17 septembre 2012

Prier le singe

Victoria Grant a 12 ans. Elle parle d’économie aux grands. Elle est supposée démontrer que si un enfant de 12 ans comprend le fonctionnement des banques et de leurs arnaques, tout le monde doit pouvoir le faire. C’est une variante de l’enfant roi.


 

victoria grant,canada,singe,savant,idolâtrie,télévision,économie,dette,banque,enfant,On lui construit une légende. En Amérique du Nord la pratique est courante. Les enfants sont utilisés dans le show biz et la publicité. Pourquoi les enfants? Parce que des adultes savent exploiter le mythe de l’innocence et l’émotion. Comment ne pas être ému et laisser tomber toute réflexion critique quand un enfant parle d’autorité? Ne dit-on pas que la vérité sort de leur bouche? Mais ici on assiste à un show. Victoria Grant répète une leçon apprise par coeur. Et elle la dit devant des adultes. Elle a été visiblement été coachée pour cela. 

Victoria développe pendant environ six minutes une analyse du système de la dette du Canada et donne une leçon de morale. Elle a vu les causes et elle a la solution! Faut-il que les adultes s’estiment nuls pour prendre conseil auprès d’une enfant de 12 ans qui n’a aucune expérience de vie et récite de manière monotone et un peu mécanique son évangile.

J’ai entendu parler de Victoria Grant pour la première fois samedi. On m’a dit qu’elle parlait aux banquiers sans même avoir besoin d’un papier pour lire son discours. Je suis donc allé voir sa prestation sur le net. Et je me suis demandé ce qu’elle avait de particulier, à part d’avoir été préparée en amont. Victoria n’improvise pas, elle récite. Cela se voit et s’entend rapidement: l’immobilité du corps tranche avec le contenu du discours. De tels propos où elle déclare que les banques mentent et escroquent le pays avec la complicité du gouvernement devraient animer les bras, le torse et la tête. Un enfant ressent, a des émotions et les exprimes par la bouche et le regard, puis par le corps. Ici rien: elle reste figée comme une élève qui déclame une poésie.

Le regard est peu expressif, fixé de manière prolongée et régulière sur un même point. Dans le langage du corps c’est le signe du besoin d’un appui pour garder son fil et ne pas oublier son texte. La voix répète un même éventail restreint d’intonations. Peu de variation, peu d’émotion de conviction. La voix est cependant forte, dans un débit assez constant qui montre que cela a été travaillé et répété. A un moment elle hésite sur un mot et se reprend, exactement comme dans une récitation scolaire.


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Victoria fait sensation à cause de son âge. Mais on lui attribue une compétence qui ne me semble pas évidente. Répéter un texte appris n’est pas significatif. Elle reconnaît dans une interview avoir repris les thèmes de son père. Elle n’enseigne pas, elle répète. 

Cela relativise le show du singe savant. Les louanges qui lui sont adressées survalorisent une prestation convenue. Et c’est bien le problème.

Pourquoi les adultes ont-ils ce besoin de mettre des enfants au-dessus d’eux? Pourquoi s’abaissent-ils devant des petits singes qui répètent une leçon? Sont-ils si perdus qu’ils en viennent à se nier eux-mêmes? Les enfant dits prodiges que l’on voit à la télé sont préparés, travaillés coachés, dressés. Ils n’ont pas de compétence spontanée qui leur viendrait sans apprentissage du contenu ou du mode de communication.

La télévision facilite l’immédiateté. Il n’y a pas de recul. Les singes savants semblent tomber du ciel et tant d’adultes sont idolâtres qu’ils leurs dressent des autels et les comblent de louanges. Qu’il s’agisse de gourous qui caressent dans le sens du poil et font croire à leurs adeptes désorientés qu’ils sont importants, qu’il s’agisse d’enfants médiatisés, beaucoup d’humains ont adopté la religion universelle: l’idolâtrie. Ils prient le singe. A genoux, ayant renoncé à leur esprit critique comme au diable, ils chantent cet être d’exception qu’ils placent sur un piédestal et qui est censé leur apporter par procuration un peu de valeur. Encenser un être dit supérieur nous rend un peu supérieur, paraît-il. Les hindous, en créant leur dieu singe Hanuman, avaient bien compris ce besoin idolâtre de l’humain.

Pendant ce temps, les singes rient, et rient encore!

 

La vidéo pour voir le langage du corps:

 


 

 

Ici avec sous-titre pour le contenu:

 

http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/l-arna...

