29 décembre 2012

Le joueur de flûte de l’Elysée

En politique l’enchantement est toujours risqué. Il fait appel à des mythes et archétypes que personne ne maîtrise vraiment. La vertu affirmée par monsieur Hollande et demandée à ses ministres est un mythe. Dans un pouvoir partisan - et quel pouvoir ne l’est pas? - on ne peut demander la perfection vertueuse. Cette perfection suppose une objectivité sans faille dans l’action politique et dans l’analyse de la société.


france,hollande,sarkozy,trierweiler,féminisme,taubira,belkacem,femen,civitas,racisme,esclavage,montebourg,florange,mittal,chirac,impôt,Or ce gouvernement n’échappe pas aux tentations partisanes. Féministes, d’abord. On se souvient de François Hollande, alors en campagne électorale, courbant le dos devant les sifflets d’une assemblée féministe. On a vu récemment madame Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes (ce qui est déjà une discrimination en soi, il n’y a pas un droit par genre) réaffirmer la fable de l’inégalité salariale. On l’a entendue déclarer, au lendemain de la manifestation du 18 novembre à Paris, qu’aucune tolérance ne sera acceptée concernant les violences faites aux Femen. Elle n’a rien dit contre les violences faites par les Femen aux manifestants du cortège. L’action des Femen relève du pénal. Par quel enchantement le gouvernement vertueux fait-il deux poids et deux mesures sans que personne n’y trouve à redire?

Ce gouvernement, toujours vertueux, affiche sa relativité républicaine. Madame Taubira, ministre de la Justice, tente d’enchanter la population sur le respect de la France et de ses juges. Pourtant la carrière politique de madame Taubira commença en reniant la France (indépendantisme guyannais). Madame Taubira s’est également illustrée à propos de l’esclavage. Elle a été à l’origine d’une loi mémorielle sur la traite négrière (transatlantique). Fort louable. Mais elle a passé sous silence la traite négrière africaine et arabo-musulmane, contre l’avis d’historiens compétents, y compris africains. Elle s’en est justifiée ainsi:

«Christiane Taubira soutient sa position en déclarant qu'il faut éviter d'évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les «jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes.»

Pauvre jeunes arabes, victimes de l’Histoire. Il ne faut pas leur dire que leurs ancêtres sont des esclavagistes et colonialistes. Ce faisant elle accepte de faire porter tout le poids de l’esclavage sur les jeunes blancs occidentaux et commet une discrimination raciale. Un ministre raciste à la Justice. Pourtant l’esclavage africain et arabo-musulman (ou transsaharien) est, selon les historiens, le principal esclavage commis en Afrique. Quelle vertu y a-t-il chez ce ministre de la Justice? Quelle justice y a-t-il chez ce ministre de la Vertu?
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Autre enchantement, celui d’Arnaud Montebourg à propos de Florange. Un enchantement qui le conduira même à apporter des croissants aux salariés de Mittal - devant les caméra de télévision, car un bon enchanteur doit avoir ses chroniqueurs. Le désenchantement est venu rapidement.

Ce désenchantement est assez général. Les promesse enchanteresses n’ont servi que le temps d’une campagne électorale. Mittal devait être une lutte phare du gouvernement, de même que Peugeot. A l’arrivée, après 7 mois de pouvoir, il n’y a aucune ligne économique, aucun discours clair et déterminé sur le redressement industriel. On voit vite si un gouvernement est déterminé. Ici on retrouve l’ambiance Chirac et son narcissisme tranquille. Hollande semble n’avoir pas eu de projet ferme et déterminé avant l’élection, et le gouvernement semble bien lent à en trouver un. En comparaison, Nicolas Sarkozy avait fait voter le bouclier fiscal deux mois après son élection. On le lui a reproché pendant cinq ans, mais l’idée était de garder les grosses fortunes en France. Aujourd’hui le Conseil Constitutionnel français juge inégalitaire l’imposition à 75% des gains de plus de 1 million d’euros et annule cette disposition. L’impôt maximal est dorénavant à 45%, soit 5% de moins que le bouclier fiscal. Soit le taux que F. Hollande suggérait en 2011! La France qui fustigeait Sarkozy reste étrangement silencieuse. Sarkozy était brouillon et irritait la France. Hollande est illisible et la déprime.

Le pouvoir d’enchantement de François Hollande est-il encore actif? Dans les cercles proches probablement. Les princes, mêmes inefficaces, ont leurs courtisans. Mais pas dans le peuple. Le désenchantement est en route:

«La politique que menait Nicolas Sarkozy est jugée deux fois plus efficace que celle menée par son successeur à l'Élysée François Hollande (40 % contre 22 %), tandis que 31 % des Français les jugent "aussi inefficaces l'un que l'autre", selon un sondage BVA.»

35% des ouvriers jugent Hollande inefficace, contre 11% qui le trouvent efficace. Enfin 62% jugent Montebourg inefficace. Mais qui d’autre le serait?  Mélenchon? Trop agressif. Bayrou? Pas assez agressif. Marine Le Pen? Trop plaintive ou rageuse. Il lui manque l’énergie et le ton d’un Churchill. Mais si elle les trouve, elle pourrait rafler la prochaine mise.

france,hollande,sarkozy,trierweiler,féminisme,taubira,belkacem,femen,civitas,racisme,esclavage,montebourg,florange,mittal,chirac,impôt,Nicolas Sarkozy avait aussi une dualité enchanteur-désenchanteur. Il a été trop timide en beaucoup de choses: offrir une ligne ferme et lisible; imposer des règles à la finance; réduire les couches administratives du pays; stimuler l’esprit entrepreneurial; booster l’envie en relevant les salaires minimaux.

Dernier point sur ce gouvernement vertueux. En mai François Hollande demandait à ses ministres de s'abstenir «absolument de toute intervention concernant la situation d'un membre de leur famille ou d'un proche».

Pourtant le 10 décembre dernier, il témoignait par lettre au Tribunal en faveur de sa compagne Vava Trierweiler. Mélange des genres? Hollande ne refuse rien aux femmes. Mais il faudra une autre trempe pour relancer le pays. Hollande donne l’impression d’être comme le joueur de flûte de Hamelin, qui entraîna les rats de la ville avec une musique enchanteresse, dans le fleuve où ils se noyèrent.


Espérons que les français sachent nager...

Commentaires

Une analyse brillante de la situation politique ...

Écrit par : benpal | 29 décembre 2012

Voyons, selon Rousseau, toute partie du contrat social a le droit s'il le veut de le remettre en cause, il n'est pas illégal de demander l'indépendance de la Guyane, c'est faux. Sinon, De Gaulle, en accordant l'indépendance à l'Algérie, ou au Cameroun, ou à la Guinée, devrait être jugé comme criminel. Mais dès qu'il a vu que la majorité dans ces pays réclamait l'indépendance, il l'a accordée. Taubira a-t-elle essayé d'imposer l'indépendance à une majorité de Guyanais qui n'en voulaient pas? Car c'est cela qui est illégal.

