02 novembre 2012

Un demi-siècle d’hommes

La révolution culturelle qui a suivi mai 68 a fait prévaloir certains concepts relevant davantage des facultés que l’on nomme aujourd’hui féminines. Par exemple dans l’éducation, la prévalence était à la liberté plus qu’à la discipline et à la sanction. Dans la justice, on a mis en avant les humiliations subies dans leur enfance par des criminels parfois plus que leurs crimes et leur propre responsabilité. On est dans le soin, la thérapie, le «care», le maternant, pas dans la sanction.


heracles.jpgCertaines traditions éducatives ont été inversées: on apprenait aux filles à se battre et aux garçons à pleurer sur eux-mêmes. On rejetait les héros et les premiers de classe au profit des marginaux et des anti-sociaux. Encore aujourd’hui un large courant sociologique excuse la violence de bandes ou de populations en invoquant leur statut réel ou supposé de victimes. La responsabilité individuelle cède le terrain à l’excuse sociale, la lucidité à la compassion, l’action positive à l’indignation.

On n’érige plus de statues aux combattants. On ne chante plus le soldat qui va défendre sa terre et sa famille. On n’admire plus l’homme combattant. Ringardes, toutes ces notions! Comment un tel renversement des valeurs a-t-il pu s’opérer en à peine quelques décennies?

On pourrait remonter assez loin dans l’Histoire pour trouver les  fils conducteurs de cette évolution. Rien n’apparaît par hasard dans une société. Sans aller trop loin, la première moitié du XXe siècle propose des pistes. J’en retiens ici une en particulier. Elle est liée à la prévalence du masculin dans cette époque. Les deux guerres mondiales ont mis sur le devant des hommes, que ce soit en politique, dans l’armée ou sur le terrain des opérations.

Les hommes ont de tous temps et en tous lieux été assignés à la guerre. Je le développe ailleurs et je rappelle ici cette hypothèse: dans l’économie de survie de l’espèce, l’homme est plus facilement remplaçable que la femme. Celle-ci doit donc être préservée des combats. Les femmes doivent rester en nombre suffisant pour assurer la descendance. Les hommes ont donc été au front.

Or la deuxième guerre mondiale en particulier a été une telle atrocité qu’elle a durablement marqué les esprits. Il suffit de se rappeler les discours des dignitaires nazis et fascistes pour entendre des hommes hurlants, imposant leur autorité sans partage, le visage haineux, et exprimant une cruauté revendiquée. L’image des hommes, qui n’est pas celle-là dans l’Histoire au quotidien, s’est ici figée, fixée sur ces représentations, au point où Hitler était un modèle pour des millions d’hommes et de femmes.

Quand on a découvert les dégâts de cette guerre, les horreurs, les exterminations, ce sont les hommes qui en ont porté davantage la charge morale, même si les femmes ont à leur homme,femme,héro,culpabilité,guerre,hitler,nazi,viol,soldat,féminisme,garçon,fille,combattant,sexisme,misandrie,ayrault,vallaud-belkacem,manière soutenu la culture guerrière de ce temps. Les générations qui ont suivi ont été incapables de reprendre les modèles classiques d’homme car ils avaient été détruits par ces hommes-monstres dans lesquels on ne pouvait ni se reconnaître ni s’identifier. Le soldat était forcément machiste et le machiste forcément mauvais. Etre homme portait suspicion d’être potentiellement ce monstre, comme aujourd’hui être homme est suspect d’être potentiellement violeur.

Cette rupture s’est aussi exprimée par une culpabilité des hommes. La fierté de la virilité avait été dévoyée, caricaturée par des pantins en uniformes obéissant à des malades du pouvoir. La fierté de la virilité a été assimilée de manière réductrice à de la violence.

Comment une idéologie qui traite presque quotidiennement les hommes de violeurs et pire peut-elle s’exprimer avec une telle facilité sans que ses porte-paroles ne soient condamnées pour sexisme misandre? Le féminisme radical, celui par exemple qui est au pouvoir aujourd’hui en France, a pu se développer à ce point en tant qu’idéologie misandre parce qu’il a insisté sur la faille de la culpabilité masculine. Il l’a creusée, agrandie, remplie de tous les maux de la terre, de toutes les femmes assignées au triste et dénigrant rôle de victime.

Le seul homme agréé aux yeux du féminisme devenait l’homme qui pleure (mais bon, pas trop hein, on ne veut pas des lavettes), ou l’homme qui materne. Pas l’homme qui lutte, qui se bat pour quelque chose, qui s’investit à fond dans son travail, qui n’accepte pas qu’un autre homme regarde de trop près sa compagne. On n’admire plus l’homme: on le subordonne à la théorie féministe. Aujourd’hui le premier ministre français Ayrault impose à ses ministres un cours de féminisme auprès de Najat Vallaud-Belkacem, une idéologue qui véhicule le mensonge d’une différence salariale hommes-femmes de 27%. Et les hommes ne disent rien. Toujours collés à leur culpabilité?

