30 octobre 2012

Mais où est donc passé le peuple de droite?

Je lis dans la Tribune de Genève de ce matin qu’il existe un «peuple de gauche» et que Salika Wenger y fait appel. Si, si. Attention: je ne vais pas ici déguiller Salika, femme de conviction et d’engagement dotée d’une belle énergie. C’est le peuple de gauche qui m’intéresse.


salika2.jpgCette expression n’est pas nouvelle. Il faut reconnaître une beauté romantique à ces trois mots collés ensemble comme le chewing-gum et la semelle. «Peuple de gauche». On entendrait presque: «Peuple de gauche, lève-toi!» Ça c’est avant les élections. Après, l’injonction change: «C’est bon, peuple de gauche, tu peux te recoucher». La France de Fanfrelande illustre très bien cela.

Une fois passée cette poussée d’acné révolutionnaire, examinons les désastreux désavantages de cette expression. Et d’abord qu’est-ce qu’un peuple? Selon le cnrtl:

«Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes.»

«Ensemble des individus constituant une nation, vivant sur un même territoire et soumis aux mêmes lois, aux mêmes institutions politiques.»

Bon. Alors s’il existe un peuple de gauche, les individus qui le composent sont liés par les mêmes coutumes et institutions et elles lui appartiennent en propre. Oui mais: s’il existe un peuple de gauche c’est qu’il existe un peuple de droite. Qui, en tant que peuple, a aussi ses propres coutumes et institutions, forcément différentes de celles du peuple de gauche. En effet, s’ils partageaient les mêmes institutions, la même langue, le même territoire, le même passé, la même «ethnicité», il n’y aurait qu’un seul peuple. Or il y en a deux: le peuple de gauche et le peuple de droite.

Cela semble se confirmer: il y a bien deux langues. Par exemple, en langue de gauche, patron se dit diable, salariat esclavage et liberté: collectivisme. En langue de droite travailleur se dit employé et égalité: mérite. Pour le reste les deux peuples partagent un même territoire, les mêmes institutions, le même passé. Faudrait-il séparer les pays en deux, avec d’un côté le peuple de gauche, de l’autre celui de droite? Avec un passeport différent, une administration différente, des frontières bien distinctes, des accords bilatéraux et une clause de non-circulation des personnes? Ce dernier point est particulièrement important: Si le peuple de droite va travailler chez le peuple de gauche, il pourrait le contaminer avec ses idées de liberté et de responsabilité individuelles pernicieuses. Et à l’inverse si des éléments du peuple de gauche vont travailler chez les droitiers ils mangeront leur pain faute de savoir en faire eux-mêmes.
racolage1.jpg
Logiquement, une idée politique sert à définir une manière d’organiser la société, pas à désigner un peuple. On est donc dans l’abus de langage, qui malheureusement n’est pas sanctionné pénalement. Toutefois l’expression «peuple de gauche» est adroite: il faut lui reconnaître une beauté presque hypnotique malgré toute sa vilenie. Vilenie aggravée même, car elle sépare les humains et les dresse les uns contre les autres. On est OU/OU, pas ET/ET.

«Peuple de gauche»: voilà bien de quoi faire vibrer les petits coeurs orphelins qui ont besoin d’une famille. Voilà bien de quoi ancrer une démarche politique dans une sorte d’instinct grégaire n’ayant plus rien de politique. On est dans l’affect, pas dans la pensée. C’est l’avènement du troupeau de gauche.

Dire «peuple de gauche» c’est enrober, enjoliver le produit. Un peu comme asseoir une belle femme court vêtue sur le capot d’une voiture pour mieux la vendre.

Paraphrasant Sandrine Salerno, l’expression peuple de gauche est à la la politique ce que les hôtesses sont au Salon de l’auto: une fantaisie pour citoyens en chaleur. Sandrine Salerno, qui dans sa délicatesse habituelle n'hésitait pas à comparer les hôtesses du Salon à des prostituées, n’a pas encore réagi contre ce langage putassier et racoleur.

Prostituées et peuple de gauche, même combat: racolez!

Mais où est donc le peuple de droite, demandais-je en titre? Nulle part. Le peuple de droite est trop individualiste pour être un peuple. Il ne formera jamais un troupeau: combien moins un peuple.


P.S.: Si Salika est élue cela fera trois féministes en ville de Genève: une chaude, Sandrine, une tiède, Esther, et Salika (je ne compte pas les copines mises en place par Sandrine). Plus deux hommes de gauche donc des carpettes (en langue de gauche on dit des soutiens, en langue de droite: des collabos) du féminisme radical. Genève est en grand danger d'inféodation aux thèses claniques et misandres de la Féminista. Ouille ouille!

Commentaires

Elle est de gauche la belle plante sur la photo ? Rapport à la jupe rouge et qu'elle n'a pas de voiture.

Écrit par : pli | 30 octobre 2012

... J'aime aussi la jupe rouge... Je me suis dit que cela irait bien.
:-))

Écrit par : hommelibre | 30 octobre 2012

En tous cas, elle a de magnifiques jambes. Bon choix.

Écrit par : pli | 30 octobre 2012

Yes, très belles.

Écrit par : hommelibre | 30 octobre 2012

« Mais l'abus et la torsion intellectuelle faisant partie de la méthodologie féministe, rien ne nous étonne. »
Écrit par : hommelibre


versus


« Il faut rhabiller les femmes, lever la main droite et criser «Heil Feminista!» »
Écrit par : hommelibre

+

« Plus deux hommes de gauche donc des carpettes (en langue de gauche on dit des soutiens, en langue de droite: des collabos) du féminisme radical. »
Écrit par : hommelibre


Cherchez l'erreur!!

À l'ineptie des propos, s'ajoutent deux points Godwin... Chapeau l'artiste!!

Écrit par : B. Madoff | 01 novembre 2012

Madoff, vous êtes une groupie: attentif, notant tout, mettant en mémoire... Z'êtes trop chou.

Ne voudriez-vous pas écrire mes mémoires?

Cela dit: la première citation est un constat de premier degré, que les propos par exemple sur les supposés 27% d'inégalité salariale confirment. La deuxième est de l'ironie de deuxième degré. Vous l'avez sans doute remarqué par vous-même. La troisième est une petite provoc non dénuée de fond; les exemples abondent. Comme celui de Jean-Marc Ayrault obligeant les ministres de son gouvernement à un "cours de féminisme" auprès de madame Vallaud-Belkacem, en particulier pour se faire bourrer le crâne des supposés 27% d'inégalité salariale, à quoi on ajoutera bien sûr une bonne dose de supposée domination masculine et un dessert à la crème misandre...

Écrit par : hommelibre | 01 novembre 2012

Les commentaires sont fermés.