 

 

 

 

15:06 Publié dans Politique, société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : victoria grant, canada, singe, savant, idolâtrie, télévision, économie, dette, banque, enfant | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Oui, effectivement, John. Il faut la poser sur une Dance Floor, la fillette, et qu'elle apprennent sa poésie avec DJ Scribe Baudelaire dans l'incandescence des mouvements de la House. Cela donnera du relief à ce qu'elle baratine:)))) Mince. Je me marre trop. J'arrive plus à rester sérieux en ce moment.

Écrit par : pachakmac | 17 septembre 2012

@hommelibre,on n'arrête pas le progrés que voulez vous ?ce qui fait penser à ces jeunes fondamentalistes qui exercent leur pouvoir d'exorcistes sur les fidèles assistant aux prêches de papa!C'est complètement aberrant mais du moment que ça marche et tant qu'il y a des naifs pour se laisser piéger les enfants Rois ont encore un bel avenir devant eux.

Écrit par : lovsmeralda | 17 septembre 2012

coucou Homme Libre,
c'est les Poetic lover ça je crois, "have you ever wondered blablabla would i lie to you would i lie to you...;)))"
bizzzouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 17 septembre 2012

Coucou Sarah,

Les Poetic lovers: la saison de la soupe approche...
:-))

Bizzzouxxx!!!

Écrit par : hommelibre | 18 septembre 2012

Ben Bernanke, patron de la Fed, vient de rappeler à tout le monde qu'il est disposé à imprimer autant de milliards de dollars que nécessaires pour sauver les banques.

Un signal hautement inflationniste.

Pour ceux qui avaient encore des doutes sur la stratégie monétaire de la Fed (banque centrale Américaine) et l'avenir du dollars, Ben Bernanke, patron de la Fed, vient de rappeler à tout le monde qu'il est disposé à "imprimer" (augmenter l'endettement) d'autant de milliards de dollars nécessaires pour relancer la croissance aux US. (Lire sauver les banques)

Les QE1 et QE2 n'ont eu aucun succès sur le taux de chômage US, mais Ben Bernanke vient d'annoncer le QE3, un plan qui prévoit deux choses :

Le rachat de 40 Milliards de dollars de MBS par mois (Mortgage backed securities), pas de limite de montant, pas de date de fin, cela ressemble beaucoup à un plan d'impression monétaire à l'infini.

Le maintien des taux bas jusqu'en 2015.

(communiqué de presse de la Fed disponible ici)

La réaction de l'or et de l'argent ne s'est pas faite attendre.

Nul doute que les 2 principales banques détenant d'énormes positions vendeuses sur l'or et l'argent (la JP Morgan sur l'argent et HSBC sur l'or) sont désormais dans des situations très sérieuses.

Bill Murphy du GATA prédit pour rappel, un scandale du niveau du Libor dans les mois qui viennent concernant cette fois-ci la manipulation des cours de l'or et de l'argent. Nous devrions être fixés sous deux mois.

Le cours du dollars a plongé quant à lui dès l'annonce de ce nouveau plan, la guerre des monnaies bat donc son plein après l'annonce du plan de la BCE par Mario Draghi.

La course à la dévaluation des monnaies (pour relancer les exportations des zones et pays concernés) s'intensifie globalement.

Rappelons simplement que toutes les monnaies chutent en termes de pouvoir d'achat face à l'or et l'argent, certes à des vitesses différentes, ce qui crée parfois l'illusion de l'appréciation d'une monnaie par rapport à une autre, mais l'analyse du cours de l'or dans toutes les monnaies depuis 10 ans ne laisse planer aucun doute sur une destruction généralisée du pouvoir d'achat des monnaies.

Les investisseurs en or et argent physique bénéficient pleinement de ces politiques monétaires destructrices, désormais mises en action des deux côtés de l'Atlantique ainsi qu'en Asie.

Malheureusement 99% de la population mondiale en fait les frais via des taux d'inflation records. Prise en étau entre une inflation galopante et des taxes qui augmentent de toute part (afin de financer un endettement qui a permis de sauver les banques, rappelons le) une grande partie de la population mondiale s'appauvrit.

Les vraies révolutions ne démarrent que quand les estomacs sont vides. La politique inflationniste des banques centrales, en essayant de sauver un système monétaire pervers, a pour conséquence l'augmentation du prix de toutes les matières premières et le déclenchement des mouvements sociaux de demain.

"La folie est de refaire la même chose et de recommencer, en espérant un résultat différent" Albert Einstein.

Écrit par : mani | 18 septembre 2012

Les commentaires sont fermés.