25 novembre 2012

Je hais les masses

Une bonne haine occasionnelle c’est comme un pic d’énergie. Ça booste les surrénales. L’adrénaline augmente, les muscles se tendent et les poils se dressent comme des piquants. Il faut bien cela pour résister aux masses et à ceux qui les manipulent.


masse,marx,hitler,mussoloni,socialisme,fascisme,marchais,foule,sociologie,Les masses! Les masses populaires, les masses laborieuses. Quelle vilain mot, quelle sale invention. Le concept est en perte de vitesse. Il a été utilisé depuis plus d’un siècle par les grands mouvements idéologiques, type socialisme ou fascisme. Rappelons-nous combien Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste français, ou Arlette Laguiller, de LO, jouissaient à l’usage de l’expression «masses populaires».

Le concept de masse signifie une foule immense, indifférenciée, amalgamée par un dénominateur commun. La masse d'un corps peut être définie comme la quantité de matière contenue dans ce corps. Il emprunte à l’astrophysique l’image d’agglutination dense de matière qui donne à une étoile ou une planète sa «masse». Il emprunte aussi à la quinquaillerie l'outil qui permet de taper sur la tête des rebelles individualistes.

La masse populaire est la quantité d’individus noyés dans un ensemble où ils ont perdu toute individualité.

Les masses populaires sont définies par des humains qui n’en font évidemment pas partiemasse,marx,hitler,mussoloni,socialisme,fascisme,marchais,foule,sociologie, mais qui se l’approprient. Les masses, c’est tellement plus malléable, manipulable que des millions de personnes prises individuellement. Marx regardait la masse de loin, parlait d’elle comme de sa chose.

L’intérêt du concept de masse est d’éliminer tout pouvoir intermédiaire. Il n’y a plus que la masse et le chef. Staline, Mussolini, Hitler, en sont des illustrations. Ce concept permet la construction d’idéologies totalitaires se prétendant universelles.

Une caractéristique des masses est de produire le symptôme de l'-ismes: communisme, fascisme, etc. En cherchant bien dans ce symptôme comme dans un furoncle, on voit y apparaitre un idéologue.

La masse annule toute notion d’individu, de personnalité, de dimension intérieure et singulière, pour ramener les corps à un paramètre économique (ex: le prolétariat) ou culturel (ex: la race aryenne). La sociologie ne s’occupe que des masses, des groupes et ensembles. Elle est une sorte de totalitarisme mou.

La masse broie. La masse est cannibale. Elle nie les parcours individuels. Sa soumission à une autorité unique est la seule réelle aliénation. Il n’y a aucune liberté dans la masse. Aucune respiration. Aucun espace.

Je hais les masses!

22:31 Publié dans Philosophie, Politique, Psychologie, Science, société | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : masse, marx, hitler, mussoloni, socialisme, fascisme, marchais, foule, sociologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Votre vitalité m'impressionne. Je ne vous écris pas "Continuez", vous ne semblez pas en avoir besoin. Mais nous autres, intervenants en second, vous nous manqueriez si vous veniez à vous décourager un jour.

Écrit par : Mère-Grand | 26 novembre 2012

Merci Mère-Grand! :-)

Écrit par : hommelibre | 26 novembre 2012

Il y a un aspect que vous négligez : la responsabilité des individus de se mettre en bandes, en hordes, en masses. De nos jours, en Europe, à part les supporters de Mélenchon et les Musulmans qui se prosternent en masse sur la place fédérale, on n'observe ce phénomène d'abrutissement absolu que chez les supporters de ce sport immonde, ce substitut de la guerre et de ses pires horreurs, le foot. Un copain qui en faisait m'a raconté qu'il avait arrêté quand il a entendu un père crier à son fils de 9 ans sur le terrain : "tue-le, tue-le !". Et il paraît que c'est comme ça sur tous les terrains, tout le temps, en Suisse, ici et maintenant.
En fait, l'homme en bande est bien pire que le rat, ce dernier étant probablement moins intelligent et donc moins méchant. Et ça, nos "humanistes" ou ceux qui se gargarisent avec ce concept ont beaucoup, beaucoup de peine à le concevoir...

Écrit par : Géo | 26 novembre 2012

Les humanités ne s'intéressent pas à la masse mais à la destinée de l'humanité. L'humanisme (un "isme" de plus qui se distingue du totalitarisme comme charisme qui donne à des individus comme Gandhi ou Mandela des chefs non manipulateurs de masses mais des chefs spirituels concentrés sur la liberté et la responsabilité des peuples devant la démocratie...

Les humanités donnent naissance à des philosophes, des chercheurs, des savants, des politiciens, des économistes, des artistes de haute voltige qui permettent à l'Humanité de survivre dans un équilibre précaire. Ce sont les humanités qui peuvent donner sa seule chance d'avenir de Paix dans le conflit juif-musulman en terre sainte. A force de taper sur la philosophie humaniste, qui n'est pas une idéologie, les adversaires déclarées des humanités donnent de plus en plus de puissance et de force aux masses manipulées par des idéologues de basses oeuvres humanitaires.

Si les humanités n'existaient pas, il n'y aurait que Dieu et les Grands Dictateurs qui existeraient pour dominer les masses sur cette Terre de souffrance au lieu de la liberté, de la démocratie, du respect absolu de l'unicité de chaque personne née sur cette planète.

Écrit par : pachakmac | 26 novembre 2012

"Je hais les masses!"

Vous n'êtes pas le seul!

Excellent billet!

IP svp. Merci!

Écrit par : Patoucha | 26 novembre 2012

Oui la masse cette entité qui appauvrit l'Homme. Qui ne prend pas en compte sa culture ou ses pensées puisque la pensée est régis par ceux que l'on suit.