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

(C'est un argument de Le Pen, pour qui la France est en fait plus sacrée que les lois de la République, et qui déteste certainement Rousseau.)

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

Votre haine du féminisme vous entraîne à une pseudo analyse des maux de la société française, qui mélange tout et n'aboutit à rien. Quelle misère intellectuelle... Et puis c'est tellement facile de critiquer le voisin...

En plus, il y en a qui vous félicitent de vos élucubrations...

Allez, je ne suis pas vache et je vous présente mes voeux pour une année 2013 d'un meilleur niveau.

Écrit par : Déblogueur | 30 décembre 2012

Bonjour John !

Quelques précisions concernant la décision du "Conseil constitutionnel" :

" Aujourd’hui le Conseil Constitutionnel français juge inégalitaire l’imposition à 75% des gains de plus de 1 million d’euros et annule cette disposition. "

Selon le communiqué du "Conseil constitutionnel", voir ici :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-662-dc/communique-de-presse.135513.html

Extrait :

" ... le Conseil constitutionnel a, sans se prononcer sur les autres griefs dirigés contre cet article, censuré l'article 12 pour méconnaissance de l'égalité devant les charges publiques. "

En fait, le législateur aurait omis de prendre en compte le fait que l'imposition s'opère par "foyer fiscal" et non par "personne physique". De ce fait l'article censuré (article 12) du "projet de loi de finances 2013" l'a été dès lors que les deux conjoints d'un même foyer fiscal gagnant chacun 900'000 €uros n'auraient pas été affectés par cette nouvelle disposition, alors qu'un autre foyer fiscal ne disposant que d'un seul revenu, de 1'200'000 par exemple, l'aurait été.
C'est pour cette raison d'inégalité que l'article incriminé a été censuré.

Une telle négligence du législateur me laisse pantois, tant l'erreur me semble énorme !

Bien à vous et mes meilleurs voeux pour 2013 !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30 décembre 2012

en savoir plus sur Taubi-rat

http://www.atlantico.fr/decryptage/lettre-ouverte-christine-taubira-loi-esclavagisme-traites-365705.html?page=0,0

Écrit par : leclercq | 30 décembre 2012

Bonjour Rémy,

Il n'y a rien d'illégal à proposer l'indépendance d'un territoire, en effet. Je ne l'ai d'ailleurs pas laissé entendre. Je constate qu'après avoir en quelque sorte renié la France pour cause de colonisation, elle a su y trouver son intérêt. Il y a une forme de continuité à s'opposer à l'Etat colonisateur (elle était membre du Moguyde, le mouvement guyanais de décolonisation), et à charger uniquement les français d'origine européenne de la charge morale de l'esclavage. Colonialisme et esclavage n'auraient qu'une seule couleur? Cela ne saurait correspondre à la vérité historique et encore moins à l'égalité républicaine. La falsification, qui plus est pour des raisons partisanes, ne saurait être considérée comme une vertu.


"... Le Pen, pour qui la France est en fait plus sacrée que les lois de la République..."

Plus sacrée, je ne sais pas. Il est vrai que toutes les populations du monde sacralisent certains territoires. Si vous avez vu le film, déjà ancien, avec Robert Redford "Jeremiah Johnson", la violation du caractère sacré d'un cimetière amérindien est un crime puni de mort. Un livre sur des textes amérindiens était paru en son temps avec pour titre: "Pieds nus sur la Terre sacrée".


La sacralisation correspond à un appropriation culturelle mythique. Je pense à Aimé Césaire et à un poème où il parle des "tam-tams sacrés qui riez à la barbe des missionnaires". Appropriation culturelle, ici destinée à faire rempart contre l'envahisseur blanc.

On peut aussi penser au caractère sacré (puisque mené au nom de Dieu) du combat de Jeanne d'Arc (icône française) contre l'envahisseur anglais, ou, dans le registre de l'humour mais non dépourvu de signification symbolique, à Astérix défendant son lopin contre l'envahisseur romain. On peut encore citer les albums de musique africaine "Terre sacrée", édités par Lumière d'Afrique. Il s'agit là aussi de porter haut une appropriation culturelle, que ni la république ni la mondialisation ne peuvent effacer pas plus qu'elles ne peuvent en ôter le caractère géographique et ethnique.

On parle aussi de la terre sacrée des aborigènes d'Australie, et de bien d'autres régions du monde.

Le terme sacré est synonyme d'inviolable. La Terre sacrée, dans les cultures où cette expression est en usage, fait appel à l'âme, à une source et ressource identitaire profonde, à l'accumulation d'une culture et à une appartenance délimitée, à une forme de "nationalisme" au sens d'une nation unie par l'ethnie, la culture ou la religion. La République convoque davantage les questions d'organisation politique et d'identité juridique. En ce sens, la "terre sacrée" a une dimension, une profondeur que la République ne saurait concurrencer. Même si la République est un projet étonnant puisqu'elle propose une identité transculturelle et transethnique.

Bien que je ne sois pas Lepéniste, pour entre autres la raison que je suis pro-européen, il se peut que Le Pen n'ait pas tort en tout.

Écrit par : hommelibre | 30 décembre 2012

@ Déblogueur: bonne année à vous aussi.

Je reprends votre commentaire et j'y apporte quelques nuances. D'une part il ne s'agit pas de haine mais au pire de "saine détestation", au mieux d'une lucidité active sur le féminisme - ou du moins sur la caricature qu'il est devenu et sur la misandrie sur laquelle il fornique.

Vous pouvez parfaitement trouver mon analyse inadéquate. La vôtre m'intéresserait. Il serait alors possible de débattre sur du fond, ce que votre commentaire ne permet pas.

Je ne mélange pas: je cite trois cas où la vertu demandée et l'enchantement annoncé sont contredits dans les faits, j'établis des liens, et je propose une image.


Pour ce qui est de critiquer le voisin, j'aime la France et je ne vois pas de problème à le faire. Encore heureux que l'on puisse critiquer une politique ou ceux qui la conduisent, au titre de la non conformité entre leurs actes et leurs promesses. Cela permet de se positionner, ou de s'examiner soi-même au bout d'un débat - si débat il y a.

Écrit par : hommelibre | 30 décembre 2012

Jean,

Merci pour cette précision technique. M. Ayrault annonce que d'autres mesures vont être décidées pour remplacer cette taxation. On reste dans une mesure symbolique. Avec ce symbole, le gouvernement laisse entendre que ceux qui gagnent beaucoup sont liés aux difficultés économiques de la France. Le faible rapport de cette taxe ne confirme pas cela.

