité humaine s'accommode très bien de cet élément. La question est donc: quel degré de risque acceptons-nous de prendre? Cette question n'est posée nulle part. Seul le mot "protection" est utilisé dans le débat, comme si par principe vivre dans ce monde était trop dangereux. C'est en partie vrai mais la prise de risque est ce qui a fait découvrir l'Amérique, marcher sur la Lune, ou simplement quitter l'Afrique pour les premiers Sapiens et traverser l'océan pour découvrir l'Australie.

Acceptons-nous encore les risques? Jusqu'où? Et que se passera-t-il si tout est tellement réglementé qu'il n'y a plus de possibilité de prendre de risque?

Un deuxième point est l'argument de Sapir sur l'absence de crise financière mondiale entre 1934 et début des années 80. La raison me paraît un peu courte. A cette époque il y a d'abord eu la guerre qui a fait produire les usines et diminuer le chômage, puis les reconstructions qui ont généré une croissance continue, puis le début d'une véritable mise en pratique de la consommation avec la nécessité de fournir tous les foyers (qui ensuite ont commencé à être saturés) pour satisfaire une population en forte croissance et disposant de plus de moyens, et la fin des colonies qui rapportaient de l'argent. Le grippage de la mécanique économique correspond à la montée des pays émergents et de leur propre production, à l'augmentation du prix des matières premières, aux rétroactions non productives de cet emballement des 30 glorieuses.

C'est sur ce fond que la loi de 1973 se greffe, loi donc le but était aussi de rendre plus fort le secteur bancaire qui en contrepartie drainait encore une partie de l'économie réelle. Mais je pense que c'est une erreur de faire dépendre les Etats des prêts du marché. En effet je pense que politique et économie doivent préserver leur indépendance mutuelle. Il faut aujourd'hui que la Banque Centrale prenne vraiment la place de prêteur, et mette fin au cycle de dépendance.

Redéfinir la place du public et du privé est un des grands enjeux actuels.

De tout les problèmes actuels on ne peut mettre simplement la faute sur le capitalisme, qui est instrumentés par des humains. D'un marteau on peut faire un outil pour construire une maison, mais on peut aussi faire une arme qui tue. Supprimer les marteaux ne supprimera pas le crime.

Écrit par : hommelibre | 19 avril 2013

Bonjour, hommelibre,
Votre réponse de ce matin me plaît, parce que j'y trouve votre propre vision, votre perspective. J'aimerais vite commenter ceci :

"Dans ce sens la question de l'exploitation de la planète doit se lire non pas par rapport à la planète elle-même comme le disent les écologistes mais par rapport aux besoins de l'humain."

C'est un peu la vision biblique de la Terre qui aurait été créée pour l'homme.
(N. B. Je ne mets pas de majuscule pour déifier, mais bien pour désigner
le globe terrestre.)

Je veux bien, même si je pense que la Terre et la nature sans l'homme nous survivront, ne serait-ce que sous forme de bactéries, qui pourront faire redémarrer le cycle de la vie.

Comme je pars de l'idée que chacun de nous a des priorités différentes, il me semblerait utile et nécessaire qu'on se mette d'accord pour préserver notre habitat et la survie de notre espèce sans nous crisper sur des étiquettes.
Au fond, un libéral vertueux et même un capitaliste devraient avoir le même objectif qu'un petit écolo un peu ridicule en sandales : ne pas tuer la poule aux oeufs d'or.
Pas pour les mêmes raisons, mais juste la faire pondre le plus longtemps possible.
Tout comme on ne peut pas faire porter toutes les fautes par le capitalisme, on ne peut pas non plus lui attribuer toutes les réussites de notre système.
Heureusement qu'on n'en est pas resté au stade décrit par Dickens, Hugo ou Zola. Je sais que leurs oeuvres ne sont pas des reportages, mais ce n'est pas non plus de la science-fiction.

Écrit par : Calendula | 19 avril 2013

"et la fin des colonies qui rapportaient de l'argent."

elles en coutaient plus quelles en rapportaient lire pour en finir avec la repentance coloniale de daniel lefeuvre

Écrit par : leclercq | 19 avril 2013

"Au fond, un libéral vertueux et même un capitaliste devraient avoir le même objectif qu'un petit écolo un peu ridicule en sandales : ne pas tuer la poule aux oeufs d'or"

Voilà qui défini bien la situation, Calendula,! Effectivement c'est positif plus de relever ce qui rassemble.

