04 septembre 2012

Ségolène Royal: la stratégie de Caliméro

Ségolène Royal revient sur son échec aux législatives à La Rochelle. Pour elle, et selon le Figaro de ce jour, c’est «une injustice. Un crash. Un accident de parcours. Je ne mérite pas ça.» Un tel discours, le choix des mots, valent bien un petit décorticage.


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1. Une injustice: elle fait probablement référence au fait que le candidat Falorni se soit maintenu alors qu’elle avait reçu l’investiture du parti. En effet dans un même parti on ne devrait pas se faire de concurrence. Les règles de discipline sont faites pour éviter la dispersion des voix et l’échec d’un mouvement politique.

Mais en l’occurrence le candidat «dissident» était très implanté localement alors que Ségolène Royal était parachutée. Et les électeurs, y compris une partie de la droite locale, ont choisi leur élu démocratiquement: il n’y a rien à redire à cela. Son échec ne peut alors être considéré comme une injustice. Elle devrait se demander pourquoi elle n’a pas su fédérer sur son nom.


2. Un crash: le mot est fort, très fort. L’usage d’un tel mot est rare en politique. Elle ne serait donc que victime d’un missile ou d’un attentat terroriste politique.

A moins qu’elle n’ait commis une faute de pilotage?


3. Accident de parcours: ce n’est pas le premier. Elle devrait commencer à s’y habituer.

A moins que ce ne soit une erreur de stratégie? J’y reviens plus loin.


4. Je ne mérite pas ça: personne ne mérite de perdre, d’avoir un crash, de subir une injustice. Mais cela arrive. Elle devrait tenter d’en faire un combat à défaut d’effacer sa rancoeur ou d'arriver à guérir sa blessure narcissique. Elle exprime son désir de revanche en une phrase de l’interview: «Je sais que le temps de la réhabilitation viendra.» Mais qui élira une personnalité politique seulement pour l’aider à prendre une revanche personnelle?

Ce qui lui manque le plus c’est la dignité. Etaler son impuissance depuis des mois dans la presse ne la grandit pas. C’est au mieux un chantage affectif envers les français: «Je ne mérite pas ça, vous m’avez donc trahie». Dit autrement, celle qui pensait être l’amante de la France est cocue. Elle le dit sans panache. Et ne le digère pas. On comprend: ce n’est ni agréable ni valorisant. Personne ne mérite d’être cocu. Etre victime en atténue le déshonneur et exonère de sa propre responsabilité.

Elle ajoute dans l’interview: «Subir une humiliation comme cela, sous plusieurs angles, c’est violent. Ça reste un double choc.» Référence au tweet de Vava, sa rivale victorieuse, et en arrière-plan de ce qui reste pour elle un douloureux échec personnel.

Elle règle encore ses comptes. Sans respect pour son ex devenu président. La critique contre lui est implicite mais inévitable. Il n’aurait pas dû la tromper, pas avec elle, pas la quitter, il aurait dû la soutenir plus fortement en 2007, et à la Rochelle. C’est une affaire de cocufiage. Mais les français veulent-ils élire quelqu’un seulement pour l’aider à se dédouaner d’avoir été cocu et pour arbitrer un combat de marâtres?


La stratégie de Caliméro
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Se présenter en victime est une forme de déni de sa souffrance. Car ce dont elle parle n’est pas la souffrance racine, celle d’avoir été abandonnée, trahie, trompée, lâchée, pour quoi j’ai de la compassion. C’est une souffrance substitutive. Il est significatif qu’en 2007 ce soit elle qui ait annoncé la fin de son couple avec François Hollande, alors pourtant que c’est lui qui la trompait. Lui aurait perdu des points à apparaître comme le mauvais, et il était possiblement trop lâche pour assumer, elle en gagnait à se présenter en victime. L’étonnant dans cette annonce d’alors était l’absence de toute émotion chez Ségolène. Force d’âme ou sommet du déni? A voir la suite je penche pour le déni. L’autopersuasion.

La victimisation politique est comme une sublimation de sa souffrance. Et une justification de ses échecs politiques. Elle en refuse donc la responsabilité. Preuve a posteriori qu’il ne fallait pas l’élire.

On pourrait dire qu’elle se plaint à juste titre puisque Forlani n’a pas respecté la décision du parti en se présentant contre elle. Mais la stratégie de Caliméro n’est pas seulement postérieure à l’échec. Elle le prépare. Ainsi en 2007 elle se distancie du parti, croyant que son rôle d’amante passionnée de la France suffirait à la faire élire. Echec. Aujourd’hui elle refuse d’aller là où ça fait mal, c’est-à-dire aux journées du parti socialiste de La Rochelle. Elle s’en va et parle de loin, d’Afrique du Sud: stratégie caractéristique de fuite. «Je parle d’où l’on ne peut pas m’atteindre.»

Elle continue à cultiver l’honneur d’être une cible sans questionner sa responsabilité de ses échecs.

Et se justifie de son absence de La Rochelle: «J’aurais été pourchassée par les médias. Tout le monde m’aurait guettée, scrutée.» Comment le fait-elle savoir? Par un article dans un média et un journaliste.

Et encore une fois elle ne prend aucune responsabilité. «Je me plains et je fuis, je m’exclus moi-même pour montrer par mon échec combien le monde est méchant avec moi.» Le complexe de Caliméro.

En août dernier au même Figaro, elle lâchait une petite phrase, seul éclair de lucidité: «Je ne suis pas (...) indispensable au Parti socialiste.»

Ni à la France?

Mais pourquoi donc cette femme aux qualités indéniables a-t-elle ainsi creusé son propre abîme?

Commentaires

hello Homme Libre, contente que votre blog soit de retour, ça m'a donné des boutons, pinaize!!!
bonne journée quand même,bizzzouxxx!!!

Écrit par : Sarah | 04 septembre 2012

Homme Libre, merci de me joindre sur mon courriel privé. Bien vous. Gorgui

Écrit par : Gorgui NDOYE | 04 septembre 2012

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