Je trouve que le discours contre les riches, ou la stigmatisation de Depardieu, servent une forme de populisme de gauche. Plus: ils alimentent une sorte de nationalisme de gauche, où la France est soudain invoquée comme une valeur absolue. Pourtant l'internationalisme était de gauche depuis plus d'un siècle. Hollande et son équipe empruntent au FN sur la question fiscale et politique, comme Sarkozy empruntait au FN sur les questions de sécurité. Le nationalisme gagne partout, à gauche comme à droite. Qu'en pensez-vous?

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 30 décembre 2012

Mais qui attribue un caractère sacré à la présence de la Guyane dans le territoire de la République? En plus, personne. C'est du fétichisme niais. Et de toute façon, ce n'est pas parce que le monde entier est fétichiste qu'il a forcément raison. Les peuples évolués ont mis le sacré dans le ciel ou dans le coeur de l'être humain, et le culte d'un élément matériel comme est un sol confine au matérialisme. En tout cas, saint Augustin a toujours nié que Rome fût sacrée, il a nié aussi que l'espèce ou la lignée était sacrée, et ce qui est sacré, dans la république, c'est la volonté libre de chacun, et en cela elle est conforme à saint Augustin, qui disait que dans le coeur humain il y avait Dieu, puisqu'il avait fait l'homme à son image. Rousseau pensait pareil, du reste.

Ensuite, si le gouvernement Ayrault est anticolonialiste, c'est bien normal que Taubira veuille participer au gouvernement, quand elle agit, comme elle le fait sur tout le territoire de la République, cela s'applique aussi en Guyane, c'est ce qui est bien, que cela s'applique ailleurs ne nuit pas à la Guyane!

Et enfin, les lois sont faites pour la France, pas pour les pays étrangers, et la France est responsable de l'esclavage qu'elle a fait, et non pas de celui que les autres ont fait, elle n'a pas à s'en occuper, on ne va pas envahir les autres pays parce qu'ils ont fait ceci ou cela, c'est comme Sarkozy avec sa loi sur le génocide arménien, la logique était d'attaquer la Turquie, c'est complètement idiot. Une loi sur l'histoire ne dit rien des faits réels, quoi que le petit peuple croie, il s'agit juste d'essayer d'orienter l'action des gouvernements à venir dans un sens opposé à la faute reconnue.

Car s'il s'agit de porter des jugements gratuits sur l'histoire, un homme politique me paraît d'une compétence absolument nulle. Même un curé de village l'est plus.

En tout cas c'est mon avis.

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

Et bonne soirée aussi, John!

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

Oui John, je partage votre analyse et me suis beaucoup exprimé à ce sujet dans votre billet du 24 décembre intitulé "Depardieu et Torreton: comme un boomerang".

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2012/12/24/depardieu-et-torreton-un-delicieux-pas-de-deux.html?c

Exprimé à tel point que j'ai eu l'impression de squatter votre blog plutôt que de rédiger un billet à ce sujet sur le mien. Mais je suis sûr que vous ne m'en voulez pas.
J'ai constaté aussi que ledit sujet était extrêmement sensible, à tel point que j'ai blessé au moins l'un de mes contradicteurs. Or il n'est jamais agréable de blesser autrui.
C'est un sujet sensible pour deux raisons je pense. L'une est purement politique et liée à la polarisation gauche-droite extrêmement marquée en France. L'autre est liée au nationalisme. Car qu'on le veuille ou non, il est parfois extrêmement désagréable de voir la politique de son pays être critiquée par des étrangers, surtout si l'on partage cette politique. Seuls les nationaux auraient le droit de le faire.
C'est d'ailleurs ce que vous dites dans votre commentaire à "Déblogueur" ci-desssus.

Une telle critique est d'ailleurs souvent interprétée comme un manque de tact, voire de l'arrogance. Or bien souvent il n'en est rien. Pour reprendre le cas concret de la politique française, lorsqu'elle est critiquée par nous autres Suisses surtout, mais aussi par les Belges, c'est que nous connaissons - ou croyons connaître ? - souvent bien, et parfois très bien, les institutions, l'histoire, l'économie et l'actualité de la France, du fait de notre proximité culturelle avec elle, à tel point parfois que nous oublions que nous ne sommes pas Français.

Le cas inverse est différent je pense, car peu de Français connaissent réellement les institutions, l'histoire, l'économie et les actualités de leurs "petits voisins" francophones. Cette méconnaissance est logique dès lors que nos populations respectives ne pèsent pas lourd, que notre presse et nos médias ne sont guère diffusés dans l'Hexagone ... et que les Français s'intéressent peu à ce qui se passe à l'étranger, il faut bien le dire.

Mais pour aborder concrètement la question que vous me posez sur le populisme de gauche en France, je partage tout à fait votre analyse. Je pense que toutes ces mesures fiscales, d'un très faible apport sur le budget puisque que l'on parle ici de 1500 personnes concernées qui auraient payé chacune 140'000 €uros, ce qui représente un revenu de 210 millions d'€uros au budget de l’État, est avant tout une mesure destinée à montrer que le PS est "avec les plus faibles", alors qu'elle aura pour effet premier d'accentuer encore le clivage de la société française en désignant à la vindicte populaire "les riches" et surtout les "exilés fiscaux". Cette mesure est un contre-feu à l'évolution défavorable de la conjoncture économique, autant dire de la démagogie.
N'est-il pas préoccupant de constater qu'un président de la République qui devrait être le rassembleur de la Nation, se prête à ce jeu là ?
Mais le couple Hollande-Ayrault n'a pas le monopole du populisme de gauche, il suffit de penser à Chevènement, à Mélenchon ou à Montebourg.

Si le populisme et le nationalisme, qu'ils soient de gauche ou de droite d'ailleurs, gagnent partout, c'est en raison des difficultés économiques et sociales. C'est l'exploitation du message : la source du problème c'est l'autre, l'étranger, le riche, le voisin, le concurrent, etc. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Bien à vous et meilleurs voeux !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30 décembre 2012

Excellent, EXCELLENTISSIME! Je vous embrasserai John :) Ce gouvernement de fantoches est à l'image de ceux qui l'ont élu!

Qui mettra fin à cette gabegie et sauvera la France? QUI!

Meilleurs voeux pour 2013 John, et que votre plume soit toujours aussi prestigieuse.

Écrit par : Patoucha | 30 décembre 2012

"et que les Français s'intéressent peu à ce qui se passe à l'étranger, il faut bien le dire."
Que d'angélisme! que de mansuétude ! Et quelle blague, si ce n'est de la mauvaise foi. Quand le Béjart Ballet Lausanne va à Paris, il devient le jour même le "Béjart Ballet" au TJ.
Quand Cameron plonge à 10 mille mètres, aucune allusion au bathyscaphe de Piccard et de son record absolu. En eût-il été de même si Piccard avait été Français ?
les Français sont au contraire extrêmement au courant de l'actualité pour arriver à un tel niveau de censure de ce qui n'est pas français...