La masse est détestable quand elle vote à gauche et quand elle vote à droite. Car le plus souvent c'est qu'elle suit aveuglément ce que son leader dit. (CF Jean-François Coppé et sa droite décomplexé, un concept). La masse existe partout dans TOUT les milieux. Religieux, sportif, politique etc... et d'autant plus sur les blog de la tribune.

C'est la meme masse qui voyage à l'étranger. C'est à cause de cette masse que des patrimoines naturels (faune et flore) sont en danger pour faire des supers hotels 5 étoiles. (il semblerait que cela donne du travail. ah bon ? 25% de chomage).

Cela dit, la masse n'a pas un grand avenir en ce moment. Tellement peu de personne se déplace pour aller voter (ce qui me réjouis, ce qui n'est pas très bien il semblerait). La masse s'est écartelée pour se briser. La masse est entrain de disparaitre pour laisser la place à deux types de personnes. Les libres penseurs (malheureusement trop peu) et les opportunistes qui retroune leur veste. Mais c'est la même gabgie depuis très très longtemps.

Hier on croyait au chatiment après la mort aujourd'hui c'est autre chose...oui la masse est maléable. Mais le pire c'est tout ceux qui ne savent pas être dans la masse est qui y sont. Je les plains.

Écrit par : plume noire | 26 novembre 2012

Et que dire du verbe "se masser" ?

P.ex. "une foule nombreuses s'est massée devant le palais présidentiel".
Longtemps, mon premier réflexe était de penser a une séance de massages collectif, mais à force, je visualise plutôt un amalgame oppressant.

Et si la masse était, malgré tout, une forme incontournable d'une certaine expression de l'opinion publique ou de certaines aspirations ?
Ce qui s'est passé pendant "le printemps arabe", était-ce le fait d'une foule, d'une masse de citoyens ou d'une masse populaire ?

Écrit par : Calendula | 26 novembre 2012

Calendula: on peut se masser en tas... :-)

Plus sérieusement, j'ai pensé aussi au printemps arabe en écrivant ce billet. Je reconnais que le nombre fait force, et force utile dans certaines situations.

Peut-être doit-on voir une différence: les tunisiens qui ont pris la rue n'étaient pas théorisés par un fils de grands bourgeois les regardant du haut de ses certitudes. Ils n'avaient pas besoin de théorie. Ils savaient ce qu'ils ne voulaient plus. Pour moi c'est plutôt un ensemble d'individus motivés de l'intérieur d'eux-mêmes, une foule intelligente.

Écrit par : hommelibre | 26 novembre 2012

Je suis du même avis. Ca me fait penser à une invitée de la dernière émission tango, où elle disait j'ai raison puisque le public m'applaudit. Je n'arrive pas à comprendre comment des adultes censés et intelligents tombent dans une démagogie pareille. On est sur du quantitatif, pas du qualitatif. Le troupeau des moutons a décidé quelque chose en faisant plus de bruit, alors il a forcément raison. On est plusieurs, on est plus nombreux donc on est meilleur.

Je suis pour les masses seulement si elles pensent comme moi; hé hé. On ne retient de l'individualisme que les cotés négatifs, on l'assimile même souvent à l'égoïsme. Ce mot raisonne comme une insulte pour beaucoup.

Pourtant on sait bien tout ce que la majorité peut avoir de tyrannique. On peut dire qu'elle a le sens du partage, elle est tellement généreuse, qu'elle veut forcer l'individu à penser comme elle.
Dans bien des situations, elle empêche l'individu de s'épanouir, alors même que l'intérêt de l'ensemble de la société n'est pas menacé; c'est là tout le problème.

Je crois que l'individualisme est parfois salutaire, il est une révolte face à une masse qui ne laisse pas le choix, qui décide à la place de l'individu, le forçant à emprunter un chemin qui n'est pas approprié pour lui.
On dit que c'est l'individualiste qui rejète les autres, mais pour moi c'est souvent l'inverse; avec les masses plus besoin de se justifier sur l'intolérance envers autrui. Il est simplement différent de la majorité, il est donc nuisible, il faut l'éliminer. Il n'avait qu'à être comme les autres.

Écrit par : Didier | 30 novembre 2012

Didier, cette remarque était assez cocasse. Comme si les applaudissement d'un plateau télé, ou un vote sur plateau, faisaient une preuve de quoi que ce soit. Mais bon, franchement, elle était forte en gueule mais pas fût-fût.

Écrit par : hommelibre | 30 novembre 2012

"C'est la meme masse qui voyage à l'étranger."

Vous confondez "masses populaires" avec Les "masses laborieuses" celles qui voyagent pour leur boulot et paient le plus d'impôts!

Plume noire, vous leur conseillerez un tapis volant? Parce qu'à dos de chameau ou à pieds.... Nous ne sommes plus au VIIème siècle.....

Écrit par : Patoucha | 30 novembre 2012

Cependant, c'est toujours la minorité qui gouverne la majorité.

La majorité se faisant souvent berner par une minorité qui lui donne la majorité des voix. Dans ce principe la minorité impose à la majorité une politique qu'elle n'a pas souhaité, peu importe les raisons.

C'est ce qui fait et défait les majorités dans les élections. C'est ce que l'on nomme "fausse démocratie" des minorités sous jacentes bien organisées et très motivées, peuvent ainsi prendre le pouvoir au nez et à la barbe, de ceux qui étaient la pensée majoritaire au départ. Ex: Tunisie, Libye et maintenant l'Egypte. Le peuple Iranien est tombé dans le même piège. Il en sera de même en Europe un jour.

Écrit par : Pierre NOËL | 30 novembre 2012

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