10 décembre 2012

France: le feu à la maison

«Le pessimisme actuel des Français peut aller jusqu'à un accident politique qui est écrit dans les faits parce que ce système ne tiendra pas avec cette désaffection. Cela ira de mal en pis jusqu'au moment où des gouvernants courageux décideront de prendre les problèmes en face.»


france,crise,bayrou,hollande,gauche,Qui a dit cela? François Bayrou ce dimanche 9 décembre. Décevant lors de la campagne présidentielle, sans verve, peu inspiré, le voici qui reprend la parole d’une manière tonique.

«Il y a le feu à la maison. L'ensemble des secteurs productifs du pays, à quelques exceptions près, s'effondre, s'écroule et c'est pourquoi vous avez le chômage, la pauvreté. Le pays n'arrive plus à créer les richesses nécessaires pour son bien-être social.»

Fallait-il attendre la chute des hauts-fourneaux de Florange pour tenir ce discours? Fallait-il laisser la France succomber au discours lénifiant de François Hollande et même lui tendre le marchepied? Rappelons-nous les rodomontades de l’équipe de Hollande jouant les gros bras sur ce dossier dès le début de l’été. Au final cette équipe ne peut que constater son impuissance et son échec.

Alors, une «mobilisation nationale» comme la préconise François Bayrou a-t-elle quelque chance de se réaliser? Et est-ce la bonne méthode?

Une mobilisation nationale suppose d’abord que le pays soit moins divisé idéologiquement. Les employés doivent avoir des revenus à même de faire tourner la consommation et de vivre décemment. Quant au discours de méfiance envers les riches, tenu par le président lui-même, il n’est pas de nature à réconcilier le pays et à motiver les troupes. la mobilisation nationale semble un objectif éloigné. Sur ce point et par cette petite phrase Hollande a fait autant de mal à la France que celui dont on accuse Sarkozy.

La France a-t-elle à nouveau besoin d’un pouvoir fort et dirigiste, encore plus interventionniste? Si c’est le cas ce ne saurait être le fruit d’une mobilisation générale au sein de laquelle les contradictions ne pourraient être mise en attente durablement. La lutte pour le pouvoir est trop aiguë, trop permanente.

Faut-il encourager davantage le libéralisme économique afin de stimuler l’investissement, et prendre le risque d’une baisse continue des revenus des employés? Faut-il un pouvoir contraignant qui impose une dynamique dont on ne sait si elle serait efficace, tant la compétition mondiale est forte? Les vieilles recettes semblent inefficace et personne n’en a de nouvelles. Prendre aux riches est insuffisant, on le sait, et cela appauvrirait tout le monde.

Si l’investissement privé ne suffit pas, faut-il demander à l’Etat de relancer l’économie? L’Etat n’a jamais remplacé l’esprit d’entreprise. Quand il a tenté de le faire ce fut un échec économique. La tentation autoritaire est forte en temps de crise. Elle ne saurait garantir des résultats, sauf à contraindre le pays par la terreur. Ce n’est certainement pas l’intention de François Bayrou.

Mais alors, quelles sont ses propositions concrètes et précises?

09:34 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : france, crise, bayrou, hollande, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

La situation de la France ne va pas s'améliorer. Hollande et sa bande sont grotesques. L'affaire Mittal le prouve. Personne n'est satisfait de ce gouvernement qui gesticule, gesticule et gesticule.... dans le vide.
Pendant ce temps, la droite ne fait pas mieux. L'UMP se déchire. Sarkozy prépare, parai-il, son retour. Le FN tente d'exister, mais la famille Le Pen est un outil au service du clivage PS-UMP..... Ce qui permet à Bayrou de sortir du bois. Mais, là encore, il va faire trois petits tours puis s'en aller gentillement quand ça va chauffer en 2017.

En évoquant un gouvernement dirigiste, que penser de l'Italie? Monti a été placé pour sauver l'Italie de la faillite. Il semble avoir tenu son pari, puis il jette l'éponge. Cela sonne le retour du Cavaliere... qui risque de se rétamer dans les urnes. Mais l'Italie n'a pas de raison. Berlusconi reste le maître des médias et d'un tas d'autres choses. Alors attention de ne pas vendre sa peau avant de l'avoir tué! Le plat de spaghettis sent le moisi. Et si l'Italie partait en chipolata, la France n'aurait plus d'excuse pour se viander!

Écrit par : Riro | 10 décembre 2012

Il faut à la France une révolution idéologique. Leur bipolarité leur est profondément néfaste, leur haine du compromis les mène à leur perte. Il faut que les Français deviennent un peu suisses, pragmatiques, raisonnables, prêts à faire des concessions pour trouver un accord.
Autant demander à un fleuve de retourner là d'où il vient...

Écrit par : Géo | 10 décembre 2012

Bayrou est un homme de bon sens. Malheureusement il est moqué, car jugé non pas sur ses idées, mais sur son image. En effet Bayrou n'a pas l'esprit, ni la carrure, que les Français attendent d'un Président de la Vème République.