Écrit par : Géo | 30 décembre 2012

"et la France est responsable de l'esclavage qu'elle a fait,"

et les descendants de pirates barbaresques habitants en france eux n'onts n'onts pas à se repentir de l'esclavagisme pratiqué par leurs ancêtres, c'est un peu facile, en plus il n'y avait pas génocide mais taubi rat n'est pas à un mensonge prés

"
« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

et dans ce texte de loi il n'est spécifié nulle part quelle ne parle que de la france

Écrit par : leclercq | 30 décembre 2012

Merci Jean pour ce développement que vous aviez déjà abordé précédemment. J'apprécie votre clarté et je la trouve bienvenue.

Sur votre conclusion: "C'est l'exploitation du message : la source du problème c'est l'autre, l'étranger, le riche, le voisin, le concurrent, etc.", c'est hélas trop vrai. De ce point de vue chaque force politique majeure en France a son bouc émissaire et aucune d'elles ne casse avec ce mécanisme. C'est malheureux et dangereux car on s'habitue à cette banalisation. Ce n'est pas qu'en France et l'hexagone n'a pas le monopole du bouc émissaire. La Suisse aussi connaît ce mécanisme. Mais la tension est moins forte grâce probablement à notre système politique, alors que le système français favorise des positions plus extrêmes.

Le FN est dans une position confortable car au fond toutes les forces politiques ramènent peu à peu à ce type de discours. Avec un programme politique plus complet et plus positif, plus attractif, il prendrait encore à gauche comme à droite. Et la gauche comme la droite auront une part de responsabilité. Le désenchantement, si rapide d'un côté comme de l'autre, peut en effet conduire à rechercher un nouvel enchantement radicalement différent.


La question que je soulève, et sur laquelle je critique François Hollande, est le décalage entre le "Moi président" qui promettait une France sans rejet, sans exclusion, dynamique, créative, et la pratique qui se déroule sous nos yeux qui est manifestement à l'inverse de l'engagement pris. Je trouve ce décalage très marqué, et cela depuis le début.

Mais comme vous le relevez, nous aimons la France et nous passionnons pour ses péripéties et pour ses grandes élections.

Bien à vous Jean et meilleurs voeux également.

Écrit par : hommelibre | 30 décembre 2012

Rémy,

Le caractère sacré peut être vu comme un fétichisme en effet. Dans le cadre de notre discussion, et puisque vous aviez introduit ce concept, je le relie davantage à un signe identitaire, un besoin en même temps qu’un sentiment fort d’appartenance. Mais je souhaite davantage commenter l’esclavage.

La loi Taubira mentionne l’esclavage transatlantique et par l’océan indien. Elle ne mentionne pas la traite négrière arabo-musulmane. On pourrait, comme vous le suggérez, justifier cela par le fait que la loi ne concernerait que la France. Cela suppose déjà que l’on fasse l’impasse sur les causes et sur l’histoire de l’esclavage, dont on sait qu’il fut pratiqué autour de la méditerranée, en Europe, et en Asie bien avant l’Europe.

La loi Taubira mentionne toutefois l’Europe et non simplement la France comme responsables de l’esclavage. Dans chaque article le continent est cité dans son ensemble, et pas une seule fois la France. L’article 3 étend même le propos de la loi puisqu’il est question de trouver une date internationale de commémoration, tant auprès du Conseil de l’Europe qu’auprès de l’ONU:

«Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera également la recherche d'une date commune au plan international pour commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer.»

La loi Taubira est donc non-spécifique au pays, et procède au contraire d’une intention généraliste mondiale.

La loi Taubira prévoit que les manuels scolaires mentionneront l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Mais la documentation à l’attention des écoles ne parle que de l’esclavage européen et particulièrement français:

http://www.comite-memoire-esclavage.fr/inventaire/


L’Assemblée Nationale française a rédigé un mémoire sur l’esclavage:

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/esclavage/abolition.asp#chronologie

Il y a en tout 8 lignes sur l’esclavage saharien ou arabo-musulman et des centaines de lignes sur l’esclavage français et européen. Pour un mémoire historique c’est singulièrement disproportionné, d’autant que les marchés aux esclaves musulmans existaient encore au XXe siècle.

De plus la loi Taubira prévoit d’utiliser toutes les sources orales et archéologiques accumulées en Afrique:

«La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique».

Or les historiens africains eux-même connaissent la traite négrière arabo-musulmane, de même que l’implication des africains eux-mêmes dans cette traite. Introduire un programme scolaire sur l’esclavage sans mentionner que les africains eux-mêmes le pratiquaient est particulièrement biaisé. C’est une volonté politique de type discriminatoire, comme madame Taubira l’a elle-même exprimé.

«La traite atlantique a été en partie rendue possible par le caractère esclavagiste de la société africaine notamment dans les grands empires sahéliens médiévaux. De nombreux royaumes ont collaboré à la traite européenne.» (Mémoire de l’Assemblée Nationale).


Il faut d’ailleurs relever que le mémoire de l’Assemblée Nationale n’use pas des mêmes mots pour parler de l’esclavage saharien ou transatlantique. Pour le premier il s’agit de:

«L'Empire ottoman était un centre de redistribution de main-d'oeuvre servile.
La traite arabe, qui a précédé la traite européenne, empruntait les voies d'acheminement...
Plusieurs courants approvisionnent le monde arabe...»

On parle d’approvisionnement, de redistribution de la main d’oeuvre. Pour la traite transatlantique:

«La traite européenne est une entreprise commerciale et économique consistant à enlever les Noirs d'Afrique...
Des Noirs sont embarqués...
Les conditions de transport au cours de voyages durant de 40 à 100 jours seront particulièrement inhumaines : le système dit "de la cuillère" (disposition en tête-bêche) permet d'entasser des centaines de noirs enchaînés dans le faux pont d'un bateau...»

Entreprise commerciale, embarqués, inhumaines, etc: le discours est fort différent. A croire que l’esclavage arabo-musulman était doux, respectueux, bientraitant. Pourtant on sait que les hommes esclaves étaient émasculés en Arabie pour éviter de reproduire des lignées à peau noire.


De cela les manuels scolaires ne parlent pas. Il y a donc bien un biais et une volonté d’un côté d’universaliser la condamnation de l’esclavage, de l’autre d’en faire porter la responsabilité uniquement sur les franco-européens. Madame Taubira pratique donc une discrimination raciale et préserve objectivement avec les anciens esclavagistes arabo-musulmans. Cela sous un argument raciste: préserver les jeunes arabes des méfaits de leur ancêtres. Ainsi les jeune français d’origine arabe apprennent à l’école que seuls les blancs ont pratiqués l’esclavage, ce qui est susceptible d’alimenter le rejet français des beurs de 3e génération. Alors qu’ils viennent d’une population qui a volé les terres, pratiqué l’esclavage et le colonialisme, et qui ne s’en est jamais excusé publiquement.

