11 septembre 2012

Pesticides, bisphénol et autres: toxicité contestée

Comment est mesurée la toxicité des substances que nous retrouvons couramment dans notre alimentation? Les agences de santé qui effectuent des tests ont un protocole.


toxique3-Lindane.jpgOn injecte des doses fortes de la substance à des animaux de laboratoire, puis on diminue les doses jusqu’au point où il n’y a plus d’effet dommageable perceptible. Cette méthode, d’une certaine efficacité, est fondée sur un dogme déjà ancien: la dose fait le poison. Plus une substance toxique est concentrée, plus elle engendre de dommages.

Quand la dose injectée semble inoffensive, on ajoute un facteur de sécurité: on divise en général par 100 cette dose non toxique pour définir la quantité inoffensive qu’un individu peut absorber quotidiennement.

Mais cette méthode et les niveaux autorisés sont contestés et estimés insuffisants, comme l’explique un article paru dans Science & Vie de septembre. La contestation s’appuie sur trois points.


1. Les substances sont testées séparément

C’est manifestement insuffisant. Il est démontré que certains toxiques, inoffensifs séparément, deviennent beaucoup plus dangereux quand ils sont en interaction. Le mélange peut produire un effet synergique plus agressif que la simple addition des substances. C’est ce que l’on appelle «l’effet cocktail», démontré par des recherches d’universités américaines et par l’Institut National d’Agronomie en France.

C’est le cas par exemple du mélange de deux insecticides: le lindane et le malathion. Ils sont peu offensifs séparément. Mais le mélange les potentialise jusqu’à détruire 20% des cellules immunitaires des souris. La toxicité de chaque substance a été multipliée par l’interaction avec l’autre, par 5 pour le malathion, par 20 pour le lindane.


2. La référence de doses fortes

Tester des substances à partir de doses fortes n’est pas le seul moyen de connaître leur toxicité. C’est même insuffisant. Cette méthode n’indique rien sur l’éventuelle toxicité de doses faibles ou sur l’interaction de ces doses faibles avec le corps.

En 1997 une molécule utilisée contre le cancer de la prostate a été testée sur des souris. A toxique1.jpgforte dose la prostate des souris diminuait de grosseur. Mais à faible dose elle grossissait! Ce n’est pas logique, dans la logique de la dose. Cela signifie que la dose n’est pas le poison et que la logique quantitative n’est pas la seule logique. Diminuer une dose n’en diminue pas forcément la toxicité mais en change les effets.

Cette observation est faite également pour les hormones. A trop fortes doses elles pourraient déclencher une réaction de rejet et bloquer des processus physiologiques dans le corps. Mais à faible dose elles entrent dans la capacité réceptive et utile du corps. Il interagit donc avec l’hormone. Ce qui se passe avec des hormones se passe aussi avec des produits toxiques ou cancérigènes.


3. L’échelle animale n’est pas l’échelle humaine

L’échelle de référence utilisée pour déterminer la dose toxique est la réaction de l’animal. Mais on sait aujourd’hui que le rat et l’Homme ne réagissent pas à l’identique selon les produits. Certains toxiques le sont davantage pour les humains, d’autres pour les rats. On ne peut donc transposer sans autres considérations les résultats de laboratoire à l’humain, et ce qui a été déterminé comme inoffensif lors des tests sur animaux est peut-être très toxique sur l’humain.


Deux réflexions s’en suivent. La première est qu’il faut privilégier l’usage le plus faible possible de substances additives quelles qu’elles soient. On ne peut affirmer de lien visible entre la consommation de chips aux additifs et l’allergie d’un adolescent par exemple, car il faut un temps d’accumulation et de déséquilibre pour que l’effet toxique ne devienne visible. C’est d’ailleurs pour cela que nous consommons beaucoup d'additifs sans conscience d’un risque: à cause de ce temps. Mais le sachant, sachant par exemple qu’il faut des années ou dizaines d’années pour produire une dégénérescence ou une tumeur dans le corps, comme il faut longtemps pour que la chute répétée d’une goutte d’eau use une pierre, il est préférable de limiter l’absorption des additifs.

Ce n’est pas simple. Les produits les moins chers en contiennent beaucoup et l’on ne sait pas ce qui a été mis dans les cultures pour limiter les parasites. Mais on peut au moins choisir des produits dont on connaît l’origine grâce à un label, ou dont les étiquettes mentionnent une faible proportion d’additifs, voire aucun.


homéo1-Granules.jpgLa seconde réflexion va dans une autre direction. Elle a trait à l’homéopathie dont la crédibilité est mise à mal par des scientifiques. Ils ne peuvent admettre que des doses infinitésimales aient un effet et une interaction. Or selon ce qui est dit plus haut, ce n’est pas seulement la dose qui fait qu’un produit agit. Par exemple certains calmants deviennent excitants si l’on augmente la dose. La réaction du corps au dosage d’une substance n’est pas linéaire mais semble plutôt sinusoïdale.

