02 avril 2013

Libéralisme (10): le bébé, un produit comme un autre

Rien ne semble capable d’arrêter le marché. Le capitalisme a réussi à changer profondément la société, plus que toute idéologie politique, sur le principe que le commerce est une des premières libertés sociétales. Inclure la plupart des activités humaines dans la liste des produits négociables est audacieux.


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Cela suppose de s’être affranchi des croyances religieuses, de classe, d’origine culturelle. Tout s’achète et se vend. Qu’on le veuille ou non, il s’agit bien ici d’une liberté humaine fondamentale, celle d’échanger, de fixer une valeur, d’établir un contrat qui précise la part qui revient à chacun, et de se serrer la main ou de signer pour donner son consentement.

Une fois le consentement donné rien ne devrait empêcher la transaction. L’Etat intervient cependant au milieu de cette transaction. Il a quelques raisons pour cela. D’abord il prend de l’argent (des taxes) pour se financer et financer les activités comme l’armée, la police, la justice, la création et l’entretien de routes, etc. L’Etat prend partout. C’est sa tendance naturelle. L’Etat socialiste prendra même les entreprises afin de bénéficier de tous les revenus.

L’Etat intervient également pour donner des directives et contrôler. Il contrôle la qualité et la conformité des marchandises. L’honnêteté des fabricants et des marchands n’étant pas garantie par une sorte de bienveillance divine, il doit faire le sale boulot de suspecter et de vérifier. Il décide aussi des règles de vie en commun: règles de circulation, conditions de construction, ouverture des commerces, circulation et vente des armes, tapage nocturne, trafic aérien, etc: rien ne lui échappe. L’Etat libéral ou socialiste n’ont pas de différence: ils sont tentaculaires, omniprésents, le second entretenant davantage de policiers que le premier et son oligarchie de privilégiés étant plus réduite que dans le libéralisme.

Pour le reste, tout s’achète et se vend. L’Etat veut le savoir afin de prélever des taxes et poser des règles relevant encore quelque peu d’une ancienne morale humaine en voie de disparition. Ainsi certains pays refusent que le bébé soit une marchandise. Pour cela l’adoption de bébés a été rendue longue et difficile. L’esprit de la loi est que des parents - par exemple stériles - n’adoptent pas pour compenser un manque mais uniquement pour le bien d’un enfant orphelin. Or il y a de moins en moins de bébés à adopter, en particulier en Europe. Alors les bébé se vendent.

Immoral disent les uns. Non, la liberté individuelle et égalité disent les autres. Parce que certains couples peuvent avoir des bébés naturellement, tous les couples ou individus en veulent aussi. Les couples homos vont bien sûr grossir la clientèle d’acheteurs de bébés, mais aussi les femmes seules qui sont de plus en plus nombreuses à faire un bébé toutes seules faute de trouver un homme prêt à s’engager.


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Il ne faut pas se faire d’illusion: ce commerce de bébés est déjà en place, et le marché va vite devenir prospère. Les sommes engagées peuvent être élevées. Les marché mondial des bébés va se compter en milliards sous peu.

Cela passera par la procréation médicalement assistée et par la GPA, la Gestation Pour Autrui. Les humains aisés louent déjà le ventre des femmes défavorisées: ce sont les moins chères. Il se développera aussi un marché du luxe: des femmes au pedigree parfait du point de vue de l’origine sociale et au passé de santé impeccable loueront leur ventre beaucoup plus cher.

Cela se fait au nom du «droit à l’enfant». Puisque certains humains peuvent avoir des enfants, tous doivent en avoir sans quoi il y aurait une discrimination. L’égalité est devenue un dogme? Bien pire: une contrainte, une oppression morale. La différence sémantique est de taille: on ne parle plus de «droit de l’enfant» à avoir une famille et une éducation mais du «droit à l’enfant» dont disposent les parents esseulés et en quête de normalité sociale. L’enfant devient un hochet dans la panoplie du parfait consommateur du monde moderne. Avoir un enfant c’est comme avoir une voiture. Ou une peluche.

Dans le même sens l’insémination artificielle est en plein boum. Les femmes seules ou les couples peuvent choisir le bébé selon le donneur: son origine ethnique, son passé de santé, sa taille, sa couleur de cheveux, sa profession. Les donneurs restent anonymes mais sont soigneusement sélectionnés. Et comme les donneurs peuvent être utilisés plusieurs fois dans le même pays, des demi-frères et soeurs biologiques se rencontreront sans le savoir et se marieront.

Tout cela se passe déjà ainsi: on choisit le donneur sur catalogue. Idem pour les ventes d’ovules. Et l’on ne choisit pas des gens pauvres ou balayeurs de rues. L’origine ethnique la plus demandé est caucasienne - blanche.


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L’Etat va forcément légiférer et autoriser toutes les pratiques possibles, car il y a des taxes qui actuellement lui échappent. De même, au nom de l’égalité et de la liberté individuelle, il autorisera tôt ou tard les mariages incestueux. Pourquoi ne le ferait-il pas? A  cause de la consanguinité? Certains chercheurs affirment que c’est un moyen d’éliminer des tares. Et puis, si aujourd’hui la parentalité biologique est passée à la trappe et si la parentalité sociale est la seule importante, comme le prétend par exemple la ministre française des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, il n’y a plus de raison d’invoquer la biologie sans entrer dans une forme de discrimination. Le principe d’égalité, qui n’est que vaguement libéral, ne tient plus compte des différences naturelles et de situation. Au nom de la non-discrimination il est évident que l’on autorisera bientôt les mariages incestueux.