Madame Taubira a bien une mentalité raciste (anti-européen), mentalité qui ne semble pas gêner ce gouvernement. Pas plus d’ailleurs que la falsification historique du féminisme radical sur la victimisation universelle des femmes.


Bonne soirée et meilleurs voeux pour vous, Rémy!

Écrit par : hommelibre | 30 décembre 2012

Leclercq, elle ne dit pas non plus que ce n'est pas le fait aussi des Africains eux-mêmes, donc, il eût été mauvais de le mentionner.

Rien n'indique en revanche que le texte ne soit pas valable aussi pour l'avenir, il peut s'agir d'un texte préventif, la France considère que ce qui a été fait constitue un crime, et si cela se refait, elle agira en conséquence. Pour l'étranger, elle saisira l'O.N.U. Je ne vois pas le problème de ce texte, et vous avez raison, les gens n'ont pas à payer pour leurs ancêtres, le droit est pour les individus, et non pas pour les familles, c'est un principe fondamental du droit moderne. Mais on n'est pas absolument obligé non plus de penser comme ses ancêtres sur la France, le pacte républicain n'est-ce pas devrait pouvoir être refait à chaque génération, en tout cas les évolutions dans les sentiments des générations devraient être mieux regardés, au lieu de cela on fige dans le marbre le supposé pacte républicain de 1789, alors que nous n'y étions pas non plus, le pacte pèse sur des descendants qui somme toute n'ont rien demandé. Si une nouvelle génération de Guyanais veut modifier le pacte en ce qui le concerne, on ne voit pas ce qui sur le plan légal peut l'empêcher. Car il faut quand même signaler que les Guyanais sont la plupart du temps descendants d'esclaves.

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

Mieux regardéEs, et en ce qui LES concerne (les Guyanais).

Écrit par : Rémi Mogenet | 30 décembre 2012

John,

Hollande est l'otage de la majorité qui a contribué à l'élire et j'imagine que tous ses actes et propos doivent être préalablement pesés et soupesés. Dans ces conditions, difficile d'être spontané.

Ce n'est pas une excuse certes, mais une explication.

Bonne soirée !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30 décembre 2012

"Je ne vois pas le problème de ce texte"

moi si



"Il y a donc bien un biais et une volonté d’un côté d’universaliser la condamnation de l’esclavage, de l’autre d’en faire porter la responsabilité uniquement sur les franco-européens. Madame Taubira pratique donc une discrimination raciale et préserve objectivement avec les anciens esclavagistes arabo-musulmans. Cela sous un argument raciste: préserver les jeunes arabes des méfaits de leur ancêtres. Ainsi les jeune français d’origine arabe apprennent à l’école que seuls les blancs ont pratiqués l’esclavage, ce qui est susceptible d’alimenter le rejet français des beurs de 3e génération. Alors qu’ils viennent d’une population qui a volé les terres, pratiqué l’esclavage et le colonialisme, et qui ne s’en est jamais excusé publiquement"

Écrit par : leclercq | 30 décembre 2012

@ Géo :

Lorsque que j'écris "que les Français s'intéressent peu à ce qui se passe à l'étranger", je fais naturellement référence aux institutions, à l'économie, à l'histoire et à l'actualité, c'est-à-dire à mon énumération ...

Angélisme, mansuétude ? Mauvaise foi certainement pas !

Le Français moyen, selon le formule consacrée, connait-il le nom du président ou de la présidente de la Confédération ? Sait-il que chacun de nos cantons est doté d'une Constitution, d'un gouvernement et d'un parlement ? Que sait-il du fédéralisme ? Que sait-il de l'économie de la Suisse ? C'est avant tout à cela que je fais allusion.

De la Suisse, il connait très peu de chose en réalité, ça ne l'intéresse pas et s'en moque éperdument. Il préfère s'en tenir aux poncifs habituels alimentés par notre distillateur national AOC Jean Ziegler !

Pour le reste, ce que vous relevez : le BBL, le record absolu de plongé de Jacques Piccard (10'916 m), etc., je reconnais que l'information est souvent orientée en faveur du "patriotisme", que ce soit sur les chaînes de TV, que dans la presse écrite. C'est particulièrement flagrant avec "Le Figaro", mais aussi dans la presse de gauche : "Libération" ou "Le Nouvel Observateur".

Je maintiens que les Français en général s'intéressent peu à la politique étrangère, qui leur est particulièrement ... étrangère, à quelques exceptions près : l'Algérie, les histoires de la monarchie britannique, etc.

Je vous adresse (de bonne foi ;o) ...) mes meilleurs voeux !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30 décembre 2012

Leclercq, je ne vois pas où dans le texte il est question des Franco-Européens. Les populations africaines etc. peuvent très bien avoir été victimes de négriers africains, le texte ne dit pas le contraire.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

John, Taubira est guyanaise, et l'insertion des esclaves noirs en Guyane est bien de la responsabilité de la France. Visiblement, elle trouve plus grave d'avoir déplacé des esclaves et alimenté le marché traditionnel africain par ce surplus de commerce, que d'avoir entretenu le commerce habituel. Car en réalité, l'esclavagisme oriental et africain existe depuis des temps immémoriaux, les Turcs etc. ne faisaient que suivre des coutumes ancestrales, l'habitude des eunuques existait déjà dans l'antiquité en Orient. Peut-être qu'en Europe, il y avait une forme d'hypocrisie profonde à supprimer le servage chez soi, et à le remplacer par des esclaves noirs placés dans les colonies et qui ont, comme je l'ai dit, été une vraie nouveauté du commerce des esclaves au sein même de l'Afrique et de l'Orient.

Quand on pense à ceci que le commerce des esclaves en Orient et en Afrique était traditionnel et ne différait pas de celui que pratiquait déjà l'antiquité, on peut aussi se dire qu'insister sur cet aspect est seulement une manière de s'en prendre aux coutumes des autres, au lieu de regarder les mauvaises actions particulières de son propre camp. Car réellement, l'esclavage des noirs fut une nouveauté, en Occident, puisque dans le même temps on mettait fin au servage.

Ensuite, c'est plutôt aux pays africains et orientaux de reconnaître que l'esclavagisme tel qu'il était pratiqué chez eux n'était pas une bonne chose, d'ailleurs, en principe, ils ont arrêté. Mais comme ils ont arrêté sous la pression des empires coloniaux, peut-être qu'ils ne seraient pas très contents, si on les tançait encore, que cela ressemblerait à une nouvelle forme de colonialisme, qu'ils auraient l'impression qu'on utilise des prétextes nouveaux pour les mettre à genoux, pour les enquiquiner, les mettre en position d'infériorité. Or, auraient-ils toujours tort? Une loi française ne peut s'appliquer aux autres pays, qui sont souverains.