Pour l’homéopathie certains disent que c’est une affaire de foi. On ne peut exclure l’importance de l’auto-suggestion, facteur non négligeable et important dans une thérapeutique. Mais ayant l’expérience de l’homéopathie, en en ayant prescrit à des enfants, des bébés et des animaux, alors que la suggestion ne semble pas opérer, j’en ai vu expérimentalement les effets. Les modifications positives laissent penser que la foi n’est pas le seul processus en jeu.

Les expérimentations et tests sur les effets des substances toxiques selon leur dosage pourrait être une piste pour mieux comprendre non seulement l’effet pathogène de ces substances, mais aussi l’action thérapeutique de l’homéopathie.

Ce qui est à retenir de l’article de Science & Vie est que la dose ne fait pas le poison. C’est en tous cas le constat de l’Anses, l’agence française pour la santé. L’agence reconnaît que la relation entre une molécule et son effet est plus complexe que ce que le principe de la «dose forte» laissait entendre depuis cinq siècles.


 

14:09 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : santé, additifs, toxiques, lindane, malathion, alimentation, homéopathie, dose, cancer, hormones, humain, animal, bio | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Depuis le temps qu'on nous rabâche avec toutes ces peurs,plus un client ne devrait se trouver dans les supermarchés et pourtant y'en a toujours autant et qui achètent même davantage! heureusement tous ne tombent pas dans la phobie du danger à tous les rayons ,d'ailleurs le risque zéro n'existe pas.Cependant en mangeant de tout ,acheté chez le petit commerçant les risques sont moindres.
Soyons réalistes vous ne pouvez conserver plus de 3 mois des aliments sans mettre d'agents de conservations.Beaucoup de produits viennent d'Asie ,moussons et autres cataclymes obligeant alors les producteurs a utiliser des insecticides ou autres pour protéger leurs récoltes et leur permettre de naviguer en containers plusieurs semaines sans compter les contrôles douaniers.
Et que dire alors des nombreux scanners auxquels sont soumis tous les aliments?
Encore une fois les consommateurs en ont marre des peurs des médias,même le yaourt est mis à l'index par la TSR qui doit se prendre pour une antenne médicale,le citoyen Suisse n'est tout de même pas un attardé mental
Après la guerre aussi il y eut de nombreuses mises en garde mais plus on les indiquait aux gens ,plus ils faisaient le contraire montrant déjà qu'ils ne voulaient pas faire partie du club des moutonniers qui à la base étaient Evangéliques , Fondamentalites ,Mormons etc
Quand aux porcs pas un n'a jamais rechigné à manger des restes alimentaires,ce qui provoquait des maux cardiaques chez l'animal c'était le stress dû à l'abattage et les grosses chaleur ,jamais l'alimentation!

Écrit par : lovsmeralda | 11 septembre 2012

"une piste pour mieux comprendre non seulement l’effet pathogène de ces substances, mais aussi l’action thérapeutique de l’homéopathie"

Il faudrait rajouter que la dose fait justement le poison ou le médicament. A ce titre les substances ne sont pas égales dans ce processus pseudo sinusoïdal.

Le lien entre les variations d'effets et les concentrations d'une substance avait été fait par Arndt et Schulz (conf.Hormèse wikipédia) en 1888.

Lily Kolisko a fait des expériences passionnantes sur l'effet stimulant/inhibant de dilutions métalliques sur des pousses de blé.
Plus récemment Endler a fait l'expérience semblable avec des dilutions diverses de thyroxine sur la métamorphose et la croissance de têtards.

Mieux il a fait cette constatation: "Les mêmes auteurs reprennent cette expérimentation en introduisant dans les récipients contenant les têtards non plus quelques gouttes de la dilution du remède mais une ampoule de verre contenant ce même remède. Ni le milieu de survie, ni les larves de batracien ne sont en contact direct avec la dilution de thyroxine. Les mêmes résultats significatifs que précédemment sont observés, ce qui semble confirmer l'hypothèse d'action d'un champ électro-magnétique dans l'échange dilution/organisme."

Pour ceux qui veulent creuser, voici un lien qui retrace toutes les études dans le temps sur ce genre de sujet:

http://www.unconventional-medicine.com/halm.htm

Écrit par : aoki | 11 septembre 2012

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