21 octobre 2012

L’experte judiciaire qui faussait les analyses

Horatio Caine, au secours! Le cas est hallucinant. Des centaines ou des milliers de personnes sont peut-être en prison à tort à causes d’analyses mal faites, non faites ou truquées.

C’est l’enquête qui secoue les Etats-Unis. Elle se passe au Massachusetts. L’accusée? Une experte, employée du service de criminologie de l’Etat. Son job: Analyser des échantillons qui pouvaient devenir des preuves à charge. Des échantillons de drogue.


police,justice,experts,drogue,analyse,massachusetts,dookhan,L’accusée était une grande bosseuse. Elle pouvait analyser plus de 500 échantillons par mois, quand ses collègues n’en traitaient que jusqu’à 150. Comment faisait-elle? Elle prenait un lot de 25 échantillons. Elle en testait 5. Si les 5 étaient positifs et contenaient de la drogue elle déclarait tout le lot positif - alors qu’elle n’en avait vérifié que 20%. Elle a reconnu que parfois elle analysait des drogues rien qu’en les regardant...

Parfois elle ajoutait elle-même de la drogue à certains échantillons pour faire du résultat.

Le problème est que ces échantillons déclarés positifs servaient à prononcer des sentences au tribunal et à envoyer des gens en prison. Au cours de sa carrière elle a traité environ 60’000 échantillons portant sur 34’000 dossiers.



«On a pour le moment identifié 1'141 personnes détenues sur la foi d'éléments matériels passés entre ses mains. Comment savoir combien ont été condamnées pour une preuve fabriquée ? Depuis que le scandale a éclaté, les juges ont libéré des suspects ou suspendu leurs sentences dans une vingtaine de cas. Et ce n'est peut-être pas tout. En effet, il se pourrait bien, selon la police, qu'elle ait aussi eu pour fonction de calibrer les machines servant aux analyses et de contrôler au jour le jour leur bon fonctionnement. Comment être sûr désormais qu'elle s'est bien acquittée de cette tâche ? S'il y a eu là aussi des négligences ou des irrégularités, les conclusions dressées par ses collègues de laboratoire dans des milliers d'autres affaires sont-elles valables ?»


La surcharge de travail avait conduit la police à engager du personnel sans trop vérifier leur manière de travailler. Ainsi l’accusée n’avait pas de diplôme de chimie.

Elle risque 20 ans de prison.

23:40 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : police, justice, experts, drogue, analyse, massachusetts, dookhan | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Édifiant!
Terrifiant aussi.

Écrit par : colette | 22 octobre 2012

on n'ose penser aux nombreuses analyses médicales qui faites à l'extérieur ou des hopitaux ou des laboratoires médicaux ont dû aussi être porteuses d'erreurs .Trop déléguer nuit au progrès et peut couter très cher.On est jamais si bien servi que par soi-même et son propre labeur est toujours porteur de réussite ,c'est que les anciens savaient aussi réfléchir et ne faisaient pas inconsidérablement confiance aux machines
C'est aussi une des raisons qui me fait douter de l'authenticité de l'article quand on sait les demandes du canton de Ge spécialment pour une caisse publique ou du système pénitentiaire en déroute comme en France /rire/ oui c'est ainsi qu'en primaire on nous apprenait à lire les médias en mettant de nombreux bémols afin de ne pas tomber dans le schéma classique des moutons qui gobent tout sans analyser vraiment
bonne journée pour Vous Hommelibre

Écrit par : lovsmeralda | 22 octobre 2012

quand on sait les nombreuses erreurs imputables aux fichiers en informatique c'est vraiment leurrer le citoyen en lui conseillant un ordinateur comme seul professeur ou conseiller.Surtout quand on sait les oublis de fichiers qui doivent être sauvés afin de ne pas être mangés par le système auto-destructeur de la machine elle-même.C'est une des raison aussi pour laquelle Hitler avait engagé des SS pour controler les comptages de ses proies et cobayes

Écrit par : lovsmeralda | 22 octobre 2012

20 ans de prison voila qui est peu pour le crime commis.
Pourtant les américains sont des adeptes des peines à rallonge et cette pseudo chimiste a probablement envoyé un bon paquet d'innocent derrière les barreaux avec toute la violence qu'implique ce genre de milieu.

Écrit par : dereck | 22 octobre 2012

@ Derek:

Comment peut-on laisser sa conscience professionnelle de côté, dans un travail où la moindre erreur peut avoir des conséquences terribles comme vous le soulignez? Un tel comportement est tout sauf anodin.
Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer dans sa tête.

Écrit par : hommelibre | 22 octobre 2012

"Elle risque 20 ans de prisons"

Lire : Elle va se faire proposer un placard doré au sein du parti républicain.

Écrit par : Djinus | 22 octobre 2012

Les commentaires sont fermés.