Quant à celui qui voit son identité dans un sol, il a un problème, quand on voyage, on ne perd pas son identité. C'est pur matérialisme, que de lier son être profond au paysage qu'on a pris l'habitude de voir. Il n'y a là rien d'authentiquement sacré.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

"quand on voyage, on ne perd pas son identité."
Eh bien, allez par exemple en Afrique vous établir et prendre la place des Africains. Vous verrez ce qu'ils en pensent. Ils nous tolèrent parce qu'on leur amène des sommes colossales et que grâce à nous, ils n'ont pratiquement plus besoin de travailler. L'Europe leur alloue des fonds pour la construction des routes, des écoles, des hôpitaux, bref, de toutes les infrastructures nécessaires, et quelques allumés généralement d'obédience catholique militent ici pour que leur dette soit supprimée. Donc les contribuables européens payent toutes les infrastructures africaines depuis les indépendances des années 60.
Et allez demander aux Kurdes ce qu'ils pensent de vos théories sur la terre et l'identité.

Il n'y a décidément rien de plus odieux que ces gens qui ont tout et qui crachent dans la soupe systématiquement...

Écrit par : Géo | 31 décembre 2012

Je ne sais pas, je suis allé au Cambodge, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu mon identité, même quand je me suis mis à prier Bouddha, dont les images sont partout présentes dans cette région du monde. Je disais quelques mots de khmer, je ne perdais pas mon identité, je ne crois pas. C'était bien toujours qui les disais.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

C'était bien toujours MOI qui le disais, je veux dire.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

Rémy,

L'esclavage fut une nouveauté pour l'occident mais pas pour l'orient comme vous le soulignez. Cela ne le rend pas plus légitime là-bas qu'ici. Serait-ce perçu comme du néo-colonialisme que de le reprocher à ceux qui l'ont pratiqué avant nous? Ce serait un peu fort de café de leur part. S'ils nous reprochent l'esclavagisme, nous devons en retour pouvoir le leur reprocher également. Ce genre de mot n'a qu'un sens, le même partout, et désigne une pratique identique et une réalité qui n'est pas liée à une culture particulière.

Je m'élève justement, et c'est pourquoi j'interviens parfois de cette manière, contre ce protectionnisme et cette dissymétrie de la faute.

"... cela ressemblerait à une nouvelle forme de colonialisme, qu'ils auraient l'impression qu'on utilise des prétextes nouveaux pour les mettre à genoux, pour les enquiquiner, les mettre en position d'infériorité...":

éviter de les mettre en cause pour ces raisons, je pense que c'est justement une forme de paternalisme et de colonialisme "affectif". Considérer les anciens esclavagistes pour ce qu'ils ont fait c'est leur signifier du respect. Les en protéger est une forme détournée de racisme, c'est les considérer comme inégaux à nous.


C'est une erreur que nous payons régulièrement par le mépris que certains anciens esclavagistes nous témoignent. Nous sommes vraiment les cons pour eux. Car les dirigeants arabes connaissent très bien leur histoire. Ce sont eux qui ne veulent pas voir les mauvaises actions de leur propre camp. Ici en Europe nous reconnaissons les nôtres, pas eux. Les relations entre les pays arabes et l'Europe changeraient singulièrement s'ils prenaient leurs responsabilités plutôt que de nous accabler et se poser toujours en victimes.

Evidemment, parler de l'esclavage arabo-musulman va passer pour du racisme. Mais ce n'est pas du racisme: c'est seulement la réalité historique.


Si madame Taubira voulait incriminer uniquement la France, elle ne devait pas faire figurer dans le texte de la loi un appel au Conseil de l'Europe ni à l'ONU, ni proposer une date internationale de commémoration. Elle a bien voulu parler de l'esclavage en général, en mettant l'Europe et la France seules en accusation devant le tribunal du monde.

Prend-elle une revanche? Avec cette mentalité on ne devrait pas être ministre mais tenancière de bistrot. Derrière un comptoir on peut prendre les gens pour des idiots. Pas quand on est ministre.


Pour ce qui est de l'appartenance territoriale, l'identité est individuelle et ne change pas d'un coup par un voyage. Mais qui pourrait nier que les références auxquelles on pense sont d'abord celles de la région où on a grandi et où l'on vit? Les africains, ou un Aimé Césaire, font la même chose et valorisent à tout va leurs racines culturelles régionales ou continentales. Personne n'y trouve à redire, au contraire: on les félicite. Deux poids deux mesures.

Personnellement je ne porte pas la culpabilité des esclavagistes européens, et donc je refuse la discrimination raciste qui ferait de moi le bourreau et qui en même temps ferait des esclavagistes africains ou arabes, turcs, asiatiques, des victimes. Or c'est ce que fait Madame Taubira et ses propres propos sont malheureusement très clairs à ce sujet. C'est en réalité intolérable, et le fait de le tolérer, le fait que le MRAP ou autre asso n'ait jamais rien fait contre madame Taubira montre bien à quel point de biais nous en sommes en Europe. C'est une "colonisation morale".

Il faut en finir avec l'auto-flagellation et avec ce colonialisme à rebours, que madame Taubira incarne et que le gouvernement cautionne. La gauche a besoin d'une sévère révolution culturelle. Parce que là avec ses falsifications elle creuse le lit d'une nouvelle violence à venir.

Écrit par : hommelibre | 31 décembre 2012

Vous savez bien qu'il existe le dogme de la "continuité de l'Etat". Si on disait que l'Etat changeait à chaque génération, il n'y aurait pas la possibilité de se déclarer coupable de crimes effectués à une autre époque. Mais si l'Etat a une continuité, alors, il porte bien sur lui la responsabilité des fautes des gouvernements antérieurs. Or, il est libre de les reconnaître. En revanche, il n'a pas le droit de juger unilatéralement un autre Etat. Chacun peut le faire dans son petit coin, à sa guise, mais à l'Etat lui-même, c'est interdit.

Naturellement, c'est un peu ridicule, car l'Etat réel est fait des citoyens vivants, et non des morts. La continuité de l'Etat, c'est un mythe. Cela existe peut-être, il existe peut-être une substance immortelle qui demeure au-delà des formes périssables, un esprit, un "génie national" qui inspire à la fois le bien et le mal qui se fait dans les gouvernements, mais après tout c'est l'affaire des historiens, ou des théologiens, des philosophes, qui peuvent être français ou étrangers, et qui peuvent parler de la France ou d'autres pays comme ils l'entendent. Vous dites donc ce que vous voulez, mais Taubira n'est ni philosophe, ni théologienne, ni historienne. C'est vrai qu'elle n'a été élue que par des électeurs vivant au moment de l'élection, et qu'aucun par conséquent n'était vivant du temps de l'esclavagisme.