HL, je suis aussi d'accord de faire la part de choses entre l'outil et de ce que l'on en fait.
J'ai peint un tableau sombre parce que je penses que la plupart des points de vue dans les débats sont trop à court termes. Voir loin, c'est faire le constat que la terre est un territoire limité, et qu'elle a abrité le développement de la vie dans un équilibre fascinant et d'une grande beauté à mes yeux. Je suis toujours déçu du manque de respect basique pour cette merveille d'équilibre en mouvement. Quand on exploite jusqu'au dernier recoin tout ce peut être exploitable au jour le jour, avec un discernement restreint du lendemain. Oui je crois déceler chez moi un complexe maternelle vis à vis de notre planète :)
Même si je conçois que cette alliance est appelée à être dépassée un jour de par la nature humaine qui a besoin de se libérer de toute dépendance.

C'est là où on retrouve votre exemple entre Alexandre et Diogène, leur rencontre représente deux chemins différents pour se libérer des dépendances. La conquête ou la philosophie basée sur les choses essentielles: le soleil , l'eau et l'air etc.
L'histoire fait part d'une complicité et de respect mutuel entre les deux parties. Comme s'il étaient les deux pôles d'une seule et même chose.

En définitive, chaque pôle créent un équilibre qui est un peu la base de la base de cette notion d'autorégulation dans la philosophie libéral.

Effectivement, même si je suis un peu inquiet pour mon air et mon eau, car je suis plus Diogène qu 'Alexandre, j'admets que les voies de résolutions sont à même de surprendre par une voie d'équilibre prenant un chemin non prévu par les deux parties.
La créativité c'est cela !

Écrit par : aoki | 19 avril 2013

Merci Johann pour ce lien. J'ai tellement adoré que je me suis fais l'affaire Dreyfuss dans la foulée !

Mais pour en revenir à nos moutons. Vous voyez qui au conseil d'Etat en octobre ?

Écrit par : Pierre Jenni | 19 avril 2013

Pour continuer un peu d'info sur les pratiques financières et des grands groupes d'intérêts, et pour être un peu moins bête:

Ceci sur les marchés financiers, pour se réveiller un peu

http://www.youtube.com/watch?v=OwA2RxG3khg


et pour élargir la vision (les 3 premières minutes suffisent), on voit que la finance obéit à de grand groupes d'intérêts. Que ces groupes achètent les hommes d'états et placent des hommes à leurs services dans les postes clés dans les gouvernements.

http://www.youtube.com/watch?v=3wszOnyMr1M


Et à noter que la RTS avait diffusé, la semaine dernière ce décryptage
http://www.rts.ch/emissions/geopolitis/4732827-multinationales-trop-riches-trop-puissantes.html

Ainsi que sur la même page de géopolitis un état des lieux des attaques spéculatives sur le riz qui dure depuis 4 ans.

Écrit par : aoki | 23 avril 2013

Bonjour homme libre,

Tout ceci est de la théorie d'école que j'ai bien appris sur les bancs. Dans ce cas le communisme est une théorie tout aussi sympa.
Cependant la mise en application du communisme nous a démontrer que l'homme recherche toujours plus de pouvoir sur l'autre. Dans notre conjoncture actuelle, il en est de même pour le capitalisme. Sa théorie n'est pas mauvaise c'est on application ainsi que LE RESULTAT, qui est loin d'être bon. L'Homme fini par exploiter l'homme. Le capitalisme culturel d ailleurs ne développe plus grand chose. Il met en avant des artistes et les stéréotypes à un format voulu par les majors.

Tiens prenons par exemple, l'artiste Banksy! Graffeur reconnu en Angleterre. Là ou Banksy oeuvre gratuitement dans la rue afin de faire profiter son art d'autre vendent des morceaux de murs (notamment au USA) à plusieurs millions. C'est ce qu'on appelle la privatisation de l'art. Je sais ce que l'on dira. Le propriétaire du mur a tout les droits. Certes! Mais il est en aucun cas humaniste. La richesse créée n'est pas de ses mains. Elle est née d'une désobéissance civile, amendable. La reconnaissance populaire a fait que l'on découvert un marché juteux à vendre certaines de ses fresques, qui sont fort belles, il faut le reconnaitre.

A Berlin, ce sont les bobos de gauche et de droite qui rachète les quartiers alternatifs et qui reprennent à leur compte l'art développé dans les squats.

En conclusion, je suis d'accord que la théorie est bien jolie. Mais la volonté du toujours plus force l'homme à dépasser les lignes de la justice. Nous n'avons jamais eu autant de politiciens engagé pour un capitalisme qui soit autant dans des affaires de corruptions, détournement d'argent etc... ce que j'énonce n'est que la réalité, une résultante de la mise en application théorique qui nous révèle jour après jour la conséquence. Le capitalisme d'aujourd'hui suit la pente glissante du communisme. Deux idéologies ne pouvant vivre l'une sans l'autre.

Écrit par : plume noire | 06 octobre 2013

Les commentaires sont fermés.