04 septembre 2012

Bébé à vendre sur internet

On n’arrête pas le progrès. La technologie permet aujourd’hui de poser tranquillement une annonce sur un site et d’attendre l’acheteur. Tout est à vendre. Le commerce est un pilier de toute société organisée et développée. Tout? En fait non, pas tout. Pas des humains. En principe. Pourtant ce n’est pas l’avis de tout le monde.


bébé,enchère,vente,france,père,fertilité,stérilité,reproduction,biologie,paternité,C’est ainsi qu’un père, tranquillement assis devant son écran, a fait paraître une annonce sur le site leboncoin.fr pour y mettre en vente son bébé de six mois.

Blague ou réalité? On ne le saura pas: la vente n’a pas abouti. Le service de l’Enfance en danger a repéré l’annonce quelques heures après sa parution et a averti le commissariat. Le site a retiré l’annonce. Et l’auteur a été identifié.

Mais pourquoi donc voulait-il vendre le nourrisson? Parce qu’il pense ne pas être le père. Il n’a pas fait de test ADN: il se fie à la couleur de la peau. A la naissance un bébé de parents noir est plutôt clair. La pigmentation de la peau commence à se voir après quelques jours et ne s’observe définitivement qu’après plusieurs mois.

Ce père a dû voir son enfant foncer et en déduire qu’il n’est pas le père biologique. D’où son annonce:

«Vends bébé de 6 mois. Je m'en sépare car je viens de découvrir que cet enfant n'est visiblement pas le mien. Outre le fait qu'il n'a pas la même couleur de peau que moi, le père m'a téléphoné sur le portable de ma femme pour me demander des nouvelles de mon fils.»

Cette situation semble alambiquée. Mais l’homme a bien posé cette annonce. C’est déstabilisant à plus d’un titre. D’abord il y a la réaction d’un homme qui se sent trahi et qui, par une sorte de rupture intérieure, refuse sa paternité. Etre père est un statut familial et social important. Statut affectif mais aussi légal. Ce statut est indépendant de la filiation biologique puisque qu’une adoption donne les mêmes droits et responsabilités. Toutefois les hommes désirent savoir que leur enfant est leur sang. Quelles qu’en soient les raisons c’est ainsi.

Va pour le désir de paternité biologique. Mais vendre un enfant est un acte refusé par la société. L’enfant ne peut être mis au rang des animaux domestiques, que l’on élève pour s’enrichir. On ne fait pas d’enfants pour en faire commerce, et encore moins par dépit ou colère. C’est ainsi. On les fait pour reproduire l’espèce et toute naissance détermine une obligation de nourrir et d’éduquer son petit.

Paternité et maternité sont des marqueurs sociaux parmi les plus puissants après le fait d’appartenir à un sexe ou à l’autre. De plus la fertilité a pendant très longtemps été honorée. La stérilité féminine ou masculine est encore aujourd’hui quelque chose de difficile à vivre et de plutôt dévalorisant. Etre père biologique est, intimement, un signe de puissance et d’accomplissement. Mais le père ne sait jamais vraiment s’il est bien le père biologique. Pour la mère la question ne se pose pas. Pour le père elle se pose toujours, même si beaucoup d’hommes n’y pensent que rarement.

Des études anglaises et américaines évaluent que de 3% à environ 10% des hommes ne sont pas les pères biologiques de leur enfant et ne le savent pas. C’est considérable. En plus de la perte du sentiment de sa puissance masculine l’homme vit alors une trahison profonde. Et peut en venir à contester légalement sa paternité: par souffrance ou pour des questions financières, par exemple. Au Canada les tests de paternité ont connu un essor important cette dernière décennie.

Mais entre un doute, voire une certitude de n’être pas le père biologique, et le fait de vouloir vendre son bébé, il y a un monde de différence. Comment l’idée de vendre son enfant peut-elle traverser l’esprit d’un humain?

J’imagine que cette annonce est une provocation, fruit d’une colère. Je préfère imaginer cela. Mais même cela est trop.

 

 

En parlant de père:

 

Le mardi  4 septembre 2012 de 19h00 à 21h00 Papa Café avec conférence-débat.

Invité :       Dr. Daniel Dufour
                
Thème :    Ruptures et séparations. Comment gérer mes émotions?
               
Quels outils puis-je utiliser lorsque la situation touche mes enfants
                et que je suis dans l'impossibilité de les rencontrer?

Plus d'infos ici.

14:50 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bébé, enchère, vente, france, père, fertilité, stérilité, reproduction, biologie, paternité | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Bon alors je me lance : Donne contre bons soins ado en crise! de préférence à famille très aisée pour pouvoir couvrir les achats boutiques ainsi qu'un mode de vie de Jetsetteuse. Bonne résistance au stress requise.

Écrit par : vali | 04 septembre 2012

@vali ,génial ça c'est le genre d'annonce qui fait tilt pour ceux ayant connu les mêmes états d'âme.

Écrit par : lovsmeralda | 04 septembre 2012

Vali: :-))) MDR!

L'éclat de rire de l'après-midi. Merci!

Mais... vous allez donner des idées. J'en connais d'autres qui pourraient passer la même annonce! ;-)

Écrit par : hommelibre | 04 septembre 2012

Ah c'est clair que le marché est porteur!!!!!! mdr on peut même faire des offres spéciales, des lots enfin.....que sais-je des déclinaisons à l'infini j'vous dis. Un mari encombrant, une femme prise de tête, une grand-mère acariâtre, une belle-mère envahissante etcccccccc

Écrit par : vali | 04 septembre 2012

Le tout est de trouver l'acheteur ou l'acheteuse. Il ne faudrait quand même pas payer pour les vendre!... :-)))

Écrit par : hommelibre | 04 septembre 2012

Les commentaires sont fermés.