Mais enfin, il faudrait traiter ce problème de façon globale. Si vous-même donnez une continuité à la nation, par exemple à travers le lien au sol, il faut reconnaître que, de mon point de vue, il n'est pas logique de dire qu'il faut interdire de dire que la nation française a agi mal. En revanche, le droit international interdit toujours au gouvernement français de le dire des autres nations. C'est sans doute mal fait, mais cela vient de ce que le droit s'appuie sur les électeurs vivants, non sur les morts, et que la "continuité nationale" est une sorte de symbole qui vient se placer dans le droit de façon inappropriée.

Ensuite, personne ne vous empêche de critiquer Aimé Césaire. Deux poids deux mesures, bien sûr, célébrer Paris, c'est aussi permis et même encouragé, et célébrer la Savoie c'est mal vu, c'est politique, c'est évident, cela ne s'arrêtera que quand l'Etat arrêtera de s'occuper de vie culturelle en général, de littérature, de théologie, de philosophie, et même de science. Quand l'Etat arrêtera de mettre son nom dans l'histoire. Mais vous savez très bien qu'il ne le fait pas seulement pour l'esclavagisme, qu'il crée des programmes d'enseignement de l'histoire qui tournent autour de la notion de "nation immortelle", qu'il a légiféré pour d'autres moments de l'histoire encore. Il faut prendre les choses de façon globale.

Mais si des gens estiment que l'Occident est bien plus coupable que l'Orient dans la traite des esclaves, ou un autre sujet, ma foi, c'est leur droit, et vous avez aussi le droit de penser autre chose.

Et à mon avis, l'individualité reste, même quand on change complètement de région de domiciliation, ou de langue usuelle, et même si on pouvait changer de corps au cours de sa vie, elle resterait, à mon avis. Il y a des histoires de science-fiction de ce genre, vous savez.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

Quand l'Etat arrêtera de mettre son NEZ dans l'histoire, je voulais dire.

Écrit par : Rémi Mogenet | 31 décembre 2012

".... Il ne faut pas leur dire que leurs ancêtres sont des esclavagistes et colonialistes."

Pauvre Taubira! Mais nous, nous ne pouvons taire l'histoire et le net est là pour dénoncer ce qui nous a été caché - et ne vois personnellement aucune différence avec ce qui se passe aujourd'hui dans certains pays..."

Génocide des hindous : Le génocide tu .

Certains historiens estiment qu’entre 1000 et 1515,
environ 80 millions d’hindous ont été massacrés par la répression musulmane. C’est énorme. Il pourrait s’agir du plus grand génocide de l’Histoire. Nous vous proposons un long article sur ce sujet, un sujet difficile à traiter car nous ne voulons pas tomber dans l’anti-islamisme primaire. Mais il semble en effet que ces massacres ont été très importants. Par ailleurs, pour différentes raisons, ce génocide est tu en Inde et ce passé est occulté, et c’est là une grande source d’interrogation.

Les envahisseurs musulmans commencèrent leurs incursions au début du 8ème siècle, sous le règne de Hajjaj, le gouverneur de l'actuel Irak.

En 712, sous le commandement de Mohammed Kasim, les auteurs des raids démolirent les temples, brisèrent les sculptures, pillèrent les palais, tuèrent un nombre incalculable d'hommes – le massacre des habitants de Debal se prolongea pendant trois jours – et emmenèrent les femmes et les enfants en esclavage.

Après la vague de violence initiale, Kasim tenta toutefois de rétablir la loi et l'ordre sur ces terres nouvellement conquises, et à cette fin, il autorisa même un certain degré de tolérance religieuse. Mais quand Hajjaj, son maître, entendit parler de ces usages pleins d'humanité, il objecta : « Il apparaît dans votre lettre que l'ensemble des règles que vous avez promulguées pour le confort et le bien-être de vos hommes est en parfait accord avec la loi religieuse. Mais la manière d'accorder le pardon prescrite par la loi est différente de celle que vous avez adoptée, puisque vous accordez votre pardon à chacun, riche ou pauvre, sans faire aucune distinction entre ami et ennemi. Le Grand Dieu dit dans le Coran [47.4] : “O Vrais Croyants, quand vous rencontrez des incroyants, coupez-leur la tête.” Ce commandement du Grand Dieu est un commandement supérieur et doit être respecté et suivi. Vous ne devez pas être trop indulgent et montrer de la pitié, ceci pourrait anéantir la portée de l'acte. Désormais, n'accordez de pardon à aucun ennemi et n'en épargnez aucun, car si vous le faites, tous vous considéreront comme un homme à l'âme faible. »

Dans une communication ultérieure, Hajjaj répéta que tout homme valide devait être tué, et que les fils et filles en bas âge devaient être emprisonnés et retenus en otages. Kasim obéit, et en arrivant à la ville de Brahminabad, il massacra entre 6 000 et 16 000 hommes.

Les exploits de Kasim le précurseur se poursuivirent au début du 11ème siècle, quand Mahmoud de Ghazni « traversa l'Inde comme une tornade, détruisant, pillant et massacrant », appliquant avec zèle l'injonction coranique qui demande la mort des idolâtres qu'il avait juré de châtier chaque jour de sa vie.

Au cours des dix-sept vagues successives de cette invasion, du propre aveu de l'érudit Alberuni que Mahmoud avait emmené en Inde, « Mahmoud ruina complètement la prospérité du pays, et accomplit de merveilleux exploits, dignes de figurer dans la mémoire du peuple, telle une ancienne légende, réduisant les hindous en atomes de poussière éparpillés dans toutes les directions. Les restes dispersés [de cette population] nourrirent de ce fait, une aversion invétérée à l'encontre des musulmans. »

En l'an 1000 la conquête islamique de l'Afghanistan fut suivie par la destruction de toute la population hindoue de cette région. Le nom "Hindu Kush" signifie aujourd'hui encore le massacre des hindous.

Les sultans turcs Bahmani, qui régnèrent sur le Deccan de 1347 à 1425, avaient fixé un quota annuel de 100 000 hindous.

En l'an 1399, le turco-mongol Tamerlan aurait fait mettre à mort de sang-froid en une seule journée 100 000 Hindous prisonniers lors de la prise de Delhi. Les têtes des victimes s'entassaient en énormes pyramides. Après quoi, un certain nombre d'Hindous embrassèrent l'islam pour échapper à la mort.

Le fait qu'une disposition à la culture et une sensibilité développée puissent aller de pair avec la bigoterie et la cruauté trouva son illustration avec Firuz Shah, qui gouverna le Nord de l'Inde à partir de 1351. Ce chef musulman tyrannique, bien qu'éduqué, surprit un jour une célébration hindoue dans un village, et ordonna que toutes les personnes présentes soient exécutées. Il raconta fièrement qu'après avoir perpétré le massacre, il détruisit les temples et fit ériger des mosquées à leur place.

