05 janvier 2013

La liberté, c’est l’indépendance de la pensée

Cette définition de la liberté ressemble à un aphorisme moderne. Elle est pourtant ancienne. Elle date d’il y a presque 2’000 ans. Elle fut énoncée par le philosophe Epictète au premier siècle de notre ère.


epictète,philo,stoïcisme,grèce,rome,liberté,émotion,indépendance,Epictète est affilié à l’école stoïcienne. Esclave affranchi, il fuit un temps Rome à la suite d’un décret de l’empereur Domitien contre les stoïciens. Il ouvre une école philosophique en Grèce, à Nicopolis d’Épire, où ses entretiens sont suivis par de nombreux étudiants. Le stoïcisme est une voie intérieure qui peut être comparée au bouddhisme par certains aspects:

«Cette philosophie exhorte à la pratique d'exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie, but ultime de l'existence de l'homme (absence de passions qui prend la forme d'une absence de souffrance).»

«(Epictète) vit dans la pauvreté en compagnie d'une femme et d'un enfant qu'il a adopté. A Nicopolis, il ouvre une école stoïcienne qui connaît un grand succès. Pendant plusieurs années, il enseigne sous la forme de discussions et de remises en question.»


Ce commentaire de wikipedia donne une idée de sa philosophie:

«La question principale à laquelle tente de répondre la philosophie d’Épictète est de savoir comment il faut vivre sa vie. De toutes les choses du monde, certaines sont en notre pouvoir exclusif tandis que d’autres ne le sont pas. Nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinaisons, nos aversions - en un mot, toutes nos actions - appartiennent à la première classe des choses. Le corps, les biens, la réputation, les dignités - en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions - appartiennent à la deuxième classe des choses.

Bien que nous ne soyons pas responsables des représentations qui naissent librement dans notre conscience, nous sommes absolument et sans aucun doute responsables de la manière dont nous faisons usage de celles-ci


Ici, une parole de poète et résistant sur la liberté:


La Liberté

Elle est venue par cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l’issue de l’aube que le bougeoir du crépuscule.
Elle passa les grèves machinales;
Elle passa les cimes éventrées.
Prenaient fin la renonciation à visage de lâche , la sainteté du mensonge , l’alcool du bourreau.
Son verbe ne fut pas un aveugle bélier mais la toile où s’inscrivit mon souffle.
D’un pas à ne se mal guider que derrière l’absence, elle est venue , cygne sur la blessure par cette ligne blanche.

René Char

 

A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le couvert est mis.

René Char

23:32 Publié dans Philosophie, Psychologie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : epictète, philo, stoïcisme, grèce, rome, liberté, émotion, indépendance | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Quel beau mot liberté mais en son nom que d'infâmies.Comme celles d'aujourd'hui qui sous le couvert du mot écologie intoxiquent vos neurones qui pour se calmer vont grâce à la TV recevoir des conseils pour mieux manger a condition de savoir utiliser le produit pour maigrir en toutes sécurité et qui si vous changez encore une fois de chaine vous rassurera grâce à l'emploi de petites dragées à ne consommer que si vous n'avez pas perdu un gramme.
Comme quoi au royaume du virtuel la liberté de pensée n'est plus qu'un erzatz de songe qu'il vaut mieux conserver justement en ne lisant plus que la presse papier qui elle au moins vous rendra votre liberté tout en vos faisant rencontrer des humains.Voilà pour moi en tous cas le vrai sens du mot liberté et par chance je peux encore me souvenir du temps ou il n'y avait aucun virtuel les humains étaient vivants et non aneroxigènes d'amour celui-ci était présent et se manifestait tout au long de la journée grâce aux ancêtres on ne peut en dire autant de nos jours .
A trop de conseils souvent faux les humains ont perdu la liberté de s'exprimer par eux-mêmes,quel dommage même le son du teléphone leur fait peur .Le pire les effraye et l'on sait qu'en étant libéré de toutes fausses peurs,le pire n'est jamais envisagé sous de sombres auspices.