L'alternance UMP - PS et réciproquement ne changera rien à la situation, car le problème est beaucoup plus profond. C'est avant tout d'un changement institutionnel dont la France a besoin. La Constitution de la cinquième fait du Président de la République une sorte de monarque élu, un père protecteur vers lequel on se tourne et dont on attend tout. Le citoyen est ainsi déresponsabilisé, il attend une réponse à chacune de ses requêtes, sans se préoccuper le moins du monde de la réalité économique.
Par conséquent c'est en responsabilisant les citoyens, en les impliquant dans les choix politiques et surtout en leur faisant assumer les conséquences de ces choix que la France s'en sortira. Cela passe par une réforme en profondeur de la Constitution qui rendra le pouvoir aux citoyens en les responsabilisant.

La démocratie accorde des droits aux citoyens, mais elle leur réclame des devoirs en contrepartie. Dans une France où l’État providence est omniprésent et omnipotent, nombreux sont ceux qui ont oublié ce principe, pour peu qu'ils l'aient appris un jour.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 10 décembre 2012

L’armée française se prépare pour la guerre des cités

Devant 40 journalistes, des généraux, des membres des commissions de défense de l’Assemblée nationale et du Sénat, l’armée a montré que les prochains combats de l’armée auront lieu dans les banlieues, afin de les sensibiliser aux besoins de renouveler son équipement « à bout de souffle ».

L’armée française, qui se prépare à la guerre des cités, a construit spécialement à Sissonne, dans l’Aisne, une cité fantôme grande pour 5000 habitants, pour entraîner ses soldats.

Le budget pour ce programme de guérilla des banlieues, nommé Scorpion, est de 400 millions d’euros par an pendant 10 ans, et il faut convaincre les décideurs politiques de son bien fondé.

« Les combats de demain ne seront pas ceux d’hier, et l’armée se battra en ville » disent-ils, c’est à dire dans les banlieues de non droit, les barres de HLM aux mains des dealers, des bandes rivales et des islamistes.

« En ville, un combat est souvent source de pièges et d’enlisement. Il y est quasiment impossible d’y développer une manœuvre sans risque de perte importante en matériels et en personnels », explique un officier supérieur du camp militaire.

Pour cela, il faut s’adapter avec du matériel performant et du personnel bien formé. C’est tout le sens des manœuvres organisées voilà quelques jours sur ce camp, en présence du général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre.

« Ce sont des combats de grande intensité qui nécessitent des relèves. On sait qu’un soldat restant plus de 24 heures au combat urbain peut souffrir de dommages psychologiques importants. » explique le chef d’état-major.

Le général de division Bernard Guillet est encore plus direct en évoquant, certes, les contraintes budgétaires pesant sur les choix d’investissement, mais aussi le matériel à bout de souffle.

Il faut renouveler les équipements, utiliser les nouvelles technologies et rendre les forces moins vulnérables, « tout en endiguant les surcoûts dans une période de disette financière », explique-t-il.

En matière de matériel, il faut remplacer du matériel ancien – près de quarante ans !- notamment pour le transport de troupes : les fameux VAB (véhicules de l’avant blindés) dont chacun sait que leur blindage est très insuffisant. Les véhicules blindés ne sont pas performants, et ils n’ont même pas de systèmes électroniques.

L’armée veut installer, sur des blindés modernes, des systèmes de brouilleurs, de détection de départ de tirs ennemis, et un système électronique permettant de contrôler la navigation, les communications, les systèmes d’observation, l’énergie, la motorisation et les systèmes d’armes des véhicules militaires. Le tout en réseau pour limiter les temps de communication et de décision en cours de combat. Du banal pour une armée moderne.

C’est dans les cités que les conflits de demain vont se dérouler, et c’est le terrain de tous les dangers. « L’ennemi peut surgir de partout et de nulle part », souligne un officier.

"On ne sait pas exactement combien et quelles armes sont stockées dans ces banlieues régies par d’autres lois que celles de la république."

Écrit par : Corto | 10 décembre 2012

@Corto
La guerre dans les banlieues a déjà commencé. Suite aux émeutes de 2005, il a été clairement constaté que les CRS ont été attaqués par des armes à feux et qu'une espèce de guérilla urbaine était pratiquée par les jeunes souvent formés aux arts martiaux. Les CRS en ont sué pour essayer de rétablir un semblant de république dans des quartiers sous domination islamo-mafieuse. Les zones de non droit vont s'étendre. Ce n'est ni la police de proximité, ni la bac corrompue qui va maintenir l'ordre. Il ne faudrait pas oublier les appels à l'utilisation de l'armée demandés par certains maires.

Le problème reste que l'armée française se fragilise, elle-même. L'arrivée de nombreux jeunes maghrébin dans ses rangs pose problème. Des soldats ont refusé de combattre en Afghanistan, car tuer des musulmans leur est interdit! Ils viennent non pas pour se battre pour la France ou la liberté. Ils veulent simplement acquérir un savoir militaire et se faire payer. C'est lamentable!

Écrit par : Riro | 10 décembre 2012

" Ce n'est ni la police de proximité, ni la bac corrompue qui va maintenir l'ordre."

qu'on les laisse donc faire leur boulot au lieu de les brider !!!

http://www.lepoint.fr/societe/denis-policier-a-la-bac-le-flic-est-un-sous-citoyen-28-07-2010-1219604_23.php

notre société maternante qui fonctionne sur des valeurs féminines, lie les mains à nos forces de l'ordre et fait passer les voyous pour des victimes !!!

il n'y a qu'a voir le fonctionnement de Taubira !!!!

Écrit par : leclercq | 10 décembre 2012

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