L'empereur Moghol Akbar a laissé le souvenir d'un monarque tolérant, du moins selon les standards musulmans en Inde : au cours de son long règne (1542-1605), on ne peut porter à son actif qu'un seul massacre, quand, le 24 février 1568, il ordonna la mise à mort de près de 30 000 prisonniers rajpoutes après la bataille de Chitod. Mais si Akbar accepta les autres religions et toléra la célébration publique de leurs cultes, s'il abolit l'impôt sur les non-musulmans, son intérêt pour les croyances différentes ne reflétait pas un quelconque esprit de tolérance musulman. Bien au contraire, cette attitude indiquait une propension à la libre-pensée dans le domaine religieux qui l'amena finalement à une apostasie complète. Ses plus hautes actions consistèrent en une déclaration formelle de son infaillibilité en matière religieuse, sa promulgation d'un nouveau credo et son adoption des fêtes et pratiques hindoues et zoroastriennes. C'est un modèle dans l'histoire musulmane que l'on ressasse encore et toujours, y compris à l'heure actuelle : pour peu que l'on découvre un musulman raisonnable, éclairé et tolérant, un examen plus minutieux laisse apparaître qu'il s'agit de quelqu'un qui a commencé par être musulman, et qui progressivement s'est éloigné de l'orthodoxie de cette foi.

Le dernier des grands empereurs moghols, Aurangzeb (1618 – 1707) fut intransigeant sur l’islam et est responsable de beaucoup de destructions de temples hindous. Les chroniques de l’époque rapportent que : "Aurangzeb ordonna à tous les gouverneurs de province de détruire tous les temples et toutes les écoles des païens et de mettre radicalement fin à tous les enseignements et les pratiques païennes.

Aurangzeb fit décapiter, après l’avoir torturé, le 11 novembre 1675, le maître sikh Tegh Bahadur (9ème gourou des Sikhs) parce qu'il refusait de se convertir.
Mais comme nous le disions au début de cet article, ce génocide est occulté. Il faut bien sûr remettre les choses dans le contexte de l’histoire de la partition et comprendre que les dirigeants indiens de 1947 ne voulaient en aucun cas évoquer ce passé noir. Et au-delà il construisait le « sécularisme » indien qui impliquait une cohabitation pacifique et harmonieuse des religions en Inde.

Sri Aurobindo écrivait en 1909 : "Toute action qui pourrait soulever une objection chez un certain nombre de musulmans est maintenant passible d'interdiction... sous prétexte qu'elle risque de perturber l'ordre public, et on commence à se demander si l'on n'en viendra pas un jour à interdire le culte dans les temples hindous en invoquant ce motif si valable.
"La cruelle histoire de l'invasion musulmane de l'Inde, qui fut suivie d'un énorme génocide et de la prise en esclavage de millions d'Hindous n'est pas très connue dans le monde, particulièrement en Occident, où l'histoire de l'Inde n'est pas jugée très importante. Certains préféreraient qu'elle n'existât pas du tout ou que l'échelle des atrocités fût insignifiante, ou même que les intentions des musulmans ne fussent pas de convertir, mais uniquement de conquête militaire. D'autres arguent que cet épisode appartenant au passé, nous devrions l'oublier afin de préserver l'harmonie laïcisante de l'Inde."

À Aligarh, importante université réservée en majorité aux musulmans avec l'assentiment des Anglais, furent conçus plusieurs mouvements islamiques militants et à partir des années 1930 l'idée d'un état séparé pour les musulmans qui deviendra le Pakistan.

Mais aussi sous l'influence plusieurs dont Mohamed Habib, à partir de 1920, les historiens musulmans, entreprirent de travestir l'Histoire de l'Inde en imposant un certain nombre de clichés

1) Les chroniques et biographies vantant les massacres d'Hindous, la mise en esclavage des femmes et des enfants, et la destruction de leurs temples, "étaient le plus souvent des exagérations de poètes de cour".

2) Les atrocités indiscutables devaient être imputées aux seuls Turcs, "sauvages venus des steppes".

3) La cause de la destruction des temples hindous résultait de ce qu'ils "regorgeaient d'or et d'argent et que tout naturellement les armées musulmanes les ont pillés".
4) Les conversions d'Hindous à l'islam s'expliquent par le fait que "la population, d'elle-même, décida de choisir la charia contre la smriti hindoue car ils étaient tous opprimés par les brahmanes…"


L'ancien dirigeant du communisme international Manabendra Nath Roy affirme : "L'islam a rempli en Inde une mission d'égalitarisme et qu'en cela il fut bien accueilli par les castes défavorisées. C'était une question de lutte des classes tout à fait justifiée entre des forces progressives (les musulmans) et les forces féodales (les Hindous de haute caste)."

Nehru, à propos de Mahmud Ghazni (997-1030), déclare : "L'architecture fascinait Mahmud Ghazni et il était très impressionné par la ville de Mathura, où il y avait des milliers d'édifices à la gloire de dieu. Mahmud n'était pas un homme religieux ; il était musulman, mais c'était secondaire, car avant tout c'était un soldat et un brillant guerrier."

Or, en fait d'architecture Ghazni a surtout rasé des milliers de temples, en particulier ceux de la ville de Mathura, considérée par les Hindous comme le lieu de naissance de Krishna.

Au sein de la prestigieuse Jawaharlal Nehru University de New Delhi on a ainsi construit le mythe des méchants brahmanes et des bons intouchables, et surtout des excellents et délicieux Moghols. De l'oppression nationale on a prétendu faire un conflit de classes. Les musulmans auraient ainsi "libéré les castes défavorisées en leur donnant accès à l'islam".

L'historien belge Koenraad Elst, à propos de la négation des atrocités musulmanes en Inde met en lumière le rôle des marxistes indiens dans ce négationnisme.

Une journaliste indienne connue, Tawleen Singh, attribue ce « révisionnisme » au dogme du sécularisme : « Le prix que l’Inde a payé pour avoir fait du « sécularisme » une arme idéologique est, à mes yeux de séculariste, incalculable. Entre les mains de partis prétendument laïcs, tels que le Congrès, les partis marxistes et ceux, plus récents, conduits par des dirigeants hindous de basses castes, cela se ramène à considérer que tout aspect de la culture indienne qui ne rend pas justice à l’influence de l’Islam doit être non seulement ignoré mais condamné comme étant « communaliste ». C’est ainsi que l’Inde est devenue la seule civilisation ancienne qui a honte de son ancienne culture et se trouve embarrassée de devoir dire qu’il y avait une civilisation avant la domination musulmane ».

Sources :Le Révisionnisme et le négationnisme en Inde, François Gauthier

L’Inde, une autre victime de l’Islam,Serge Trifkovic

http://marie-masson-gaechter.over-blog.com/article-genocide-des-indhus0-le-genocide-tu-3-3-96655481.html

Ce sera mon dernier commentaire pour ce soir. Bon réveillon et HEUREUSE ANNEE 2013 à vous tous.

Écrit par : Patoucha | 31 décembre 2012

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