Écrit par : lovsmeralda | 06 janvier 2013

Je vous suis bien Lovsmeralda. La liberté de pensée est une vigilance et une distance envers ce qui est de nature à nous hypnotiser ou à créer une dépendance ou une soumission à une information. Le virtuel semble plus facilement échapper à la critique: fascination de l'écran qui fait de nous des enfants consommateurs? En tous cas il semble que l'époque demande de faire un tri régulier dans les informations et influences que nous recevons, intellectuelles comme émotionnelles.
Bon dimanche!

Écrit par : hommelibre | 06 janvier 2013

@Hommelibre, être libre de penser et agir librement.Ceci en toute liberté à condition de na pas être intoxiqué par des us et coutumes qui sortent droit du délire du Petit Poucet et du Gros Manou atteint de bouffées délirantes lui aussi. N'est-ce pas ce qui est demandé aux humains responsables , qu'ils prennent très vite leur vie en main plutot que laisser d'autres agir à leur place grâce à une quelconque emprise ?
Vous avez avez fait paraitre un article sur la différence entre hommes et femmes,de fait hormonalement parlant il y a une grande différence encore accentuée par les trop nombreux traitements hormonaux et l'accouchement.
Je pense à celles qui ont vécu celui-ci dans des temps pas si immémoriaux que ça ,une fois le pire redouté derrière oui celui de ne pas avoir ni médecin accoucheur ou sage femme en nombre faute de rationnalisation de personnel soignant déjà à cette époque, celles-là ont très vite compris qu'il valait mieux ne compter que sur soi et en sa bonne étoile.
Et cette liberté dont il est question dans l'article du jour ,nous aura été octroyée justement grâce à cet acte qui paraitrait complètement débile au personnel soignant aujourd'hui qui vit dans un cocon de savoir bien prisonnier d'un système entravant leur liberté de penser.C'est toute la différence avec les écoles de notre époque et celles d'aujourd'hui.Avant on était libre d'agir les anciens savaient que plaies et bosses seraient le meilleur apprentissage et combien ont-ils eut raison.Chat échaudé craint l'eau froide mais ne recule jamais devant le danger et grâce à cet adage dont nous étions adeptes les eugénistes ont su nous récupérer pour faire progresser la Science Médicale.Non pas victimes consentantes mais presque dirais-je tellement le fameux écrivain et médecin Slaughter avait compris comment vacciner cérébralement une jeunesse encore naive
toute belle journée des Rois pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 06 janvier 2013

on pratique de la télépathie dirait-on ,rire
bon dim pour vous aussi

Écrit par : lovsmeralda | 06 janvier 2013

Un rappel qui s'inscrit dans un riche savoir qui doit encore nous inspirer dans le présent.
On aurait dû puiser dans cette vérité le danger que représente pour l'humanité toute adhésion à une religion qui interdit précisément de penser en dehors des limites imposées par sa propre "Vérité" révélée.
C'est ce qui distingue fondamentalement, sinon dans les faits concrets, une dictature religieuse d'une dictature politique ordinaire, la première s'arrogeant un droit tiré d'un absolu hors du monde des hommes et donc indiscutable par eux, la seconde cantonnée à l'intérieur du domaine humain et donc propre à être contestée.
Cette "faiblesse" conceptuelle explique évidemment que les dictateurs non religieux utilisent toute une série de stratagèmes pour asseoir leur pouvoir, dont le recours à la religion constituée (avec l'appui éventuel de sa hiérarchie) ou l'attribution à la forme d'idéologie, de société et de pouvoir qu'ils imposent d'une aura de transcendance qui fait de sa mise en cause un crime du même ordre que celui du blasphème et d'autres révoltes contre dieu.

Écrit par : Mère-Grand | 06 janvier 2013

Très beau titre monsieur hommelibre je note :)

Écrit par : prometheus | 09 janvier 2013

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