Et il n’y a pas à le déplorer: c’est bien la société de liberté à laquelle la plupart de nos contemporains ont souscrit. Si cela ne convient pas il y a deux possibilités: soit installer un système politique très autoritaire, rétablissant des limites collectives par la contrainte. Vu le travail à faire Staline passera pour un enfant de choeur. Soit susciter un éveil de la conscience individuelle sur le respect de la vie et de la nature, et développer des relations non marchandes entre humains.

Mais d’ici là, les bébés se vendront de plus en plus, les ventres se loueront à grande échelle, la sélection génique connaîtra de beaux jours, la revendication de droits toujours plus étendus s’imposera, et au nom de la liberté et de l’égalité il n’y aura rien à dire à cela. Même pas à exprimer un éventuel désaccord car on passerait pour réactionnaire, machinphobe, etc. La «société» des droits toujours plus étendus, sans invoquer les devoirs y relatifs, correspond bien à l’état d’esprit consumériste. Le capitalisme est gagnant. Le socialisme sociétal (mariage pour tous, p. ex.) est la pointe avancée du libéralisme. Par contre en politique il ne trouve de place qu’en se posant comme une punition néo-protestante et comme un moralisme réactif forcément réactionnaire: préservation des acquis, catastrophisme écologiste, société et politiciens exemplaires, etc.

Un point encore: si la parentalité sociale supplante la parentalité biologique à cause d’une vision idéologique ou à cause des bébés achetés, qui paiera les pensions pour l’enfant en cas de séparation? Ce ne seront plus les pères biologiques - sans quoi il faudrait solliciter aussi les donneurs anonymes. Du moment où les donneurs de sperme ne seront pas mis en cause, les pères biologiques n’auront plus à l’être. C’est ainsi: au nom de l’égalité et de la non-discrimination on ne peut leur imposer ce dont on exonère d’autres, et au nom de la paternité sociale ils ne devraient plus être considérés comme parent s’ils ne vivent pas un temps minimum avec la mère. La mauvaise surprise sera pour les concubins qui prendront la place du père: un an ou deux de vie commune avec la mère et ils auront les responsabilités - financières entre autres - du père biologique, dont la pension.

On n’arrête pas le progrès. Si c’est un progrès.

Commentaires

Impressionnant de véracité!
Toutefois, la nature a toujours su reprendre ses droits un jour ou l'autre.
Comment le fera-t-elle dans ce domaine?
A suivre...

Écrit par : Marie-Fance de Meuron | 01 avril 2013

Oui Marie-France, la question est ouverte. Et elle est particulièrement complexe... On n'a pas fini d'en faire le tour.

Écrit par : hommelibre | 01 avril 2013

@Hommelibre,cet article fait sans doute suite au documentaire,Enfants sur mesure!on ne peut être contre le don de soi pour en aider d'autres mais un peu de discrétion ne serait pas de trop.
Avant tout était tabou et maintenant on affiche tout.Aussi comment interdire ensuite la pédophilie ? vendre son sperme pour arrondir ses fins de mois sans avoir a courir les femmes qui font le trottoir pourquoi pas.Chacun est libre ou non de faire des bétises qui en l'occurence auront de graves répercussions .Heureusement les eugénistes auront encore du travail dans les hopitaux psychiatriques ,les mêmes qui les vit courir pour stériliser des gens considérés comme anormaux,leur tâche sera indentique à celle des années 1920 et plus
.Ces naissances collectives parcontre obligeront à créer de nouveaux organismes pour recherche de non paternité partagée.On comprend mieux le terme de réseaux sociaux,rire
Mais de grâce qu'on cesse de faire la morale au citoyen* normal* qui lui jette par malheur un déchet dans la rue,cela semble un bien moindre mal à comparer à ce qui risque d'arriver avec tous ces croisements génétiques
Et n'oublions pas que si cela se fait au niveau humains sans doute cela se fait aussi sous le masque du politiquement correct déjà chez des animaux
Alors pour ne pas entacher trop mes rêves nocturnes je vous souhaite bonne nuit et file écouter Radio Eviva et ses programmes musique Label ArmySuisse

Écrit par : lovsmeralda | 01 avril 2013

"La mauvaise surprise sera pour les concubins qui prendront la place du père: un an ou deux de vie commune avec la mère et ils auront les responsabilités - financières entre autres - du père biologique, dont la pension."

et la logique voudrait que ces concubins assument aussi l'autorité soit investis de l'autorité par les méres hein madame belkacem il faut être logique ju'usqu'au bout.

ces concubins il faudra qu'ils jouent le jeu j'usqu'au bout qu'ils tapent du poing sur la table, puisque ces femmes en onts besoin financiérement, actuellement c'est trop facile elles onts les pensions alimentaires et ceux qui les donnent n'onts plus droit au chapitre parce éjectés. et puis ces femmes sonts aidées financiérement par l'état ces à dire pae nous, qui compensons leur baisse de revenus suite à leur nouveaux choix de vie, l'état n'a pas à aider une femme parce quelle c'est foutu dans la merde en divorçant dixit evelyne sullerot.

c'est facile de retrouver son indépendance comme elles disent si bien en gardant l'enfant au dépend de l'ex et au frais de l'état, el les féministes de gauche vaudraient que ces femmes soient encore mieux aidées mais personne leur a dit de se foutre dans la merde.

Écrit par : leclercq | 01 avril 2013

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