Une évolution de l'identité masculine, si elle trouvait des raisons d'être opportune, ne serait ni solide ni fiable si elle se construisait sur une culpabilité ou sur une subordination. Elle serait fragile et non pérenne. Laissons la culpabilité avec la faute. Etre un homme n'est pas une faute. 

 

Bien des hommes aujourd'hui se laissent raconter leur histoire. La question est de savoir quand ils la reprendront à leur propre compte.

Commentaires

La dévalorisation des hommes remonte au XVIème siècle lorsque leur autorité dite d'origine divine a été contestée.

Déjà dans les années 1930 les jeunes allemands ne trouvant pas autour d'eux d'image d'homme suffisamment bonne pour être imitée ont été obligés de s'en inventer une. Et comme chaque fois que l'on invente, le risque est de faire dans la caricature. Et ils ont trouvé le nazi véritable caricature du macho.

Quand des garçons, pour se prouver qu'ils sont des hommes, se mettent à quatre pour violer une fille, il est possible de se demander si l'histoire n'est pas en train de se répéter !

Montée du machisme et dérive du féminisme : comment lutter ?
http://www.rue89.com/2008/06/30/montee-du-machisme-et-derive-du-feminisme-comment-lutter

Écrit par : Jean Gabard | 02 novembre 2012

"ou l’homme qui materne."

j'ai été a une conférence lundi soir.

Conférence-débat

Comment faire intégrer les limites aux enfants ?
Salle de réunion
Communauté de Communes des Val d'Aix et Isable
à Saint Germain Laval 42260
lundi 29 octobre 2012
à 20h30
animée par Jean GABARD
chercheur en sciences humaines

organisée par le Relais Assistants Maternels
des Vals d'Aix et Isable

04 77 65 58 02


"Comment faire intégrer les limites aux enfants ?

sur ce sujet 55 personnes dans la salle deux hommes !!! dont moi venu surtout pour faire connaissance de jean Gabard dont je cite régulièrement ses écrits dans ce Blog.

comme si les pères n'étaient plus concernés par leur fonction ancestrale.

ces femmes ont écouter avec attention et politesse que c'était leur rôle de faire entrer leur compagnon dans la fonction de père.

une a dit oui mais je ne conteste pas son attitude devant l'enfant mais on en parle aprés, pourquoi en parler après, pour que l'homme exerce l'autorité à sa façon à elle !!! mais alors pourquoi l'avoir investit dans sa fonction de père si à chaque fois qu'il intervient il y a contestation de ce qu'il a fait, c'est lui manquer de respect.

extrait d'homme et fier de l'être d'yvon Dallaire.


"9. Les attentes légitimes de l'homme face à sa partenaire
Comme tous les hommes, vous êtes prêts à faire beaucoup pour la femme que vous aimez, lui décrocher la lune s'il le faut (même si elle ne le vous demande pas). Si vous voulez vivre heureux avec
une femme, vous avez des stratégies efficaces à développer, un mode d'emploi à apprendre, être à son écoute... Mais vous avez aussi des droits, des privilèges, des limites à faire respecter. Vous devez apprendre à vous tenir debout lorsque son comportement est inacceptable, qu'elle vous critique sans cesse et cherche à vous contrôler en vous imposant sa façon d'éduquer les enfants, de gérer l'argent, la sexualité, les activités sociales, ou veut aussi vous dire comment conduire votre carrière ou votre auto. Vous ne devez jamais user de violence, car vous perdriez votre fierté personnelle et votre estime, mais vous devez utiliser la fermeté, faire preuve d'assertion, vous diront les psychologues, lorsque nécessaire."

"en vous imposant sa façon d'éduquer les enfants" en parler après c'est imposer sa façon d'éduquer les enfants.

http://www.psychasoc.com/Textes/Male-dominant-!-Pere-conteste-!-N-y-aurait-il-pas-d-autres-voies

"En effet, le petit enfant a naturellement envie de sa maman, de n’écouter qu’elle, pour lui plaire et continuer de fusionner avec elle. S’il ne perçoit pas dans l’attitude, dans les paroles de sa maman qu’elle écoute un homme, et donc qu’elle est manquante, l’enfant continuera de la rêver toute-puissante et de la considérer comme son unique référence."

quelle respecte son attitude et ses propos envers l'enfant.

je suis intervenu en disant que si chaque fois que l'homme intervient sa compagne lui prend la tête il n'aura plus envie de jouer la fonction de père déjà qu'il n'est pas soutenu dans son rôle de père par la société !!!

Écrit par : leclercq | 02 novembre 2012

Les commentaires sont fermés.